Il était une fois dans l'Est

Note: 2.67/5
(2.67/5 pour 6 avis)

Histoire de la relation qu'entretinrent Serge Essenine et Isadora Duncan. L’un écrivain russe passionné et tête de proue du courant imaginiste, l’autre danseuse américaine sulfureuse et insoumise. A voir aussi : Isadora


1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles La BD au féminin La Danse Milieux artistiques Romanciers et Monde littéraire Russie

Voyou aimant à se fracasser les poings dans les fenêtres, poète adulé telle une rock star, Serge Essenine est un cowboy blond de Moscou. Avec son ami Mariengof, à la chevelure lustrée comme un piano de concert, ils sont les chefs de la bande des imaginistes. Dans les cendres fumantes de la guerre civile, alors que la Tchéka ne s'en prend pas encore aux artistes, ils se battent tranquillement à coup de poèmes et de bouteilles de vodka. Mais un beau jour de 1921, surgit du fin fond de l'Ouest, pétrie de luxe, de Grèce et de scandales, une danseuse plus si jeune,une Américaine au moins aussi célèbre que Lénine, Isadora Duncan...

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 27 Novembre 2015
Statut histoire Série terminée (la suite dans "Isadora") 1 tome paru

Couverture de la série Il était une fois dans l'Est © Dargaud 2015
Les notes
Note: 2.67/5
(2.67/5 pour 6 avis)
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15/12/2015 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur bamiléké

Je suis un peu frustré par ce tome 1 qui reste orphelin de sa suite. Perso je trouve cela dommage car j'ai bien apprécié cette découverte de l'idylle de deux génies artistiques à un moment historique si particulier. Je trouve que le scénario de Julie Birmant rend bien la concordance entre la personnalité fantasque et extravagante d'Isadora et cette période révolutionnaire entre la fin de la guerre civile et l'apogée du carcan des soviets. Le récit de l'autrice réussit plutôt bien à montrer l'enchaînement des événements qui aboutissent à la quasi évidence de la rencontre entre ces deux personnalités hors normes à une époque hors norme. Sous ses airs de Diva capricieuse j'ai trouvé touchant le portrait d'Isadora. J'ai été moins séduit par la poésie d'Essenine ce qui est compréhensible tellement son langage appartient à l'univers slave. J'étais curieux de voir le graphisme de Clément Oubrerie dans un autre registre que son grand succès Aya de Yopougon. Son trait réussit à traduire la personnalité explosive de la danseuse. J'ai beaucoup aimé le travail sur les regards d'Isadora et les quelques planches de danses me conviennent mais je ne suis pas un spécialiste. Toutefois ces quelques planches permettent de se rendre compte de l'empreinte que l'Américaine a laissé dans le monde de la danse jusqu'à aujourd'hui. J'ai aussi apprécié le contraste des ambiances entre le Moscou de 1920 et le Chicago d'avant Grande Guerre. Une série qui n'a pas réussi à trouver son public mais perso je regrette de ne pas pouvoir découvrir la suite.

17/04/2023 (modifier)
Par sloane
Note: 2/5
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Ben oui je n'ai pas aimé d'ailleurs cela m'embête un peu car je m'attendais à lire l'histoire d'une relation mouvementé entre deux artistes qui chacun dans le champ de son art aura marqué son temps. Si Isadora Duncan est très connu c'est surtout pour sa mort tragique et stupide ainsi que son apport a la danse dite classique puisqu'elle en brisera les codes pour arriver à ce que nous connaissons aujourd'hui comme la danse moderne puis contemporaine. Sergueï Essénine est lui considéré comme un très grand poète russe du début du XX ème siècle qui s'est à priori suicidé assez jeune. Au final j'ai été assez déçu , en cause la construction du récit, faire moins linéaire tu meurs, si encore les flashbacks étaient dans l'ordre, mais que nenni, plus foutraque c'est à se demander si les auteurs n'ont voulu à dessein paumer le lecteur, ce fut le cas pour moi. Puis il y a les dialogues ou plutôt les déclamations qui prennent une grande part , alors oui c'est beau ces textes d'Essénine, mais que ça plombe le récit. Je n'ai pas grand-chose à reproché au dessin tout au plus aurais-je aimé un traitement autre pour les scènes de danse. A lire sans doute mais pas d'achat pour moi.

11/11/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
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Sur le fond, cette série aurait pu m'intéresser car elle raconte la vie et la rencontre amoureuse de deux artistes bien particuliers dans la Russie des années 20, à l'époque où Lénine mettait en place le communisme. L'un est un poète russe assez extravagant et sûr de lui. L'autre est une danseuse moderne américaine qui est sortie de la pauvreté pour devenir une star et qui partage l'idéal communiste. L'ensemble est en outre joliment dessiné avec un trait simple mais des compositions et des couleurs esthétiques et agréables. Mais dans les faits, cette lecture m'a ennuyé. D'abord parce que la narration est assez confuse au départ, avec trop de texte narratif lyrique et une chronologie qui va à rebrousse-poil. Ensuite parce que les personnages me sont apparus assez antipathiques. Entre ce poète imbu de lui-même, alcoolique, brutal et profiteur et cette danseuse assez illuminée et diva, aucun des deux ne m'a plu. Entre leurs récitations de poèmes et leurs postures, ils ont trop des rôles d'artistes qui s'y croient trop et vivent pour l'Aaart et la Liberté. Regardez-moi, écoutez-moi, adorez-moi, je le veux, je l'exige. Ce serait moins gênant si la narration de la BD ne jouait pas elle aussi sur cette fibre artistique plutôt que de rester neutre et sobre. Je n'ai pas aimé suivre leur parcours même si j'étais assez intéressé par l'aspect historique de la situation artistique aux USA au début du 20e siècle et la situation politique en Russie quelques ans plus tard. Je n'ai pas envie de lire le second tome.

07/01/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
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2.5 Un album sur le destin particulier de Serge Essenine (que je ne connaissais pas du tout) et Isadora Duncan (tout ce que je savais sur elle était sa mort). J'aime bien la période historique et il y a des anecdotes intéressantes. Malheureusement, malgré tous mes efforts je ne suis jamais paru à totalement rentré dans l'histoire. Il faut dire que c'est un peu confus au début. C'est le genre de BD dont je reconnais qu'il y a des qualités, mais qui ne réussient pas du tout à me passionner. C'est dommage car j'aurais aimé mieux apprécier cet ouvrage. Peut-être que je vais avoir une meilleure opinion si je relis c'est one-shot plus tard . En tout cas une chose est certaines c'est que j'ai bien aimé le dessin.

14/07/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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Il était une fois dans l’Est est un titre qui fait un clin d’œil à un western désormais très célèbre. Pour autant, il n’y a pas de quoi rire à l’évocation de la vie plutôt tragique d’Isadora Duncan. C’est une célèbre danseuse américaine qui a révolutionné la danse grâce à un retour sur le culte du corps. Cela tombe bien car elle a épousé également le communisme. Elle a ouvert une école à Moscou sous l’égide de Lénine en soutenant ouvertement sa politique. Il faudra avoir une grande ouverture d’esprit… Sa mort est très célèbre par le fait que son foulard de soie s’est coincé dans la roue arrière de son cabriolet en 1927 sur la promenade des anglais à Nice. Elle est morte étranglée et éjectée de son véhicule de la pire des manières. C’était une très belle femme qui n’hésitait pas à danser toute nue avec un léger voile. C’était une star hollywoodienne avec tous ses excès (excentrique, adepte de l’amour libre, bisexuelle et communiste). Bref, une mort stupide pour celle qui incarnait la grâce et la beauté. Attention également aux escalators mécaniques lorsqu’on porte un long foulard ou de longs cheveux : ce n’est pas une blague ! Cette première partie va se concentrer sur sa relation avec un jeune poète russe Sergueï Essenine. Elle va l’épouser alors qu’il a 18 ans de moins et surtout un sérieux penchant pour la boisson et la déprime. Ainsi, ses accès de violence dans les hôtels privés sont connus de tous et notamment des médias. C’est le premier couple un peu trash de l’histoire moderne. Dans la bd, c’est presque édulcorer. Une part belle lui est consacrée bien qu’il sera comme une étoile filante dans la vie de cette danseuse. Cette œuvre est plutôt mal construite du fait de sa narration non linéaire. Certains passages sont difficiles à comprendre. On entre assez difficilement dans le récit. Au début, c’est plutôt ennuyeux mais on sera conquis au fil des pages par la personnalité hors norme de cette artiste féminine. Elle a eu une vie passionnante mais un destin tragique. A noter que rien n’est dit sur ses deux enfants dans cette première partie ce qui est assez étonnant lorsqu’on connait ce qui s’est passé. Comme dit, il y a des personnes qui n’ont vraiment pas de chance dans la vie. C’est ainsi. Bon, au moins, elle va revenir assez meurtrie de la Russie qu’elle idéalisait sans doute un peu trop. Les communistes ont remplacé le tsar par un autre qui voulait également le pouvoir et la célébrité au prix de millions de morts. Le peuple souffre toujours. J’aime bien l’idéal que portait cette femme à savoir la création de la beauté et l’éducation des jeunes. Elle s’est affranchie de nombreux codes par sa liberté d’expression pour offrir au monde entier autre chose. Je terminerais par ces quelques vers de ce poète lyrique soviétique qui fut le chantre de la révolution d'Octobre et l'époux de la danseuse américaine Isadora Duncan: « Mon ami, mon ami, Je suis malade à en crever. Mais cette douleur d'où me vient-elle ? Est-ce le vent qui siffle Sur les champs déserts, désolés, Ou bien, comme les bois en septembre, C'est l'alcool qui effeuille ma cervelle… »

29/03/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Nouveau projet des auteurs de Pablo, ce récit historique évoluant dans le domaine artistique ne déconcertera pas les lecteurs de l’œuvre susnommée. Nous voici cette fois emportés dans la grande Russie de l’entre-deux-guerres. Les années 20, judicieusement surnommées « années folles », sont un théâtre idéal pour ce récit aux portes du surréalisme. Surréaliste, en effet, est le destin des deux personnages principaux : Serge Essenine et Isadora Duncan. L’un écrivain russe passionné et tête de proue du courant imaginiste, l’autre danseuse américaine d’origine irlandaise, habitée par son art et par l’utopie communiste, entre eux se tisseront des liens d’amour et de haine, destructeurs et vecteurs d’envolées créatrices dans le même temps. La passion, en somme… J’ai eu quelques difficultés à entrer dans le récit. La faute, je pense, aux premiers chapitres anti-chronologiques qui m’ont quelque peu dérouté. Mais, rapidement, le récit se met en place. Son aspect historique intéresse tandis que les anecdotes tantôt drôles, tantôt édifiantes, tantôt dramatiques animent le fil des planches. La narration est particulière, les auteurs n’hésitant pas à faire dialoguer leurs personnages d’une manière très artificielle pour nous replonger dans le passé de ceux-ci. Ces dialogues, voire monologues improbables déconcertent dans un premier temps. Puis le charme opère, je ne m’inquiète plus de ce côté artificiel pour ne plus retenir que la destinée hors norme de ces personnages. Le dessin, très brut et qui donne la part belle à la colorisation, n’est pas de ceux qui me font craquer. Il ne constitue cependant pas un obstacle à la lecture tant le découpage est dynamique et le trait expressif. Les pages consacrées à la danse laissent apparaître une belle sensibilité. A réserver aux lecteurs aventureux, amateurs d’art au sens large et d'artistes habités en particulier.

15/12/2015 (modifier)