Quelle magnifique BD ! J’adore le trait de Simon Hureau et l’excellente qualité d’impression du livre rend vraiment un grand hommage à cet auteur.
C’est la première fois que je lis un album de Simon Hureau, je ne savais pas qu’il avait réalisé « Palaces » avant que j’entame la lecture de cette BD. Le « bureau des prolongations » est la suite des aventures de Simon Hureau en Indochine dont la première partie avait été raconté dans « Palaces ».
Ce qui est frappant lorsqu’on lit cet album, c’est la relative distraction de notre auteur qui se fait voler ses papiers dans un pays où la lenteur de cette administration est incomparable à la réputation de la nôtre ! Il y a aussi le fait que Simon Hureau est un homme qui aime les contacts avec les habitants et qu’il arrive à travers ses péripéties à nous transmettre ses impressions, à nous faire partager ses contacts.
Lorsque j’ai feuilleté le « bureau des prolongations », j’ai ressenti cette envie de découvrir ses aventures, ce plaisir de lire ! Merci donc à l’auteur pour ces moments d’aventures exotiques ! Va falloir que je « déniche » « Palaces » maintenant !
Je suis de même avis que Yannick sur la bd, les graphismes sont un peu spéciaux, assez lugubres, mais bien faits à mon goût. Le scénario est très bien illustré, mais le jeu des acteurs l'est davantage.
Pour les amateurs de "Sanctuaire", vous y trouverez des similitudes (je préfère ce dernier ou l'ambiance du sous-marin est plus prédominante que dans U-29).
Bonne BD, ça fait plaisir.
Sans conteste, ce pavé de 600 pages est une réussite. Primé (avec raison) à Angoulème, ce comics nous conte l'histoire de vie de différents jeunes adultes à New York. La vie n'est pas simple bien entendu pour des jeunes sortant à peine de leur étude et devant faire leur trou dans un monde professionnel de plus en plus dur. Non la vie n'est pas rose dans ce récit. Elle se veut réaliste. De ce fait, on vit à plusieurs dans un appart avec tous les problèmes liés à la cohabitation. Il y l'amour bien entendu. Sujet tellement central dans la vie de tout individu. Qui dit amour dit moments de bonheur, de remise en question et de déceptions. A cela vous ajoutez un peu d'alcool, quelques petites fêtes accompagnées de dérapages inhérents à ce genre de chose, une société peu scrupuleuse qui exploite ses travailleurs et vous obtenez une image critique et réussie de notre société occidentale. Bref, vous l'aurez compris, le réalisme est au cœur de cette Bande dessinée. Toutefois le sujet est traité avec légèreté, humour et sensibilité. On rit, on est ému mais à aucun moment le poids du livre n'affecte la lecture. En somme, un très agréable moment de lecture.
Cette BD est une adaptation d’une nouvelle de Lovecraft, auteur connu pour ses récits fantastiques.
L’histoire se passe pendant la première guerre mondiale, un sous-marin allemand torpille un cargo. Le lendemain, un survivant de ce massacre est signalé sur le submersible et les hommes d’équipage le rejetteront en mer après que le second ait récupéré une étrange figurine dans une des poches de ce marin. Ensuite, des phénomènes surréalistes vont apparaître dans le sous-marin…
Ce qui frappe à la lecture de cette BD, c’est son traitement informatique d’une forte intensité qui pourra rebuter de nombreux lecteurs. L’encrage est très très fin et il est assez difficile de distinguer les contours des personnages qui sont noyés dans des couleurs froides aux dégradés très lisses. Et pourtant ! Ne vous laissez pas décourager par ce graphisme ! Cet album possède d’indéniables qualités.
Tout d’abord, la mise en scène est excellente, la narration est d’une fluidité exemplaire. Ensuite, malgré son imposant traitement informatique, le choix des couleurs desserte parfaitement l’ambiance inquiétante de ce récit fantastique.
Et enfin, il y a ce scénario qui accroche le lecteur, qui nous force à se poser des questions, qui nous captive. Il y a aussi ce détestable sous-marinier allemand, archétype de ce que le Reich voulait imposer comme « race supérieure ».
Au final, je suis ressorti dérangé de cette lecture et très agréablement surpris par ce scénario dont le traitement graphique me présageait le contraire. Agréablement surpris aussi par cette nouvelle de Lovecraft, un auteur que je viens de découvrir grâce à cette BD !
Deux concepts très originaux ont été réunis dans cette bande dessinée.
*1er CONCEPT :
Comme toute bande dessinée : il y a des images, des bulles circulaires (comme dans toute BD), mais aussi :
-> des bulles carrées
-> des bulles reliés non pas à un personnage mais à un objet
-> ...
Ce système légèrement différent des codes habituels, permet aux entendants de VRAIMENT ressentir, comprendre, voir ce qu'AMBRE (héroïne principale - sourde) perçoit réellement!
* 2ème CONCEPT:
L'histoire est racontée en français, mais également en LSF.
Pourtant les images ne sont pas surchargées, l'action est bien rendue.
La maîtrise de ces deux concepts permet à cette BD :
-> d'être inoubliable
-> d'ouvrir les yeux aux entendants sur le monde de la surdité.
-> et de passer un très bon moment.
Pour ceux qui connaissent un peu la LSF, seront admiratifs devant cette manière de dessiner la LSF dans des images en seulement DEUX DIMENSIONS et NON-ANIMEES tout en restant clair et compréhensible.
Excellent !
Voilà la première chose à laquelle j'ai pensé à la fin de ma lecture de cette saga.
Un Peter Pan sombre, dur mais tellement bien mis en scène.
En plus, Loisel ne nous réexplique pas une ènième fois les aventures de Peter Pan que tout le monde connaît, non, il nous offre une prélogie ou il met tout en place pour arriver à l'histoire que l'on connaît.
Mais qui n'a rien à voir, je pense qu'il vaut mieux éviter de mettre les jeunes spectateurs du Peter Pan de Walt Disney devant la BD de Loisel ^^
Et cet étrange parallèle avec Jack l'éventreur... ça m'a beaucoup intrigué au point de relire toute la série pour pouvoir faire une meilleure comparaison.
J'étais franchement réticent à cette BD, j'avais feuilleté le tome 1, le trait ne m'avait pas plu plus que ça. L'histoire me semblait trop romanesque pour moi et l'histoire pas très intéressante.
Mais voilà, le sort à voulu qu'on m'offre les 5 tomes de cette série il y a peu.
Alors je me suis dit, pourquoi pas. Maintenant que je l'ai, faisons l'effort de le lire.
Et la surprise, passé le premier tome qui est celui que j'aime le moins, on entre dans un univers passionnant. Je ne sais pas si c'est l'évolution du trait ou le scénario, mais je me suis surpris à apprécier le tome deux et j'ai adoré chaque tome de plus en plus. Pour en arriver logiquement à préférer parmi tous le tome 5, celui qui ouvre un nouveau cycle.
Je suis même impatient de découvrir la suite. C'est une vraie surprise vu que j'avais un a priori très négatif.
Tant mieux finalement ^^
Une très bonne bd qui sait traiter de l'homosexualité sans révolte, message ou activisme, en la montrant telle qu'elle est : une simple question d'attirance, de sentiments et de rapports humains.
Les dessins sont très agréables, simples et épurés à l'extrême mais expressifs et délicats. Contrairement à d'autres posteurs, je n'ai pas été dérangée par les scènes de sexe qui m'ont justement parues peu nombreuses et bien distillées... Comme dans n'importe quelle histoire d'amour d'adultes quoi...
Par contre, le choix d'une histoire de parents homosexuels accouchant d'une fille elle-même homo alors qu'elle ne sait rien de la sexualité de ses parents m'a paru un peu absurde à la première lecture, même si je n'y ai vu aucune ségrégation. C'est en lisant d'autres œuvres d'Ebine Yamaji que j'ai compris que, dans chaque album, elle montre une facette de l'homosexualité, et une histoire probable, chacune étant très différente des autres. A cette lumière, j'ai mieux compris ce choix.
Ce manga réussit en tout cas l'exploit de nous faire oublier, à la lecture, qu'il s'agit d'une histoire homosexuelle, tant les héroïnes sont crédibles et proches de nous. Ca fait plaisir de voir enfin une telle histoire s'éloigner du militantisme gay ou des fantasmes hétéros.
Ce manga traite avec finesse et sensibilité d'une problématique peu traitée en bande dessinée à savoir l'homosexualité féminine (ce type de manga s’appelle les « Yuri »). C'est un très beau regard sur la sexualité et les manières différentes d’aimer. Ce manga nous offre ainsi un aperçu de cette altérité et témoigne de la complexité des émotions, des sentiments, des comportements de ce type de couple. Il montre que finalement tout cela est une histoire d'amour avec ces moments de joie et de difficulté. Quant à l'écriture, elle est légère me faisant penser à certain moment à un journal intime. Le seul point qui m’a un peu irrité est cette image un peu ségrégationniste entre hétéros et homos. En effet, on a l'impression que les hétéros ne sont pas conviés et que les homos vivent de père en fille dans un univers parallèle. Bien que pouvant retranscrire une réalité, je n’aime pas cette vision et préfère souligner que c’est par le mélange et le métissage que sort le plus de richesses. Enfin au niveau dessin, le trait épuré est très agréable. C'est très stylisé et j'avoue bien aimer...
Achille Talon, c'est vraiment magnifique! Franchement je ne puis m'empêcher de m'extasier devant le délicieux et prolifique délire verbal dont nous fait part Achille Talon et tous les protagonistes, en particulier ce sacré Lefuneste ! Il y a des tirades tellement incroyables, mirifiques, avec des métaphores sorties de je ne sais où, que j'étais mort de rire ! Vraiment certains dialogues sont d'une puissance comique rare. Evidemment il ne faut pas être en froid avec la langue française. De par le vocabulaire usité et la longueur de certaines phrases, c'est du haut niveau. Mais paradoxalement c'est la principale attraction de la série car les chutes de la plupart des gags ne sont vraiment pas terribles (mis à part quelques uns qui sont géniaux !) Le dessin de Greg se prête admirablement à la série, tout en rondeur, bonhomie et générosité. Mention spéciale pour les histoires longues, dont certaines peuvent presque être classées au rang de chef-d'œuvre (et ce n'est pas un vain mot !), je pense en particulier à "l'archipel de Sanzunron".
Seule la "facilité" (pour ne pas employer le mot stupidité) de pas mal de gags sert de prétexte pour ne pas classer cette œuvre au rang de "culte".
En définitive, Achille Talon, un monument de la BD, qui devrait être nommée d'utilité publique dans les écoles!
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Bureau des prolongations
Quelle magnifique BD ! J’adore le trait de Simon Hureau et l’excellente qualité d’impression du livre rend vraiment un grand hommage à cet auteur. C’est la première fois que je lis un album de Simon Hureau, je ne savais pas qu’il avait réalisé « Palaces » avant que j’entame la lecture de cette BD. Le « bureau des prolongations » est la suite des aventures de Simon Hureau en Indochine dont la première partie avait été raconté dans « Palaces ». Ce qui est frappant lorsqu’on lit cet album, c’est la relative distraction de notre auteur qui se fait voler ses papiers dans un pays où la lenteur de cette administration est incomparable à la réputation de la nôtre ! Il y a aussi le fait que Simon Hureau est un homme qui aime les contacts avec les habitants et qu’il arrive à travers ses péripéties à nous transmettre ses impressions, à nous faire partager ses contacts. Lorsque j’ai feuilleté le « bureau des prolongations », j’ai ressenti cette envie de découvrir ses aventures, ce plaisir de lire ! Merci donc à l’auteur pour ces moments d’aventures exotiques ! Va falloir que je « déniche » « Palaces » maintenant !
U-29
Je suis de même avis que Yannick sur la bd, les graphismes sont un peu spéciaux, assez lugubres, mais bien faits à mon goût. Le scénario est très bien illustré, mais le jeu des acteurs l'est davantage. Pour les amateurs de "Sanctuaire", vous y trouverez des similitudes (je préfère ce dernier ou l'ambiance du sous-marin est plus prédominante que dans U-29). Bonne BD, ça fait plaisir.
De mal en pis
Sans conteste, ce pavé de 600 pages est une réussite. Primé (avec raison) à Angoulème, ce comics nous conte l'histoire de vie de différents jeunes adultes à New York. La vie n'est pas simple bien entendu pour des jeunes sortant à peine de leur étude et devant faire leur trou dans un monde professionnel de plus en plus dur. Non la vie n'est pas rose dans ce récit. Elle se veut réaliste. De ce fait, on vit à plusieurs dans un appart avec tous les problèmes liés à la cohabitation. Il y l'amour bien entendu. Sujet tellement central dans la vie de tout individu. Qui dit amour dit moments de bonheur, de remise en question et de déceptions. A cela vous ajoutez un peu d'alcool, quelques petites fêtes accompagnées de dérapages inhérents à ce genre de chose, une société peu scrupuleuse qui exploite ses travailleurs et vous obtenez une image critique et réussie de notre société occidentale. Bref, vous l'aurez compris, le réalisme est au cœur de cette Bande dessinée. Toutefois le sujet est traité avec légèreté, humour et sensibilité. On rit, on est ému mais à aucun moment le poids du livre n'affecte la lecture. En somme, un très agréable moment de lecture.
U-29
Cette BD est une adaptation d’une nouvelle de Lovecraft, auteur connu pour ses récits fantastiques. L’histoire se passe pendant la première guerre mondiale, un sous-marin allemand torpille un cargo. Le lendemain, un survivant de ce massacre est signalé sur le submersible et les hommes d’équipage le rejetteront en mer après que le second ait récupéré une étrange figurine dans une des poches de ce marin. Ensuite, des phénomènes surréalistes vont apparaître dans le sous-marin… Ce qui frappe à la lecture de cette BD, c’est son traitement informatique d’une forte intensité qui pourra rebuter de nombreux lecteurs. L’encrage est très très fin et il est assez difficile de distinguer les contours des personnages qui sont noyés dans des couleurs froides aux dégradés très lisses. Et pourtant ! Ne vous laissez pas décourager par ce graphisme ! Cet album possède d’indéniables qualités. Tout d’abord, la mise en scène est excellente, la narration est d’une fluidité exemplaire. Ensuite, malgré son imposant traitement informatique, le choix des couleurs desserte parfaitement l’ambiance inquiétante de ce récit fantastique. Et enfin, il y a ce scénario qui accroche le lecteur, qui nous force à se poser des questions, qui nous captive. Il y a aussi ce détestable sous-marinier allemand, archétype de ce que le Reich voulait imposer comme « race supérieure ». Au final, je suis ressorti dérangé de cette lecture et très agréablement surpris par ce scénario dont le traitement graphique me présageait le contraire. Agréablement surpris aussi par cette nouvelle de Lovecraft, un auteur que je viens de découvrir grâce à cette BD !
PI - Enquêtes au pays des Sourds (Ambre & Arno)
Deux concepts très originaux ont été réunis dans cette bande dessinée. *1er CONCEPT : Comme toute bande dessinée : il y a des images, des bulles circulaires (comme dans toute BD), mais aussi : -> des bulles carrées -> des bulles reliés non pas à un personnage mais à un objet -> ... Ce système légèrement différent des codes habituels, permet aux entendants de VRAIMENT ressentir, comprendre, voir ce qu'AMBRE (héroïne principale - sourde) perçoit réellement! * 2ème CONCEPT: L'histoire est racontée en français, mais également en LSF. Pourtant les images ne sont pas surchargées, l'action est bien rendue. La maîtrise de ces deux concepts permet à cette BD : -> d'être inoubliable -> d'ouvrir les yeux aux entendants sur le monde de la surdité. -> et de passer un très bon moment. Pour ceux qui connaissent un peu la LSF, seront admiratifs devant cette manière de dessiner la LSF dans des images en seulement DEUX DIMENSIONS et NON-ANIMEES tout en restant clair et compréhensible.
Peter Pan
Excellent ! Voilà la première chose à laquelle j'ai pensé à la fin de ma lecture de cette saga. Un Peter Pan sombre, dur mais tellement bien mis en scène. En plus, Loisel ne nous réexplique pas une ènième fois les aventures de Peter Pan que tout le monde connaît, non, il nous offre une prélogie ou il met tout en place pour arriver à l'histoire que l'on connaît. Mais qui n'a rien à voir, je pense qu'il vaut mieux éviter de mettre les jeunes spectateurs du Peter Pan de Walt Disney devant la BD de Loisel ^^ Et cet étrange parallèle avec Jack l'éventreur... ça m'a beaucoup intrigué au point de relire toute la série pour pouvoir faire une meilleure comparaison.
Sambre
J'étais franchement réticent à cette BD, j'avais feuilleté le tome 1, le trait ne m'avait pas plu plus que ça. L'histoire me semblait trop romanesque pour moi et l'histoire pas très intéressante. Mais voilà, le sort à voulu qu'on m'offre les 5 tomes de cette série il y a peu. Alors je me suis dit, pourquoi pas. Maintenant que je l'ai, faisons l'effort de le lire. Et la surprise, passé le premier tome qui est celui que j'aime le moins, on entre dans un univers passionnant. Je ne sais pas si c'est l'évolution du trait ou le scénario, mais je me suis surpris à apprécier le tome deux et j'ai adoré chaque tome de plus en plus. Pour en arriver logiquement à préférer parmi tous le tome 5, celui qui ouvre un nouveau cycle. Je suis même impatient de découvrir la suite. C'est une vraie surprise vu que j'avais un a priori très négatif. Tant mieux finalement ^^
Love My Life
Une très bonne bd qui sait traiter de l'homosexualité sans révolte, message ou activisme, en la montrant telle qu'elle est : une simple question d'attirance, de sentiments et de rapports humains. Les dessins sont très agréables, simples et épurés à l'extrême mais expressifs et délicats. Contrairement à d'autres posteurs, je n'ai pas été dérangée par les scènes de sexe qui m'ont justement parues peu nombreuses et bien distillées... Comme dans n'importe quelle histoire d'amour d'adultes quoi... Par contre, le choix d'une histoire de parents homosexuels accouchant d'une fille elle-même homo alors qu'elle ne sait rien de la sexualité de ses parents m'a paru un peu absurde à la première lecture, même si je n'y ai vu aucune ségrégation. C'est en lisant d'autres œuvres d'Ebine Yamaji que j'ai compris que, dans chaque album, elle montre une facette de l'homosexualité, et une histoire probable, chacune étant très différente des autres. A cette lumière, j'ai mieux compris ce choix. Ce manga réussit en tout cas l'exploit de nous faire oublier, à la lecture, qu'il s'agit d'une histoire homosexuelle, tant les héroïnes sont crédibles et proches de nous. Ca fait plaisir de voir enfin une telle histoire s'éloigner du militantisme gay ou des fantasmes hétéros.
Love My Life
Ce manga traite avec finesse et sensibilité d'une problématique peu traitée en bande dessinée à savoir l'homosexualité féminine (ce type de manga s’appelle les « Yuri »). C'est un très beau regard sur la sexualité et les manières différentes d’aimer. Ce manga nous offre ainsi un aperçu de cette altérité et témoigne de la complexité des émotions, des sentiments, des comportements de ce type de couple. Il montre que finalement tout cela est une histoire d'amour avec ces moments de joie et de difficulté. Quant à l'écriture, elle est légère me faisant penser à certain moment à un journal intime. Le seul point qui m’a un peu irrité est cette image un peu ségrégationniste entre hétéros et homos. En effet, on a l'impression que les hétéros ne sont pas conviés et que les homos vivent de père en fille dans un univers parallèle. Bien que pouvant retranscrire une réalité, je n’aime pas cette vision et préfère souligner que c’est par le mélange et le métissage que sort le plus de richesses. Enfin au niveau dessin, le trait épuré est très agréable. C'est très stylisé et j'avoue bien aimer...
Achille Talon
Achille Talon, c'est vraiment magnifique! Franchement je ne puis m'empêcher de m'extasier devant le délicieux et prolifique délire verbal dont nous fait part Achille Talon et tous les protagonistes, en particulier ce sacré Lefuneste ! Il y a des tirades tellement incroyables, mirifiques, avec des métaphores sorties de je ne sais où, que j'étais mort de rire ! Vraiment certains dialogues sont d'une puissance comique rare. Evidemment il ne faut pas être en froid avec la langue française. De par le vocabulaire usité et la longueur de certaines phrases, c'est du haut niveau. Mais paradoxalement c'est la principale attraction de la série car les chutes de la plupart des gags ne sont vraiment pas terribles (mis à part quelques uns qui sont géniaux !) Le dessin de Greg se prête admirablement à la série, tout en rondeur, bonhomie et générosité. Mention spéciale pour les histoires longues, dont certaines peuvent presque être classées au rang de chef-d'œuvre (et ce n'est pas un vain mot !), je pense en particulier à "l'archipel de Sanzunron". Seule la "facilité" (pour ne pas employer le mot stupidité) de pas mal de gags sert de prétexte pour ne pas classer cette œuvre au rang de "culte". En définitive, Achille Talon, un monument de la BD, qui devrait être nommée d'utilité publique dans les écoles!