Le temps de chien
Mouiche, ça démarre pas trop mal et l'idée de faire voyager Freud aux Far West pour psychanalyser les indigènes est sympa. C'est avec bonheur qu'on retrouve la narration si typique de Manu Larcenet où quelques bons dialogues viennent ponctuer le récit. Mais (car il y a un mais), l'histoire manque de corps et le final laisse un goût de trop peu . . . ce qui m'empêche de donner plus de 3 étoiles à cet album.
La ligne de front
Manu Larcenet narre la "mission insolite" de Vincent Van Gogh, chargé de (dé)peindre la Grande Guerre pour rendre compte au président du Conseil de la situation sur la ligne de front . . . point de tournesols là bas, juste des paysages dévastés et des visages torturés.
L’auteur décrit l’absurdité de la guerre et l’aveuglement des gallonneux totalement déconnectés de la réalité. Toutefois, le récit glisse tout doucement en son milieu, devenant plus imagé, plus symbolique dans sa deuxième moitié. L’allégorie des "hommes-oiseaux" et celle de la "mère des obus" sont des images lourdes de sens mais traitées sans noirceur excessive. La dernière planche est particulièrement réussie car elle donne à l’histoire toute son importance. Quant au dessin, c’est du Larcenet comme on le connaît, juste un peu plus noir que d’habitude pour coller à l’ambiance du récit.
AAAAAh Sophia !!! Quelle femme ! J'avoue avoir eu du mal à trouver l'intérêt de cette BD, mis à part son indéniable esthétisme. En effet sur 56 pages, on peut admirer cette Largo Winch au féminin, déambuler nue voire très peu vêtue sur plus du tiers de l'album. Loin des préoccupations matérielles (Madame est riche, Madame se rend à Venise comme on va à Montreuil, Madame possède un hors-bord, Madame a son majordome), Sophia promène son secret et sa beauté au bout du monde... Mention spéciale à Adriano de Vicentiis qui dessine admirablement les courbes avantageuses de son héroïne.
Une petite critique pour le scénariste, Massimo Visavi, qui fait débuter la véritable histoire 2 pages avant la fin ; une bonne dizaine de pages étant, à mon avis parfaitement inutiles au déroulement de l'histoire (notamment les doubles pages 12 et 13). Vivement la suite quand même !
J'avais trouvé la lecture du premier volume assez fastidieuse : un scénario confus (mêlant histoires familiales et quête d’un mystérieux « noir »), des personnages difficilement reconnaissables d'une case à l'autre. Mais ce second opus est beaucoup mieux maîtrisé que le précédent, comme si en "éliminant" des personnages secondaires inutiles (Isabelle, Nicolas, véritable arlésienne de cette aventure, et d'autres encore...) l'intérêt de l'histoire rebondissait.
Sur fond de prise de Saint Jean d'Acre pendant les croisades, Ilaria Trondoli développe une chasse au Trésor menée par un mystérieux Luc de Ridefort, ancien templier.
Le principal atout de cette bd est sans nul doute le magnifique dessin, en couleurs directes. En outre, ce second volume bénéficie de plus de lumière que le tome précédent. Le moins bon réside sans doute dans le scénario qui nous fait penser au "Troisième Testament". La dessinatrice, étrangement, transforme physiquement son héros (Luc de Ridefort) dans ce volume, ce qui le rapproche de Conrad de Marbourg.
Une bonne histoire en deux volumes, à acheter si vous n'êtes pas encore rassasié de Templiers -, qui surfe sur la vague de l'héroïc-catholique. Auteur à suivre de près !!
Voilà là une formidable BD, une merveille de précision et d'horlogerie (normal pour une histoire tournant autour d'une montre me direz-vous) qui m'a totalement séduit.
Gabella réussit dans les grandes largeurs là où une série comme Phenomenum échoue à mon sens. La comparaison n'est pas innocente, le canevas de départ est en effet assez similaire : notre héros entre en possession d'une montre gousset qui lui permet d'arrêter le temps à sa guise, de créer une stase dans laquelle il se déplace librement, le monde s'arrêtant autour de lui. Une première différence vient du fait que d'autres personnes, qui ne sont pas en possession de la montre, ont également le pouvoir de se déplacer et, naturellement, ils sont loin de faire tous un usage de bon aloi de cette stase, leur but ultime étant de s'emparer du précieux objet.
Autre différence, on est ici face à un one-shot se déroulant au XIXème siècle: le décalage entre ce siècle déjà bien lointain et cette technologie si improbable est des plus réussis. Enfin, le dessin d'Audibert est bien loin de celui très anguleux et peu séduisant de Phenomenum: virevoltant, léger et très poétique, il épouse à merveille cette histoire dont la poésie est justement un segment très important (lisez-le, vous comprendrez tout).
Au final, non content de conclure en 62 pages, les auteurs nous proposent une fin extrêmement réussie qui m'a fait refermer l'album avec un immense sentiment de satisfaction : quel bonheur de voir un scénariste proposant une aussi bonne histoire parfaitement exécuter la culbute finale ! Un des meilleurs albums que j'ai lus cette année, sans aucun doute.
Ce tome m'a été offert et j'ai eu du mal à l'apprécier, car je le trouvais extrêmement plat, malgré quelques saynètes qui m'ont bien fait marrer. Après plusieurs lectures je dois reconnaître que je suis conquis. Pourquoi ce revirement ???
Je trouve qu'effectivement (l'avis de Cassidy le montre) certains auteurs surfent sur une vague "vie quotidienne" qui se résume par "je n'ai rien à raconter". Je n'ai rien contre les gens qui rompent avec Lanfeust, au contraire, mais c'est vrai que l'on a parfois des platitudes assez déconcertantes. Au départ je classais Immeuble d'en face dans cette catégorie... En plus le dessin est, il faut bien le reconnaître, vraiment pas top, avec peu de personnalité. Et pourtant je n'arrivais pas à remiser ce tome dans les lointains fonds de ma bibliothèque avec les BD que je n'ouvrent jamais. Un "je ne sais quoi" m'empêchait de le faire.
Ce "je ne sais quoi" est l'extrême délicatesse qu'utilise Vanyda pour faire les transitions entre les saynètes, la poésie qu'elle met en œuvre pour conclure les tranches de vie et pour illustrer les relations entre les personnages. Je trouve qu'elle s'en tire extrêmement bien pour au final ne pas tomber dans la "chiantitude extrême" et pour rester dans le juste et le poétique... Une espèce de sublimation du quotidien, qui m'a demandé plusieurs lectures et des comparaisons avec d'autres BD pour pouvoir le sentir et trouver cette Bd vraiment appréciable. C'est ainsi que je trouve que la lecture de ce manga demande du temps, de la lenteur afin d'apprécier la valeur des cases, du découpage et généralement des dernières cases qui mettent généralement en valeur toute la tranche de vie illustrée précédemment.
Je trouve ainsi que sans ces dernières cases, effectivement cette histoire serait vraiment ennuyeuse... Mais essayez de passer outre et de savourer la construction de ce manga qui finalement pèche majoritairement par ces dessins.
Tezuka est vraiment un auteur très prolifique ! Je répète ce qui a été dit des milliers de fois mais c'est vraiment un grand bonhomme de la bande dessinée.
Son œuvre est riche et variée, et ses histoires même si elles ne manquent pas de complexité, se laissent lire en toute simplicité.
Parlons de Barbara. Barbara est une œuvre qui a pour cadre une certaine société plutôt permissive, les protagonistes sont pour la plupart issus d'un milieu assez aisé, sauf Barbara, la petite hippie alcoolique qui illumine cette histoire.
Tezuka met en scène avec une parfaite maîtrise une histoire violente et forte se déroulant pendant les 70'S. En fait ce sont plutôt des histoires courtes, présentées ici comme des chapitres, plus ou moins liés.
Barbara est un personnage intéressant, une muse, un vampire... qui inspire l'artiste mais détruit l'homme qu'il est. Barbara est attachante, insupportable, naïve... Barbara est surtout radieuse sous ses guenilles. Un personnage très riche, très réussi.
Les dessins de Tezuka sont un peu plus "rudes" que d'habitude mais ils ont toujours ce dynamisme si particulier. Le découpage est innovant comme dans ses autres œuvres.
Une bonne série, en deux volumes qui se lisent vite et avec plaisir, même si l'histoire est sombre et amère. C'est une réflexion d'artiste que Tezuka nous propose là, et c'est une œuvre intelligente et forte.
Surprenant !
John Romita Jr est l'un des artistes les plus connus de chez Marvel, il a travaillé sur quasiment toutes les grandes séries du célèbre éditeur, il a dessiné tous les personnages...
Zone d'ombre est une de ses idées personnelles et c'est un plaisir de voir un artiste tel que lui sortir du clivage des super-héros.
Le scénario est assez riche et complexe, il n'y a pas de temps mort sur les 100 pages de ce one-shot et l'idée de départ est bien développée.
On peut craindre à lire le résumé de Zone d'ombre, de se retrouver une fois de plus avec un anti-héros recherchant pardon et rédemption après avoir commis les pires exactions... mais non, Zone d'ombre ne manque pas d'originalité, l'histoire démarre comme un thriller banal et bascule vite dans le fantastique de façon crédible et maîtrisée, c'est du tout bon.
Comme quoi, il est possible d'utiliser un traitement intelligent pour un thème maintes fois exploité.
Les dessins de Romita Jr sont comme d'habitude : extraordinaires !
Son style très personnel, reconnaissable au premier coup d'œil est vraiment plaisant.
Pour ce qui est du choix des angles ou du découpage, c'est la classe. Côté graphique c'est une réussite totale.
Zone d'ombre est un bon album, on y retrouve un Romita Jr en forme et en totale osmose avec Glen Brunswick.
L'histoire est riche, les personnages ont de la personnalité et l'intrigue tient la route. Je ne suis pas déçu !
Petit bonus : en fin d'album on retrouve quelques crayonnés et dessins préparatoires, où l'on peut constater l'importance du travail d'encrage de Klaus Janson.
Bref, Zone d'ombre est un comic de bonne facture qui mérite une lecture.
Excellente adaptation du conte si connu de Charles Perrault. Le dessin de Loyer est épuré (mais pas trop), chatoyant grâce à de belles couleurs, et le dessin -presque- sans encrage le rend très agréable. Côté histoire, Loyer a su tirer le maximum de cette histoire toute simple mais pourtant charmante, et en restituer l'esprit. Ca se lit très vite, mais on ne boude pas son plaisir.
"Les maîtres de l'orge", j'adhère complètement ! C'est tout bonnement une des meilleures sagas familiales en bande-dessinée. Une fois le premier tome commencé, je ne pouvais plus m'arrêter.
Tout d'abord, le dessin est vraiment d'une qualité irréprochable : net, précis, clair, sans bavure. Vraiment un must. Certaines planches sont magnifiques, parmi les plus belles et les marquantes que j'ai jamais vues.
Je crois que l'avenir de la ligne claire, si caractéristique de la BD franco-belge (je pense à Tintin par exemple), se situe là. Bref, tout ça pour dire que j'aime ce dessin.
Ensuite l'histoire. C'est une autre paire de manches. Je ne sais pas si c'est l'exacte vérité. C'est en tout cas au moins inspirée d'une histoire vraie. La bière est un prétexte, bien évidemment.
Toutefois, l'aspect romanesque, qui a été ajouté, ou pour employer le terme plus flatteur "insufflé", dans cette série est indéniable.
En fait, celle-ci est une saga, il est donc presque indispensable de lire les tomes dans l'ordre. On suit la destinée de la famille Steenfort à travers ses plus illustres représentants. Efficace. Quel charisme en effet. Julienne en particulier, est un personnage vraiment profond. Car n'oublions que l'analyse psychologique, plus important selon moi que l'aspect romanesque, est ici poussée assez loin.
Je pense que tout est fait pour rendre ces personnages les plus "humains" possible. Conséquence logique : on s'y attache.
Quelques détails qui m'ont particulièrement plu : le panorama de Dorp qui change au fil du temps et des épisodes, et les introductions qui situent efficacement le contexte, et donne une portée historique à la série.
Pour résumer, un ensemble très homogène aux dessins impeccables, très bien adaptés et parfois superbes, et qui tire sa force d'un certain "souffle" romanesque, des histoires imbriquées entre elles, et des personnages charismatiques.
Le tout est d'une cohésion remarquable.
Bref, ce n'est pas un chef-d'œuvre, cela ne marquera pas l'histoire de la bande dessinée, mais "Les maîtres de l'orge" sont d'une virtuosité technique, scénaristique -et aussi commerciale telle-, que l'on ne peut s'empêcher de se dire que Van Hamme est vraiment un sacré malin...
Une des meilleures BD pour la jeunesse, tout simplement. Un graphisme attachant, pas prise de tête, mais qui ne verse pas dans le naïf non plus: du pur Peyo. De très bonnes histoires, bien pensées, Peyo ne prenait manifestement pas son public pour un imbécile! Et point d'orgue: une des rares bandes-dessinées qui se laisse relire bien des années après l'enfance! Personnellement, quand je finis un "Johan et Pirlouit", il ressort toujours cet espèce d'optimisme si caractéristique des BD de Peyo.
En définitive, un classique incontournable de la BD jeunesse que je conseille à tout le monde, et particulièrement à la classe d'âge des 7-13 ans à qui cette série est évidemment destinée !
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Une aventure rocambolesque de...
Le temps de chien
Mouiche, ça démarre pas trop mal et l'idée de faire voyager Freud aux Far West pour psychanalyser les indigènes est sympa. C'est avec bonheur qu'on retrouve la narration si typique de Manu Larcenet où quelques bons dialogues viennent ponctuer le récit. Mais (car il y a un mais), l'histoire manque de corps et le final laisse un goût de trop peu . . . ce qui m'empêche de donner plus de 3 étoiles à cet album.
La ligne de front
Manu Larcenet narre la "mission insolite" de Vincent Van Gogh, chargé de (dé)peindre la Grande Guerre pour rendre compte au président du Conseil de la situation sur la ligne de front . . . point de tournesols là bas, juste des paysages dévastés et des visages torturés.
L’auteur décrit l’absurdité de la guerre et l’aveuglement des gallonneux totalement déconnectés de la réalité. Toutefois, le récit glisse tout doucement en son milieu, devenant plus imagé, plus symbolique dans sa deuxième moitié. L’allégorie des "hommes-oiseaux" et celle de la "mère des obus" sont des images lourdes de sens mais traitées sans noirceur excessive. La dernière planche est particulièrement réussie car elle donne à l’histoire toute son importance. Quant au dessin, c’est du Larcenet comme on le connaît, juste un peu plus noir que d’habitude pour coller à l’ambiance du récit.
Sophia
AAAAAh Sophia !!! Quelle femme ! J'avoue avoir eu du mal à trouver l'intérêt de cette BD, mis à part son indéniable esthétisme. En effet sur 56 pages, on peut admirer cette Largo Winch au féminin, déambuler nue voire très peu vêtue sur plus du tiers de l'album. Loin des préoccupations matérielles (Madame est riche, Madame se rend à Venise comme on va à Montreuil, Madame possède un hors-bord, Madame a son majordome), Sophia promène son secret et sa beauté au bout du monde... Mention spéciale à Adriano de Vicentiis qui dessine admirablement les courbes avantageuses de son héroïne. Une petite critique pour le scénariste, Massimo Visavi, qui fait débuter la véritable histoire 2 pages avant la fin ; une bonne dizaine de pages étant, à mon avis parfaitement inutiles au déroulement de l'histoire (notamment les doubles pages 12 et 13). Vivement la suite quand même !
A l'ombre de la croix
J'avais trouvé la lecture du premier volume assez fastidieuse : un scénario confus (mêlant histoires familiales et quête d’un mystérieux « noir »), des personnages difficilement reconnaissables d'une case à l'autre. Mais ce second opus est beaucoup mieux maîtrisé que le précédent, comme si en "éliminant" des personnages secondaires inutiles (Isabelle, Nicolas, véritable arlésienne de cette aventure, et d'autres encore...) l'intérêt de l'histoire rebondissait. Sur fond de prise de Saint Jean d'Acre pendant les croisades, Ilaria Trondoli développe une chasse au Trésor menée par un mystérieux Luc de Ridefort, ancien templier. Le principal atout de cette bd est sans nul doute le magnifique dessin, en couleurs directes. En outre, ce second volume bénéficie de plus de lumière que le tome précédent. Le moins bon réside sans doute dans le scénario qui nous fait penser au "Troisième Testament". La dessinatrice, étrangement, transforme physiquement son héros (Luc de Ridefort) dans ce volume, ce qui le rapproche de Conrad de Marbourg. Une bonne histoire en deux volumes, à acheter si vous n'êtes pas encore rassasié de Templiers -, qui surfe sur la vague de l'héroïc-catholique. Auteur à suivre de près !!
Les mesures du temps
Voilà là une formidable BD, une merveille de précision et d'horlogerie (normal pour une histoire tournant autour d'une montre me direz-vous) qui m'a totalement séduit. Gabella réussit dans les grandes largeurs là où une série comme Phenomenum échoue à mon sens. La comparaison n'est pas innocente, le canevas de départ est en effet assez similaire : notre héros entre en possession d'une montre gousset qui lui permet d'arrêter le temps à sa guise, de créer une stase dans laquelle il se déplace librement, le monde s'arrêtant autour de lui. Une première différence vient du fait que d'autres personnes, qui ne sont pas en possession de la montre, ont également le pouvoir de se déplacer et, naturellement, ils sont loin de faire tous un usage de bon aloi de cette stase, leur but ultime étant de s'emparer du précieux objet. Autre différence, on est ici face à un one-shot se déroulant au XIXème siècle: le décalage entre ce siècle déjà bien lointain et cette technologie si improbable est des plus réussis. Enfin, le dessin d'Audibert est bien loin de celui très anguleux et peu séduisant de Phenomenum: virevoltant, léger et très poétique, il épouse à merveille cette histoire dont la poésie est justement un segment très important (lisez-le, vous comprendrez tout). Au final, non content de conclure en 62 pages, les auteurs nous proposent une fin extrêmement réussie qui m'a fait refermer l'album avec un immense sentiment de satisfaction : quel bonheur de voir un scénariste proposant une aussi bonne histoire parfaitement exécuter la culbute finale ! Un des meilleurs albums que j'ai lus cette année, sans aucun doute.
L'Immeuble d'en face
Ce tome m'a été offert et j'ai eu du mal à l'apprécier, car je le trouvais extrêmement plat, malgré quelques saynètes qui m'ont bien fait marrer. Après plusieurs lectures je dois reconnaître que je suis conquis. Pourquoi ce revirement ??? Je trouve qu'effectivement (l'avis de Cassidy le montre) certains auteurs surfent sur une vague "vie quotidienne" qui se résume par "je n'ai rien à raconter". Je n'ai rien contre les gens qui rompent avec Lanfeust, au contraire, mais c'est vrai que l'on a parfois des platitudes assez déconcertantes. Au départ je classais Immeuble d'en face dans cette catégorie... En plus le dessin est, il faut bien le reconnaître, vraiment pas top, avec peu de personnalité. Et pourtant je n'arrivais pas à remiser ce tome dans les lointains fonds de ma bibliothèque avec les BD que je n'ouvrent jamais. Un "je ne sais quoi" m'empêchait de le faire. Ce "je ne sais quoi" est l'extrême délicatesse qu'utilise Vanyda pour faire les transitions entre les saynètes, la poésie qu'elle met en œuvre pour conclure les tranches de vie et pour illustrer les relations entre les personnages. Je trouve qu'elle s'en tire extrêmement bien pour au final ne pas tomber dans la "chiantitude extrême" et pour rester dans le juste et le poétique... Une espèce de sublimation du quotidien, qui m'a demandé plusieurs lectures et des comparaisons avec d'autres BD pour pouvoir le sentir et trouver cette Bd vraiment appréciable. C'est ainsi que je trouve que la lecture de ce manga demande du temps, de la lenteur afin d'apprécier la valeur des cases, du découpage et généralement des dernières cases qui mettent généralement en valeur toute la tranche de vie illustrée précédemment. Je trouve ainsi que sans ces dernières cases, effectivement cette histoire serait vraiment ennuyeuse... Mais essayez de passer outre et de savourer la construction de ce manga qui finalement pèche majoritairement par ces dessins.
Barbara
Tezuka est vraiment un auteur très prolifique ! Je répète ce qui a été dit des milliers de fois mais c'est vraiment un grand bonhomme de la bande dessinée. Son œuvre est riche et variée, et ses histoires même si elles ne manquent pas de complexité, se laissent lire en toute simplicité. Parlons de Barbara. Barbara est une œuvre qui a pour cadre une certaine société plutôt permissive, les protagonistes sont pour la plupart issus d'un milieu assez aisé, sauf Barbara, la petite hippie alcoolique qui illumine cette histoire. Tezuka met en scène avec une parfaite maîtrise une histoire violente et forte se déroulant pendant les 70'S. En fait ce sont plutôt des histoires courtes, présentées ici comme des chapitres, plus ou moins liés. Barbara est un personnage intéressant, une muse, un vampire... qui inspire l'artiste mais détruit l'homme qu'il est. Barbara est attachante, insupportable, naïve... Barbara est surtout radieuse sous ses guenilles. Un personnage très riche, très réussi. Les dessins de Tezuka sont un peu plus "rudes" que d'habitude mais ils ont toujours ce dynamisme si particulier. Le découpage est innovant comme dans ses autres œuvres. Une bonne série, en deux volumes qui se lisent vite et avec plaisir, même si l'histoire est sombre et amère. C'est une réflexion d'artiste que Tezuka nous propose là, et c'est une œuvre intelligente et forte. Surprenant !
Zone d'ombre
John Romita Jr est l'un des artistes les plus connus de chez Marvel, il a travaillé sur quasiment toutes les grandes séries du célèbre éditeur, il a dessiné tous les personnages... Zone d'ombre est une de ses idées personnelles et c'est un plaisir de voir un artiste tel que lui sortir du clivage des super-héros. Le scénario est assez riche et complexe, il n'y a pas de temps mort sur les 100 pages de ce one-shot et l'idée de départ est bien développée. On peut craindre à lire le résumé de Zone d'ombre, de se retrouver une fois de plus avec un anti-héros recherchant pardon et rédemption après avoir commis les pires exactions... mais non, Zone d'ombre ne manque pas d'originalité, l'histoire démarre comme un thriller banal et bascule vite dans le fantastique de façon crédible et maîtrisée, c'est du tout bon. Comme quoi, il est possible d'utiliser un traitement intelligent pour un thème maintes fois exploité. Les dessins de Romita Jr sont comme d'habitude : extraordinaires ! Son style très personnel, reconnaissable au premier coup d'œil est vraiment plaisant. Pour ce qui est du choix des angles ou du découpage, c'est la classe. Côté graphique c'est une réussite totale. Zone d'ombre est un bon album, on y retrouve un Romita Jr en forme et en totale osmose avec Glen Brunswick. L'histoire est riche, les personnages ont de la personnalité et l'intrigue tient la route. Je ne suis pas déçu ! Petit bonus : en fin d'album on retrouve quelques crayonnés et dessins préparatoires, où l'on peut constater l'importance du travail d'encrage de Klaus Janson. Bref, Zone d'ombre est un comic de bonne facture qui mérite une lecture.
Le Chat Botté
Excellente adaptation du conte si connu de Charles Perrault. Le dessin de Loyer est épuré (mais pas trop), chatoyant grâce à de belles couleurs, et le dessin -presque- sans encrage le rend très agréable. Côté histoire, Loyer a su tirer le maximum de cette histoire toute simple mais pourtant charmante, et en restituer l'esprit. Ca se lit très vite, mais on ne boude pas son plaisir.
Les Maîtres de l'Orge
"Les maîtres de l'orge", j'adhère complètement ! C'est tout bonnement une des meilleures sagas familiales en bande-dessinée. Une fois le premier tome commencé, je ne pouvais plus m'arrêter. Tout d'abord, le dessin est vraiment d'une qualité irréprochable : net, précis, clair, sans bavure. Vraiment un must. Certaines planches sont magnifiques, parmi les plus belles et les marquantes que j'ai jamais vues. Je crois que l'avenir de la ligne claire, si caractéristique de la BD franco-belge (je pense à Tintin par exemple), se situe là. Bref, tout ça pour dire que j'aime ce dessin. Ensuite l'histoire. C'est une autre paire de manches. Je ne sais pas si c'est l'exacte vérité. C'est en tout cas au moins inspirée d'une histoire vraie. La bière est un prétexte, bien évidemment. Toutefois, l'aspect romanesque, qui a été ajouté, ou pour employer le terme plus flatteur "insufflé", dans cette série est indéniable. En fait, celle-ci est une saga, il est donc presque indispensable de lire les tomes dans l'ordre. On suit la destinée de la famille Steenfort à travers ses plus illustres représentants. Efficace. Quel charisme en effet. Julienne en particulier, est un personnage vraiment profond. Car n'oublions que l'analyse psychologique, plus important selon moi que l'aspect romanesque, est ici poussée assez loin. Je pense que tout est fait pour rendre ces personnages les plus "humains" possible. Conséquence logique : on s'y attache. Quelques détails qui m'ont particulièrement plu : le panorama de Dorp qui change au fil du temps et des épisodes, et les introductions qui situent efficacement le contexte, et donne une portée historique à la série. Pour résumer, un ensemble très homogène aux dessins impeccables, très bien adaptés et parfois superbes, et qui tire sa force d'un certain "souffle" romanesque, des histoires imbriquées entre elles, et des personnages charismatiques. Le tout est d'une cohésion remarquable. Bref, ce n'est pas un chef-d'œuvre, cela ne marquera pas l'histoire de la bande dessinée, mais "Les maîtres de l'orge" sont d'une virtuosité technique, scénaristique -et aussi commerciale telle-, que l'on ne peut s'empêcher de se dire que Van Hamme est vraiment un sacré malin...
Johan et Pirlouit
Une des meilleures BD pour la jeunesse, tout simplement. Un graphisme attachant, pas prise de tête, mais qui ne verse pas dans le naïf non plus: du pur Peyo. De très bonnes histoires, bien pensées, Peyo ne prenait manifestement pas son public pour un imbécile! Et point d'orgue: une des rares bandes-dessinées qui se laisse relire bien des années après l'enfance! Personnellement, quand je finis un "Johan et Pirlouit", il ressort toujours cet espèce d'optimisme si caractéristique des BD de Peyo. En définitive, un classique incontournable de la BD jeunesse que je conseille à tout le monde, et particulièrement à la classe d'âge des 7-13 ans à qui cette série est évidemment destinée !