Un très bon album, en effet. Après Shenzhen, l'auteur part diriger une équipe d'animateurs de Corée du Nord, et nous fait découvrir par l'intermédiaire de ce carnet de voyage l'univers très particulier de ce pays privé de bien des droits...
La narration est géniale. Delisle, comme d'autres auteurs du même éditeur, a cette force lui permettant de rendre tout sujet complètement fascinant, en dépit de son aspect banal et commun.
On découvre petit à petit ce monde que l'on imagine à peine, cette pauvreté latente, et ce lavage de cerveau à l'échelle nationale que subissent les Nord-Coréens.
Mais ce voyage, qui semble avoir parfois profondément bouleverser l'auteur, ces deux mois qui lui ont paru interminables, Guy Delisle nous le présente avec un humour tel que la lecture en devient géniale, fluide, agréable. Pourtant, PyongYang est un sacré pavé. Oui, mais un pavé qui se lit aussi simplement que Blankets pour moi, à l'époque.
Le dessin, dans son genre, est particulièrement maîtrisé, et ajoute beaucoup au côté parfois comique des situations.
Tristesse, peine, joie, rire, vous connaîtrez bien des émotions à la lecture de ce petit bijou. Indispensable, tout simplement.
Wow... grosse claque.
Dernièrement, j'appréciais beaucoup moins les diverses réalisations de Corbeyran qui à mes yeux s'éparpillaient un peu dans des univers où il était moins à l'aise, moins original (Weena, Archipel). Mais cet album sonne comme un retour aux sources, et rappelle ses collaborations passées, avec Alfred bien sûr, mais surtout avec Bouillez sur Le phalanstère du bout du monde.
Et ce tome introductif est une sacrée réussite. Un vent de folie, qui nous rappelle l'univers déjanté de la Nef des fous, souffle sur un monde très steam-punk, ambiance dans laquelle Corbeyran travaille en terrain connu... Le régulateur, du même auteur, exploite déjà bien le filon (trouverez vous le régulateur qui se promène dans cet album ?)
Bouillez, quant à lui, nous offre un travail très précis, très propre, et mis en couleur avec brio. C’est pastel, c'est beau, séduisant, attirant. Allié aux dialogues savoureux des différents personnages, l'ensemble est de grande qualité, vraiment.
La première collaboration de ces deux auteurs m'avait vraiment enthousiasmé, mais ce nouvel album joue dans une toute autre catégorie : celle des séries cultes en devenir, si la suite tient la route, évidemment.
Vincent & Van Gogh, c'est un bel exemple de ce que peut apporter la bande dessinée à notre culture. Plus qu'une simple biographie sans saveur, l'auteur déforme malicieusement la réalité, afin de nous faire découvrir la vie misèreuse de Van Gogh d'une façon particulièrement originale.
Sa schyzophrénie, mise en image par le biais de ce chat malicieux, semblable à une muse active et dirigiste, est traitée avec une légèreté qui évite de rendre le récit noir, mauribond.
Le récit peu parfois sembler un poil décousu, sans réel liant. Mais là où ma lecture en aurait été franchement altérée avec un autre album, je trouve qu'ici, celà ajoute à la folie douce qui s'échappe des pages de l'album.
Le dessin de Gradimir Smudja est quant à lui de grande qualité. Immitant le maître, il parvient à nous faire sourire, et surtout à nous émerveiller ! L'utilisation des couleurs est splendide.
Un superbe album pour (re-)découvrir la vie de ce peintre hors du commun. Toutefois, seul le lecteur connaisseur de l'histoire originale en profitera pleinement.
La rentrée 2004 a vu apparaitre son lot de nouvelles séries dans les rayons de votre librairie préférées, et les éditions Delcourt ont elles aussi, bien entendu, participé à la fête.
Parmis les sorties de cet éditeur, Alim le tanneur mérite particulièrement qu'on s'attarde à sa lecture. Malgré une couverture qui ne paie pas de mine, ce premier tome renferme en effet un monde superbe, aux couleurs acidulées et aux ambiances orientales.
Ce qui frappe, c'est l'originalité de l'oeuvre. Dans le domaine de l'heroic Fantasy, on pensait avoir depuis longtemps fait le tour de la question. mais les auteurs nous proposent ici une vision radicalement différente de ce à quoi Soleil nous a habitué depuis bien longtemps.
Par la narration, tout d'abord : c'est doux, tendre, drôle. Les 3 héros catapultés malgré eux dans une histoire qui les dépasse sont attendrissants, et l'on s'y attache très vite.
La petite Bul est adorable...
Le dessin est superbe. Décors fouillés, mise en page superbe, couleurs chatoyantes... Si seulement toutes les BD colorées à l'ordi étaient de ce niveau...
Le trait est résoluement cartoon, et l'étude du design général lorgne franchement du coté des codes graphiques Indoux. La créature éléphantesque du début de l'album, parée de ses défenses massives, fait vraiment rêver !
Une grande surprise, un incroyable premier album. Moi qui m'inquiétait des dernières sorties Delcourt, me voilà bien rassuré.
Une série qui risque de passer culte si la suite est du même accabit !
On m'avait averti : scénario un peu "complexe", d'où une lecture difficile possible... Mais pour ma part, la magie a opéré, et tout coule de source. Tant mieux !
Bien sûr, il reste des zones d'ombres - mais c'est bien là tout l'intérêt d'un polar de qualité, à mes yeux.
Alors, qu'avons-nous là : une histoire sombre, mais aux allures classiques, où s'entrecroisent relations viriles, ambiances années 40-50, et allusions fantastiques. Mais aussi une autre histoire, issue d'une mutinerie, qui verra évoluer de véritables Robinsons Crusoés. Entre ces deux histoires, apparemment aucune liaison... pour le moment !
Les personnages sont bien campés, leur psychologie développée, leur background travaillé. On sent une réelle recherche de la part du scénariste pour rendre son récit réaliste et occulte.
Le trait de Patrick Laumont n'est à mes yeux qu'un réceptacle à la couleur de Sébastien Gérard. Cette dernière est tout simplement sublime : informatique, elle n'oublie pourtant pas d'être chaleureuse et génératrice d'ambiances fortes, très présentes. Les scènes concernant l'île perdue sont tout simplement superbes !
C'est donc avant tout le travail du coloriste qui est éblouissant. J'en redemande !
Un premier album qui mérite vraiment le détour, et nous fait espérer une suite du même accabit. Connaissant la production de Filippi, je n'en doute pas une minute.
C'est à la fois sincère, d'une auto-dérision extrème, et particulièrement drôle : cet album autobiographique de Trondheim est un must pour tout adorateur de l'auteur.
Sa vision du monde, ses craintes, tous ces petits rien : là où un auteur comme Boilet à mes yeux ne ressort que le côté le plus chiant de la vie, Trondheim nous en propose cette parcelle si savoureuse, et ce malgré ce pessimisme omniprésent qui si souvent nous fait sourire.
Les lecteurs d'indé' seront ravis de reconnaitre les têtes pensantes de l'Association : Manu, Sfar, Konture... croqués sous le trait de Trondheim. Le fait de rentrer dans l'intimité de l'auteur sans pour autant assister à une vision ultranombriliste (Autobiographies souvent sans réel recul que je déteste), d'appartenir au petit monde de Lewis, est particulièrement prenant. On apprend à comprendre sa vision de l'univers dans lequel il vit, et on relit ses oeuvres avec un interêt différent.
Le dessin est typiquement "Lapinesque" : "le moins baclé", comme il se plairait à dire. Personnellement adepte de son trait épuré, grossier et chargé d'émotions (qui mieux que Trondheim peut exprimer des sentiments à l'aide d'un rond et de quatre traits, comme dans Mister O ?), j'ai beaucoup apprécié cet album-ci, en noir et blanc.
Bon, le problème de ce genre d'album réside dans l'interet de lecture sucité chez le lecteur, avant tout basé sur son ressenti. Chez moi, cela fonctionne à merveille. Et chez vous ?
Quelle belle histoire !
J'avais découvert le talent narratif de David B. par l'intermédiaire de différentes oeuvres, dont son fer de lance, l'Ascension du Haut Mal. Je lorgnais donc depuis un certain temps sur cet album, tant la collection Air Libre regorge de merveilles que tout BDphile se doit de découvrir.
L'histoire est particulièrement originale, et suivre les péripéties de ces pirates parisiens, menés par la poigne du Capitaine Ecarlate, s'averre être vraiment palpitant. Les différents personnages sont fins et bien pensés, leurs dialogues touchent, et l'histoire ne s'ouffre d'aucun problème de rythme - vive la narration de David B., qui une fois de plus nous transporte.
Mais c'est le trait de Guibert qui m'a réellement séduit. Je ne connaissais pas son travail auparavant (bien que je le savais coauteur de "La fille du professeur"), mais ses encrages superbes, alliés à une mise en couleur génératrice d'ambiance, révélatrice d'ombres et de lumières, sont de toute beauté.
La narration de David B. alliée à la finesse graphique de Guibert : voici un album qui ne devrait pas tarder à entrer dans votre collection, si vous aimez les belles histoires originales, qui font voyager.
Et bien moi, je la trouve bien sympathique, cette petite BD, à l'inverse des posteurs précédents. Tout simplement parceque dans si peut de page, j'ai retrouvé un condensé de ce que j'aime chez Marc Antoine Mathieu :
- Son style graphique Noir et Blanc pur, léché, que je trouve irréprochable, et ce, depuis la couverture. L'ombre et la lumière y sont représentés avec un contraste évident, et l'ambiance qui se dégage de ce dessin, tendance "étrange obscure", me plait particulièrement.
- Une idée de base simple mais efficace. Bien entendu, on n'a pas la place dans un "pattes de mouche" de développer une trame scénaristique digne d'un album de 48 pages. Encore faut-il utiliser au mieux l'espace alloué à la créativité, ce que MAM fait parfaitement.
Au final, j'ai adoré, entre autre parceque pour moi, la relation entre l'oeuvre de cet auteur et "Les cités obscures" est évidente : même climat complètement obscurantiste, même délire léger...
Ca ne plaira pas à tout le monde, j'en suis persuadé. Mais il serait dommage de ne pas tenter la lecture de ce petit bijou...
Moi qui suis particulièrement intéressé par les romans et films de Samurais, je suis particulièrement content de trouver ce genre d'albums dans le monde de la bande dessinée.
Une histoire active, dynamique, laissant la part belle à l'action tout en instaurant un scénario complet et très lisible, voilà un premier opus d'une série qu'il va falloir suivre de près !
Premier tome d'un diptyque (Le cycle de l'eau), cet ouvrage nous fait découvrir les compagnons de Okko, qui ne manquent pas de caractère. Un géant Guerrier, un moine alcoolique, et un chasseur de démons : voici un groupe particulièrement original qui va se retrouver plongé malgré lui dans les miasmes du trafic de prostituées japonaises.
C'est bien écrit, mais c'est beau, surtout. Le dessin, malgré une colorisation informatique, ne manque pas de punch. C'est clair, très lisible, et dynamique.
Si vous souhaitez découvrir un ouvrage prenant lieu au Japon médiéval, beaucoup plus facile d'accès que Kaze No Sho de Tanigushi (mais aussi sacrément plus axé sur l'action !), Ce premier volume des chroniques d'Okko est fait pour vous !
Superbe album de Simon Hureau, de ceux qui vous touchent vraiment.
Pourtant, tout peu sembler ultra-caricatural, à l'extrême : issue d'une famille d'"animaux" (La horde) ou violence, sexe et avilissement fait partie du quotidien, la petite Colombe, maltraitée, se retrouve à 3 ans dans une famille qui la surcouve au point de l'empêcher clairement de s'ouvrir au monde.
Ultra-naïve et candide, elle se plait à vendre son pain, avec pour seul rêve celui de pouvoir s'échapper, loin...
Simon Hureau, que je ne connaissais pas avant la lecture de cet album, frappe très fort, malgré cette vision caricaturale évidente. On se surprend à rire, mais aussi à endurer certaines images fortes, comme le retour "parmi les siens", vraiment effrayant, réellement dur.
Son dessin, tout en monochromie, sait souligner la dureté du récit, mais aussi le rendre léger quand l'heure est à la paix. Les encrages sont très séduisants, le trait régulier et propre, mais aussi typique de la bande dessinée indépendante.
On ne peut pas rester insensible à cet album, surtout lorsque l'on sait qu'il est inspiré d'un fait réel. Toutefois, attention à la fin qui n'est pas rose...
Un très bel album, que je vous recommande particulièrement.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Pyongyang
Un très bon album, en effet. Après Shenzhen, l'auteur part diriger une équipe d'animateurs de Corée du Nord, et nous fait découvrir par l'intermédiaire de ce carnet de voyage l'univers très particulier de ce pays privé de bien des droits... La narration est géniale. Delisle, comme d'autres auteurs du même éditeur, a cette force lui permettant de rendre tout sujet complètement fascinant, en dépit de son aspect banal et commun. On découvre petit à petit ce monde que l'on imagine à peine, cette pauvreté latente, et ce lavage de cerveau à l'échelle nationale que subissent les Nord-Coréens. Mais ce voyage, qui semble avoir parfois profondément bouleverser l'auteur, ces deux mois qui lui ont paru interminables, Guy Delisle nous le présente avec un humour tel que la lecture en devient géniale, fluide, agréable. Pourtant, PyongYang est un sacré pavé. Oui, mais un pavé qui se lit aussi simplement que Blankets pour moi, à l'époque. Le dessin, dans son genre, est particulièrement maîtrisé, et ajoute beaucoup au côté parfois comique des situations. Tristesse, peine, joie, rire, vous connaîtrez bien des émotions à la lecture de ce petit bijou. Indispensable, tout simplement.
Pest
Wow... grosse claque. Dernièrement, j'appréciais beaucoup moins les diverses réalisations de Corbeyran qui à mes yeux s'éparpillaient un peu dans des univers où il était moins à l'aise, moins original (Weena, Archipel). Mais cet album sonne comme un retour aux sources, et rappelle ses collaborations passées, avec Alfred bien sûr, mais surtout avec Bouillez sur Le phalanstère du bout du monde. Et ce tome introductif est une sacrée réussite. Un vent de folie, qui nous rappelle l'univers déjanté de la Nef des fous, souffle sur un monde très steam-punk, ambiance dans laquelle Corbeyran travaille en terrain connu... Le régulateur, du même auteur, exploite déjà bien le filon (trouverez vous le régulateur qui se promène dans cet album ?) Bouillez, quant à lui, nous offre un travail très précis, très propre, et mis en couleur avec brio. C’est pastel, c'est beau, séduisant, attirant. Allié aux dialogues savoureux des différents personnages, l'ensemble est de grande qualité, vraiment. La première collaboration de ces deux auteurs m'avait vraiment enthousiasmé, mais ce nouvel album joue dans une toute autre catégorie : celle des séries cultes en devenir, si la suite tient la route, évidemment.
Vincent et Van Gogh
Vincent & Van Gogh, c'est un bel exemple de ce que peut apporter la bande dessinée à notre culture. Plus qu'une simple biographie sans saveur, l'auteur déforme malicieusement la réalité, afin de nous faire découvrir la vie misèreuse de Van Gogh d'une façon particulièrement originale. Sa schyzophrénie, mise en image par le biais de ce chat malicieux, semblable à une muse active et dirigiste, est traitée avec une légèreté qui évite de rendre le récit noir, mauribond. Le récit peu parfois sembler un poil décousu, sans réel liant. Mais là où ma lecture en aurait été franchement altérée avec un autre album, je trouve qu'ici, celà ajoute à la folie douce qui s'échappe des pages de l'album. Le dessin de Gradimir Smudja est quant à lui de grande qualité. Immitant le maître, il parvient à nous faire sourire, et surtout à nous émerveiller ! L'utilisation des couleurs est splendide. Un superbe album pour (re-)découvrir la vie de ce peintre hors du commun. Toutefois, seul le lecteur connaisseur de l'histoire originale en profitera pleinement.
Alim le tanneur
La rentrée 2004 a vu apparaitre son lot de nouvelles séries dans les rayons de votre librairie préférées, et les éditions Delcourt ont elles aussi, bien entendu, participé à la fête. Parmis les sorties de cet éditeur, Alim le tanneur mérite particulièrement qu'on s'attarde à sa lecture. Malgré une couverture qui ne paie pas de mine, ce premier tome renferme en effet un monde superbe, aux couleurs acidulées et aux ambiances orientales. Ce qui frappe, c'est l'originalité de l'oeuvre. Dans le domaine de l'heroic Fantasy, on pensait avoir depuis longtemps fait le tour de la question. mais les auteurs nous proposent ici une vision radicalement différente de ce à quoi Soleil nous a habitué depuis bien longtemps. Par la narration, tout d'abord : c'est doux, tendre, drôle. Les 3 héros catapultés malgré eux dans une histoire qui les dépasse sont attendrissants, et l'on s'y attache très vite. La petite Bul est adorable... Le dessin est superbe. Décors fouillés, mise en page superbe, couleurs chatoyantes... Si seulement toutes les BD colorées à l'ordi étaient de ce niveau... Le trait est résoluement cartoon, et l'étude du design général lorgne franchement du coté des codes graphiques Indoux. La créature éléphantesque du début de l'album, parée de ses défenses massives, fait vraiment rêver ! Une grande surprise, un incroyable premier album. Moi qui m'inquiétait des dernières sorties Delcourt, me voilà bien rassuré. Une série qui risque de passer culte si la suite est du même accabit !
John Lord
On m'avait averti : scénario un peu "complexe", d'où une lecture difficile possible... Mais pour ma part, la magie a opéré, et tout coule de source. Tant mieux ! Bien sûr, il reste des zones d'ombres - mais c'est bien là tout l'intérêt d'un polar de qualité, à mes yeux. Alors, qu'avons-nous là : une histoire sombre, mais aux allures classiques, où s'entrecroisent relations viriles, ambiances années 40-50, et allusions fantastiques. Mais aussi une autre histoire, issue d'une mutinerie, qui verra évoluer de véritables Robinsons Crusoés. Entre ces deux histoires, apparemment aucune liaison... pour le moment ! Les personnages sont bien campés, leur psychologie développée, leur background travaillé. On sent une réelle recherche de la part du scénariste pour rendre son récit réaliste et occulte. Le trait de Patrick Laumont n'est à mes yeux qu'un réceptacle à la couleur de Sébastien Gérard. Cette dernière est tout simplement sublime : informatique, elle n'oublie pourtant pas d'être chaleureuse et génératrice d'ambiances fortes, très présentes. Les scènes concernant l'île perdue sont tout simplement superbes ! C'est donc avant tout le travail du coloriste qui est éblouissant. J'en redemande ! Un premier album qui mérite vraiment le détour, et nous fait espérer une suite du même accabit. Connaissant la production de Filippi, je n'en doute pas une minute.
Approximativement
C'est à la fois sincère, d'une auto-dérision extrème, et particulièrement drôle : cet album autobiographique de Trondheim est un must pour tout adorateur de l'auteur. Sa vision du monde, ses craintes, tous ces petits rien : là où un auteur comme Boilet à mes yeux ne ressort que le côté le plus chiant de la vie, Trondheim nous en propose cette parcelle si savoureuse, et ce malgré ce pessimisme omniprésent qui si souvent nous fait sourire. Les lecteurs d'indé' seront ravis de reconnaitre les têtes pensantes de l'Association : Manu, Sfar, Konture... croqués sous le trait de Trondheim. Le fait de rentrer dans l'intimité de l'auteur sans pour autant assister à une vision ultranombriliste (Autobiographies souvent sans réel recul que je déteste), d'appartenir au petit monde de Lewis, est particulièrement prenant. On apprend à comprendre sa vision de l'univers dans lequel il vit, et on relit ses oeuvres avec un interêt différent. Le dessin est typiquement "Lapinesque" : "le moins baclé", comme il se plairait à dire. Personnellement adepte de son trait épuré, grossier et chargé d'émotions (qui mieux que Trondheim peut exprimer des sentiments à l'aide d'un rond et de quatre traits, comme dans Mister O ?), j'ai beaucoup apprécié cet album-ci, en noir et blanc. Bon, le problème de ce genre d'album réside dans l'interet de lecture sucité chez le lecteur, avant tout basé sur son ressenti. Chez moi, cela fonctionne à merveille. Et chez vous ?
Le Capitaine Ecarlate
Quelle belle histoire ! J'avais découvert le talent narratif de David B. par l'intermédiaire de différentes oeuvres, dont son fer de lance, l'Ascension du Haut Mal. Je lorgnais donc depuis un certain temps sur cet album, tant la collection Air Libre regorge de merveilles que tout BDphile se doit de découvrir. L'histoire est particulièrement originale, et suivre les péripéties de ces pirates parisiens, menés par la poigne du Capitaine Ecarlate, s'averre être vraiment palpitant. Les différents personnages sont fins et bien pensés, leurs dialogues touchent, et l'histoire ne s'ouffre d'aucun problème de rythme - vive la narration de David B., qui une fois de plus nous transporte. Mais c'est le trait de Guibert qui m'a réellement séduit. Je ne connaissais pas son travail auparavant (bien que je le savais coauteur de "La fille du professeur"), mais ses encrages superbes, alliés à une mise en couleur génératrice d'ambiance, révélatrice d'ombres et de lumières, sont de toute beauté. La narration de David B. alliée à la finesse graphique de Guibert : voici un album qui ne devrait pas tarder à entrer dans votre collection, si vous aimez les belles histoires originales, qui font voyager.
La mutation
Et bien moi, je la trouve bien sympathique, cette petite BD, à l'inverse des posteurs précédents. Tout simplement parceque dans si peut de page, j'ai retrouvé un condensé de ce que j'aime chez Marc Antoine Mathieu : - Son style graphique Noir et Blanc pur, léché, que je trouve irréprochable, et ce, depuis la couverture. L'ombre et la lumière y sont représentés avec un contraste évident, et l'ambiance qui se dégage de ce dessin, tendance "étrange obscure", me plait particulièrement. - Une idée de base simple mais efficace. Bien entendu, on n'a pas la place dans un "pattes de mouche" de développer une trame scénaristique digne d'un album de 48 pages. Encore faut-il utiliser au mieux l'espace alloué à la créativité, ce que MAM fait parfaitement. Au final, j'ai adoré, entre autre parceque pour moi, la relation entre l'oeuvre de cet auteur et "Les cités obscures" est évidente : même climat complètement obscurantiste, même délire léger... Ca ne plaira pas à tout le monde, j'en suis persuadé. Mais il serait dommage de ne pas tenter la lecture de ce petit bijou...
Okko
Moi qui suis particulièrement intéressé par les romans et films de Samurais, je suis particulièrement content de trouver ce genre d'albums dans le monde de la bande dessinée. Une histoire active, dynamique, laissant la part belle à l'action tout en instaurant un scénario complet et très lisible, voilà un premier opus d'une série qu'il va falloir suivre de près ! Premier tome d'un diptyque (Le cycle de l'eau), cet ouvrage nous fait découvrir les compagnons de Okko, qui ne manquent pas de caractère. Un géant Guerrier, un moine alcoolique, et un chasseur de démons : voici un groupe particulièrement original qui va se retrouver plongé malgré lui dans les miasmes du trafic de prostituées japonaises. C'est bien écrit, mais c'est beau, surtout. Le dessin, malgré une colorisation informatique, ne manque pas de punch. C'est clair, très lisible, et dynamique. Si vous souhaitez découvrir un ouvrage prenant lieu au Japon médiéval, beaucoup plus facile d'accès que Kaze No Sho de Tanigushi (mais aussi sacrément plus axé sur l'action !), Ce premier volume des chroniques d'Okko est fait pour vous !
Colombe et la Horde
Superbe album de Simon Hureau, de ceux qui vous touchent vraiment. Pourtant, tout peu sembler ultra-caricatural, à l'extrême : issue d'une famille d'"animaux" (La horde) ou violence, sexe et avilissement fait partie du quotidien, la petite Colombe, maltraitée, se retrouve à 3 ans dans une famille qui la surcouve au point de l'empêcher clairement de s'ouvrir au monde. Ultra-naïve et candide, elle se plait à vendre son pain, avec pour seul rêve celui de pouvoir s'échapper, loin... Simon Hureau, que je ne connaissais pas avant la lecture de cet album, frappe très fort, malgré cette vision caricaturale évidente. On se surprend à rire, mais aussi à endurer certaines images fortes, comme le retour "parmi les siens", vraiment effrayant, réellement dur. Son dessin, tout en monochromie, sait souligner la dureté du récit, mais aussi le rendre léger quand l'heure est à la paix. Les encrages sont très séduisants, le trait régulier et propre, mais aussi typique de la bande dessinée indépendante. On ne peut pas rester insensible à cet album, surtout lorsque l'on sait qu'il est inspiré d'un fait réel. Toutefois, attention à la fin qui n'est pas rose... Un très bel album, que je vous recommande particulièrement.