Les derniers avis (39831 avis)

Par Gillix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Histoire du Soldat
L'Histoire du Soldat

Daniel Casanave continue dans la veine des adaptations de la littérature, après William Shakespeare (MacBeth), Guillaume Apollinaire (Les mamelles de Tirésias) et Alfred Jarry (Ubu roi) voici qu'il s'attaque à Charles-Ferdinand Ramuz. Etant un amateur de Casanave et vaudois, je ne pouvais décemment pas passer à côté de ce livre. Pour l'amateur de noir et blanc, le trait de Casanave est toujours autant fascinant, le dessinateur passant du trait continu à la superposition de petit trait (je ne suis pas sûr d'être clair) suivant qu'il traite les personnages ou les décors, et encore cela dépend des circonstances. Comme il l'a fait dans ces précédentes adaptations, Casanave nous fait entrer dans l'histoire par le biais de mille et une astuces visuelles, tout en essayant de nous faire comprendre ce qu'il passe dans la tête du soldat (selon lui). C'est sans peine, qu'ainsi il nous mène dans le pays de Vaud quelque part entre Denges et Denezy ou sur les routes de son bonheur. C'est une histoire triste, malgré tout, car s'il faut donner une morale à cette histoire c'est que "l'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté". Mais à tout bien prendre, ce qui m'intéresse le plus après voir terminé ce livre et ruminé cette histoire, c'est… à quand le prochain ? Car sans faire de série, Casanave m'a accroché à son travail. Et c'est une sacrée performance! En résumé, voilà un album que je vous conseille, même si, comme d'habitude, cela reste à vous de voir…

02/03/2006 (modifier)
Par Gillix
Note: 5/5
Couverture de la série Corto Maltese
Corto Maltese

A propos de : Tango Ecrire ce qui a touché, ce qui sonne juste pour soi est un exercice toujours difficile. Dans le cas des Corto Maltese en général c'est toujours plus dur que pour autre chose, car là, on s'attaque à un mythe de la bande dessinée. Dans cette aventure, nous retrouvons Corto Maltese en Argentine. Il est à la fois à la recherche d'une amie, sur les traces de sa folle jeunesse et permet en plus à Pratt de nous parler un peu de son pays d'adoption à l'époque du début de sa vie d'adulte. Comme toujours avec les aventures de notre marin, l'histoire démarre gentillement, il ne s'agit que de retrouver une amie que Corto a connue dans l'album "Fables de Venise", une polonaise. En partant de là, Pratt va mettre en avant la traite des blanches, la corruption, "l'exportation" de criminels états-uniens (avec le viel ami de Corto, Butch Cassidy) et surtout le héros principal de l'histoire, le tango argentin. Cela peut paraître paradoxal de mettre en avant une danse, mais celle-ci est étroitement liée aux années de jeunesse de Pratt. Le rythme même de l'histoire tout en ralentissement et accélération est un tango, avec sa part de mystère, de séduction. Il est une représentation du jeu de l'amour auquel Corto reste toujours distant, sans que l'on sache pourquoi. Et par là, comme tout tango se respectant, l'histoire est pleine de nostalgie, de mélancolie et d'amour déçu. D'ailleurs je vous propose une expérience étrange : mettez du tango en musique de fond (du Carlos Gardel de préférence), installez vous confortablement et lisez... Vous verrez, normalement votre point de vue sur cet album s'en trouvera changé! J'ai essayé de vous donner l'envie de vous plonger (replonger ?) dans l'oeuvre de Pratt. Ai-je réussi ? A vous de voir... A propos de : Les Hélvétiques Etant Helvéte moi-même, ce Corto Maltese ne pouvait décemment pas me laisser indifférent. Comme dans chaque version couleur, un magnifique cahier de croquis montre différent aspect de la Suisse du début du XXème siècle, notamment les paysannes en costumes traditionels cantonaux. Mais ce n'est pas là que se trouvent les attraits principaux de cette histoire. Notre maltais est en vacances, accompagnant son ami le professeur Steiner. Ensemble, ils vont rendre visite à un ami de Steiner, philosophe, écrivain et fin lettré. De cet ami, nous ne saurons que le nom et il n'apparaîtra qu'en conclusion de l'album. Ce livre se trouve en fait dans la droite ligne entamée par les "Fables de Venise", il explore des contes et des mythes de notre occident, liés au judaïsme à Venise et au christianisme dans la villa tessinoise du philosophe. Pratt utilise les dédales oniriques pour envoyer Corto sur les pas du Graal malgré lui. Le lecteur peu attentif se fait vite dépasser par les errements réfléchis de Pratt. Rien n'est laissé au hasard, de la symbolique de la rose (société des Rose-Croix d'obédience proche des francs-maçons) à la mystique du chevalier déchu. Pratt s'amuse et contourne les règles, faisant apparaître Raspoutine là où on ne l'attend pas, comme membre d'un jury présidé par le diable en personne... dans une affaire étroitement liée au Graal, voilà qui ne manque pas d'humour... Dans cet album, Pratt atteint le sommet de son oeuvre du point de vue mystique, celui qui viendra encore après, "Mû", n'étant probablement pas assez achevé de ce point de vue (du moins à mon goût). Je suis un fan de Corto donc mon avis n'est pas forcément objectif, et de plus la mystique m'a toujours intéressé, donc... voilà un excellent album de Corto, non pour le côté aventures ("La Ballade de la mer salée"), mais plutôt pour cet autre aspect de la personnalité du maltais, fasciné qu'il est par le mystère... Je ne peux que vous le recommander, mais... cela reste à vous de voir!

02/03/2006 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Cotton Kid
Cotton Kid

Une série vraiment sympa à découvrir (les 6 tomes sont bons) ; Pearce (enfin Conrad) est le digne héritier au point de vue dessin de Morris (Lucky Luke). D'ailleurs, cette série fait de vraies références à son aîné. Les scénarios sont bien meilleurs que ceux qui ont été faits pour Lucky Luke dans les années 90. Je conseille fortement cette série qui semble pourtant ne pas avoir eu beaucoup de succès.

01/03/2006 (modifier)
Par narvik
Note: 4/5
Couverture de la série Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy

Lanfeust de Troy est vraiment une des plus grandes bds d'héroïc fantasy. Le scénario est très bon, les personnages soignés, même si on retrouve quelques grandes classiques: le jeune homme beau que toutes les filles s'arrachent accompagné par une grosse brute. Mais bon... c'est quand même très réussi. Les petits détails et petits commentaires rajoutent une touche finale à la bd. En plus, on a plaisir à les relire car on sait qu'on va toujours trouver un petit détail qui nous avait échappé. Les clins d'oeil sont partout. Le dessin sur les premiers tomes n'est pas extraordinaire, mais ça progresse à chaque album. Au tome 8, "La bête fabuleuse", c'est tout simplement magnifique. Le dessin est très soigné, il n'y a vraiment rien à dire. Dommage par contre que ça soit devenu une bd marketing. Tout ce qui a fleuri à côté, c'est pas terrible: Les conquérants de Troy, Gnomes de Troy... Lanfeust Des Etoiles aussi, qui selon moi est très loin de valoir la série initiale.

01/03/2006 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série La Tranchée
La Tranchée

L'une des bonnes surprises de ce début d'année 2006. La collection Equinoxe s'enrichit d'un nouveau petit bijou avec cette histoire de guerre, ce récit sans concession qui sent la sueur, le sang et la poudre... Car nous nous retrouvons au coeur de la guerre 14-18, où entre deux offensives, des soldats tentent de survivre, ensemble, malgré tout, malgré les défauts, les errements, malgré la folie, malgré la mort qui rôde... Tout ça finira mal, très mal... Un seul regret concernant l'histoire : que les scénaristes n'aient pas plus creusé les personnages. Mais peut-être cela vaut-il mieux, les soldats restant presque des anonymes, des morts en sursis... Le dessin du débutant Christophe Marchetti manque encore de maturité, même si cela s'oublie très vite, devant le réalisme des scènes. Il a d'ailleurs un style qui fait un peu penser à celui de Mathieu Bonhomme... Pas mal, hein ? Une série à suivre.

01/03/2006 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série La Fourmi Blanche
La Fourmi Blanche

Voilà une très bonne Bd de science fiction qui devrait susciter l’intérêt ! Dans un futur lointain, deux ethnies d’une même planète et génétiquement proches se mènent une guerre sans mercis et sans pitié pour éradiquer l’autre et affirmer sa supériorité. Jusqu’au jour ou l’un d’eux découvre que ceux-ci ont été génétiquement créés par un peuple ancien et supérieur (disparus au moment où se déroule l’histoire) et qui a génétiquement programmé ses deux créations à l’autodestruction par une sorte d’apoptose en quelque sorte. Le scénario est vraiment original, ce premier tome servant à planter le décor mais reste très dynamique et intriguant. Le dessin est de type réaliste et très réussi avec peut être des progrès à accomplir sur les mouvements des personnages (assez normal pour une première œuvre et sans conséquence désagréable sur la lecture) Rien à redire sur les couleurs et le découpage. Une très bonne Bd de science fiction italienne qui pourra peut être souffrir d’un manque de moyens en terme de communication (édité chez Pavesio), mais qui mérite vraiment d’être connue et reconnue. Une très bonne surprise! Le tome 2 est dans la lignée du premier, les dessins sont de plus en plus beaux, mieux réussis (des progrés au niveau des mouvements), l'histoire avance bien. Aucun regret donc quant à mon achat. Vivement la suite!

01/03/2006 (modifier)
Par deajazz
Note: 5/5
Couverture de la série Nausicaä de la vallée du vent
Nausicaä de la vallée du vent

Quelle série, mais quelle série !!! Miyazaki, connu par la plupart d'entre nous comme l’un des grands maîtres des films d'animation (Princesse Mononoke, le Voyage de Chihiro), nous donne dans Nausicaa l’occasion d’une épopée fantastique incontournable (tout comme l’ont été, à mes yeux, La Quête de l'Oiseau du Temps ou Légendes des Contrées Oubliées). Mais, tout d’abord, il est bon de préciser que Nausicaa est un manga (décliné en 7 tomes ce qui est relativement court pour un manga) qui raconte l’histoire d’une planète polluée où il ne fait pas toujours bon vivre. D’autant plus, lorsqu’un empereur, pris dans sa folie expansionniste, est prêt à tout détruire sur son passage. C’est heureusement sans compter sur la princesse d’un petit royaume qui va partir dans une quête visant à préserver son petit royaume, quête qui va la conduire à explorer et à mieux comprendre les raisons de la pollution de sa planète. Derrière cette histoire se cache bien entendu un message écologique qui reste malheureusement d’actualité (même si ce manga n’est plus très jeune) et qui me semble important à développer. A cela s’ajoute la description de la folie humaine mais également de sa grandeur, le tout décrit avec finesse, nuance et sensibilité. Bref une histoire menée de main de maître et dont le dessin, très agréable, devrait séduire les nombreux bédéphiles européens. En somme, je ne peux que recommander la lecture de ce manga qui fait partie des chefs d’œuvre de ce genre (cf. aussi Monster, 20th Century Boys, Planètes…) et qui permettra, je l’espère, une première approche enrichissante des richesses du pays du soleil levant…

01/03/2006 (modifier)
Par Gillix
Note: 4/5
Couverture de la série Naciré et les machines
Naciré et les machines

Au départ, je n'avais acheté cette série que parce qu'elle était soldée. Bon je m'intéressais déjà au travail graphique de Pontarolo mais j'hésitais. L'opportunité a fait le larron. Avec la connaissance du reste de l'oeuvre de Pontarolo, on peut dire qu'ici se trouvent déjà la plupart des préoccupations de l'auteur (préoccupations partagées par d'autres). Nous nous trouvons dans un monde étrange, onirique et décalé par moment. Les machines, ce sont d'abord les trains qui parcourent la (les) ville(s), ce sont ensuite des personnages que nous croyions humains et qui… ne le sont en définitive pas. Naciré est un conducteur de train qui va tomber amoureux de la responsable d'un passage à niveaux. Et tout va partir de cette amourette. Pontarolo va pousser jusqu'à l'absurde afin de mettre en évidence les dérives de nos systèmes sociaux, les manipulations auxquelles nous pouvons être sujets. Bien sûr, d'autres ont déjà eu ce genre de démarche, et à chaque génération encore, mais pourtant… La conclusion des aventures de Naciré avec ses machines peut vous laisser froid, mais elle est surtout sensée vous questionner… Vous l'avez compris, je vous recommande chaudement cette mini série, sachant que de toute façon, c'est à vous de voir…

01/03/2006 (modifier)
Par klechko
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monsieur Mardi-Gras Descendres
Monsieur Mardi-Gras Descendres

Beaucoup ayant déjà été écrit sur cette série, je ferais court, les autres avis élogieux étant assez représentatifs de ce que j'en pense. Alors vraiment, bravo !!! Arriver à traiter d'un thème comme la mort avec autant de légèreté, d'esprit et de finesse tout en imaginant une véritable histoire digne des plus grands récits d'aventures, c'est fort !! Le scénario peut paraître parfois assez nébuleux de prime abord mais cela permet aussi d'apprécier l'oeuvre de manière différente lors des relectures et ce n'est pas pour me déplaire. Quant au dessin, au découpage et aux couleurs (noir et blanc), c'est superbe. Vraiment un très bon moment passé à lire ces 4 tomes.

01/03/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Découpé en tranches
Découpé en tranches

Note approximative : 3.5/5 Par cette BD de bonne taille (une centaine de pages quand même), Zep se livre aux lecteurs sur un ton un peu plus adulte que dans ses séries phares, notamment Titeuf. C'est une autobiographie légèrement romancée où il aborde les grands thèmes de sa jeunesse puis de sa vie d'adulte. Commençant par présenter sa vision du monde quand il était tout jeune, il nous présente ensuite ce qui a marqué sa vie : son dessin, ses amours difficiles, ses tristesses, son engagement, la musique, les beaux arts, le sexe, bref tout ce qui fait ce qu'il est devenu et tout ce qui fait qu'il ressemble à chacun de nous. Le ton est à l'humour, ou au léger cynisme. On réalise bien vite par exemple que les personnages des séries Les Filles Electriques et L'enfer des concerts, c'était bien sûr une grande partie de ce qu'était Zep lui-même dans son adolescence. Les histoires sont douces, souvent amusantes, relativement poignantes par moment. Bref, c'est sympathique et surtout agréable à lire. Les planches sont divisées en 1, 4 ou 6 dessins, dans un style qui m'a rappelé les Carnet de bord de Trondheim. Le dessin m'a bien plu, toujours dans le style typique de Zep mais joli, expressif et agréable à l'oeil. Bref, une lecture qui ne révolutionnera pas le genre de l'autobiographie mais qui est bien agréable et qui est peut-être bien mon oeuvre préférée de Zep à l'heure actuelle.

01/03/2006 (modifier)