Un cadre moyen japonais retourne sur les lieux de son enfance, sur un coup de tête. Il se retrouve soudain 30 ans en arrière, dans le corps de celui qu'il était à 14 ans, avec ses souvenirs d'adulte. Il sait que dans un mois, son père va partir pour ne plus jamais revenir... Comment l'en empêcher ?
J'ai adoré la reconstitution de ce Japon des années 60 que nous connaissons si mal, et ces petits riens de la vie de tous les jours, à l'âge où l'on s'éveille à l'amour et aux grandes questions.
Le dessin, sobre et soigné, sert à merveille le récit.
Je pardonne sans problème une fin prévisible. De toute façon, avec une telle idée de départ, il était difficile de finir autrement.
La BD type pour trentenaire mal grandi. M. Jean, écrivain rêveur et inadapté, entouré de copains aussi sympathiques qu'immatures, promène sa nonchalance en cherchant un sens à la vie. Serait-ce le fait d'être père ? Difficile question...
L'histoire est parfaitement improbable mais prend le temps de s'installer et de laisser respirer les personnages, deux abîmés de la vie qui tombent amis comme on tombe amoureux.
Les dessins sont superbes et l'univers a beau ressembler à notre monde, s'y ajoute une étrangeté diffuse (sans doute aidée par la présence d'une mystérieuse fantôme).
Deux tomes déjà sortis. J'attends la suite avec impatience.
On ne retrouve pas dans Mafalda, malgré sa construction en strips, à l'américaine, la dureté des séries US qui reflètent une société hyper-individualiste.
Rien de tout ça dans Mafalda, bien plus européenne, voire latine, dans son ambiance.
Du haut de ses six ans, mais bien précoce pour son âge, Mafalda observe le monde avec une lucide candeur. La troupe de ses copains, qui s'étoffe au fil des albums, offre une galerie de personnages attachants et complémentaires : Felipe, le velléitaire rêveur, Manolito, le fils d'épicier pas très subtil mais bon camarade, Susanita, l'insupportable bêcheuse, Miguelito, le candide qui aime jouer les méchants...
Mafalda se lit et se relit sans lassitude. Un classique.
A découvrir aussi : les gags en une page de Quino, qui se hisse à la hauteur d'un Sempé ou d'un Serre !
Mais pourquoi Philémon ne parvient-il jamais à retrouver et à ramener définitivement son ami Barthélémy, prisonnier des îles en forme de lettre qui forment les mot Océan Atlantique sur le globe terrestre ?
Fred a un univers bien à lui, largement onirique, au point parfois de se sentir mal à l'aise en retrouvant les sensations de ces rêves proches du cauchemar qu'on fait parfois : errances dans des bâtiments labyrinthiques, chutes interminables, décors qui se transforment soudain, personnages qui semblent voir une autre réalité que vous...
J'ai lu Philémon assez jeunes et ses personnages ont beaucoup marqué mon imaginaire enfantin. Notamment ses Manu-Manu, des mains sauvages géantes qu'on peut domestiquer en Manu militari ou cacher sous une identité factice en les couvrant d'une marionnette.
On peut être allergique, mais je reconnais à Fred une patte et une originalité que peu d'auteurs possèdent à ce point. Son dessin est également très reconnaissable, mais je n'ai jamais réussi à me faire complètement à ces traits anguleux et ces couleurs criardes. 4/5 quand même pour l'originalité de la série, envoûtante et difficile à lâcher.
Une excellente série pour ados. Les scénarios sont parfois un peu faiblards, mais les personnages sont si sympathiques et les atmosphères si bien rendues qu'on se laisse embarquer sans regret.
Le meilleur épisode selon moi (avec un scénario qui, pour une fois, tient bien la route) : Passé recomposé.
4/5 pour Jérôme K. Jérôme Bloche, détective privé (privé de quoi ?).
Attention, série réservée aux amateurs. Certains détestent, d'autres adorent. Je peux comprendre qu'on n'accroche pas du tout ou qu'on s'agace des costumes volontairement clownesques des deux héros.
Le Vagabond des Limbes, plus qu'une série de SF, est une série onirique qui brode sur le thème de l'identité, de la solitude, des relations entre les êtres, du passage à l'âge adulte (le vaisseau du héros est un véritable utérus volant).
Chaque album est une parabole sur un aspect de notre monde à nous, dans lequel se cache d'ailleurs la Chimeer que le héros recherche depuis qu'il en a rêvé.
Bon, on parle aussi beaucoup de sexe: puisqu'on est dans le domaine du rêve, Godard laisse régulièrement libre cours à ses fantasmes...
Comme dans beaucoup de séries, les derniers albums ont tendance à tomber dans la répétition. Et le dessin baisse en qualité.
Frustré de devoir brider sa créativité avec un Morris (Lucky Luke) allergique aux calembours, ne pouvant pas épuiser toutes ses idées dans Astérix, Goscinny a lancé cette série avec Tabary pour laisser libre cours à son goût pour les jeux de mots les plus improbables.
Et c'est un festival.
Goscinny lui-même le disait : "je ne lâche pas une case tant qu'il y a encore moyen de mettre un gag dedans".
Au final, il y en a tellement qu'il faut plusieurs lectures pour tous les dénicher. Et on se fend régulièrement la poire en se disant "non, celui-là, il n'a quand même pas osé !". Si. Dans Iznogoud, le calembour est un devoir sacré et les auteurs prennent souvent trois ou quatre cases rien que pour en amener un.
Attention : encouragé par le succès de la série, Tabary a produit seul quelques albums après la mort de Goscinny, qui ne valent pas les premiers.
Oui, OK, les cases regorgent de texte souvent laborieux à lire, surtout pour de jeunes ados. D'accord, on ne voit pas beaucoup de filles. Et, c'est vrai, l'esprit de la BD est très boy-scout.
Mais c'est l'époque qui veut ça, et le journal dans lequel ça sortait : Jacobs est un collaborateur d'Hergé de la première heure, un pilier du journal Tintin des années 50, magazine auquel on autorisait à s'abonner les fils de la bonne bourgeoisie catholique.
Pour moi, Jacobs est surtout culte pour les atmosphères technoïdes paranoïaques qu'il a su déployer dans ses albums, en ne lésinant pas sur les contrastes tranchés et les cases très sombres.
La Marque Jaune, SOS Météores ou le Piège Diabolique sont pour moi des chefs d'oeuvre de la BD.
La Marque Jaune représente le summum des fantasmes claustrophobes de Jacobs : on ne voit jamais le soleil dans ce Londres poisseux de brouillard où même les scènes en extérieur donnent une impression d'angoissant enfermement.
SOS Météores, qui joue sur le détraquement du temps, se passe presque intégralement sous la pluie, dans une Essonne des années 50 fidèlement reconstituée. Je me suis parfois amusé à retrouver les endroits que décrit Jacobs : on les reconnaît encore !
Gamin, le Piège Diabolique, fondé sur le thème du voyage dans le temps, me fascinait. La gueule cadavérique du professeur Miloch (rescapé de SOS Météores, d'ailleurs !) qui apparaît en fantôme à Mortimer dans son Chronoscaphe, les visions stroboscopiques de Mortimer à chaque voyage, la crypte où est caché la machine... Tout concourt à créer une atmosphère de cauchemar obsessionnelle, poussée à son paroxysme dans la longue séquence futuriste de la fin, où Mortimer découvre une civilisation totalitaire survivant dans les catacombes d'une terre ravagée...
A chaque album, je savoure la phrase de Mortimer, qu'on retrouve dans presque tous : "Oui, Blake, j'ai bien une hypothèse, mais elle est tellement incroyable que je préfère ne pas vous l'exposer tout de suite."
L'essor du syndicalisme chrétien dans le Maine-et-Loir rural des années 50 à 80.
Dit comme ça, je vous sens l'envie de zapper comme quand on tombe sur ces documentaires plombés d'ennui sur Arte. Ne faites pas cette erreur !
On suit ici de vrais personnages -les parents de l'auteur- dans ce qui devient une chronique de la France des 30 glorieuses.
On accompagne ces jeunes dans leur initiation au dur monde de l'usine, leurs envies d'ailleurs et d'action, leurs interrogations sur la vie et le monde, leur apprentissage de la dignité et du refus face aux abus d'un patronat paternaliste et tout puissant. On découvre aussi les tensions internes à l'Eglise de l'époque, où les prêtres-ouvriers commençaient à gêner...
L'album se lit tout seul, sans une once d'ennui. Et l'on ne peut s'empêcher de regarder avec un peu de tristesse ces ouvriers pleurer de joie, à la dernière page, en apprenant le nom du vainqueur de la présidentielle de 81. Persuadés que le temps de l'exploitation et de la pauvreté venait de prendre fin...
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Un cadre moyen japonais retourne sur les lieux de son enfance, sur un coup de tête. Il se retrouve soudain 30 ans en arrière, dans le corps de celui qu'il était à 14 ans, avec ses souvenirs d'adulte. Il sait que dans un mois, son père va partir pour ne plus jamais revenir... Comment l'en empêcher ? J'ai adoré la reconstitution de ce Japon des années 60 que nous connaissons si mal, et ces petits riens de la vie de tous les jours, à l'âge où l'on s'éveille à l'amour et aux grandes questions. Le dessin, sobre et soigné, sert à merveille le récit. Je pardonne sans problème une fin prévisible. De toute façon, avec une telle idée de départ, il était difficile de finir autrement.
Monsieur Jean
La BD type pour trentenaire mal grandi. M. Jean, écrivain rêveur et inadapté, entouré de copains aussi sympathiques qu'immatures, promène sa nonchalance en cherchant un sens à la vie. Serait-ce le fait d'être père ? Difficile question...
Carême
L'histoire est parfaitement improbable mais prend le temps de s'installer et de laisser respirer les personnages, deux abîmés de la vie qui tombent amis comme on tombe amoureux. Les dessins sont superbes et l'univers a beau ressembler à notre monde, s'y ajoute une étrangeté diffuse (sans doute aidée par la présence d'une mystérieuse fantôme). Deux tomes déjà sortis. J'attends la suite avec impatience.
Mafalda
On ne retrouve pas dans Mafalda, malgré sa construction en strips, à l'américaine, la dureté des séries US qui reflètent une société hyper-individualiste. Rien de tout ça dans Mafalda, bien plus européenne, voire latine, dans son ambiance. Du haut de ses six ans, mais bien précoce pour son âge, Mafalda observe le monde avec une lucide candeur. La troupe de ses copains, qui s'étoffe au fil des albums, offre une galerie de personnages attachants et complémentaires : Felipe, le velléitaire rêveur, Manolito, le fils d'épicier pas très subtil mais bon camarade, Susanita, l'insupportable bêcheuse, Miguelito, le candide qui aime jouer les méchants... Mafalda se lit et se relit sans lassitude. Un classique. A découvrir aussi : les gags en une page de Quino, qui se hisse à la hauteur d'un Sempé ou d'un Serre !
Philémon
Mais pourquoi Philémon ne parvient-il jamais à retrouver et à ramener définitivement son ami Barthélémy, prisonnier des îles en forme de lettre qui forment les mot Océan Atlantique sur le globe terrestre ? Fred a un univers bien à lui, largement onirique, au point parfois de se sentir mal à l'aise en retrouvant les sensations de ces rêves proches du cauchemar qu'on fait parfois : errances dans des bâtiments labyrinthiques, chutes interminables, décors qui se transforment soudain, personnages qui semblent voir une autre réalité que vous... J'ai lu Philémon assez jeunes et ses personnages ont beaucoup marqué mon imaginaire enfantin. Notamment ses Manu-Manu, des mains sauvages géantes qu'on peut domestiquer en Manu militari ou cacher sous une identité factice en les couvrant d'une marionnette. On peut être allergique, mais je reconnais à Fred une patte et une originalité que peu d'auteurs possèdent à ce point. Son dessin est également très reconnaissable, mais je n'ai jamais réussi à me faire complètement à ces traits anguleux et ces couleurs criardes. 4/5 quand même pour l'originalité de la série, envoûtante et difficile à lâcher.
Jérôme K. Jérôme Bloche
Une excellente série pour ados. Les scénarios sont parfois un peu faiblards, mais les personnages sont si sympathiques et les atmosphères si bien rendues qu'on se laisse embarquer sans regret. Le meilleur épisode selon moi (avec un scénario qui, pour une fois, tient bien la route) : Passé recomposé. 4/5 pour Jérôme K. Jérôme Bloche, détective privé (privé de quoi ?).
Le Vagabond des Limbes
Attention, série réservée aux amateurs. Certains détestent, d'autres adorent. Je peux comprendre qu'on n'accroche pas du tout ou qu'on s'agace des costumes volontairement clownesques des deux héros. Le Vagabond des Limbes, plus qu'une série de SF, est une série onirique qui brode sur le thème de l'identité, de la solitude, des relations entre les êtres, du passage à l'âge adulte (le vaisseau du héros est un véritable utérus volant). Chaque album est une parabole sur un aspect de notre monde à nous, dans lequel se cache d'ailleurs la Chimeer que le héros recherche depuis qu'il en a rêvé. Bon, on parle aussi beaucoup de sexe: puisqu'on est dans le domaine du rêve, Godard laisse régulièrement libre cours à ses fantasmes... Comme dans beaucoup de séries, les derniers albums ont tendance à tomber dans la répétition. Et le dessin baisse en qualité.
Iznogoud
Frustré de devoir brider sa créativité avec un Morris (Lucky Luke) allergique aux calembours, ne pouvant pas épuiser toutes ses idées dans Astérix, Goscinny a lancé cette série avec Tabary pour laisser libre cours à son goût pour les jeux de mots les plus improbables. Et c'est un festival. Goscinny lui-même le disait : "je ne lâche pas une case tant qu'il y a encore moyen de mettre un gag dedans". Au final, il y en a tellement qu'il faut plusieurs lectures pour tous les dénicher. Et on se fend régulièrement la poire en se disant "non, celui-là, il n'a quand même pas osé !". Si. Dans Iznogoud, le calembour est un devoir sacré et les auteurs prennent souvent trois ou quatre cases rien que pour en amener un. Attention : encouragé par le succès de la série, Tabary a produit seul quelques albums après la mort de Goscinny, qui ne valent pas les premiers.
Blake et Mortimer
Oui, OK, les cases regorgent de texte souvent laborieux à lire, surtout pour de jeunes ados. D'accord, on ne voit pas beaucoup de filles. Et, c'est vrai, l'esprit de la BD est très boy-scout. Mais c'est l'époque qui veut ça, et le journal dans lequel ça sortait : Jacobs est un collaborateur d'Hergé de la première heure, un pilier du journal Tintin des années 50, magazine auquel on autorisait à s'abonner les fils de la bonne bourgeoisie catholique. Pour moi, Jacobs est surtout culte pour les atmosphères technoïdes paranoïaques qu'il a su déployer dans ses albums, en ne lésinant pas sur les contrastes tranchés et les cases très sombres. La Marque Jaune, SOS Météores ou le Piège Diabolique sont pour moi des chefs d'oeuvre de la BD. La Marque Jaune représente le summum des fantasmes claustrophobes de Jacobs : on ne voit jamais le soleil dans ce Londres poisseux de brouillard où même les scènes en extérieur donnent une impression d'angoissant enfermement. SOS Météores, qui joue sur le détraquement du temps, se passe presque intégralement sous la pluie, dans une Essonne des années 50 fidèlement reconstituée. Je me suis parfois amusé à retrouver les endroits que décrit Jacobs : on les reconnaît encore ! Gamin, le Piège Diabolique, fondé sur le thème du voyage dans le temps, me fascinait. La gueule cadavérique du professeur Miloch (rescapé de SOS Météores, d'ailleurs !) qui apparaît en fantôme à Mortimer dans son Chronoscaphe, les visions stroboscopiques de Mortimer à chaque voyage, la crypte où est caché la machine... Tout concourt à créer une atmosphère de cauchemar obsessionnelle, poussée à son paroxysme dans la longue séquence futuriste de la fin, où Mortimer découvre une civilisation totalitaire survivant dans les catacombes d'une terre ravagée... A chaque album, je savoure la phrase de Mortimer, qu'on retrouve dans presque tous : "Oui, Blake, j'ai bien une hypothèse, mais elle est tellement incroyable que je préfère ne pas vous l'exposer tout de suite."
Les Mauvaises Gens
L'essor du syndicalisme chrétien dans le Maine-et-Loir rural des années 50 à 80. Dit comme ça, je vous sens l'envie de zapper comme quand on tombe sur ces documentaires plombés d'ennui sur Arte. Ne faites pas cette erreur ! On suit ici de vrais personnages -les parents de l'auteur- dans ce qui devient une chronique de la France des 30 glorieuses. On accompagne ces jeunes dans leur initiation au dur monde de l'usine, leurs envies d'ailleurs et d'action, leurs interrogations sur la vie et le monde, leur apprentissage de la dignité et du refus face aux abus d'un patronat paternaliste et tout puissant. On découvre aussi les tensions internes à l'Eglise de l'époque, où les prêtres-ouvriers commençaient à gêner... L'album se lit tout seul, sans une once d'ennui. Et l'on ne peut s'empêcher de regarder avec un peu de tristesse ces ouvriers pleurer de joie, à la dernière page, en apprenant le nom du vainqueur de la présidentielle de 81. Persuadés que le temps de l'exploitation et de la pauvreté venait de prendre fin...