Avec un dessin différent et classique, je pense que ce scénario ne m'aurait pas intéressé plus que ça. C'est en effet une histoire relativement classique, un univers fermé sur lui-même dans une ambiance post-apocalyptique où une intelligentsia ment à la populace pour assurer sa domination.
Mais avec le dessin de Bouillez, ce récit devient excellent car il prend une véritable âme, une véritable personnalité et un charme qui sait vraiment me toucher. Ce dessin rend en effet à la fois une impression de "mignon" avec ses petits bonhommes pour personnages et d'inquiétant avec son style à la "Tim Burton". Il est en outre très clair, fluide et très plaisant à lire. Bref, j'aime beaucoup.
Si bien que j'ai lu le premier tome de cette série avec grand intérêt et plaisir, et j'en redemande en attendant la suite.
Ce triptyque est tout simplement excellent et je recommande fortement cette série.
Valentin Kozlov part en Russie sur les traces du passé de son père. J’avais quelques appréhensions de lire encore une histoire qui se passe en ex-URSS. Je sature un peu avec tout ce qui tourne autour de la guerre froide. Heureusement ici il n’en est pas du tout question !
L’histoire est prenante et - comme d’ habitude - le scénario de Giroud est très bien construit. Les révélations sur ce passé mystérieux sont distillées au compte goutte. Les découvertes de notre jeune héros relancent systématiquement l’intérêt de l’histoire. L’ensemble est donc très efficace. Certains détails (l’ampleur prise par les amis clochards notamment) sont un peu gros, mais qu’importe ! J’ai dévoré les 3 tomes un peu comme on suit un bon polar au cinéma : scotché à l’histoire et captivé du début à la fin.
Le trait réaliste de Jovanovic est très plaisant, tout à fait mon style. Peut-être un peu hésitant ou imprécis sur certains plans dans le premier tome. Mais en tout cas, incontestablement, il se bonifie de tome en tome.
Avec la sortie du tome 3 en VF, je me suis tout relu Planetary de Ellis et Cassaday, et c'est drôlement bon, en fait.
La lecture du premier tome laissait craindre un récit hautement hermétique, empli de non-dits et de fausses pistes issus de l'esprit parfois brumeux de Warren Ellis. Ajouté à ça les problèmes de l'édition française qui a distillé au compte goutte le matériel disponible : premier tome chez Soleil en 2000, la suite 4 ans plus tard chez Semic, et enfin reprise 3 ans encore après de la série chez Panini.
Mais une fois le tout rassemblé c'est une histoire structurée et palpitante qui nous est offerte, les wagons se raccrochant parfaitement les uns aux autres.
Les aventures de ces archéologues de l'impossible que sont les membres de Planetary raviront le plus grand nombre, en particulier les fans des grands mythes de sciences fiction du XXe siècle (toute la sous-culture engendrée par les pulp-magazines, les comics et les séries B des années 50-60), car les références y sont nombreuses et très bien exploitées. Le tome trois se permet également un tour du côté des grands feuilletons du XIXe siècle, tout aussi bien exploité, à la manière de Moore avec sa Ligue des Gentlemen Extraordinaires.
De l'aventure, des super-pouvoirs, du mystère, des gentils et des méchants, le tout associé à des dialogues savoureusement outranciers : régalez-vous de Planetary !
Cette BD est vraiment délirante avec des idées vraiment folles. On combine complot nazi avec belles nanas habitées par des esprits dingues, et surtout une bonne dose d'humour. A prendre au deuxième degré...
De bons dessins à la Walthéry avec de jolies filles.
Une série qui prend de l'ampleur à chaque tome.
L'histoire de cette jeune femme amnésique échouée dans une Afrique fantasmée ne cesse de s'étoffer et de prendre une grande maturité avec l'évolution des personnages. Certes, les liens qui l'unissent à la panthères sont plutôt convenus, mais l'animal est loin d'être une peluche inoffensive voire même sympathique. Idem pour le père, roi près de sa fin, qui n'est qu'un monarque sanguinaire, mais les révolutionnaires proches eux aussi de la jeune femme valent-ils mieux?
Beaucoup de personnages ambigus qui pimentent une intrigue bien menée, jouant habilement sur l'exotisme du décor. Le dessin s'affirme d'ailleurs, plus travaillé à partir du tome 2, le premier étant quelque peu "flou" comparé aux autres (cela tient sans doute à la mise en couleur qui affadit un peu le trait). Mais le graphisme dès le départ est parfaitement structuré, les personnages sont bien typés, les décors recherchés, le tout avec une belle vitalité. La mise en couleur est originale, aux teintes sombres, qui donne de belles ambiances.
Une tout petit détail m'intrigue: plusieurs fois la robe noire de la panthère est citée (d'ailleurs, sur le visuel arrière des albums, pas de doute elle est noire), or elle est tachetée durant l'histoire. Une erreur ?
Pour le tout, une série aux allures classiques menée avec beaucoup de métier par les auteurs. Ils ne se laissent pas aller à la facilité pour une lecture de qualité, un peu rapide peut-être. En tout cas, vivement l'épilogue : impossible de prévoir la fin.
« A history of violence » est une pure oeuvre consacrée au plus ancien défaut de l'être humain: la violence, la haine, le désir de vengeance...
Bon, le sujet, en gros c'est un homme qui, bien malgré lui, se retrouve sous les projecteurs après avoir magistralement et de façon tout à fait inattendue, contrée une attaque de malfrats venus le taquiner dans son restaurant...Dés lors, sa vie qu'il croyait avoir rangée au placard ressurgit et c'est le début de l'enfer pour lui mais aussi et surtout pour sa famille, ce qui va déclencher une violence sourde de la part de notre héros...
La tension qui règne tout au long de la bd (tout comme dans l'excellente adaptation de Cronenberg) est plus que palpable et finalement, la ou on s'attendait à une boucherie (vu le titre) on assiste à très peu de scènes de violence. En revanche, elles sont d'une extrême brutalité et, c'est la où le scénario est très fort, elles apparaissent comme étant un "soulagement" tant l'on attend ce moment constamment. L'auteur arrive à instaurer un climat anxiogène ou le lecteur aimerait être à la place du personnage principal. En outre le lecteur devient dans sa tête un vrai tueur...C'est proprement grandiose car on est imprégné par le sujet principal de la bd et c'est à mon avis, le talent des grands auteurs.
A noter qu'il faut absolument voir le film, car le sujet traité est certes le même, mais pas de la même manière par les deux artistes...
Décidément les Editions Futuropolis nouvelle génération sont à suivre.
Engagés, soignés, recherchés, leurs projets d’édition sont presque tous de qualité.
Un Homme est mort vient renforcer cette opinion.
On connaissait déjà le goût d’Etienne Davodeau pour les petites histoires, les petites gens, les faits oubliés. Sa rencontre avec Kris, scénariste encore peu connu, fait mouche avec cette BD. Au besoin presque obsessionnel de l’un de ranimer cette histoire répond la recherche de l’autre en matière d’histoire à la marge. Mis à part dans les rangs (de plus en plus clairsemés) du PCF et de la CGT, rares sont les gens qui se souviennent de cette histoire. Et surtout le prisme des media et la patine du temps a forcément modifié, gauchi la réalité. Kris et Davodeau, soucieux d’aller le plus loin possible dans la reconstitution des faits, ont donc décidé de faire des recherches, de multiplier les entretiens avec les acteurs de l’époque… Un travail de fourmi, mais qui résulte en un album incroyable, aussi intéressant par la BD elle-même que par le dossier qui la complète, qui permet d’apporter un éclairage très intéressant sur les évènements et leur contexte. En tous points le travail des deux auteurs est remarquable.
La cotation de « culte » est ici impropre, puisqu’il n’y a pas, a priori, moins clérical qu’un syndicaliste et que cet ouvrage est un panégyrique –pas trop poussé cependant- de la solidarité des travailleurs. Je le qualifierai donc de monument, de testament à transmettre aux générations futures, pour ne pas oublier les petites histoires de notre Histoire.
Un seul petit regret, que le dossier ne comporte pas des pages d’Oxo, le dessinateur qui avait commencé à travailler sur l’album, avant d’être trop submergé par d’autres projets.
Le titre, inspiré du roman "Demain les chiens" de Clifford Donald Simak, peut laisser apercevoir la couleur de ce récit : dans quelques décennies, les oiseaux prendront le pouvoir, de gré ou de force. Les quelques 19 nouvelles qui composent ce gros recueil de 300 pages décrit un monde où les oiseaux font la guerre aux humains et se font la guerre entre eux… Car, contrairement aux autres œuvres optimistes de Tezuka, « Demain les Oiseaux », montre des hommes, puis des oiseaux, tyrans, égoïstes…
Un manga atypique dans l’œuvre de Tezuka, mais aussi un des meilleurs, avec Phénix - L'oiseau de feu et Bouddha.
Une série qui paraît très enfantine mais en fait on y trouve toute les valeurs des héros, loyauté, entraide, esprit d'équipe et tout ça. Et c'est vraiment pas mal du tout.
Je conseille à tout le monde qui lit ces commentaires d'aller feuilleter quelques pages pour être sur de ne rien rater des séries géniales du moment.
Ayé... j'ai lu (je devrais dire "fini", pfffiou !) les 400 pages de Quartier Lointain ! J'ai adoré !
Superbe scénario plein de poésie, de sensibilité et de sentiments à fleur d'image... Et quel talent pour nous faire plonger à notre tour dans la vie d'un jeune garçon au japon à la fin des années 40 !
Je ne suis absolument pas d'accord avec les quelques critiques que j'ai lues sur un site où il était dit qu'on assistait là à une sorte d'introspection psychanalytique sur les rapports entre ses parents, sur ces propres questionnements envers son rôle familial et sa place...
Ces questions sont abordées bien sûr mais de façon très légère et au service finalement de l'enquête/surveillance que mène le personnage pour découvrir et empêcher le départ de son père...
Ça n'a rien d'un long discours psychanalytique... Je n'ai absolument pas vécu et ressentie l'histoire sous cet aspect...
A la fin du livre on se prend à rêver d'un autre volume où on découvrirait ce que sont devenus les amis de son enfance, si son retour en arrière a modifié quelque chose, il y a matière à faire une suite il me semble...
En tout cas c'est une oeuvre à lire et à posséder sans hésitation pour moi !
La seule envie serait une version entièrement colorisée... J'ai eu un peu de mal au passage des 8 premières planches couleur à celles en noir et blanc... Pourtant certaines sont très belles, comme des gravures, mais d'autres sont aussi plus simples... Et il y avait matière à nous émerveiller avec des couleurs, que ce soit au niveau des paysages, ou même au niveau architectural, cela aurait permis aussi une meilleure information sur l'esthétique de l'époque...
Chris.
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Pest
Avec un dessin différent et classique, je pense que ce scénario ne m'aurait pas intéressé plus que ça. C'est en effet une histoire relativement classique, un univers fermé sur lui-même dans une ambiance post-apocalyptique où une intelligentsia ment à la populace pour assurer sa domination. Mais avec le dessin de Bouillez, ce récit devient excellent car il prend une véritable âme, une véritable personnalité et un charme qui sait vraiment me toucher. Ce dessin rend en effet à la fois une impression de "mignon" avec ses petits bonhommes pour personnages et d'inquiétant avec son style à la "Tim Burton". Il est en outre très clair, fluide et très plaisant à lire. Bref, j'aime beaucoup. Si bien que j'ai lu le premier tome de cette série avec grand intérêt et plaisir, et j'en redemande en attendant la suite.
Secrets - Le Serpent sous la glace
Ce triptyque est tout simplement excellent et je recommande fortement cette série. Valentin Kozlov part en Russie sur les traces du passé de son père. J’avais quelques appréhensions de lire encore une histoire qui se passe en ex-URSS. Je sature un peu avec tout ce qui tourne autour de la guerre froide. Heureusement ici il n’en est pas du tout question ! L’histoire est prenante et - comme d’ habitude - le scénario de Giroud est très bien construit. Les révélations sur ce passé mystérieux sont distillées au compte goutte. Les découvertes de notre jeune héros relancent systématiquement l’intérêt de l’histoire. L’ensemble est donc très efficace. Certains détails (l’ampleur prise par les amis clochards notamment) sont un peu gros, mais qu’importe ! J’ai dévoré les 3 tomes un peu comme on suit un bon polar au cinéma : scotché à l’histoire et captivé du début à la fin. Le trait réaliste de Jovanovic est très plaisant, tout à fait mon style. Peut-être un peu hésitant ou imprécis sur certains plans dans le premier tome. Mais en tout cas, incontestablement, il se bonifie de tome en tome.
Planetary
Avec la sortie du tome 3 en VF, je me suis tout relu Planetary de Ellis et Cassaday, et c'est drôlement bon, en fait. La lecture du premier tome laissait craindre un récit hautement hermétique, empli de non-dits et de fausses pistes issus de l'esprit parfois brumeux de Warren Ellis. Ajouté à ça les problèmes de l'édition française qui a distillé au compte goutte le matériel disponible : premier tome chez Soleil en 2000, la suite 4 ans plus tard chez Semic, et enfin reprise 3 ans encore après de la série chez Panini. Mais une fois le tout rassemblé c'est une histoire structurée et palpitante qui nous est offerte, les wagons se raccrochant parfaitement les uns aux autres. Les aventures de ces archéologues de l'impossible que sont les membres de Planetary raviront le plus grand nombre, en particulier les fans des grands mythes de sciences fiction du XXe siècle (toute la sous-culture engendrée par les pulp-magazines, les comics et les séries B des années 50-60), car les références y sont nombreuses et très bien exploitées. Le tome trois se permet également un tour du côté des grands feuilletons du XIXe siècle, tout aussi bien exploité, à la manière de Moore avec sa Ligue des Gentlemen Extraordinaires. De l'aventure, des super-pouvoirs, du mystère, des gentils et des méchants, le tout associé à des dialogues savoureusement outranciers : régalez-vous de Planetary !
Au Bonheur des Dames (Une Femme dans la Peau / Johanna)
Cette BD est vraiment délirante avec des idées vraiment folles. On combine complot nazi avec belles nanas habitées par des esprits dingues, et surtout une bonne dose d'humour. A prendre au deuxième degré... De bons dessins à la Walthéry avec de jolies filles.
Paradise
Une série qui prend de l'ampleur à chaque tome. L'histoire de cette jeune femme amnésique échouée dans une Afrique fantasmée ne cesse de s'étoffer et de prendre une grande maturité avec l'évolution des personnages. Certes, les liens qui l'unissent à la panthères sont plutôt convenus, mais l'animal est loin d'être une peluche inoffensive voire même sympathique. Idem pour le père, roi près de sa fin, qui n'est qu'un monarque sanguinaire, mais les révolutionnaires proches eux aussi de la jeune femme valent-ils mieux? Beaucoup de personnages ambigus qui pimentent une intrigue bien menée, jouant habilement sur l'exotisme du décor. Le dessin s'affirme d'ailleurs, plus travaillé à partir du tome 2, le premier étant quelque peu "flou" comparé aux autres (cela tient sans doute à la mise en couleur qui affadit un peu le trait). Mais le graphisme dès le départ est parfaitement structuré, les personnages sont bien typés, les décors recherchés, le tout avec une belle vitalité. La mise en couleur est originale, aux teintes sombres, qui donne de belles ambiances. Une tout petit détail m'intrigue: plusieurs fois la robe noire de la panthère est citée (d'ailleurs, sur le visuel arrière des albums, pas de doute elle est noire), or elle est tachetée durant l'histoire. Une erreur ? Pour le tout, une série aux allures classiques menée avec beaucoup de métier par les auteurs. Ils ne se laissent pas aller à la facilité pour une lecture de qualité, un peu rapide peut-être. En tout cas, vivement l'épilogue : impossible de prévoir la fin.
A History of Violence
« A history of violence » est une pure oeuvre consacrée au plus ancien défaut de l'être humain: la violence, la haine, le désir de vengeance... Bon, le sujet, en gros c'est un homme qui, bien malgré lui, se retrouve sous les projecteurs après avoir magistralement et de façon tout à fait inattendue, contrée une attaque de malfrats venus le taquiner dans son restaurant...Dés lors, sa vie qu'il croyait avoir rangée au placard ressurgit et c'est le début de l'enfer pour lui mais aussi et surtout pour sa famille, ce qui va déclencher une violence sourde de la part de notre héros... La tension qui règne tout au long de la bd (tout comme dans l'excellente adaptation de Cronenberg) est plus que palpable et finalement, la ou on s'attendait à une boucherie (vu le titre) on assiste à très peu de scènes de violence. En revanche, elles sont d'une extrême brutalité et, c'est la où le scénario est très fort, elles apparaissent comme étant un "soulagement" tant l'on attend ce moment constamment. L'auteur arrive à instaurer un climat anxiogène ou le lecteur aimerait être à la place du personnage principal. En outre le lecteur devient dans sa tête un vrai tueur...C'est proprement grandiose car on est imprégné par le sujet principal de la bd et c'est à mon avis, le talent des grands auteurs. A noter qu'il faut absolument voir le film, car le sujet traité est certes le même, mais pas de la même manière par les deux artistes...
Un homme est mort
Décidément les Editions Futuropolis nouvelle génération sont à suivre. Engagés, soignés, recherchés, leurs projets d’édition sont presque tous de qualité. Un Homme est mort vient renforcer cette opinion. On connaissait déjà le goût d’Etienne Davodeau pour les petites histoires, les petites gens, les faits oubliés. Sa rencontre avec Kris, scénariste encore peu connu, fait mouche avec cette BD. Au besoin presque obsessionnel de l’un de ranimer cette histoire répond la recherche de l’autre en matière d’histoire à la marge. Mis à part dans les rangs (de plus en plus clairsemés) du PCF et de la CGT, rares sont les gens qui se souviennent de cette histoire. Et surtout le prisme des media et la patine du temps a forcément modifié, gauchi la réalité. Kris et Davodeau, soucieux d’aller le plus loin possible dans la reconstitution des faits, ont donc décidé de faire des recherches, de multiplier les entretiens avec les acteurs de l’époque… Un travail de fourmi, mais qui résulte en un album incroyable, aussi intéressant par la BD elle-même que par le dossier qui la complète, qui permet d’apporter un éclairage très intéressant sur les évènements et leur contexte. En tous points le travail des deux auteurs est remarquable. La cotation de « culte » est ici impropre, puisqu’il n’y a pas, a priori, moins clérical qu’un syndicaliste et que cet ouvrage est un panégyrique –pas trop poussé cependant- de la solidarité des travailleurs. Je le qualifierai donc de monument, de testament à transmettre aux générations futures, pour ne pas oublier les petites histoires de notre Histoire. Un seul petit regret, que le dossier ne comporte pas des pages d’Oxo, le dessinateur qui avait commencé à travailler sur l’album, avant d’être trop submergé par d’autres projets.
Demain les Oiseaux
Le titre, inspiré du roman "Demain les chiens" de Clifford Donald Simak, peut laisser apercevoir la couleur de ce récit : dans quelques décennies, les oiseaux prendront le pouvoir, de gré ou de force. Les quelques 19 nouvelles qui composent ce gros recueil de 300 pages décrit un monde où les oiseaux font la guerre aux humains et se font la guerre entre eux… Car, contrairement aux autres œuvres optimistes de Tezuka, « Demain les Oiseaux », montre des hommes, puis des oiseaux, tyrans, égoïstes… Un manga atypique dans l’œuvre de Tezuka, mais aussi un des meilleurs, avec Phénix - L'oiseau de feu et Bouddha.
Les Légendaires
Une série qui paraît très enfantine mais en fait on y trouve toute les valeurs des héros, loyauté, entraide, esprit d'équipe et tout ça. Et c'est vraiment pas mal du tout. Je conseille à tout le monde qui lit ces commentaires d'aller feuilleter quelques pages pour être sur de ne rien rater des séries géniales du moment.
Quartier lointain
Ayé... j'ai lu (je devrais dire "fini", pfffiou !) les 400 pages de Quartier Lointain ! J'ai adoré ! Superbe scénario plein de poésie, de sensibilité et de sentiments à fleur d'image... Et quel talent pour nous faire plonger à notre tour dans la vie d'un jeune garçon au japon à la fin des années 40 ! Je ne suis absolument pas d'accord avec les quelques critiques que j'ai lues sur un site où il était dit qu'on assistait là à une sorte d'introspection psychanalytique sur les rapports entre ses parents, sur ces propres questionnements envers son rôle familial et sa place... Ces questions sont abordées bien sûr mais de façon très légère et au service finalement de l'enquête/surveillance que mène le personnage pour découvrir et empêcher le départ de son père... Ça n'a rien d'un long discours psychanalytique... Je n'ai absolument pas vécu et ressentie l'histoire sous cet aspect... A la fin du livre on se prend à rêver d'un autre volume où on découvrirait ce que sont devenus les amis de son enfance, si son retour en arrière a modifié quelque chose, il y a matière à faire une suite il me semble... En tout cas c'est une oeuvre à lire et à posséder sans hésitation pour moi ! La seule envie serait une version entièrement colorisée... J'ai eu un peu de mal au passage des 8 premières planches couleur à celles en noir et blanc... Pourtant certaines sont très belles, comme des gravures, mais d'autres sont aussi plus simples... Et il y avait matière à nous émerveiller avec des couleurs, que ce soit au niveau des paysages, ou même au niveau architectural, cela aurait permis aussi une meilleure information sur l'esthétique de l'époque... Chris.