Les sous-sols du révolu est pour moi un des meilleurs albums de Marc-Antoine Mathieu ce qui, au regard de la qualité des albums précédents, en fait tout de suite un chef d’œuvre – ce qui est d’ailleurs le sujet du livre.
L’album présente une réflexion extrêmement poussée sur l’art, la représentation du réel, la conservation des œuvres et leur exposition, servie avec une intelligence rare, un humour très fin, et une sensibilité pleine d’humilité qui, ultime qualité, met en pratique la théorie discutée dans le livre par un va et vient incessant entre différentes chaînes de représentés et de représentants. Il est vrai que le lien entre les différents chapitres semble ténu, le fil conducteur étant la découverte des diverses fonctions et aspects du Louvre plutôt qu’une histoire construite linéairement - cela déconcertera les lecteurs s’attendant à lire une BD classique. Mais il existe bel et bien un fil conducteur et la construction du livre, qui fait penser à l’histoire publiée dans l’album collectif sur « Le retour de Dieu », inscrit tous les chapitres dans un très grand dessein, en incluant d’ailleurs le lecteur qui devient partie intégrante de l’œuvre par une ultime mise en abyme sur le mystère liant l’œuvre au regard et sur les spécificités du 9e art.
Plus encore que dans ses précédents albums, Marc-Antoine Mathieu fait constamment appel à l’intelligence et à l’œil du lecteur, qui se transforme en complice d’Eudes le Volumeur et en élément essentiel de son œuvre. C’est tout simplement génial. Nul doute que des livres seront écrits pour décrypter l’incroyable richesse de celui-ci, contribuant ainsi à reproduire la chaîne des experts dont Eudes ne constitue qu'un maillon.
Le développement du syndicalisme dans les Mauges est trop oubliée des manuels d'histoires, c'est un fait fondamental de l'histoire de notre belle et grande nation (non je plaisante).
Davodeau retrace au travers de l'action de ses parents l'essor de la culture syndicale dans sa chère région natale. On aurait pu craindre de longues descriptions d'actes politiciens, militants, des guéguerres idéologiques socialo-communo-trotskyste, il n'en est rien. Davodeau nous emmène visiter l'existence de gens simple, représentatif d'une culture locale coincé entre christianisme et militantisme, entre progrès et obscurantisme, les conflits romantiques d'un temps qui n'est plus, les crises de conscience, les convictions et les concessions.
Une analyse très fine de l'émergence de cette culture syndicale servit par un dessin efficace.
Une Bd tendre, sur des petites gens au grand coeur.
Après avoir lu, on aurait du mal à s’imaginer un far-west différent tant l’ambiance (dessin est scénario) parait juste.
On peut noter que les astuces de Blueberry sont répétitifs (on va effacer une trace de pas par-ci, en rajouter par là…)… J’ai apprécié les derniers renouvellements apportés à partir de Arizona Love sous l’égide de Giraud car on y découvre une autre facette de Blueberry.
Seul problème au niveau du dessin, les visages ne sont pas assez expressifs, à contrario, les décors sont vraiment superbes…
Mis à part ces petits défauts… il ne reste que de grandes qualités maintes fois reprises dans les autres commentaires… Je me contenterai de redire que l’histoire est vraiment prenante, les personnages charismatiques… et que le dessin est vraiment bon. Vu l’impression que ma laissée la bd... heureusement que j’ai surpassé les mauvais souvenirs laissés par le film.
Un polar "à l'américaine", avec beaucoup d'action spectaculaire et de fusillades sanguinaires.
L'intrigue est parfaitement bâtie, avec quelques ellipses audacieuses. Même audace dans le choix des personnages, particulièrement bien typés, avec lesquelles le scénariste se montre impitoyable, rompant la routine de beaucoup de thriller. Ambiguïté des situations où une certaine justice expéditive semble le dernier recours dans un état gangrené par la corruption. Matz joue avec le feu et s'en sort parfaitement, ne se bornant ainsi pas à un scénario fade et routinier, maintenant toujours la tension.
Colin Wilson l'illustre avec une terrible efficacité, dans une mise en page plus ample que sur ses autres travaux, et il se révèle à l'aise dans cet univers de violences et de trognes patibulaires.
Bref, une des belles réussites dans le domaine du polar.
Univers kafkaïen pour ce cycle de trois albums où un homme plonge dans l'angoisse à partir du moment où ce scénariste déchu reçoit un énorme chèque pour écrire un nouveau synopsis, dès qu'il en recevra la commande.
Au départ, cet homme, Serge Villon, sombre dans la misère en se remémorant la star de l'édition qu'il a été, se souvenant des reproches sur sa production intensive et son caractère impossible qui l'ont marginalisé de la profession.
Fiction ? Lorsque le premier album est sorti, ce cher Patrick Cothias étoffait ses cycles autour des "sept vies de l'épervier" et venait de lancer plusieurs séries chez Dargaud, dont celle-ci. Depuis, la carrière du scénariste a perdu de son envergure...
Retour à la fiction où Villon reçoit donc un énorme chèque d'un mécène inconnu. Avec cet argent, il renoue avec son entourage passé pour mesurer l'étendu du fossé qui s'est creusé entre eux, dont avec un dessinateur avec lequel il a signé son oeuvre la plus célèbre, l'histoire d'un justicier masqué... C'est ensuite la spirale vers la folie au fur et à mesure qu'il se heurte aux réseaux tentaculaires de la société qui l'a engagé, toutes ses questions restant sans réponses...
Curieuse série, donc, aux formes souvent d'un autoportrait, étude en tout cas d'un homme inadapté au monde qui l'entoure dans un milieu que connaît bien le scénariste; critique sans doute du pouvoir de l'argent, Serge Villon se complaisant de tout ce qu'il a bâti même si cela l'a mené sur une voie de garage, tandis que la fortune offerte le rend fou; vision moqueuse du système capitaliste contemporain, détruisant l'individu qui cherche à découvrir qui tire les ficelles au plus haut niveau...
Bien construit pour la forme, avec des considérations psychologiques nullement embarrassantes, séduisant sur le fond avec son originalité, le scénario de Cothias est passionnant de son départ réaliste vers sa fin pessimiste en passant par son développement ironique. Quelques digressions gâchent sans doute le plaisir en donnant quelques faiblesses à un récit qui compte parmi les meilleurs de l'auteur.
Wachs l'illustre sagement avec une mise en couleurs directes efficace, servant bien le texte, mais qui aurait peut-être mérité plus de démesure parfois.
En tout cas, une série passionnante, ambitieuse et originale, qu'il est indispensable de connaître dans son intégralité pour en juger.
Une bonne adaptation de western en BD.
Le dessin est d'une qualité et d'une précision stupéfiante. Tout du long l'histoire est porté par les ambiances, mises en valeur par les couleurs. Les scènes du saloon-bordel m'ont particulièrement marqué avec une utilisation toute en subtilité des teintes chaudes. Ca doit puer l'alcool et la transpiration là-dedans, ça doit sentir le mâle en quête de filles de joie, la débauche à plein nez.
Question scénario, rien de neuf. Que du cliché. Le juste solitaire en quête de vengeance contre un brigand sordide, charismatique et talentueux.
Mais il est quand même bien traité ce scénario, il nous tient en haleine, il est cohérent et jamais simpliste.
Bref une bien bonne BD que les amateurs du genre ne doivent pas laisser passer. Ce n'est pas du western spaghetti, c'est une histoire d'hommes.
PARFAIT !!!!
J'avais découvert Andréas avec Cromwell Stone que j'avais adoré.
Ensuite je suis passé à la série Capricorne qui ne fit que confirmer tout le bien que je pensais de cet incroyable auteur qu'est Andréas.
C'est enthousiaste que j'ai attaqué la série "Arq".
Je viens de finir le premier cycle, c'est à dire les 6 premiers tomes.
C'est difficile d'exprimer un avis sur une telle oeuvre. Le dessin est maîtrisé, la colorisation est sobre mais efficace mais c'est surtout le cadrage qui retient l'attention : il est tout simplement incroyable, toujours innovant. La lecture devient moins linéaire et le récit prend du volume.
Le scénario déborde d'imagination, le tout est d'une cohérence exemplaire. L'univers mis en place est riche, parfois complexe, et au final toujours logique lorsque l'on a les clés.
Ce projet est grandiose également d'un point de vue technique, le fait de changer de support à chaque cycle, et par la même occasion de type de colorisation, démontre l'ambition et les moyens mis en oeuvre pour que cette série devienne LA série immanquable.
En ce qui me concerne, elle devient la nouvelle référence, un vrai plaisir à lire tant visuel qu'intellectuel.
J'ai du mal à croire que l'on puisse ne pas aimer du tout cette bande dessinée!!!
Parce que là tout y est: de l'humour ,de la réflexion (gauchisante certes, mais enfin on connait Larcenet) et de l'émotion surtout. Manu Larcenet réussit parfaitement l'alchimie entre rires et larmes et que l'on soit de gauche, de droite (ou même du centre...), cette série touche à peu près tout le monde dans la mesure ou des changements radicaux dans sa vie on en a tous, des replis sur soi également, des interrogations sur le passé, le présent et l'avenir aussi.
Sous une autobiographie déguisée, Larcenet nous invite, non pas à découvrir sa vie à proprement parler, mais à réfléchir à la notre. Je pense que le but de cette bande dessinée est double. Premièrement, elle est le résultat d'une auto analyse de l'auteur, désirant rejeter ses démons, ses angoisses tout en y ajoutant une bonne dose d'humour. Ensuite, le lecteur doit refermer le livre avec ces mêmes sentiments: un sourire au coin des lèvres, mais la tête remplie de question plus ou moins existentielles.
Pour terminer, je dirai que qualifier cette bande dessinée pour ‘Bobo’ est aussi ridicule que ce qu'une partie des détracteurs du neuvième art peut dire à propos de celui-ci, à savoir: "la bd c'est pour les bobos"... (entendu plusieurs fois)
Une série au charme unique qu'il faut découvrir absolument ! L'intrigue? Thomas Noland est un soldat qu'un avion emmène vers le Vietnam dans les années soixante-dix. Il raconte le destin de sa famille, depuis son arrière grand père débarquant aux Etats-Unis jusqu'à sa propre histoire...
Récit d'une saga familiale? Oui. Mais l'originalité, c'est la façon dont elle est racontée, plusieurs narrateurs se succédant, tandis que la réalité rattrape Thomas Noland et qu'il découvre les horreurs de la guerre. L'extrême réalisme de la période contemporaine du héros ne l'empêche pas d'être harcelé par la solitude, qui se présente sous les trait d'une jeune fille asiatique, comme il se souvient que son aïeule n'était autre qu'une femme s'étant présentée à son arrière grand-père comme... la misère!
L'existence de son grand-père et celle de son père reviennent à la surface, les deux hommes ayant eu des destins pour le moins mouvementés. On y croise la maffia et la police, les deux ne faisant pas bon ménage et la famille Noland se trouve pris dans la spirale criminelle...
De ces périodes, divers témoins complètent, rectifient ce que raconte Thomas à ses compagnons. De là, d'autres moments surréalistes, comme le tome3 qui revient sur Trévor Noland, relaté par un inspecteur de police... mort (!) qui dialogue avec un chat dans un cimetière. D'autres scènes du même style sont de purs fantasmes qui complètent les psychologies tourmentées des protagonistes successifs.
Cela permet un effet de distanciation avec la stricte réalité, où des paroles naïves de ces personnages extraordinaires (comme la solitude) trouvent tout leur poids en tranchant avec la cruauté des hommes.
Certains personnages complètent l'ensemble en apportant le récit de leur propre destin sans jamais créer de digressions.
Le tout est conté à une vitesse d'enfer et avec maestria par Daniel Pecqueur, créant une mosaïque fascinante qui s'appuie sur des dialogues magnifiques pleins d'intelligence et d'humour.
Franz magnifie cette série de son trait formidable qui donne sa crédibilité à l'histoire par son trait virtuose et réaliste. La scène finale se déroulant dans un camp vietnamien à la fin du tome1 est un moment d'émotion comme rarement on en a retranscrit en bande dessinée.
Une série si originale et magnifique qu'elle mériterait d'être culte. Malheureusement, le cinquième album conclusion, publié longtemps après les autres, ne tient pas toutes ses promesses, la narration étant plus sage, et l'on y trouve des redites.
Mais une série superbe à découvrir, qui déroutera sans doute certains, mais qui possède une réelle capacité à émouvoir et passionner par le talent de ses auteurs. Lisez-la, vite !
Peut-être le chef-d'oeuvre d'Hermann.
Tout ici paraît réaliste: la reconstitution, les dialogues, les personnages... Le tout est manipulé avec une véritable virtuosité, on sent l'auteur dans son élément pour décrire un monde rustre et violent, suivant l'errance d'un chevalier et son écuyer de la France à l'Orient, en passant par l'Espagne, etc...
Le graphisme, s'il parait un peu simple au départ, devient de plus en plus précis, donnant une vision détaillée particulièrement impressionnante du moyen-âge. Les mises en pages sont des modèles d'efficacité sans rechercher le spectaculaire à tout prix. Il y a là du souffle, qui transporte les intrigues qui prennent leur temps pour se mettre en place, se renouvelant habilement à travers des aventures aux intonations romanesques ou fantastiques...
Les personnages se fondent dans la reconstitution et possèdent des caractères parfaitement construits, l'impressionnante galerie tient compte des différences de cultures et de religions pour donner une véritable leçon d'Histoire, sans jamais condamner ou critiquer. Hermann ne juge pas, il donne à voir, il montre à merveille les oppositions de caractères et il a trouvé le ton juste pour donner une formidable dimension humaine à son oeuvre.
Rien ne semble déjà vu par la force du style qu'a su donner Hermann à sa série. Tout paraît vrai et reste passionnant du début jusqu'à la fin particulièrement poignante de cette série.
Une très grande réussite où les talents de conteurs et de dessinateurs de l'auteur s'épanouissent à merveille.
La suite, intitulée "Bois-Maury", contant l'histoire des descendants d'Aymar de Bois-Maury, multiplie les changements de lieux et d'époques. Seul le premier est signé Hermann, son fils Yves H. se chargeant des scénarios suivants. Mais curieusement, les intrigues paraissent un peu trop "chargées" comparées aux précédentes. C'est un tout petit reproche, car elles sont de très grandes qualités, il faut reconnaître qu'elles n'ont qu'un seul album pour mettre en place un univers.
Toujours est-il, un très très grand classique indispensable.
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Les Sous-sols du Révolu
Les sous-sols du révolu est pour moi un des meilleurs albums de Marc-Antoine Mathieu ce qui, au regard de la qualité des albums précédents, en fait tout de suite un chef d’œuvre – ce qui est d’ailleurs le sujet du livre. L’album présente une réflexion extrêmement poussée sur l’art, la représentation du réel, la conservation des œuvres et leur exposition, servie avec une intelligence rare, un humour très fin, et une sensibilité pleine d’humilité qui, ultime qualité, met en pratique la théorie discutée dans le livre par un va et vient incessant entre différentes chaînes de représentés et de représentants. Il est vrai que le lien entre les différents chapitres semble ténu, le fil conducteur étant la découverte des diverses fonctions et aspects du Louvre plutôt qu’une histoire construite linéairement - cela déconcertera les lecteurs s’attendant à lire une BD classique. Mais il existe bel et bien un fil conducteur et la construction du livre, qui fait penser à l’histoire publiée dans l’album collectif sur « Le retour de Dieu », inscrit tous les chapitres dans un très grand dessein, en incluant d’ailleurs le lecteur qui devient partie intégrante de l’œuvre par une ultime mise en abyme sur le mystère liant l’œuvre au regard et sur les spécificités du 9e art. Plus encore que dans ses précédents albums, Marc-Antoine Mathieu fait constamment appel à l’intelligence et à l’œil du lecteur, qui se transforme en complice d’Eudes le Volumeur et en élément essentiel de son œuvre. C’est tout simplement génial. Nul doute que des livres seront écrits pour décrypter l’incroyable richesse de celui-ci, contribuant ainsi à reproduire la chaîne des experts dont Eudes ne constitue qu'un maillon.
Les Mauvaises Gens
Le développement du syndicalisme dans les Mauges est trop oubliée des manuels d'histoires, c'est un fait fondamental de l'histoire de notre belle et grande nation (non je plaisante). Davodeau retrace au travers de l'action de ses parents l'essor de la culture syndicale dans sa chère région natale. On aurait pu craindre de longues descriptions d'actes politiciens, militants, des guéguerres idéologiques socialo-communo-trotskyste, il n'en est rien. Davodeau nous emmène visiter l'existence de gens simple, représentatif d'une culture locale coincé entre christianisme et militantisme, entre progrès et obscurantisme, les conflits romantiques d'un temps qui n'est plus, les crises de conscience, les convictions et les concessions. Une analyse très fine de l'émergence de cette culture syndicale servit par un dessin efficace. Une Bd tendre, sur des petites gens au grand coeur.
Blueberry
Après avoir lu, on aurait du mal à s’imaginer un far-west différent tant l’ambiance (dessin est scénario) parait juste. On peut noter que les astuces de Blueberry sont répétitifs (on va effacer une trace de pas par-ci, en rajouter par là…)… J’ai apprécié les derniers renouvellements apportés à partir de Arizona Love sous l’égide de Giraud car on y découvre une autre facette de Blueberry. Seul problème au niveau du dessin, les visages ne sont pas assez expressifs, à contrario, les décors sont vraiment superbes… Mis à part ces petits défauts… il ne reste que de grandes qualités maintes fois reprises dans les autres commentaires… Je me contenterai de redire que l’histoire est vraiment prenante, les personnages charismatiques… et que le dessin est vraiment bon. Vu l’impression que ma laissée la bd... heureusement que j’ai surpassé les mauvais souvenirs laissés par le film.
Du plomb dans la tête
Un polar "à l'américaine", avec beaucoup d'action spectaculaire et de fusillades sanguinaires. L'intrigue est parfaitement bâtie, avec quelques ellipses audacieuses. Même audace dans le choix des personnages, particulièrement bien typés, avec lesquelles le scénariste se montre impitoyable, rompant la routine de beaucoup de thriller. Ambiguïté des situations où une certaine justice expéditive semble le dernier recours dans un état gangrené par la corruption. Matz joue avec le feu et s'en sort parfaitement, ne se bornant ainsi pas à un scénario fade et routinier, maintenant toujours la tension. Colin Wilson l'illustre avec une terrible efficacité, dans une mise en page plus ample que sur ses autres travaux, et il se révèle à l'aise dans cet univers de violences et de trognes patibulaires. Bref, une des belles réussites dans le domaine du polar.
Le saumon
Univers kafkaïen pour ce cycle de trois albums où un homme plonge dans l'angoisse à partir du moment où ce scénariste déchu reçoit un énorme chèque pour écrire un nouveau synopsis, dès qu'il en recevra la commande. Au départ, cet homme, Serge Villon, sombre dans la misère en se remémorant la star de l'édition qu'il a été, se souvenant des reproches sur sa production intensive et son caractère impossible qui l'ont marginalisé de la profession. Fiction ? Lorsque le premier album est sorti, ce cher Patrick Cothias étoffait ses cycles autour des "sept vies de l'épervier" et venait de lancer plusieurs séries chez Dargaud, dont celle-ci. Depuis, la carrière du scénariste a perdu de son envergure... Retour à la fiction où Villon reçoit donc un énorme chèque d'un mécène inconnu. Avec cet argent, il renoue avec son entourage passé pour mesurer l'étendu du fossé qui s'est creusé entre eux, dont avec un dessinateur avec lequel il a signé son oeuvre la plus célèbre, l'histoire d'un justicier masqué... C'est ensuite la spirale vers la folie au fur et à mesure qu'il se heurte aux réseaux tentaculaires de la société qui l'a engagé, toutes ses questions restant sans réponses... Curieuse série, donc, aux formes souvent d'un autoportrait, étude en tout cas d'un homme inadapté au monde qui l'entoure dans un milieu que connaît bien le scénariste; critique sans doute du pouvoir de l'argent, Serge Villon se complaisant de tout ce qu'il a bâti même si cela l'a mené sur une voie de garage, tandis que la fortune offerte le rend fou; vision moqueuse du système capitaliste contemporain, détruisant l'individu qui cherche à découvrir qui tire les ficelles au plus haut niveau... Bien construit pour la forme, avec des considérations psychologiques nullement embarrassantes, séduisant sur le fond avec son originalité, le scénario de Cothias est passionnant de son départ réaliste vers sa fin pessimiste en passant par son développement ironique. Quelques digressions gâchent sans doute le plaisir en donnant quelques faiblesses à un récit qui compte parmi les meilleurs de l'auteur. Wachs l'illustre sagement avec une mise en couleurs directes efficace, servant bien le texte, mais qui aurait peut-être mérité plus de démesure parfois. En tout cas, une série passionnante, ambitieuse et originale, qu'il est indispensable de connaître dans son intégralité pour en juger.
L'Etoile du Désert
Une bonne adaptation de western en BD. Le dessin est d'une qualité et d'une précision stupéfiante. Tout du long l'histoire est porté par les ambiances, mises en valeur par les couleurs. Les scènes du saloon-bordel m'ont particulièrement marqué avec une utilisation toute en subtilité des teintes chaudes. Ca doit puer l'alcool et la transpiration là-dedans, ça doit sentir le mâle en quête de filles de joie, la débauche à plein nez. Question scénario, rien de neuf. Que du cliché. Le juste solitaire en quête de vengeance contre un brigand sordide, charismatique et talentueux. Mais il est quand même bien traité ce scénario, il nous tient en haleine, il est cohérent et jamais simpliste. Bref une bien bonne BD que les amateurs du genre ne doivent pas laisser passer. Ce n'est pas du western spaghetti, c'est une histoire d'hommes.
Arq
PARFAIT !!!! J'avais découvert Andréas avec Cromwell Stone que j'avais adoré. Ensuite je suis passé à la série Capricorne qui ne fit que confirmer tout le bien que je pensais de cet incroyable auteur qu'est Andréas. C'est enthousiaste que j'ai attaqué la série "Arq". Je viens de finir le premier cycle, c'est à dire les 6 premiers tomes. C'est difficile d'exprimer un avis sur une telle oeuvre. Le dessin est maîtrisé, la colorisation est sobre mais efficace mais c'est surtout le cadrage qui retient l'attention : il est tout simplement incroyable, toujours innovant. La lecture devient moins linéaire et le récit prend du volume. Le scénario déborde d'imagination, le tout est d'une cohérence exemplaire. L'univers mis en place est riche, parfois complexe, et au final toujours logique lorsque l'on a les clés. Ce projet est grandiose également d'un point de vue technique, le fait de changer de support à chaque cycle, et par la même occasion de type de colorisation, démontre l'ambition et les moyens mis en oeuvre pour que cette série devienne LA série immanquable. En ce qui me concerne, elle devient la nouvelle référence, un vrai plaisir à lire tant visuel qu'intellectuel.
Le Combat ordinaire
J'ai du mal à croire que l'on puisse ne pas aimer du tout cette bande dessinée!!! Parce que là tout y est: de l'humour ,de la réflexion (gauchisante certes, mais enfin on connait Larcenet) et de l'émotion surtout. Manu Larcenet réussit parfaitement l'alchimie entre rires et larmes et que l'on soit de gauche, de droite (ou même du centre...), cette série touche à peu près tout le monde dans la mesure ou des changements radicaux dans sa vie on en a tous, des replis sur soi également, des interrogations sur le passé, le présent et l'avenir aussi. Sous une autobiographie déguisée, Larcenet nous invite, non pas à découvrir sa vie à proprement parler, mais à réfléchir à la notre. Je pense que le but de cette bande dessinée est double. Premièrement, elle est le résultat d'une auto analyse de l'auteur, désirant rejeter ses démons, ses angoisses tout en y ajoutant une bonne dose d'humour. Ensuite, le lecteur doit refermer le livre avec ces mêmes sentiments: un sourire au coin des lèvres, mais la tête remplie de question plus ou moins existentielles. Pour terminer, je dirai que qualifier cette bande dessinée pour ‘Bobo’ est aussi ridicule que ce qu'une partie des détracteurs du neuvième art peut dire à propos de celui-ci, à savoir: "la bd c'est pour les bobos"... (entendu plusieurs fois)
Thomas Noland
Une série au charme unique qu'il faut découvrir absolument ! L'intrigue? Thomas Noland est un soldat qu'un avion emmène vers le Vietnam dans les années soixante-dix. Il raconte le destin de sa famille, depuis son arrière grand père débarquant aux Etats-Unis jusqu'à sa propre histoire... Récit d'une saga familiale? Oui. Mais l'originalité, c'est la façon dont elle est racontée, plusieurs narrateurs se succédant, tandis que la réalité rattrape Thomas Noland et qu'il découvre les horreurs de la guerre. L'extrême réalisme de la période contemporaine du héros ne l'empêche pas d'être harcelé par la solitude, qui se présente sous les trait d'une jeune fille asiatique, comme il se souvient que son aïeule n'était autre qu'une femme s'étant présentée à son arrière grand-père comme... la misère! L'existence de son grand-père et celle de son père reviennent à la surface, les deux hommes ayant eu des destins pour le moins mouvementés. On y croise la maffia et la police, les deux ne faisant pas bon ménage et la famille Noland se trouve pris dans la spirale criminelle... De ces périodes, divers témoins complètent, rectifient ce que raconte Thomas à ses compagnons. De là, d'autres moments surréalistes, comme le tome3 qui revient sur Trévor Noland, relaté par un inspecteur de police... mort (!) qui dialogue avec un chat dans un cimetière. D'autres scènes du même style sont de purs fantasmes qui complètent les psychologies tourmentées des protagonistes successifs. Cela permet un effet de distanciation avec la stricte réalité, où des paroles naïves de ces personnages extraordinaires (comme la solitude) trouvent tout leur poids en tranchant avec la cruauté des hommes. Certains personnages complètent l'ensemble en apportant le récit de leur propre destin sans jamais créer de digressions. Le tout est conté à une vitesse d'enfer et avec maestria par Daniel Pecqueur, créant une mosaïque fascinante qui s'appuie sur des dialogues magnifiques pleins d'intelligence et d'humour. Franz magnifie cette série de son trait formidable qui donne sa crédibilité à l'histoire par son trait virtuose et réaliste. La scène finale se déroulant dans un camp vietnamien à la fin du tome1 est un moment d'émotion comme rarement on en a retranscrit en bande dessinée. Une série si originale et magnifique qu'elle mériterait d'être culte. Malheureusement, le cinquième album conclusion, publié longtemps après les autres, ne tient pas toutes ses promesses, la narration étant plus sage, et l'on y trouve des redites. Mais une série superbe à découvrir, qui déroutera sans doute certains, mais qui possède une réelle capacité à émouvoir et passionner par le talent de ses auteurs. Lisez-la, vite !
Les Tours de Bois-Maury
Peut-être le chef-d'oeuvre d'Hermann. Tout ici paraît réaliste: la reconstitution, les dialogues, les personnages... Le tout est manipulé avec une véritable virtuosité, on sent l'auteur dans son élément pour décrire un monde rustre et violent, suivant l'errance d'un chevalier et son écuyer de la France à l'Orient, en passant par l'Espagne, etc... Le graphisme, s'il parait un peu simple au départ, devient de plus en plus précis, donnant une vision détaillée particulièrement impressionnante du moyen-âge. Les mises en pages sont des modèles d'efficacité sans rechercher le spectaculaire à tout prix. Il y a là du souffle, qui transporte les intrigues qui prennent leur temps pour se mettre en place, se renouvelant habilement à travers des aventures aux intonations romanesques ou fantastiques... Les personnages se fondent dans la reconstitution et possèdent des caractères parfaitement construits, l'impressionnante galerie tient compte des différences de cultures et de religions pour donner une véritable leçon d'Histoire, sans jamais condamner ou critiquer. Hermann ne juge pas, il donne à voir, il montre à merveille les oppositions de caractères et il a trouvé le ton juste pour donner une formidable dimension humaine à son oeuvre. Rien ne semble déjà vu par la force du style qu'a su donner Hermann à sa série. Tout paraît vrai et reste passionnant du début jusqu'à la fin particulièrement poignante de cette série. Une très grande réussite où les talents de conteurs et de dessinateurs de l'auteur s'épanouissent à merveille. La suite, intitulée "Bois-Maury", contant l'histoire des descendants d'Aymar de Bois-Maury, multiplie les changements de lieux et d'époques. Seul le premier est signé Hermann, son fils Yves H. se chargeant des scénarios suivants. Mais curieusement, les intrigues paraissent un peu trop "chargées" comparées aux précédentes. C'est un tout petit reproche, car elles sont de très grandes qualités, il faut reconnaître qu'elles n'ont qu'un seul album pour mettre en place un univers. Toujours est-il, un très très grand classique indispensable.