My street, c'est avant tout, et les avis précédents le montrent bien, un énorme coup de coeur graphique : un dessin très original, à la fois rétro et moderne, cartoonesque, tout en fantaisie et en poésie... il ne ressemble à nul autre et justifie à lui seul l'achat de ces deux tomes.
Le scénario est inégal... assez déstructuré (je pense que l'auteur a aligné les pages sans trop savoir où il allait), il alterne des passages très réussis et d'autres plus déconcertants... Je pense pouvoir dire sans me tromper que les amateurs d'Amer Béton devraient y être sensibles.
My street, c'est un vent nouveau venu de Chine, un objet qui ne ressemble à nul autre, un vrai souffle d'originalité. A essayer, assurément !
"Carême", c’est une bd qui ne m’attirait pas plus que cela malgré les bons échos à son sujet, la faute à un dessin et une mise en couleurs rébarbatifs.
Je n’accroche pas visuellement aux planches. Je n’aime pas les dessins et encore moins les couleurs. Voilà, c’est dit. Mais pour le reste, c’est une vraie claque. Le récit est très prenant. Il puise sa force dans les nombreuses émotions qu’il transmet au lecteur. Même si dès la première planche le final est connu, le lecteur est pris par cette rencontre entre l’imposant (et très sensible) Aimé et le frêle Martinien. Ce récit est celui de Martinien qui se remémore le chemin parcouru avec son ami Aimé Carême, depuis la vente d’aspirateurs à domicile à leur ascension sociale... Ce choix narratif apporte beaucoup par la force émotionnelle qu'il transmet au récit. Car même si le lecteur sait que tout est scellé dès le début, ce qu’il ignore, c’est le pourquoi du comment. Parfois les histoires tristes sont aussi très belles. Cette série en est la preuve.
Il est rare que je mette une aussi bonne note à une bd qui visuellement ne me plaît pas mais là elle le mérite amplement au vu de la qualité du scénario.
J'ai été ravi et vraiment pas déçu de retrouver Q. Foloiseau, que j'avais découvert dans le journal de Spirou dans sa 1ère aventure.
Très agréable à lire, le 1er album vaut surtout par la qualité du dessin de l'auteur. D'un style semi réaliste très clair et lumineux. Il nous offre des paysages magnifiques, une mer superbement rendue, et des angles de vue et cadrages variés et toujours réussis.
Par contre, les 2 mini-histoires de cet album utilisent 2 fois les mêmes ressorts scénaristiques. Mais ce n'est pas plus gênant que ça car, bien que dans un même lieu, elles sont de genre très différent. La 2ème tirant carrément vers le "fantastique inexpliqué".
Le 2ème album est de qualité bien supérieure pour le scénario qui, ici, est de Jean-Yves Brouard. Histoire très bien construite et documentée d'une expédition en forêt tropicale qui mènera nos héros toujours plus loin, de surprise en surprise.
La recherche d'un serpent géant tient lieu de fil rouge et l'on découvrira les péripéties et difficultés de monter une telle expédition, des tribus indiennes et des secrets jalousement gardés.
C'est une aventure de facture classique, mais qui mêle les sujets de façon originale et où l'on ne s'ennuie pas.
Le dessin de Hiettre est toujours excellent. Il a le chic pour trouver l'"attitude juste" de ses personnages. Il nous offre de très belles "scènes d'avions" et "scènes aquatiques" et rend très bien la pénombre étouffantes des sous-bois tropicaux.
Ces 2 aventures à l'ancienne méritent d'être connues. Une suite serait bienvenue.
Dommage que l'éditeur n'ait pas donné la même présentation aux 2 albums. Le premier voit son dessin de couverture prolongé sur la tranche (avec titre en haut) et le dos de l'album alors que le second a une tranche blanche, titre au milieu avec dessin du dos indépendant.
Et malheureusement, les pages sont collées et je crains qu'elles aient rapidement tendance à se détacher de la tranche intérieure.
Je viens à peine de terminer cette bd et j'attends déjà la suite avec impatience !
Le dessin d'Andreae est d'une grande qualité et les couleurs, très bien utilisées, viennent ajouter une ambiance très particulière à l'histoire et font monter l'angoisse d'un cran.
Un vrai plaisir pour les yeux !
J'ai tout de suite accroché au récit, l'histoire est originale et captivante.
Mêler enfants malades, vampires, gargouilles, chauve-souris et loups-garous, il fallait oser mais c'est pourtant très réussi.
Selon moi, à lire absolument.
Espérons que la suite soit du même niveau.
Je suis assez déconcerté du quasi-anonymat qui règne autour de cette série. Car c’est indiscutablement une grande oeuvre et, pour moi, une très belle révélation.
S’inspirant de l’univers fictionnel des meilleurs feuilletons de la fin du 19ème, les sieurs Omond et Yoann nous charment des aventures rocambolesques et romanesques de la délicieuse Ariane. Sur fond des turpitudes du bipartisme politique de sa contrée, on découvre la jeune fille s’improvisant monte-en-l'air, espérant ainsi rencontrer l’homme mystère, virtuose cambrioleur défrayant la chronique et qui, accessoirement, fait fondre son petit cœur de « midinette ». Ainsi débute le chef-d’œuvre…
Tous les meilleurs stéréotypes qui firent le succès du genre sont là. En vrac : redresseurs de torts charmant(e)s, folles poursuites, galerie de personnages hauts en couleurs, complots politiques, manipulations génétiques, sabotages, réunions secrètes, passion amoureuse, émois gomorrhéens, tentatives de révolte, répressions policières… Florilège d’émotions se succédant sur un rythme frénétique, trépidant. Bien que l’ensemble repose sur un fond assez grave et une somme de sujets résolument forts, la lourdeur du propos est esquivée par un traitement fantaisiste et humoristique tout en décalage.
Un décalage principalement dû à un processus narratif particulier. Chaque page découpée en trois bandes panoramiques est « assistée » d’une voix off, sorte de journal de bord « live » explicatif et récitatif. Ce mécanisme aurait pu nuire gravement à la série, produisant notamment un doublon avec le dessin. Totalement maîtrisé, il en fait finalement sa très grande force. Le trait dynamique, superbe (quelles couleurs !) , tout en caricature et à limite du « grotesque » est étayé de dialogues truculents. Il crée un déphasage progressif qui permet de passer subtilement du ton (pas toujours) sérieux du texte vers une ambiance beaucoup plus burlesque. Point d’orgue du procédé, l’introduction de chacun des chapitres par la « Une » polémique de l’un ou l’autre des journaux. Une véritable réussite.
En utilisant la plupart des poncifs du genre, les auteurs ont, malgré tout, su trouver la recette magique pour nous offrir une oeuvre très originale à la dimension dramatique évidente. C’est riche, captivant, épique, émouvant et souvent très drôle. Je suis véritablement conquis.
Un quatre étoiles qui en vaut presque cinq.
C'est avec plaisir que l'on se promène dans un monde qui pour nous est déjà bien loin.
Le graphisme est alléchant, les personnages bien dessinés pour la romantique que je suis. Les couleurs qui semblent s'éclaircir au fur et à mesure du temps nous permettent un voyage loin d'être monotone.
L'histoire est passionnante et l'on prend plaisir à suivre les personnages avec passion tout au long du voyage. Et l'on n'est pas déçu à la fin de la série parce que l'on s'était identifié à un personnage et qu'il ne pouvait avoir d'autres issues sans que l'on nous laisse sur notre fin.
Il est tout à fait exact de dire que Keroro est un manga dont la lecture est à plusieurs niveaux.
Les couvertures toutes simples aux couleurs flashy et la grosse bouille ronde de Keroro laissent en effet penser que le public cible est enfantin.
Le premier niveau du récit pour sa part est davantage destiné aux adolescents puisqu'il raconte le débarquement d'une escouade de petits extraterrestres loufoques bien décidés à conquérir la Terre (qu'ils nomment Pokoden).
Mais l'humour burlesque et les nombreux clins d'oeil raviront pour leur part les lecteurs adultes.
Difficile de cataloguer ce manga qui fait vraiment dans le cocktail d'originalités et de genres. Une part de SF, un peu de love-stories, des relations complexes entre personnages et surtout beaucoup d'humour.
Le concept de base fait un peu penser à Lamu (Urusei Yatsura) puisqu'il voit débarquer sur terre des extra-terrestres en principe belliqueux qui vont finalement s'intégrer à une famille japonaise et y apporter de très nombreuses loufoqueries tandis qu'ils feront mine de toujours vouloir conquérir la Terre mais sans grande motivation finalement.
Ce qui fait la force de Keroro, c'est la personnalité de ses nombreux protagonistes. Il y a une dizaine de personnages principaux et chacun est vraiment bien trouvé et débordant de vie, de caractère et d'originalité. Quasiment aucun personnage cliché ou déjà-vu.
Notons par exemple le Sergent Keroro, en principe chef militaire implacable mais en fait oscillant sans arrêt entre son devoir de conquête, sa soumission à la famille humaine qui l'a hébergé et sa passion pour les maquettes de Gundam. Le soldat Tamama, d'aspect gentil et mignon, mais capable de se transformer en super-guerrier quand on l'asticote, notamment quand une rivale tente de s'approcher de Keroro qu'il adule totalement. Angol Mois, aussi connue sous le nom de Reine de la Terreur, qui prend la forme d'une jolie fille naïve et trop trop mignonne qui parle trop trop comme les filles modernes. Aki Hinata, la maman de Fuyuki, le garçon qui a recueilli Keroro et sa bande, qui est une scénariste de manga à la tête d'une vraie entreprise, gentille quoique autoritaire et très déterminée, carrément sexy et dotée d'une belle paire... d'arguments. Momoka Nishizawa, jeune héritière d'une gigantesque fortune, machiavélique et très forte, mais totalement amoureuse (à sens unique) de Fuyuki à qui elle cache sa richesse et sa puissance et auprès de qui elle passe pour une naïve petite fille follement éprise. Et encore beaucoup d'autres...
Les relations entre tous ceux-là sont souvent explosives mais le plus souvent hilarantes et bien trouvées. Et une telle brochette de personnages permet d'imaginer vraiment beaucoup d'intrigues variées lors des chapitres du manga qui forment chacun des scénettes aux sujets très différents.
Quant à l'humour, car c'est lui le sujet principal de Keroro, il est bon, voire très bon.
Le premier degré, burlesque, est bien amené, amenant de véritables rires grâce à une très bonne narration. Et le second degré, de son côté, est empli de clins d'oeil à l'univers otaku, références à d'autres mangas célèbres, passions pour les gadgets tels que les maquettes de Gundam, etc.
Bref une lecture pleine d'originalités, de personnalité, de bons voire très bons personnages, qui amène le sourire et très souvent le rire. Un vrai petit plaisir.
PS : A noter que le public cible de la version originale est sans doute plus masculin que féminin car vous n'échapperez pas à un peu de fan-services, petites culottes et filles aux courbes très avantageuses. Pas désagréable du tout à l'oeil, bien intégré dans le récit, mais qui pourrait peut-être rebuter quelques lectrices.
Oeuvre de commande publicitaire pour Jean-Michel Charlier, qui devait mettre à l'honneur dans son récit une boisson gazeuse dont le véritable héros de l'intrigue, le privé Dougherti, se trouve bien évidemment être friand.
Sachant cela, on pouvait craindre le pire pour cette histoire initialement intitulée "l'ange de la mort". Pourtant, l'oeuvre publiée aujourd'hui chez Casterman, débarrassée de ses allusions à la fameuse boisson, se révèle solide et intéressante. Comme toujours, le scénariste ne se laisse pas aller à la facilité et l'action débute dès les premières pages pour ne jamais retomber jusqu'à la dernière.
L'intrigue est particulièrement touffue sans perdre de sa lisibilité, portée par des dialogues vifs et intelligents, nourris de rebondissements bien sentis dont le rythme fait facilement passer les invraisemblances. Le tout ne se prend absolument pas au sérieux, et si cela se lit comme un excellent polar classique, le climat particulier avec la présence d'une secte n'en donne pas moins de la personnalité à ce récit.
Al Coutelis l'illustre dans un style dynamique proche de celui de Jijé, avec lequel il a en commun l'art de croquer une scène en quelques traits, comme de délaisser parfois les décors pour des aplats de noir, ce qui donne de la souplesse à ses mises en pages. Quelques maladresses font toutefois penser qu’il ne s’est pas autant investi ici que sur certaines de ses oeuvres ultérieures.
Ces quelques réserves mis à part, un album de bonne tenue bien défendu par un scénariste d'exception et un excellent dessinateur, qui mérite la découverte.
« Stratège » est un manga qui mériterait d'être beaucoup plus lu et connu des amateurs de BD nippones comme des autres !
On est ici assez loin des clichés manga habituels comme le héros invincible qui massacre tout le monde, les gouttes de sueur, les grimaces, etc. Tout ce que les détracteurs des mangas leur reprochent en somme.
Oui il y a une morale pacifique, un esprit de justice prononcé mais on est loin du niveau de martèlement d'autres oeuvres japonaise.
Ke-Ri est un héros tout à fait atypique : il est très humain malgré une grande force et intelligence. Ce qui fait son humanité, c'est qu'il ne sort pas indemne d'un combat. Il se blesse fréquemment et vulnérable par moment. Ce personnage est donc une grande réussite mais seulement lui. Les autres ont tous un charme fou et deviennent attachants.
Les quatre premiers tomes sont les meilleurs à mon goût. Ensuite, il y a un passage un peu moins rythmé avant d'arriver aux quatre derniers tomes à nouveau très bon. Le scénario est original. L'idée des hommes de Mo spécialisés dans la défense des cités assiégées est des plus intéressante. Même si je n'ai pas été dérangé, Stratège contient quelques passages assez violents. Attention donc aux âmes sensibles.
Une fois dans la lecture on ne décroche plus. De plus 11 tomes ce n'est pas beaucoup. La lecture n'en est que plus intense !
Le dessin est lui aussi différent de ce que le manga propose habituellement. Il est beaucoup plus "réaliste", plus brut. Le trait n'est pas tout net tout lisse. Il est parfois accidenté mais toujours d'une grande justesse et qualité.
Stratège mérite donc complètement sa place dans les immanquables du manga. J'insiste encore une fois sur le fait que ceux qui n’aiment pas le genre pourraient bien ici être conquis !
Note : 4.5/5 (j'hésite encore à mettre le maximum).
Oui. Pour moi également c’est un très gros coup de cœur ! Et quelle que soit la qualité de la suite (que j’attends déjà avec énormément d’impatience) ma note ne baissera pas. A mon goût, ce tome justifie largement à lui seul les quatre étoiles pour la série (à moins, vraiment, que ne se succèdent 10 tomes "pourris". Mais j'en doute)
Ah, quel pied ! Tellement emballé que je l’ai lu une seconde fois dans la foulée. Un humour subtil et décalé, des dialogues irrésistibles, un peu de poésie mais pas trop, des personnages attachants, et du rythme, beaucoup de rythme. Il s’en dégage une ambiance particulièrement jubilatoire, sorte de sympathique métissage des atmosphères de films comme « Mon oncle Benjamin » et « Princess Bride » avec l’excellentissime «De cape et de Crocs ». Un tout bougrement agréable porté par un dessin très vivant et très plaisant. J’ai vraiment ri de bon cœur à beaucoup de répliques ou de situations.
Un album remarquable qui me laisse jovial et détendu pour la journée.
Si vous n’en avez qu’un à acheter ce mois-ci, aucune hésitation, c’est celui-là !
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My street
My street, c'est avant tout, et les avis précédents le montrent bien, un énorme coup de coeur graphique : un dessin très original, à la fois rétro et moderne, cartoonesque, tout en fantaisie et en poésie... il ne ressemble à nul autre et justifie à lui seul l'achat de ces deux tomes. Le scénario est inégal... assez déstructuré (je pense que l'auteur a aligné les pages sans trop savoir où il allait), il alterne des passages très réussis et d'autres plus déconcertants... Je pense pouvoir dire sans me tromper que les amateurs d'Amer Béton devraient y être sensibles. My street, c'est un vent nouveau venu de Chine, un objet qui ne ressemble à nul autre, un vrai souffle d'originalité. A essayer, assurément !
Carême
"Carême", c’est une bd qui ne m’attirait pas plus que cela malgré les bons échos à son sujet, la faute à un dessin et une mise en couleurs rébarbatifs. Je n’accroche pas visuellement aux planches. Je n’aime pas les dessins et encore moins les couleurs. Voilà, c’est dit. Mais pour le reste, c’est une vraie claque. Le récit est très prenant. Il puise sa force dans les nombreuses émotions qu’il transmet au lecteur. Même si dès la première planche le final est connu, le lecteur est pris par cette rencontre entre l’imposant (et très sensible) Aimé et le frêle Martinien. Ce récit est celui de Martinien qui se remémore le chemin parcouru avec son ami Aimé Carême, depuis la vente d’aspirateurs à domicile à leur ascension sociale... Ce choix narratif apporte beaucoup par la force émotionnelle qu'il transmet au récit. Car même si le lecteur sait que tout est scellé dès le début, ce qu’il ignore, c’est le pourquoi du comment. Parfois les histoires tristes sont aussi très belles. Cette série en est la preuve. Il est rare que je mette une aussi bonne note à une bd qui visuellement ne me plaît pas mais là elle le mérite amplement au vu de la qualité du scénario.
Quentin Foloiseau
J'ai été ravi et vraiment pas déçu de retrouver Q. Foloiseau, que j'avais découvert dans le journal de Spirou dans sa 1ère aventure. Très agréable à lire, le 1er album vaut surtout par la qualité du dessin de l'auteur. D'un style semi réaliste très clair et lumineux. Il nous offre des paysages magnifiques, une mer superbement rendue, et des angles de vue et cadrages variés et toujours réussis. Par contre, les 2 mini-histoires de cet album utilisent 2 fois les mêmes ressorts scénaristiques. Mais ce n'est pas plus gênant que ça car, bien que dans un même lieu, elles sont de genre très différent. La 2ème tirant carrément vers le "fantastique inexpliqué". Le 2ème album est de qualité bien supérieure pour le scénario qui, ici, est de Jean-Yves Brouard. Histoire très bien construite et documentée d'une expédition en forêt tropicale qui mènera nos héros toujours plus loin, de surprise en surprise. La recherche d'un serpent géant tient lieu de fil rouge et l'on découvrira les péripéties et difficultés de monter une telle expédition, des tribus indiennes et des secrets jalousement gardés. C'est une aventure de facture classique, mais qui mêle les sujets de façon originale et où l'on ne s'ennuie pas. Le dessin de Hiettre est toujours excellent. Il a le chic pour trouver l'"attitude juste" de ses personnages. Il nous offre de très belles "scènes d'avions" et "scènes aquatiques" et rend très bien la pénombre étouffantes des sous-bois tropicaux. Ces 2 aventures à l'ancienne méritent d'être connues. Une suite serait bienvenue. Dommage que l'éditeur n'ait pas donné la même présentation aux 2 albums. Le premier voit son dessin de couverture prolongé sur la tranche (avec titre en haut) et le dos de l'album alors que le second a une tranche blanche, titre au milieu avec dessin du dos indépendant. Et malheureusement, les pages sont collées et je crains qu'elles aient rapidement tendance à se détacher de la tranche intérieure.
La Confrérie du crabe
Je viens à peine de terminer cette bd et j'attends déjà la suite avec impatience ! Le dessin d'Andreae est d'une grande qualité et les couleurs, très bien utilisées, viennent ajouter une ambiance très particulière à l'histoire et font monter l'angoisse d'un cran. Un vrai plaisir pour les yeux ! J'ai tout de suite accroché au récit, l'histoire est originale et captivante. Mêler enfants malades, vampires, gargouilles, chauve-souris et loups-garous, il fallait oser mais c'est pourtant très réussi. Selon moi, à lire absolument. Espérons que la suite soit du même niveau.
La Voleuse du Père Fauteuil
Je suis assez déconcerté du quasi-anonymat qui règne autour de cette série. Car c’est indiscutablement une grande oeuvre et, pour moi, une très belle révélation. S’inspirant de l’univers fictionnel des meilleurs feuilletons de la fin du 19ème, les sieurs Omond et Yoann nous charment des aventures rocambolesques et romanesques de la délicieuse Ariane. Sur fond des turpitudes du bipartisme politique de sa contrée, on découvre la jeune fille s’improvisant monte-en-l'air, espérant ainsi rencontrer l’homme mystère, virtuose cambrioleur défrayant la chronique et qui, accessoirement, fait fondre son petit cœur de « midinette ». Ainsi débute le chef-d’œuvre… Tous les meilleurs stéréotypes qui firent le succès du genre sont là. En vrac : redresseurs de torts charmant(e)s, folles poursuites, galerie de personnages hauts en couleurs, complots politiques, manipulations génétiques, sabotages, réunions secrètes, passion amoureuse, émois gomorrhéens, tentatives de révolte, répressions policières… Florilège d’émotions se succédant sur un rythme frénétique, trépidant. Bien que l’ensemble repose sur un fond assez grave et une somme de sujets résolument forts, la lourdeur du propos est esquivée par un traitement fantaisiste et humoristique tout en décalage. Un décalage principalement dû à un processus narratif particulier. Chaque page découpée en trois bandes panoramiques est « assistée » d’une voix off, sorte de journal de bord « live » explicatif et récitatif. Ce mécanisme aurait pu nuire gravement à la série, produisant notamment un doublon avec le dessin. Totalement maîtrisé, il en fait finalement sa très grande force. Le trait dynamique, superbe (quelles couleurs !) , tout en caricature et à limite du « grotesque » est étayé de dialogues truculents. Il crée un déphasage progressif qui permet de passer subtilement du ton (pas toujours) sérieux du texte vers une ambiance beaucoup plus burlesque. Point d’orgue du procédé, l’introduction de chacun des chapitres par la « Une » polémique de l’un ou l’autre des journaux. Une véritable réussite. En utilisant la plupart des poncifs du genre, les auteurs ont, malgré tout, su trouver la recette magique pour nous offrir une oeuvre très originale à la dimension dramatique évidente. C’est riche, captivant, épique, émouvant et souvent très drôle. Je suis véritablement conquis. Un quatre étoiles qui en vaut presque cinq.
Les Maîtres de l'Orge
C'est avec plaisir que l'on se promène dans un monde qui pour nous est déjà bien loin. Le graphisme est alléchant, les personnages bien dessinés pour la romantique que je suis. Les couleurs qui semblent s'éclaircir au fur et à mesure du temps nous permettent un voyage loin d'être monotone. L'histoire est passionnante et l'on prend plaisir à suivre les personnages avec passion tout au long du voyage. Et l'on n'est pas déçu à la fin de la série parce que l'on s'était identifié à un personnage et qu'il ne pouvait avoir d'autres issues sans que l'on nous laisse sur notre fin.
Sergent Keroro
Il est tout à fait exact de dire que Keroro est un manga dont la lecture est à plusieurs niveaux. Les couvertures toutes simples aux couleurs flashy et la grosse bouille ronde de Keroro laissent en effet penser que le public cible est enfantin. Le premier niveau du récit pour sa part est davantage destiné aux adolescents puisqu'il raconte le débarquement d'une escouade de petits extraterrestres loufoques bien décidés à conquérir la Terre (qu'ils nomment Pokoden). Mais l'humour burlesque et les nombreux clins d'oeil raviront pour leur part les lecteurs adultes. Difficile de cataloguer ce manga qui fait vraiment dans le cocktail d'originalités et de genres. Une part de SF, un peu de love-stories, des relations complexes entre personnages et surtout beaucoup d'humour. Le concept de base fait un peu penser à Lamu (Urusei Yatsura) puisqu'il voit débarquer sur terre des extra-terrestres en principe belliqueux qui vont finalement s'intégrer à une famille japonaise et y apporter de très nombreuses loufoqueries tandis qu'ils feront mine de toujours vouloir conquérir la Terre mais sans grande motivation finalement. Ce qui fait la force de Keroro, c'est la personnalité de ses nombreux protagonistes. Il y a une dizaine de personnages principaux et chacun est vraiment bien trouvé et débordant de vie, de caractère et d'originalité. Quasiment aucun personnage cliché ou déjà-vu. Notons par exemple le Sergent Keroro, en principe chef militaire implacable mais en fait oscillant sans arrêt entre son devoir de conquête, sa soumission à la famille humaine qui l'a hébergé et sa passion pour les maquettes de Gundam. Le soldat Tamama, d'aspect gentil et mignon, mais capable de se transformer en super-guerrier quand on l'asticote, notamment quand une rivale tente de s'approcher de Keroro qu'il adule totalement. Angol Mois, aussi connue sous le nom de Reine de la Terreur, qui prend la forme d'une jolie fille naïve et trop trop mignonne qui parle trop trop comme les filles modernes. Aki Hinata, la maman de Fuyuki, le garçon qui a recueilli Keroro et sa bande, qui est une scénariste de manga à la tête d'une vraie entreprise, gentille quoique autoritaire et très déterminée, carrément sexy et dotée d'une belle paire... d'arguments. Momoka Nishizawa, jeune héritière d'une gigantesque fortune, machiavélique et très forte, mais totalement amoureuse (à sens unique) de Fuyuki à qui elle cache sa richesse et sa puissance et auprès de qui elle passe pour une naïve petite fille follement éprise. Et encore beaucoup d'autres... Les relations entre tous ceux-là sont souvent explosives mais le plus souvent hilarantes et bien trouvées. Et une telle brochette de personnages permet d'imaginer vraiment beaucoup d'intrigues variées lors des chapitres du manga qui forment chacun des scénettes aux sujets très différents. Quant à l'humour, car c'est lui le sujet principal de Keroro, il est bon, voire très bon. Le premier degré, burlesque, est bien amené, amenant de véritables rires grâce à une très bonne narration. Et le second degré, de son côté, est empli de clins d'oeil à l'univers otaku, références à d'autres mangas célèbres, passions pour les gadgets tels que les maquettes de Gundam, etc. Bref une lecture pleine d'originalités, de personnalité, de bons voire très bons personnages, qui amène le sourire et très souvent le rire. Un vrai petit plaisir. PS : A noter que le public cible de la version originale est sans doute plus masculin que féminin car vous n'échapperez pas à un peu de fan-services, petites culottes et filles aux courbes très avantageuses. Pas désagréable du tout à l'oeil, bien intégré dans le récit, mais qui pourrait peut-être rebuter quelques lectrices.
Le privé
Oeuvre de commande publicitaire pour Jean-Michel Charlier, qui devait mettre à l'honneur dans son récit une boisson gazeuse dont le véritable héros de l'intrigue, le privé Dougherti, se trouve bien évidemment être friand. Sachant cela, on pouvait craindre le pire pour cette histoire initialement intitulée "l'ange de la mort". Pourtant, l'oeuvre publiée aujourd'hui chez Casterman, débarrassée de ses allusions à la fameuse boisson, se révèle solide et intéressante. Comme toujours, le scénariste ne se laisse pas aller à la facilité et l'action débute dès les premières pages pour ne jamais retomber jusqu'à la dernière. L'intrigue est particulièrement touffue sans perdre de sa lisibilité, portée par des dialogues vifs et intelligents, nourris de rebondissements bien sentis dont le rythme fait facilement passer les invraisemblances. Le tout ne se prend absolument pas au sérieux, et si cela se lit comme un excellent polar classique, le climat particulier avec la présence d'une secte n'en donne pas moins de la personnalité à ce récit. Al Coutelis l'illustre dans un style dynamique proche de celui de Jijé, avec lequel il a en commun l'art de croquer une scène en quelques traits, comme de délaisser parfois les décors pour des aplats de noir, ce qui donne de la souplesse à ses mises en pages. Quelques maladresses font toutefois penser qu’il ne s’est pas autant investi ici que sur certaines de ses oeuvres ultérieures. Ces quelques réserves mis à part, un album de bonne tenue bien défendu par un scénariste d'exception et un excellent dessinateur, qui mérite la découverte.
Bokko (Stratège)
« Stratège » est un manga qui mériterait d'être beaucoup plus lu et connu des amateurs de BD nippones comme des autres ! On est ici assez loin des clichés manga habituels comme le héros invincible qui massacre tout le monde, les gouttes de sueur, les grimaces, etc. Tout ce que les détracteurs des mangas leur reprochent en somme. Oui il y a une morale pacifique, un esprit de justice prononcé mais on est loin du niveau de martèlement d'autres oeuvres japonaise. Ke-Ri est un héros tout à fait atypique : il est très humain malgré une grande force et intelligence. Ce qui fait son humanité, c'est qu'il ne sort pas indemne d'un combat. Il se blesse fréquemment et vulnérable par moment. Ce personnage est donc une grande réussite mais seulement lui. Les autres ont tous un charme fou et deviennent attachants. Les quatre premiers tomes sont les meilleurs à mon goût. Ensuite, il y a un passage un peu moins rythmé avant d'arriver aux quatre derniers tomes à nouveau très bon. Le scénario est original. L'idée des hommes de Mo spécialisés dans la défense des cités assiégées est des plus intéressante. Même si je n'ai pas été dérangé, Stratège contient quelques passages assez violents. Attention donc aux âmes sensibles. Une fois dans la lecture on ne décroche plus. De plus 11 tomes ce n'est pas beaucoup. La lecture n'en est que plus intense ! Le dessin est lui aussi différent de ce que le manga propose habituellement. Il est beaucoup plus "réaliste", plus brut. Le trait n'est pas tout net tout lisse. Il est parfois accidenté mais toujours d'une grande justesse et qualité. Stratège mérite donc complètement sa place dans les immanquables du manga. J'insiste encore une fois sur le fait que ceux qui n’aiment pas le genre pourraient bien ici être conquis ! Note : 4.5/5 (j'hésite encore à mettre le maximum).
Célestin Gobe-la-lune
Oui. Pour moi également c’est un très gros coup de cœur ! Et quelle que soit la qualité de la suite (que j’attends déjà avec énormément d’impatience) ma note ne baissera pas. A mon goût, ce tome justifie largement à lui seul les quatre étoiles pour la série (à moins, vraiment, que ne se succèdent 10 tomes "pourris". Mais j'en doute) Ah, quel pied ! Tellement emballé que je l’ai lu une seconde fois dans la foulée. Un humour subtil et décalé, des dialogues irrésistibles, un peu de poésie mais pas trop, des personnages attachants, et du rythme, beaucoup de rythme. Il s’en dégage une ambiance particulièrement jubilatoire, sorte de sympathique métissage des atmosphères de films comme « Mon oncle Benjamin » et « Princess Bride » avec l’excellentissime «De cape et de Crocs ». Un tout bougrement agréable porté par un dessin très vivant et très plaisant. J’ai vraiment ri de bon cœur à beaucoup de répliques ou de situations. Un album remarquable qui me laisse jovial et détendu pour la journée. Si vous n’en avez qu’un à acheter ce mois-ci, aucune hésitation, c’est celui-là ! Petit amuse-gueule : « J’épouserai tantôt la belle Pimprinule et à n’en pas douter, deviendrai bientôt roi. Me faisant tout de go en or les testicules, j’irai le cœur léger me vautrer dans la soie ! » :)