Les apparences sont trompeuses.
C'est le sentiment qui ressort directement à la lecture de cette BD car derrière cette couverture anodine, se cache un polar des plus efficaces. Cette histoire menée tambour-battant et agrémentée de flash-backs bien placés là où il faut, de combats bien violents et d'une mise en couleurs sobre mais parfaitement adaptée, ne nous fait pas détourner une seconde les yeux de la BD.
Je dois aussi dire que sans les avis lus un peu partout, je n'aurais jamais ouvert cette BD, et ça aurait été bien dommage. Une trilogie que je vais suivre de près.
Foncez, c'est du tout bon!!!
Je ne m'attendais vraiment pas à ça.
La couverture et le titre laissaient penser à une BD sur la musique jazz. Mais ayant lu quelques avis sur la BD, je savais que ce n'était pas le cas et je m'attendais à la place à un polar noir au scénario assez classique, le genre de BD que je peux parfois reconnaître comme étant bien réalisée mais qui me lasse très vite.
Mais au lieu de ça... Jazz Maynard est bien un polar, oui, mais un polar très moderne, avec une touche de fantastique et beaucoup d'action, qui m'a drôlement fait penser à certains comics voire films américains modernes (Tarantino évidemment, mais aussi des films un peu plus SF).
Qui irait s'imaginer en lisant les premières pages que vont apparaître soudainement des guerriers mystérieux armés de sabres ? Qui s'imaginerait en voyant le héros, grand maigre débonnaire, qu'il se révèlera capable de combats dignes de Matrix ?
Surprenant et finalement vraiment réussi pour un premier tome.
Le dessin est excellent. Le trait est parfaitement maîtrisé, l'encrage d'une précision de vrai pro, les cadrages originaux et puissants, les couleurs un peu mornes mais tout à fait bonnes.
Et la narration est également réussie et fluide, et ce malgré les quelques flash-backs qui parsèment le récit. Ces derniers se révèlent bien traités et idéalement placés dans le récit.
Quant au scénario, alors que le début ne paie pas de mine, il se révèle vraiment original et étonnant au fil des pages, tandis que la situation se complexifie et que de nombreuses nouvelles données apparaissent. Peu amateur de polar et encore moins de récits noirs, j'ai été malgré tout happé et la touche de mystère et de possible fantastique m'a vraiment intrigué.
C'est pourquoi j'attends la suite avec impatience. Et j'espère que l'explication sur l'origine des étonnantes capacités de combat du héros et sur l'identité des étranges Fils de Kaïn ne sera pas décevante.
Note approximative : 3.5/5
Les Aventures d'Hergé est une biographie, la biographie du créateur de Tintin et Milou. Mais autant celle-ci est plutôt bien documentée, autant elle se présente sous une forme originale et ne manquant pas de fantaisie.
Scindée en chapitres de quelques pages, elle nous montre des années charnières de son existence. Mais elle s'attache davantage à la vie de l'homme Hergé qu'à sa création elle-même, même si bien sûr il s'y est tellement consacré qu'elle a influencé toute sa vie d'homme privé et d'homme public. Et c'est sans doute cela que les auteurs ont voulu représenter en parsemant leurs récits de très nombreuses anecdotes et références directes à Tintin dans l'environnement d'Hergé. Ils jouent en effet à jouer sur la confusion, à imaginer que Hergé est en fait Tintin et inversement. N'est-ce pas lui qui était grand ami de Tchang, qui a vu tous les endroits ou presque où Tintin s'est rendu, passant même plusieurs jours sur un cargo pour préparer Coke en Stock, etc.
Outre cette façon un peu romancée et fantaisiste de présenter la vie de Hergé, les auteurs n'hésitent pas à le présenter sans réelle concession, avec tendresse mais aussi un langage légèrement à double tranchant. Comment interpréter par exemple cette scène où, après la fin de la Guerre, Hergé fête la création du Journal Tintin tandis qu'en arrière-plan son ancien compagnon de cellule se fait fusiller pour collaborationnisme. D'autres scènes sont du même genre, assez déroutante car on ne sait s'il faut rire ou prendre la chose avec sérieux.
Ce double langage, entre humour un peu jaune et réel respect pour l'homme et son oeuvre, permet d'ajouter une certaine profondeur rafraîchissante au récit qui, du coup, ne se laisse pas saisir trop facilement.
A cela s'ajoute le dessin en ligne claire de Stanislas qui est tout à fait plaisant. Dans un style assez proche de Chaland, il n'égale pas vraiment le talent ni de ce dernier ni de Hergé lui-même, mais il convient parfaitement au récit.
Ceux qui connaissent parfaitement la vie d'Hergé n'apprendront sans doute rien mais auront la joie de découvrir un récit original, au ton mi-figue mi-raisin, assez amusant et bien raconté en tout cas. Ceux qui ne connaissent rien à sa vie découvriront nombres d'anecdotes réelles même si légèrement romancées.
Un bel hommage, qui ne fait ni dans la sacralisation ni dans l'admiration béâte mais rend au contraire hommage à l'homme avec ses qualités et ses défauts.
NB : A noter que la réédition de 2007 comprend 2 chapitres, soit 8 pages, de plus que la version de 1999 que j'ai lue.
Avec Le petit Christian, je me disais que j'allais passer un moment sympa qui durera le temps de la lecture, un peu comme on apprécie la lecture d'un Titeuf ou d'un Calvin et Hobbes. D'autant plus que je ne connaissais l'auteur qu'à travers une bd que j'avais lue (je ne me souviens même plus du titre...) et que je n'avais pas trop appréciée. Donc, suivant les conseils d'un libraire têtu, je me suis dit allons-y.
Et bien le moins que je puisse dire c'est qu'il a eu raison d'insister le bougre. C'est vraiment très drôle! Je me suis bien marré, vraiment. Et en plus d'être un petit chef-d'oeuvre humoristique, cet album est croqué de tendresse, de petits moments qui nous font penser forcément à notre enfance même si nous n'avions pas tous les mêmes centres d'intérêt. En tout cas, enfant, on s'est tous pris pour un super héros, un sportif ou comme notre ami pour un cow-boy. On a tous connu les premiers émois amoureux et la maladresse avec laquelle on y faisait face. C'était l'apprentissage de la vie quoi !
Bref, en attendant la suite, qui tarde réellement a sortir, cette bd ne passe pas inaperçue.
Alors, faites comme moi, laissez vous tenter par cet album qui, en plus est d'un prix très attractif, et souvenez vous de votre plus tendre enfance !
Alim le Tanneur est un homme simple de grande bonté et, avec sa fille et son beau-père, il se heurte à la folie des hommes, aveuglés et rendus fous par leurs croyances.
Un tout grand bravo à Mme Augustin pour ses magnifiques dessins.
Les personnages sont très attachants et l'histoire me procure des émotions que j'ai rarement ressenties en lisant une bd.
Apparemment, il s'agit de la première série de la dessinatrice mais je ne manquerai pas de m'intéresser à ses futures oeuvres.
Mon avis pour l'achat : oui, oui et encore oui !
A posséder absolument !!!
Monsieur Khol est ce genre de personne qui est tellement effacée, que personne ne le remarque. Effacé est bien le terme qui lui "Khol" le mieux (oh le jeu de mots tout pourri, j'ai honte), car sa discrétion a fait de lui un homme sans visage. En effet, pourquoi avoir un visage, si personne ne vous remarque.
Mais au détour d'un séjour de repos en campagne, la vie de Monsieur Khol va changer petit à petit... Dieter nous livre ainsi un joli conte, sans grandes surprises mais pour autant très poétique et rafraîchissant.
De plus, l'album jouit de dessins de Moynot de toute beauté. Les aquarelles de l'auteur sont sublimes, s'accordent bien avec le ton de l'histoire et le format carré de la collection "Carrément BD" de Glénat.
Un conte mignon, frais, sans prétention et au final très réussi.
D’abord un double sentiment troublant. Une fascination visuelle devant l’intensité et l’incroyable beauté du trait mêlée d’effroi devant la puissance évocatrice de ce noir et blanc au contenu dantesque. On ressent jusque dans nos entrailles la menace grandissante, oppressante de cette armée des ombres espagnole.
Ensuite, une terrible sensation d’impuissance face à la futilité et la fatalité. Futilité de la quête d’Apoo, figurant désarmé d’un drame de l’Histoire dont on connaît déjà l’issue inéluctable. Fatalité du sort d’un peuple.
Enfin la rage et le dégoût devant l’effroyable force destructrice de la folie des hommes.
Une oeuvre extrême dans l’esthétisme et la violence qui s’en dégagent.
On en ressort secoué.
Il y a des fois où il ne faut pas chercher et juste se laisser transporter. Et même si l’on décèle quelques vérités humaines essentielles, dissimulées sous d’élégantes allégories, l’important dans cette série n’est pas la quête d’un éventuel message mais plutôt l’abandon de soi au récit.
Car, encore une fois, Nancy Peña nous tisse une tapisserie d’une grande beauté, édénique et captivante. Son merveilleux et si caractéristique langage graphique nous embarque dans l’aventure de son imaginaire. On y retrouve les succulences de l’artiste. Originalité, gracilité, poésie, humour subtil et intelligence. Nomade par procuration, on vagabonde dans ce vaste monde inconnu au gré des péripéties des héros. Avide de découvertes, on écarquille les yeux, et l’on ouvre son esprit pour mieux goûter et s’imprégner de ce nouvel univers, pour mieux s’y confondre et régaler ses sens.
J’en veux encore !
Personnellement, j'aime bien ce manga. D'accord, le sujet n'est pas vraiment des plus originaux, mais la manière dont c'est traité l'est. L'ordi Tchii est vraiment mignonne et attachante. On veut vraiment l'aider tellement elle nous fait de la peine. La psychologie des personnages est bien travaillée et les dessins magnifiques. L'humour est très marrant, mais il y a quelques fois un peu trop d'ecchi.
Ayant vu le film quelques jours avant de lire la BD, j'aurai du mal à faire une critique de la BD seule tant les impressions de l'un et de l'autre se sont mélangées au cours de ma lecture...
"Amer béton" est une de ces oeuvres qui sont des expériences en soi. Qui vous portent pendant la lecture et encore longtemps après. Une oeuvre marquante, au sens littéral du terme.
Ce qu'on retient en premier lieu, ce sont bien sûr les personnages principaux... Blanc/Noir, Yin/Yang, deux gamins dissemblables, opposés mais complémentaires, qui ne peuvent vivre l'un sans l'autre. Leur histoire prend véritablement aux tripes, noue la gorge, remue, ne s'oublie pas.
Et puis il y a ce monde qui les entoure : yakuzas, mendiants, promoteurs, dans une ambiance à la fois dure et féerique, semi-irréelle, une ambiance très particulière, unique serais-je tentée de dire.
Au niveau du graphisme, je ne peux pas dire que j'ai été déçue, mais le film est tellement somptueux de ce point de vue là, notamment au niveau des décors, que je n'ai pu m'empêcher de trouver le manga moins riche. Cependant, sans le matériau d'origine, les graphistes du film n'auraient pas eu ces idées grandioses et délirantes : toutes les idées sont déjà contenues dans le manga. Elles sont juste moins détaillées et moins esthétisantes.
J'aurais tendance à conseiller de découvrir "Amer béton" par le film, qui m'a semblé plus immersif que la BD... Mais d'un autre côté c'est sans doute parce que j'ai découvert cette oeuvre dans cet ordre. Il est probable que si j'avais commencé par le manga je vous conseillerais d'en faire autant.
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Jazz Maynard
Les apparences sont trompeuses. C'est le sentiment qui ressort directement à la lecture de cette BD car derrière cette couverture anodine, se cache un polar des plus efficaces. Cette histoire menée tambour-battant et agrémentée de flash-backs bien placés là où il faut, de combats bien violents et d'une mise en couleurs sobre mais parfaitement adaptée, ne nous fait pas détourner une seconde les yeux de la BD. Je dois aussi dire que sans les avis lus un peu partout, je n'aurais jamais ouvert cette BD, et ça aurait été bien dommage. Une trilogie que je vais suivre de près. Foncez, c'est du tout bon!!!
Jazz Maynard
Je ne m'attendais vraiment pas à ça. La couverture et le titre laissaient penser à une BD sur la musique jazz. Mais ayant lu quelques avis sur la BD, je savais que ce n'était pas le cas et je m'attendais à la place à un polar noir au scénario assez classique, le genre de BD que je peux parfois reconnaître comme étant bien réalisée mais qui me lasse très vite. Mais au lieu de ça... Jazz Maynard est bien un polar, oui, mais un polar très moderne, avec une touche de fantastique et beaucoup d'action, qui m'a drôlement fait penser à certains comics voire films américains modernes (Tarantino évidemment, mais aussi des films un peu plus SF). Qui irait s'imaginer en lisant les premières pages que vont apparaître soudainement des guerriers mystérieux armés de sabres ? Qui s'imaginerait en voyant le héros, grand maigre débonnaire, qu'il se révèlera capable de combats dignes de Matrix ? Surprenant et finalement vraiment réussi pour un premier tome. Le dessin est excellent. Le trait est parfaitement maîtrisé, l'encrage d'une précision de vrai pro, les cadrages originaux et puissants, les couleurs un peu mornes mais tout à fait bonnes. Et la narration est également réussie et fluide, et ce malgré les quelques flash-backs qui parsèment le récit. Ces derniers se révèlent bien traités et idéalement placés dans le récit. Quant au scénario, alors que le début ne paie pas de mine, il se révèle vraiment original et étonnant au fil des pages, tandis que la situation se complexifie et que de nombreuses nouvelles données apparaissent. Peu amateur de polar et encore moins de récits noirs, j'ai été malgré tout happé et la touche de mystère et de possible fantastique m'a vraiment intrigué. C'est pourquoi j'attends la suite avec impatience. Et j'espère que l'explication sur l'origine des étonnantes capacités de combat du héros et sur l'identité des étranges Fils de Kaïn ne sera pas décevante.
Les Aventures d'Hergé
Note approximative : 3.5/5 Les Aventures d'Hergé est une biographie, la biographie du créateur de Tintin et Milou. Mais autant celle-ci est plutôt bien documentée, autant elle se présente sous une forme originale et ne manquant pas de fantaisie. Scindée en chapitres de quelques pages, elle nous montre des années charnières de son existence. Mais elle s'attache davantage à la vie de l'homme Hergé qu'à sa création elle-même, même si bien sûr il s'y est tellement consacré qu'elle a influencé toute sa vie d'homme privé et d'homme public. Et c'est sans doute cela que les auteurs ont voulu représenter en parsemant leurs récits de très nombreuses anecdotes et références directes à Tintin dans l'environnement d'Hergé. Ils jouent en effet à jouer sur la confusion, à imaginer que Hergé est en fait Tintin et inversement. N'est-ce pas lui qui était grand ami de Tchang, qui a vu tous les endroits ou presque où Tintin s'est rendu, passant même plusieurs jours sur un cargo pour préparer Coke en Stock, etc. Outre cette façon un peu romancée et fantaisiste de présenter la vie de Hergé, les auteurs n'hésitent pas à le présenter sans réelle concession, avec tendresse mais aussi un langage légèrement à double tranchant. Comment interpréter par exemple cette scène où, après la fin de la Guerre, Hergé fête la création du Journal Tintin tandis qu'en arrière-plan son ancien compagnon de cellule se fait fusiller pour collaborationnisme. D'autres scènes sont du même genre, assez déroutante car on ne sait s'il faut rire ou prendre la chose avec sérieux. Ce double langage, entre humour un peu jaune et réel respect pour l'homme et son oeuvre, permet d'ajouter une certaine profondeur rafraîchissante au récit qui, du coup, ne se laisse pas saisir trop facilement. A cela s'ajoute le dessin en ligne claire de Stanislas qui est tout à fait plaisant. Dans un style assez proche de Chaland, il n'égale pas vraiment le talent ni de ce dernier ni de Hergé lui-même, mais il convient parfaitement au récit. Ceux qui connaissent parfaitement la vie d'Hergé n'apprendront sans doute rien mais auront la joie de découvrir un récit original, au ton mi-figue mi-raisin, assez amusant et bien raconté en tout cas. Ceux qui ne connaissent rien à sa vie découvriront nombres d'anecdotes réelles même si légèrement romancées. Un bel hommage, qui ne fait ni dans la sacralisation ni dans l'admiration béâte mais rend au contraire hommage à l'homme avec ses qualités et ses défauts. NB : A noter que la réédition de 2007 comprend 2 chapitres, soit 8 pages, de plus que la version de 1999 que j'ai lue.
Le Petit Christian
Avec Le petit Christian, je me disais que j'allais passer un moment sympa qui durera le temps de la lecture, un peu comme on apprécie la lecture d'un Titeuf ou d'un Calvin et Hobbes. D'autant plus que je ne connaissais l'auteur qu'à travers une bd que j'avais lue (je ne me souviens même plus du titre...) et que je n'avais pas trop appréciée. Donc, suivant les conseils d'un libraire têtu, je me suis dit allons-y. Et bien le moins que je puisse dire c'est qu'il a eu raison d'insister le bougre. C'est vraiment très drôle! Je me suis bien marré, vraiment. Et en plus d'être un petit chef-d'oeuvre humoristique, cet album est croqué de tendresse, de petits moments qui nous font penser forcément à notre enfance même si nous n'avions pas tous les mêmes centres d'intérêt. En tout cas, enfant, on s'est tous pris pour un super héros, un sportif ou comme notre ami pour un cow-boy. On a tous connu les premiers émois amoureux et la maladresse avec laquelle on y faisait face. C'était l'apprentissage de la vie quoi ! Bref, en attendant la suite, qui tarde réellement a sortir, cette bd ne passe pas inaperçue. Alors, faites comme moi, laissez vous tenter par cet album qui, en plus est d'un prix très attractif, et souvenez vous de votre plus tendre enfance !
Alim le tanneur
Alim le Tanneur est un homme simple de grande bonté et, avec sa fille et son beau-père, il se heurte à la folie des hommes, aveuglés et rendus fous par leurs croyances. Un tout grand bravo à Mme Augustin pour ses magnifiques dessins. Les personnages sont très attachants et l'histoire me procure des émotions que j'ai rarement ressenties en lisant une bd. Apparemment, il s'agit de la première série de la dessinatrice mais je ne manquerai pas de m'intéresser à ses futures oeuvres. Mon avis pour l'achat : oui, oui et encore oui ! A posséder absolument !!!
Monsieur Khol
Monsieur Khol est ce genre de personne qui est tellement effacée, que personne ne le remarque. Effacé est bien le terme qui lui "Khol" le mieux (oh le jeu de mots tout pourri, j'ai honte), car sa discrétion a fait de lui un homme sans visage. En effet, pourquoi avoir un visage, si personne ne vous remarque. Mais au détour d'un séjour de repos en campagne, la vie de Monsieur Khol va changer petit à petit... Dieter nous livre ainsi un joli conte, sans grandes surprises mais pour autant très poétique et rafraîchissant. De plus, l'album jouit de dessins de Moynot de toute beauté. Les aquarelles de l'auteur sont sublimes, s'accordent bien avec le ton de l'histoire et le format carré de la collection "Carrément BD" de Glénat. Un conte mignon, frais, sans prétention et au final très réussi.
Les vaincus
D’abord un double sentiment troublant. Une fascination visuelle devant l’intensité et l’incroyable beauté du trait mêlée d’effroi devant la puissance évocatrice de ce noir et blanc au contenu dantesque. On ressent jusque dans nos entrailles la menace grandissante, oppressante de cette armée des ombres espagnole. Ensuite, une terrible sensation d’impuissance face à la futilité et la fatalité. Futilité de la quête d’Apoo, figurant désarmé d’un drame de l’Histoire dont on connaît déjà l’issue inéluctable. Fatalité du sort d’un peuple. Enfin la rage et le dégoût devant l’effroyable force destructrice de la folie des hommes. Une oeuvre extrême dans l’esthétisme et la violence qui s’en dégagent. On en ressort secoué.
La Guilde de la mer
Il y a des fois où il ne faut pas chercher et juste se laisser transporter. Et même si l’on décèle quelques vérités humaines essentielles, dissimulées sous d’élégantes allégories, l’important dans cette série n’est pas la quête d’un éventuel message mais plutôt l’abandon de soi au récit. Car, encore une fois, Nancy Peña nous tisse une tapisserie d’une grande beauté, édénique et captivante. Son merveilleux et si caractéristique langage graphique nous embarque dans l’aventure de son imaginaire. On y retrouve les succulences de l’artiste. Originalité, gracilité, poésie, humour subtil et intelligence. Nomade par procuration, on vagabonde dans ce vaste monde inconnu au gré des péripéties des héros. Avide de découvertes, on écarquille les yeux, et l’on ouvre son esprit pour mieux goûter et s’imprégner de ce nouvel univers, pour mieux s’y confondre et régaler ses sens. J’en veux encore !
Chobits
Personnellement, j'aime bien ce manga. D'accord, le sujet n'est pas vraiment des plus originaux, mais la manière dont c'est traité l'est. L'ordi Tchii est vraiment mignonne et attachante. On veut vraiment l'aider tellement elle nous fait de la peine. La psychologie des personnages est bien travaillée et les dessins magnifiques. L'humour est très marrant, mais il y a quelques fois un peu trop d'ecchi.
Amer Béton
Ayant vu le film quelques jours avant de lire la BD, j'aurai du mal à faire une critique de la BD seule tant les impressions de l'un et de l'autre se sont mélangées au cours de ma lecture... "Amer béton" est une de ces oeuvres qui sont des expériences en soi. Qui vous portent pendant la lecture et encore longtemps après. Une oeuvre marquante, au sens littéral du terme. Ce qu'on retient en premier lieu, ce sont bien sûr les personnages principaux... Blanc/Noir, Yin/Yang, deux gamins dissemblables, opposés mais complémentaires, qui ne peuvent vivre l'un sans l'autre. Leur histoire prend véritablement aux tripes, noue la gorge, remue, ne s'oublie pas. Et puis il y a ce monde qui les entoure : yakuzas, mendiants, promoteurs, dans une ambiance à la fois dure et féerique, semi-irréelle, une ambiance très particulière, unique serais-je tentée de dire. Au niveau du graphisme, je ne peux pas dire que j'ai été déçue, mais le film est tellement somptueux de ce point de vue là, notamment au niveau des décors, que je n'ai pu m'empêcher de trouver le manga moins riche. Cependant, sans le matériau d'origine, les graphistes du film n'auraient pas eu ces idées grandioses et délirantes : toutes les idées sont déjà contenues dans le manga. Elles sont juste moins détaillées et moins esthétisantes. J'aurais tendance à conseiller de découvrir "Amer béton" par le film, qui m'a semblé plus immersif que la BD... Mais d'un autre côté c'est sans doute parce que j'ai découvert cette oeuvre dans cet ordre. Il est probable que si j'avais commencé par le manga je vous conseillerais d'en faire autant.