J'avais bien ri quand ça passait à la télé ; j'ai acheté l'intégrale sur papier, et franchement je me suis fendu la poire. Les aventures sont souvent rocambolesques, les personnages caricaturaux, mais il y a des moments où l'action est omniprésente et l'humour tellement jouissif...
Et puis, qqn qui cherche seulement à tirer un coup ne peut pas être foncièrement mauvais... ;)
Voici le 1er album de l’excellent Alex Alice depuis Le Troisième Testament, et autant dire que je l’attendais avec impatience et que Dargaud nous a comblés avec une magnifique édition spéciale.
L’auteur s’inspire, comme plusieurs albums sortis cette année, de la mythologie nordique et de l’opéra de Wagner, et nous livre une libre adaptation centrée sur le personnage de Siegfried. Les bases sont connues car ce sont les mêmes utilisées dans la superbe trilogie de Tolkien et donc la réussite de cet album ne se fera pas sur son originalité mais sur la qualité de l’adaptation, sur son ambiance et sur le talent graphique d’Alice.
Pour ce qui est de l’adaptation, il a conservé les principaux éléments comme l’or du Rhin ou l’épée brisée qui font que le récit manque un peu de surprise, mais il y a rajouté sa vision propre en modifiant quelque peu la relation Siegfried / Mime ou encore en mettant en avant le rapprochement entre Siegfried et les loups. Ainsi il insuffle au récit une vision toute personnelle du mythe.
Pour l’ambiance et la qualité graphique, ce sont les 2 points forts de cet album. On avait déjà vu le talent d’Alice pour les angles de vues impossibles et impressionnants, la représentation des architectures gothiques et les ambiances médiévales fantastiques dans Le Troisième Testament. Ici, il nous offre dès le début de l’album une séquence silencieuse tout droit sortie des meilleures introductions cinématographiques. Un exercice très difficile en BD qu’il réalise parfaitement. On pourra ensuite profiter de quelques doubles planches superbement réalisées accompagnant des phases de mise en place du récit. La suite de cet album se déroule dans une forêt des plus réalistes avec des ambiances parfois humides, parfois ensoleillées parfaitement traitées. Ses décors dans la pure tradition de la Fantasy sont tous très réussis. Les personnages ne sont pas en reste, et même si le style peut ne pas être apprécié de tous, je trouve les différents visages et expressions parfaitement dessinés, les postures sont toutes très travaillées, et l’évolution des traits de Siegfried dans le temps est très juste. Il nous offre également quelques cases impressionnantes où l’on reconnaît son talent pour la mise en scène.
Cet album est finalement une très belle introduction à une trilogie annoncée. Par contre, il ne faut pas s’attendre à une réinvention de la fantasy mais à une libre adaptation de ce qui a déjà été fait. On pourra alors profiter de l’atmosphère et de la qualité visuelle offerte par Alice. Un grand coup de chapeau également à Dargaud qui nous offre une édition spéciale de très bonne qualité intégrant une entrevue avec l’auteur très intéressante et de très jolis suppléments graphiques pour un prix raisonnable.
J'ai mis longtemps avant de trouver les mots pour exprimer ma surprise devant cette oeuvre d'exception.
C'est la première BD que je lis où la coloriste est auteur. C'est-à-dire que la coloriste n'est pas seulement assistante du dessinateur, mais apporte la plus grande partie du sens artistique de l'oeuvre, sa sémantique esthétique. Je dirais même que la coloriste chapeaute et le dessinateur et le scénariste, les "cuisine" et réussit le plat final, dont elle a le plus grand mérite. Elle mériterait de voir son nom sur la fiche technique.
Si vous avez l'occasion de l'avoir sous forme électronique, regardez les fichiers en petites vignettes dans une seule fenêtre, c'est assez révélateur. Je recherche maintenant un écrit de Laurence Croix sur son travail sur Biotope.
EXEMPLES :
Page 23, vous pourrez admirer la façon dont le gris de la base contraste avec le vert de l'environnement. Bien sûr on peut dire que le dessinateur a aidé en choisissant une absence totale de plinthe, mais encore fallait-il exploiter correctement cette opportunité.
Plus en détail, vous noterez que le vert des boissons locales rappelle celui de l'environnement, ce qui fait de la colorisation une connotation narrative. Continuons sur les soleils dont vous noterez qu'ils ne sont PAS colorisés en couleurs chaudes, mais au contraire reprennent un ton de vert. Cela ajoute à, ou même crée 90% de l'ambiance "serre oppressante". Accessoirement, sur les personnages il y a aussi la façon dont le noir des cheveux rejoint le noir des vêtements.
En bas de cette page 23, un personnage devient vert, ce qui annonce son destin proche. Si l'on se reporte maintenant en avant dans l'histoire, à la page 04, on voit que le ton de vert des soleils n'apparait qu'en approchant de la planète, autre annonce particulièrement bien trouvée. On voit donc que la colorisation est devenue une partie indispensable de la structure narrative.
Autre exemple d'intégration narrative, page 10, vous pourrez admirer comment le fond noir du flash back forme un contraste saisissant au milieu de la page, par rapport au fond gris du reste. Et comment il est annoncé subtilement dans la case précédente, par la juxtaposition des deux fonds derrière la narratrice.
Page 33, j'ai apprécié le camaïeu de verts sur le peignoir, et les ocres bruns de la peau, des paupières et des lèvres, mêlés au noir mat des cheveux et des yeux, au noir des contours et des stries de sculpture africaine sur les joues, qui mettent en valeur ce personnage féminin dans cette scène de tension érotique particulièrement sobre.
En somme, dans cette oeuvre c'est le dessinateur qui est souvent l'assistant de la coloriste, en fournissant un support dépouillé qui lui permet d'apporter l'essentiel du sens.
Le dessin est très supérieur à ce que fait Bruno d'habitude. Dessiner un petit gros comme ça, c'est proche du génie. Un petit gros d'anthologie, on peut dire. Les autres personnages sont tout aussi stylés et "funky chic". Mais en plus, il y a une revisite du mobilier des films de SF des années 70 qui est magistrale. Pas un simple emprunt, pas un revival facile, mais une appropriation créatrice, une réinvention.
Le scénario est quant à lui à la base très classique, mais aussi très équilibré, très juste, et se prête admirablement au travail esthétique dont il constitue un support solide. Sur un plan plus subtil, il apporte aussi une distanciation par rapport aux débuts de l'écologie politique : Sa naissance dans les milieux scientifiques, une tendance "profonde" proposant de sacrifier l'humain, un écoterrorisme dans les sociétés anglo-saxonnes...
Ensemble, scénario et dessin montrent une intelligence historique remarquable. La page 03 avec la juxtaposition des Boney M et d'un intérieur de Cosmos 1999 est d'une insolence inouïe.
Bon, en plus, le petit mérite de présenter des noirs comme héros. Je ne suis pas fan de la discrimination positive, mais c'est assez rare en BD pour être signalé, et ici c'est vraiment bien trouvé.
Ca fait vraiment partie des "beaux livres" à acheter.
Au début, jetant un oeil de loin, j’ai pensé « encore un de ces romans graphiques dits ‘d'auteur’ au dessin brouillon et inesthétique ».
Puis, ayant identifié l'auteur, Pedrosa, du très bon Ring Circus (sauf le dernier tome), je l'ai acheté.
Bien m'en a pris.
Il s'agit d'une belle aventure de vie : aventure intérieure (évolution psychologique des personnages) et extérieure (voyage initiatique).
L’histoire présente une allégorie sur la mort, la maladie, la peur, l'angoisse ; pour autant, celle-ci ne vire jamais au morbide mais donne de l'énergie et de l'espoir.
L'auteur nous fait aussi découvrir une jolie famille ou plutôt le cocon de bonheur et de sécurité que doit être un foyer ; l’histoire parle beaucoup de la relation entre un père et son fils.
De plus, des pincées d'au-delà, d'ésotérisme viennent pimenter agréablement le roman.
Je trouve au final que le dessin est magnifique, varié, fluide, doux, sensuel, sombre, rude, éclairé, bref toujours parfaitement adapté au contexte qu'il doit illustrer.
Ce roman graphique est riche en émotions et en sentiments.
Dans une collection, c'est un livre qui doit rayonner ;-)
Alpha c'est bien. C'est des histoires d'espionnage bien ficelées. Le scénario est très bon, il y a de l'action et des retournements de situation. Entre les gentils, les méchants, les traîtres, les personnages ambigus, les parfaits inconnus, il y a de quoi se torturer l'esprit. Difficile d'anticiper quoique ce soit pour le lecteur. Le dessin est agréable même si je trouve qu'un petit effort pour bien différencier les personnages secondaires n'aurait pas été superflu.
Alpha ça pourrait être excellent. Mais parfois les histoires deviennent trop complexes. Il y a aussi par moment un peu trop de personnages secondaires qu'on ne voit que sur quelques cases seulement. Ca génère plus de confusion qu'autre chose. J'ai du plusieurs fois revenir en arrière pour vérifier si c'est bien ce personnage qui avait dit ça ou fait ça 15 pages plus tôt. Mais d'une manière générale tout s'éclaire, même si il faut lire le tome suivant pour ça.
Alpha c'est donc une très bonne série pour les amateurs du genre, par contre il vaut mieux être bien concentré sur sa lecture.
Une BD qui m’aura vraiment enthousiasmé par son dessin. Sans aucun doute un des meilleurs, voire même le meilleur graphisme que j’ai vu depuis longtemps ! Ce n’est pas forcement mis en valeur par la page de la galerie d’images, mais le dessin de cette BD est absolument merveilleux.
Le trait et la mise en couleur sont vraiment complémentaires, le résultat est splendide. J’ai pris le temps pour la lire cette BD, j’ai contemplé chaque page. Et, vraiment, ça en jette pleins les yeux, surtout pour les dessins qui couvrent une page entière.
En plus quand l’histoire vaut le coup, on est pas loin de la BD culte. En effet, Charlie Northern nous emmène au Vatican pour enquêter sur la mort d’un important cardinal. Ce flic est plutôt attachant, j’ai particulièrement aimé son humour tranchant, j’ai franchement bien rigolé avec certaines de ces remarques.
L’intrigue n’est pas extraordinaire, pas de multiples rebondissements, et d’ailleurs l’enquête avance calmement. Mais ce rythme assez lent est plutôt agréable, en tout cas il m’a vraiment permis de profiter des images.
Oui mais alors pourquoi pas 5/5 ? La faute à une fin ratée, que j’ai trouvé vraiment nulle et indigne des 115 premières pages !
Une série à l'humour très sympathique. Tout d'abord les dessins sont simples et plaisants. Les personnages ont des bonnes bouilles qui contribuent parfaitement à la bonne humeur de la série.
Au fil des pages on suit les aventures d'un équipage de pirates à la recherche de 9 trésors. Les dialogues sont tout en finesse et les jeux de mots subtils tous plus marrants les uns que les autres.
Tout de même une petite mise en garde : attention si la série se prolonge en longueurs j'ai un peu peur qu'une fois l'effet de surprise passé la qualité soit moins au rendez-vous. Surtout si le fil conducteur reste bloqué autour des neuf cartes aux trésors il ne faudrait pas que cela devienne répétitif. Mais pour l'instant je ne me suis pas du tout ennuyé pendant les 2 premiers tomes.
Tome 3
Effectivement l’effet de surprise est un peu passé, mais heureusement c’est toujours aussi drôle. Les nombreux jeux de mot sont toujours au rendez-vous et je me suis autant marré que dans les 2 premiers.
La métaphore du papillon est une première oeuvre très réussie. Tout d'abord j'ai bien aimé le dessin, c'est tout à fait le style moderne qui me plait : un trait assez précis et des belles couleurs. Ensuite l'idée est originale et excellente : maîtriser le hasard.
On suit les aventures (enfin surtout les mésaventures) de Chriss qui est entré en possession d'un palm un peu spécial. En effet, une équipe de scientifique semble contrôler son destin et influencer complètement ses décisions en partie grâce à cet agenda électronique. La sauce prends très bien, on sait dès le début qu'il va se passer quelque chose de spectaculaire et que c'est Chriss qui va déclencher tout ça. L'histoire est très prenante et les différents évènements s'enchaînent vraiment bien.
Le seul reproche que je ferais pour l'instant c'est que j'ai parfois l'impression que contrôler le hasard se transforme un peu trop en prévoir (et modifier) l'avenir. En tout cas cette série est très prometteuse, il ne reste plus qu'à attendre le tome 3 qui va clôturer ce cycle.
Après lecture du 3e tome :
Les bonnes impressions de départ sont confirmées : La qualité de la série est constante et ce dernier tome est aussi bon que les précédents. J’ai également bien aimé le final…
Je ne savais vraiment pas sur quoi j'allais tomber, et je n'ai pas été déçu ! Les dessins sont très biens, on est vraiment plongé dans l'ambiance de la Bretagne telle qu'elle pouvait être en 1820-1830... L'auberge, le petit village de pêcheur, tout le monde connaît tout le monde, les ragots des habitants, etc...
Je trouve que le cadre est très bien posé. C'est un premier bon point pour cette BD. Le second c'est l'histoire. J'ai tout de suite aimé. Ca commence avec la mort d'une femme et la disparition suspecte de sa fille. Ensuite des années plus tard l'aubergiste raconte ces évènements à un écrivain et c'est à travers ce récit que le lecteur découvre l'histoire.
Une histoire prenante, des bons dessins, donc une BD "franchement bien".
Voilà une série qui s'annonce excellente ! Noire et glauque, mais excellente. On ne s'ennuie pas, les différentes péripéties s'enchainent avec rythme. Le scénario est plutot original, il nous entraine dans cet espece de jeu de la mort, on ne sait pas qui tire les ficelles, ni pourquoi, bref c'est du tout bon.
En plus, les dessins sont excellents. J'ai vraiment tout de suite accroché, c'est tout a fait le style que j'aime. Vivement la suite ! il me semble que la série est prévu en 4 tomes, je reviendrais peut etre revoir ma note à la hausse si la suite tient ses promesses.
15/11/2006
Après un troisième tome tout aussi bon que les 2 premiers, c'est avec impatience que j'attendais le 4e et dernier tome. Ce tome qui promettait une fin en apothéose qui allait me faire rajouter une 5e étoile à ma note.
Quelle déception ! Ce dernier tome est clairement en dessous des autres. Entre l’intrigue semée de péripéties improbables, le dessin qui est moins bon et cette fin qui n’en n'est pas une, je tombe de haut. Je ne baisse pas ma note mais c’est vraiment limite. Après un si bon début, quel dommage de finir comme ça…
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
City Hunter
J'avais bien ri quand ça passait à la télé ; j'ai acheté l'intégrale sur papier, et franchement je me suis fendu la poire. Les aventures sont souvent rocambolesques, les personnages caricaturaux, mais il y a des moments où l'action est omniprésente et l'humour tellement jouissif... Et puis, qqn qui cherche seulement à tirer un coup ne peut pas être foncièrement mauvais... ;)
Siegfried
Voici le 1er album de l’excellent Alex Alice depuis Le Troisième Testament, et autant dire que je l’attendais avec impatience et que Dargaud nous a comblés avec une magnifique édition spéciale. L’auteur s’inspire, comme plusieurs albums sortis cette année, de la mythologie nordique et de l’opéra de Wagner, et nous livre une libre adaptation centrée sur le personnage de Siegfried. Les bases sont connues car ce sont les mêmes utilisées dans la superbe trilogie de Tolkien et donc la réussite de cet album ne se fera pas sur son originalité mais sur la qualité de l’adaptation, sur son ambiance et sur le talent graphique d’Alice. Pour ce qui est de l’adaptation, il a conservé les principaux éléments comme l’or du Rhin ou l’épée brisée qui font que le récit manque un peu de surprise, mais il y a rajouté sa vision propre en modifiant quelque peu la relation Siegfried / Mime ou encore en mettant en avant le rapprochement entre Siegfried et les loups. Ainsi il insuffle au récit une vision toute personnelle du mythe. Pour l’ambiance et la qualité graphique, ce sont les 2 points forts de cet album. On avait déjà vu le talent d’Alice pour les angles de vues impossibles et impressionnants, la représentation des architectures gothiques et les ambiances médiévales fantastiques dans Le Troisième Testament. Ici, il nous offre dès le début de l’album une séquence silencieuse tout droit sortie des meilleures introductions cinématographiques. Un exercice très difficile en BD qu’il réalise parfaitement. On pourra ensuite profiter de quelques doubles planches superbement réalisées accompagnant des phases de mise en place du récit. La suite de cet album se déroule dans une forêt des plus réalistes avec des ambiances parfois humides, parfois ensoleillées parfaitement traitées. Ses décors dans la pure tradition de la Fantasy sont tous très réussis. Les personnages ne sont pas en reste, et même si le style peut ne pas être apprécié de tous, je trouve les différents visages et expressions parfaitement dessinés, les postures sont toutes très travaillées, et l’évolution des traits de Siegfried dans le temps est très juste. Il nous offre également quelques cases impressionnantes où l’on reconnaît son talent pour la mise en scène. Cet album est finalement une très belle introduction à une trilogie annoncée. Par contre, il ne faut pas s’attendre à une réinvention de la fantasy mais à une libre adaptation de ce qui a déjà été fait. On pourra alors profiter de l’atmosphère et de la qualité visuelle offerte par Alice. Un grand coup de chapeau également à Dargaud qui nous offre une édition spéciale de très bonne qualité intégrant une entrevue avec l’auteur très intéressante et de très jolis suppléments graphiques pour un prix raisonnable.
Biotope
J'ai mis longtemps avant de trouver les mots pour exprimer ma surprise devant cette oeuvre d'exception. C'est la première BD que je lis où la coloriste est auteur. C'est-à-dire que la coloriste n'est pas seulement assistante du dessinateur, mais apporte la plus grande partie du sens artistique de l'oeuvre, sa sémantique esthétique. Je dirais même que la coloriste chapeaute et le dessinateur et le scénariste, les "cuisine" et réussit le plat final, dont elle a le plus grand mérite. Elle mériterait de voir son nom sur la fiche technique. Si vous avez l'occasion de l'avoir sous forme électronique, regardez les fichiers en petites vignettes dans une seule fenêtre, c'est assez révélateur. Je recherche maintenant un écrit de Laurence Croix sur son travail sur Biotope. EXEMPLES : Page 23, vous pourrez admirer la façon dont le gris de la base contraste avec le vert de l'environnement. Bien sûr on peut dire que le dessinateur a aidé en choisissant une absence totale de plinthe, mais encore fallait-il exploiter correctement cette opportunité. Plus en détail, vous noterez que le vert des boissons locales rappelle celui de l'environnement, ce qui fait de la colorisation une connotation narrative. Continuons sur les soleils dont vous noterez qu'ils ne sont PAS colorisés en couleurs chaudes, mais au contraire reprennent un ton de vert. Cela ajoute à, ou même crée 90% de l'ambiance "serre oppressante". Accessoirement, sur les personnages il y a aussi la façon dont le noir des cheveux rejoint le noir des vêtements. En bas de cette page 23, un personnage devient vert, ce qui annonce son destin proche. Si l'on se reporte maintenant en avant dans l'histoire, à la page 04, on voit que le ton de vert des soleils n'apparait qu'en approchant de la planète, autre annonce particulièrement bien trouvée. On voit donc que la colorisation est devenue une partie indispensable de la structure narrative. Autre exemple d'intégration narrative, page 10, vous pourrez admirer comment le fond noir du flash back forme un contraste saisissant au milieu de la page, par rapport au fond gris du reste. Et comment il est annoncé subtilement dans la case précédente, par la juxtaposition des deux fonds derrière la narratrice. Page 33, j'ai apprécié le camaïeu de verts sur le peignoir, et les ocres bruns de la peau, des paupières et des lèvres, mêlés au noir mat des cheveux et des yeux, au noir des contours et des stries de sculpture africaine sur les joues, qui mettent en valeur ce personnage féminin dans cette scène de tension érotique particulièrement sobre. En somme, dans cette oeuvre c'est le dessinateur qui est souvent l'assistant de la coloriste, en fournissant un support dépouillé qui lui permet d'apporter l'essentiel du sens. Le dessin est très supérieur à ce que fait Bruno d'habitude. Dessiner un petit gros comme ça, c'est proche du génie. Un petit gros d'anthologie, on peut dire. Les autres personnages sont tout aussi stylés et "funky chic". Mais en plus, il y a une revisite du mobilier des films de SF des années 70 qui est magistrale. Pas un simple emprunt, pas un revival facile, mais une appropriation créatrice, une réinvention. Le scénario est quant à lui à la base très classique, mais aussi très équilibré, très juste, et se prête admirablement au travail esthétique dont il constitue un support solide. Sur un plan plus subtil, il apporte aussi une distanciation par rapport aux débuts de l'écologie politique : Sa naissance dans les milieux scientifiques, une tendance "profonde" proposant de sacrifier l'humain, un écoterrorisme dans les sociétés anglo-saxonnes... Ensemble, scénario et dessin montrent une intelligence historique remarquable. La page 03 avec la juxtaposition des Boney M et d'un intérieur de Cosmos 1999 est d'une insolence inouïe. Bon, en plus, le petit mérite de présenter des noirs comme héros. Je ne suis pas fan de la discrimination positive, mais c'est assez rare en BD pour être signalé, et ici c'est vraiment bien trouvé. Ca fait vraiment partie des "beaux livres" à acheter.
Trois ombres
Au début, jetant un oeil de loin, j’ai pensé « encore un de ces romans graphiques dits ‘d'auteur’ au dessin brouillon et inesthétique ». Puis, ayant identifié l'auteur, Pedrosa, du très bon Ring Circus (sauf le dernier tome), je l'ai acheté. Bien m'en a pris. Il s'agit d'une belle aventure de vie : aventure intérieure (évolution psychologique des personnages) et extérieure (voyage initiatique). L’histoire présente une allégorie sur la mort, la maladie, la peur, l'angoisse ; pour autant, celle-ci ne vire jamais au morbide mais donne de l'énergie et de l'espoir. L'auteur nous fait aussi découvrir une jolie famille ou plutôt le cocon de bonheur et de sécurité que doit être un foyer ; l’histoire parle beaucoup de la relation entre un père et son fils. De plus, des pincées d'au-delà, d'ésotérisme viennent pimenter agréablement le roman. Je trouve au final que le dessin est magnifique, varié, fluide, doux, sensuel, sombre, rude, éclairé, bref toujours parfaitement adapté au contexte qu'il doit illustrer. Ce roman graphique est riche en émotions et en sentiments. Dans une collection, c'est un livre qui doit rayonner ;-)
Alpha
Alpha c'est bien. C'est des histoires d'espionnage bien ficelées. Le scénario est très bon, il y a de l'action et des retournements de situation. Entre les gentils, les méchants, les traîtres, les personnages ambigus, les parfaits inconnus, il y a de quoi se torturer l'esprit. Difficile d'anticiper quoique ce soit pour le lecteur. Le dessin est agréable même si je trouve qu'un petit effort pour bien différencier les personnages secondaires n'aurait pas été superflu. Alpha ça pourrait être excellent. Mais parfois les histoires deviennent trop complexes. Il y a aussi par moment un peu trop de personnages secondaires qu'on ne voit que sur quelques cases seulement. Ca génère plus de confusion qu'autre chose. J'ai du plusieurs fois revenir en arrière pour vérifier si c'est bien ce personnage qui avait dit ça ou fait ça 15 pages plus tôt. Mais d'une manière générale tout s'éclaire, même si il faut lire le tome suivant pour ça. Alpha c'est donc une très bonne série pour les amateurs du genre, par contre il vaut mieux être bien concentré sur sa lecture.
Révélations
Une BD qui m’aura vraiment enthousiasmé par son dessin. Sans aucun doute un des meilleurs, voire même le meilleur graphisme que j’ai vu depuis longtemps ! Ce n’est pas forcement mis en valeur par la page de la galerie d’images, mais le dessin de cette BD est absolument merveilleux. Le trait et la mise en couleur sont vraiment complémentaires, le résultat est splendide. J’ai pris le temps pour la lire cette BD, j’ai contemplé chaque page. Et, vraiment, ça en jette pleins les yeux, surtout pour les dessins qui couvrent une page entière. En plus quand l’histoire vaut le coup, on est pas loin de la BD culte. En effet, Charlie Northern nous emmène au Vatican pour enquêter sur la mort d’un important cardinal. Ce flic est plutôt attachant, j’ai particulièrement aimé son humour tranchant, j’ai franchement bien rigolé avec certaines de ces remarques. L’intrigue n’est pas extraordinaire, pas de multiples rebondissements, et d’ailleurs l’enquête avance calmement. Mais ce rythme assez lent est plutôt agréable, en tout cas il m’a vraiment permis de profiter des images. Oui mais alors pourquoi pas 5/5 ? La faute à une fin ratée, que j’ai trouvé vraiment nulle et indigne des 115 premières pages !
Ratafia
Une série à l'humour très sympathique. Tout d'abord les dessins sont simples et plaisants. Les personnages ont des bonnes bouilles qui contribuent parfaitement à la bonne humeur de la série. Au fil des pages on suit les aventures d'un équipage de pirates à la recherche de 9 trésors. Les dialogues sont tout en finesse et les jeux de mots subtils tous plus marrants les uns que les autres. Tout de même une petite mise en garde : attention si la série se prolonge en longueurs j'ai un peu peur qu'une fois l'effet de surprise passé la qualité soit moins au rendez-vous. Surtout si le fil conducteur reste bloqué autour des neuf cartes aux trésors il ne faudrait pas que cela devienne répétitif. Mais pour l'instant je ne me suis pas du tout ennuyé pendant les 2 premiers tomes. Tome 3 Effectivement l’effet de surprise est un peu passé, mais heureusement c’est toujours aussi drôle. Les nombreux jeux de mot sont toujours au rendez-vous et je me suis autant marré que dans les 2 premiers.
La Métaphore du Papillon
La métaphore du papillon est une première oeuvre très réussie. Tout d'abord j'ai bien aimé le dessin, c'est tout à fait le style moderne qui me plait : un trait assez précis et des belles couleurs. Ensuite l'idée est originale et excellente : maîtriser le hasard. On suit les aventures (enfin surtout les mésaventures) de Chriss qui est entré en possession d'un palm un peu spécial. En effet, une équipe de scientifique semble contrôler son destin et influencer complètement ses décisions en partie grâce à cet agenda électronique. La sauce prends très bien, on sait dès le début qu'il va se passer quelque chose de spectaculaire et que c'est Chriss qui va déclencher tout ça. L'histoire est très prenante et les différents évènements s'enchaînent vraiment bien. Le seul reproche que je ferais pour l'instant c'est que j'ai parfois l'impression que contrôler le hasard se transforme un peu trop en prévoir (et modifier) l'avenir. En tout cas cette série est très prometteuse, il ne reste plus qu'à attendre le tome 3 qui va clôturer ce cycle. Après lecture du 3e tome : Les bonnes impressions de départ sont confirmées : La qualité de la série est constante et ce dernier tome est aussi bon que les précédents. J’ai également bien aimé le final…
L'Auberge du Bout du Monde
Je ne savais vraiment pas sur quoi j'allais tomber, et je n'ai pas été déçu ! Les dessins sont très biens, on est vraiment plongé dans l'ambiance de la Bretagne telle qu'elle pouvait être en 1820-1830... L'auberge, le petit village de pêcheur, tout le monde connaît tout le monde, les ragots des habitants, etc... Je trouve que le cadre est très bien posé. C'est un premier bon point pour cette BD. Le second c'est l'histoire. J'ai tout de suite aimé. Ca commence avec la mort d'une femme et la disparition suspecte de sa fille. Ensuite des années plus tard l'aubergiste raconte ces évènements à un écrivain et c'est à travers ce récit que le lecteur découvre l'histoire. Une histoire prenante, des bons dessins, donc une BD "franchement bien".
Enchaînés
Voilà une série qui s'annonce excellente ! Noire et glauque, mais excellente. On ne s'ennuie pas, les différentes péripéties s'enchainent avec rythme. Le scénario est plutot original, il nous entraine dans cet espece de jeu de la mort, on ne sait pas qui tire les ficelles, ni pourquoi, bref c'est du tout bon. En plus, les dessins sont excellents. J'ai vraiment tout de suite accroché, c'est tout a fait le style que j'aime. Vivement la suite ! il me semble que la série est prévu en 4 tomes, je reviendrais peut etre revoir ma note à la hausse si la suite tient ses promesses. 15/11/2006 Après un troisième tome tout aussi bon que les 2 premiers, c'est avec impatience que j'attendais le 4e et dernier tome. Ce tome qui promettait une fin en apothéose qui allait me faire rajouter une 5e étoile à ma note. Quelle déception ! Ce dernier tome est clairement en dessous des autres. Entre l’intrigue semée de péripéties improbables, le dessin qui est moins bon et cette fin qui n’en n'est pas une, je tombe de haut. Je ne baisse pas ma note mais c’est vraiment limite. Après un si bon début, quel dommage de finir comme ça…