L’album que j’ai découvert en octobre 2006 est mon seul achat de la collection 32, je ne pourrais dès lors pas le comparer avec d’autres mais mon impression est très bonne.
Le bémol évoqué de l’édition sous le format initial (pour rappel : BD souple "sans charnière", de 32 pages, à prix ultra compétitif) ne me dérange pas vraiment. Je me disais que la maison d’édition aurait peut-être l’idée de sortir, à la fin de la série, un coffret pour y ranger les autres tomes... C’est toujours mieux dans la bibliothèque ! La question ne se pose plus, de ce que j’ai pu comprendre, dommage, je tenais à la souligner dans cet avis, une BD à 4,90 euros, c’est notamment rendre le 9ème Art accessible à tous, sans que ce soit l’unique solution, d’accord, mais je trouvais le postulat assez sympathique.
Ici, l’auteur nous propose de commencer le récit par la mort du détective en mettant ensuite en place l’enquête de son fidèle collaborateur. Le rythme est soutenu et ponctué de flash-back, bien mis en place, notamment par des cadrages différents.
Le lecteur est constamment invité à en découvrir un peu plus sur la personnalité, pour le moins troublée, du héros détective.
Les dessins sont excellents, c’est en partie par le travail de qualité de Cécil dans Le Réseau Bombyce que je me suis décidé à acquérir cette série.
Les couleurs, dans les tons bleu-gris, apportent un cachet "old-school anglais" à l’ensemble proposé, qui fait un peu "vieilles photos"... Surprenant et beau !
Je conseille dès lors cet album, du moins j’en conseille l’achat futur sous le nouveau format. Pour ma part, j’attends le tome 2 avec une certaine impatience depuis août 2007...
J'adore cette bd !
Tout d'abord le principe. Choisir un genre tel que l'heroic fantasy pour développer le thème du fanatisme religieux (qui rappelle malheureusement des fanatismes tout à fait réels et actuels...), c'est courageux et novateur. Cela prouve que l'heroic fantasy peut être plus qu'une pompe à fric pour éditeur peu scrupuleux. Comme Lupus, qui à mon sens donne des lettres de noblesse au support SF.
Mais au-delà du background, l'histoire de ce hors caste, raisonnable, plutôt athée, broyé par la logique infernale d'un pouvoir religieux fanatique, a tout pour émouvoir. Un peu comme si ce pauvre tanneur était hors du temps, étranger dans un monde tout acquis à la croyance dominante. Quel est son crime? Par un malheureux concours de circonstance, il peut prouver que la religion qui sert de base à sa civilisation n'est qu'une sinistre farce. Enfin, c'est une image, car il en faudrait plus que ça, à mon avis, pour ébranler une religion comptant plusieurs millions d'adeptes (voir l'histoire d'Adam et Eve, ou le saint suaire, j'en passe et des meilleures). Mais ce n'est pas important, l'ensemble est très bien traité, avec beaucoup de finesse, sans plaidoyer acerbe contre les religions en général.
Et puis le dessin est là pour servir parfaitement le propos, fluide, presque naïf, mais très travaillé. Beau, quoi !
Eh bien moi j'aime beaucoup ce que fait Fabcaro. J'avais déjà bien apprécié Le Steak Haché de Damoclès, pour son humour, son évocation décalée, ses petites faiblesses, mais aussi le dessin bien sympa de Fabcaro.
"Droit dans le mûr" se situe dans la même veine autobiographique. L'auteur y évoque, avec beaucoup d'humour, mais surtout un humour bon enfant, la crise de la trentaine, avec son cortège de petites défaites, de concessions à ses anciennes convictions, ses doutes, ses phobies même. Du glissement du tutoiement au vouvoiement quand on lui adresse la parole, des kilos superflus, de l'achat d'une maison, de la découverte de la vie active (ou du moins de l'obligation d'y rentrer à partir de 30 ans), l'auteur décline le sujet à l'infini, ou presque. Mais il ne se répète pas, traite tout ça avec un humour ravageur, et je dois bien l'avouer, même si ça a l'air d'un argument de VRP, je me suis entièrement reconnu dans certaines séquences, mais je ne vous dirai pas lesquelles.
Bref, un vrai coup de coeur pour cet auteur qui continue à tracer un sillon sympathique, et la confirmation d'un vrai talent à mon sens.
Houlaaaa…. costaud !… très !…
Et pourtant, une série pas trop connue je pense. Mais qui le mérite car vous risquez de passer à côté de « quelque chose ».
La série, la longue enquête sanglante et ses développements, fait quatre tomes.
Sept personnages sont potentiellement coupables, dont trois racontent les faits : un policier chargé du dossier, un mafioso, un écrivain qui suit le travail sur le terrain pour se « documenter ».
Un dessinateur « principal » s’occupe –avec son style- d’un de ces trois personnages et se charge du chapitre dans lequel il intervient. D’autres dessinateurs ont la charge des « seconds rôles ».
Le scénario ?… costaud ; un narratif « millimétré »pour un réel intérêt de l’intrigue qui vous tient en haleine jusqu’au dénouement final. Un long récit qui ouvre de nombreuses portes, en laisse ouvertes, en referme, sème des pistes que Godard prend un réel plaisir à brouiller.
L’ensemble ?… une longue histoire d’ambiances à déguster, une sorte de patchwork de styles divers vraiment bien réussi.
Je recommande. Vraiment.
Une vielle série qui n'est plus disponible en librairie, ce qui est dommage car je n'ai lu qu'un tome de cette série qui est tout bonnement géniale ! J'adore le dessin d'Alexis qui est réaliste tout en étant marrant. La couleur va à merveille d'ailleurs et cela donne de bonnes cases comme lorsque le professeur montre à Timoléon la machine à voyager dans le temps pour la première fois en l'éclairant à la lampe à l'huile.
Les scénarios de Fred sont tout simplement débiles et marrants. On rigole bien des tentatives désastreuses du professeur et de Timoléon pour essayer de devenir riches en se servant de la machine. Dommage que cette série soit tombée dans l'oubli. Elle ne mérite pas cela.
Voilà une belle surprise de fin d'année.
Siegfried est l'adaptation toute personnelle de l'opéra de Richard Wagner par Alex Alice. Il n'est pas évident de comprendre, puis de rendre compte de sa compréhension d'un opéra aussi long. Alex Alice semble avoir attendu le temps nécessaire à la bonne maturation pour nous livrer un album très réussi.
Coté scénario, nous baignons dans les légendes nordiques. Nous retrouvons donc les Nibelungs et Odin qui joue de la foudre. Toutes les pièces de l'histoire sont parfaitement apportées et introduites. Sans temps mort, même si certains passages plus introspectifs ou mélodramatiques ralentissent le rythme, nous ne sommes jamais en train de nous plaindre d'un quelconque défaut. Tout s'enchaine et s'emmêle logiquement. Le ton est juste. Alex Alice après avoir œuvré comme simple dessinateur sur la série Le Troisième Testament prend ici un très bon départ dans la catégorie scénariste ET dessinateur.
Coté dessin, j'ai longtemps hésité à dissocier le scénario et le dessin tant l'un semble ne pas survivre sans l'autre. Le scénario et les baisses de régime citées précédemment sont en fait compensés par la beauté du dessin dans ces instants. Le trait tirant régulièrement sur le cartoonesque, principalement dans les expressions des visages, est très juste. Les mouvements, les cadrages, les positions tout est d'excellente facture. Les couleurs dans les tons bleutés (cf la couverture !) rendent très bien l'ambiance de nuits enneigées des terres nordiques.
En se penchant un peu plus sur le dessin, il est incroyable de s'apercevoir que les décors ne sont en fait jamais détaillés, mais que la technique utilisée donne une vraie impression de profondeur et de complexité. Un dessin dynamique, précis, magnifié par des couleurs contrastées et chatoyantes.
Un excellent premier tome.
« 300 » ? C’est le nombre de guerriers spartiates qui, avec le roi Léonidas, affrontèrent la massive armée perse au 5ème siècle avant JC dans la passe très étroite des Thermopyles.
Honte à moi, fan d’histoire ! Je ne connaissais absolument pas ce haut fait important de l’Antiquité ! J’ai découvert ce récit en allant voir le film. Ce long métrage, je l’ai adoré ! Par contre, la bd, elle ne m’attirait pas plus que ça car, au premier coup d’œil, la mise en page me semblait fouillie, le dessin était loin de correspondre à que j’admire dans la bd et son prix est élevé (20€00) !
Et puis, très récemment, je me suis laissé tenter par cette lecture pour finalement apprécier très fortement cette bd !
J’ai adoré le souffle héroïque de ce récit bien servi par un dessin au trait épais de Frank Miller et par une mise en couleurs somptueuse aux tons chauds parfaitement adaptée aux scènes de tension et de batailles.
J’y ai aimé également la forte présence de la voix off qui confère une dimension épique à cette histoire et les nombreuses cases au plan large qui nous laissent apparaître le gigantisme de la bataille (le format à l’italienne convient parfaitement à cette bd).
Quant à l’histoire proprement dite, il y a, à mon avis, beaucoup de choses à en discuter ! Le scénario est plus subtil qu’un affrontement entre le bien et mal. En lisant cette bd, le lecteur ne peut que s’interroger sur la pertinence de cette guerre, sur la soi-disant défense de la démocratie alors que le héros de ce récit est un roi et que les esclaves existaient dans cette société, sur l’arrogance des spartiates qui étaient certains d’être supérieurs aux perses (bien que le roi perse Xerxés soit lui aussi insolent en se prenant pour un dieu ! Et bien que les écrits de l’époque montrent que les spartiates étaient considérés comme étant les plus grands guerriers parmi tous les peuples méditerranéens) et l’irrespect de ceux-ci envers les autres peuples, et sur plein de choses encore ! Ce qui fait que je suis ressorti secoué, ébloui, méfiant, écœuré, interrogatif de cette lecture et… j’adore ça quand un album ne me laisse pas indifférent et m’encourage à effectuer des recherches sur un fait historique !
« 300 » est exactement le genre de bd historique que j’aime lire ! La narration, le dessin, la mise en couleurs me sont apparus excellents et parfaitement adaptés au récit. A mon avis, cette histoire va plus loin qu’une simple bataille entre les spartiates et les perses, elle nous interroge sur l’utilité de cette guerre et sur l’idéologie spartiate qui m’a semblé pleine de paradoxes. Un must !
"Adèle Blanc-Sec" est une bonne série sous forme de feuilleton de Tardi.
J'aime beaucoup la galerie de personnages loufoques, inquiétants et surtout pathétiques qui défile dans cette séroe (Dugommier, Dieuleveult, Caponi, Brindavoine, etc.). Certains reviennent ou meurent tout simplement. J'aime beaucoup l'atmosphère que dégage le scénario. Le dessin est magnifique. Tardi dessine magnifiquement Paris.
Malgré certaines baisses de régime (le tome 6 notamment), cette série est excellente. Je le conseille aux fans de feuilletons !
Après mure réflexion, je passe ma coté à 5 étoiles. C'est l'une de mes premières claques en bande dessinée et j'aime cet univers.
Un bon western avec un humour très cynique. Les scénarios sont simples et quelques fois peu originaux (les indiens exploités dans le tome 2 notamment), mais c'est traité avec un humour très méchant sous le charme duquel je suis tombé. J'adore le personnage de Lincoln qui est un véritable salaud sans toutefois être vraiment méchant. Ce qui fait de lui un antihéros très attachant.
Les autres personnages sont aussi attachants et constituent l'univers excellent de cette oeuvre. En particulier Dieu et le diable qui se livrent une sorte de guerre dont l'enjeu est Lincoln. Quant au dessin, il ne me plaisait pas au début, mais j'ai fini par m'habituer sans toutefois aimer. Ce n'est pas mon style.
"Les 7 vies de l’épervier" est la série incontournable de la collection Vécu de chez Glénat, en partie grâce à ses multiples séries en parallèle. Bien sûr la lecture de ces dernières n’est pas indispensable pour découvrir celle-ci et la lire seule permettra de laisser une part de mystère autour de cette histoire et de laisser libre cours à son imagination.
L’histoire nous conte les destins croisés de 7 personnages dans la France d’Henri IV, ce dernier étant l’un des 7 rôles de cette pièce orchestrée par le malin. Pour les 5 premiers tomes, on distingue deux histoires parallèles, d’un côté celle du roi et de l’autre celle d’Ariane de Troïl et de l’Epervier. Le contexte historique est plutôt bien représenté et les fantaisies scénaristiques de Cothias concernant le roi et ses turpitudes pallient à l’ennui qu’auraient pu procurer les manœuvres politiques au sein de la cour. Les quelques scènes d’action et les faces à faces agrémentés d’excellents dialogues en font un très bon divertissement.
Le côté fantastique peut dérouter et on peut le trouver un peu inutile mais contrairement aux "Voleurs d’Empire" où pour moi ça avait été le cas, là j’ai trouvé ça appréciable et cela donne une cohérence au récit d’ensemble.
Ca reste une très grande série qui mériterait d’être immanquable, si j’ai l’occasion de lire les autres pourquoi pas, mais j’ai peur d’être déçu, d’ailleurs étant donné la suite ; Plume aux vents, je n’ai pas bien compris la fin.
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Holmes
L’album que j’ai découvert en octobre 2006 est mon seul achat de la collection 32, je ne pourrais dès lors pas le comparer avec d’autres mais mon impression est très bonne. Le bémol évoqué de l’édition sous le format initial (pour rappel : BD souple "sans charnière", de 32 pages, à prix ultra compétitif) ne me dérange pas vraiment. Je me disais que la maison d’édition aurait peut-être l’idée de sortir, à la fin de la série, un coffret pour y ranger les autres tomes... C’est toujours mieux dans la bibliothèque ! La question ne se pose plus, de ce que j’ai pu comprendre, dommage, je tenais à la souligner dans cet avis, une BD à 4,90 euros, c’est notamment rendre le 9ème Art accessible à tous, sans que ce soit l’unique solution, d’accord, mais je trouvais le postulat assez sympathique. Ici, l’auteur nous propose de commencer le récit par la mort du détective en mettant ensuite en place l’enquête de son fidèle collaborateur. Le rythme est soutenu et ponctué de flash-back, bien mis en place, notamment par des cadrages différents. Le lecteur est constamment invité à en découvrir un peu plus sur la personnalité, pour le moins troublée, du héros détective. Les dessins sont excellents, c’est en partie par le travail de qualité de Cécil dans Le Réseau Bombyce que je me suis décidé à acquérir cette série. Les couleurs, dans les tons bleu-gris, apportent un cachet "old-school anglais" à l’ensemble proposé, qui fait un peu "vieilles photos"... Surprenant et beau ! Je conseille dès lors cet album, du moins j’en conseille l’achat futur sous le nouveau format. Pour ma part, j’attends le tome 2 avec une certaine impatience depuis août 2007...
Alim le tanneur
J'adore cette bd ! Tout d'abord le principe. Choisir un genre tel que l'heroic fantasy pour développer le thème du fanatisme religieux (qui rappelle malheureusement des fanatismes tout à fait réels et actuels...), c'est courageux et novateur. Cela prouve que l'heroic fantasy peut être plus qu'une pompe à fric pour éditeur peu scrupuleux. Comme Lupus, qui à mon sens donne des lettres de noblesse au support SF. Mais au-delà du background, l'histoire de ce hors caste, raisonnable, plutôt athée, broyé par la logique infernale d'un pouvoir religieux fanatique, a tout pour émouvoir. Un peu comme si ce pauvre tanneur était hors du temps, étranger dans un monde tout acquis à la croyance dominante. Quel est son crime? Par un malheureux concours de circonstance, il peut prouver que la religion qui sert de base à sa civilisation n'est qu'une sinistre farce. Enfin, c'est une image, car il en faudrait plus que ça, à mon avis, pour ébranler une religion comptant plusieurs millions d'adeptes (voir l'histoire d'Adam et Eve, ou le saint suaire, j'en passe et des meilleures). Mais ce n'est pas important, l'ensemble est très bien traité, avec beaucoup de finesse, sans plaidoyer acerbe contre les religions en général. Et puis le dessin est là pour servir parfaitement le propos, fluide, presque naïf, mais très travaillé. Beau, quoi !
Droit dans le mûr (Steak it easy)
Eh bien moi j'aime beaucoup ce que fait Fabcaro. J'avais déjà bien apprécié Le Steak Haché de Damoclès, pour son humour, son évocation décalée, ses petites faiblesses, mais aussi le dessin bien sympa de Fabcaro. "Droit dans le mûr" se situe dans la même veine autobiographique. L'auteur y évoque, avec beaucoup d'humour, mais surtout un humour bon enfant, la crise de la trentaine, avec son cortège de petites défaites, de concessions à ses anciennes convictions, ses doutes, ses phobies même. Du glissement du tutoiement au vouvoiement quand on lui adresse la parole, des kilos superflus, de l'achat d'une maison, de la découverte de la vie active (ou du moins de l'obligation d'y rentrer à partir de 30 ans), l'auteur décline le sujet à l'infini, ou presque. Mais il ne se répète pas, traite tout ça avec un humour ravageur, et je dois bien l'avouer, même si ça a l'air d'un argument de VRP, je me suis entièrement reconnu dans certaines séquences, mais je ne vous dirai pas lesquelles. Bref, un vrai coup de coeur pour cet auteur qui continue à tracer un sillon sympathique, et la confirmation d'un vrai talent à mon sens.
Une Folie très ordinaire
Houlaaaa…. costaud !… très !… Et pourtant, une série pas trop connue je pense. Mais qui le mérite car vous risquez de passer à côté de « quelque chose ». La série, la longue enquête sanglante et ses développements, fait quatre tomes. Sept personnages sont potentiellement coupables, dont trois racontent les faits : un policier chargé du dossier, un mafioso, un écrivain qui suit le travail sur le terrain pour se « documenter ». Un dessinateur « principal » s’occupe –avec son style- d’un de ces trois personnages et se charge du chapitre dans lequel il intervient. D’autres dessinateurs ont la charge des « seconds rôles ». Le scénario ?… costaud ; un narratif « millimétré »pour un réel intérêt de l’intrigue qui vous tient en haleine jusqu’au dénouement final. Un long récit qui ouvre de nombreuses portes, en laisse ouvertes, en referme, sème des pistes que Godard prend un réel plaisir à brouiller. L’ensemble ?… une longue histoire d’ambiances à déguster, une sorte de patchwork de styles divers vraiment bien réussi. Je recommande. Vraiment.
Time is Money (Timoléon)
Une vielle série qui n'est plus disponible en librairie, ce qui est dommage car je n'ai lu qu'un tome de cette série qui est tout bonnement géniale ! J'adore le dessin d'Alexis qui est réaliste tout en étant marrant. La couleur va à merveille d'ailleurs et cela donne de bonnes cases comme lorsque le professeur montre à Timoléon la machine à voyager dans le temps pour la première fois en l'éclairant à la lampe à l'huile. Les scénarios de Fred sont tout simplement débiles et marrants. On rigole bien des tentatives désastreuses du professeur et de Timoléon pour essayer de devenir riches en se servant de la machine. Dommage que cette série soit tombée dans l'oubli. Elle ne mérite pas cela.
Siegfried
Voilà une belle surprise de fin d'année. Siegfried est l'adaptation toute personnelle de l'opéra de Richard Wagner par Alex Alice. Il n'est pas évident de comprendre, puis de rendre compte de sa compréhension d'un opéra aussi long. Alex Alice semble avoir attendu le temps nécessaire à la bonne maturation pour nous livrer un album très réussi. Coté scénario, nous baignons dans les légendes nordiques. Nous retrouvons donc les Nibelungs et Odin qui joue de la foudre. Toutes les pièces de l'histoire sont parfaitement apportées et introduites. Sans temps mort, même si certains passages plus introspectifs ou mélodramatiques ralentissent le rythme, nous ne sommes jamais en train de nous plaindre d'un quelconque défaut. Tout s'enchaine et s'emmêle logiquement. Le ton est juste. Alex Alice après avoir œuvré comme simple dessinateur sur la série Le Troisième Testament prend ici un très bon départ dans la catégorie scénariste ET dessinateur. Coté dessin, j'ai longtemps hésité à dissocier le scénario et le dessin tant l'un semble ne pas survivre sans l'autre. Le scénario et les baisses de régime citées précédemment sont en fait compensés par la beauté du dessin dans ces instants. Le trait tirant régulièrement sur le cartoonesque, principalement dans les expressions des visages, est très juste. Les mouvements, les cadrages, les positions tout est d'excellente facture. Les couleurs dans les tons bleutés (cf la couverture !) rendent très bien l'ambiance de nuits enneigées des terres nordiques. En se penchant un peu plus sur le dessin, il est incroyable de s'apercevoir que les décors ne sont en fait jamais détaillés, mais que la technique utilisée donne une vraie impression de profondeur et de complexité. Un dessin dynamique, précis, magnifié par des couleurs contrastées et chatoyantes. Un excellent premier tome.
300
« 300 » ? C’est le nombre de guerriers spartiates qui, avec le roi Léonidas, affrontèrent la massive armée perse au 5ème siècle avant JC dans la passe très étroite des Thermopyles. Honte à moi, fan d’histoire ! Je ne connaissais absolument pas ce haut fait important de l’Antiquité ! J’ai découvert ce récit en allant voir le film. Ce long métrage, je l’ai adoré ! Par contre, la bd, elle ne m’attirait pas plus que ça car, au premier coup d’œil, la mise en page me semblait fouillie, le dessin était loin de correspondre à que j’admire dans la bd et son prix est élevé (20€00) ! Et puis, très récemment, je me suis laissé tenter par cette lecture pour finalement apprécier très fortement cette bd ! J’ai adoré le souffle héroïque de ce récit bien servi par un dessin au trait épais de Frank Miller et par une mise en couleurs somptueuse aux tons chauds parfaitement adaptée aux scènes de tension et de batailles. J’y ai aimé également la forte présence de la voix off qui confère une dimension épique à cette histoire et les nombreuses cases au plan large qui nous laissent apparaître le gigantisme de la bataille (le format à l’italienne convient parfaitement à cette bd). Quant à l’histoire proprement dite, il y a, à mon avis, beaucoup de choses à en discuter ! Le scénario est plus subtil qu’un affrontement entre le bien et mal. En lisant cette bd, le lecteur ne peut que s’interroger sur la pertinence de cette guerre, sur la soi-disant défense de la démocratie alors que le héros de ce récit est un roi et que les esclaves existaient dans cette société, sur l’arrogance des spartiates qui étaient certains d’être supérieurs aux perses (bien que le roi perse Xerxés soit lui aussi insolent en se prenant pour un dieu ! Et bien que les écrits de l’époque montrent que les spartiates étaient considérés comme étant les plus grands guerriers parmi tous les peuples méditerranéens) et l’irrespect de ceux-ci envers les autres peuples, et sur plein de choses encore ! Ce qui fait que je suis ressorti secoué, ébloui, méfiant, écœuré, interrogatif de cette lecture et… j’adore ça quand un album ne me laisse pas indifférent et m’encourage à effectuer des recherches sur un fait historique ! « 300 » est exactement le genre de bd historique que j’aime lire ! La narration, le dessin, la mise en couleurs me sont apparus excellents et parfaitement adaptés au récit. A mon avis, cette histoire va plus loin qu’une simple bataille entre les spartiates et les perses, elle nous interroge sur l’utilité de cette guerre et sur l’idéologie spartiate qui m’a semblé pleine de paradoxes. Un must !
Adèle Blanc-Sec
"Adèle Blanc-Sec" est une bonne série sous forme de feuilleton de Tardi. J'aime beaucoup la galerie de personnages loufoques, inquiétants et surtout pathétiques qui défile dans cette séroe (Dugommier, Dieuleveult, Caponi, Brindavoine, etc.). Certains reviennent ou meurent tout simplement. J'aime beaucoup l'atmosphère que dégage le scénario. Le dessin est magnifique. Tardi dessine magnifiquement Paris. Malgré certaines baisses de régime (le tome 6 notamment), cette série est excellente. Je le conseille aux fans de feuilletons ! Après mure réflexion, je passe ma coté à 5 étoiles. C'est l'une de mes premières claques en bande dessinée et j'aime cet univers.
Lincoln
Un bon western avec un humour très cynique. Les scénarios sont simples et quelques fois peu originaux (les indiens exploités dans le tome 2 notamment), mais c'est traité avec un humour très méchant sous le charme duquel je suis tombé. J'adore le personnage de Lincoln qui est un véritable salaud sans toutefois être vraiment méchant. Ce qui fait de lui un antihéros très attachant. Les autres personnages sont aussi attachants et constituent l'univers excellent de cette oeuvre. En particulier Dieu et le diable qui se livrent une sorte de guerre dont l'enjeu est Lincoln. Quant au dessin, il ne me plaisait pas au début, mais j'ai fini par m'habituer sans toutefois aimer. Ce n'est pas mon style.
Les 7 vies de l'épervier
"Les 7 vies de l’épervier" est la série incontournable de la collection Vécu de chez Glénat, en partie grâce à ses multiples séries en parallèle. Bien sûr la lecture de ces dernières n’est pas indispensable pour découvrir celle-ci et la lire seule permettra de laisser une part de mystère autour de cette histoire et de laisser libre cours à son imagination. L’histoire nous conte les destins croisés de 7 personnages dans la France d’Henri IV, ce dernier étant l’un des 7 rôles de cette pièce orchestrée par le malin. Pour les 5 premiers tomes, on distingue deux histoires parallèles, d’un côté celle du roi et de l’autre celle d’Ariane de Troïl et de l’Epervier. Le contexte historique est plutôt bien représenté et les fantaisies scénaristiques de Cothias concernant le roi et ses turpitudes pallient à l’ennui qu’auraient pu procurer les manœuvres politiques au sein de la cour. Les quelques scènes d’action et les faces à faces agrémentés d’excellents dialogues en font un très bon divertissement. Le côté fantastique peut dérouter et on peut le trouver un peu inutile mais contrairement aux "Voleurs d’Empire" où pour moi ça avait été le cas, là j’ai trouvé ça appréciable et cela donne une cohérence au récit d’ensemble. Ca reste une très grande série qui mériterait d’être immanquable, si j’ai l’occasion de lire les autres pourquoi pas, mais j’ai peur d’être déçu, d’ailleurs étant donné la suite ; Plume aux vents, je n’ai pas bien compris la fin.