La couverture et un feuilletage rapide m’avaient fait craindre une BD “moisie” (que les amateurs du genre me pardonnent ;) ) et m’avaient fait différer ma lecture.
Grave erreur !
Même si je dois admettre qu’il m’a fallu quelques pages pour m’habituer à ce trait hachuré et assez réaliste, j’ai fini par le trouver assez plaisant, par la suite.
L’histoire, elle, est surprenante. On pense, au premier abord avoir à faire à une classique saga familiale dans un contexte médiéval, ce que l’on a, de fait, pendant les 9 dixièmes de ce premier tome.
L’intrigue se complexifie et laisse entrevoir la richesse de son univers, au fur et à mesure que sont introduits de nouveaux personnages.
Mais, les incursions dans le fantastique, et le fait que certains personnages ne sont pas ce qu’ils semblent être, accentuent le sentiment d’être en présence d’une histoire riche en rebondissements.
Puis, à la toute fin, on bascule vraiment dans une autre dimension, laissant présager une suite assez passionnante, pourvu qu’elle tienne les promesses de ce final.
Ceci dit, je comprends aussi que cette fin puisse dérouter.
J’attends la suite, qui devrait m’amener à modifier ma note.
Tome 2 :
Décidément, cette série prend une tournure fantastique bien plaisante. Presque à chaque page, on est dérouté, le scénario nous prend à contre-pied. Mais j’aime beaucoup ça !
Le dessin est fidèle à celui du premier tome : sobre et précis.
Cette fois encore, j’attends la suite avec impatience, et pour le moment, maintiens la note. Euh, non, en fait je la monte ! :)
C'est excellent ! Frais, léger, plein d'humour (je sais, tous ces qualificatifs ont déjà été employés mais ce sont les plus adaptés), un dessin tout mignon, et une palette de couleurs acidulées qui réjouissent l'oeil, un scénario assez juste, une petite héroïne toute mimi et assez touchante, rien de bien révolutionnaire, les histoires sont gentillettes et au tome 3, limite répétitives, mais néanmoins j'ai plaisir à lire ces albums alors que de toute évidence j'ai passé l'âge du coeur de cible ;)
Cependant, plutôt à offrir qu'à s'offrir.
tome 4 :
Encore un tome touché par la grâce ! Décidemment, Julien Neel est remarquablement doué pour saisir les états d’âme des pré-ado et ados. C’est toujours aussi juste, plein de poésie, le dessin me semble encore meilleur qu’avant, et la mise en couleur, là, c’est vraiment du tout bon ! Je me suis même extasiée sur certaines planches, tant les ambiances chromatiques étaient réussies !
Ce tome, c’est une parenthèse d’été, de soleil, de farniente et de bonheur, au cœur de cet hiver.
Note et vif conseil de lecture inchangés ! :)
A la lecture, je me disais "mais je ne peux pas mettre plus de 3/5 à un truc aussi noir !"...
Et puis finalement je l'avoue, j'ai trop aimé "Fell" pour le sous-évaluer.
Je ne suis pas un gros amateur, encore moins un connaisseur du polar urbain. Je ne saurais donc juger de son originalité au niveau des détails. Pour ce qui est du sujet, comme l'a souligné JJJ, c'est du vu, revu, lu et relu. Ce qui m'a impressionné, c'est vraiment le soin mis à la peinture psychologique des personnages. Richard Fell est pour moi un personnage exceptionnel, un flic intelligent, bon mais pas naïf (enfin, jusqu'à un certain point, voir l'histoire du camé qui découpe la fille dont il est amoureux). Warren Ellis nous dépeint une ville d'une noirceur absolue, dont l'espoir s'est échappé depuis longtemps, une ville où le sang et la mort hantent les rues en permanence. C'est glauque, mais on est accroché, malgré soi. L'histoire du père qui... ah non je ne dirai rien, mais ça m'a tétanisé.
Côté graphique, je dois dire que le style de Templesmith m'a... troublé. Il se livre à un drôle d'exercice, à mi-chemin du réalisme et de la caricature, et le résultat est original, à défaut d'être subjectivement beau.
Une série à découvrir.
Je m'attaque à un monument de la série d'aventure...
S'il est vrai que cette BD est bourrée de clichés, je pense qu'elle est à prendre pour ce qu'elle est : un récit de pure aventure, qui fait appel à certains de nos fantasmes et fait dès lors son petit effet.
Fantasmes ?? Qui n'a pas rêvé de posséder une gigantesque fortune, de s'entourer de jolies filles, d'être casse-cou comme un cascadeur, de vivre des aventures aussi palpitantes et de toujours s'en sortir la tête haute ; en bref, l'homme parfait...
Chaque partie de récit se passe en deux tomes, bonne idée pour maintenir le rythme de l'histoire. Certaines aventures sont moins bonnes que les autres, d'autres souffrent de temps mort ou d'explications détaillées, parfois en sur-abondance (Van Hamme l'économiste...).
Ou sinon, l'ensemble reste plaisant, les dessins sont très corrects et les couleurs sont vives et adaptées.
C'est une série divertissante, qui se lit et se relit avec un réel plaisir.
Ancien étudiant en fac d'histoire, j'ai toujours été attiré par l'Antiquité. Aussi quand j'ai découvert une série sur le règne de Néron je ne me suis pas posé de questions. Les couvertures étaient en plus magnifiques.
Premier constat : c'est beau. Il y a un vrai souci de documentation de la part des auteurs, du coup, comme dans la série télévisée "Rome", on est transporté dans l'univers de la Rome du début de l'Empire : les armes, les vêtements, l'architecture, tout nous plonge dans le 1er siècle après J.-C.
Deuxième constat : le parti pris des auteurs de mélanger faits historiques et fiction fonctionne à merveille. On apprend énormément de choses dans cette série notamment grâce à des notes en fin de tome. L'histoire est bien sûr romancée mais avec beaucoup de talent : il n'y a rien de larmoyant ou de pesant. Les parties inventées s'intègrent très bien à la grande Histoire et on a même du mal parfois à voir la frontière entre les deux. Un grand bravo aux auteurs qui ont réussi un véritable tour de force.
En conclusion, il n'y a rien à jeter pour moi dans cette série. Amateurs d'histoire, jetez-vous sur elle. Si l'histoire vous rebute, ce n'est pas un problème. L'intrigue est passionnante et suffisamment bien racontée pour que l'on puisse la suivre même sans connaissances préalables sur la Rome antique.
Et là j'avais prévu un jeu de mots sur Rome antique mais François Feldman me l'a piqué dans son oeuvre majeure : Les valses de Vienne ! Quel fumier ce François Feldman !
Et dire qu'il attendait dans ma table de chevet depuis plus d'un mois !!!
Petite merveille de scénario, nerveux, intelligent.
C'est un régal à lire, pourtant si le dessin au premier abord ne parait pas attirant, il devient agréable à la lecture et est on ne peut plus efficace pour mettre en valeur ce récit.
Un excellent premier tome qui demandera confirmation.
Remarque : vu la maestria avec laquelle est développé ce scénario, je ne me fais pas de mourron, le problème sera plutôt de gérer l'attente du tome 2.
Excellente série de trois tomes ; de la qualité concentrée dans un triptyque, voilà ce que nous proposent les auteurs…
Je dois avouer avoir lu cette série un certain nombre de fois et, à chaque fois, elle m’impressionne de par l’angoisse réelle qui en émane, et de par le sentiment de solitude terrible qui m'empli lors de la lecture. « Froid dans le dos ou la queue entre les jambes », c’est comme vous préférez, mais vous visualisez peut-être mieux ce que je veux dire !
L’histoire, une fois commencée, est assez simple en elle-même. Cependant, le postulat de base du thriller se déroulant dans les profondeurs océaniques, à bord d’un sous-marin, était assez inédit en BD, du moins à ma connaissance…
Quant aux dessins et couleurs, le lecteur n’est pas en reste, les planches et/ou double planches sont somptueuses, inquiétantes et oppressantes. L’ensemble est de très bonne qualité et vient donner du poids au récit.
Considéré comme incontournable, cet ouvrage arrivera à vous surprendre, que ce soit par son ambiance ou par la fin qui nous est proposée. J’en conseille vivement l’achat…
Je dois dire que j'ai beaucoup aimé ce manga... Je fais moi-même de l'apnée a Nice, et la BD est très réaliste, avec en plus le petit côté scientifique (l'utilisation de la rate reste cependant à prouver... :) )
Pour info : le record annoncé à -171 en No Limit était celui de Loïc Leferme décédé en avril 2007 lors d'un entraînement, et celui en poids constant à -90 était aussi le record de l'époque où le manga a été écrit...
La monopalme utilisée par notre héros est une monopalme fabriquée à Marseille par un passionné (Guidone !)
Je conseille donc plutôt l'achat de cette BD aux connaisseurs du monde du grand bleu...
Maus est considéré comme un chef d’œuvre de la bande-dessinée. A l’instar de From Hell, j’ai beaucoup attendu avant d’entamer cette lecture qui est semble t’il un passage obligé pour tout bdphile qui se respecte. Je dois reconnaître après lecture que cette réputation n’est point usurpée.
Alors, non, ma note n’est pas à inscrire dans un suivisme de bon aloi. Ma note ne se justifie pas également parce que le sujet est grave. Mon avis (un peu) cinglant de Déogratias, autre génocide perpétré, en est la preuve manifeste.
J’ai été envahi par la puissance de cette œuvre d’une grande justesse. On évite l’écueil du pathos grave et de la facilité. C’est d’abord beaucoup d’émotion qui nous explose à la figure. Je n'ai pas pu me retenir. J’ai pourtant vu maintes fois La liste de Schindler (1994) ainsi que Le Pianiste (2002) qui traitent également de la déportation des juifs polonais dans les camps de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale.
Cependant, ce n’était pas pareil. Le combat de cette homme contre les forces du mal m’a abasourdi tant l’horreur est indéfinissable. Ce refus de l’inéluctabilité de la mort m’a profondément ému. Il est à noter que Maus est sorti avant ces deux chefs d’œuvre du cinéma. Et puis, j’ai lu récemment la bd Auschwitz et je dois bien reconnaître qu’il y a une énorme différence dans le traitement ainsi que dans la portée.
Pour approfondir mon idée, je dirai que ce n’est pas parce qu’on croît connaître le sujet qu’on peut faire abstraction de la qualité intrinsèque de cette œuvre. J’ai découvert d’autres détails tout à fait intéressants et qui ont renforcé ma conviction personnelle. Le devoir de mémoire est absolument indispensable. Néanmoins, ce constat s’impose comme une évidence et ne saurait être elle-même un leitmotiv pour juger de ce récit. D’autres critères sont à prendre en considération.
Je ne suis pas un fana d’une ligne graphique noir et blanc. Cependant, je pense que celle-ci s’imposait incontestablement s’agissant d’une telle œuvre. Bref, le dessin est en accord avec l’histoire. Je peux même avouer que quelquefois les traits ont été splendides. C’est un savant mélange de courbes stylisées et spontanées. Une force visuelle incontestable !
Le choix contesté d’avoir opté pour des animaux ne me paraît pas non plus hors de propos. Cela ne me choque pas plus que cela. J’ai pensé que l’auteur raconte des choses tellement « inhumaines » que le choix des animaux s’est imposé naturellement, si vous voyez ce que je veux dire…
Je dis souvent dans mes avis que telle ou telle bd n’a pas d’âme. Ici, c’est tout le contraire : c’est un débordement d’âme ! Quand on referme celle-ci, on ne peut s’empêcher d’y repenser. Il m’a d’ailleurs fallu la lire en plusieurs jours tant chaque chapitre est riche d’événements et également d’émotion.
Maus est à la fois une œuvre intime et collective. C’est une belle réussite sur les deux tableaux alors que l’exercice de style est difficile. C’est d’abord un récit autobiographique d’un personnage aux abords antipathique car grincheux et avare. Au début du récit, je me suis dit : « c’est pas possible, c’est fait exprès !». Mais quelle justesse et quelle sincérité dans les propos! Je ne peux qu’approuver cette démarche.
Puis, le lecteur est également destiné à être le témoin de ce drame qui dépasse le strict cadre de l’histoire personnelle. Quand la peur, l’angoisse, la maladie et la mort assaillent des millions d’hommes et de femmes dans une boucherie sans pareille. Nous sommes loin de la « politique de civilisation » ! D'ailleurs, le passage sur les enfants a été particulièrement insupportable (mais pas dans le mauvais sens du terme).
Je suis très enthousiaste par rapport à cette œuvre qui hantera ma mémoire. C’est riche en émotion et en sentiments. Dans une collection de bdphile qui se respecte, c’est un livre à posséder incontestablement !
Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 4.5/5
Voilà un ouvrage qui marque, on referme la dernière page et on se dit : "Nom de Zeus, c’est vrai que cela vaut la peine…"
Les auteurs, au sommet de leur talent, nous livrent ici en petites histoires une réflexion socio-politique des plus intéressante et des plus captivante. Heureusement, c’est beaucoup plus digeste que « Le Léviathan » ou « Le Capital », c’est même carrément passionnant, nous sommes directement plongé dans ces scénettes qui, chacune à sa façon, exposent les dérives d’un système social établit ; du début à la fin, l’ensemble reste cohérent et inattendu… Surprise, je n’en dirai pas plus sur le contenu !
Les dessins et les couleurs sont, je trouve également, un peu dépassés et semblent dès lors un peu vieillis mais ce défaut ne ternit pas l’ensemble de l’œuvre proposée.
Une BD intelligente, forte et qui amène à la réflexion (la preuve en est faite sur le forum du site, chacun intervenant selon son ressenti) ; n’est-ce peut-être pas à cela que l’on remarque les œuvres hors du commun ?
Je tiens également à mettre en valeur l’introduction proposée avec l’édition intégrale de la collection Aire Libre de chez Dupuis. Van Hamme commence sa partie introductive par ces quelques mots : « Dire que tout ça, c’est à cause d’Albert… ». Intriguant… Ce texte avant et après la lecture du récit peut prendre un sens largement plus nuancé ! Griffo propose lui aussi une introduction intéressante, sur son parcours et sur la conception graphique de l’ouvrage.
En résumé, cette BD s’impose comme incontournable dans la bibliothèque, réfléchi et intelligent simplement…
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Messire Guillaume
La couverture et un feuilletage rapide m’avaient fait craindre une BD “moisie” (que les amateurs du genre me pardonnent ;) ) et m’avaient fait différer ma lecture. Grave erreur ! Même si je dois admettre qu’il m’a fallu quelques pages pour m’habituer à ce trait hachuré et assez réaliste, j’ai fini par le trouver assez plaisant, par la suite. L’histoire, elle, est surprenante. On pense, au premier abord avoir à faire à une classique saga familiale dans un contexte médiéval, ce que l’on a, de fait, pendant les 9 dixièmes de ce premier tome. L’intrigue se complexifie et laisse entrevoir la richesse de son univers, au fur et à mesure que sont introduits de nouveaux personnages. Mais, les incursions dans le fantastique, et le fait que certains personnages ne sont pas ce qu’ils semblent être, accentuent le sentiment d’être en présence d’une histoire riche en rebondissements. Puis, à la toute fin, on bascule vraiment dans une autre dimension, laissant présager une suite assez passionnante, pourvu qu’elle tienne les promesses de ce final. Ceci dit, je comprends aussi que cette fin puisse dérouter. J’attends la suite, qui devrait m’amener à modifier ma note. Tome 2 : Décidément, cette série prend une tournure fantastique bien plaisante. Presque à chaque page, on est dérouté, le scénario nous prend à contre-pied. Mais j’aime beaucoup ça ! Le dessin est fidèle à celui du premier tome : sobre et précis. Cette fois encore, j’attends la suite avec impatience, et pour le moment, maintiens la note. Euh, non, en fait je la monte ! :)
Lou !
C'est excellent ! Frais, léger, plein d'humour (je sais, tous ces qualificatifs ont déjà été employés mais ce sont les plus adaptés), un dessin tout mignon, et une palette de couleurs acidulées qui réjouissent l'oeil, un scénario assez juste, une petite héroïne toute mimi et assez touchante, rien de bien révolutionnaire, les histoires sont gentillettes et au tome 3, limite répétitives, mais néanmoins j'ai plaisir à lire ces albums alors que de toute évidence j'ai passé l'âge du coeur de cible ;) Cependant, plutôt à offrir qu'à s'offrir. tome 4 : Encore un tome touché par la grâce ! Décidemment, Julien Neel est remarquablement doué pour saisir les états d’âme des pré-ado et ados. C’est toujours aussi juste, plein de poésie, le dessin me semble encore meilleur qu’avant, et la mise en couleur, là, c’est vraiment du tout bon ! Je me suis même extasiée sur certaines planches, tant les ambiances chromatiques étaient réussies ! Ce tome, c’est une parenthèse d’été, de soleil, de farniente et de bonheur, au cœur de cet hiver. Note et vif conseil de lecture inchangés ! :)
Fell
A la lecture, je me disais "mais je ne peux pas mettre plus de 3/5 à un truc aussi noir !"... Et puis finalement je l'avoue, j'ai trop aimé "Fell" pour le sous-évaluer. Je ne suis pas un gros amateur, encore moins un connaisseur du polar urbain. Je ne saurais donc juger de son originalité au niveau des détails. Pour ce qui est du sujet, comme l'a souligné JJJ, c'est du vu, revu, lu et relu. Ce qui m'a impressionné, c'est vraiment le soin mis à la peinture psychologique des personnages. Richard Fell est pour moi un personnage exceptionnel, un flic intelligent, bon mais pas naïf (enfin, jusqu'à un certain point, voir l'histoire du camé qui découpe la fille dont il est amoureux). Warren Ellis nous dépeint une ville d'une noirceur absolue, dont l'espoir s'est échappé depuis longtemps, une ville où le sang et la mort hantent les rues en permanence. C'est glauque, mais on est accroché, malgré soi. L'histoire du père qui... ah non je ne dirai rien, mais ça m'a tétanisé. Côté graphique, je dois dire que le style de Templesmith m'a... troublé. Il se livre à un drôle d'exercice, à mi-chemin du réalisme et de la caricature, et le résultat est original, à défaut d'être subjectivement beau. Une série à découvrir.
Largo Winch
Je m'attaque à un monument de la série d'aventure... S'il est vrai que cette BD est bourrée de clichés, je pense qu'elle est à prendre pour ce qu'elle est : un récit de pure aventure, qui fait appel à certains de nos fantasmes et fait dès lors son petit effet. Fantasmes ?? Qui n'a pas rêvé de posséder une gigantesque fortune, de s'entourer de jolies filles, d'être casse-cou comme un cascadeur, de vivre des aventures aussi palpitantes et de toujours s'en sortir la tête haute ; en bref, l'homme parfait... Chaque partie de récit se passe en deux tomes, bonne idée pour maintenir le rythme de l'histoire. Certaines aventures sont moins bonnes que les autres, d'autres souffrent de temps mort ou d'explications détaillées, parfois en sur-abondance (Van Hamme l'économiste...). Ou sinon, l'ensemble reste plaisant, les dessins sont très corrects et les couleurs sont vives et adaptées. C'est une série divertissante, qui se lit et se relit avec un réel plaisir.
Murena
Ancien étudiant en fac d'histoire, j'ai toujours été attiré par l'Antiquité. Aussi quand j'ai découvert une série sur le règne de Néron je ne me suis pas posé de questions. Les couvertures étaient en plus magnifiques. Premier constat : c'est beau. Il y a un vrai souci de documentation de la part des auteurs, du coup, comme dans la série télévisée "Rome", on est transporté dans l'univers de la Rome du début de l'Empire : les armes, les vêtements, l'architecture, tout nous plonge dans le 1er siècle après J.-C. Deuxième constat : le parti pris des auteurs de mélanger faits historiques et fiction fonctionne à merveille. On apprend énormément de choses dans cette série notamment grâce à des notes en fin de tome. L'histoire est bien sûr romancée mais avec beaucoup de talent : il n'y a rien de larmoyant ou de pesant. Les parties inventées s'intègrent très bien à la grande Histoire et on a même du mal parfois à voir la frontière entre les deux. Un grand bravo aux auteurs qui ont réussi un véritable tour de force. En conclusion, il n'y a rien à jeter pour moi dans cette série. Amateurs d'histoire, jetez-vous sur elle. Si l'histoire vous rebute, ce n'est pas un problème. L'intrigue est passionnante et suffisamment bien racontée pour que l'on puisse la suivre même sans connaissances préalables sur la Rome antique. Et là j'avais prévu un jeu de mots sur Rome antique mais François Feldman me l'a piqué dans son oeuvre majeure : Les valses de Vienne ! Quel fumier ce François Feldman !
Il était une fois en France
Et dire qu'il attendait dans ma table de chevet depuis plus d'un mois !!! Petite merveille de scénario, nerveux, intelligent. C'est un régal à lire, pourtant si le dessin au premier abord ne parait pas attirant, il devient agréable à la lecture et est on ne peut plus efficace pour mettre en valeur ce récit. Un excellent premier tome qui demandera confirmation. Remarque : vu la maestria avec laquelle est développé ce scénario, je ne me fais pas de mourron, le problème sera plutôt de gérer l'attente du tome 2.
Sanctuaire
Excellente série de trois tomes ; de la qualité concentrée dans un triptyque, voilà ce que nous proposent les auteurs… Je dois avouer avoir lu cette série un certain nombre de fois et, à chaque fois, elle m’impressionne de par l’angoisse réelle qui en émane, et de par le sentiment de solitude terrible qui m'empli lors de la lecture. « Froid dans le dos ou la queue entre les jambes », c’est comme vous préférez, mais vous visualisez peut-être mieux ce que je veux dire ! L’histoire, une fois commencée, est assez simple en elle-même. Cependant, le postulat de base du thriller se déroulant dans les profondeurs océaniques, à bord d’un sous-marin, était assez inédit en BD, du moins à ma connaissance… Quant aux dessins et couleurs, le lecteur n’est pas en reste, les planches et/ou double planches sont somptueuses, inquiétantes et oppressantes. L’ensemble est de très bonne qualité et vient donner du poids au récit. Considéré comme incontournable, cet ouvrage arrivera à vous surprendre, que ce soit par son ambiance ou par la fin qui nous est proposée. J’en conseille vivement l’achat…
Glaucos
Je dois dire que j'ai beaucoup aimé ce manga... Je fais moi-même de l'apnée a Nice, et la BD est très réaliste, avec en plus le petit côté scientifique (l'utilisation de la rate reste cependant à prouver... :) ) Pour info : le record annoncé à -171 en No Limit était celui de Loïc Leferme décédé en avril 2007 lors d'un entraînement, et celui en poids constant à -90 était aussi le record de l'époque où le manga a été écrit... La monopalme utilisée par notre héros est une monopalme fabriquée à Marseille par un passionné (Guidone !) Je conseille donc plutôt l'achat de cette BD aux connaisseurs du monde du grand bleu...
Maus
Maus est considéré comme un chef d’œuvre de la bande-dessinée. A l’instar de From Hell, j’ai beaucoup attendu avant d’entamer cette lecture qui est semble t’il un passage obligé pour tout bdphile qui se respecte. Je dois reconnaître après lecture que cette réputation n’est point usurpée. Alors, non, ma note n’est pas à inscrire dans un suivisme de bon aloi. Ma note ne se justifie pas également parce que le sujet est grave. Mon avis (un peu) cinglant de Déogratias, autre génocide perpétré, en est la preuve manifeste. J’ai été envahi par la puissance de cette œuvre d’une grande justesse. On évite l’écueil du pathos grave et de la facilité. C’est d’abord beaucoup d’émotion qui nous explose à la figure. Je n'ai pas pu me retenir. J’ai pourtant vu maintes fois La liste de Schindler (1994) ainsi que Le Pianiste (2002) qui traitent également de la déportation des juifs polonais dans les camps de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale. Cependant, ce n’était pas pareil. Le combat de cette homme contre les forces du mal m’a abasourdi tant l’horreur est indéfinissable. Ce refus de l’inéluctabilité de la mort m’a profondément ému. Il est à noter que Maus est sorti avant ces deux chefs d’œuvre du cinéma. Et puis, j’ai lu récemment la bd Auschwitz et je dois bien reconnaître qu’il y a une énorme différence dans le traitement ainsi que dans la portée. Pour approfondir mon idée, je dirai que ce n’est pas parce qu’on croît connaître le sujet qu’on peut faire abstraction de la qualité intrinsèque de cette œuvre. J’ai découvert d’autres détails tout à fait intéressants et qui ont renforcé ma conviction personnelle. Le devoir de mémoire est absolument indispensable. Néanmoins, ce constat s’impose comme une évidence et ne saurait être elle-même un leitmotiv pour juger de ce récit. D’autres critères sont à prendre en considération. Je ne suis pas un fana d’une ligne graphique noir et blanc. Cependant, je pense que celle-ci s’imposait incontestablement s’agissant d’une telle œuvre. Bref, le dessin est en accord avec l’histoire. Je peux même avouer que quelquefois les traits ont été splendides. C’est un savant mélange de courbes stylisées et spontanées. Une force visuelle incontestable ! Le choix contesté d’avoir opté pour des animaux ne me paraît pas non plus hors de propos. Cela ne me choque pas plus que cela. J’ai pensé que l’auteur raconte des choses tellement « inhumaines » que le choix des animaux s’est imposé naturellement, si vous voyez ce que je veux dire… Je dis souvent dans mes avis que telle ou telle bd n’a pas d’âme. Ici, c’est tout le contraire : c’est un débordement d’âme ! Quand on referme celle-ci, on ne peut s’empêcher d’y repenser. Il m’a d’ailleurs fallu la lire en plusieurs jours tant chaque chapitre est riche d’événements et également d’émotion. Maus est à la fois une œuvre intime et collective. C’est une belle réussite sur les deux tableaux alors que l’exercice de style est difficile. C’est d’abord un récit autobiographique d’un personnage aux abords antipathique car grincheux et avare. Au début du récit, je me suis dit : « c’est pas possible, c’est fait exprès !». Mais quelle justesse et quelle sincérité dans les propos! Je ne peux qu’approuver cette démarche. Puis, le lecteur est également destiné à être le témoin de ce drame qui dépasse le strict cadre de l’histoire personnelle. Quand la peur, l’angoisse, la maladie et la mort assaillent des millions d’hommes et de femmes dans une boucherie sans pareille. Nous sommes loin de la « politique de civilisation » ! D'ailleurs, le passage sur les enfants a été particulièrement insupportable (mais pas dans le mauvais sens du terme). Je suis très enthousiaste par rapport à cette œuvre qui hantera ma mémoire. C’est riche en émotion et en sentiments. Dans une collection de bdphile qui se respecte, c’est un livre à posséder incontestablement ! Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 4.5/5
S.O.S. Bonheur
Voilà un ouvrage qui marque, on referme la dernière page et on se dit : "Nom de Zeus, c’est vrai que cela vaut la peine…" Les auteurs, au sommet de leur talent, nous livrent ici en petites histoires une réflexion socio-politique des plus intéressante et des plus captivante. Heureusement, c’est beaucoup plus digeste que « Le Léviathan » ou « Le Capital », c’est même carrément passionnant, nous sommes directement plongé dans ces scénettes qui, chacune à sa façon, exposent les dérives d’un système social établit ; du début à la fin, l’ensemble reste cohérent et inattendu… Surprise, je n’en dirai pas plus sur le contenu ! Les dessins et les couleurs sont, je trouve également, un peu dépassés et semblent dès lors un peu vieillis mais ce défaut ne ternit pas l’ensemble de l’œuvre proposée. Une BD intelligente, forte et qui amène à la réflexion (la preuve en est faite sur le forum du site, chacun intervenant selon son ressenti) ; n’est-ce peut-être pas à cela que l’on remarque les œuvres hors du commun ? Je tiens également à mettre en valeur l’introduction proposée avec l’édition intégrale de la collection Aire Libre de chez Dupuis. Van Hamme commence sa partie introductive par ces quelques mots : « Dire que tout ça, c’est à cause d’Albert… ». Intriguant… Ce texte avant et après la lecture du récit peut prendre un sens largement plus nuancé ! Griffo propose lui aussi une introduction intéressante, sur son parcours et sur la conception graphique de l’ouvrage. En résumé, cette BD s’impose comme incontournable dans la bibliothèque, réfléchi et intelligent simplement…