Nouveau titre, nouvelle numérotation, nouvelle oeuvre... Eh bien non ! "Bételgeuse" n'est pas une seconde oeuvre, ni même une suite, mais bel et bien un second cycle d'une même oeuvre. Tant mieux mais j'aurais préféré que ce soit plus clair car les malheureux qui vont commencer par "Bételgeuse" risquent fort de pas comprendre grand chose au film...
Les graphismes sont exactement les mêmes que pour Aldébaran et Antarès, à savoir très jolis, très soignés avec des décors qui invitent aux voyages et permettent d'entrer totalement dans ce monde imaginaire avec un réel plaisir malgré un aspect un brin figé des personnages dans leurs positions -- genre roman photo -- et des yeux peu expressifs.
J'ai retrouvé le même plaisir de lecture que pour Aldébaran mais j'ai obtenu ici plus de réponses aux questions que soulevait l'intrigue et je n'ai, cette fois, pas eu le sentiment de rester sur ma faim. Au final j'ai donc préféré ce second cycle au premier car il m'a donné un fort sentiment de cohésion à l'ensemble.
Du tout bon.
C’est un chef d’œuvre ! C’est loin du manga traditionnel que je pouvais imaginer. Une très grande émotion se dégage de cette lecture. Peu de BD y arrive.
L’auteur Taniguchi est sensible et subtil. Cette BD retrace l’histoire d’un homme de 48 ans replongé dans son enfance mais avec des yeux d’adulte. Et ainsi il peut mieux comprendre certains évènements de sa vie incompréhensible aux yeux d’un enfant. C'est une manière idéale et originale de se poser des questions très importantes que l’on n’a pas forcément la maturité de se poser lorsqu’on est gamin.
On retrouve dans le dessin des visages des personnages toute la nostalgie que l’auteur a voulu faire passer ainsi que ces souvenirs touchants que l'on découvre au détour d'un chemin.
Cet album révèle une grande douceur de la part de l'auteur, et également un sens aigu de la nécessité de compréhension et de tolérance. On découvre non seulement une touche poétique et philosophique mais également de l'humour dans le fait de vivre les situations cocasses que peut générer un tel intervertissement. Le retour dans le passé sous une approche toute nouvelle est une expérience incroyable que nous fait partager l'auteur.
Cette BD m’a donné envie de découvrir les autres œuvres de cette auteur comme Le Journal de mon père ou encore Un ciel radieux.
Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 4.75/5
« On n’est pas tous du même monde ! »
Il s’agit de la première série d’Andréas que je découvre et je me dis vraiment que ce gars appartient à une galaxie lointaine, très très lointaine…
Cette remarque ne peut absolument pas porter préjudice au génie imaginatif de cet auteur. C’est vraiment impressionnant, où va-t-il chercher des idées aussi biscornues ?
L’histoire reste malgré cela bien soutenue (le septième opus Dorro Zengu est de moins qualité selon moi) et garde même, presque étonnamment, une certaine cohérence.
Les dessins sont bons et les couleurs sont assez vives. Certaines planches offrent des claques visuelles dans les tons roses ou rouges… Si les dessins ne sont toutefois pas extraordinaires, je reste par contre étonné par la mise en page si particulière des différents tomes. C’est original et intéressant, sans que le lecteur ne soit complètement perdu.
Au septième opus correspond un changement de format, ainsi qu’un changement du procédé graphique. Il tranche vraiment avec celui des six premiers volumes.
Si les avis peuvent diverger, il apparaît clairement que la présente série soit une des meilleures de l’auteur. Je conseille dès lors ce voyage, complètement délirant, pour tous les amateurs de science-fiction. Quelle imagination, ça calme!
Adepte de l'univers Donjon, une chose m'a longtemps attiré vers la période Crépuscule : le fait que nous sommes là au bout de l'histoire, quand tout est consommé ou presque, quand les personnages ont atteint leur statut final, notamment la toute puissance du Grand Khan/Herbert. En bref, c'est le moment le plus "cool" pour un jeune mâle en quête de "ce qu'il va se passer après" et de "toujours plus forts".
Et pourtant, Crépuscule, ce n'est pas ça. C'est davantage un univers devenu sombre, une ambiance devenue mélancolique, un peu désespérée. Et les pouvoirs acquis au fil du temps sont plutôt des pouvoirs de corruption et de mal qui vont amener les personnages à plutôt tout détruire pour mieux recommencer leurs propres vies.
Pas mal dans l'idée mais j'accroche moins qu'à Donjon Zenith et à la plupart des Donjon monsters. En effet, après un départ plein de tragédie et de force, le récit a tendance à s'égarer au fil des tomes. Ca part un peu dans tous les sens sans qu'on sache tellement où les auteurs veulent en venir, et surtout si eux-mêmes savent vraiment où ils pourraient bien aller.
Et puis il y a le dessin de Sfar auquel je n'accroche vraiment pas, pas plus que celui des Kerascoet qui l'ont suivi. J'attends l'arrivée d'Obion car lui j'aime beaucoup son style.
Pour finir, j'achète toujours les tomes de Crépuscule dès leur sortie et je les lis sans déplaisir, mais j'y trouve un peu moins de satisfaction que dans d'autres albums de l'univers Donjon.
Hu ! Je réalise maintenant seulement que je n'ai pas avisé Donjon Zénith alors que c'est, avec la plupart des albums de Donjon monsters, ma série préférée dans l'univers Donjon.
C'est de l'Heroic-Fantasy qui ne se prend pas au sérieux, drôle et aventuresque à la fois, mais ne sombrant jamais dans le gag facile et lourdingue. Il y a une vraie finesse dans cette série qui masque son jeu derrière un graphisme faussement "simple", quoique de plus en plus travaillé au fil des tomes.
En outre, il y a cette idée formidable qui lie tous les albums de l'univers Donjon, c'est ce monde et cette intrigue géante qui se crée tout doucement et de superbe manière, un univers intelligent, prenant et bourré de bonnes idées, d'humour et de passages palpitants voire dramatiques.
Je ne manquerais un album de Donjon, notamment Zenith, sous aucun prétexte. Et à ce sujet, je trouve la reprise de Boulet au dessin à partir du tome 5 de très belle qualité, j'aime beaucoup.
Avis tout à fait personnel et se limitant aux premiers albums (jusqu'à la moitié de la série, une grosse vingtaine quoi tout simplement parce que je n'ai jamais lu au delà).
Tout simplement parce que les 4 as sont pour beaucoup dans le fait que je sois un bdvore aujourd'hui. A bientôt 30 ans, c'est vers un tout autre genre de Bd que je me tourne (évidemment) mais j'avoue sans honte que régulièrement (4 ou 5 fois dans l'année) j'aime beaucoup me replonger dans un de ces vieux albums qui m'ont mené à la BD.
Avec ces histoires naïves (pour ne pas dire niaises), au fond "bon" et au dessin facile, ben je trouve ça sympa et reposant.
Et ça me fait bien plaisir de voir ma soeur de 12 ans lire ma vieille ébauche de collection des 4 as et trouver ça rigolo et mignon plutôt que les mangas (rarement rigolo et encore moins mignons).
Convenez-en avec moi, ça fait du bien des fois des trucs mignons qui ne vous retourne pas le moral.
C'est à ce niveau que j'en recommande l'achat de quelques uns (et sur le net on en trouve pour une bouchée de pain).
Il faut prendre cette série pour ce qu'elle est : un truc sans prétention, issue d'une autre époque où les choses "saines" avaient meilleurs cour qu'aujourd'hui.
Etait ce un mal ?
D’abord –précision- je suis un fan de Chaillet, surtout de « son » Vasco.
Mais ici j’ai découvert un autre Chaillet avec cette une série originale. A sa façon, l’auteur refait une partie de l’Histoire antique : les chrétiens ne sont plus des martyrs de Rome mais persécutent ses habitants dans une sorte d’ivresse de l’intolérance. Nos « pauvres » Romains tentent de faire survivre leurs dieux face à celui –unique- des nouveaux maîtres et, pour ce faire, mènent une lutte désespérée.
J’ai lu une histoire générale assez iconoclaste, mais surtout apprécié la force du graphisme de l’auteur, son trait réaliste vraiment efficace. Sans oublier, quand même, le scénario.
Ce dernier est une sorte de révisionnisme de l’Histoire politiquement incorrect et pourrait même heurter certaines âmes.
N’empêche : cela ne manque pas de pertinence.
Le problème –car il y en a un- : le récit général est fort ésotérique et le contenu de chaque tome est à lire VRAIMENT à son aise car le postulat de départ et ses développements ont de quoi faire rebuter plus d’un lecteur.
Mais si l’on se prête au « jeu » de Chaillet, ce que j’ai fait, on se retrouve plongé dans l’ambiance des bons vieux péplums avec l’antique Rome, « ses » combats, ses rues, ses nombreuses descriptions… une Rome prise entre deux mondes.
C’est vrai : faut aimer. Je l’ai fait.
Curieuse histoire que celle de cet album…
Will (Tif et Tondu, Isabelle) souhaitait explorer de nouvelles voies en matière de BD, surtout en travaillant en couleurs directes.
Outre d’autres publications, cet « arbre » fut mis en route dans les années 90. Mais des ennuis de santé de l’auteur firent qu’une seule planche fut réalisée.
En 1999 Will se remet au travail. Mais il décide que cette histoire fera l’objet d’un seul album et non une série comme initialement prévue. Il peint quatre pages en couleurs directes, en esquisses d’autres mais, hélas, décède en Février 2000.
Mais Will avait de nombreux et vrais amis dans le monde de la BD. Son épouse et de nombreux auteurs décident d’achever cette œuvre.
Répondront « présent » : Hermann, Franz, Danny, Derib, Roba, Hausman, Walthéry, Mézières, Loisel et une dizaine d’autres dessinateurs. Il est proposé à chacun de choisir un moment, une séquence de l’histoire qui correspond le mieux à leurs affinités.
C’était risqué… mais une sorte d’alchimie s’est produite et une véritable unité de ton est apparue malgré les divergences de styles.
J’ai ainsi lu une histoire pleine de charme et de poésie ; laquelle m’a emmené vers de magnifiques et magiques horizons ; et ce dans une réelle fluidité de l’ensemble.
Un bien bel album. Une belle histoire réalisée par une fameuse brochette de « pointures » qui rendent ci un hommage assez émouvant à un véritable artiste fort apprécié.
C’est l’histoire de Toland Polk, un jeune « héros » qui essaie de comprendre les différences entre un monde qui bascule et un monde qui s’entête. Nous sommes en effet à la fin des années 60, aux Etats-Unis, une époque où la jeunesse américaine va s’engager dans une sorte de rupture sociale. C’est la guerre du Viet-Nam, la drogue, le rock, les mouvements hippies, le « flower power »… et aussi quelque chose dont on ose parler… et vivre : l’homosexualité. Toland est homosexuel. Et dans cette ville ségrégationniste du Sud où il vit, l’homosexualité est quelque chose d’abominable.
J’ai ainsi traversé un récit fait en flash-back où j’ai assisté au combat de Toland ; lequel incarne ces minorités qui tentaient d’obtenir des droits civiques « confisqués » par un pouvoir usant de son « puritanisme ».
L’album est construit en évoquant des faits réels ; une sorte de trait d’union entre fiction et actualités de l’époque.
Le dessin ?… je n’aime pas trop. Mais le narratif est bien au dessus du graphisme dans cette BD vraiment pas comme les autres.
Un curieux album. Curieux dans le sens où Pratt a mis beaucoup de temps à le réaliser.
Un inédit que ce « Morgan », interrompu par l’auteur et ensuite repris à sa sortie de clinique où Pratt était en traitement. Pour les vrais connaisseurs, le graphisme mal assuré des dernières planches est un témoignage des difficultés qu’a eu l’auteur à les terminer.
« Morgan » ?… Pratt s’est basé sur des faits authentiques pour ensuite inventer personnages et situations. Le conflit de 40-45 est là, présent, c’est vrai. Mais il est assez distant et paraît comme une sorte de toile de fond à la présente aventure. Pratt, d’ailleurs, ne porte aucun jugement sur le conflit, le décrivant de manière distanciée.
Pratt a ici « balancé » son héros entre la Yougoslavie et Venise pour une sorte de balade dans l’absurdité de la guerre.
L’album –en EO- est en noir et blanc. J’apprécie beaucoup. Forcément « il » devait sortir un jour colorisé. C’est fait. Bien fait même. Mais il n’a pas la saveur du graphisme pur original.
N’empêche : c’est bien bon.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Bételgeuse
Nouveau titre, nouvelle numérotation, nouvelle oeuvre... Eh bien non ! "Bételgeuse" n'est pas une seconde oeuvre, ni même une suite, mais bel et bien un second cycle d'une même oeuvre. Tant mieux mais j'aurais préféré que ce soit plus clair car les malheureux qui vont commencer par "Bételgeuse" risquent fort de pas comprendre grand chose au film... Les graphismes sont exactement les mêmes que pour Aldébaran et Antarès, à savoir très jolis, très soignés avec des décors qui invitent aux voyages et permettent d'entrer totalement dans ce monde imaginaire avec un réel plaisir malgré un aspect un brin figé des personnages dans leurs positions -- genre roman photo -- et des yeux peu expressifs. J'ai retrouvé le même plaisir de lecture que pour Aldébaran mais j'ai obtenu ici plus de réponses aux questions que soulevait l'intrigue et je n'ai, cette fois, pas eu le sentiment de rester sur ma faim. Au final j'ai donc préféré ce second cycle au premier car il m'a donné un fort sentiment de cohésion à l'ensemble. Du tout bon.
Quartier lointain
C’est un chef d’œuvre ! C’est loin du manga traditionnel que je pouvais imaginer. Une très grande émotion se dégage de cette lecture. Peu de BD y arrive. L’auteur Taniguchi est sensible et subtil. Cette BD retrace l’histoire d’un homme de 48 ans replongé dans son enfance mais avec des yeux d’adulte. Et ainsi il peut mieux comprendre certains évènements de sa vie incompréhensible aux yeux d’un enfant. C'est une manière idéale et originale de se poser des questions très importantes que l’on n’a pas forcément la maturité de se poser lorsqu’on est gamin. On retrouve dans le dessin des visages des personnages toute la nostalgie que l’auteur a voulu faire passer ainsi que ces souvenirs touchants que l'on découvre au détour d'un chemin. Cet album révèle une grande douceur de la part de l'auteur, et également un sens aigu de la nécessité de compréhension et de tolérance. On découvre non seulement une touche poétique et philosophique mais également de l'humour dans le fait de vivre les situations cocasses que peut générer un tel intervertissement. Le retour dans le passé sous une approche toute nouvelle est une expérience incroyable que nous fait partager l'auteur. Cette BD m’a donné envie de découvrir les autres œuvres de cette auteur comme Le Journal de mon père ou encore Un ciel radieux. Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 4.75/5
Arq
« On n’est pas tous du même monde ! » Il s’agit de la première série d’Andréas que je découvre et je me dis vraiment que ce gars appartient à une galaxie lointaine, très très lointaine… Cette remarque ne peut absolument pas porter préjudice au génie imaginatif de cet auteur. C’est vraiment impressionnant, où va-t-il chercher des idées aussi biscornues ? L’histoire reste malgré cela bien soutenue (le septième opus Dorro Zengu est de moins qualité selon moi) et garde même, presque étonnamment, une certaine cohérence. Les dessins sont bons et les couleurs sont assez vives. Certaines planches offrent des claques visuelles dans les tons roses ou rouges… Si les dessins ne sont toutefois pas extraordinaires, je reste par contre étonné par la mise en page si particulière des différents tomes. C’est original et intéressant, sans que le lecteur ne soit complètement perdu. Au septième opus correspond un changement de format, ainsi qu’un changement du procédé graphique. Il tranche vraiment avec celui des six premiers volumes. Si les avis peuvent diverger, il apparaît clairement que la présente série soit une des meilleures de l’auteur. Je conseille dès lors ce voyage, complètement délirant, pour tous les amateurs de science-fiction. Quelle imagination, ça calme!
Donjon Crépuscule
Adepte de l'univers Donjon, une chose m'a longtemps attiré vers la période Crépuscule : le fait que nous sommes là au bout de l'histoire, quand tout est consommé ou presque, quand les personnages ont atteint leur statut final, notamment la toute puissance du Grand Khan/Herbert. En bref, c'est le moment le plus "cool" pour un jeune mâle en quête de "ce qu'il va se passer après" et de "toujours plus forts". Et pourtant, Crépuscule, ce n'est pas ça. C'est davantage un univers devenu sombre, une ambiance devenue mélancolique, un peu désespérée. Et les pouvoirs acquis au fil du temps sont plutôt des pouvoirs de corruption et de mal qui vont amener les personnages à plutôt tout détruire pour mieux recommencer leurs propres vies. Pas mal dans l'idée mais j'accroche moins qu'à Donjon Zenith et à la plupart des Donjon monsters. En effet, après un départ plein de tragédie et de force, le récit a tendance à s'égarer au fil des tomes. Ca part un peu dans tous les sens sans qu'on sache tellement où les auteurs veulent en venir, et surtout si eux-mêmes savent vraiment où ils pourraient bien aller. Et puis il y a le dessin de Sfar auquel je n'accroche vraiment pas, pas plus que celui des Kerascoet qui l'ont suivi. J'attends l'arrivée d'Obion car lui j'aime beaucoup son style. Pour finir, j'achète toujours les tomes de Crépuscule dès leur sortie et je les lis sans déplaisir, mais j'y trouve un peu moins de satisfaction que dans d'autres albums de l'univers Donjon.
Donjon Zenith
Hu ! Je réalise maintenant seulement que je n'ai pas avisé Donjon Zénith alors que c'est, avec la plupart des albums de Donjon monsters, ma série préférée dans l'univers Donjon. C'est de l'Heroic-Fantasy qui ne se prend pas au sérieux, drôle et aventuresque à la fois, mais ne sombrant jamais dans le gag facile et lourdingue. Il y a une vraie finesse dans cette série qui masque son jeu derrière un graphisme faussement "simple", quoique de plus en plus travaillé au fil des tomes. En outre, il y a cette idée formidable qui lie tous les albums de l'univers Donjon, c'est ce monde et cette intrigue géante qui se crée tout doucement et de superbe manière, un univers intelligent, prenant et bourré de bonnes idées, d'humour et de passages palpitants voire dramatiques. Je ne manquerais un album de Donjon, notamment Zenith, sous aucun prétexte. Et à ce sujet, je trouve la reprise de Boulet au dessin à partir du tome 5 de très belle qualité, j'aime beaucoup.
Les 4 As
Avis tout à fait personnel et se limitant aux premiers albums (jusqu'à la moitié de la série, une grosse vingtaine quoi tout simplement parce que je n'ai jamais lu au delà). Tout simplement parce que les 4 as sont pour beaucoup dans le fait que je sois un bdvore aujourd'hui. A bientôt 30 ans, c'est vers un tout autre genre de Bd que je me tourne (évidemment) mais j'avoue sans honte que régulièrement (4 ou 5 fois dans l'année) j'aime beaucoup me replonger dans un de ces vieux albums qui m'ont mené à la BD. Avec ces histoires naïves (pour ne pas dire niaises), au fond "bon" et au dessin facile, ben je trouve ça sympa et reposant. Et ça me fait bien plaisir de voir ma soeur de 12 ans lire ma vieille ébauche de collection des 4 as et trouver ça rigolo et mignon plutôt que les mangas (rarement rigolo et encore moins mignons). Convenez-en avec moi, ça fait du bien des fois des trucs mignons qui ne vous retourne pas le moral. C'est à ce niveau que j'en recommande l'achat de quelques uns (et sur le net on en trouve pour une bouchée de pain). Il faut prendre cette série pour ce qu'elle est : un truc sans prétention, issue d'une autre époque où les choses "saines" avaient meilleurs cour qu'aujourd'hui. Etait ce un mal ?
La dernière Prophétie
D’abord –précision- je suis un fan de Chaillet, surtout de « son » Vasco. Mais ici j’ai découvert un autre Chaillet avec cette une série originale. A sa façon, l’auteur refait une partie de l’Histoire antique : les chrétiens ne sont plus des martyrs de Rome mais persécutent ses habitants dans une sorte d’ivresse de l’intolérance. Nos « pauvres » Romains tentent de faire survivre leurs dieux face à celui –unique- des nouveaux maîtres et, pour ce faire, mènent une lutte désespérée. J’ai lu une histoire générale assez iconoclaste, mais surtout apprécié la force du graphisme de l’auteur, son trait réaliste vraiment efficace. Sans oublier, quand même, le scénario. Ce dernier est une sorte de révisionnisme de l’Histoire politiquement incorrect et pourrait même heurter certaines âmes. N’empêche : cela ne manque pas de pertinence. Le problème –car il y en a un- : le récit général est fort ésotérique et le contenu de chaque tome est à lire VRAIMENT à son aise car le postulat de départ et ses développements ont de quoi faire rebuter plus d’un lecteur. Mais si l’on se prête au « jeu » de Chaillet, ce que j’ai fait, on se retrouve plongé dans l’ambiance des bons vieux péplums avec l’antique Rome, « ses » combats, ses rues, ses nombreuses descriptions… une Rome prise entre deux mondes. C’est vrai : faut aimer. Je l’ai fait.
L'Arbre des deux printemps
Curieuse histoire que celle de cet album… Will (Tif et Tondu, Isabelle) souhaitait explorer de nouvelles voies en matière de BD, surtout en travaillant en couleurs directes. Outre d’autres publications, cet « arbre » fut mis en route dans les années 90. Mais des ennuis de santé de l’auteur firent qu’une seule planche fut réalisée. En 1999 Will se remet au travail. Mais il décide que cette histoire fera l’objet d’un seul album et non une série comme initialement prévue. Il peint quatre pages en couleurs directes, en esquisses d’autres mais, hélas, décède en Février 2000. Mais Will avait de nombreux et vrais amis dans le monde de la BD. Son épouse et de nombreux auteurs décident d’achever cette œuvre. Répondront « présent » : Hermann, Franz, Danny, Derib, Roba, Hausman, Walthéry, Mézières, Loisel et une dizaine d’autres dessinateurs. Il est proposé à chacun de choisir un moment, une séquence de l’histoire qui correspond le mieux à leurs affinités. C’était risqué… mais une sorte d’alchimie s’est produite et une véritable unité de ton est apparue malgré les divergences de styles. J’ai ainsi lu une histoire pleine de charme et de poésie ; laquelle m’a emmené vers de magnifiques et magiques horizons ; et ce dans une réelle fluidité de l’ensemble. Un bien bel album. Une belle histoire réalisée par une fameuse brochette de « pointures » qui rendent ci un hommage assez émouvant à un véritable artiste fort apprécié.
Stuck Rubber Baby (Un Monde de différence)
C’est l’histoire de Toland Polk, un jeune « héros » qui essaie de comprendre les différences entre un monde qui bascule et un monde qui s’entête. Nous sommes en effet à la fin des années 60, aux Etats-Unis, une époque où la jeunesse américaine va s’engager dans une sorte de rupture sociale. C’est la guerre du Viet-Nam, la drogue, le rock, les mouvements hippies, le « flower power »… et aussi quelque chose dont on ose parler… et vivre : l’homosexualité. Toland est homosexuel. Et dans cette ville ségrégationniste du Sud où il vit, l’homosexualité est quelque chose d’abominable. J’ai ainsi traversé un récit fait en flash-back où j’ai assisté au combat de Toland ; lequel incarne ces minorités qui tentaient d’obtenir des droits civiques « confisqués » par un pouvoir usant de son « puritanisme ». L’album est construit en évoquant des faits réels ; une sorte de trait d’union entre fiction et actualités de l’époque. Le dessin ?… je n’aime pas trop. Mais le narratif est bien au dessus du graphisme dans cette BD vraiment pas comme les autres.
Morgan (Pratt)
Un curieux album. Curieux dans le sens où Pratt a mis beaucoup de temps à le réaliser. Un inédit que ce « Morgan », interrompu par l’auteur et ensuite repris à sa sortie de clinique où Pratt était en traitement. Pour les vrais connaisseurs, le graphisme mal assuré des dernières planches est un témoignage des difficultés qu’a eu l’auteur à les terminer. « Morgan » ?… Pratt s’est basé sur des faits authentiques pour ensuite inventer personnages et situations. Le conflit de 40-45 est là, présent, c’est vrai. Mais il est assez distant et paraît comme une sorte de toile de fond à la présente aventure. Pratt, d’ailleurs, ne porte aucun jugement sur le conflit, le décrivant de manière distanciée. Pratt a ici « balancé » son héros entre la Yougoslavie et Venise pour une sorte de balade dans l’absurdité de la guerre. L’album –en EO- est en noir et blanc. J’apprécie beaucoup. Forcément « il » devait sortir un jour colorisé. C’est fait. Bien fait même. Mais il n’a pas la saveur du graphisme pur original. N’empêche : c’est bien bon.