(je ne vais parler que du tome 2)
Chapeau… Avec un style tout à lui, Manu Larcenet a su m’émouvoir, me faire rire, m’inquiéter. Le dessin est énorme, notamment au niveau de la violence dans la guerre. L’humour est réussi sans trop détourner l’histoire. Et la fin, absolument envoûtante avec les visions macabres des oiseaux, fait prendre à la BD une dimension inattendue.
Sans contestation un genre extrêmement novateur et particulier, une sorte de « bande dessinée expérimentale ».
Seule reproche : la réflexion humaniste est un peu faiblarde, mais bon on peut dire que le reste de la BD compense bien cet aspect.
A lire d’urgence !
Un livre qui ne laisse pas indemne. Le titre de cet ouvrage « l’accablante apathie des dimanches à rosbif » pourrait faire fuir le lecteur méfiant ; mais une nouvelle fois Futuropolis nous gratifie d’un album extraordinaire. Décidément, cet éditeur n’en finit pas de nous étonner en bien (hormis le prix de leurs ouvrages : 25 euros pour celui-ci !!!).
Les deux jeunes auteurs Sébastien Vassant et Gilles Larher ont réalisé un livre bouleversant de véracité sur la mort annoncée de Brice, ce jeune auteur de one-man-show. Par moment, j’ai repensé au très beau film Comment j’ai tué mon père avec Michel Bouquet ; quand Stéphane Guillon ponctuait les scènes du film de répliques cinglantes sorties tout droit d’un spectacle imaginaire.
C’est un peu le cas, ici, puisque les auteurs alternent les scènes où Brice annonce sa mort prochaine à ses proches, se retrouve sur des plateaux télé ou radio et celles où il est sur scène. Son humour est ravageur, réaliste, cynique...
On se prend donc d’affection pour ce personnage condamné qui manie la rhétorique avec talent et on dévore chaque page. On oscille sans arrêt entre sourires et émotions réelles. Ce livre nous plonge dans nos propres interrogations : Brice incapable de s’attacher à une femme court vers un destin auquel il ne peut échapper et fait le point sur sa vie.
Seul petit reproche (c’est pour ça que je n’ai pas mis 5 étoiles), je trouve que les 50 dernières pages sont un peu éprouvantes et que les auteurs ont tendance à faire durer l’agonie.
Hormis cela, cet ouvrage est une grande réussite et les auteurs s’annoncent comme deux des plus belles découvertes de cette année 2008.
Les images m'ont séduite, le synopsis m'a convaincue !!
Un bon polar en BD, classique mais séduisant quand l'univers est aussi bien dessiné.
La plupart des cases sont de vrais tableaux, même si certaines sont un peu bâclées....
Je ne vois pas l'intérêt de reconstituer une équipe de vieux loubards mais là au moins, il reste de l'intrigue dans l'histoire et j'attends la suite avec plaisir !
Avis posté suite à la lecture des 10 premiers tomes en VO.
100 bullets, avant tout, c'est un peu une série maudite en France. Soleil commence à l'éditer puis s'arrête au bout d'un tome. Puis Semic commence à l'éditer puis perd la licence DC Vertigo. Et maintenant, Panini commence à l'éditer et pas beaucoup de nouvelles depuis le tome 4 (le tome 5 sort au mois de février 2008 alors que j'écris ces mots, d'accord, mais bon c'était quand même long alors que plus de 10 tomes sont sortis aux US). 100 bullets, c'est surtout l'alliance d'un très bon scénario très complexe (parfois un peu confus aussi), d'un dessin et d'une mise en scène vraiment excellente.
Un cocktail savoureux à déguster sans modération, vraiment un gros coup de cœur de ma part !
Mention spéciale à la version en VO (j'ai pas lu la traduction) mais l'une des forces de cette BD est de nous faire un portrait de l'Amérique de la rue présentant son énorme melting pot avec toutes les dérives que la langue anglais a subi ces dernières avec les afro américains ou les hispaniques ! Je ne sais si la traduction en français traduit bien ce voyage.
Mise à jour : lecture terminée du tome 13 en VO, fin de série
Je suis assez déçu par la fin mais je garde ma note de 4/5 car 100 bullets nous donne de grands moments de BD polar comme on les aime. Les dessins de Risso sont fantastiques de bout en bout ! L'histoire est bonne mais si elle perd un peu la tête à mon sens ! Mais à lire tout de même
Cet album réalise un joli tour de force, celui de s’affranchir des codes usuels propres à la bd. Pas de cases, juste un décor en "bande déroulante". Cette bd initie un véritable renouveau en laissant libre cours à l’inventivité des auteurs.
Le haut de page nous présente la vie en autarcie d’un peuple démocratique. En bas de page, l'impitoyable Préfectal règne en maître absolu sur son peuple. Les deux peuples sont séparés par le Fluink, mystérieux liquide noir opaque. La rencontre entre ces deux civilisations que tout oppose en apparence, va être à l’origine de grands bouleversements.
Ce concept permet une multitude de situations inédites en bd en jouant sur l’interactivité des protagonistes avec le décor. Une belle réussite donc avec un scénario qui tient la route bien que partiellement terni par une fin prévisible. Les dessins sont minuscules et pourtant chaque protagoniste est reconnaissable. Les planches ne sont pas sans rappeler celles de Franquin avec ses fameuses Idées Noires. Un gage de qualité...
Une bd expérimentale qui séduit davantage par son concept que par le dénouement de l’histoire.
Voilà je rajoute mon avis car je trouve ceux qui précèdent un peu durs pour cette oeuvre fondatrice du renouveau des comics américains de la fin des années 80 (d'où mon 5/5) même si en terme de vente et de reconnaissance publique on est bien sûr très loin des Watchmen et de Dark Knight.
En fait je pense que dans cette bd tout fonctionne sur le niveau de lecture et effectivement, je suis bien d'accord pour dire qu'il faut un sérieux background comics pour en apprécier tous ses clins d’œil, allusions ou autres sous-entendus (avoir à l’esprit les agissements de la CIA en Amérique du sud et le conflit Vietnamien n’étant pas inutile non plus). Néanmoins c'est surout vrai pour les autres aventures du Marshal, celle ci se contentant de revenir sur la figure emblèmatique du rêve américain que représente le Super Patriote (=Superman).
C'est déjà à ma connaissance une oeuvre unique : on a affaire ici à une satire qui pour une fois ne se contente pas d’être une parodie bouffonne du style Mad. Au premier degré l’enquête policière est finalement bien menée et pourrait constituer à elle seule une histoire solide, mais c’est surtout au second degré que c’est un délice : décalquer l’univers super héroïques américain en le poussant à chaque fois vers une logique jusqu’au-boutiste totalement jubilatoire (après Superman dans cette première histoire, Marshal Law s’attaquera ensuite à Marvel et ses vengeurs via un punisher ex tortionnaire de la CIA, puis reviendra sur DC avec un Batman vampirisant ses boywonder avant de ressusciter bien involontairement les super héros de l’age d’or, tout cela malheureusement restant inédit en France). Et pourtant je suis fan de la plupart de ces héros !
Le mot bourrin et fasciste revient souvent dans les 3 avis précédents pour décrire la bd. Mais à nouveau, je pense qu’il faut ici distinguer le héro qui est effectivement bien au premier abord un bourrin fascisant (qui est même qualifié de « nazy thug » dans le troisième tome) de l’œuvre elle-même qui elle ne l’est pas. C’est déjà ce type de malentendu dont ont souffert des films comme le Starship Trooper de Verhoven et les inspecteurs Harry à leur époque par exemple.
Tout comme le film de Verhoven, Marshal Law est une œuvre éminemment politique. Quant à leur idée sur le dévoiement des cultes religieux je crois qu’elle est assez claire, voir à ce sujet en particulier … ah, ben non en fait toute l’œuvre de Mills.
Partant de ce postulat, on se retrouve avec un héro qui peut servir d’exutoire aux auteurs et ils ne se privent pas de se défouler dès qu’ils le peuvent (tout comme je m’éclate à exploser des zombies sur ma console alors que l’idée de tenir une vraie arme à feu m’est insupportable). D’où peut être ce que certain qualifierais de manque de finesse comme ces somptueuses répliques du type « souris quand tu me traite de connard » et autres perles de ce genre. Et là chacun peut bien penser ce qu’il veut en fonction de sa sensibilité. Pour ma part, mon seul critère est que ce que je trouve lourd ne me fais tout simplement pas rire, et si je ne devais garder qu’un seul argument pour convaincre, Marshal Law est une série qui me fait beaucoup rire !
PS : pour ce qui concerne le dessin, tout à été dit dans les avis précédent (à la décharge d'O'Neil, c'est à ma connaissance la première fois qu'il s'essayait à du dessin "peint"). J'ai failli ne jamais acheter cette bd à l'époque car les dessins me rebutaient. Maintenant il fait parti de mes 2 favoris (grâce aussi à la ligue des gentlemen, à Nemesis The warlock et surtout toutes les autres aventures du Marshal honteusement inédites en France).
Je viens de le finir ! Ce sera donc un avis à chaud, héhé !
Depuis le temps que j'entendais parler de Taniguchi et de toutes ses oeuvres, j'avais fini par tomber sur Le Journal de mon père, que j'avais trouvé pas mal mais sans plus, pas de quoi en faire des montagnes (cf. Le Sommet des dieux ^^). Je n'avais pas réussi à rentrer réellement dans l'histoire.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Lorsque la mayonnaise prend, comme c'est le cas pour Quartier lointain, c'est que du bonheur ! Ça a mis un peu de temps ; je dirais le premier quart de l'œuvre complète, mais ensuite je me suis embarqué avec le héros et j'ai suivi son évolution en partageant ses joies et ses angoisses. Je ne parlerai pas de l'histoire pour ne rien gâcher, si ce n'est que suivre les réflexions et la vie quotidienne de cet enfant un peu hors norme de 14-48 ans s'avère être un vrai plaisir.
MAGNIFIQUE, ÉMOUVANT, SUPERBE ...
Un premier tome très poétique posant la trame d'un amour particulier entre deux êtres "à part" du monde des humains... personnages auxquels on ne peut que s'attacher...
Un second tome apocalyptique, à l'échelle de ce que peut être la nature humaine dans sa plus profonde noirceur...
Enfin, un troisième et dernier tome pour dénouer la fin de cet amour posé dans le premier tome...
Classée "science-fiction" cette trilogie fait pourtant appel à de grands réalismes... L'innocence et la pureté face à la perversité et la violence... Le rêve, face à la réalité...
Un scénario très poétique, violent et passionnel tout le long de l'histoire, accompagné de superbes dessins, en parfait accord avec le scénario... Un seul petit bémol à cette trilogie peut-être, le fait que les dessins du troisième tome n'aient pas été réalisés par la talentueuse Béatrice Tillier... Même si Franck Leclercq a su reprendre la suite avec brio, il manque la touche magique et féerique de Tillier... Néanmoins cette trilogie reste un bijou de la bande dessinée...
Un bijou que l'on ne peut que contempler encore et encore tant par la beauté des dessins et qui ne peut que faire rêver encore et encore par sa relecture... Une œuvre d'art, qui, lorsqu'on la connaît, ne peut pas laisser indifférent...
Un grand MERCI ! Donc à Mme Tillier et Messieurs Téhy et Leclercq pour cette œuvre d'art...
Je serais peu loquace sur les dessins de Claudia si ce n’est pour souligner le fait que Frank Tacito ne se moque pas de son lecteur, et que l’on sent vraiment un travail conséquent et minutieux sur chacune des planches proposées. Après, mes yeux de quarantenaire accusant leur âge, regretteront le rouge trop foncé des bulles de Claudia et la difficulté parfois à suivre le fil des dialogues sur les doubles pages. Pas grave, je penserai la prochaine fois à relire tout ça à la lumière naturelle.
En 3 tomes, Tacito s'est totalement approprié l’univers de Claudia et son style est désormais pour moi, indissociable de l’ambiance créée par Pat Mills.
Pour ce qui est du scénario par contre, malgré ma connaissance très poussée des univers de Mills, je dois dire que la lecture de Claudia est vraiment déroutante. Et pourtant, j’y retrouve cette façon d’écrire non linéaire qui est la sienne (on ne sait pas quelles digressions il utilisera pour aller du point A au point B, on ne sait pas combien de temps durera cette digression, le plaisir de lecture passant de toute façon par la qualité de ces « détours » scénaristiques) et l’humour provoqué par l’utilisation de logiques inversées (la scène du mariage est excellente à cet égard). Il va par contre falloir que je m’habitue à la radicalité de ces détours par rapport à la logique de l’histoire (la storyline avec Bathory qui était complètement hors de propos pour moi jusqu’à ce troisième tome) et à la très grande liberté de ton (sexe cru et obsessif, insultes etc..). Même si Mills n’a jamais fait dans l’évocation ou le politiquement correct, il a visiblement trouvé dans le marché français la liberté totale d’expression (langage et storytelling) qu’il cherchait depuis toujours. Difficile de dire s’il sait où il va dans le long terme ou s’il se contente d’écrire en regardant où cela va le mener (je n’ai vu aucune prémisse de l’évolution des rapports entre Bathory et Claudia dans le tome 2 par exemple). Néanmoins, après avoir lu les explications de Franck Tacito quand à la manière dont se passait sa collaboration avec Mills sur le forum du site de Nickel, on peut penser que Tacito a son mot à dire sur le contenu des dialogues puisqu’il les traduit.
Au final, ce troisième tome plus calme en terme d'action est pour l’instant mon préféré (sans lui je n'aurais mis que 3 étoiles) parce que peut-être, je préfère une mise en place un peu plus confortable des tenants et aboutissants d’une histoire, à l’étalage de combats aussi homériques qu’ils pourraient l’être.
Après lecture des 2 premiers tomes.
"La Liste 66" se révèle être une belle surprise. Bizarrement je n'étais pas attiré par son titre.
Maintenant que j'ai franchi le cap, je suis heureux de la conseiller à mon tour.
Le scénario est vivant, l'histoire progresse normalement pour le fond mais rapidement sur la forme. Et dire qu'il reste 6 tomes à paraître...
J'ai eu une pensée à la série XIII, mais dans le cas présent, il n'y aura pas de suites à rallonge.
On peut donc s'attendre à une constance dans le niveau.
Le dessin est très beau, avec de belles grandes cases et surtout une colorisation exemplaire.
J'attends la suite avec impatience.
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Une aventure rocambolesque de...
(je ne vais parler que du tome 2) Chapeau… Avec un style tout à lui, Manu Larcenet a su m’émouvoir, me faire rire, m’inquiéter. Le dessin est énorme, notamment au niveau de la violence dans la guerre. L’humour est réussi sans trop détourner l’histoire. Et la fin, absolument envoûtante avec les visions macabres des oiseaux, fait prendre à la BD une dimension inattendue. Sans contestation un genre extrêmement novateur et particulier, une sorte de « bande dessinée expérimentale ». Seule reproche : la réflexion humaniste est un peu faiblarde, mais bon on peut dire que le reste de la BD compense bien cet aspect. A lire d’urgence !
L'Accablante apathie des dimanches à rosbif
Un livre qui ne laisse pas indemne. Le titre de cet ouvrage « l’accablante apathie des dimanches à rosbif » pourrait faire fuir le lecteur méfiant ; mais une nouvelle fois Futuropolis nous gratifie d’un album extraordinaire. Décidément, cet éditeur n’en finit pas de nous étonner en bien (hormis le prix de leurs ouvrages : 25 euros pour celui-ci !!!). Les deux jeunes auteurs Sébastien Vassant et Gilles Larher ont réalisé un livre bouleversant de véracité sur la mort annoncée de Brice, ce jeune auteur de one-man-show. Par moment, j’ai repensé au très beau film Comment j’ai tué mon père avec Michel Bouquet ; quand Stéphane Guillon ponctuait les scènes du film de répliques cinglantes sorties tout droit d’un spectacle imaginaire. C’est un peu le cas, ici, puisque les auteurs alternent les scènes où Brice annonce sa mort prochaine à ses proches, se retrouve sur des plateaux télé ou radio et celles où il est sur scène. Son humour est ravageur, réaliste, cynique... On se prend donc d’affection pour ce personnage condamné qui manie la rhétorique avec talent et on dévore chaque page. On oscille sans arrêt entre sourires et émotions réelles. Ce livre nous plonge dans nos propres interrogations : Brice incapable de s’attacher à une femme court vers un destin auquel il ne peut échapper et fait le point sur sa vie. Seul petit reproche (c’est pour ça que je n’ai pas mis 5 étoiles), je trouve que les 50 dernières pages sont un peu éprouvantes et que les auteurs ont tendance à faire durer l’agonie. Hormis cela, cet ouvrage est une grande réussite et les auteurs s’annoncent comme deux des plus belles découvertes de cette année 2008.
Smoke City
Les images m'ont séduite, le synopsis m'a convaincue !! Un bon polar en BD, classique mais séduisant quand l'univers est aussi bien dessiné. La plupart des cases sont de vrais tableaux, même si certaines sont un peu bâclées.... Je ne vois pas l'intérêt de reconstituer une équipe de vieux loubards mais là au moins, il reste de l'intrigue dans l'histoire et j'attends la suite avec plaisir !
100 bullets
Avis posté suite à la lecture des 10 premiers tomes en VO. 100 bullets, avant tout, c'est un peu une série maudite en France. Soleil commence à l'éditer puis s'arrête au bout d'un tome. Puis Semic commence à l'éditer puis perd la licence DC Vertigo. Et maintenant, Panini commence à l'éditer et pas beaucoup de nouvelles depuis le tome 4 (le tome 5 sort au mois de février 2008 alors que j'écris ces mots, d'accord, mais bon c'était quand même long alors que plus de 10 tomes sont sortis aux US). 100 bullets, c'est surtout l'alliance d'un très bon scénario très complexe (parfois un peu confus aussi), d'un dessin et d'une mise en scène vraiment excellente. Un cocktail savoureux à déguster sans modération, vraiment un gros coup de cœur de ma part ! Mention spéciale à la version en VO (j'ai pas lu la traduction) mais l'une des forces de cette BD est de nous faire un portrait de l'Amérique de la rue présentant son énorme melting pot avec toutes les dérives que la langue anglais a subi ces dernières avec les afro américains ou les hispaniques ! Je ne sais si la traduction en français traduit bien ce voyage. Mise à jour : lecture terminée du tome 13 en VO, fin de série Je suis assez déçu par la fin mais je garde ma note de 4/5 car 100 bullets nous donne de grands moments de BD polar comme on les aime. Les dessins de Risso sont fantastiques de bout en bout ! L'histoire est bonne mais si elle perd un peu la tête à mon sens ! Mais à lire tout de même
Le Fluink
Cet album réalise un joli tour de force, celui de s’affranchir des codes usuels propres à la bd. Pas de cases, juste un décor en "bande déroulante". Cette bd initie un véritable renouveau en laissant libre cours à l’inventivité des auteurs. Le haut de page nous présente la vie en autarcie d’un peuple démocratique. En bas de page, l'impitoyable Préfectal règne en maître absolu sur son peuple. Les deux peuples sont séparés par le Fluink, mystérieux liquide noir opaque. La rencontre entre ces deux civilisations que tout oppose en apparence, va être à l’origine de grands bouleversements. Ce concept permet une multitude de situations inédites en bd en jouant sur l’interactivité des protagonistes avec le décor. Une belle réussite donc avec un scénario qui tient la route bien que partiellement terni par une fin prévisible. Les dessins sont minuscules et pourtant chaque protagoniste est reconnaissable. Les planches ne sont pas sans rappeler celles de Franquin avec ses fameuses Idées Noires. Un gage de qualité... Une bd expérimentale qui séduit davantage par son concept que par le dénouement de l’histoire.
Marshal Law
Voilà je rajoute mon avis car je trouve ceux qui précèdent un peu durs pour cette oeuvre fondatrice du renouveau des comics américains de la fin des années 80 (d'où mon 5/5) même si en terme de vente et de reconnaissance publique on est bien sûr très loin des Watchmen et de Dark Knight. En fait je pense que dans cette bd tout fonctionne sur le niveau de lecture et effectivement, je suis bien d'accord pour dire qu'il faut un sérieux background comics pour en apprécier tous ses clins d’œil, allusions ou autres sous-entendus (avoir à l’esprit les agissements de la CIA en Amérique du sud et le conflit Vietnamien n’étant pas inutile non plus). Néanmoins c'est surout vrai pour les autres aventures du Marshal, celle ci se contentant de revenir sur la figure emblèmatique du rêve américain que représente le Super Patriote (=Superman). C'est déjà à ma connaissance une oeuvre unique : on a affaire ici à une satire qui pour une fois ne se contente pas d’être une parodie bouffonne du style Mad. Au premier degré l’enquête policière est finalement bien menée et pourrait constituer à elle seule une histoire solide, mais c’est surtout au second degré que c’est un délice : décalquer l’univers super héroïques américain en le poussant à chaque fois vers une logique jusqu’au-boutiste totalement jubilatoire (après Superman dans cette première histoire, Marshal Law s’attaquera ensuite à Marvel et ses vengeurs via un punisher ex tortionnaire de la CIA, puis reviendra sur DC avec un Batman vampirisant ses boywonder avant de ressusciter bien involontairement les super héros de l’age d’or, tout cela malheureusement restant inédit en France). Et pourtant je suis fan de la plupart de ces héros ! Le mot bourrin et fasciste revient souvent dans les 3 avis précédents pour décrire la bd. Mais à nouveau, je pense qu’il faut ici distinguer le héro qui est effectivement bien au premier abord un bourrin fascisant (qui est même qualifié de « nazy thug » dans le troisième tome) de l’œuvre elle-même qui elle ne l’est pas. C’est déjà ce type de malentendu dont ont souffert des films comme le Starship Trooper de Verhoven et les inspecteurs Harry à leur époque par exemple. Tout comme le film de Verhoven, Marshal Law est une œuvre éminemment politique. Quant à leur idée sur le dévoiement des cultes religieux je crois qu’elle est assez claire, voir à ce sujet en particulier … ah, ben non en fait toute l’œuvre de Mills. Partant de ce postulat, on se retrouve avec un héro qui peut servir d’exutoire aux auteurs et ils ne se privent pas de se défouler dès qu’ils le peuvent (tout comme je m’éclate à exploser des zombies sur ma console alors que l’idée de tenir une vraie arme à feu m’est insupportable). D’où peut être ce que certain qualifierais de manque de finesse comme ces somptueuses répliques du type « souris quand tu me traite de connard » et autres perles de ce genre. Et là chacun peut bien penser ce qu’il veut en fonction de sa sensibilité. Pour ma part, mon seul critère est que ce que je trouve lourd ne me fais tout simplement pas rire, et si je ne devais garder qu’un seul argument pour convaincre, Marshal Law est une série qui me fait beaucoup rire ! PS : pour ce qui concerne le dessin, tout à été dit dans les avis précédent (à la décharge d'O'Neil, c'est à ma connaissance la première fois qu'il s'essayait à du dessin "peint"). J'ai failli ne jamais acheter cette bd à l'époque car les dessins me rebutaient. Maintenant il fait parti de mes 2 favoris (grâce aussi à la ligue des gentlemen, à Nemesis The warlock et surtout toutes les autres aventures du Marshal honteusement inédites en France).
Quartier lointain
Je viens de le finir ! Ce sera donc un avis à chaud, héhé ! Depuis le temps que j'entendais parler de Taniguchi et de toutes ses oeuvres, j'avais fini par tomber sur Le Journal de mon père, que j'avais trouvé pas mal mais sans plus, pas de quoi en faire des montagnes (cf. Le Sommet des dieux ^^). Je n'avais pas réussi à rentrer réellement dans l'histoire. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Lorsque la mayonnaise prend, comme c'est le cas pour Quartier lointain, c'est que du bonheur ! Ça a mis un peu de temps ; je dirais le premier quart de l'œuvre complète, mais ensuite je me suis embarqué avec le héros et j'ai suivi son évolution en partageant ses joies et ses angoisses. Je ne parlerai pas de l'histoire pour ne rien gâcher, si ce n'est que suivre les réflexions et la vie quotidienne de cet enfant un peu hors norme de 14-48 ans s'avère être un vrai plaisir.
Fée et tendres Automates
MAGNIFIQUE, ÉMOUVANT, SUPERBE ... Un premier tome très poétique posant la trame d'un amour particulier entre deux êtres "à part" du monde des humains... personnages auxquels on ne peut que s'attacher... Un second tome apocalyptique, à l'échelle de ce que peut être la nature humaine dans sa plus profonde noirceur... Enfin, un troisième et dernier tome pour dénouer la fin de cet amour posé dans le premier tome... Classée "science-fiction" cette trilogie fait pourtant appel à de grands réalismes... L'innocence et la pureté face à la perversité et la violence... Le rêve, face à la réalité... Un scénario très poétique, violent et passionnel tout le long de l'histoire, accompagné de superbes dessins, en parfait accord avec le scénario... Un seul petit bémol à cette trilogie peut-être, le fait que les dessins du troisième tome n'aient pas été réalisés par la talentueuse Béatrice Tillier... Même si Franck Leclercq a su reprendre la suite avec brio, il manque la touche magique et féerique de Tillier... Néanmoins cette trilogie reste un bijou de la bande dessinée... Un bijou que l'on ne peut que contempler encore et encore tant par la beauté des dessins et qui ne peut que faire rêver encore et encore par sa relecture... Une œuvre d'art, qui, lorsqu'on la connaît, ne peut pas laisser indifférent... Un grand MERCI ! Donc à Mme Tillier et Messieurs Téhy et Leclercq pour cette œuvre d'art...
Claudia - Chevalier Vampire
Je serais peu loquace sur les dessins de Claudia si ce n’est pour souligner le fait que Frank Tacito ne se moque pas de son lecteur, et que l’on sent vraiment un travail conséquent et minutieux sur chacune des planches proposées. Après, mes yeux de quarantenaire accusant leur âge, regretteront le rouge trop foncé des bulles de Claudia et la difficulté parfois à suivre le fil des dialogues sur les doubles pages. Pas grave, je penserai la prochaine fois à relire tout ça à la lumière naturelle. En 3 tomes, Tacito s'est totalement approprié l’univers de Claudia et son style est désormais pour moi, indissociable de l’ambiance créée par Pat Mills. Pour ce qui est du scénario par contre, malgré ma connaissance très poussée des univers de Mills, je dois dire que la lecture de Claudia est vraiment déroutante. Et pourtant, j’y retrouve cette façon d’écrire non linéaire qui est la sienne (on ne sait pas quelles digressions il utilisera pour aller du point A au point B, on ne sait pas combien de temps durera cette digression, le plaisir de lecture passant de toute façon par la qualité de ces « détours » scénaristiques) et l’humour provoqué par l’utilisation de logiques inversées (la scène du mariage est excellente à cet égard). Il va par contre falloir que je m’habitue à la radicalité de ces détours par rapport à la logique de l’histoire (la storyline avec Bathory qui était complètement hors de propos pour moi jusqu’à ce troisième tome) et à la très grande liberté de ton (sexe cru et obsessif, insultes etc..). Même si Mills n’a jamais fait dans l’évocation ou le politiquement correct, il a visiblement trouvé dans le marché français la liberté totale d’expression (langage et storytelling) qu’il cherchait depuis toujours. Difficile de dire s’il sait où il va dans le long terme ou s’il se contente d’écrire en regardant où cela va le mener (je n’ai vu aucune prémisse de l’évolution des rapports entre Bathory et Claudia dans le tome 2 par exemple). Néanmoins, après avoir lu les explications de Franck Tacito quand à la manière dont se passait sa collaboration avec Mills sur le forum du site de Nickel, on peut penser que Tacito a son mot à dire sur le contenu des dialogues puisqu’il les traduit. Au final, ce troisième tome plus calme en terme d'action est pour l’instant mon préféré (sans lui je n'aurais mis que 3 étoiles) parce que peut-être, je préfère une mise en place un peu plus confortable des tenants et aboutissants d’une histoire, à l’étalage de combats aussi homériques qu’ils pourraient l’être.
La Liste 66
Après lecture des 2 premiers tomes. "La Liste 66" se révèle être une belle surprise. Bizarrement je n'étais pas attiré par son titre. Maintenant que j'ai franchi le cap, je suis heureux de la conseiller à mon tour. Le scénario est vivant, l'histoire progresse normalement pour le fond mais rapidement sur la forme. Et dire qu'il reste 6 tomes à paraître... J'ai eu une pensée à la série XIII, mais dans le cas présent, il n'y aura pas de suites à rallonge. On peut donc s'attendre à une constance dans le niveau. Le dessin est très beau, avec de belles grandes cases et surtout une colorisation exemplaire. J'attends la suite avec impatience.