Les derniers avis (9730 avis)

Par js
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Garulfo
Garulfo

Mettons, grosso modo, que Candide ne fût pas un homme mais un batracien, que son histoire ne fût pas écrite par Voltaire mais Perrault et que la notion de manichéisme dans les contes soit plus complexe à saisir pour les enfants. Vous l'aurez compris, Garulfo est un conte intelligent où les auteurs ont pioché dans divers récits existants (je vous laisse les découvrir) pour mettre sur pied une histoire incroyable. Une grenouille qui devient prince, un prince qui devient grenouille ; une sorcière capricieuse, une princesse aux lèvres convoitées, des chevaliers, des rois et des reines, des paysans, des dragons, des châteaux.... Oui c'est un vrai conte dans lequel nous allons croiser une multitude de personnages et où chacun aura un rôle bien précis, parfois inattendu ! Les deux premiers tomes sont exquis. Ayroles nous prouve ici son talent sans faille pour les belles phrases, les belles rimes, les belles proses...et les belles blagues ! Les tomes suivants perdent un peu de leur superbe au niveau de la syntaxe mais le niveau reste plus que correct, les réflexions toujours intéressantes, la répartie des personnages exceptionnelle et l'humour omniprésent. Le dessin est également une réussite et rend bien le côté médiéval de l'histoire. Un trait expressif et fin. Des personnages aux bouilles géniales, des décors bien rendus et des couleurs qui agrémentent à merveille ce chef d’œuvre du 9ème Art. L'ensemble met bien le lecteur dans cette ambiance de conte au final burlesque, loufoque mais qui suit toujours un fil conducteur bien précis et qui montre que les apparences sont très souvent trompeuses ! Garulfo : une série culte pour son scénario excellent, son dessin maitrisé, ses couleurs judicieuses ! Que de poésie, que de répartie, que d'humour et que de plaisir !

11/01/2012 (modifier)
Par cac
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Aâma
Aâma

Aama, le nouvel album de Frederik Peeters l'auteur du très bon Lupus était particulièrement attendu au tournant. Dans la même veine, à savoir la science-fiction mais mâtinée d'une attention portée aux relations entre les personnages, ce premier tome permet de prendre connaissance des protagonistes. On établit aussi les liens qui les unissent et leur mission à travers un flashback conté par un robot à l'allure simiesque qui m'a fait fortement penser à Cobra - cigare au bec et jusqu'à l'arme dissimulée dans le bras. On peut aussi rapprocher la trame de départ de la série Aldébaran, les protagonistes se rendant dans une sorte de colonie abandonnée depuis des années sur une petite planète déserte et inconnue. Bref, on retrouve des marques familières, le récit coule tout seul et on prend beaucoup de plaisir à lire les aventures de Verloc Nim, sa relation avec son frère. On peut dire que le trio mis en place par l'auteur fonctionne bien. Le dessin est très beau, et en couleurs cette fois là où Lupus était en noir et blanc. Un peu plus de 80 pages qui permettent de développer correctement ce premier tome. On en donne suffisamment pour ferrer le lecteur tout en laissant des questions en suspens pour la suite et notamment le comblement de l'ellipse entre les faits relatés sur la planète Ona(ji) et le présent du début de l'album.

10/01/2012 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dorian Gray
Dorian Gray

Je ne connais pas du tout le roman original, mais la lecture de cette adaptation m’a vraiment ravi. Ca démarrait pourtant mal : j’ai moyennement accroché au chapitre introductif et au 1er acte. Je trouvais les dialogues pompeux, et les réflexions philosophiques un peu absconses et fatigantes. Mais les choses s’améliorent dès le 2ème acte, et la narration devient plus fluide. L’histoire est d’une richesse incroyable, et aborde des thèmes tels que l’hédonisme, la déchéance, la beauté et l’art, tout en restant plaisante et accessible. Surtout que le travail graphique est magistral ! Chaque planche est un tableau. La peinture de l’auteur s’apprécie d’ailleurs encore plus sur les pleines pages qui introduisent chaque acte, et sur les planches doubles à couper le souffle qui illustrent le supplément en fin d’album – supplément passionnant, où l’auteur nous en dit un peu plus sur son travail d’adaptation, exercice toujours périlleux quand on s’attaque à un classique de la littérature, « Dorian Gray » fait partie des rares albums que je pense relire très bientôt pour encore plus en apprécier la richesse. Et puis quel plaisir pour les yeux !

09/01/2012 (modifier)
Par Illecamie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Je ne suis pas un ange
Je ne suis pas un ange

Génial ! De la série Yazawa, c'est le plus vieux disponible en France mais surtout le meilleur. Plein de charme, tout est écrit assez légèrement. Peut paraitre un peu trop à l'eau de rose sur l'histoire, mais les personnages sont tellement attachants qu'on en oublie le scénario.

08/01/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quai d'Orsay
Quai d'Orsay

J’ai littéralement adoré cette lecture qui dépeint la vie d’un grand ministère comme celui des affaires étrangères de la grande époque où il avait une existence digne de ce nom en résistant à l’appel à la guerre lancée par les States. C’est tellement réaliste qu’on adhère immédiatement à Quai d’Orsay. Pourtant, je n’étais pas un adepte de Blain. En l’occurrence, on ne s’attache pas trop au dessin mais on se concentre surtout sur les aventures de ce conseiller en communication. Et je dois même avouer que finalement, je trouve que ce graphisme colle parfaitement à ce genre d’histoire non dénuée d’humour. J’ai apprécié également que cela ne soit pas traité sous forme de strip. J’ai un petit faible pour les rouages de la vie politique. C’est un sujet qui me passionne. On sent bien le vécu des situations diverses. Je trouve également que le portrait doit certainement correspondre à l’homme politique qui est visé. C’est instructif de voir les dessous qui se cachent derrière les crises et la communication qui en résulte. A la fin, on sent bien que notre conseiller naïf a prit goût à cette vie de dingue. Il va certainement en payer le prix fort au niveau de sa relation personnelle et privée. Cependant, on comprend le mécanisme qui conduit à cette perversion. Le portrait du ministre est également nuancé et savoureux. On découvre ses travers mais également son génie : capable du pire comme du meilleur. Ce microcosme en tension continuelle montre des aspects souvent absurdes ce qui rend la lecture plutôt acide. Les dialogues avec toute cette galerie de personnages sont d’une grande réussite. Cette chronique diplomatique est réellement passionnante sur les rapports de pouvoir. C’est incontestable que cette bd va plus loin que la simple caricature. Bref, on a là un album indispensable. Vivement la suite car c’est drôle et perspicace à la fois ! MAJ second tome Et ce second tome confirme que la série est réellement excelllente. Nous avons droit aux coulisses de la mise en oeuvre de la guerre en Irak et de l'opposition courageuse du Quai d'Orsay de l'époque à travers son fameux ministre. Là encore, les noms ont été trafiqués mais personne ne sera dupe. Le Lousdem est ainsi accusé de fabriquer des armes de destruction massive. Les USA souhaitent avoir la bénédiction des Nations-Unis pour entrer en guerre. La lecture de ce nouvel opus sera drôle et jubilatoire à la fois. Je pense que c'est certainement l'association d'auteurs la plus réussie du moment. Les arcanes du pouvoir fascinent. 120.000 exemplaires du 1er tome sont déjà partis à ce jour. Bref, une réussite totale ! Et puis enfin la consécration pour le second tome en remportant le grand prix à Angoulême en 2013: c'était mérité ! Note Dessin: 4/5 - Note scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5

11/02/2011 (MAJ le 06/01/2012) (modifier)
Par fab11
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sam Lawry
Sam Lawry

Je suis tombé sur cette série un peu par hasard il y quelques années, déjà à l'époque je l'avais trouvée intéressante, mais aprés une relecture récente je suis devenu un fan de ce personnage attachant qu'est Sam Lawry. Cette série se compose de trois diptyques ( pour l'instant). J'ai adoré les deux premiers , par contre je trouve que le troisième est moins intéressant. En effet le premier diptyque se déroule au Vietnam et c'est sans doute ce qui m'avait attiré à l'époque car ce n'est pas une période de l'histoire qui est beaucoup utilisée en bande-dessinée. Le récit de guerre se mêle au fantastique pour notre plus grand plaisir . Le "don" de Sam( voir la mort prochaine de ceux qu'il côtoie) est pour lui une malédiction, qui le plonge petit à petit dans la folie. Le deuxième cycle se situe aux Etats-Unis quelques années aprés son retour du Vietnam, sa capacité à voir la mort chez ceux qui n'en n'ont plus pour longtemps à vivre , va l'entraîner lui et sa famille qu sein d'une machination politique , qui m'a fait penser au trés bon film "Dead Zone"( lui-même tiré d'un roman de Stephen King).On peut également signaler que l'on retrouve un clin d'oeil au film "Taxi Driver" dans le second tome de ce diptyque. Le troisième est plus un récit d'espionnage se déroulant pendant les grandes heures de la guerre froide et c'est sans doute à cause de cela que j'ai moins apprécié l'histoire. Le dessin quand à lui est trés bon que ce soit dans le premier diptyque ou dans les deux autres malgré le changement de dessinateur(Mig pour le premier, Chetville pour les autres). Je conseille donc cette série aux fans de thrillers fantastiques, ceux-ci dévoreront les histoires passionantes de ce personnage hors du commun.

05/01/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quelque part les étoiles
Quelque part les étoiles

Je ne connaissais pas Conz, mais cet auteur flamand mérite qu'on s'y intéresse. Cet album, qui à ma connaissance est le premier en langue française de cet auteur visiblement très apprécié dans son pays, propose trois récits initialement publiés séparément mais qui ont pour dénominateur commun l'histoire de Ringo et Anne, deux jeunes Flamands qui se trouvent, s'aiment, se séparent et se retrouvent dix ans plus tard, à l'autre bout du monde. Chacun des récits a son atmosphère particulière, ses décors (Bruxelles et l'Australie, donc) ; comme le souligne l'éditeur sur son site, l’histoire est racontée sous forme de flash-back éclectiques, où les souvenirs jouent un rôle prépondérant dans la construction et la compréhension du présent. Le point fort est également selon moi la sincérité, la justesse des dialogues et des situations, une force dans le roman graphique. Le dessin, au carrefour du franco-belge et du comics un peu underground, paraît naïf de prime abord, mais Conz arrive à faire passer beaucoup d'émotions dans les expressions, la mise en scène (qui est variée sans être tape-à-l'oeil). L'auteur procède par flash-back, par ellipses narratives aussi parfois, et même si l'album est gros (276 pages), ça se lit assez vite, peut-être en faisant une pause tout de même. Evitant les écueils gnangnans et le misérabilisme, Conz nous propose un beau triptyque.

03/01/2012 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série MangeCoeur
MangeCoeur

J'ai lu dans la foulée Terre mécanique et Mangecoeur, du même Andreae, et le second m'a sans doute davantage plu que le premier. L'étrange foire que visite le petit Benjamin, à la recherche du papillon qui sauvera son grand-père, est un festival d'inventions visuelles et d'ambiances étranges, entre fête perpétuelle et menace invisible. Tout y est assez infantile, mais les enfants y sont interdits... et poursuivis sans relâche par les clowns inquiétants qui gardent le lieu. On est ici dans une BD onirique et psychologique, où l'on ne sait jamais vraiment où s'arrête le fantastique, où commence le rêve. La foire, manifestement, est une construction mentale, un labyrinthe freudien. Mais celui de quel personnage ? Benjamin ? Son grand-père ? Un troisième personnage ? Plusieurs personnes à la fois ? En réalité, on n'est pas vraiment sûr, en refermant le 3e tome, d'avoir compris le fin mot de l'histoire. Qui émet vraiment l'idée que c'est une larve de papillon qui tue le grand-père, et que c'est un spécimen adulte du même papillon qui le sauvera ? Ne serait-ce pas un fantasme enfantin du jeune Benjamin ? Les dernières cases, au fond, sont elles encore du rêve ou bien un retour au réel ? Même si cette incertitude est un peu frustrante, peu importe au fond. On se promène avec ravissement dans cette ambiance lynchéenne aux interprétations kaléïdoscopiques. D'autant plus que les mises en pages sont de toute beauté, chaque case rigoureusement construite et merveilleusement dessinée.

02/01/2012 (modifier)
Couverture de la série Pilules bleues
Pilules bleues

Un album que j’ai dévoré malgré un aspect graphique de prime abord peu engageant. J’ai particulièrement apprécié le naturel avec lequel des questions très délicates sont abordées. Le récit se révèle alors aussi touchant qu’instructif. Il m’a en tous les cas ouvert les yeux sur certains aspects de la maladie que j’ignorais totalement malgré toutes les campagnes de prévention auxquelles j’ai eu droit. Graphiquement, comme je l’ai dit, ce n’est pas ma tasse de thé. Je regrette de ne pas avoir toujours su interpréter ce que certains dessins étaient censés représenter. Cela m’est certes arrivé rarement, mais c’est quand même arrivé… et c’est très frustrant ! Pour le reste, ce style très spontané, comme pris sur le fait, convient bien à ce genre de récit. Le propos y est mis en avant tandis que l’aspect esthétique reste en retrait. Au final, pour sa dimension éducative ainsi que pour le côté touchant de cette histoire « qui sent le vécu », je ne peux mettre que « franchement bien ! » Et j’espère vous avoir convaincu de le lire même si, comme moi, le trait de Frederik Peeters vous rebute quelque peu.

02/01/2012 (modifier)
Couverture de la série Etranger sans rendez-vous
Etranger sans rendez-vous

Étranger sans rendez-vous, aborde la situation des immigrés en France. Il se distingue par une atmosphère inquiétante et des plans minimalistes. Dans ce cas précis, l'esthétique compte moins que la force du témoignage. La technique utilisée dans ce travail reste principalement l'encre de chine, avec des dessins suggérés par un crayonné fin. Une autre façon d'aborder la BD tout en faisant abstraction de toutes les contraintes. Le tome 2 est actuellement en préparation dans un style différent. Contexte historique: « Novembre 2004, 9 soldats Français sont tués lors d’un bombardement par l'aviation ivoirienne. La France riposte en détruisant au sol les moyens aériens du Gouvernement Gbagbo. Abidjan s'embrase... Paris décide d'évacuer ses ressortissants...Ceux qui le peuvent décident de partir... (avis écrit par l'auteur de la bande dessinée).

02/01/2012 (MAJ le 02/01/2012) (modifier)