Ohlala, ça c'est le Sfar que j'aime !!!...
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Ohlala, ça c'est VRAIMENT le Blain que j'aime.
Donc résumons, "Socrate le Demi-chien" est une série assez hétérogène (même si elle en est qu'à son -je l'espère- début). Tout d'abord, le premier tome, sans être nul était assez moyen, on se demandait vraiment où les auteurs nous emmenaient avec leurs histoires de demi-dieu (fils de Zeus) et demi-chien (mi-chien, mi-philosophe, fils du chien de Zeus), mais je dois avouer qu'après plusieurs relectures, j'apprécie plus ce tome. Mais c'est vrai que la première fois que j'ai ouvert l'album, je trouvais que ça sonnait comme Le Chat du Rabbin en moins bien, et qu'un album entier pour une introduction d'une série, ça faisait trop. Si je m'étais arrêté à cet album, je l'aurais noté que 3/5.
Mais les deux albums suivants sont géniaux et mérite la note maximum.
L'histoire est dense ! Très dense (en fait, j'ai bien l'impression que le tome 2 est la fin d'un cycle, et le tome 3, le début d'un nouveau). Il se passe pleins d'évènements et on découvre beaucoup de personnages mythologiques, c'est vraiment superbement et intelligemment écrit (surtout pour moi, fan de mythologie grecque).
Je me suis vraiment éclaté à lire une histoire mélangeant pas mal d'éléments de la mythologie (péripéties, héros -qui ne devraient pas se rencontrer- et auteurs) avec quelques fois des références à la culture populaire et des réflexions philosophiques, le tout mâtiné d'un humour assez tordant.
Le dessin de Blain, quant à lui, est excellent. Son trait est légèrement biscornu, avec des décors très épuré, mais il a une maitrise des ombres (et des poils) parfaite. Bref grâce à ça (et aussi aux couleurs très chouettes), la série possède encore plus de charme (même si son style est peut être moins recherché que dans Gus).
Je recommande cette série...
Mr. Sfar, s'il-vous-plaît, abandonnez tout vos projets du moments et écrivez la suite de "Socrate le génial demi-chien", j'ai hâte de lire la suite :) !!!
Une superbe couverture de Patrick Prugne, Turner le maître de l’aquarelle l’aurait probablement apprécié, le contenu du livre est da la même veine chaque case est à découvrir, chaque case est une petite merveille.
Patrick Prugne nous fait découvrir les magnifiques paysages du territoire du Mississippi et décrit avec beaucoup de talent l’ambiance et les enjeux de l’ époque.
Même si l’histoire est sans beaucoup d’originalité je me suis jamais ennuyé, le scénario est écrit par Patrick Prugne (Canoë Bay par Oger) et prouve donc qu’il a le sens du rythme et de la narration.
Dommage ce scénario trop convenu, j’ai hésité entre 4* et 5* assez longtemps.
Attention pépite SF en perspective.
J’ai pris un pied énorme à lire ce premier tome. Certes il reste encore de nombreuses zones d’ombre après cette première partie, mais l’univers de Monplaisir est plus que prometteur. Zach, le personnage principal est assez touchant, semblant tellement perdu et éloigné de la frénésie de cette ville tentaculaire, que l’on découvre à travers sa vision un peu naïve. Le background est donc vraiment excellent, Monplaisir s’avérant être une entité à part entière, ou derrière le vernis festif et décadent, semble se cacher un système beaucoup plus effrayant.
Les pièces de l’échiquier ont été mises en place, et j’ai hâte d’obtenir les premières réponses, qui est ce personnage à priori imaginaire qui hante l’esprit de Zach, quel est le lien avec cet enfant ressemblant étrangement à cette chimère et enfin, dans cette ville où tout le monde est déguisé, quel est le vrai visage de cette cité envoutante.
Le scénario s’annonce donc prometteur, mais que dire du dessin tout simplement magnifique, et je pèse mes mots. Je ne connaissais pas Roberto Ricci, mais Mamma Mia ma rétine en reste bouche bée ! Quel style graphique, complètement immersif, avec des couleurs au diapason. Une bonne grosse claque visuelle. Pour chipoter un peu, on pourrait dire que les séquences représentant les écrans de télé géants (omniprésents dans Monplaisir) sont un cran en dessous en terme de rendu, mais bon ça reste un détail mineur. Et puis, quel plaisir d’essayer d’identifier tous les costumes qui jalonnent ces superbes planches ainsi que la couverture, qui m’a immédiatement happée vers elle.
Urban est pour ma part, une des plus belles surprises de l’année.
Attention !… Très grande série !…
Nous sommes en 1945. La seconde guerre mondiale, à peine terminée, est dans toutes les mémoires.
Les valeurs conservatrices et –surtout- l’exaltation patriotique explosent en France. Et on en retrouve beaucoup dans ce qui sera édité en BD…
Michel d’Eaubonne soumet un scénario au grand dessinateur qu’est alors Auguste Liquois. L’histoire est reprise par un vrai scénariste, Roger Lécureux, ce dès la quinzième planche. Lécureux donnera une mouture pour ainsi dire définitive de l’histoire.
L’ idée est simple : un jeune provincial entre dans le maquis pour y vivre d’exaltantes aventures patriotiques.
Seulement voilà : depuis moult années, si pas décennies, la censure –surtout catholique- avait droit de veto sur ce qui était édité.
Pas question de mettre de « vilaines images » aux yeux de tout le monde, surtout des enfants. Ici, il n’en sera rien. « Dame censure » n’intervient pas.
Et ce qui devait être une « BD de guerre » va s’avérer être quelque chose de très fort. Il n’y a pas d’Allemands mais des « sales boches ».
Au dessin, Liquois se lâche vraiment. Le lecteur assiste à des exécutions sommaires, des scènes de tortures diverses…
Comme Druillet le fera 25 ans plus tard avec Lone Sloane, Liquois éclate ses cases par des décors désaxés, des personnages décalés, fait montre d’un trait réaliste de belle facture qui fait vraiment sentir cette époque.
On a parfois l’impression de se trouver dans un film car Liquois à l’art de jouer de la mise en scène de ses planches par des plans rapprochés, des plongées et contre-plongées, fait –à sa façon- participer les décors et arrière-plans à l’action.
Du grand art. Vraiment.
Raymond Cazanave reprendra par la suite le dessin.
Le trait est dur, le graphisme « noir ». Le lecteur vit, participe vraiment aux scènes. Il en « rajoutera » même en dessinant souvent les « boches » dans des attitudes assez grotesques ; ce qui faisait très plaisir au lectorat de l’époque.
C’est dans l’hebdo « Vaillant » que les aventures de notre héros de l’époque seront prépubliées.
Les deux premières histoires, dessinées par Liquois, seront publiées en 1946 et 1947. Il s’agit de tomes au curieux format car quasi carré. Chacun est composé de 24 pages de mauvais papier –non raffiné- d’après-guerre ; des pages épaisses, au ton légèrement jaunâtre, mais au « parfum » inégalable.
Les couvertures sont brochées et attirent l’oeil.
Je n’ai aucune connaissance d’un troisième album éventuel, dessiné par Cazanave ; et dont le titre de l’histoire aurait dû être « L’Imbattable Fifi ».
Tout ça pour ?… Une magnifique série, au graphisme hors du temps dans le contexte de l’époque. Les scénarios sont assez simples, mais ne sont là que comme soutien de l’action qui se déroule devant les yeux du lecteur.
Et de l’action, il y en a.
Ca, mes braves amis, c’est de la BD. Une « top note » (très rare de ma part) et un vrai coup de cœur.
Coup de cœur.
1872, en Czisletovie, Frantz, poète démuni, vivote de ses vers et de l’aumône qu’on veut bien lui faire. Il se prête volontiers aux joutes verbales, notamment avec Friedrich afin, l’un et l’autre, de gagner le cœur d’une jolie serveuse, Héloïse, dont ils sont amoureux. Mais un nouvel empereur vient d’être désigné. Il est jeune, trop jeune, et prend son armée pour des soldats de plomb avec lesquels il s’amuse. Et il déclare la guerre à la Dalmaszie, un des pays les plus pacifiques de cette Prusse imaginaire. Friedrich est mobilisé. Frantz, lui, préfère déserter mais il est contacté par un mystérieux « empoudré » de la KulturKommandatur qui lui propose, sous forme de chantage déguisé, une mission de messager.
J’ai été complètement séduite par cette fantaisie baroque, au dessin somptueux et au scénario très original qui mêle amour, complot, poésie, art et guerre (et non « l’art de la guerre », bien que…). Le mystère règne et le fantastique planant au travers de quelques personnages étranges vous happe sans possibilité de faire marche arrière. C’est beau, c’est parfois drôle, inquiétant et si l’on ne sait encore comment ce dyptique va se terminer, on sent une touche d’humanité qui se profile malgré l’avenir guerrier qui est réservé aux deux royaumes.
Incontournable qui, à mon avis, plaira aussi aux ados.
Je ne vais pas verser dans l’originalité : Frenchman est une véritable claque visuelle. Le dessin, la mise en page, et surtout les couleurs aquarelles font que chaque case est un délice pour les yeux, autant de mini-tableaux composant des planches magnifiques et lumineuses.
L’histoire, tout en restant classique, est plus développée et intéressante que celle de Canoë Bay (album précédent de Patrick Prugne). Elle est ancrée dans une période historique intéressante et bien retranscrite, et ce qui aurait pu être une banale chasse à l’homme nous fait découvrir un lieu sauvage et inexploré, la Louisiane du 19eme siècle, avec ses autochtones et ses colons. La dureté de la nature humaine y est pleinement explorée, ainsi que sa faiblesse et sa lâcheté (à ce titre la fin est très belle).
Une chouette histoire magnifiquement mise en image, qui a réussi à me transporter et me faire rêver. J’ai beau essayer, je n’arrive pas à formuler le moindre reproche à l’encontre de cet album. La note maximale donc.
Je ne connaissais pas Universal War 1 avant de baguenauder sur ce site. J’adore le space opera depuis ma première vision, enfant, du Star Wars originel.
Cette série (que j’ai intégralement lue ;)) est une vraie œuvre majeure.
Graphiquement, il n’y a rien à redire, c’est de très bonne facture, trait classe et racé, les décors, planètes etc. sont superbement rendus. La mise en couleur est du meilleur effet également, elle sert bien toutes les parties du récit, de l’introduction en « flashback » à l’émergence finale des CIC.
Mais la vraie réussite se situe au niveau du scénario. C’est grandiose, on sent là la maîtrise de l’histoire, avec une tenue du suspense et des informations qui parviennent au compte goutte (sauf sur les 2 derniers tomes), les rebondissements, crédibles, intelligents, qui remettent en question systématiquement ce que l’on croit savoir, c’est du vrai grand art. On est pris par le menton (ou le nez c’est selon) et l’auteur nous emmène où il le souhaite. Vraiment une très belle histoire. Je mettrais un (petit tout petit) bémol, je pense que la fin aurait du être plus brutale et rester sur la manipulation de Mario. La fin ressemble à mes yeux (toute proportion gardée) à celle d’Abyss de Cameron, ou comment chercher une happy end là où elle ne s’impose pas. Mais c’est vraiment peanuts comparé à la grande qualité de l’œuvre.
Les personnages eux sont profonds, avec leurs fêlures, leurs faiblesses. C’est juste parfois un peu too much dans le « j’ai un passé de merde », mais c’est globalement très fouillé.
Bref, ça vaut largement son 5*.
Je publie ce premier post parce que je ne m'attendais pas du tout à voir un 'sans plus' pour Chabouté...
Certes, certaines pages ou passages sont un peu embrouillés, mais son univers transporte très vite les lecteurs un tantinet amateurs de BD subversives, dérangeantes et intrigantes ! Il fait partie de ces auteurs qui nécessitent une deuxième lecture pour cerner le concept.
Le dessin en noir et blanc et les personnages sont très caractéristiques. Les princesses aussi vont au petit coin m'a juste donné envie d'acheter les autres de Chabouté pour comprendre son univers ! Et je suis loin d'en être déçue !
Pour une fois qu'une BD est conseillée à la lecture pour le bac de Français, j'allais pas me gêner.
Oui, je sais qu'il faut lire tous les auteurs cités dans ce livre avant cet examen, mais je sais aussi que désormais je ne pourrai plus tous les lire, alors au moins que j'en apprenne un peu plus sur leur vie/leur œuvre principale, ce sera toujours utile.
Et ce livre remplit parfaitement son rôle.
Catherine Meurisse parle de littérature française pour ceux qui l'aiment, et ceux qui la détestent. Je pense que ceux qui ont une grande culture littéraire n'apprendront rien de nouveau, mais celui qui n'en aura aucune sera un peu perdu même si les deux peuvent être sensibles à l'humour (car c'est très drôle, j'adore notamment la couverture, car le passage de la Madeleine m'a fait rire). Je pense que le public qui profitera le plus de cette BD, c'est les lecteurs comme moi : ayant une base de culture littéraire, ayant lu quelques classiques mais cette culture ne peut (et ne demande) qu'à augmenter. Bon, c'est vrai que des fois, j'aurais bien aimé lire un chapitre sur un auteur particulier (Dumas, Verlaine, Ionesco, Camus, Stendhal, Prévert ou Aragon...) mais les 130 pages sont déjà bien remplies.
Le dessin est vraiment bon, C. Meurisse a un grand talent de caricaturiste (elle travaille à Charlie Hebdo) très dynamique et nerveux (seul le lettrage est un peu difficile à déchiffrer quelques fois).
Une BD super instructive et passionnante. Je serais heureux d'apprendre que C. Meurisse prépare une suite avec les auteurs cités en fin d'album.
J’en suis convaincu à présent : au plus profond de ma carcasse épaisse et velue se tapit un cœur d’artichaut. Mis à mal et au grand jour par un moineau ridicule qui veut décrocher les étoiles pour son amoureuse frivole. Cet Abélard, un drôle d’oiseau ! Lui, qui n’a jamais quitté son marais natal, abandonne, sous la tyrannie d’une mélancolie langoureuse, la vie paisible et les amis de ce bout de paradis. Baluchon sur l’épaule, ukulélé en bandoulière, loti d’une désarmante innocence et d’un indécrottable optimisme, il entreprend son apprentissage au monde en un vagabondage bercé de rêves et de balivernes. Volatile sympathique, si touchant de naïveté quand ses illusions s’abiment sur une réalité encline à gifler les plus enthousiastes.
Paf le piaf ! Ces baffes, que l’on aimerait lui coller en travers du bec et susciter un élan de révolte lorsque sa candeur rime avec « l’idiot du voyage », le scénario les distribue à dessein. Une odyssée pédestre rafraichissante, un périple brillamment sombre, qui inspirent de jolies valeurs humaines et prodiguent les leçons de vie exemptes de complaisance, nourries à la vérité crue des actes ou des sentiments. Mais Abélard, éternel ingénu, ne sait que tendre l’autre joue. Sa jobardise sans remède, malmenant nerfs et entrailles, débusque la tendresse au milieu de maximes philosophes. Des petits papiers quotidiennement extirpés d’un intarissable galure enchanté, où notre emplumé, relativisant ses déconvenues dans une lecture subjective pétillante, déniche inlassablement le courage pour regrimper en selle. Sous la désinvolture du grimage animalier s’embusque ainsi un conte initiatique féroce, à fleur d’émotion, servi par une osmose exceptionnelle : la musique de mots sonnant terriblement juste, une narration intelligemment tempérée et un pinceau félon éblouissant. Son esthétisme rond, bon-enfant, presque sucré, compose un bestiaire de frimousses avenantes, illumine des atmosphères saisissantes dont la grâce se dilue dans les hachures, l’âpreté ou la nervosité d’un trait modelé aux intonations et aux intentions du récit. Magique.
Ouvrons grand nos yeux de mômes et chahutons nos âmes ! Cette fable qui-met-les-poils oscille entre parabole tendrement philosophique et long poème doux-amer. En nous prenant par la main, sensiblement, planche après planche, elle prête des sourires, de la joie de vivre, improvise des complicités. Puis, au détour d’une case ou d’une bulle, à la faveur d’une scène, elle reprend, bouleverse, étreignant le kiki à en embrumer les mirettes, et recommence, infatigable, dans une délicatesse absolue, entraînant son explorateur jusqu'où il n’imagine pas aller. À la clôture du diptyque, je suis resté couillon, définitivement sur le carreau, égrenant mentalement un chapelet de superlatifs dans l’espoir du mot bien venu. En vain. Muet et triste… Heureux d’être triste.
Un gros coup de cœur.
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Socrate le demi-chien
Ohlala, ça c'est le Sfar que j'aime !!!... ... ... Ohlala, ça c'est VRAIMENT le Blain que j'aime. Donc résumons, "Socrate le Demi-chien" est une série assez hétérogène (même si elle en est qu'à son -je l'espère- début). Tout d'abord, le premier tome, sans être nul était assez moyen, on se demandait vraiment où les auteurs nous emmenaient avec leurs histoires de demi-dieu (fils de Zeus) et demi-chien (mi-chien, mi-philosophe, fils du chien de Zeus), mais je dois avouer qu'après plusieurs relectures, j'apprécie plus ce tome. Mais c'est vrai que la première fois que j'ai ouvert l'album, je trouvais que ça sonnait comme Le Chat du Rabbin en moins bien, et qu'un album entier pour une introduction d'une série, ça faisait trop. Si je m'étais arrêté à cet album, je l'aurais noté que 3/5. Mais les deux albums suivants sont géniaux et mérite la note maximum. L'histoire est dense ! Très dense (en fait, j'ai bien l'impression que le tome 2 est la fin d'un cycle, et le tome 3, le début d'un nouveau). Il se passe pleins d'évènements et on découvre beaucoup de personnages mythologiques, c'est vraiment superbement et intelligemment écrit (surtout pour moi, fan de mythologie grecque). Je me suis vraiment éclaté à lire une histoire mélangeant pas mal d'éléments de la mythologie (péripéties, héros -qui ne devraient pas se rencontrer- et auteurs) avec quelques fois des références à la culture populaire et des réflexions philosophiques, le tout mâtiné d'un humour assez tordant. Le dessin de Blain, quant à lui, est excellent. Son trait est légèrement biscornu, avec des décors très épuré, mais il a une maitrise des ombres (et des poils) parfaite. Bref grâce à ça (et aussi aux couleurs très chouettes), la série possède encore plus de charme (même si son style est peut être moins recherché que dans Gus). Je recommande cette série... Mr. Sfar, s'il-vous-plaît, abandonnez tout vos projets du moments et écrivez la suite de "Socrate le génial demi-chien", j'ai hâte de lire la suite :) !!!
Frenchman
Une superbe couverture de Patrick Prugne, Turner le maître de l’aquarelle l’aurait probablement apprécié, le contenu du livre est da la même veine chaque case est à découvrir, chaque case est une petite merveille. Patrick Prugne nous fait découvrir les magnifiques paysages du territoire du Mississippi et décrit avec beaucoup de talent l’ambiance et les enjeux de l’ époque. Même si l’histoire est sans beaucoup d’originalité je me suis jamais ennuyé, le scénario est écrit par Patrick Prugne (Canoë Bay par Oger) et prouve donc qu’il a le sens du rythme et de la narration. Dommage ce scénario trop convenu, j’ai hésité entre 4* et 5* assez longtemps.
Urban
Attention pépite SF en perspective. J’ai pris un pied énorme à lire ce premier tome. Certes il reste encore de nombreuses zones d’ombre après cette première partie, mais l’univers de Monplaisir est plus que prometteur. Zach, le personnage principal est assez touchant, semblant tellement perdu et éloigné de la frénésie de cette ville tentaculaire, que l’on découvre à travers sa vision un peu naïve. Le background est donc vraiment excellent, Monplaisir s’avérant être une entité à part entière, ou derrière le vernis festif et décadent, semble se cacher un système beaucoup plus effrayant. Les pièces de l’échiquier ont été mises en place, et j’ai hâte d’obtenir les premières réponses, qui est ce personnage à priori imaginaire qui hante l’esprit de Zach, quel est le lien avec cet enfant ressemblant étrangement à cette chimère et enfin, dans cette ville où tout le monde est déguisé, quel est le vrai visage de cette cité envoutante. Le scénario s’annonce donc prometteur, mais que dire du dessin tout simplement magnifique, et je pèse mes mots. Je ne connaissais pas Roberto Ricci, mais Mamma Mia ma rétine en reste bouche bée ! Quel style graphique, complètement immersif, avec des couleurs au diapason. Une bonne grosse claque visuelle. Pour chipoter un peu, on pourrait dire que les séquences représentant les écrans de télé géants (omniprésents dans Monplaisir) sont un cran en dessous en terme de rendu, mais bon ça reste un détail mineur. Et puis, quel plaisir d’essayer d’identifier tous les costumes qui jalonnent ces superbes planches ainsi que la couverture, qui m’a immédiatement happée vers elle. Urban est pour ma part, une des plus belles surprises de l’année.
Fifi - Gars du maquis
Attention !… Très grande série !… Nous sommes en 1945. La seconde guerre mondiale, à peine terminée, est dans toutes les mémoires. Les valeurs conservatrices et –surtout- l’exaltation patriotique explosent en France. Et on en retrouve beaucoup dans ce qui sera édité en BD… Michel d’Eaubonne soumet un scénario au grand dessinateur qu’est alors Auguste Liquois. L’histoire est reprise par un vrai scénariste, Roger Lécureux, ce dès la quinzième planche. Lécureux donnera une mouture pour ainsi dire définitive de l’histoire. L’ idée est simple : un jeune provincial entre dans le maquis pour y vivre d’exaltantes aventures patriotiques. Seulement voilà : depuis moult années, si pas décennies, la censure –surtout catholique- avait droit de veto sur ce qui était édité. Pas question de mettre de « vilaines images » aux yeux de tout le monde, surtout des enfants. Ici, il n’en sera rien. « Dame censure » n’intervient pas. Et ce qui devait être une « BD de guerre » va s’avérer être quelque chose de très fort. Il n’y a pas d’Allemands mais des « sales boches ». Au dessin, Liquois se lâche vraiment. Le lecteur assiste à des exécutions sommaires, des scènes de tortures diverses… Comme Druillet le fera 25 ans plus tard avec Lone Sloane, Liquois éclate ses cases par des décors désaxés, des personnages décalés, fait montre d’un trait réaliste de belle facture qui fait vraiment sentir cette époque. On a parfois l’impression de se trouver dans un film car Liquois à l’art de jouer de la mise en scène de ses planches par des plans rapprochés, des plongées et contre-plongées, fait –à sa façon- participer les décors et arrière-plans à l’action. Du grand art. Vraiment. Raymond Cazanave reprendra par la suite le dessin. Le trait est dur, le graphisme « noir ». Le lecteur vit, participe vraiment aux scènes. Il en « rajoutera » même en dessinant souvent les « boches » dans des attitudes assez grotesques ; ce qui faisait très plaisir au lectorat de l’époque. C’est dans l’hebdo « Vaillant » que les aventures de notre héros de l’époque seront prépubliées. Les deux premières histoires, dessinées par Liquois, seront publiées en 1946 et 1947. Il s’agit de tomes au curieux format car quasi carré. Chacun est composé de 24 pages de mauvais papier –non raffiné- d’après-guerre ; des pages épaisses, au ton légèrement jaunâtre, mais au « parfum » inégalable. Les couvertures sont brochées et attirent l’oeil. Je n’ai aucune connaissance d’un troisième album éventuel, dessiné par Cazanave ; et dont le titre de l’histoire aurait dû être « L’Imbattable Fifi ». Tout ça pour ?… Une magnifique série, au graphisme hors du temps dans le contexte de l’époque. Les scénarios sont assez simples, mais ne sont là que comme soutien de l’action qui se déroule devant les yeux du lecteur. Et de l’action, il y en a. Ca, mes braves amis, c’est de la BD. Une « top note » (très rare de ma part) et un vrai coup de cœur.
Les Petits Soldats
Coup de cœur. 1872, en Czisletovie, Frantz, poète démuni, vivote de ses vers et de l’aumône qu’on veut bien lui faire. Il se prête volontiers aux joutes verbales, notamment avec Friedrich afin, l’un et l’autre, de gagner le cœur d’une jolie serveuse, Héloïse, dont ils sont amoureux. Mais un nouvel empereur vient d’être désigné. Il est jeune, trop jeune, et prend son armée pour des soldats de plomb avec lesquels il s’amuse. Et il déclare la guerre à la Dalmaszie, un des pays les plus pacifiques de cette Prusse imaginaire. Friedrich est mobilisé. Frantz, lui, préfère déserter mais il est contacté par un mystérieux « empoudré » de la KulturKommandatur qui lui propose, sous forme de chantage déguisé, une mission de messager. J’ai été complètement séduite par cette fantaisie baroque, au dessin somptueux et au scénario très original qui mêle amour, complot, poésie, art et guerre (et non « l’art de la guerre », bien que…). Le mystère règne et le fantastique planant au travers de quelques personnages étranges vous happe sans possibilité de faire marche arrière. C’est beau, c’est parfois drôle, inquiétant et si l’on ne sait encore comment ce dyptique va se terminer, on sent une touche d’humanité qui se profile malgré l’avenir guerrier qui est réservé aux deux royaumes. Incontournable qui, à mon avis, plaira aussi aux ados.
Frenchman
Je ne vais pas verser dans l’originalité : Frenchman est une véritable claque visuelle. Le dessin, la mise en page, et surtout les couleurs aquarelles font que chaque case est un délice pour les yeux, autant de mini-tableaux composant des planches magnifiques et lumineuses. L’histoire, tout en restant classique, est plus développée et intéressante que celle de Canoë Bay (album précédent de Patrick Prugne). Elle est ancrée dans une période historique intéressante et bien retranscrite, et ce qui aurait pu être une banale chasse à l’homme nous fait découvrir un lieu sauvage et inexploré, la Louisiane du 19eme siècle, avec ses autochtones et ses colons. La dureté de la nature humaine y est pleinement explorée, ainsi que sa faiblesse et sa lâcheté (à ce titre la fin est très belle). Une chouette histoire magnifiquement mise en image, qui a réussi à me transporter et me faire rêver. J’ai beau essayer, je n’arrive pas à formuler le moindre reproche à l’encontre de cet album. La note maximale donc.
Universal War One
Je ne connaissais pas Universal War 1 avant de baguenauder sur ce site. J’adore le space opera depuis ma première vision, enfant, du Star Wars originel. Cette série (que j’ai intégralement lue ;)) est une vraie œuvre majeure. Graphiquement, il n’y a rien à redire, c’est de très bonne facture, trait classe et racé, les décors, planètes etc. sont superbement rendus. La mise en couleur est du meilleur effet également, elle sert bien toutes les parties du récit, de l’introduction en « flashback » à l’émergence finale des CIC. Mais la vraie réussite se situe au niveau du scénario. C’est grandiose, on sent là la maîtrise de l’histoire, avec une tenue du suspense et des informations qui parviennent au compte goutte (sauf sur les 2 derniers tomes), les rebondissements, crédibles, intelligents, qui remettent en question systématiquement ce que l’on croit savoir, c’est du vrai grand art. On est pris par le menton (ou le nez c’est selon) et l’auteur nous emmène où il le souhaite. Vraiment une très belle histoire. Je mettrais un (petit tout petit) bémol, je pense que la fin aurait du être plus brutale et rester sur la manipulation de Mario. La fin ressemble à mes yeux (toute proportion gardée) à celle d’Abyss de Cameron, ou comment chercher une happy end là où elle ne s’impose pas. Mais c’est vraiment peanuts comparé à la grande qualité de l’œuvre. Les personnages eux sont profonds, avec leurs fêlures, leurs faiblesses. C’est juste parfois un peu too much dans le « j’ai un passé de merde », mais c’est globalement très fouillé. Bref, ça vaut largement son 5*.
Les Princesses aussi vont au petit coin
Je publie ce premier post parce que je ne m'attendais pas du tout à voir un 'sans plus' pour Chabouté... Certes, certaines pages ou passages sont un peu embrouillés, mais son univers transporte très vite les lecteurs un tantinet amateurs de BD subversives, dérangeantes et intrigantes ! Il fait partie de ces auteurs qui nécessitent une deuxième lecture pour cerner le concept. Le dessin en noir et blanc et les personnages sont très caractéristiques. Les princesses aussi vont au petit coin m'a juste donné envie d'acheter les autres de Chabouté pour comprendre son univers ! Et je suis loin d'en être déçue !
Mes Hommes de lettres
Pour une fois qu'une BD est conseillée à la lecture pour le bac de Français, j'allais pas me gêner. Oui, je sais qu'il faut lire tous les auteurs cités dans ce livre avant cet examen, mais je sais aussi que désormais je ne pourrai plus tous les lire, alors au moins que j'en apprenne un peu plus sur leur vie/leur œuvre principale, ce sera toujours utile. Et ce livre remplit parfaitement son rôle. Catherine Meurisse parle de littérature française pour ceux qui l'aiment, et ceux qui la détestent. Je pense que ceux qui ont une grande culture littéraire n'apprendront rien de nouveau, mais celui qui n'en aura aucune sera un peu perdu même si les deux peuvent être sensibles à l'humour (car c'est très drôle, j'adore notamment la couverture, car le passage de la Madeleine m'a fait rire). Je pense que le public qui profitera le plus de cette BD, c'est les lecteurs comme moi : ayant une base de culture littéraire, ayant lu quelques classiques mais cette culture ne peut (et ne demande) qu'à augmenter. Bon, c'est vrai que des fois, j'aurais bien aimé lire un chapitre sur un auteur particulier (Dumas, Verlaine, Ionesco, Camus, Stendhal, Prévert ou Aragon...) mais les 130 pages sont déjà bien remplies. Le dessin est vraiment bon, C. Meurisse a un grand talent de caricaturiste (elle travaille à Charlie Hebdo) très dynamique et nerveux (seul le lettrage est un peu difficile à déchiffrer quelques fois). Une BD super instructive et passionnante. Je serais heureux d'apprendre que C. Meurisse prépare une suite avec les auteurs cités en fin d'album.
Abélard
J’en suis convaincu à présent : au plus profond de ma carcasse épaisse et velue se tapit un cœur d’artichaut. Mis à mal et au grand jour par un moineau ridicule qui veut décrocher les étoiles pour son amoureuse frivole. Cet Abélard, un drôle d’oiseau ! Lui, qui n’a jamais quitté son marais natal, abandonne, sous la tyrannie d’une mélancolie langoureuse, la vie paisible et les amis de ce bout de paradis. Baluchon sur l’épaule, ukulélé en bandoulière, loti d’une désarmante innocence et d’un indécrottable optimisme, il entreprend son apprentissage au monde en un vagabondage bercé de rêves et de balivernes. Volatile sympathique, si touchant de naïveté quand ses illusions s’abiment sur une réalité encline à gifler les plus enthousiastes. Paf le piaf ! Ces baffes, que l’on aimerait lui coller en travers du bec et susciter un élan de révolte lorsque sa candeur rime avec « l’idiot du voyage », le scénario les distribue à dessein. Une odyssée pédestre rafraichissante, un périple brillamment sombre, qui inspirent de jolies valeurs humaines et prodiguent les leçons de vie exemptes de complaisance, nourries à la vérité crue des actes ou des sentiments. Mais Abélard, éternel ingénu, ne sait que tendre l’autre joue. Sa jobardise sans remède, malmenant nerfs et entrailles, débusque la tendresse au milieu de maximes philosophes. Des petits papiers quotidiennement extirpés d’un intarissable galure enchanté, où notre emplumé, relativisant ses déconvenues dans une lecture subjective pétillante, déniche inlassablement le courage pour regrimper en selle. Sous la désinvolture du grimage animalier s’embusque ainsi un conte initiatique féroce, à fleur d’émotion, servi par une osmose exceptionnelle : la musique de mots sonnant terriblement juste, une narration intelligemment tempérée et un pinceau félon éblouissant. Son esthétisme rond, bon-enfant, presque sucré, compose un bestiaire de frimousses avenantes, illumine des atmosphères saisissantes dont la grâce se dilue dans les hachures, l’âpreté ou la nervosité d’un trait modelé aux intonations et aux intentions du récit. Magique. Ouvrons grand nos yeux de mômes et chahutons nos âmes ! Cette fable qui-met-les-poils oscille entre parabole tendrement philosophique et long poème doux-amer. En nous prenant par la main, sensiblement, planche après planche, elle prête des sourires, de la joie de vivre, improvise des complicités. Puis, au détour d’une case ou d’une bulle, à la faveur d’une scène, elle reprend, bouleverse, étreignant le kiki à en embrumer les mirettes, et recommence, infatigable, dans une délicatesse absolue, entraînant son explorateur jusqu'où il n’imagine pas aller. À la clôture du diptyque, je suis resté couillon, définitivement sur le carreau, égrenant mentalement un chapelet de superlatifs dans l’espoir du mot bien venu. En vain. Muet et triste… Heureux d’être triste. Un gros coup de cœur. Un gros coup au cœur. Promis !