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Fifi, gars du maquis

Note: 5/5
(5/5 pour 1 avis)

Maquisards contre troupes d'invasion pendant la seconde guerre mondiale


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale La Résistance Perles rares ? [Seconde Guerre mondiale] Europe de l'Ouest

Avant la seconde guerre mondiale, Fifi travaillait dans une usine de produits chimiques. Mais la guerre est arrivée. Alors les soldats allemands –les « boches » comme on les appelle- tuent les jeunes de France, s’adonnent au pillage, déportent… Pour échapper au fameux S.T.O. (Service du travail obligatoire), ce jeune ouvrier patriote va alors quitter sa famille et ses amis pour rejoindre les F.T.P. (Francs Tireurs Partisans). Avec son groupe, Fifi va attaquer des convois divers, faire sauter des ponts, dérailler des trains et même capturer des officiers allemands. Hélas pour lui, la milice –aux ordres de l’envahisseur- va un jour l’arrêter. Il sera torturé avant d’être sauvé par des camarades. Plus patriote qu’avant, c’est la rage au ventre qu’il va participer à la libération de Limoges. Sa route, sanglante, le mènera à Paris. Il s’engagera ensuite dans l’armée du Rhin et du Danube afin de régler ses derniers comptes avec l’ennemi.

Scénaristes
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Avril 1946
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Fifi, gars du maquis
Les notes (1)
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27/10/2011 | L'Ymagier
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Par L'Ymagier
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Attention !… Très grande série !… Nous sommes en 1945. La seconde guerre mondiale, à peine terminée, est dans toutes les mémoires. Les valeurs conservatrices et –surtout- l’exaltation patriotique explosent en France. Et on en retrouve beaucoup dans ce qui sera édité en BD… Michel d’Eaubonne soumet un scénario au grand dessinateur qu’est alors Auguste Liquois. L’histoire est reprise par un vrai scénariste, Roger Lécureux, ce dès la quinzième planche. Lécureux donnera une mouture pour ainsi dire définitive de l’histoire. L’ idée est simple : un jeune provincial entre dans le maquis pour y vivre d’exaltantes aventures patriotiques. Seulement voilà : depuis moult années, si pas décennies, la censure –surtout catholique- avait droit de veto sur ce qui était édité. Pas question de mettre de « vilaines images » aux yeux de tout le monde, surtout des enfants. Ici, il n’en sera rien. « Dame censure » n’intervient pas. Et ce qui devait être une « BD de guerre » va s’avérer être quelque chose de très fort. Il n’y a pas d’Allemands mais des « sales boches ». Au dessin, Liquois se lâche vraiment. Le lecteur assiste à des exécutions sommaires, des scènes de tortures diverses… Comme Druillet le fera 25 ans plus tard avec Lone Sloane, Liquois éclate ses cases par des décors désaxés, des personnages décalés, fait montre d’un trait réaliste de belle facture qui fait vraiment sentir cette époque. On a parfois l’impression de se trouver dans un film car Liquois à l’art de jouer de la mise en scène de ses planches par des plans rapprochés, des plongées et contre-plongées, fait –à sa façon- participer les décors et arrière-plans à l’action. Du grand art. Vraiment. Raymond Cazanave reprendra par la suite le dessin. Le trait est dur, le graphisme « noir ». Le lecteur vit, participe vraiment aux scènes. Il en « rajoutera » même en dessinant souvent les « boches » dans des attitudes assez grotesques ; ce qui faisait très plaisir au lectorat de l’époque. C’est dans l’hebdo « Vaillant » que les aventures de notre héros de l’époque seront prépubliées. Les deux premières histoires, dessinées par Liquois, seront publiées en 1946 et 1947. Il s’agit de tomes au curieux format car quasi carré. Chacun est composé de 24 pages de mauvais papier –non raffiné- d’après-guerre ; des pages épaisses, au ton légèrement jaunâtre, mais au « parfum » inégalable. Les couvertures sont brochées et attirent l’oeil. Je n’ai aucune connaissance d’un troisième album éventuel, dessiné par Cazanave ; et dont le titre de l’histoire aurait dû être « L’Imbattable Fifi ». Tout ça pour ?… Une magnifique série, au graphisme hors du temps dans le contexte de l’époque. Les scénarios sont assez simples, mais ne sont là que comme soutien de l’action qui se déroule devant les yeux du lecteur. Et de l’action, il y en a. Ca, mes braves amis, c’est de la BD. Une « top note » (très rare de ma part) et un vrai coup de cœur.

27/10/2011 (modifier)