Culte ! Fantastique ! Désopilant ! Intelligent ! Unique par son style et sa conception ! Que dire : c'est sans doute ma BD préférée ! Même s'il ne faut pas la dissocier de toute l'œuvre de Donjon, ça reste mon cycle favori !
Les 2 premiers tomes (qui sont également les 2 premiers publiés) sont fabuleux, et j'ai du mal à comprendre que l'on adore pas forcement. J'aime cette amitié naissante entre Herbert, anti héros par excellence, et Marvin, monstre végétarien aux croyances surprenantes. Tout ça sous l'oeil d'un gardien devenu cynique après la mort (non relatée à ce jour) d'Alexandra.
Et après des années de disette, Tronsfar vont enfin reprendre la plume pour continuer cette fabuleuse série. Ce sera avec 2 "Crépuscule", mais je ne désespère pas qu'ils décident enfin de clore les zéniths.
Heureux ceux qui n'ont pas encore découvert cette série : que du bonheur en perspective !
Essayez de lire les BD dans l'ordre de parution : ça me semble plus intéressant.
Une série qui m'a transporté durant mon enfance et que j'ai dû lire une bonne vingtaine de fois. C'est un peu du Harry Potter avant l'heure mais empreint de l'atmosphère des mythes et des légendes wallonnes. Pour ceux qui découvrent cette bd maintenant, il ne faut pas se laisser rebuter par le graphisme franco-belge du 1er tome, faussement enfantin. C'est une histoire d'aventure grand public certes, mais empreint d'une vraie noirceur par moments. Certains passages sont presque cauchemardesques quand on lit ça enfant (le masquereur, le duc qui poignarde son fils à la fin du 3ème tome, "tête de cochon" qui pourrit sur place). Les dessins (malgré des couleurs d'imprimerie, typique de la bd franco-belge) sont d'une très grande richesse. Les architectures tarabiscotées des ruelles moyenâgeuses, les couloirs du pensionnat, et surtout les masques présents un peu partout tout au long des 4 tomes sur les visages des personnages, sur les façades des maisons, font partie intégrante de ce monde.
Les "vilains" sont très réussis. En particulier le duc, terrifiant, Satrape le masquereur, tête de cochon, Kargus le fils du duc, Elno ...
L'histoire est haletante jusqu'au tome 3. Le tome 4 est un peu en trop et donc pas indispensable.
Une série un peu oubliée de son auteur par rapport à La Vache plus parodique et second degré.
Bref un petit chef d'oeuvre de la bd, injustement méconnu. Pour les jeunes parents : faites lire cela à vos enfants (à partir de 8, 10 ans, ils vont adorer).
Mon album de Baru préféré (pour l'instant car je n'ai lu que celui-ci, L'Autoroute du soleil et Pauvres zhéros). J'ai été transporté par ces histoires ultra banales mais formidablement bien écrites et dessinées de bleds perdus, de campagnes maussades et pluvieuses, d'aires d'autoroutes, de bar pmu et d'hôtels de la gare tout miteux. J'adore cette ambiance typiquement française type fait divers et c'est là d'où je viens.
Toutes les histoires sont bonnes et nous sommes vraiment aux côtés du héros, traversant ces lieux quelconques et gris où, à travers la banalité triste des décors, il se passe toujours des choses un peu glauques, violentes mais empreintes d'humanité.
Un mélange de Jean-Jacques Goldman et Paul Personne pour la musique et de Bruno Dumont et sac de noeuds (Balasko) pour le décor.
Alors cet album n'a rien à voir avec l'autre oeuvre principale de Cabanes, Dans les villages à part peut-être la Provence (on ressent vraiment l'atmosphère du sud de la France. Cabanes est vraiment amoureux de cette région)
Là nous avons affaire à des souvenirs d'enfance où notre jeune héros (Cabanes lui-même ? ) est fortement obsédé par la chose. J'avais lu cette bd assez jeune (probablement le même âge que le héros) et cela m'avait fortement émoustillé. Ce n'est qu'après que j'ai pu apprécier la magnificence des dessins (les scènes sur la plage, le rendu de l'eau est superbe, du grand art).
Les 5 histoires sont autant de déclarations d'amour aux femmes (surtout des jeunes filles en dehors de la grosse "demoiselle" blonde) qui ont traversé son enfance et sa préadolescence (la dernière histoire se situe plus vers ses 16, 18 ans et est moins réussie). C'est très "cochon", voyeuriste et pervers mais au final et paradoxalement, plutôt attendrissant et léger (faut dire que j'avais lu ça la 1ère fois à 10, 12 ans). Cela fait appel à nos souvenirs et nous en avons tous des plus ou moins semblables dans notre découverte du sexe opposé.
Donc bref, la meilleure oeuvre de Cabanes après sa série Dans les villages et une de ses plus belles graphiquement parlant.
Série magnifique. Le monde inventé par Cabanes est réellement magique. Peuplé de dizaines de petites créatures plus étranges les unes que les autres, il nous prend par la main et nous sommes entrainés comme dans un rêve, à travers les chemins de ce monde parallèle au nôtre, le pays du rêve. Un monde réellement labyrinthique avec ses codes (plutôt absurde et surréaliste) et son dialecte tout " mi-mi ".
Les dessins sont magnifiques, surtout les tomes 2 et 3 pour ma part (Claire Wendling s'en inspirera pour ses "Lumières de l'Amalou" avec Gibelin). Une merveille de petits chemins, de villages provençaux à moitié abandonnés et habités par ces étranges créatures que sont les joles, les antis joles, les zimphes ... exactement comme dans un rêve ou un paysage familier est parasité par des éléments étrangers et étranges. La lumière est douce, les cieux sont étoilés comme une nuit d'été, les animaux sont espiègles, la narration est originale et très décalée. Bref c'est magique !
Je ne possède que le tome 1, 2, 3 et 4 et je n'ai donc pas lu la suite qui se poursuit sur 2 autres tomes je crois et qui sont apparemment bons. Donc je reste sur ces 4 premiers tomes (dans leurs jolies éditions originales).
Une excellente bd que je possède depuis tout petit et que j'ai lue une bonne vingtaine de fois. Le scénario est typique d'Andréas, fantastique et paranoïaque, un peu comme un film de John Carpenter (Invasion Los Angeles, Prince des ténèbres, L'antre de la folie...)
Le dessin de Berthet n'est pas exceptionnel mais s'accorde bien au récit vraiment terrifiant. On est vraiment à la place du héros ne sachant pas ce qui s'est passé.
Le 2ème récit est dans la même veine, un peu moins puissant mais très bon lui aussi.
Une bd que je possédais depuis longtemps mais que je n'arrivais pas à entamer (c'est comme pour certains films). Les dessins me plaisaient mais j'étais persuadé que j'allais m'ennuyer (comme pour Ici même de Tardi, oui rien à voir).
Eh bien grossière erreur, cette bd est un bijou. Les dessins sont magnifiques et le récit très beau. Simple, profond avec le superbe paysage de cette ile minuscule où trône ce phare. Le héros est assez antipathique au début essayant de draguer maladroitement la jeune femme et chose étrange il ne se passera rien entre eux. Faute de mieux il se tapera la gros... la tenancière de l’hôtel. Le héros restera donc un looser pendant toute la durée du récit et à la place d'une énième histoire d'amour on a plus affaire à la solitude de 3 personnes qui restent dans leurs coins, liées malgré elles sur cette petite île. Bon il y a quand même d'autres personnages et d'autres péripéties mais je laisse la surprise à ceux qui ne l'ont pas lu.
Un chef d'oeuvre de la bd (surtout les 2 premiers tomes). Le romantisme à l'état pur, gothique, désespéré, sombre, presque fantastique. Certaines planches sont parmi les plus belles de la bd. Des ciels gris lumineux, l'orage qui gronde, la campagne humide ou enneigée, le manoir... la scène d'amour torride dans le caveau du père, la folie de la soeur... Je préfère nettement quand l'histoire se passe dans la maison familiale plutôt qu'à Paris, c'est pour ça que je préfère les 2 premiers. Bien que le 3 et le 4 soient très bons également. Ensuite je n'ai pas lu mais les albums récents que j'ai feuilletés, je n'ai pas du tout aimé les dessins, trop hyperréalistes.
Lu il y a longtemps.
Très belle série de Makyo et Faure. Le tome 1 est le meilleur (les dessins d'Elsa, la secte ... ça m'avait passionné) puis dans le tome 2 j'ai aimé la séquence du père enfermé dans la cave qui se met à peindre frénétiquement à la manière de Modigliani. Ça m'avait marqué enfant. Par contre je n'ai pas lu le tome 3.
Quelle excellente idée, les éditions Seuil ont eue, quand elles ont réuni la quasi-intégralité des histoires de Rodolphe Töpffer, en 3 volumes.
Rodolphe Töpffer ? Vous voyez pas ! Bien avant "Spirou", "Tintin", Zig et Puce, "Superman" ou encore "Little Nemo" et Bécassine, il y eu 8 (si mes souvenirs sont bons) histoires, la première parue en 1833, sous la plume d'un grand monsieur : Rodolphe Töpffer, considéré comme l'inventeur de la Bande dessinée.
Et rien que pour ça, moi, en tant que grand fan de cet art, je respecte et j'avais envie de lire ces œuvres.
Et dans les 8 histoires écrites et dessinées par Töpffer, deux seulement ne sont pas reprises dans ces 3 volumes, et c'est dommage, je ne serais pas contre la sortie d'une autre 'intégrale Topffer".
Bon et bien, pour les premières vraies BD, c'est loin d'être mauvais.
Le graphisme, même si souvent maladroit, nerveux, grossier et tremblotant (à mes yeux modernes de lecteur), est dans un genre fouillé, détaillé et assez drôle, qui, en tenant compte de son âge est assez bon, drôle et intéressant à regarder. Il ne faut pas trop en demander, c'est sûr, mais dès l'histoire de Monsieur Vieux-Bois, on a droit régulièrement à de beaux décors. Même si les visages ne sont pas beaux, c'est détaillé et lisible. Et on retrouve déjà quelques codes de la BD plus moderne.
La deuxième histoire du dernier album (l'histoire de monsieur Cryptogame) est en fait inachevée : c'est le 1er jet de l'histoire (l'équivalent du crayonné chez les auteurs actuels) que l'on peut lire et cela se voit bien. En plus des ratures dans le texte, le dessin à partir de la moitié de l'histoire est moins lisible, plus simple, moins travaillé, encore plus grossier, etc...
De plus, et dès la première histoire, les travaux de Topffer sont bien des BDs au sens elliptique de la narration du terme, on est loin d'être en présence d'un texte illustré, et y dissocier les deux vous ferait perdre un bon pourcentage de gags...
Car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, les gags font encore mouche : les scénarios sont bons. Ils peuvent paraître linéaires, mais il y a pleins d'idées de bons gags. Töpffer utilise avant tout le comique de répétition (qui fait effet), les satires de la société de l'époque, mais aussi le comique de mot ou de geste (évidemment là c'est moins subtil). Mais dans ces longues histoires, il y a aussi plein de rebondissements ce qui donne aussi de bonnes BDs d'aventure. On ne s'ennuie vraiment pas.
La meilleur histoire de ces 3 albums est "Le docteur Festus", où l'auteur utilise au maximum tous ses procédés comiques (il y a pleins de procédés : comique de répétition, quiproquo, comique de situation, caricature de la société, l'absurde et même de l'humour s'éloignant des bonnes mœurs) ; j'ai vraiment beaucoup ri lors de ma lecture. L'histoire est incroyablement drôle (je me souviendrai longtemps de la représentation de la force armée suivant l'uniforme que fait l'auteur), et va mettre un bazar monstre dans l'univers créé : Une perle !
Bref, on passe un bon moment et on s'instruit devant cette bonne œuvre d'un autre âge, c'est étonnant comment elle foisonne de qualité en comparaison avec son âge.
Grâce aux éditions Seuil, je sais maintenant que dès l'invention de la BD, il y avait d'excellentes BDs qui ont aujourd’hui peu vieilli.
De toute manière, l'œuvre qui a crée l'une de mes plus grandes passions, et dont, grâce à elle, a découlé toutes ces heures de bonheurs que j'ai eues avec d'autres livres, ne peut mériter moins que la note que je lui aie mise ; c'est à dire 5/5. Je conseille ces livres à tous les amateurs de BDs qui s'intéressent aux origines du support (je comprendrai parfaitement le contraire, comme je comprends le non cinéphile, qui se fout de voir des films des frères Lumière), c'est-à-dire, à tous les inscrits de ce site.
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Donjon Zenith
Culte ! Fantastique ! Désopilant ! Intelligent ! Unique par son style et sa conception ! Que dire : c'est sans doute ma BD préférée ! Même s'il ne faut pas la dissocier de toute l'œuvre de Donjon, ça reste mon cycle favori ! Les 2 premiers tomes (qui sont également les 2 premiers publiés) sont fabuleux, et j'ai du mal à comprendre que l'on adore pas forcement. J'aime cette amitié naissante entre Herbert, anti héros par excellence, et Marvin, monstre végétarien aux croyances surprenantes. Tout ça sous l'oeil d'un gardien devenu cynique après la mort (non relatée à ce jour) d'Alexandra. Et après des années de disette, Tronsfar vont enfin reprendre la plume pour continuer cette fabuleuse série. Ce sera avec 2 "Crépuscule", mais je ne désespère pas qu'ils décident enfin de clore les zéniths. Heureux ceux qui n'ont pas encore découvert cette série : que du bonheur en perspective ! Essayez de lire les BD dans l'ordre de parution : ça me semble plus intéressant.
Gaspard de la nuit
Une série qui m'a transporté durant mon enfance et que j'ai dû lire une bonne vingtaine de fois. C'est un peu du Harry Potter avant l'heure mais empreint de l'atmosphère des mythes et des légendes wallonnes. Pour ceux qui découvrent cette bd maintenant, il ne faut pas se laisser rebuter par le graphisme franco-belge du 1er tome, faussement enfantin. C'est une histoire d'aventure grand public certes, mais empreint d'une vraie noirceur par moments. Certains passages sont presque cauchemardesques quand on lit ça enfant (le masquereur, le duc qui poignarde son fils à la fin du 3ème tome, "tête de cochon" qui pourrit sur place). Les dessins (malgré des couleurs d'imprimerie, typique de la bd franco-belge) sont d'une très grande richesse. Les architectures tarabiscotées des ruelles moyenâgeuses, les couloirs du pensionnat, et surtout les masques présents un peu partout tout au long des 4 tomes sur les visages des personnages, sur les façades des maisons, font partie intégrante de ce monde. Les "vilains" sont très réussis. En particulier le duc, terrifiant, Satrape le masquereur, tête de cochon, Kargus le fils du duc, Elno ... L'histoire est haletante jusqu'au tome 3. Le tome 4 est un peu en trop et donc pas indispensable. Une série un peu oubliée de son auteur par rapport à La Vache plus parodique et second degré. Bref un petit chef d'oeuvre de la bd, injustement méconnu. Pour les jeunes parents : faites lire cela à vos enfants (à partir de 8, 10 ans, ils vont adorer).
Sur la route encore
Mon album de Baru préféré (pour l'instant car je n'ai lu que celui-ci, L'Autoroute du soleil et Pauvres zhéros). J'ai été transporté par ces histoires ultra banales mais formidablement bien écrites et dessinées de bleds perdus, de campagnes maussades et pluvieuses, d'aires d'autoroutes, de bar pmu et d'hôtels de la gare tout miteux. J'adore cette ambiance typiquement française type fait divers et c'est là d'où je viens. Toutes les histoires sont bonnes et nous sommes vraiment aux côtés du héros, traversant ces lieux quelconques et gris où, à travers la banalité triste des décors, il se passe toujours des choses un peu glauques, violentes mais empreintes d'humanité. Un mélange de Jean-Jacques Goldman et Paul Personne pour la musique et de Bruno Dumont et sac de noeuds (Balasko) pour le décor.
Colin-Maillard
Alors cet album n'a rien à voir avec l'autre oeuvre principale de Cabanes, Dans les villages à part peut-être la Provence (on ressent vraiment l'atmosphère du sud de la France. Cabanes est vraiment amoureux de cette région) Là nous avons affaire à des souvenirs d'enfance où notre jeune héros (Cabanes lui-même ? ) est fortement obsédé par la chose. J'avais lu cette bd assez jeune (probablement le même âge que le héros) et cela m'avait fortement émoustillé. Ce n'est qu'après que j'ai pu apprécier la magnificence des dessins (les scènes sur la plage, le rendu de l'eau est superbe, du grand art). Les 5 histoires sont autant de déclarations d'amour aux femmes (surtout des jeunes filles en dehors de la grosse "demoiselle" blonde) qui ont traversé son enfance et sa préadolescence (la dernière histoire se situe plus vers ses 16, 18 ans et est moins réussie). C'est très "cochon", voyeuriste et pervers mais au final et paradoxalement, plutôt attendrissant et léger (faut dire que j'avais lu ça la 1ère fois à 10, 12 ans). Cela fait appel à nos souvenirs et nous en avons tous des plus ou moins semblables dans notre découverte du sexe opposé. Donc bref, la meilleure oeuvre de Cabanes après sa série Dans les villages et une de ses plus belles graphiquement parlant.
Dans les villages
Série magnifique. Le monde inventé par Cabanes est réellement magique. Peuplé de dizaines de petites créatures plus étranges les unes que les autres, il nous prend par la main et nous sommes entrainés comme dans un rêve, à travers les chemins de ce monde parallèle au nôtre, le pays du rêve. Un monde réellement labyrinthique avec ses codes (plutôt absurde et surréaliste) et son dialecte tout " mi-mi ". Les dessins sont magnifiques, surtout les tomes 2 et 3 pour ma part (Claire Wendling s'en inspirera pour ses "Lumières de l'Amalou" avec Gibelin). Une merveille de petits chemins, de villages provençaux à moitié abandonnés et habités par ces étranges créatures que sont les joles, les antis joles, les zimphes ... exactement comme dans un rêve ou un paysage familier est parasité par des éléments étrangers et étranges. La lumière est douce, les cieux sont étoilés comme une nuit d'été, les animaux sont espiègles, la narration est originale et très décalée. Bref c'est magique ! Je ne possède que le tome 1, 2, 3 et 4 et je n'ai donc pas lu la suite qui se poursuit sur 2 autres tomes je crois et qui sont apparemment bons. Donc je reste sur ces 4 premiers tomes (dans leurs jolies éditions originales).
Mortes saisons
Une excellente bd que je possède depuis tout petit et que j'ai lue une bonne vingtaine de fois. Le scénario est typique d'Andréas, fantastique et paranoïaque, un peu comme un film de John Carpenter (Invasion Los Angeles, Prince des ténèbres, L'antre de la folie...) Le dessin de Berthet n'est pas exceptionnel mais s'accorde bien au récit vraiment terrifiant. On est vraiment à la place du héros ne sachant pas ce qui s'est passé. Le 2ème récit est dans la même veine, un peu moins puissant mais très bon lui aussi.
Trait de craie
Une bd que je possédais depuis longtemps mais que je n'arrivais pas à entamer (c'est comme pour certains films). Les dessins me plaisaient mais j'étais persuadé que j'allais m'ennuyer (comme pour Ici même de Tardi, oui rien à voir). Eh bien grossière erreur, cette bd est un bijou. Les dessins sont magnifiques et le récit très beau. Simple, profond avec le superbe paysage de cette ile minuscule où trône ce phare. Le héros est assez antipathique au début essayant de draguer maladroitement la jeune femme et chose étrange il ne se passera rien entre eux. Faute de mieux il se tapera la gros... la tenancière de l’hôtel. Le héros restera donc un looser pendant toute la durée du récit et à la place d'une énième histoire d'amour on a plus affaire à la solitude de 3 personnes qui restent dans leurs coins, liées malgré elles sur cette petite île. Bon il y a quand même d'autres personnages et d'autres péripéties mais je laisse la surprise à ceux qui ne l'ont pas lu.
Sambre
Un chef d'oeuvre de la bd (surtout les 2 premiers tomes). Le romantisme à l'état pur, gothique, désespéré, sombre, presque fantastique. Certaines planches sont parmi les plus belles de la bd. Des ciels gris lumineux, l'orage qui gronde, la campagne humide ou enneigée, le manoir... la scène d'amour torride dans le caveau du père, la folie de la soeur... Je préfère nettement quand l'histoire se passe dans la maison familiale plutôt qu'à Paris, c'est pour ça que je préfère les 2 premiers. Bien que le 3 et le 4 soient très bons également. Ensuite je n'ai pas lu mais les albums récents que j'ai feuilletés, je n'ai pas du tout aimé les dessins, trop hyperréalistes.
Elsa
Lu il y a longtemps. Très belle série de Makyo et Faure. Le tome 1 est le meilleur (les dessins d'Elsa, la secte ... ça m'avait passionné) puis dans le tome 2 j'ai aimé la séquence du père enfermé dans la cave qui se met à peindre frénétiquement à la manière de Modigliani. Ça m'avait marqué enfant. Par contre je n'ai pas lu le tome 3.
Tous les albums de Topffer (Monsieur Jabot et autres histoires)
Quelle excellente idée, les éditions Seuil ont eue, quand elles ont réuni la quasi-intégralité des histoires de Rodolphe Töpffer, en 3 volumes. Rodolphe Töpffer ? Vous voyez pas ! Bien avant "Spirou", "Tintin", Zig et Puce, "Superman" ou encore "Little Nemo" et Bécassine, il y eu 8 (si mes souvenirs sont bons) histoires, la première parue en 1833, sous la plume d'un grand monsieur : Rodolphe Töpffer, considéré comme l'inventeur de la Bande dessinée. Et rien que pour ça, moi, en tant que grand fan de cet art, je respecte et j'avais envie de lire ces œuvres. Et dans les 8 histoires écrites et dessinées par Töpffer, deux seulement ne sont pas reprises dans ces 3 volumes, et c'est dommage, je ne serais pas contre la sortie d'une autre 'intégrale Topffer". Bon et bien, pour les premières vraies BD, c'est loin d'être mauvais. Le graphisme, même si souvent maladroit, nerveux, grossier et tremblotant (à mes yeux modernes de lecteur), est dans un genre fouillé, détaillé et assez drôle, qui, en tenant compte de son âge est assez bon, drôle et intéressant à regarder. Il ne faut pas trop en demander, c'est sûr, mais dès l'histoire de Monsieur Vieux-Bois, on a droit régulièrement à de beaux décors. Même si les visages ne sont pas beaux, c'est détaillé et lisible. Et on retrouve déjà quelques codes de la BD plus moderne. La deuxième histoire du dernier album (l'histoire de monsieur Cryptogame) est en fait inachevée : c'est le 1er jet de l'histoire (l'équivalent du crayonné chez les auteurs actuels) que l'on peut lire et cela se voit bien. En plus des ratures dans le texte, le dessin à partir de la moitié de l'histoire est moins lisible, plus simple, moins travaillé, encore plus grossier, etc... De plus, et dès la première histoire, les travaux de Topffer sont bien des BDs au sens elliptique de la narration du terme, on est loin d'être en présence d'un texte illustré, et y dissocier les deux vous ferait perdre un bon pourcentage de gags... Car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, les gags font encore mouche : les scénarios sont bons. Ils peuvent paraître linéaires, mais il y a pleins d'idées de bons gags. Töpffer utilise avant tout le comique de répétition (qui fait effet), les satires de la société de l'époque, mais aussi le comique de mot ou de geste (évidemment là c'est moins subtil). Mais dans ces longues histoires, il y a aussi plein de rebondissements ce qui donne aussi de bonnes BDs d'aventure. On ne s'ennuie vraiment pas. La meilleur histoire de ces 3 albums est "Le docteur Festus", où l'auteur utilise au maximum tous ses procédés comiques (il y a pleins de procédés : comique de répétition, quiproquo, comique de situation, caricature de la société, l'absurde et même de l'humour s'éloignant des bonnes mœurs) ; j'ai vraiment beaucoup ri lors de ma lecture. L'histoire est incroyablement drôle (je me souviendrai longtemps de la représentation de la force armée suivant l'uniforme que fait l'auteur), et va mettre un bazar monstre dans l'univers créé : Une perle ! Bref, on passe un bon moment et on s'instruit devant cette bonne œuvre d'un autre âge, c'est étonnant comment elle foisonne de qualité en comparaison avec son âge. Grâce aux éditions Seuil, je sais maintenant que dès l'invention de la BD, il y avait d'excellentes BDs qui ont aujourd’hui peu vieilli. De toute manière, l'œuvre qui a crée l'une de mes plus grandes passions, et dont, grâce à elle, a découlé toutes ces heures de bonheurs que j'ai eues avec d'autres livres, ne peut mériter moins que la note que je lui aie mise ; c'est à dire 5/5. Je conseille ces livres à tous les amateurs de BDs qui s'intéressent aux origines du support (je comprendrai parfaitement le contraire, comme je comprends le non cinéphile, qui se fout de voir des films des frères Lumière), c'est-à-dire, à tous les inscrits de ce site.