Héros ou criminel, ce Batman ? La question se pose en ville. Le docteur Hugo Strange admire en secret Batman, et le déteste à la fois. Conseiller psychologique pour la police, il va hypnotiser Cort, le chef de la brigade anti-Batman pour le pousser à devenir un justicier hors-la-loi encore plus expéditif afin de faire porter le chapeau à notre héros. Entre Strange le dérangé et un Batman pas toujours sûr de faire le bon choix, un combat psychologique s'annonce.
Pas de superméchant ridicule, une bonne intrigue bien solide, et même si le dessin n'est pas à mon goût ça fait le boulot. On retrouve l'univers poisseux et réaliste de Year One à connotation sexuelle, une Catwoman garçon manqué, un Batman pas encore surhumain auquel il est facile de s'attacher. Certaines scènes d'Hugo Strange sont fascinantes de perversité et de délabrement psychologique.
Ma première BD Batman, ma préférée avec Year One (qu'il vaut mieux lire avant car Proie lui fait suite !).
MàJ :
J'avais lu Proie en empruntant un exemplaire à la bibliothèque, probablement une ancienne édition car j'ai récemment acheté la BD qui contient elle une deuxième histoire.
Le dr Hugo Strange est de retour et veut se venger de Batman (étonnant !). Mais il ne veut pas simplement se venger, il veut le détruire symboliquement et psychologiquement. Afin d'accomplir cette tâche difficile, il décide de trouver de l'aide auprès d'un autre taré, à savoir Jonathan Crane, enfermé à l'asile, et spécialiste de la peur. Tout un programme !
L'histoire est moins bien menée que la première, le dessin pas toujours heureux (surtout concernant les courbes de Catwoman) ; ça sent parfois la grosse série B. Mais il y a de l'idée et de l'ambition. Même si les expressions grossières des visages font perdre du sel à leur relation ambiguë, le couple Batman/Catwoman avec sa dynamique traditionnelle attraction/répulsion fonctionne bien. L'intrigue centrée sur la peur est aussi une belle idée, touchant évidemment à un thème central du personnage Batman, mais également employée d'une manière intéressante, Jonathan Crane, ancien souffre-douleur, voulant redevenir le maître de la peur, titre que lui aurait volé Batman, ce bourreau des bourreaux lui rappelant de mauvais souvenirs d'enfance.
Après dans la BD ça ne se traduit pas toujours de manière très subtile. Une part de l'action se déroule dans une vieille maison abandonnée comme dans les films d'épouvante ; bonne idée selon moi. Seulement on retrouve aussi beaucoup de clichés de ce genre de cinéma, quand on ne tombe pas dans des facilités propres à la BD.
Ça reste une histoire tout à fait divertissante, et un complément à Proie, lui faisant suite, que pour ma part je suis satisfait de posséder. Ma note serait de 3/5.
Requiem, on aime ou on déteste; moi j’adore! Enfin une série qui ne fait pas dans le « bon chic bon genre » : c’est trash, violent, malsain et diablement prenant !
Les dessins sont somptueux même si il est compréhensible que l’on puisse les trouver trop chargé. Ledroit est vraiment l’un des meilleurs artistes du 9ème art. Certaines planches sont de vrais tableaux. La mise en couleur, quant à elle, correspond tout à fait à l’ambiance recherchée, sanglante!
Cette série est totalement novatrice. Faire d’un ancien SS le héros d’une bande dessinée c’est déjà osé mais l’inclure dans un enfer où les violeurs, les zombies, les tueurs, les loups garous, les vampires (…) se font la guerre… il fallait quand même y penser! On découvre un univers extrêmement riche et complexe. A cela s’ajoute une histoire sombre et complexe où de nombreux personnages charismatiques se croisent (un peu trop).
Bref Requiem, Chevalier Vampire est une série pour adulte car elle est extrêmement violente. Ici, la rédemption et les idéologies malsaines se côtoient dans un univers glauque. Âmes sensibles s’abstenir.
Petit bémol, l'intrigue commence à se faire un peu longue à partir du 10ème tome. De plus les délires sur la musique métal/rock n'est pas franchement "tripant" pour les non initiés.
-1 étoile à cause d'un scénario qui n’avance plus et des délires moyens sur le métal.
J'avoue que je ne savais pas trop à quoi m'attendre en lisant cette BD...
Je ne connaissais pas Efa, qui semble travailler surtout chez Paquet, mais j'avoue que son trait est assez séduisant, et qu'il me rappelle un peu celui de Duhamel dans Kochka, pour l'aspect détaillé de certaines de ses cases, pour la technique générale aussi. Un point amusant, mais qui ne gêne aucunement la lecture : la tête des personnages est trop grosse par rapport au reste du corps, mais cela rajoute un effet un peu "enfantin" au style. Son dessin est bien accompagné par les couleurs chaudes, mais pas trop.
Le scénario, réalisé en tandem par la famille Jouvray, nous permet de suivre un moment-clé de l’histoire de la Nouvelle-Zélande, ce pays tellement éloigné et tellement fascinant : la crise économique dans les années 1930 pousse certains maoris à partir à l’étranger pour se produire et faire connaître leur culture. Le récit, sans qu’il ne se passe réellement grand-chose, est très prenant, grâce au découpage assez agréable réalisé par les deux auteurs. A noter d’ailleurs qu’Efa passe à un gaufrier très strict à partir du moment où les parents de Nyree quittent leur maison, comme s’il avait voulu marquer une rupture, mais une rupture solide, vers un ailleurs sécurisant.
Après la (re)lecture de l'ensemble de la série, le soufflet est un peu retombé, je trouve que la série manque un peu de souffle, et Efa a un peu négligé certaines cases dans le tome 2... Je redescends ma note d'un point, car elle reste pas mal, et tout de même intéressante.
Excellent !
J'avais lu plein d'avis positifs sur cette histoire et j'avais donc décidé de la mettre sur ma liste de BD à offrir à Noël et comme je suis quelqu'un de consciencieux, je contrôle la qualité avant de faire les paquets cadeaux... Je n'ai pas été déçue, loin de là.
Le dessin n'est pas vraiment ma tasse de thé (ah ah ah) mais l'histoire est un petit bijou. Basée sur une légende datant de l'époque des guerres napoléoniennes, elle nous raconte comment un singe, mascotte d'un navire français ayant échoué au large des côtes de ce petit village anglais, a été pris pour et jugé comme un français simplement parce qu'il portait un uniforme français et parce que les villageois ignoraient complètement à quoi pouvait ressembler cet ennemi juré.
J'ai eu deux coups de cœur dans cette BD. Le premier est pour le vieil ancien combattant, cul-de-jatte depuis des années, qui est blessé lors de son attaque au canon de la prison du singe et qui, quand on lui demande comment ça va, répond "je ne sens plus mes jambes" (mouarf). Le second est pour le "clin d’œil" de la page 91, même s'il est certainement fantaisiste, il est très sympathique et clôt admirablement bien l'histoire.
A offrir ou à se faire offrir sans hésiter.
Quelle bonne surprise pour moi cette trilogie !
Tout d'abord j'adore l'ambiance polar noir de ce New York un peu glauque, un peu sombre. Et ce jaune qui vient juste faire le contraste qui va bien, j'aime ! Le dessin est parfait avec ces couleurs, Vraiment une réussite graphique.
Quelle bonne idée de traiter l'histoire du point de vu de 3 protagonistes de l'histoire (1 par tome). Ça nécessite un scénario béton et bien maitrisé, et c'est le cas ici.
Les 2 premiers tomes fonctionnent vraiment par pair, et le 3ème vient se rajouter dessus et vient rajouter un peu d’épaisseur et de background aux personnages de Martha et Telenko, tout en rajoutant l'histoire de Dillon.
Tout se recoupe entre les 3 tomes, c'est vraiment bien foutu ! J'aime bien ce genre "d'astuces scénaristiques"
Je vais pas trop en rajouter, les nombres d'avis hyper positifs ici devraient finir de vous convaincre que lire Berceuse Assassine...
Un scénario œuvre de jeunesse du créateur du Muppet Show, voilà ce que propose cet album. Il n’en fallait pas plus pour susciter ma curiosité.
Mais si je suis curieux, l’objet en question l’est peut-être plus encore. Pensez donc : un récit long de 160 planches dans lequel les textes sont rares, la mise en page éclatée, les couleurs basiques, vives et rosées, et l’histoire totalement délirante. Ce récit se résume en fait à un long jeu du chat et de la souris dans lequel mille et une idées tantôt saugrenues, tantôt absurdes empêchent le chat d’attraper ladite souris… quand ce n’est pas le chat lui-même qui décide de prolonger le jeu. Dans cette histoire, on ne peut que prendre en amitié notre héros malgré lui qui se demande, tout autant que nous, ce qui va bien pouvoir encore surgir derrière le prochain rocher.
La première partie du récit est vraiment très plaisante à suivre. Malheureusement, l’histoire s’essouffle quelque peu dans la seconde partie. Pas de quoi me faire décrocher de ma lecture mais cet essoufflement coûte quand même la quatrième étoile à ce récit.
Le final, lui, est très bon et plein d’ironie. Je ne sais pas s’il y a une morale cachée derrière tout ça mais, à titre personnel, le voyage graphique m’a largement satisfait.
Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié la maquette de l’album. Couverture avec relief, textes de présentation, postface. Il ne s’agit pas seulement d’un bon récit mais aussi d’un bel objet, simple élégant et soigné.
Une curiosité, sans nul doute. Un petit délire d’un grand génie, certainement. Un bon album ? Oui, un bon album. En tous les cas, une œuvre qui vaut la peine qu’on y jette plus qu'un œil... mais c'est quand même bien barré !!!
Sympathique cette nouvelle série jeunesse qui démarre chez Soleil.
L'histoire est toute simple : Kalimbo est un très vieil éléphant qui sent sa dernière heure venue et décide de se rendre au cimetière des éléphants, accompagné de son fidèle et vieil ami, le lion Makussa. Sauf que tout ne va pas être si simple car en chemin ils vont faire la rencontre d'un jeune zèbre qui a été séparé de sa famille à cause du passage d'un troupeau de gnous et vont alors l'aider à retrouver les siens.
Il y a beaucoup d'humour dans les dialogues et ces animaux doués de parole forcent la sympathie du lecteur. La palette de caractères est riche : le vieil éléphant bougon, le vieux lion sage et posé, le jeune zèbre intrépide, les deux autruches Adélaïde et Abigail (mon coup de cœur est pour elles) qui se cachent en enfouissant la tête dans le sol, des oiseaux, des méchants lycaons, de majestueuses girafes, un rhinocéros bourru, des vervets (et pas des macaques ! ) : bref, toute la savane y passe et tient son petit rôle.
On pourrait se croire dans une production Disney (sans être péjoratif) du style "Le roi lion".
Le dessin de Frédéric Besson est très réussi, les animaux sont réalistes et la colorisation très douce.
Le T1 se termine sur un retournement de situation amusant qui annonce une suite, que j'espère avoir très vite l'occasion de découvrir.
Enfin Michel Vaillant a vielli ; père d'un ado en mal de vivre et d'un père toujours dans la perfection et un tantinet rétrograde. Nouveau dessin très réaliste avec de belles couleurs.
Dommage que les camions de l'écurie vaillante soient des Mercedes alors que l'on valorise la marque VAILLANTE (française)
Histoire bien construite avec des rebondissements à prévoir.
Je réécris mon avis après la lecture des 4 tomes, et je passe ma note à 5/5.
Kris a, à mon humble avis, trouvé l’équilibre parfait entre l’enquête policière, qui avance lascivement, et le background historique. L’horreur chez les poilus, on connaît pourtant, on a lu des tas de livres, vu des tas de films et documentaires sur le sujet (voir notre thème). Mais cette période sombre de notre histoire fait toujours aussi froid dans le dos, surtout quand elle est décrite de façon aussi réaliste. Je sais qu’il est d’une banalité affligeante de s’écrier « putain mais quelle connerie cette guerre, comment a-t-on pu laisser faire ça », mais c’est vraiment ce qui vient à l’esprit en refermant le dernier tome.
Le rythme est lent (amateurs d’action, passez votre chemin) et la poésie omniprésente, au travers les réflexions de notre détective gendarme. L’écriture est magistrale, quelle beauté dans les textes ! Je me demande comment il est possible d’écrire des choses pareilles sans avoir vécu la guerre soi-même… L’auteur a dû faire beaucoup de recherches et lire de nombreux témoignages.
Le dessin de Maël est magnifique, même si les couleurs se limitent souvent à une palette boueuse, tranchées oblige.
Le dénouement de l’enquête est satisfaisant au possible (cohérent et surprenant) et les dernières pages laissent vraiment un goût amer dans la bouche, avec cet armistice qui arrive enfin, mais trop tard pour une génération mutilée et traumatisée. La guerre ne se termine jamais pour ceux qui ont combattu, les séquelles sont trop profondes.
Cette série est pour moi un coup de maître : des personnages à la psychologie bien définie, une enquête policière prenante qui se greffe sur un contexte historique effroyable, et une fin « coup de poing ». Une lecture qui marque.
Que voilà un savant mélange des genres !
La première chose qui marque dans ce récit, c’est son style graphique. Expressif en diable, résolument moderne dans le trait mais pourvu d’une colorisation qui le rend désuet, ce style dote la série d’un ton, d’une âme. Directement, je me suis dit que Tim Burton ne devait pas être bien loin (pour une raison que je n’arrive pas à m’expliquer, les enfants de la séries me faisaient penser aux délurés gamins de « l’étrange Noël de Mr Jack »). Ce style est expressif, très dynamique, beau et décalé : une franche réussite.
Puis vient l’histoire. Et là, on peut dire que son auteur, Olivier Bleys, ne s’est pas contenté du minimum syndical. Ce scénario fourmille de joyeuses trouvailles, entre les introductions en deux pages littéraires, les professions familiales farfelues, l’enquête policière et la surprenante apparition de la pierre philosophale. Quelle richesse, quel délice. On sent là derrière un réel travail d’écrivain capable de créer un univers, de développer des personnages, de doser ses effets… et de garder tout du long une ligne directrice.
Constamment, l’équilibre est trouvé entre l’humour et le drame. Le premier l’emporte mais les auteurs parviennent à nous faire ressentir que le deuxième se tient tapi dans l’ombre.
Une de mes meilleures lectures de cette année, ni plus ni moins.
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La Proie d'Hugo Strange (Batman - Proie)
Héros ou criminel, ce Batman ? La question se pose en ville. Le docteur Hugo Strange admire en secret Batman, et le déteste à la fois. Conseiller psychologique pour la police, il va hypnotiser Cort, le chef de la brigade anti-Batman pour le pousser à devenir un justicier hors-la-loi encore plus expéditif afin de faire porter le chapeau à notre héros. Entre Strange le dérangé et un Batman pas toujours sûr de faire le bon choix, un combat psychologique s'annonce. Pas de superméchant ridicule, une bonne intrigue bien solide, et même si le dessin n'est pas à mon goût ça fait le boulot. On retrouve l'univers poisseux et réaliste de Year One à connotation sexuelle, une Catwoman garçon manqué, un Batman pas encore surhumain auquel il est facile de s'attacher. Certaines scènes d'Hugo Strange sont fascinantes de perversité et de délabrement psychologique. Ma première BD Batman, ma préférée avec Year One (qu'il vaut mieux lire avant car Proie lui fait suite !). MàJ : J'avais lu Proie en empruntant un exemplaire à la bibliothèque, probablement une ancienne édition car j'ai récemment acheté la BD qui contient elle une deuxième histoire. Le dr Hugo Strange est de retour et veut se venger de Batman (étonnant !). Mais il ne veut pas simplement se venger, il veut le détruire symboliquement et psychologiquement. Afin d'accomplir cette tâche difficile, il décide de trouver de l'aide auprès d'un autre taré, à savoir Jonathan Crane, enfermé à l'asile, et spécialiste de la peur. Tout un programme ! L'histoire est moins bien menée que la première, le dessin pas toujours heureux (surtout concernant les courbes de Catwoman) ; ça sent parfois la grosse série B. Mais il y a de l'idée et de l'ambition. Même si les expressions grossières des visages font perdre du sel à leur relation ambiguë, le couple Batman/Catwoman avec sa dynamique traditionnelle attraction/répulsion fonctionne bien. L'intrigue centrée sur la peur est aussi une belle idée, touchant évidemment à un thème central du personnage Batman, mais également employée d'une manière intéressante, Jonathan Crane, ancien souffre-douleur, voulant redevenir le maître de la peur, titre que lui aurait volé Batman, ce bourreau des bourreaux lui rappelant de mauvais souvenirs d'enfance. Après dans la BD ça ne se traduit pas toujours de manière très subtile. Une part de l'action se déroule dans une vieille maison abandonnée comme dans les films d'épouvante ; bonne idée selon moi. Seulement on retrouve aussi beaucoup de clichés de ce genre de cinéma, quand on ne tombe pas dans des facilités propres à la BD. Ça reste une histoire tout à fait divertissante, et un complément à Proie, lui faisant suite, que pour ma part je suis satisfait de posséder. Ma note serait de 3/5.
Requiem - Chevalier Vampire
Requiem, on aime ou on déteste; moi j’adore! Enfin une série qui ne fait pas dans le « bon chic bon genre » : c’est trash, violent, malsain et diablement prenant ! Les dessins sont somptueux même si il est compréhensible que l’on puisse les trouver trop chargé. Ledroit est vraiment l’un des meilleurs artistes du 9ème art. Certaines planches sont de vrais tableaux. La mise en couleur, quant à elle, correspond tout à fait à l’ambiance recherchée, sanglante! Cette série est totalement novatrice. Faire d’un ancien SS le héros d’une bande dessinée c’est déjà osé mais l’inclure dans un enfer où les violeurs, les zombies, les tueurs, les loups garous, les vampires (…) se font la guerre… il fallait quand même y penser! On découvre un univers extrêmement riche et complexe. A cela s’ajoute une histoire sombre et complexe où de nombreux personnages charismatiques se croisent (un peu trop). Bref Requiem, Chevalier Vampire est une série pour adulte car elle est extrêmement violente. Ici, la rédemption et les idéologies malsaines se côtoient dans un univers glauque. Âmes sensibles s’abstenir. Petit bémol, l'intrigue commence à se faire un peu longue à partir du 10ème tome. De plus les délires sur la musique métal/rock n'est pas franchement "tripant" pour les non initiés. -1 étoile à cause d'un scénario qui n’avance plus et des délires moyens sur le métal.
Kia Ora
J'avoue que je ne savais pas trop à quoi m'attendre en lisant cette BD... Je ne connaissais pas Efa, qui semble travailler surtout chez Paquet, mais j'avoue que son trait est assez séduisant, et qu'il me rappelle un peu celui de Duhamel dans Kochka, pour l'aspect détaillé de certaines de ses cases, pour la technique générale aussi. Un point amusant, mais qui ne gêne aucunement la lecture : la tête des personnages est trop grosse par rapport au reste du corps, mais cela rajoute un effet un peu "enfantin" au style. Son dessin est bien accompagné par les couleurs chaudes, mais pas trop. Le scénario, réalisé en tandem par la famille Jouvray, nous permet de suivre un moment-clé de l’histoire de la Nouvelle-Zélande, ce pays tellement éloigné et tellement fascinant : la crise économique dans les années 1930 pousse certains maoris à partir à l’étranger pour se produire et faire connaître leur culture. Le récit, sans qu’il ne se passe réellement grand-chose, est très prenant, grâce au découpage assez agréable réalisé par les deux auteurs. A noter d’ailleurs qu’Efa passe à un gaufrier très strict à partir du moment où les parents de Nyree quittent leur maison, comme s’il avait voulu marquer une rupture, mais une rupture solide, vers un ailleurs sécurisant. Après la (re)lecture de l'ensemble de la série, le soufflet est un peu retombé, je trouve que la série manque un peu de souffle, et Efa a un peu négligé certaines cases dans le tome 2... Je redescends ma note d'un point, car elle reste pas mal, et tout de même intéressante.
Le Singe de Hartlepool
Excellent ! J'avais lu plein d'avis positifs sur cette histoire et j'avais donc décidé de la mettre sur ma liste de BD à offrir à Noël et comme je suis quelqu'un de consciencieux, je contrôle la qualité avant de faire les paquets cadeaux... Je n'ai pas été déçue, loin de là. Le dessin n'est pas vraiment ma tasse de thé (ah ah ah) mais l'histoire est un petit bijou. Basée sur une légende datant de l'époque des guerres napoléoniennes, elle nous raconte comment un singe, mascotte d'un navire français ayant échoué au large des côtes de ce petit village anglais, a été pris pour et jugé comme un français simplement parce qu'il portait un uniforme français et parce que les villageois ignoraient complètement à quoi pouvait ressembler cet ennemi juré. J'ai eu deux coups de cœur dans cette BD. Le premier est pour le vieil ancien combattant, cul-de-jatte depuis des années, qui est blessé lors de son attaque au canon de la prison du singe et qui, quand on lui demande comment ça va, répond "je ne sens plus mes jambes" (mouarf). Le second est pour le "clin d’œil" de la page 91, même s'il est certainement fantaisiste, il est très sympathique et clôt admirablement bien l'histoire. A offrir ou à se faire offrir sans hésiter.
Berceuse assassine
Quelle bonne surprise pour moi cette trilogie ! Tout d'abord j'adore l'ambiance polar noir de ce New York un peu glauque, un peu sombre. Et ce jaune qui vient juste faire le contraste qui va bien, j'aime ! Le dessin est parfait avec ces couleurs, Vraiment une réussite graphique. Quelle bonne idée de traiter l'histoire du point de vu de 3 protagonistes de l'histoire (1 par tome). Ça nécessite un scénario béton et bien maitrisé, et c'est le cas ici. Les 2 premiers tomes fonctionnent vraiment par pair, et le 3ème vient se rajouter dessus et vient rajouter un peu d’épaisseur et de background aux personnages de Martha et Telenko, tout en rajoutant l'histoire de Dillon. Tout se recoupe entre les 3 tomes, c'est vraiment bien foutu ! J'aime bien ce genre "d'astuces scénaristiques" Je vais pas trop en rajouter, les nombres d'avis hyper positifs ici devraient finir de vous convaincre que lire Berceuse Assassine...
Jim Henson's Tale of Sand
Un scénario œuvre de jeunesse du créateur du Muppet Show, voilà ce que propose cet album. Il n’en fallait pas plus pour susciter ma curiosité. Mais si je suis curieux, l’objet en question l’est peut-être plus encore. Pensez donc : un récit long de 160 planches dans lequel les textes sont rares, la mise en page éclatée, les couleurs basiques, vives et rosées, et l’histoire totalement délirante. Ce récit se résume en fait à un long jeu du chat et de la souris dans lequel mille et une idées tantôt saugrenues, tantôt absurdes empêchent le chat d’attraper ladite souris… quand ce n’est pas le chat lui-même qui décide de prolonger le jeu. Dans cette histoire, on ne peut que prendre en amitié notre héros malgré lui qui se demande, tout autant que nous, ce qui va bien pouvoir encore surgir derrière le prochain rocher. La première partie du récit est vraiment très plaisante à suivre. Malheureusement, l’histoire s’essouffle quelque peu dans la seconde partie. Pas de quoi me faire décrocher de ma lecture mais cet essoufflement coûte quand même la quatrième étoile à ce récit. Le final, lui, est très bon et plein d’ironie. Je ne sais pas s’il y a une morale cachée derrière tout ça mais, à titre personnel, le voyage graphique m’a largement satisfait. Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié la maquette de l’album. Couverture avec relief, textes de présentation, postface. Il ne s’agit pas seulement d’un bon récit mais aussi d’un bel objet, simple élégant et soigné. Une curiosité, sans nul doute. Un petit délire d’un grand génie, certainement. Un bon album ? Oui, un bon album. En tous les cas, une œuvre qui vaut la peine qu’on y jette plus qu'un œil... mais c'est quand même bien barré !!!
Kalimbo
Sympathique cette nouvelle série jeunesse qui démarre chez Soleil. L'histoire est toute simple : Kalimbo est un très vieil éléphant qui sent sa dernière heure venue et décide de se rendre au cimetière des éléphants, accompagné de son fidèle et vieil ami, le lion Makussa. Sauf que tout ne va pas être si simple car en chemin ils vont faire la rencontre d'un jeune zèbre qui a été séparé de sa famille à cause du passage d'un troupeau de gnous et vont alors l'aider à retrouver les siens. Il y a beaucoup d'humour dans les dialogues et ces animaux doués de parole forcent la sympathie du lecteur. La palette de caractères est riche : le vieil éléphant bougon, le vieux lion sage et posé, le jeune zèbre intrépide, les deux autruches Adélaïde et Abigail (mon coup de cœur est pour elles) qui se cachent en enfouissant la tête dans le sol, des oiseaux, des méchants lycaons, de majestueuses girafes, un rhinocéros bourru, des vervets (et pas des macaques ! ) : bref, toute la savane y passe et tient son petit rôle. On pourrait se croire dans une production Disney (sans être péjoratif) du style "Le roi lion". Le dessin de Frédéric Besson est très réussi, les animaux sont réalistes et la colorisation très douce. Le T1 se termine sur un retournement de situation amusant qui annonce une suite, que j'espère avoir très vite l'occasion de découvrir.
Michel Vaillant - Nouvelle saison
Enfin Michel Vaillant a vielli ; père d'un ado en mal de vivre et d'un père toujours dans la perfection et un tantinet rétrograde. Nouveau dessin très réaliste avec de belles couleurs. Dommage que les camions de l'écurie vaillante soient des Mercedes alors que l'on valorise la marque VAILLANTE (française) Histoire bien construite avec des rebondissements à prévoir.
Notre Mère la Guerre
Je réécris mon avis après la lecture des 4 tomes, et je passe ma note à 5/5. Kris a, à mon humble avis, trouvé l’équilibre parfait entre l’enquête policière, qui avance lascivement, et le background historique. L’horreur chez les poilus, on connaît pourtant, on a lu des tas de livres, vu des tas de films et documentaires sur le sujet (voir notre thème). Mais cette période sombre de notre histoire fait toujours aussi froid dans le dos, surtout quand elle est décrite de façon aussi réaliste. Je sais qu’il est d’une banalité affligeante de s’écrier « putain mais quelle connerie cette guerre, comment a-t-on pu laisser faire ça », mais c’est vraiment ce qui vient à l’esprit en refermant le dernier tome. Le rythme est lent (amateurs d’action, passez votre chemin) et la poésie omniprésente, au travers les réflexions de notre détective gendarme. L’écriture est magistrale, quelle beauté dans les textes ! Je me demande comment il est possible d’écrire des choses pareilles sans avoir vécu la guerre soi-même… L’auteur a dû faire beaucoup de recherches et lire de nombreux témoignages. Le dessin de Maël est magnifique, même si les couleurs se limitent souvent à une palette boueuse, tranchées oblige. Le dénouement de l’enquête est satisfaisant au possible (cohérent et surprenant) et les dernières pages laissent vraiment un goût amer dans la bouche, avec cet armistice qui arrive enfin, mais trop tard pour une génération mutilée et traumatisée. La guerre ne se termine jamais pour ceux qui ont combattu, les séquelles sont trop profondes. Cette série est pour moi un coup de maître : des personnages à la psychologie bien définie, une enquête policière prenante qui se greffe sur un contexte historique effroyable, et une fin « coup de poing ». Une lecture qui marque.
Chambres Noires
Que voilà un savant mélange des genres ! La première chose qui marque dans ce récit, c’est son style graphique. Expressif en diable, résolument moderne dans le trait mais pourvu d’une colorisation qui le rend désuet, ce style dote la série d’un ton, d’une âme. Directement, je me suis dit que Tim Burton ne devait pas être bien loin (pour une raison que je n’arrive pas à m’expliquer, les enfants de la séries me faisaient penser aux délurés gamins de « l’étrange Noël de Mr Jack »). Ce style est expressif, très dynamique, beau et décalé : une franche réussite. Puis vient l’histoire. Et là, on peut dire que son auteur, Olivier Bleys, ne s’est pas contenté du minimum syndical. Ce scénario fourmille de joyeuses trouvailles, entre les introductions en deux pages littéraires, les professions familiales farfelues, l’enquête policière et la surprenante apparition de la pierre philosophale. Quelle richesse, quel délice. On sent là derrière un réel travail d’écrivain capable de créer un univers, de développer des personnages, de doser ses effets… et de garder tout du long une ligne directrice. Constamment, l’équilibre est trouvé entre l’humour et le drame. Le premier l’emporte mais les auteurs parviennent à nous faire ressentir que le deuxième se tient tapi dans l’ombre. Une de mes meilleures lectures de cette année, ni plus ni moins.