Ca faisait longtemps que cette série me faisait de l'oeil mais avec déjà plus de 15 tomes sortis quand j'ai commencé à lorgner dessus, c'était un investissement qui méritait de bien peser le pour et le contre. Concours BDThèque et papa Noël aidant, j'ai sauté le pas cet hiver et je ne le regrette pas !
Les 11 premiers tomes méritent 5 étoiles, surtout la partie à la prison et à Woodbury. J'ai pour ainsi dire dévoré cette partie du récit, regrettant tout de même un peu le changement de dessinateur car on a bien perdu au change. Même si le dernier tome en date est plutôt soigné graphiquement, dans l'ensemble c'est souvent hétérogène avec des cases à mon avis franchement bâclées...
La palette de personnages est riche et évolue sans cesse, au fil des pertes et des nouvelles arrivées. L'histoire, plus tournée sur la psychologie des survivants que sur les affrontements avec les zombies eux-mêmes, est addictive. Peu m'importe finalement de savoir pourquoi on en est arrivé là et comment cela va finir, j'aime suivre les aventures de ce petit monde et je n'ai pas spécialement envie de voir la série s'arrêter.
La partie du récit se déroulant dans la ville d'Alexandria m'a beaucoup moins passionnée. La vie était bien trop "facile" dans cette communauté, et malgré les quelques péripéties rencontrées, je me suis ennuyée dans l'ensemble et j'étais loin de courir après le tome suivant quand j'en terminais un.
Heureusement, le tome 17 (dernier sorti en date) remet notre petit groupe de survivants dans une situation critique bien plus accrocheuse à mes yeux, malgré la mort insupportable d'un des personnages les plus emblématiques du groupe. Je mets donc beaucoup d'espoir dans la suite de ce nouveau "cycle".
Le coup de coeur est autant pour la série Bd que pour la série TV qui en découle (notamment la saison 3, qui correspond à la meilleure partie de la BD en ce qui me concerne). Walking Dead est un univers accrocheur dans lequel j'aime me plonger et me replonger, que ce soit sur papier (une relecture s'impose) ou sur écran.
Dire qu'il va falloir attendre le mois de septembre pour lire la suite... argh.
Les Quatre Coins du Monde est un diptyque qui mérite largement d'être lu et même de figurer dans toutes les bibliothèques des passionnés de BD historiques et d'aventure.
Ce récit est passé quasiment inaperçu sur la BDthèque et je trouve cela bien dommage, car comme le disait le premier posteur nous sommes en présence d'un petit bijou.
L'histoire de ce diptyque nous remémore une partie de l'Histoire de France assez méconnue, celle des soldats français basés dans le désert algérien de 1913 à 1919 (en ce qui concerne ce récit en tout cas).
Nous suivons les aventures du Capitaine Barentin, de son fidèle ami Afellan et du Lieutenant Dupuy d'abord au sein des compagnies méharistes du Général Laperrine aux confins du Hoggar, puis dans l'enfer des tranchées françaises durant cette atroce guerre surnommée la "Der des Der".
Hugues Labiano, scénariste et dessinateur nous plonge dans un spectaculaire récit d'aventure qui débute dans le Sahara, ce mythique désert. Il nous met tout de suite dans le bain en employant des mots arabes (dont la traduction indispensable en bas des pages est très pratique). Il nous fait profiter de la beauté du désert grâce à son dessin très réaliste et détaillé. Certaines planches, d'une grande beauté, nous en mettent plein les yeux.
En plus de son superbe travail graphique, j'ai été époustouflé par son travail de recherche car il nous projette dans le passé à la manière d'un historien. La vie des Touaregs nous est racontée avec brio et précision. J'avais l'impression de me retrouver avec eux dans ce lieu hostile mais magnifique qu'est le désert .
Les personnages de cette série se sentent attirés par ce lieu et ils ne peuvent que difficilement le quitter et surtout ils veulent y retourner et y mourir.
Le désert a un tel pouvoir d'attraction dans ce récit que je vais immédiatement me replonger dans le film Lawrence d'Arabie qui lui aussi m'avait énormément séduit avec ses paysages magnifiques.
Hugues Labiano n'oublie pas de nous rappeler le grand sacrifice des troupes coloniales durant la première guerre mondiale. Les tirailleurs algériens ont connu eux aussi l'horreur des tranchées, mais ils n'étaient pas les seuls car chaque colonie a fourni un grand nombre de soldats pour qu'ils finissent eux aussi en chair à canon.
Vous l'avez compris je vous conseille de vous plonger dans cette très belle aventure qui vous fera voyager et dans laquelle vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer.
Une très belle critique de l'évangélisation et de l'exploitation des colonies par les puissances européennes du 19e siècle à seul dessein que le profit.
Comment surexploiter une terre et ses ressources, s'adonner au carnage animalier pour le seul bon plaisir de quelques uns.... Et que dire de l'esclavagisme déguisé par une bonne moral religieuse pervertie par le gain.
Véritablement une très belle oeuvre, magnifiée par des peintures de toute beauté. Les paysages du Tanganyika, les sous bois de cette jungle profonde, les méandres du fleuve Congo, que de beautés nous sont confiées ici par l'artiste. Et que dire des visages des personnages, tous très réussis et merveilleusement expressifs et profonds, des principaux acteurs comme des seconds rôles.
De la très belle oeuvre. Un regard sans fard sur les "bonnes sociétés".
Agrippine est un chef-d'oeuvre. Non seulement à cause du superbe humour ou des expressions personnelles, mais aussi parce que Bretécher s'est impliquée dans sa bd ; au lieu de coloriser à la palette graphique, elle a pris le temps de peindre à l'aquarelle tous les détails. Si les deux derniers albums sont un peu moins bien que les autres (sans doute parce qu'on y reconnait la société actuelle), Agrippine est, par son humour et sa réalisation, une bd culte.
Que ce soit "Agrippine et l'ancêtre", où l'on fait connaissance de la charmante Zonzon (ce tome est le meilleur) ou "Agrippine", où l'on fait connaissance avec les personnages et le vocabulaire, ou "Agrippine et la secte à Raymonde", qui donne l'occasion de montrer à quel point les sectes sont dangereuses ou même "Allergies", qui reste un bon album, il faut tous les lire.
Par contre cette série n'est pas forcément accessible au premier coup ; il faut avoir lu deux ou trois tomes avant de comprendre le vocabulaire, le contexte et l'humour.
Petit bémol pour "Agrippine déconfite": il n'y a aucun mot propre au vocabulaire d'Agrippine, pas vraiment de gags... Les meilleurs sont pour moi "Agrippine et l'ancêtre", "Agrippine prend vapeur" et "Agrippine et la secte à Raymonde".
Euh… c’était quoi ça ? Voilà ma première réaction en refermant ce livre. Un récit totalement barré, complètement loufoque, une adaptation en BD d’un scénario que Jim Henson et Jerry Juhl n’ont jamais pu réaliser faute d’un producteur assez fou pour se lancer dans l’aventure.
On suit le personnage principal (dont on ne sait rien au début, même pas le nom… et dont on ne saura pas plus à la fin !) dans sa folle course poursuite à laquelle il ne comprend rien... et nous non plus ! Mais faut-il vraiment comprendre ? (Par exemple, que viennent foutre ces joueurs de football américain en plein désert ???) Je pense que non, il faut juste se laisser porter par le flot des événements jusqu’à la fin (ou le début ?) de la BD. Et le découpage, la quasi absence de texte et le dessin sont excellents pour ça, l’idée de fuite, d’urgence et de vitesse est très bien rendue, le récit est mené à 100 à l’heure du début à la fin.
Les couleurs, vives, flashantes parfois, ajoutent également à l’aspect délirant du scénario. Certaines pages sont presque totalement roses tandis que d’autres mélangent allègrement les couleurs donnant un petit côté psychédélique au dessin.
Je ne peux pas vraiment donner un 4 par rapport aux autres BD auxquelles j'ai donné cette cote, mais j'ajoute un coup de coeur pour faire un bon 3,5.
Bref, même si on n’y comprend pas grand-chose, on passe un bon moment de lecture. Un vrai ovni à découvrir.
Cette série laisse rêveur ou « cauchemareur », c’est suivant.
Le zombie est à la mode, on le voit traité sous toutes ses formes et le thème est loin d’être nouveau. Alors qu’est-ce qui fait que cette bd est si brillante et accroche tant le lecteur ? Sûrement le fait qu’elle ne s’intéresse pas aux zombies en tant que tels, ni aux causes de leur triste sort, mais à la survie des rescapés et surtout au delà de cette survie, de l’organisation de la vie dans de toutes nouvelles conditions des personnes saines.
Il est ici question de la coexistence de personnes qui ne se sont pas choisies et qui doivent vivre ensemble alors que plus aucune règle n’existe. Toutes les formes d’organisation (ou une grande part) sont passées en revue au fur et à mesure des pérégrinations de notre groupe de « héros » ordinaires. L’aspect sociologique et psychologique est bien traité, on évite les écueils des stéréotypes et on se surprend à se demander ce que l’on aurait fait dans telle ou telle situation.
Si les tomes se suivent (et se lisent !) à un rythme effréné, il faut convenir qu’il ne sont pas tous du même niveau, mais même les moins dynamiques sont de très bonne facture. On suit avec une vraie avidité les aventures de chacun, une forme de peur au ventre, car on découvre rapidement que les auteurs n’ont pas peur de faire mourir leurs personnages ! Et on se demande bien ou tout cela va nous amener…
A lire, même si vous n’êtes pas fan de zombies, car au final, on en voit peu…(mais un peu quand même !)
7 tomes de parus et force est de constater que le rythme ne faiblit pas et l’intrigue reste toujours aussi…intrigante !
Pendant longtemps on a voulu savoir ce qui arrivait à ces enfants et quand on a la réponse (bien amenée d’ailleurs), le scénario nous donne envie d’en savoir plus. C’est un peu le Lost de la bd cette série quand on y pense.
Vehlmann mène donc sa barque avec beaucoup de brio et le scénario nous tient en haleine sans nous lâcher une seconde. Ses personnages sont riches de caractère et ne peuvent pas laisser indifférents au regard des émotions qui les traversent et des actions qu’ils mènent.
Gazzotti au dessin s’en sort aussi admirablement bien. Son trait dont je suis particulièrement fan allie parfaitement le côté sombre, froid et oserais-je dire morbide de cette histoire avec l’espoir de compréhension et cette volonté des enfants à trouver une solution échappatoire dans un monde qu’ils ne comprennent pas.
A lire de 7 à 77 ans.
Que dire de cette bd qui avec La Quête de l'Oiseau du Temps a rangé Loisel dans la catégorie des grands de la bd ?
C’est brillant tellement c’est sombre !
Voilà un Peter Pan qui dénote franchement du Pan de Walt Disney. La vie ne l’a pas épargnée, et quand Clochette l’emmène avec lui, ce n’est pas beaucoup plus joli. On a ici une adaptation de l’histoire bien ancrée dans son temps, avec des aventures qui se déroulent dans un monde sans concession ou la loi du plus fort et du plus malin prime. Et dans la fourberie, Clochette n’est pas en reste.
Mais le tout est d’une justesse imparable et Disney est vite oublié pour se plonger dans ce Londres glauque et sombre et suivre un Peter Pan tourmenté.
Au dessin, on retrouve la patte du maître, de la féminité callipyge, des visages aux couteaux. C’est beau…
A lire absolument.
On est ici sur un sujet assez peu traité que ce soit dans les manuels d’histoire scolaire ou tout simplement dans les mémoires communes historique. Ou alors, ça reste presque très géographiquement très localisé.
Bref, Thierry Gloris nous livre ici un pan un peu occulté de la seconde guerre mondiale par les atrocités qui ont suivies. Et il le fait habilement en nous faisant suivre les pas de Louis, malgré nous malgré lui ( !). Le récit est dynamique, juste et on sent la documentation rigoureuse.
D’un point de vue dessin, Marie Terray affine son trait au fur et à mesure des tomes, ce dernier souligne à mon sens parfaitement le terme bande dessinée. J’entends par là qu’on est dans du trait réaliste, mais ce trait presque au crayon, ces couleurs nous laissent en permanence dans un univers graphique que certaine bd font parfois oublier tant le trait peut être froid.
C’est beau et c’est bien. A lire donc, car on a là une belle bd historique.
On est ici typiquement dans l’univers de Loisel.
Et même si ce n’est pas lui aux dessins, on pourrait presque y croire tant sa patte est là.
Graphiquement donc, on est dans du connu quant au style du susnommé. Les dessins sont agréables, avec des personnages bien marqués, des femmes callipyges et des décors qui gagnent en finesse au fil des tomes.
Côté scénario, là encore on retrouve l’influence marquée de Loisel avec un rythme assez lent, mais contribuant à insuffler à cette histoire cette ambiance si particulière et attachante. On suit les péripéties de Pauline et Erwan avec un intérêt grandissant. Les informations sont données au compte goutte, mais suffisamment pour maintenir la curiosité.
La série est prévue en 5 tomes et j’ai hâte que le dernier sorte pour nous livrer tous ses secrets.
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Walking Dead
Ca faisait longtemps que cette série me faisait de l'oeil mais avec déjà plus de 15 tomes sortis quand j'ai commencé à lorgner dessus, c'était un investissement qui méritait de bien peser le pour et le contre. Concours BDThèque et papa Noël aidant, j'ai sauté le pas cet hiver et je ne le regrette pas ! Les 11 premiers tomes méritent 5 étoiles, surtout la partie à la prison et à Woodbury. J'ai pour ainsi dire dévoré cette partie du récit, regrettant tout de même un peu le changement de dessinateur car on a bien perdu au change. Même si le dernier tome en date est plutôt soigné graphiquement, dans l'ensemble c'est souvent hétérogène avec des cases à mon avis franchement bâclées... La palette de personnages est riche et évolue sans cesse, au fil des pertes et des nouvelles arrivées. L'histoire, plus tournée sur la psychologie des survivants que sur les affrontements avec les zombies eux-mêmes, est addictive. Peu m'importe finalement de savoir pourquoi on en est arrivé là et comment cela va finir, j'aime suivre les aventures de ce petit monde et je n'ai pas spécialement envie de voir la série s'arrêter. La partie du récit se déroulant dans la ville d'Alexandria m'a beaucoup moins passionnée. La vie était bien trop "facile" dans cette communauté, et malgré les quelques péripéties rencontrées, je me suis ennuyée dans l'ensemble et j'étais loin de courir après le tome suivant quand j'en terminais un. Heureusement, le tome 17 (dernier sorti en date) remet notre petit groupe de survivants dans une situation critique bien plus accrocheuse à mes yeux, malgré la mort insupportable d'un des personnages les plus emblématiques du groupe. Je mets donc beaucoup d'espoir dans la suite de ce nouveau "cycle". Le coup de coeur est autant pour la série Bd que pour la série TV qui en découle (notamment la saison 3, qui correspond à la meilleure partie de la BD en ce qui me concerne). Walking Dead est un univers accrocheur dans lequel j'aime me plonger et me replonger, que ce soit sur papier (une relecture s'impose) ou sur écran. Dire qu'il va falloir attendre le mois de septembre pour lire la suite... argh.
Les Quatre Coins du Monde
Les Quatre Coins du Monde est un diptyque qui mérite largement d'être lu et même de figurer dans toutes les bibliothèques des passionnés de BD historiques et d'aventure. Ce récit est passé quasiment inaperçu sur la BDthèque et je trouve cela bien dommage, car comme le disait le premier posteur nous sommes en présence d'un petit bijou. L'histoire de ce diptyque nous remémore une partie de l'Histoire de France assez méconnue, celle des soldats français basés dans le désert algérien de 1913 à 1919 (en ce qui concerne ce récit en tout cas). Nous suivons les aventures du Capitaine Barentin, de son fidèle ami Afellan et du Lieutenant Dupuy d'abord au sein des compagnies méharistes du Général Laperrine aux confins du Hoggar, puis dans l'enfer des tranchées françaises durant cette atroce guerre surnommée la "Der des Der". Hugues Labiano, scénariste et dessinateur nous plonge dans un spectaculaire récit d'aventure qui débute dans le Sahara, ce mythique désert. Il nous met tout de suite dans le bain en employant des mots arabes (dont la traduction indispensable en bas des pages est très pratique). Il nous fait profiter de la beauté du désert grâce à son dessin très réaliste et détaillé. Certaines planches, d'une grande beauté, nous en mettent plein les yeux. En plus de son superbe travail graphique, j'ai été époustouflé par son travail de recherche car il nous projette dans le passé à la manière d'un historien. La vie des Touaregs nous est racontée avec brio et précision. J'avais l'impression de me retrouver avec eux dans ce lieu hostile mais magnifique qu'est le désert . Les personnages de cette série se sentent attirés par ce lieu et ils ne peuvent que difficilement le quitter et surtout ils veulent y retourner et y mourir. Le désert a un tel pouvoir d'attraction dans ce récit que je vais immédiatement me replonger dans le film Lawrence d'Arabie qui lui aussi m'avait énormément séduit avec ses paysages magnifiques. Hugues Labiano n'oublie pas de nous rappeler le grand sacrifice des troupes coloniales durant la première guerre mondiale. Les tirailleurs algériens ont connu eux aussi l'horreur des tranchées, mais ils n'étaient pas les seuls car chaque colonie a fourni un grand nombre de soldats pour qu'ils finissent eux aussi en chair à canon. Vous l'avez compris je vous conseille de vous plonger dans cette très belle aventure qui vous fera voyager et dans laquelle vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer.
Africa Dreams
Une très belle critique de l'évangélisation et de l'exploitation des colonies par les puissances européennes du 19e siècle à seul dessein que le profit. Comment surexploiter une terre et ses ressources, s'adonner au carnage animalier pour le seul bon plaisir de quelques uns.... Et que dire de l'esclavagisme déguisé par une bonne moral religieuse pervertie par le gain. Véritablement une très belle oeuvre, magnifiée par des peintures de toute beauté. Les paysages du Tanganyika, les sous bois de cette jungle profonde, les méandres du fleuve Congo, que de beautés nous sont confiées ici par l'artiste. Et que dire des visages des personnages, tous très réussis et merveilleusement expressifs et profonds, des principaux acteurs comme des seconds rôles. De la très belle oeuvre. Un regard sans fard sur les "bonnes sociétés".
Agrippine
Agrippine est un chef-d'oeuvre. Non seulement à cause du superbe humour ou des expressions personnelles, mais aussi parce que Bretécher s'est impliquée dans sa bd ; au lieu de coloriser à la palette graphique, elle a pris le temps de peindre à l'aquarelle tous les détails. Si les deux derniers albums sont un peu moins bien que les autres (sans doute parce qu'on y reconnait la société actuelle), Agrippine est, par son humour et sa réalisation, une bd culte. Que ce soit "Agrippine et l'ancêtre", où l'on fait connaissance de la charmante Zonzon (ce tome est le meilleur) ou "Agrippine", où l'on fait connaissance avec les personnages et le vocabulaire, ou "Agrippine et la secte à Raymonde", qui donne l'occasion de montrer à quel point les sectes sont dangereuses ou même "Allergies", qui reste un bon album, il faut tous les lire. Par contre cette série n'est pas forcément accessible au premier coup ; il faut avoir lu deux ou trois tomes avant de comprendre le vocabulaire, le contexte et l'humour. Petit bémol pour "Agrippine déconfite": il n'y a aucun mot propre au vocabulaire d'Agrippine, pas vraiment de gags... Les meilleurs sont pour moi "Agrippine et l'ancêtre", "Agrippine prend vapeur" et "Agrippine et la secte à Raymonde".
Jim Henson's Tale of Sand
Euh… c’était quoi ça ? Voilà ma première réaction en refermant ce livre. Un récit totalement barré, complètement loufoque, une adaptation en BD d’un scénario que Jim Henson et Jerry Juhl n’ont jamais pu réaliser faute d’un producteur assez fou pour se lancer dans l’aventure. On suit le personnage principal (dont on ne sait rien au début, même pas le nom… et dont on ne saura pas plus à la fin !) dans sa folle course poursuite à laquelle il ne comprend rien... et nous non plus ! Mais faut-il vraiment comprendre ? (Par exemple, que viennent foutre ces joueurs de football américain en plein désert ???) Je pense que non, il faut juste se laisser porter par le flot des événements jusqu’à la fin (ou le début ?) de la BD. Et le découpage, la quasi absence de texte et le dessin sont excellents pour ça, l’idée de fuite, d’urgence et de vitesse est très bien rendue, le récit est mené à 100 à l’heure du début à la fin. Les couleurs, vives, flashantes parfois, ajoutent également à l’aspect délirant du scénario. Certaines pages sont presque totalement roses tandis que d’autres mélangent allègrement les couleurs donnant un petit côté psychédélique au dessin. Je ne peux pas vraiment donner un 4 par rapport aux autres BD auxquelles j'ai donné cette cote, mais j'ajoute un coup de coeur pour faire un bon 3,5. Bref, même si on n’y comprend pas grand-chose, on passe un bon moment de lecture. Un vrai ovni à découvrir.
Walking Dead
Cette série laisse rêveur ou « cauchemareur », c’est suivant. Le zombie est à la mode, on le voit traité sous toutes ses formes et le thème est loin d’être nouveau. Alors qu’est-ce qui fait que cette bd est si brillante et accroche tant le lecteur ? Sûrement le fait qu’elle ne s’intéresse pas aux zombies en tant que tels, ni aux causes de leur triste sort, mais à la survie des rescapés et surtout au delà de cette survie, de l’organisation de la vie dans de toutes nouvelles conditions des personnes saines. Il est ici question de la coexistence de personnes qui ne se sont pas choisies et qui doivent vivre ensemble alors que plus aucune règle n’existe. Toutes les formes d’organisation (ou une grande part) sont passées en revue au fur et à mesure des pérégrinations de notre groupe de « héros » ordinaires. L’aspect sociologique et psychologique est bien traité, on évite les écueils des stéréotypes et on se surprend à se demander ce que l’on aurait fait dans telle ou telle situation. Si les tomes se suivent (et se lisent !) à un rythme effréné, il faut convenir qu’il ne sont pas tous du même niveau, mais même les moins dynamiques sont de très bonne facture. On suit avec une vraie avidité les aventures de chacun, une forme de peur au ventre, car on découvre rapidement que les auteurs n’ont pas peur de faire mourir leurs personnages ! Et on se demande bien ou tout cela va nous amener… A lire, même si vous n’êtes pas fan de zombies, car au final, on en voit peu…(mais un peu quand même !)
Seuls
7 tomes de parus et force est de constater que le rythme ne faiblit pas et l’intrigue reste toujours aussi…intrigante ! Pendant longtemps on a voulu savoir ce qui arrivait à ces enfants et quand on a la réponse (bien amenée d’ailleurs), le scénario nous donne envie d’en savoir plus. C’est un peu le Lost de la bd cette série quand on y pense. Vehlmann mène donc sa barque avec beaucoup de brio et le scénario nous tient en haleine sans nous lâcher une seconde. Ses personnages sont riches de caractère et ne peuvent pas laisser indifférents au regard des émotions qui les traversent et des actions qu’ils mènent. Gazzotti au dessin s’en sort aussi admirablement bien. Son trait dont je suis particulièrement fan allie parfaitement le côté sombre, froid et oserais-je dire morbide de cette histoire avec l’espoir de compréhension et cette volonté des enfants à trouver une solution échappatoire dans un monde qu’ils ne comprennent pas. A lire de 7 à 77 ans.
Peter Pan
Que dire de cette bd qui avec La Quête de l'Oiseau du Temps a rangé Loisel dans la catégorie des grands de la bd ? C’est brillant tellement c’est sombre ! Voilà un Peter Pan qui dénote franchement du Pan de Walt Disney. La vie ne l’a pas épargnée, et quand Clochette l’emmène avec lui, ce n’est pas beaucoup plus joli. On a ici une adaptation de l’histoire bien ancrée dans son temps, avec des aventures qui se déroulent dans un monde sans concession ou la loi du plus fort et du plus malin prime. Et dans la fourberie, Clochette n’est pas en reste. Mais le tout est d’une justesse imparable et Disney est vite oublié pour se plonger dans ce Londres glauque et sombre et suivre un Peter Pan tourmenté. Au dessin, on retrouve la patte du maître, de la féminité callipyge, des visages aux couteaux. C’est beau… A lire absolument.
Malgré nous
On est ici sur un sujet assez peu traité que ce soit dans les manuels d’histoire scolaire ou tout simplement dans les mémoires communes historique. Ou alors, ça reste presque très géographiquement très localisé. Bref, Thierry Gloris nous livre ici un pan un peu occulté de la seconde guerre mondiale par les atrocités qui ont suivies. Et il le fait habilement en nous faisant suivre les pas de Louis, malgré nous malgré lui ( !). Le récit est dynamique, juste et on sent la documentation rigoureuse. D’un point de vue dessin, Marie Terray affine son trait au fur et à mesure des tomes, ce dernier souligne à mon sens parfaitement le terme bande dessinée. J’entends par là qu’on est dans du trait réaliste, mais ce trait presque au crayon, ces couleurs nous laissent en permanence dans un univers graphique que certaine bd font parfois oublier tant le trait peut être froid. C’est beau et c’est bien. A lire donc, car on a là une belle bd historique.
Le Grand Mort
On est ici typiquement dans l’univers de Loisel. Et même si ce n’est pas lui aux dessins, on pourrait presque y croire tant sa patte est là. Graphiquement donc, on est dans du connu quant au style du susnommé. Les dessins sont agréables, avec des personnages bien marqués, des femmes callipyges et des décors qui gagnent en finesse au fil des tomes. Côté scénario, là encore on retrouve l’influence marquée de Loisel avec un rythme assez lent, mais contribuant à insuffler à cette histoire cette ambiance si particulière et attachante. On suit les péripéties de Pauline et Erwan avec un intérêt grandissant. Les informations sont données au compte goutte, mais suffisamment pour maintenir la curiosité. La série est prévue en 5 tomes et j’ai hâte que le dernier sorte pour nous livrer tous ses secrets.