Une sacrée claque cette bd.
On a ici une histoire poignante, sombre et dure parfaitement mise en image par Alfred. Son trait, son style, la mise en couleur viennent parfaitement appuyer cette ambiance où se mêlent les sentiments sur fond de guerre civile.
Si le premier tome apporte quelques touches de légèreté et de lumière dans cette trilogie, les deux autres tomes sont durs et peu enclins à l’espoir. Mais malgré cette noirceur, il se dégage une vraie beauté de cette histoire d’amour, d’exil et de mort dans un contexte politique allégorique, mais tellement juste.
Chacun des personnages est ciselé, précis et le tout est d’une grande justesse. Le personnage du dictateur fait froid dans le dos tant il fait écho.
L’ensemble est sans appel et la dernière planche claque comme un coup de feu.
Cette bd aborde un thème similaire au bien connu Monstres & Cie : ce qu’il se passe dans le placard des enfants la nuit. Mais la ressemblance s’arrête là. Aussi bien graphiquement que scénaristiquement.
Les dessins sont à la fois sombres et confinés, même les scènes se déroulant en extérieur semblent se jouer dans un espace réduit. Sûrement le résultat de ce style au crayonné, mais le rendu nous livre un Obscur oppressant.
Sur le scénario, si l’idée n’est pas nouvelle, c’est le traitement qui en fait ici son originalité. On n’est pas dans l’univers bon enfant où tout finit bien pour tout le monde. Des personnages meurent, d’autres sont des lâches, des traitres. Peu de consensus, et ce n’est clairement pas une bd destinée à un jeune public.
Sur le rythme, si le premier tome va bon train, j’ai trouvé dans le second un peu plus de longueur, et si le but avoué de ces jouets est de retrouver leur enfant, je trouve leur méthode de recherche pour le moins un peu erratique. Comme si ce but premier n’était au final qu’une trame de fond pour narrer les aventures des personnages confrontés au croquemitaine. Et du coup, je trouve que ça manque un peu de cohérence.
Mais on reste sur une belle histoire, joliment racontée pour le moment. A voir avec la suite à paraître….
Quelle série brillante. On se promène ici aux limites de la bd historique, du documentaire et du roman. L’ensemble est mixé avec brio.
Histoire basée sur des faits réels, on est ici tenu en haleine tout au long des tomes que constitue la vie de Joseph Joanovici, personnage si controversé par sa collaboration qui a permis de sauver des vies pendant la guerre, mais qui en a aussi profité pour s’enrichir grâce aux Allemands. L’ambiguïté du personnage, de son entourage, de ses manœuvres est parfaitement rendue par le scénario. On admire et on déteste tour à tour ce juif opportuniste et ses frasques.
Côté dessin, on est là dans une application parfaite. Le rendu, les couleurs collent une ambiance à la série qui nous plonge immédiatement dans le récit. Le tout est vraiment soigné, les cadrages habiles.
Une bd à lire, à découvrir et à partager.
Dernière œuvre fleuve de Craig Thompson qui ne laisse pas indiffèrent. Et ce ne sont pas les avis ci dessous qui vont me faire dire le contraire….
Graphiquement, on retrouve le style qui caractérise maintenant l’auteur avec sa maitrise du noir et blanc qui va grandissant au fil de ses albums et des années qui passent. Le travail est tel que certaines planches de ce roman me laissent en extase pendant plusieurs minutes et Dieu sait que ce n’est pas facile vu le poids du bouquin. On est dans du Thompson pur jus et moi je trouve ça beau.
Côté scénario, c’est assez déstabilisant. D’abord parce que je n’ai pas su me situer dans le temps : contemporain ou 50 ans en arrière ? Et puis au fil de la lecture, j’ai laissé tomber, car un conte n’a pas de repère temporel. En 600 pages, Graig Thompson aborde un peu tout ce qui lui tient à cœur. Ça fait beaucoup, mais pour moi, le liant à fonctionné. Peut-être pas aussi bien que pour un Blanket, mais j’ai lu Habibi sans rechigner, ni m’embêter.
Scénaristiquement peut-être pas le meilleur de Thompson, mais graphiquement il n’a jamais été aussi bon.
Waaaahhh !!!! La gueule que j’ai eue en finissant la lecture de cette bande dessinée ! « K, une jolie comète » se lit très vite parce qu’elle ne comporte qu’une trentaine de pages mais qu’est ce que j’en ai pris plein la gueule !
C’est bien simple : je n’ai jamais éprouvé autant d’émotions en feuilletant une petite histoire comme celle présentée dans « K, une jolie comète ». Et encore attention, quand j’écris « une petite histoire », ça ne veut pas dire que c’est un récit banal, bien au contraire ! Efix et Cric nous présentent une romance entre Kate, une jeune femme célibataire très dynamique de 22 ans et un homme marié de 37 ans ayant des enfants.
Bon, je passe sur les bienfaits et les méfaits de ce genre de relation parce que ce n’est pas vraiment le propos de cette bande dessinée. Non, ce qui est intéressant avec ce récit, c’est la passion qui s’est nouée entre deux êtres. On a d’un côté une demoiselle pleine de vie qui désire profiter au maximum de ces instants de folie avec son amant et d’un autre côté un homme qui est pris en tenaille entre ses devoirs de père de famille et sa folle passion pour Kate.
Le lecteur est ainsi entraîné dans ce tourbillon de vie accentué par sa vivacité du découpage et de coup de crayon d’Efix, et de la joie de vivre très communicative de Kate.
Et c’est ainsi que l’album se lit à cent à l’heure entre éclats de rire, moments de tendresse, de frissons puis de tristesse… ça se passe d’ailleurs tellement vite qu’au dénouement, je suis resté planté, immobile comme un con en train de me demander ce qui s’est passé, pourquoi ça se termine comme ça… vraiment… merde, c’est terrible !
Mais, alors, pourquoi ne mets-je que 4 étoiles à cette merveille ? Uniquement, parce que j’aurais aimé savoir davantage sur la façon dont l’homme en question a vécu ce « dénouement ». Et parce que j’aurais apprécié connaître davantage le personnage de Kate : son enfance, sa vie, tellement elle est attachante cette demoiselle ! Bref, je ne vous cache pas que, paradoxalement, c’est comme ça que j’apprécie le plus un livre : c’est quand celui-ci me fait poser des questions des heures et des heures après que je l’eus refermé.
« K, une jolie comète » fait partie des rares albums qui m’ont procuré beaucoup d’émotions, c’est à dire « une explosion de sentiments », en si peu de pages : un vrai bijou cette bande dessinée !
Waow !
Lire un album de Druillet, c’est d’abord et surtout prendre une bonne claque visuelle. Mais ici, ce n’est pas que visuel ! Le coup de cœur n’est pas très éloigné du haut le cœur…
Le texte d’introduction, où il explique la naissance de l’album et son état d’esprit après la mort de sa femme donne le ton, le la, d’un long cri de haine, de désespoir, de douleur… qui ne s’achève, une fois l’apocalypse final passé, que par une plainte déchirante et muette.
Cela aurait pu s’appeler "Le cri", donc, ou alors "Tombeau pour ma femme". En le lisant j’avais en tête la chanson de Thiéfaine, "Alligator 427", mais comme boostée par des flots de décibels à la Jimmy Hendrix ! Me sont aussi revenues les logorrhées de certaines pages de "Tombeau pour cent mille soldats" de Guyotat.
Vraiment l’impression que Druillet a cherché – et réussi ! – à faire passer, ressentir au lecteur tout le mal être, la nausée, mais aussi la haine et le dégoût qui lui inspiraient ces visions apocalyptiques. Qui l’inspiraient tout court. Une inspiration qui ne ferait entrer que du souffre dans les poumons. Quant à l’expiration, dans tous les sens du terme, elle est ici, textes, images et couleurs, souffle de la mort, brûlante.
Du coup, difficile de "noter" un album comme celui-ci. Je peux juste dire qu’il laisse sa marque dans la mémoire du lecteur. Que Druillet, au milieu d’images hallucinantes – et probablement avec l’aide de substances propres à les produire, a réussi à trouver un langage pour dire l’indicible.
A lire donc ! Même si je ne sais pas si je m’y replongerai. Pour rester sur une note de musique, et atterrir en douceur, écoutez "The End" des Doors…
Je ne connaissais pas Elizabeth Bathory avant ma lecture... Mais je ne suis pas un grand connaisseur de la mythologie des vampires. Je sais juste que, même si je n'ai jamais lu le roman originel, j'aime beaucoup l'ambiance qui se dégage des adaptations du roman Dracula (3 films, et une BD) que j'ai pu voir...
Et on retrouve ici exactement ce qui me plait dans l'histoire de Dracula : une ambiance froide et triste, dans un décors gothique et tordu d'Europe de l'est... J'adore cette ambiance.
L'histoire est, comme je l'apprécie, très sombre, assez violente et dérangeante. Mais les caractères des personnages sont très intéressants.
J'ai aimé l'histoire en elle même, même si la narration est assez effroyable... Pascal Croci, avec comme procédé narratif l'utilisation d'un journal, rend son récit obscur et pénible à lire ; ce qui est vraiment dommage quand on a un scénario, certes simple, mais passionnant comme le sien.
Et il y a le dessin de Pascal Croci, que certains adorent, d'autres n'aiment pas du tout, moi je le trouve en général très esthétique et joli, mais avec quelques imperfections un peu dérangeantes (les décors et couleurs sont réellement magnifiques, ce qui n'est pas le cas tout le temps des personnages).
Une histoire très sombre, malsaine mais intéressante, portée par une ambiance magnifiquement horrifique mais desservi par une narration franchement ratée. Néanmoins grâce au dessin (les premières pages, dans un style différent sont sympas aussi...) on passe un très bon moment de lecture.
3.5/5
C'est après avoir suivi l'apparition des planches de cet album sur le net, qui m'avaient déjà bien tapé dans l'oeil, que j'ai sauté sur l'occasion d'avoir Hervé Tanquerelle en dédicace chez mon libraire pour acheter cet album. Et c'est du tout bon qu'on nous sers !
Nous voilà en 146 avant JC, à suivre les aventures d'un duo de mercenaires voleurs pas très futés. Ils vont se retrouver embrigadés dans un casse d'envergure au moment ou Carthage s’apprête à subir l'assaut final qui la fera tomber aux mains des romains.
Horodamus le gaulois et Berkan le numide vont en effet un peu par hasard se retrouver avec une captive, Tara, qui se révèle être une femme issue de la plus grande guilde des voleurs, la Famille d'Utique. C'est avec eux qu'elle décide de poursuivre le plan du "casse du siècle" qu'elle était censé effectuer au nom de la Famille...
Annoncée en deux tomes, cette série pleine de rebondissements ne traîne pas en chemin et nous embarque tambours battants dans cette aventure avec la mythique Carthage en toile de fond. C'est très efficace, bien écrit - certains dialogues sont savoureux - enlevé, envoutant et très bien construit.
Le dessin charbonneux, vif et expressif de Tanquerelle est de toute beauté et la magnifique colorisation d'Isabelle Merlet donne à cet album toute la force et l'ambiance qu'on peut attendre de ce genre d'histoire. Tour à tour sombre, lumineuse ou chaleureuse, les planches dégagent et les atmosphères des scènes s'imposent d'elles même. Ajoutez à cela quelques planches pleines pages pour les moments forts du récit et vous obtenez un album de toute beauté !
Reste maintenant à attendre la conclusion de cette aventure dans le second et dernier tome... Et l'attente va être longue, car la conclusion de ce premier opus sait faire monter la tension et jouer avec nos nerfs...
Une très bonne BD qui j'espère nous donnera le plaisir de lire un second tome d'aussi bonne facture !
Un véritable Ovni que cette bd intitulée sobrement "Souvenirs de l'Empire de l'Atome", de Thierry Smolderen (à qui l'on doit déjà cette superbe série Ghost money) et A. Clérisse, dont je découvre le dessin.
Tout d'abord, un objet éditorial de grande qualité édité étrangement par Dargaud alors que le format le rapprochait plus des albums en provenance de Futuropolis.
Découpée en plusieurs chapitres, qui vont dans le désordre de 1926 à l'an 110 000 dans le futur, en passant par l'année charnière 1958, cette histoire peut paraître confuse, voire compliquée mais elle bénéficie d'un scénario en béton qui en fait une lecture très fluide et très agréable. Bref, cette bande dessinée est un véritable régal, voire la révélation de l'année 2013.
Véritable hommage aux thèmes de science-fiction developpés dans les années 50 (et inspiré apparemment d'un fait divers réel), cet album réconcilie à la fois le franco-belge (avec l'exposition universelle de Bruxelles de 1958 ) et l'inspiration des bd américaines de science-fiction. On y croise d'ailleurs un André Franquin et une rousse plantureuse et incendiaire issue de Mad Men, un clone de Zorglub, et certainement d'autres références (une Ford T, un Georges Bush Sr) qui mériteraient une seconde lecture.
Ouvrage fort riche et à plus d'un titre intéressant, qui, s'il le fallait, est encore réhaussé par le magnifique dessin décalé d'Alexandre Clérisse qui donne à cet album à la fois cet aspect désuet des années 50 et toute sa modernité. Un comble, non ?
Bref, s'il ne fallait conseiller qu'un seul livre à lire depuis ce début 2013, ce serait sans nul doute celui-là.
Le Port de la Lune... Un nom qui résonne à l'oreille de tous les Bordelais... Et ça tombe bien, les auteurs le sont, à peu de choses près.
Sur le thème du handicap, Bénédicte Gourdon a créé le personnage de Maya Lipman ; c'est ensuite Eric Corbeyran qui a mis en musique sa portée, et Horne qui s'est occupé du dessin. Le trio est à mon sens gagnant. Maya est un personnage très intéressant, moderne sans être outrancier, et son handicap peut se transformer en atout quand le besoin s'en fait sentir. Les personnages secondaires également, surtout Jimmy, sont bien peints.
L'essentiel de l'intrigue est le suivi de plusieurs enquêtes qui a priori n'ont pas de rapport, mais il s'avère qu'il y en a bien un, et assez intrigant... Hormis ce point commun, ces enquêtes avancent de façon relativement classique. Et puis il y a cette histoire d'un "homme" qui se "réveille" dans une boîte en ciment, qui rajoute une dimension étrange à l'ensemble. Le second tome verra la résolution de l'enquête, surprenant de prime abord, mais relativement classique au final.
Le second tome porte la mention de fin, mais le plaisir que j'ai eu à sa lecture m'inciterait à revoir maya dans une nouvelle enquête... Espérons qu'il ne s'agisse que de la fin d'un diptyque...
C'est donc Horne qui s'occupe du dessin : celui-ci a encore évolué depuis ses albums précédents, et même si chaque étape est plaisante, celle-ci s'approche de plus en plus d'un dessin réaliste relativement classique, permettant sa lisibilité par un plus grand public.
Un polar qui semble classique de prime abord, mais où plusieurs éléments viennent rajouter des dimensions très intéressantes. Un bon polar.
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Le Désespoir du Singe
Une sacrée claque cette bd. On a ici une histoire poignante, sombre et dure parfaitement mise en image par Alfred. Son trait, son style, la mise en couleur viennent parfaitement appuyer cette ambiance où se mêlent les sentiments sur fond de guerre civile. Si le premier tome apporte quelques touches de légèreté et de lumière dans cette trilogie, les deux autres tomes sont durs et peu enclins à l’espoir. Mais malgré cette noirceur, il se dégage une vraie beauté de cette histoire d’amour, d’exil et de mort dans un contexte politique allégorique, mais tellement juste. Chacun des personnages est ciselé, précis et le tout est d’une grande justesse. Le personnage du dictateur fait froid dans le dos tant il fait écho. L’ensemble est sans appel et la dernière planche claque comme un coup de feu.
L'Etoffe des Légendes
Cette bd aborde un thème similaire au bien connu Monstres & Cie : ce qu’il se passe dans le placard des enfants la nuit. Mais la ressemblance s’arrête là. Aussi bien graphiquement que scénaristiquement. Les dessins sont à la fois sombres et confinés, même les scènes se déroulant en extérieur semblent se jouer dans un espace réduit. Sûrement le résultat de ce style au crayonné, mais le rendu nous livre un Obscur oppressant. Sur le scénario, si l’idée n’est pas nouvelle, c’est le traitement qui en fait ici son originalité. On n’est pas dans l’univers bon enfant où tout finit bien pour tout le monde. Des personnages meurent, d’autres sont des lâches, des traitres. Peu de consensus, et ce n’est clairement pas une bd destinée à un jeune public. Sur le rythme, si le premier tome va bon train, j’ai trouvé dans le second un peu plus de longueur, et si le but avoué de ces jouets est de retrouver leur enfant, je trouve leur méthode de recherche pour le moins un peu erratique. Comme si ce but premier n’était au final qu’une trame de fond pour narrer les aventures des personnages confrontés au croquemitaine. Et du coup, je trouve que ça manque un peu de cohérence. Mais on reste sur une belle histoire, joliment racontée pour le moment. A voir avec la suite à paraître….
Il était une fois en France
Quelle série brillante. On se promène ici aux limites de la bd historique, du documentaire et du roman. L’ensemble est mixé avec brio. Histoire basée sur des faits réels, on est ici tenu en haleine tout au long des tomes que constitue la vie de Joseph Joanovici, personnage si controversé par sa collaboration qui a permis de sauver des vies pendant la guerre, mais qui en a aussi profité pour s’enrichir grâce aux Allemands. L’ambiguïté du personnage, de son entourage, de ses manœuvres est parfaitement rendue par le scénario. On admire et on déteste tour à tour ce juif opportuniste et ses frasques. Côté dessin, on est là dans une application parfaite. Le rendu, les couleurs collent une ambiance à la série qui nous plonge immédiatement dans le récit. Le tout est vraiment soigné, les cadrages habiles. Une bd à lire, à découvrir et à partager.
Habibi
Dernière œuvre fleuve de Craig Thompson qui ne laisse pas indiffèrent. Et ce ne sont pas les avis ci dessous qui vont me faire dire le contraire…. Graphiquement, on retrouve le style qui caractérise maintenant l’auteur avec sa maitrise du noir et blanc qui va grandissant au fil de ses albums et des années qui passent. Le travail est tel que certaines planches de ce roman me laissent en extase pendant plusieurs minutes et Dieu sait que ce n’est pas facile vu le poids du bouquin. On est dans du Thompson pur jus et moi je trouve ça beau. Côté scénario, c’est assez déstabilisant. D’abord parce que je n’ai pas su me situer dans le temps : contemporain ou 50 ans en arrière ? Et puis au fil de la lecture, j’ai laissé tomber, car un conte n’a pas de repère temporel. En 600 pages, Graig Thompson aborde un peu tout ce qui lui tient à cœur. Ça fait beaucoup, mais pour moi, le liant à fonctionné. Peut-être pas aussi bien que pour un Blanket, mais j’ai lu Habibi sans rechigner, ni m’embêter. Scénaristiquement peut-être pas le meilleur de Thompson, mais graphiquement il n’a jamais été aussi bon.
K une jolie comète
Waaaahhh !!!! La gueule que j’ai eue en finissant la lecture de cette bande dessinée ! « K, une jolie comète » se lit très vite parce qu’elle ne comporte qu’une trentaine de pages mais qu’est ce que j’en ai pris plein la gueule ! C’est bien simple : je n’ai jamais éprouvé autant d’émotions en feuilletant une petite histoire comme celle présentée dans « K, une jolie comète ». Et encore attention, quand j’écris « une petite histoire », ça ne veut pas dire que c’est un récit banal, bien au contraire ! Efix et Cric nous présentent une romance entre Kate, une jeune femme célibataire très dynamique de 22 ans et un homme marié de 37 ans ayant des enfants. Bon, je passe sur les bienfaits et les méfaits de ce genre de relation parce que ce n’est pas vraiment le propos de cette bande dessinée. Non, ce qui est intéressant avec ce récit, c’est la passion qui s’est nouée entre deux êtres. On a d’un côté une demoiselle pleine de vie qui désire profiter au maximum de ces instants de folie avec son amant et d’un autre côté un homme qui est pris en tenaille entre ses devoirs de père de famille et sa folle passion pour Kate. Le lecteur est ainsi entraîné dans ce tourbillon de vie accentué par sa vivacité du découpage et de coup de crayon d’Efix, et de la joie de vivre très communicative de Kate. Et c’est ainsi que l’album se lit à cent à l’heure entre éclats de rire, moments de tendresse, de frissons puis de tristesse… ça se passe d’ailleurs tellement vite qu’au dénouement, je suis resté planté, immobile comme un con en train de me demander ce qui s’est passé, pourquoi ça se termine comme ça… vraiment… merde, c’est terrible ! Mais, alors, pourquoi ne mets-je que 4 étoiles à cette merveille ? Uniquement, parce que j’aurais aimé savoir davantage sur la façon dont l’homme en question a vécu ce « dénouement ». Et parce que j’aurais apprécié connaître davantage le personnage de Kate : son enfance, sa vie, tellement elle est attachante cette demoiselle ! Bref, je ne vous cache pas que, paradoxalement, c’est comme ça que j’apprécie le plus un livre : c’est quand celui-ci me fait poser des questions des heures et des heures après que je l’eus refermé. « K, une jolie comète » fait partie des rares albums qui m’ont procuré beaucoup d’émotions, c’est à dire « une explosion de sentiments », en si peu de pages : un vrai bijou cette bande dessinée !
La Nuit
Waow ! Lire un album de Druillet, c’est d’abord et surtout prendre une bonne claque visuelle. Mais ici, ce n’est pas que visuel ! Le coup de cœur n’est pas très éloigné du haut le cœur… Le texte d’introduction, où il explique la naissance de l’album et son état d’esprit après la mort de sa femme donne le ton, le la, d’un long cri de haine, de désespoir, de douleur… qui ne s’achève, une fois l’apocalypse final passé, que par une plainte déchirante et muette. Cela aurait pu s’appeler "Le cri", donc, ou alors "Tombeau pour ma femme". En le lisant j’avais en tête la chanson de Thiéfaine, "Alligator 427", mais comme boostée par des flots de décibels à la Jimmy Hendrix ! Me sont aussi revenues les logorrhées de certaines pages de "Tombeau pour cent mille soldats" de Guyotat. Vraiment l’impression que Druillet a cherché – et réussi ! – à faire passer, ressentir au lecteur tout le mal être, la nausée, mais aussi la haine et le dégoût qui lui inspiraient ces visions apocalyptiques. Qui l’inspiraient tout court. Une inspiration qui ne ferait entrer que du souffre dans les poumons. Quant à l’expiration, dans tous les sens du terme, elle est ici, textes, images et couleurs, souffle de la mort, brûlante. Du coup, difficile de "noter" un album comme celui-ci. Je peux juste dire qu’il laisse sa marque dans la mémoire du lecteur. Que Druillet, au milieu d’images hallucinantes – et probablement avec l’aide de substances propres à les produire, a réussi à trouver un langage pour dire l’indicible. A lire donc ! Même si je ne sais pas si je m’y replongerai. Pour rester sur une note de musique, et atterrir en douceur, écoutez "The End" des Doors…
Elizabeth Bathory
Je ne connaissais pas Elizabeth Bathory avant ma lecture... Mais je ne suis pas un grand connaisseur de la mythologie des vampires. Je sais juste que, même si je n'ai jamais lu le roman originel, j'aime beaucoup l'ambiance qui se dégage des adaptations du roman Dracula (3 films, et une BD) que j'ai pu voir... Et on retrouve ici exactement ce qui me plait dans l'histoire de Dracula : une ambiance froide et triste, dans un décors gothique et tordu d'Europe de l'est... J'adore cette ambiance. L'histoire est, comme je l'apprécie, très sombre, assez violente et dérangeante. Mais les caractères des personnages sont très intéressants. J'ai aimé l'histoire en elle même, même si la narration est assez effroyable... Pascal Croci, avec comme procédé narratif l'utilisation d'un journal, rend son récit obscur et pénible à lire ; ce qui est vraiment dommage quand on a un scénario, certes simple, mais passionnant comme le sien. Et il y a le dessin de Pascal Croci, que certains adorent, d'autres n'aiment pas du tout, moi je le trouve en général très esthétique et joli, mais avec quelques imperfections un peu dérangeantes (les décors et couleurs sont réellement magnifiques, ce qui n'est pas le cas tout le temps des personnages). Une histoire très sombre, malsaine mais intéressante, portée par une ambiance magnifiquement horrifique mais desservi par une narration franchement ratée. Néanmoins grâce au dessin (les premières pages, dans un style différent sont sympas aussi...) on passe un très bon moment de lecture. 3.5/5
Les Voleurs de Carthage
C'est après avoir suivi l'apparition des planches de cet album sur le net, qui m'avaient déjà bien tapé dans l'oeil, que j'ai sauté sur l'occasion d'avoir Hervé Tanquerelle en dédicace chez mon libraire pour acheter cet album. Et c'est du tout bon qu'on nous sers ! Nous voilà en 146 avant JC, à suivre les aventures d'un duo de mercenaires voleurs pas très futés. Ils vont se retrouver embrigadés dans un casse d'envergure au moment ou Carthage s’apprête à subir l'assaut final qui la fera tomber aux mains des romains. Horodamus le gaulois et Berkan le numide vont en effet un peu par hasard se retrouver avec une captive, Tara, qui se révèle être une femme issue de la plus grande guilde des voleurs, la Famille d'Utique. C'est avec eux qu'elle décide de poursuivre le plan du "casse du siècle" qu'elle était censé effectuer au nom de la Famille... Annoncée en deux tomes, cette série pleine de rebondissements ne traîne pas en chemin et nous embarque tambours battants dans cette aventure avec la mythique Carthage en toile de fond. C'est très efficace, bien écrit - certains dialogues sont savoureux - enlevé, envoutant et très bien construit. Le dessin charbonneux, vif et expressif de Tanquerelle est de toute beauté et la magnifique colorisation d'Isabelle Merlet donne à cet album toute la force et l'ambiance qu'on peut attendre de ce genre d'histoire. Tour à tour sombre, lumineuse ou chaleureuse, les planches dégagent et les atmosphères des scènes s'imposent d'elles même. Ajoutez à cela quelques planches pleines pages pour les moments forts du récit et vous obtenez un album de toute beauté ! Reste maintenant à attendre la conclusion de cette aventure dans le second et dernier tome... Et l'attente va être longue, car la conclusion de ce premier opus sait faire monter la tension et jouer avec nos nerfs... Une très bonne BD qui j'espère nous donnera le plaisir de lire un second tome d'aussi bonne facture !
Souvenirs de l'empire de l'atome
Un véritable Ovni que cette bd intitulée sobrement "Souvenirs de l'Empire de l'Atome", de Thierry Smolderen (à qui l'on doit déjà cette superbe série Ghost money) et A. Clérisse, dont je découvre le dessin. Tout d'abord, un objet éditorial de grande qualité édité étrangement par Dargaud alors que le format le rapprochait plus des albums en provenance de Futuropolis. Découpée en plusieurs chapitres, qui vont dans le désordre de 1926 à l'an 110 000 dans le futur, en passant par l'année charnière 1958, cette histoire peut paraître confuse, voire compliquée mais elle bénéficie d'un scénario en béton qui en fait une lecture très fluide et très agréable. Bref, cette bande dessinée est un véritable régal, voire la révélation de l'année 2013. Véritable hommage aux thèmes de science-fiction developpés dans les années 50 (et inspiré apparemment d'un fait divers réel), cet album réconcilie à la fois le franco-belge (avec l'exposition universelle de Bruxelles de 1958 ) et l'inspiration des bd américaines de science-fiction. On y croise d'ailleurs un André Franquin et une rousse plantureuse et incendiaire issue de Mad Men, un clone de Zorglub, et certainement d'autres références (une Ford T, un Georges Bush Sr) qui mériteraient une seconde lecture. Ouvrage fort riche et à plus d'un titre intéressant, qui, s'il le fallait, est encore réhaussé par le magnifique dessin décalé d'Alexandre Clérisse qui donne à cet album à la fois cet aspect désuet des années 50 et toute sa modernité. Un comble, non ? Bref, s'il ne fallait conseiller qu'un seul livre à lire depuis ce début 2013, ce serait sans nul doute celui-là.
Le Port de la Lune
Le Port de la Lune... Un nom qui résonne à l'oreille de tous les Bordelais... Et ça tombe bien, les auteurs le sont, à peu de choses près. Sur le thème du handicap, Bénédicte Gourdon a créé le personnage de Maya Lipman ; c'est ensuite Eric Corbeyran qui a mis en musique sa portée, et Horne qui s'est occupé du dessin. Le trio est à mon sens gagnant. Maya est un personnage très intéressant, moderne sans être outrancier, et son handicap peut se transformer en atout quand le besoin s'en fait sentir. Les personnages secondaires également, surtout Jimmy, sont bien peints. L'essentiel de l'intrigue est le suivi de plusieurs enquêtes qui a priori n'ont pas de rapport, mais il s'avère qu'il y en a bien un, et assez intrigant... Hormis ce point commun, ces enquêtes avancent de façon relativement classique. Et puis il y a cette histoire d'un "homme" qui se "réveille" dans une boîte en ciment, qui rajoute une dimension étrange à l'ensemble. Le second tome verra la résolution de l'enquête, surprenant de prime abord, mais relativement classique au final. Le second tome porte la mention de fin, mais le plaisir que j'ai eu à sa lecture m'inciterait à revoir maya dans une nouvelle enquête... Espérons qu'il ne s'agisse que de la fin d'un diptyque... C'est donc Horne qui s'occupe du dessin : celui-ci a encore évolué depuis ses albums précédents, et même si chaque étape est plaisante, celle-ci s'approche de plus en plus d'un dessin réaliste relativement classique, permettant sa lisibilité par un plus grand public. Un polar qui semble classique de prime abord, mais où plusieurs éléments viennent rajouter des dimensions très intéressantes. Un bon polar.