Etant fan de la première heure de la série mère, et particulièrement emballée par les dessins de Florent Maudoux, je me suis jetée sur cette BD (quelle couverture aussi...).
Contrairement au spin off Rouge, du même auteur, mais pas du même dessinateur, Florent Maudoux reprend ici ses crayons, et nous offre une très belle BD.
On ne retrouve pas le même volume de pages que dans Freaks' Squeele, mais l'histoire est très dense et il n'y a aucun temps mort.
Tout en couleur cette fois, les dessins sont très beaux.
L'atmosphère est assez pesante, pleine de préjugés, de complots, de trahisons, de violence. J'ai bien aimé la cité inventée par Maudoux pour placer son histoire, espèce de cité décadente avec un système de classe fondé sur l'apparence physique des gens à leur naissance. Apparence déterminée par la force du foetus in utéro...
Le principe me plait bien, on reste dans un esprit un peu décalé par rapport au monde réel, tout en gardant des contacts avec celui-ci.
Funérailles et Scipio étant deux des personnages les plus intéressants de la série mère (on ne sait ni par quoi ils sont motivés, ni ce qu'ils veulent, on ne sait pas d'où il sortent..) je vais continuer à suivre cette série de près!
Ce spin off colle bien à l'esprit de la série, et j'ai hâte de voir le tome 2 sortir, au vu du dessin de couverture présenté à la fin du tome 1!!
La qualité de l'histoire me donne même envie de faire abstraction des dessins de la série Rouge...
Seul petit bémol pour moi, la mère de scipio et la copine de prétorius à la fin qui ont des petits airs de ressemblance avec Xiong Mao et sa mère...
Il y a des choses qui vous prennent à la gorge et ne vous quittent plus pendant longtemps, cela fait partie du quotidien à tous, de notre quotidien.
Boris Mirroir, un auteur que je ne connaissais pas a souhaité exorciser le sien en couchant de façon pudique mais sans fards non pas son mal être mais son vécu, « son » histoire. Ce n’est jamais larmoyant ni pathétique, c’est tout simplement une tranche de vie terriblement humaine, banale et cruelle à la fois que je ne peux qu’être touché par l’humanité que l’on rencontre au travers des trois tomes de « notre seul ami commun » dont chaque partie foutrement bien chapitrée (les couvertures ainsi que les sous-titres ont leur importance…) se développe à l’aide d’une narration sans paroles ou presque mais avec une mise en scène incroyablement expressive.
Si Boris utilise un univers coloré et presque muet avec ce peuple animalier vivant les affres d’un quotidien à peine romancé, c’est pour mieux ouvrir la perception du lecteur à l’univers d’un jeune étudiant introverti préférant se réfugier dans l’alcool et les jeux video afin de s’exprimer et de surmonter la maladie de sa mère.
Au hasard d’une lecture limpide et agréable se tisse un drame d’une banalité sans égal mais pourtant bien réaliste. Boris rencontre l’amour charnel, trouve en Mouss un ami qui lui pardonnera tous ses excès, s’amuse, vit mais ne se lamente jamais…
Il me faut remonter jusqu’au chef d’œuvre de Darren Aronofsky, « Requiem for a Dream » pour retrouver un récit aussi poignant sur l’incommunicabilité des sentiments et le fossé qu’il engendre. Mieux, « Notre seul ami commun » se débarrasse de tout débordement trash ou malsain par des cases poétiques et des dessins expressifs pour finalement mieux coller à la réalité… Le découpage est à ce titre exemplaire, qu’il s’agisse des différents chapitres avec lexique d’un objet, de ces prologues colorés façon aquarelle ou de l’histoire parallèle du cochon dépanneur dont les seules dernières pages de la conclusion ne laissent aucun doute sur les destins croisés des différents protagonistes…
Les diverses références musicales (album Substance de Joy Division), jeux video (Super Nes permettant de « dater » le récit) ou cinéma (j’ai cru reconnaitre des dialogues anglais de Fight Club) ne laissent aucun doute sur l’uppercut que cette œuvre nécessaire et purement indispensable a opéré sur moi.
Merci à Spooky d’avoir fait la lumière sur ce récit sorti de nulle part et surtout à l’auteur d’avoir couché une œuvre aussi intime qui réussit pleinement le challenge de distraire autant que d’émouvoir. Un trésor caché que je ne peux que vous inviter à vous imprégner… Tout simplement indispensable et nécessaire.
Quel plaisir de lire une nouvelle série du duo Corbeyran / Chabbert dont le travail m'avait enthousiasmé dans Uchronie[s] - New Byzance. A nouveau je suis sous le charme du dessinateur dont le style est toujours aussi agréable. Finesse de trait, qualité des cadrages, multitude de détails dans les décors, les points forts du dessin sont nombreux. Dès les premières pages on est happé par cette histoire et son ambiance. On plonge dans ce Paris et ce Londres rétro avec bonheur.
L'histoire n'est pas en reste. Elle prend place dans le milieu de la magie et de l'illusion. Tout commence par des petits tours de rues et des spectacles dans de petites salles sans envergure. C'est assez original et accrocheur. En tout cas l'alchimie est là. Car après l'introduction de rigueur qui permet de découvrir les personnages, il suffit d'un évènement mystérieux pour faire décoller l'intrigue. En l’occurrence il s'agit de l'étrange disparition d'un petit garçon durant un tour. L'atmosphère est volontairement ambigüe entre magie et fantastique. On ne sait pas où cette histoire va nous mener. On se laisse porter par l'ambiance, l'intrigue, le dessin, bref par tous ces éléments qui se mélangent à merveille.
Au final un premier tome prenant, l'histoire est efficace et se lit d'une traite. Vivement la suite.
tome 2
Le second tome est dans la parfaite continuité du premier. On retrouve la même ambiance qui donne tout son charme à cette série. Graphiquement j'aime toujours autant le travail D'Eric Chabbert.
L'histoire continue de nous promener entre magie et fantastique. Le mélange est hyper efficace et le récit est toujours agréable. Les questions posées par le tome 1 ne trouvent pas encore leurs réponses. Seulement quelques éléments, quelques début de pistes, juste ce qu'il faut pour donner envie de connaitre la suite. On à l'impression que le mystère s'intensifie autour de la disparition du petit garçon et de nouveaux éléments étranges viennent s'ajouter sur la fin de du tome. Ça se tient tout à fait, et c'est de plus en plus captivant.
S’il y en a bien un qui était ravi d’apprendre la réédition de cet épisode particulier de Batman au sein de la nouvelle et déjà bien longue collection de Urban Comics, c’était bien moi en dépit des nombreux avis négatifs sur cette œuvre décriée.
Il faut dire que l’édition Panini « out of print » se négociait à prix d’or sur la toile et était devenue rapidement introuvable…
Ce n’est un mystère pour personne ni même un scoop : on parle ici de la mort de Jason Todd qui va marquer durablement les esprits pour les épisodes à venir et marquer une tournure dans la série régulière qui reviendra régulièrement sur ce fait inédit à l’époque des années 90. D’ailleurs tout cet épisode suinte durablement l’actualité trouble du moment en incluant l’ayatollah Komeinih et la menace terroriste en envoyant Batman et son disciple au Moyen-Orient, l’un pour retrouver une menace terroriste concoctée par le Joker, l’autre pour retrouver sa véritable mère biologique.
Ce qui est encore plus original est la méthode pour l’éditeur d’envoyer Jason Todd, le second Robin vers son funeste destin : il s’agissait alors pour le lecteur de voter via un simple appel téléphonique pour la mort ou la survie du Golden Boy tel les arènes antiques de Rome ou la télé réalité actuelle.
L’idée était séduisante et a mobilisé les troupes car ce Robin-là était moins apprécié que le précèdent du coup pas de quartier et exit Jason Todd ce qui rend plutôt justice à la mélancolie et à la noirceur constant du Dark Knight.
Si l’on fait abstraction des nombreux raccourcis scénaristiques faisant se rejoindre tous les personnages clés au même endroit comme par hasard, cet épisode se lit aussi addictivement que les Knightfall dont la plupart des dessinateurs voire scénaristes sont les mêmes, à savoir beaucoup d’action et l’envie furieuse de tourner la page au plus vite sans ennui telle un sérial de la bonne vieille époque.
De rapides flashbacks sur les origines de Jason Todd parsèment la lecture sous la bienveillance de Bruce Wayne s’exprimant en voix off et comptabilisant ses erreurs. Certains passages dont une mise à tabac de Robin par le Joker en pleine possession de son aura maléfique sont assez violents et inhabituels et le cadre exotique hors de Gotham même s’il n’est pas très réaliste apporte beaucoup de tension et de charme à un environnement habituellement plus sombre et urbain. On ne perd pas trop de temps à se larmoyer pour mieux poursuivre l’ascension du Joker plus malfaisant et manipulateur que jamais.
Car ce qui m’a effectivement le plus plu c’est la « vengeance » de Batman face à un Joker dans un rôle inhabituel vraiment original et osé et dont je ne peux vous en donner les clés ici sans en dévoiler la surprise. Il faut simplement observer que l’utilisation de Superman en guest star et du cadre de l’ONU apportent beaucoup de plaisir à la lecture dont je m’en suis amusé réellement.
Le bouquin aurait pu se clore sur une conclusion pessimiste mais Urban a eu la bonne initiative de poursuivre cet album par la suite directe mettant en scène Nightwing et un clairvoyant Tim Drake qui deviendra le futur Robin… L’histoire est bien plus « classique » avec un affrontement contre Two-Face et l’apparitions de Teen Titans me laissant un peu de marbre mais reste éminemment sympathique et permet au récit de se conclure sur une note positive.
L’album est de surcroit bourré d’anecdotes passionnantes sur la conception de cet épisode, une page alternative dessinée « si les lecteurs avaient sauvé Jason Todd » et pas mal d’autres petits plus qui en font un livre de référence.
Après graphiquement on reste dans les tons de Jim Apparo un peu rétro et surtout une colorisation criarde qui pique un peu l’œil surtout si l’on pense que l’ensemble a été réalisé bien après Dark Knight Returns par Frank Miller ou même un Killing Joke dont ce « Deuil dans la famille » peut constituer la suite directe mais le découpage simple et percutant aussi bien que l’histoire connue mais haletante en font un épisode de choix dont je ne m’explique toujours pas pourquoi il existe tant de détracteurs.
J’ai beaucoup apprécié et en recommande vivement l’acquisition dans cette réédition augmentée la rendant quasiment indispensable. Après il ne s’agit pas d’un épisode aussi définitif que les Long Halloween ou autres arcs précités plus haut mais surement bien plus que les à prioris négatifs évoqués par mes camarades plus bas.
Une des nombreuses bds que j'ai perdues je ne sais comment (mille milliards de mille sabords ... pour rester poli). Je possédais l'intégrale en noir et blanc petit format (1ère édition avec une superbe couverture, pas comme celle là assez horrible il faut bien le dire).
Un des meilleurs polars en bd que j'ai lus. En même temps je n'en ai pas lu beaucoup c'est vrai. Mais "Nuit noire" c'est vraiment très bon. Un petit côté Baru dans le style de chronique sociale mais beaucoup plus réaliste et urbain.
Le scénario de Chauvel est vraiment fort. C'est haletant et bouleversant. L'amitié des 2 potes, le dérapage de l'un puis le road movie avec les flics au cul... Cela m'avait scotché. L'ambiance d'autoroute, la liaison avec la jeune femme en chaise roulante ...
Le dessin de Lerecluey est remarquable à plus d'un titre. C'est nerveux, sec, très beau. Les visages sont presque déformés, trop droits, mais cela participe vraiment à l'ambiance nerveuse, claustro, anxiogène... Les grandes cases du 1er tome ou Joël braque (puis tue) le flic avec le pistolet dans le paquet de corn flakes sont littéralement scotchantes. Du grand art ! J'adore vraiment ses dessins. Supérieur à mon avis, à son travail sur Arthur (série un peu décevante comparé à des chefs d'oeuvre comme "Nuit noire" ou même "Cairn"). Je trouvais son graphisme plus noir, tourmenté et tordu.
Donc un grand 4 à la limite du 5 et je recherche activement les 3 tomes (éditions originales) de ce chef d'oeuvre du polar social.
Par quels mots commencer une critique d'une œuvre qui m'a autant marqué (comme beaucoup). Loisel étant un de mes 5 auteurs préférés et donc un des meilleurs auteurs de bd tous styles et toutes époques confondus.
C'est une libre interprétation du mythe mais avec une bonne dose de violence en plus, psychologique et visuelle. Peter Pan est un gamin seul et malheureux des rues de Londres (mère alcoolique violente, environnement sombre et agressif...) qui s'évade littéralement dans ses rêves. A la différence du roman original (et du dessin animé de Walt Disney) le monde imaginaire n'est pas épargné par la violence. En particulier le territoire de "l'opikanoba". Cet album comporte quelques cases très gores (mais magnifiques) à la couleur directe. C'est superbe. Mon album préféré avec le 1er tome.
Et puis les sirènes et autres fées sont assez particulières, typiques de Loisel. Des petits corps (ou pas) mais avec des formes très généreuses et de gros tétons. Ce qu'il y a de fort avec Loisel c'est qu'il arrive à rendre ce côté trivial, cru et paillard en totale osmose avec la féerie du monde de l'enfance. C'est assez osé mais c'est entré dans la culture populaire de la bande dessinée. La marque des grands.
Les 3 premiers tomes sont mes albums préférés. Les autres se contentant à mon sens de "finir l'histoire", bien que restant de très grande qualité, ils n'ont pas la puissance des 3 premiers.
Que dire de plus... j'ai lu dans certains commentaires que le dessin de Loisel est gras. Je suis totalement en désaccord avec ça. Gras peut-être mais son dessin (encrage + couleurs) c'est au contraire l'alliance parfaite entre la qualité graphique, la vivacité, la chaleur et une certaine générosité. C'est nerveux, agréable à l’œil, "Walt Disneyien" et en même temps sachant refléter une ambiance lourde, humide (la forêt), enfumée (la taverne) ou brumeuse (les plaines de l'opikanoba). Je suis tombé par hasard sur la page 58 du tome 3: tempête. Peter revient voir sa mère à Londres. C'est sublime.
Je conseille également en option le magnifique ouvrage et story board sur la confection du tome 1. C'est passionnant tous ces crayonnés et petites annotations sur le côté. Un livre vraiment indispensable pour tout fan de Loisel.
J'ai vraiment bien aimée ce manga, il se lit tout seul !!
Une histoire pleine de rebondissements, avec beaucoup d'humour, les personnages ont un graphisme recherché et sont attachants (même les "méchants"), on ne devine pas la fin du manga juste avec les premières pages.
Me voici enfin reconcilié avec l'héroic fantasy en BD. Merci TBC.
Après avoir dessiné (selon moi) le meilleur album de la série Le Décalogue (le 4), TBC revient à la BD en tant que dessinateur mais aussi scénariste. Le grand public sera peut être surpris et inquiet sur ce dernier point. C'est oublier que TBC est un scénariste accompli ayant déjà signé en autre "la cavale du lézard" superbe polar noir à la manière des frères Cohen.
"L'arbre des volants" est une relecture habile de Tarzan. Ici, pas de gorilles ni de chimpanzés ni de léopards mais des monstres ailés (les volants), ou d'autres aussi horribles (les sauteurs) ou encore les charognards. Toute cette faune n'a qu'un objectif : survivre. Pour cela pas de pitié. Seuls les plus forts et les plus rusés y arriveront.
Or le fils du plus puissant des volants est bien faible. C'est un humanoïde. Pourra-t-il résister à ce monde cruel ?
Le point fort du scénario et ce qui en fait son originalité c'est la violence qui se dégage de cette histoire. On a parfois l'impression d'être face à un documentaire animalier. Mangé ou être mangé. Pas d'autres choix. Les personnages principaux, excepté le petit Lomm, sont tous monstrueux (physiquement mais aussi moralement). La mère chérit sa progéniture mais n'hésite cependant pas à les laisser s’entre tuer. Le père est comme le lion. Il se reproduit, assiste la femelle à l'accouchement puis l'abandonne pour une autre. LOMM vit dans l'arbre des volants, l'endroit le plus sûr (et encore c'est relatif) de ce monde. Mais quand on est un vilain petit canard a-t-on réellement sa place dans cette hiérarchie ? N'est-on pas condamné à chasser au sol où le danger est omniprésent ?
Enfin un scénario de HF qui se prend au sérieux. Ceci n'est pas encore une énieme parodie de genre ou un clone de Lanfeust et autre. Non, le charme de cette BD vient que ce dépaysement qui nous est familier.
On ne connait pas ce monde mais on comprend ses règles. C'est celles de la dure loi de la nature. Rien n'est fait pour qu'on s'attache aux personnages et pourtant progressivement malgré l'horreur qu'il provoque en nous on se surprend à éprouver de la sympathie pour ces monstres.
Quant aux dessins de TBC, sans être magnifiques, (et encore, je pense que c'est les couleurs qui gâchent un peu), ils conviennent parfaitement à l'histoire. De plus, il surprend ses lecteurs en montrant qu'il sait dessiner autre chose que l'univers réel auquel il nous avait habitué (Fables de Bosnie).
En conclusion, mon coup de coeur d'août et probablement de la rentrée. Vivement la suite.
NDLM : a priori il s'agit d'août 2002 et l'avis semble ne porter que sur le tome 1
C'était la meilleure bd du début d'année 2012 pour moi (il faut dire que l'actualité n'était pas très riche). Tout d'abord, j'adore le dessin de Sorel. J'apprécie de le voir quitter les récits lovecraftiens (bien que j'adore le fils du grimacier). Il signe des planches d'une grande beauté formelle accentuée par de splendides couleurs qui rendent justice au Brésil.
Je n'avais pas lu le livre de Seksik dont cette bd est l'adaptation. Je ne peux donc que parler de mon plaisir de lecture et non émettre de jugement sur la qualité de cette adaptation.
Toute l'histoire peut se résumer au titre. Je pense que si on n'apprécie pas l'œuvre de Stefan Zweig on ne pourra pas apprécier cet ouvrage (d'ailleurs aura t'on envie de le lire ?)
Je trouve que le scénario fait bien ressentir le spleen si particulier de Zweig. L'ouvrage n'est pas particulièrement tendre avec lui. Son choix peut paraître d'une grande lâcheté. L'émotion vient du sort de cette jeune épouse qui par amour accepte de suivre son mari dans une voie où elle va à reculons.
Nous avons donc une belle histoire d'amour mais aussi la description d'une période dure pour les juifs ayant fui l'Allemagne nazie. Ils ont survécu mais toutes les horribles nouvelles de l'Europe les affectent au plus haut point.
Enfin, je n'avais qu'une envie à la fin de la lecture de cette bd : me replonger dans l'œuvre de Zweig. Je pense que c'était aussi le but des auteurs. Pari réussi.
Bref 85 pages de très bonne lecture : 4,5/5.
ps : Je pense cependant que cette bd pourra être un sommet d'ennui pour certains. On peut être hermétique à la beauté de cette œuvre. Il ne s'y passe pas grand chose, la fin est connue etc.
Je viens de m'enfiler les 11 tomes parus à ce jour du manga Ascension. Franchement c'est parmi mes lectures de ces derniers mois celle qui m'a le plus emballé.
On a ici un manga parlant d'un sport particulier, l'alpinisme sous toutes ses formes (escalades, solo, ascension etc). Est-ce parce que je n'y connais rien dans ce domaine que cette lecture m'a tant enthousiasmé? J'avais certes déjà lu Le Sommet des dieux de Taniguchi et le roman Paroi de glace de Inoué. Le thème doit me plaire car je souffre d'un vertige assez conséquent.
On a ici un seinen classique dans son déroulement : un novice au charisme d'huitre va se réveler dans l'escalade et devenir le meilleur. Rien de neuf. Mais ici tout est fait avec talent. Le graphisme et les couvertures sont splendides. L'histoire et les péripéties s'enchainent sans fausse note.
J'apprécie grandement dans les mangas la capacité qu'ont les auteurs de faire des ruptures de tons, des cassures temporelles, des retours en arrière. Ici l'auteur ose d'un album à l'autre sauter de 48 heures dans le temps puis par des flashbacks revenir sur les événements passés. Cela est fait avec brio sans créer de difficulté de compréhension. J'adore.
Ce manga est inspiré d'un roman l'homme impassible inconnu chez moi.
C'est la lecture la plus addictive découverte ces temps ci. Elle vient à point combler le manque d'Ippo. 4/5 (car il y a une légère baisse de régime à partir du 9ème tome)
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Freaks' Squeele - Funérailles
Etant fan de la première heure de la série mère, et particulièrement emballée par les dessins de Florent Maudoux, je me suis jetée sur cette BD (quelle couverture aussi...). Contrairement au spin off Rouge, du même auteur, mais pas du même dessinateur, Florent Maudoux reprend ici ses crayons, et nous offre une très belle BD. On ne retrouve pas le même volume de pages que dans Freaks' Squeele, mais l'histoire est très dense et il n'y a aucun temps mort. Tout en couleur cette fois, les dessins sont très beaux. L'atmosphère est assez pesante, pleine de préjugés, de complots, de trahisons, de violence. J'ai bien aimé la cité inventée par Maudoux pour placer son histoire, espèce de cité décadente avec un système de classe fondé sur l'apparence physique des gens à leur naissance. Apparence déterminée par la force du foetus in utéro... Le principe me plait bien, on reste dans un esprit un peu décalé par rapport au monde réel, tout en gardant des contacts avec celui-ci. Funérailles et Scipio étant deux des personnages les plus intéressants de la série mère (on ne sait ni par quoi ils sont motivés, ni ce qu'ils veulent, on ne sait pas d'où il sortent..) je vais continuer à suivre cette série de près! Ce spin off colle bien à l'esprit de la série, et j'ai hâte de voir le tome 2 sortir, au vu du dessin de couverture présenté à la fin du tome 1!! La qualité de l'histoire me donne même envie de faire abstraction des dessins de la série Rouge... Seul petit bémol pour moi, la mère de scipio et la copine de prétorius à la fin qui ont des petits airs de ressemblance avec Xiong Mao et sa mère...
Notre seul ami commun
Il y a des choses qui vous prennent à la gorge et ne vous quittent plus pendant longtemps, cela fait partie du quotidien à tous, de notre quotidien. Boris Mirroir, un auteur que je ne connaissais pas a souhaité exorciser le sien en couchant de façon pudique mais sans fards non pas son mal être mais son vécu, « son » histoire. Ce n’est jamais larmoyant ni pathétique, c’est tout simplement une tranche de vie terriblement humaine, banale et cruelle à la fois que je ne peux qu’être touché par l’humanité que l’on rencontre au travers des trois tomes de « notre seul ami commun » dont chaque partie foutrement bien chapitrée (les couvertures ainsi que les sous-titres ont leur importance…) se développe à l’aide d’une narration sans paroles ou presque mais avec une mise en scène incroyablement expressive. Si Boris utilise un univers coloré et presque muet avec ce peuple animalier vivant les affres d’un quotidien à peine romancé, c’est pour mieux ouvrir la perception du lecteur à l’univers d’un jeune étudiant introverti préférant se réfugier dans l’alcool et les jeux video afin de s’exprimer et de surmonter la maladie de sa mère. Au hasard d’une lecture limpide et agréable se tisse un drame d’une banalité sans égal mais pourtant bien réaliste. Boris rencontre l’amour charnel, trouve en Mouss un ami qui lui pardonnera tous ses excès, s’amuse, vit mais ne se lamente jamais… Il me faut remonter jusqu’au chef d’œuvre de Darren Aronofsky, « Requiem for a Dream » pour retrouver un récit aussi poignant sur l’incommunicabilité des sentiments et le fossé qu’il engendre. Mieux, « Notre seul ami commun » se débarrasse de tout débordement trash ou malsain par des cases poétiques et des dessins expressifs pour finalement mieux coller à la réalité… Le découpage est à ce titre exemplaire, qu’il s’agisse des différents chapitres avec lexique d’un objet, de ces prologues colorés façon aquarelle ou de l’histoire parallèle du cochon dépanneur dont les seules dernières pages de la conclusion ne laissent aucun doute sur les destins croisés des différents protagonistes… Les diverses références musicales (album Substance de Joy Division), jeux video (Super Nes permettant de « dater » le récit) ou cinéma (j’ai cru reconnaitre des dialogues anglais de Fight Club) ne laissent aucun doute sur l’uppercut que cette œuvre nécessaire et purement indispensable a opéré sur moi. Merci à Spooky d’avoir fait la lumière sur ce récit sorti de nulle part et surtout à l’auteur d’avoir couché une œuvre aussi intime qui réussit pleinement le challenge de distraire autant que d’émouvoir. Un trésor caché que je ne peux que vous inviter à vous imprégner… Tout simplement indispensable et nécessaire.
Black Stone
Quel plaisir de lire une nouvelle série du duo Corbeyran / Chabbert dont le travail m'avait enthousiasmé dans Uchronie[s] - New Byzance. A nouveau je suis sous le charme du dessinateur dont le style est toujours aussi agréable. Finesse de trait, qualité des cadrages, multitude de détails dans les décors, les points forts du dessin sont nombreux. Dès les premières pages on est happé par cette histoire et son ambiance. On plonge dans ce Paris et ce Londres rétro avec bonheur. L'histoire n'est pas en reste. Elle prend place dans le milieu de la magie et de l'illusion. Tout commence par des petits tours de rues et des spectacles dans de petites salles sans envergure. C'est assez original et accrocheur. En tout cas l'alchimie est là. Car après l'introduction de rigueur qui permet de découvrir les personnages, il suffit d'un évènement mystérieux pour faire décoller l'intrigue. En l’occurrence il s'agit de l'étrange disparition d'un petit garçon durant un tour. L'atmosphère est volontairement ambigüe entre magie et fantastique. On ne sait pas où cette histoire va nous mener. On se laisse porter par l'ambiance, l'intrigue, le dessin, bref par tous ces éléments qui se mélangent à merveille. Au final un premier tome prenant, l'histoire est efficace et se lit d'une traite. Vivement la suite. tome 2 Le second tome est dans la parfaite continuité du premier. On retrouve la même ambiance qui donne tout son charme à cette série. Graphiquement j'aime toujours autant le travail D'Eric Chabbert. L'histoire continue de nous promener entre magie et fantastique. Le mélange est hyper efficace et le récit est toujours agréable. Les questions posées par le tome 1 ne trouvent pas encore leurs réponses. Seulement quelques éléments, quelques début de pistes, juste ce qu'il faut pour donner envie de connaitre la suite. On à l'impression que le mystère s'intensifie autour de la disparition du petit garçon et de nouveaux éléments étranges viennent s'ajouter sur la fin de du tome. Ça se tient tout à fait, et c'est de plus en plus captivant.
Batman - Un deuil dans la famille
S’il y en a bien un qui était ravi d’apprendre la réédition de cet épisode particulier de Batman au sein de la nouvelle et déjà bien longue collection de Urban Comics, c’était bien moi en dépit des nombreux avis négatifs sur cette œuvre décriée. Il faut dire que l’édition Panini « out of print » se négociait à prix d’or sur la toile et était devenue rapidement introuvable… Ce n’est un mystère pour personne ni même un scoop : on parle ici de la mort de Jason Todd qui va marquer durablement les esprits pour les épisodes à venir et marquer une tournure dans la série régulière qui reviendra régulièrement sur ce fait inédit à l’époque des années 90. D’ailleurs tout cet épisode suinte durablement l’actualité trouble du moment en incluant l’ayatollah Komeinih et la menace terroriste en envoyant Batman et son disciple au Moyen-Orient, l’un pour retrouver une menace terroriste concoctée par le Joker, l’autre pour retrouver sa véritable mère biologique. Ce qui est encore plus original est la méthode pour l’éditeur d’envoyer Jason Todd, le second Robin vers son funeste destin : il s’agissait alors pour le lecteur de voter via un simple appel téléphonique pour la mort ou la survie du Golden Boy tel les arènes antiques de Rome ou la télé réalité actuelle. L’idée était séduisante et a mobilisé les troupes car ce Robin-là était moins apprécié que le précèdent du coup pas de quartier et exit Jason Todd ce qui rend plutôt justice à la mélancolie et à la noirceur constant du Dark Knight. Si l’on fait abstraction des nombreux raccourcis scénaristiques faisant se rejoindre tous les personnages clés au même endroit comme par hasard, cet épisode se lit aussi addictivement que les Knightfall dont la plupart des dessinateurs voire scénaristes sont les mêmes, à savoir beaucoup d’action et l’envie furieuse de tourner la page au plus vite sans ennui telle un sérial de la bonne vieille époque. De rapides flashbacks sur les origines de Jason Todd parsèment la lecture sous la bienveillance de Bruce Wayne s’exprimant en voix off et comptabilisant ses erreurs. Certains passages dont une mise à tabac de Robin par le Joker en pleine possession de son aura maléfique sont assez violents et inhabituels et le cadre exotique hors de Gotham même s’il n’est pas très réaliste apporte beaucoup de tension et de charme à un environnement habituellement plus sombre et urbain. On ne perd pas trop de temps à se larmoyer pour mieux poursuivre l’ascension du Joker plus malfaisant et manipulateur que jamais. Car ce qui m’a effectivement le plus plu c’est la « vengeance » de Batman face à un Joker dans un rôle inhabituel vraiment original et osé et dont je ne peux vous en donner les clés ici sans en dévoiler la surprise. Il faut simplement observer que l’utilisation de Superman en guest star et du cadre de l’ONU apportent beaucoup de plaisir à la lecture dont je m’en suis amusé réellement. Le bouquin aurait pu se clore sur une conclusion pessimiste mais Urban a eu la bonne initiative de poursuivre cet album par la suite directe mettant en scène Nightwing et un clairvoyant Tim Drake qui deviendra le futur Robin… L’histoire est bien plus « classique » avec un affrontement contre Two-Face et l’apparitions de Teen Titans me laissant un peu de marbre mais reste éminemment sympathique et permet au récit de se conclure sur une note positive. L’album est de surcroit bourré d’anecdotes passionnantes sur la conception de cet épisode, une page alternative dessinée « si les lecteurs avaient sauvé Jason Todd » et pas mal d’autres petits plus qui en font un livre de référence. Après graphiquement on reste dans les tons de Jim Apparo un peu rétro et surtout une colorisation criarde qui pique un peu l’œil surtout si l’on pense que l’ensemble a été réalisé bien après Dark Knight Returns par Frank Miller ou même un Killing Joke dont ce « Deuil dans la famille » peut constituer la suite directe mais le découpage simple et percutant aussi bien que l’histoire connue mais haletante en font un épisode de choix dont je ne m’explique toujours pas pourquoi il existe tant de détracteurs. J’ai beaucoup apprécié et en recommande vivement l’acquisition dans cette réédition augmentée la rendant quasiment indispensable. Après il ne s’agit pas d’un épisode aussi définitif que les Long Halloween ou autres arcs précités plus haut mais surement bien plus que les à prioris négatifs évoqués par mes camarades plus bas.
Nuit Noire
Une des nombreuses bds que j'ai perdues je ne sais comment (mille milliards de mille sabords ... pour rester poli). Je possédais l'intégrale en noir et blanc petit format (1ère édition avec une superbe couverture, pas comme celle là assez horrible il faut bien le dire). Un des meilleurs polars en bd que j'ai lus. En même temps je n'en ai pas lu beaucoup c'est vrai. Mais "Nuit noire" c'est vraiment très bon. Un petit côté Baru dans le style de chronique sociale mais beaucoup plus réaliste et urbain. Le scénario de Chauvel est vraiment fort. C'est haletant et bouleversant. L'amitié des 2 potes, le dérapage de l'un puis le road movie avec les flics au cul... Cela m'avait scotché. L'ambiance d'autoroute, la liaison avec la jeune femme en chaise roulante ... Le dessin de Lerecluey est remarquable à plus d'un titre. C'est nerveux, sec, très beau. Les visages sont presque déformés, trop droits, mais cela participe vraiment à l'ambiance nerveuse, claustro, anxiogène... Les grandes cases du 1er tome ou Joël braque (puis tue) le flic avec le pistolet dans le paquet de corn flakes sont littéralement scotchantes. Du grand art ! J'adore vraiment ses dessins. Supérieur à mon avis, à son travail sur Arthur (série un peu décevante comparé à des chefs d'oeuvre comme "Nuit noire" ou même "Cairn"). Je trouvais son graphisme plus noir, tourmenté et tordu. Donc un grand 4 à la limite du 5 et je recherche activement les 3 tomes (éditions originales) de ce chef d'oeuvre du polar social.
Peter Pan
Par quels mots commencer une critique d'une œuvre qui m'a autant marqué (comme beaucoup). Loisel étant un de mes 5 auteurs préférés et donc un des meilleurs auteurs de bd tous styles et toutes époques confondus. C'est une libre interprétation du mythe mais avec une bonne dose de violence en plus, psychologique et visuelle. Peter Pan est un gamin seul et malheureux des rues de Londres (mère alcoolique violente, environnement sombre et agressif...) qui s'évade littéralement dans ses rêves. A la différence du roman original (et du dessin animé de Walt Disney) le monde imaginaire n'est pas épargné par la violence. En particulier le territoire de "l'opikanoba". Cet album comporte quelques cases très gores (mais magnifiques) à la couleur directe. C'est superbe. Mon album préféré avec le 1er tome. Et puis les sirènes et autres fées sont assez particulières, typiques de Loisel. Des petits corps (ou pas) mais avec des formes très généreuses et de gros tétons. Ce qu'il y a de fort avec Loisel c'est qu'il arrive à rendre ce côté trivial, cru et paillard en totale osmose avec la féerie du monde de l'enfance. C'est assez osé mais c'est entré dans la culture populaire de la bande dessinée. La marque des grands. Les 3 premiers tomes sont mes albums préférés. Les autres se contentant à mon sens de "finir l'histoire", bien que restant de très grande qualité, ils n'ont pas la puissance des 3 premiers. Que dire de plus... j'ai lu dans certains commentaires que le dessin de Loisel est gras. Je suis totalement en désaccord avec ça. Gras peut-être mais son dessin (encrage + couleurs) c'est au contraire l'alliance parfaite entre la qualité graphique, la vivacité, la chaleur et une certaine générosité. C'est nerveux, agréable à l’œil, "Walt Disneyien" et en même temps sachant refléter une ambiance lourde, humide (la forêt), enfumée (la taverne) ou brumeuse (les plaines de l'opikanoba). Je suis tombé par hasard sur la page 58 du tome 3: tempête. Peter revient voir sa mère à Londres. C'est sublime. Je conseille également en option le magnifique ouvrage et story board sur la confection du tome 1. C'est passionnant tous ces crayonnés et petites annotations sur le côté. Un livre vraiment indispensable pour tout fan de Loisel.
SerVamp
J'ai vraiment bien aimée ce manga, il se lit tout seul !! Une histoire pleine de rebondissements, avec beaucoup d'humour, les personnages ont un graphisme recherché et sont attachants (même les "méchants"), on ne devine pas la fin du manga juste avec les premières pages.
Lomm
Me voici enfin reconcilié avec l'héroic fantasy en BD. Merci TBC. Après avoir dessiné (selon moi) le meilleur album de la série Le Décalogue (le 4), TBC revient à la BD en tant que dessinateur mais aussi scénariste. Le grand public sera peut être surpris et inquiet sur ce dernier point. C'est oublier que TBC est un scénariste accompli ayant déjà signé en autre "la cavale du lézard" superbe polar noir à la manière des frères Cohen. "L'arbre des volants" est une relecture habile de Tarzan. Ici, pas de gorilles ni de chimpanzés ni de léopards mais des monstres ailés (les volants), ou d'autres aussi horribles (les sauteurs) ou encore les charognards. Toute cette faune n'a qu'un objectif : survivre. Pour cela pas de pitié. Seuls les plus forts et les plus rusés y arriveront. Or le fils du plus puissant des volants est bien faible. C'est un humanoïde. Pourra-t-il résister à ce monde cruel ? Le point fort du scénario et ce qui en fait son originalité c'est la violence qui se dégage de cette histoire. On a parfois l'impression d'être face à un documentaire animalier. Mangé ou être mangé. Pas d'autres choix. Les personnages principaux, excepté le petit Lomm, sont tous monstrueux (physiquement mais aussi moralement). La mère chérit sa progéniture mais n'hésite cependant pas à les laisser s’entre tuer. Le père est comme le lion. Il se reproduit, assiste la femelle à l'accouchement puis l'abandonne pour une autre. LOMM vit dans l'arbre des volants, l'endroit le plus sûr (et encore c'est relatif) de ce monde. Mais quand on est un vilain petit canard a-t-on réellement sa place dans cette hiérarchie ? N'est-on pas condamné à chasser au sol où le danger est omniprésent ? Enfin un scénario de HF qui se prend au sérieux. Ceci n'est pas encore une énieme parodie de genre ou un clone de Lanfeust et autre. Non, le charme de cette BD vient que ce dépaysement qui nous est familier. On ne connait pas ce monde mais on comprend ses règles. C'est celles de la dure loi de la nature. Rien n'est fait pour qu'on s'attache aux personnages et pourtant progressivement malgré l'horreur qu'il provoque en nous on se surprend à éprouver de la sympathie pour ces monstres. Quant aux dessins de TBC, sans être magnifiques, (et encore, je pense que c'est les couleurs qui gâchent un peu), ils conviennent parfaitement à l'histoire. De plus, il surprend ses lecteurs en montrant qu'il sait dessiner autre chose que l'univers réel auquel il nous avait habitué (Fables de Bosnie). En conclusion, mon coup de coeur d'août et probablement de la rentrée. Vivement la suite. NDLM : a priori il s'agit d'août 2002 et l'avis semble ne porter que sur le tome 1
Les Derniers Jours de Stefan Zweig
C'était la meilleure bd du début d'année 2012 pour moi (il faut dire que l'actualité n'était pas très riche). Tout d'abord, j'adore le dessin de Sorel. J'apprécie de le voir quitter les récits lovecraftiens (bien que j'adore le fils du grimacier). Il signe des planches d'une grande beauté formelle accentuée par de splendides couleurs qui rendent justice au Brésil. Je n'avais pas lu le livre de Seksik dont cette bd est l'adaptation. Je ne peux donc que parler de mon plaisir de lecture et non émettre de jugement sur la qualité de cette adaptation. Toute l'histoire peut se résumer au titre. Je pense que si on n'apprécie pas l'œuvre de Stefan Zweig on ne pourra pas apprécier cet ouvrage (d'ailleurs aura t'on envie de le lire ?) Je trouve que le scénario fait bien ressentir le spleen si particulier de Zweig. L'ouvrage n'est pas particulièrement tendre avec lui. Son choix peut paraître d'une grande lâcheté. L'émotion vient du sort de cette jeune épouse qui par amour accepte de suivre son mari dans une voie où elle va à reculons. Nous avons donc une belle histoire d'amour mais aussi la description d'une période dure pour les juifs ayant fui l'Allemagne nazie. Ils ont survécu mais toutes les horribles nouvelles de l'Europe les affectent au plus haut point. Enfin, je n'avais qu'une envie à la fin de la lecture de cette bd : me replonger dans l'œuvre de Zweig. Je pense que c'était aussi le but des auteurs. Pari réussi. Bref 85 pages de très bonne lecture : 4,5/5. ps : Je pense cependant que cette bd pourra être un sommet d'ennui pour certains. On peut être hermétique à la beauté de cette œuvre. Il ne s'y passe pas grand chose, la fin est connue etc.
Ascension (Delcourt)
Je viens de m'enfiler les 11 tomes parus à ce jour du manga Ascension. Franchement c'est parmi mes lectures de ces derniers mois celle qui m'a le plus emballé. On a ici un manga parlant d'un sport particulier, l'alpinisme sous toutes ses formes (escalades, solo, ascension etc). Est-ce parce que je n'y connais rien dans ce domaine que cette lecture m'a tant enthousiasmé? J'avais certes déjà lu Le Sommet des dieux de Taniguchi et le roman Paroi de glace de Inoué. Le thème doit me plaire car je souffre d'un vertige assez conséquent. On a ici un seinen classique dans son déroulement : un novice au charisme d'huitre va se réveler dans l'escalade et devenir le meilleur. Rien de neuf. Mais ici tout est fait avec talent. Le graphisme et les couvertures sont splendides. L'histoire et les péripéties s'enchainent sans fausse note. J'apprécie grandement dans les mangas la capacité qu'ont les auteurs de faire des ruptures de tons, des cassures temporelles, des retours en arrière. Ici l'auteur ose d'un album à l'autre sauter de 48 heures dans le temps puis par des flashbacks revenir sur les événements passés. Cela est fait avec brio sans créer de difficulté de compréhension. J'adore. Ce manga est inspiré d'un roman l'homme impassible inconnu chez moi. C'est la lecture la plus addictive découverte ces temps ci. Elle vient à point combler le manque d'Ippo. 4/5 (car il y a une légère baisse de régime à partir du 9ème tome)