Les derniers avis (9618 avis)

Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dans la nuit
Dans la nuit

Trois albums avec chacun une atmosphère, une ambiance et un scénario propre. Il n'y a pas vraiment de fil conducteur à part des histoires qui se passent globalement à la même époque et l'animateur d'une émission de radio tardive qui intervient parfois brièvement auprès de certains des personnages. Chaque histoire est vraiment bien construite et prenante. A la manière d'un bon thriller on monte crescendo dans l'angoisse, l'horreur, le fantastique, le tout dans une ambiance lourde et oppressante. Une fois de plus Callède, dont j'avais déjà apprécié le travail sur Comptine d'Halloween, nous prouve qu'il maitrise parfaitement son sujet en matière de thriller horrifique. Dommage que cette série ne comporte pas plus d'albums.

31/10/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hommes à la mer
Hommes à la mer

Grandiose! Et encore pour moi le mot est faible. Riff Reb's fait encore une fois très fort avec cette adaptation de huit nouvelles sur le monde maritime. Excusez du peu il s'attaque pas moins qu'à : Joseph Conrad, "Un sourire", William Hope Hodgson, "Les chevaux marins" et "Le dernier voyage du Shamraken", Pierre Mac Orlan, "La chiourme" et "Le grand sud", Edgar Allan Poe, "Une descente dans le maelström", Marcel Schwob, "Les trois gabelous" et Robert Louis Stevenson, "Le naufrage". Afin de nous permettre de respirer, entre chacune de ces nouvelles est inséré un extrait d'un grand texte de la littérature. Cela va de Homère à Jules Verne en passant par Eugène Sue, Jack London ou Victor Hugo, je vous laisse découvrir les autres. Ces extraits, accompagnés par une illustration, ponctuent le récit des nouvelles. En lien avec la mer, les marins, ils renforcent le propos ou amènent un éclairage autre sur l'histoire qui va débuter. Le procédé est original et je trouve fort bienvenu. Venons en aux huit nouvelles mises en images par Riff Reb's; je l'ai dit plus haut c'est grandiose! En quelques pages il arrive par son dessin à nous mettre exactement là où il faut et dans l'état qu'il faut. Bien sûr l'on pourra dire que certaines adaptations sont meilleures que d'autres. Personnellement je dirais qu'il ne faut pas faire de choix, chacune d'entre elles est capable de nous dire quelque chose et puis n'oublions pas la chose primordiale. Il s'agit là de l'adaptation de nouvelles écrites par ce que l'on pourrait appeler des pointures de la littérature, Conrad, Stevenson, Mac Orlan et dans le genre fantastique Poe et Hodgson. Certes il ne suffit pas d'avoir de grands auteurs, encore faut-il que l'illustrateur soit à la hauteur. A ce titre je rappellerais simplement le travail effectué sur Le Loup des Mers et A bord de l'Etoile Matutine. Le dessin propose, par les couleurs employées des ambiances extrêmement variées. Le rouge des bonnets dans "La chiourme" qui déjà laisse présager de la fin, sur "Les chevaux marins" ce ton sombre, verdâtre qui nous plonge au fond de l'eau, etc.. Ces histoire ne sont pas franchement gaies, elles tirent vers le sombre, le drame et un peu de fantastique avec Poe. Elles dégagent beaucoup de mélancolie mais en même temps un immense amour de ce monde maritime magnifié par un dessin solaire dans la dernière adaptation, "Le dernier voyage du Shamraken" où l'équipage aussi vieux que le navire ne peut quitter un monde qui l'a vu naître et vivre. Achat indispensable, à noter quelques mots de l'auteur en fin d'ouvrage, excellent pour conclure la lecture de ce très bel objet.

30/10/2014 (MAJ le 30/10/2014) (modifier)
Par Pierrick
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Il était une fois en France
Il était une fois en France

Voici la série qui a transformé mon attirance pour la BD en véritable passion! (Il faut préciser que je suis néophyte dans le genre, ce qui m'évitera les foudres des puristes considérant que de nombreuses séries antérieures auraient mérité cette remarque). Après chaque lecture, j'ai toujours l'impression d'avoir visionné un très bon film à l'image du "Parrain" ou de "Il était une fois en Amérique". La lecture des six tomes est particulièrement fluide grâce à un scénario et à une narration maîtrisés. Les cadrages, extrêmement précis et adaptés au contexte, nous plongent dans l'intrigue en créant un suspense constant (c'est d'ailleurs, à mon avis, ce qui caractérise l'oeuvre de Fabien Nury). Bref, vous l'aurez compris, je suis un fan de cette série dont je recommande vivement la lecture et l'achat à l'occasion de la sortie prochaine de l'intégrale.

30/10/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Berceuse assassine
Berceuse assassine

Véritablement excellent ! D'abord cette histoire vue sous trois angles différents, au niveau scénaristique c'est très bien construit, cela nous permet de comprendre les motivations des uns et des autres, leurs réactions face aux événements. Le récit est noir, très noir, il y a des moments très forts entre Telenko et sa femme où l'on sent la haine entre les deux. Même si l'univers est différent, j'ai pensé au film ''Le Chat'' avec Gabin et Signoret. Même si les choses sont assez explicites, à la fin de ma lecture j'ai repris l'ensemble et j'ai trouvé intéressant de retrouver les personnages d'abord secondaires qui prennent une place plus importante par la suite. Disons le, si j'ai été pris par ce récit, c'est non seulement par l'histoire mais aussi grâce à la qualité graphique avec des cases qui rendent parfaitement l'atmosphère âpre, glauque, triste. Les taches de couleurs, notamment le taxi mais surtout les motifs tribaux Navajo, viennent souligner le reste. Voilà donc une trilogie où l'ambiance monte peu à peu, une tension s'installe et chaque tome apporte son lot de révélations. Tous différents, ils n'en forment pas moins quelque chose d'unique. Dans la catégorie du polar noir et glauque, à faire découvrir ou à relire.

30/10/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bobby Zombie
Bobby Zombie

Le pari d’écrire et dessiner une série franchement drôle et divertissante sur les aléas d’un jeune zombie amoureux dans une école par strips de 6 cases formant une histoire complète et cohérente dans un format à l’italienne, ça vous dit ? C’est le pari réussi de Loran avec ce très injustement méconnu mais très chouette Bobby Zombie. Contrairement aux idées reçues et à quelques dessins gentiment trash, Bobby Zombie peut ne pas plaire aux parents qui s’en détourneront vite le regard pour attraper le dernier Titeuf à la place mais pourtant ce serait involontairement faire l’impasse sur une histoire rigolote aussi simple que maline et habile. Point de « réalisme » à la Walking Dead, Bobby est simplement un zombie effectuant sa première rentrée scolaire. Forcément il n’est plus très frais, sent le cadavre et a une mine aussi fraiche que qu’un vieux steak oublié sous le soleil de juillet. Un regard entre la jeune Cindy et lui scellent leur destin : Bobby en tombe aussi éperdument amoureux qu’elle est écœurée juste à l’idée de le voir ! Par chance, François-Xavier, un camarade de classe au QI surdimensionné (c’est lui qui le prétend), va le prendre sous son aile et en faire son ami. Mais comment faire pour s’intégrer avec les copains, séduire la belle de la classe et passer une après midi à la plage en toute quiétude lorsqu’on est mort ? Loran part de ce drôle de postulat pour écrire une œuvre unique en son genre, originale et drôle.. C’est effectivement gentiment trash avec quelques démembrements, la tête de Bobby reste rarement sur ses épaules et ses yeux exorbités se promènent un peu partout. Mais qu’il provoque le dégout (on y vomit souvent) ou l’empathie, Bobby n’oublie pas le principal : nous faire rire et sourire souvent, chacun des strips pouvant se lire indépendamment avec une chute qui lui est propre, le tout formant une histoire complète dont la fin est particulièrement bien trouvée ! La galerie de personnages secondaires est assez sympathique, de Cindy, enfant sage ayant toutes les particularités de la peste tête à claques à son père, savant fou, voulant mettre la main à tout prix sur un zombie pour en déceler l’immortalité sans oublier François-Xavier et Bobby le zombie, pas une minute de répit sur une histoire se lisant relativement rapidement mais sans baisse de rythme notable. Loran possède un trait tout en rondeurs rappelant un peu le style du fameux jeu vidéo « Plants vs. Zombies », simplifie les décors sans les oublier et colore son gaufrier de couleurs chaudes positives dont seul le vert pourri fade de Bobby contraste avec son environnement ! Le format à l’italienne est tout à fait adapté à la situation et devrait vous inspirer à quelques jours d’Halloween de vite lire et acquérir ce petit bijou sympathique et de lui redonner les lettres de noblesse qu’il mérite ! Du zombie, de l’amour, de la tolérance (si ), des origines de Bobby (si, si) et quelques vomis (si , si , si beuark !), tous en librairie pour Bobby Zombie ! :)

27/10/2014 (modifier)
Couverture de la série Conte démoniaque
Conte démoniaque

Une BD dense et longue qui propose une descente en enfer, ni plus ni -surtout- moins. C'est la vision la plus crédible que j'ai pu voir de ce que pourrait être l'Enfer s'il existait et était habité par des monstruosités à base d'humains qui ne peuvent plus mourir : un lieu en constante évolution, pour le pire, où l'inventivité pour les tourments ne connaît pas de limite, où l'on vit juste assez pour faire souffrir et souffrir encore plus, où toute forme d'espoir est systématiquement sanctionnée. C'est une plongée vertigineuse et épique ; la trame en son coeur fait la part belle à la guerre sans héroïsme, où trahison est la règle, le gain de pouvoir le but de toutes ces âmes damnées. Baroque, puissant, haineux, sublime.

26/10/2014 (modifier)
Par Thorn
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jane, le renard & moi
Jane, le renard & moi

Face à une BD, je regarde le dessin. Et le titre. Là, les deux m'ont attirée. Le titre est intriguant et poétique. Le dessin aussi est poétique. C'est un crayonné simple et riche à la fois, expressif, doux. Les instants positifs sont l'occasion d'irruption de couleurs, tendres ou vives, de foisonnement de formes et de feuillages, puis la grisaille du crayon reprend le dessus, avec juste ce qu'il faut de détails pour souligner à quel point le récit est réel. J'avais peur quand même, car c'est vraiment dur ce que peut vivre cette jeune fille, qui ne trouve pas sa place, qui perd ses repères d'enfance, et n'en trouve de nouveau que dans un livre auquel elle s'accroche désespérément. Mais pour le lecteur qui connait la fin du roman, lui, il y a peu d'espoir, et il y a eu des moments où j'ai eu envie de laisser tomber, de refermer l'album et de le reposer. Mais Hélène, elle, ne peut pas refermer sa vie, elle se retient à ce qu'elle peut, un instant de complicité avec sa mère, un détour dans un parc, et elle continue d'affronter le regard et les rires des autres sans trop savoir comment elle peut y survivre. Alors je ne peux pas la laisser, et je continue ma lecture, avec l'espoir que les cases vont s'illuminer de couleurs, que l'adolescence n'est pas toujours la fin de l'enfance, que je pourrai dire à d'autres "tu vas voir, ça finit bien".

25/10/2014 (modifier)
Couverture de la série Monogatari
Monogatari

Je l'ai lu en entier, dévoré avec passion. Certes ces histoires qui s'enchevêtrent sont un peu délicates à suivre, certes la galerie des personnages est fournie, mais rarement ai-je eu l'occasion de de découvrir tant de portraits charismatiques en si peu de pages. Et un index très bien fait permet de s'y retrouver à tout instant ; même s'il est vrai qu'il faut souvent faire des allers-retour pour bien saisir le rôle de chaque protagoniste, le jeu en vaut la chandelle. Cette densité est rafraîchissante à une époque où souvent les récits sont délayés pour des raisons mercantiles ; cela reste cependant lisible et digeste grâce au dynamisme des dessins et de la narration. La complexité des jeux d'alliance, l'humanité et la morale très variées et changeantes des personnages rendent une impression de justesse et de vraisemblance de ce que peuvent représenter les évènements relatés, tant pour l'Histoire d'une grande nation que pour une variété importante d'individualités.

25/10/2014 (modifier)
Couverture de la série L'été 63
L'été 63

Cette chronique estivale champêtre se révèle très séduisante et se veut à la fois une chronique paysanne et un petit drame sentimental et familial joliment conté, tout en finesse, sensibilité et tendresse, avec des personnages attachants. Le décor influe beaucoup sur ma lecture car ayant vécu souvent à la campagne, passé des vacances de gamin dans des conditions un peu semblables en Saintonge et autour de La Rochelle, j'ai appris à bien connaître la mentalité paysanne et à l'aimer malgré ses travers. La ruralité décrite ici est conforme à ce que j'ai connu, qu'elle soit d'Auvergne ou d'ailleurs, cette mentalité est quasiment immuable. Le Livradois-Forez est très joli, mais ce village de Saint-Roch me semble fictif, j'ai l'impression que Bourgne a imaginé ce lieu pour ne pas impliquer un vrai village ; il a seulement enrobé le tout dans un environnement réel puisqu'il parle de Sauxillanges et de Parentignat qui elles sont 2 communes réelles situées au sud-est de Clermont-Ferrand. Le scénario suit une route plutôt logique, on attend de voir comment Jeannot va adopter enfin cette demi-soeur vietnamienne, tout réside dans la façon dont ça va se produire. Peut-être que le récit aurait gagné en profondeur s'il avait été plus développé, avec des flash-backs sur l'enfance de Jeannot, son père absent etc... ce qui aurait donné un triptyque plus adéquat qu'un diptyque un peu court, sinon c'est un joli récit qui dispose d'une excellente restitution d'époque avec plein d'indices, d'allusions et d'éléments typés comme les voitures. Quant au dessin, c'est vraiment superbe, j'aime ce style graphique qui donne beaucoup de caractère au décor et aux personnages. Une lecture agréable au ton doux-amer qui repose la tête des Bd d'action ou fantastique.

23/10/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kashimashi - Girl meets Girl
Kashimashi - Girl meets Girl

Probablement le meilleur manga yuri que j'ai lu jusqu'à présent. Je trouve le ton des yuri parfois un peu trop sérieux alors qu'ici il y a des scènes sérieuses, mais aussi des moments de comédies qui font se détendre l'atmosphère. Le mélange prend bien et j'ai rigolé à plusieurs reprises. Un autre truc que j'ai aimé ce sont les personnages, particulièrement Hazumu, Tomari et Yasuna. Leurs sentiments sont très bien développés et je les trouve attachantes. Trop souvent j'ai vu des personnages lesbiens dans des anime ou manga qui ne semblaient être là que parce que les hommes fantasment sur les lesbiennes et leur rôle était d'harceler sexuellement les autres personnages féminins. Ici, c'est traité avec respect et ce sont des personnages bien développés et pas des fantasmes vivants. Pour ce qui est du dessin, le seul reproche que j'ai à faire, c'est que je trouve que les visages sont moins bien sur certaines cases.

20/10/2014 (modifier)