Les derniers avis (9618 avis)

Par ArzaK
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Porte au Ciel
La Porte au Ciel

Je pourrais copier/coller l'avis de Ro ci-dessous tant je suis d'accord avec lui. Je ne vais donc pas être long, juste être un peu redondant en disant qu'effectivement, Sicomoro nous livre là un très beau travail, nettement plus beau que dans Lumière froide et que Pierre Makyo semble avoir retrouvé l'inspiration scénaristique de ses débuts. Son scénario est intriguant et très prenant. Les trois fugueuses ont du caractère, ce qui les rend d'autant plus attachante et leurs dialogues sont d'un grand naturel, assez rare en bd. J'ajoute que la couverture est superbe et nettement plus belle que le premier projet de couverture d'abord dévoilé par Dupuis que l'on retrouve reproduit au quatrième plat. Ajout après la lecture du deuxième tome: Il aura fallu être patient mais le second tome est enfin sorti! Et globalement, il ne déçoit pas, le dessin est toujours aussi beau. Et côté scénario, si la suite de l'histoire s'avère moins verser dans le fantastique que pouvait le laisser présager le premier tome, il s'agit d'un honnête polar rural au dénouement un brin expédié mais à l'ambiance réussie.

22/03/2008 (MAJ le 04/11/2014) (modifier)
Par ArzaK
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un océan d'amour
Un océan d'amour

J'ai juste adoré. Le dessin est d'une expressivité folle. Album après album, ce dessinateur s'impose comme un maitre de la bd muette. Lupano apporte à cette histoire picaresque une vrai dimension narrative qui évite à l'album d'être une simple succession de sketchs et de saynettes. Je donnerai à l'aise le Fauve d'or à cet album tant il synthétise ce que doit être une bande dessinée. Mais ce n'est pas moi qui décide...

04/11/2014 (modifier)
Par Erwelyn
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Château des étoiles
Le Château des étoiles

Et si la conquête spatiale avait débuté en cette année 1868, alors que l'aventurière Claire Dulac, grimpée dans sa folle montgolfière, atteint l'éther, ce ciel doté de substances subtiles ayant pour effet (selon Descartes) le mouvement des planètes. Malheureusement, prise dans un orage, elle disparait sans laisser de trace. Mais un an plus tard, son mari Archibald et son fils Séraphin reçoivent une mystérieuse missive les enjoignant de rejoindre la Bavière. Là quelqu'un aurait retrouvé le carnet de note de Claire et s'emploierait à vouloir faire revivre le rêve de la jeune femme. Dans ce XIXe siècle parallèle, savoureusement steampunk, l'aventure commence pour un dyptique somptueux fait de cases (utilisant le procédé de la couleur directe) aux couleurs pastels d'une douceur et d'une beauté à la hauteur du scénario palpitant. Telle une histoire à la Jules Verne, nous voilà emboitant le pas à Séraphin, à son père et à quelques autres personnages croisés en route, comme Louis II de Bavière et la splendide Sissi. Aventure, Histoire et conquête spatiale sont les mots-clés de cette magnifique BD réalisée par Alex Alice. Lui à qui l'on doit déjà Le troisième Testament (Glénat) et Siegfried (Dargaud) revient en force avec ce petit bijou graphique et scénaristique. Cette bande-dessinée s'adresse à tous les amoureux de belles aventures : jeunes et moins jeunes et aussi aux passionnés de steampunk et d'aérostats !

04/11/2014 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dessin
Le Dessin

Emprunté ce one-shot de Marc Antoine Mathieu. J'ai adoré. De cet auteur je ne connaissais que Julius Corentin Acquefacques que je vénère comme beaucoup. Là c'est un récit différent, plus simple (tout de même très tordu !) mais dans la droite lignée de son univers surréaliste et graphique assez froid et Kafkaïen. J'ai adoré le concept, le côté code secret à déchiffrer. Et le fait qu'un artiste se perde dans la minutie de son dessin qui est en quelque sorte un univers de l'infiniment petit, à l'intérieur d'une page blanche. Les dessinateurs ayant tendance à surcharger sans fin leurs cases, se "perdant" en quelque sorte dans les méandres des recoins de leurs architectures à la ligne claire (c'est mon cas dans certains dessins). Ce héros essayant de déchiffrer un code secret laissé par son ami à travers ce dessin, analysant chaque recoins et découvrant toujours plus de détails formant ce code qu'il décèle après plusieurs années. C'est une idée géniale ! Bref ce récit m'a vraiment enthousiasmé et énormément parlé. Certains pourront être déçus par le "secret" de ce code mais moi je trouve qu'il est parfait. Simple et beau. Et le côté assez froid de cet univers (très beaux dessins en noir et blanc, très austères et cliniques) correspond merveilleusement bien à ce récit. Très bonne découverte.

04/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Les Crocodiles
Les Crocodiles

La lecture de cet album m’a choqué. Et c’est heureux, car c’est bien là un de ses objectifs : faire prendre conscience aux gens de l’ampleur du phénomène. De quel phénomène parle-t-on ? Du harcèlement au quotidien dont sont victimes les femmes. Un phénomène (ou est-ce la prise de conscience dudit phénomène) qui semble s’accentuer depuis quelques années. L’auteur a eu envie de réaliser cet album après avoir visionné le reportage accablant de Sofie Peeters, « Femme de la rue » un film choc que j’ai vu également et qui, je pense, devrait être vu par tous. L’intention est louable, le livre est nécessaire (et j’invite vraiment tout le monde à le lire) mais certains partis-pris m’ont dérangé. Le premier parti-pris est celui de représenter les hommes, tous les hommes, sous les traits de crocodiles. L’auteur se justifie en disant qu’il prend le point de vue féminin et que, pour une femme, tous les hommes sont des prédateurs sexuels en puissance. Je peux comprendre mais en procédant de la sorte, l’auteur se protège également. Le reportage de Sofie Peeters montrait que ces comportements étaient hélas souvent l’apanage de certaines cultures, la conséquence de certains modes éducatifs et la confrontation de deux visions des rapports homme-femme. Elle s’est fait traiter de raciste pour avoir osé montrer cette évidence (un raccourci qui m'énerve tant elle démontre par l'image et appuie par ses propos que le problème est avant tout culturel et éducatif et non lié à une race ou une couleur de peau). Ici, les allusions aux origines culturelles des agresseurs sont rares et leur identification est impossible puisque tous abordent les mêmes traits. C’est, je trouve, un peu facile et, d’une certaine manière, irrespectueux vis-à-vis des hommes et du mode d’éducation occidental et laïc. Ensuite, cet album se centre uniquement sur les cas où la femme est la victime et l’homme le coupable. Jamais d’homme agressé, donc, ce que je trouve déjà réducteur. Mais aussi, il cherche à ôter à la femme tout sentiment de culpabilité de quelque manière que ce soit (par son comportement ou sa tenue, l’auteur insiste sur le fait qu’une femme a le droit de s’habiller ou de se comporter comme elle le désire). A nouveau, l’intention est louable et il serait vraiment stupide d’accabler une personne alors qu’elle vient d’être victime de harcèlement. Ceci dit, ma propre expérience m’incite à nuancer ce type de manichéisme (**voir en fin d’avis pour mes propres expériences en la matière, car ce type de livre-témoignage donne envie de partager à son tour). Enfin, tous les types de harcèlement sont présentés comme identiques. Et, à nouveau, je pense qu’il n’est pas juste de considérer le malade mental (l’exhibitionniste qui se masturbe dans la rue) et le macho primaire (qui va caresser le cul d’une inconnue parce qu’il estime en avoir le droit) comme deux cas identiques. Il y a des cas où la castration chimique est la seule solution, et d’autres où le problème vient avant tout de l’éducation reçue. A nouveau, cet amalgame me dérange quelque peu. Ceci dit, les histoires racontées ici (témoignages sincères d’anonymes) sont édifiantes et doivent donner à réfléchir. Il y a dans nos rues de vrais connards qui doivent être baffés plus souvent qu’à leur tour. Et enchainer ces scènes dresse un portrait peu glorieux de notre société et des hommes (ou du moins de son évolution (de sa dévolution ?)). En fin d’album, des conseils sont donnés, tant pour la victime que pour les témoins ou même les coupables. Ces informations sont utiles et nécessaires, à nouveau. Mais, à nouveau, l’auteur ne cherche pas à remonter à l’origine du mal. Permettre aux femmes de se défendre, c’est très bien. Eduquer les gens (tous sexes confondus) pour que ce type de comportement disparaisse, c’est mieux ! Et pas utopique !! Ce livre est donc à mes yeux une très bonne base de travail. Il choque, pousse à réfléchir et donne envie de partager ses expériences et son point de vue. Je pense cependant qu’il n’est qu’une porte d’entrée, une manière d’introduire un débat car, à force de ne se positionner que d’un côté et de simplifier les choses (les hommes, tous des porcs !), son intention et son intérêt risquent de ne pas être saisis de tous les lecteurs. Le dessin est maladroit et approximatif mais, face à l'importance du sujet, je m'en fous royalement puisqu'il est suffisant pour illustrer le propos. ** Mes propres expériences en la matière : Pourquoi parler de soi alors que l’on donne son avis sur un livre ? Tout simplement parce que nos propres expériences influencent notre manière de penser. Et face à ce sujet, la perception du lecteur dépendra beaucoup de son vécu. Un homme et une femme ne liront pas « Les Crocodiles » de la même manière… mais deux hommes auront eux aussi deux lectures différentes. C’est la raison pour laquelle il me semble logique de partager certaines expériences avec vous pour que vous puissiez peut-être mieux comprendre mon sentiment à cette lecture. - A l’âge de 14 ans, j’ai été « victime » d’un détraqué sexuel. L’histoire n’a rien d’original ni même de dramatique, rassurez-vous. Durant des vacances à la mer, et alors que je m’étais isolé pour lire un bouquin, un gusse est venu s’installer en face de moi. Je l’ai ignoré mais il cherchait clairement à attirer mon attention. Et quand j’ai relevé les yeux, j’ai pu constater qu’il se masturbait toutes voiles dehors. Je me suis levé, l’ai regardé en prenant le plus possible l’air du type qui pense : « Mon pauvre vieux, qu’est-ce que tu es minable avec ta molle limace… » et je suis parti. Fin de l’histoire. Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que, depuis lors, j’ai la conviction que personne n’est à l’abri de ce type de harcèlement (œuvre d’un malade mental et non d’un quidam dans la rue), que l’on soit une frêle jeune fille ou un grand dadais baraqué. Il me semble donc important de distinguer les deux cas. - J’ai, durant toutes mes études primaires et secondaires, dû longer un internat pour jeunes filles. Et, à plus d’une reprise, je me suis fait interpeller par un troupeau de jeunes filles au comportement ressenti par moi comme agressif (je ne compte pas les « Hé, grand con, tu t’appelles comment, t’as pas une clope, mais arrêtes-toi… Fous le camp, t’es trop moche… »). J’ai, depuis lors, la conviction que ce qui rend les gens arrogants, agressifs n’est pas tant une question de sexe mais bien un sentiment de toute puissance. Une meute de femmes face à un homme seul se comportera souvent de manière aussi stupide et irrespectueuse qu’un homme face à une femme isolée. Restent les problèmes liés à l’éducation et à la perception que l'on a de l’égalité homme-femme dans notre société. Mais c’est un autre débat. - Durant mes études supérieures, j’ai été témoin d’une tentative d’enlèvement. Un étudiant arrogant et friqué (le genre qui pense avoir tous les droits, pur belge et catho pour éviter tout amalgame, des cons il y en a partout) avait essayé de forcer une des filles de notre groupe, qu’il connaissait, à grimper dans sa voiture. Nous avons bloqué son véhicule illico, arraché la fille de ses bras et l’avons raccompagnée jusqu’à notre internat. Une heure après, le type se présente à l’internat pour « parler » à la fille en question. Je fais partie du comité d’accueil et il me semble totalement exclu qu’ils se rencontrent. Finalement, la fille descend et le gars s’excuse. Nous lui demandons fermement de dégager… mais (et je n’en reviens toujours pas à l’heure actuelle) la fille décide de l’accompagner. Nous essayons de l’en dissuader mais rien n’y fera. Depuis lors, je ne crois pas en l’innocence absolue des victimes. Je ne dis pas que c’est toujours le cas ou même la majorité des cas, peut-être est-ce même une exception, mais être témoin de ce type de comportement donne à réfléchir. Avons-nous bien fait d’intervenir ? La fille ne provoquait-elle pas volontairement le garçon ? Dans un cas de figure identique, est-ce que je réagirais à nouveau en cherchant à les séparer ? Honnêtement, je n’en sais rien… Le jour où le « Non » d’une femme signifiera vraiment non, les hommes auront bien plus de facilité à les comprendre… Ces trois anecdotes n’ont bien sûr pas leur place dans cet album. Ce n’est pas son propos. Mais elles influencent ma manière de percevoir l’album, en nuancent certaines positions et permettront peut-être d’englober la réflexion dans un contexte plus global. C’est le grand intérêt de ce livre : permettre d’aborder un débat d’idée. Mais sa stigmatisation peut être dangereuse. Je conseillerais cependant et chaudement cette lecture dans un cadre scolaire. Partager ses expériences, réfléchir à la société de demain, aux rapports homme-femme, ces sujets essentiels à mes yeux peuvent s’aborder grâce à ce livre. Et c’est son grand mérite. Un coup de cœur, donc mais il faut prendre ce livre pour ce qu'il est, avec ses limites... et chercher à voir plus loin.

04/11/2014 (modifier)
Par laulau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Temps du Rêve
Le Temps du Rêve

Superbe trilogie. La toile de fond (la première guerre) est classique, pourtant le scénario déroule un récit surprenant et émouvant qui suit un contingent de soldats australiens, de Gallipoli à Londres de 1916 à 1919. L'ensemble est très bien écrit et superbement dessiné... A lire !

03/11/2014 (modifier)
Par stocke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Witness 4
Witness 4

Je viens de lire l'intégrale qui regroupe les trois tomes sortis + 12 planches qui terminent l'histoire. J'ai très vite accroché à l'histoire, aux personnages, ainsi qu'à l'univers que l'on découvre petit à petit. On suit principalement Tallulah, une jeune femme traquée par une milice suite à un cambriolage qui a mal tourné. Même si l'histoire et les péripéties manquent parfois d'originalité, c'est agréable à lire. On est dans de l'aventure pure, avec très peu de temps morts. Le seul petit reproche que je fais à l'histoire est qu'on a pas assez de détails sur la véritable utilité de la boîte dérobée. Les dessins, eux, sont plutôt réussis, ils sont très colorés et détaillent bien l'univers. J'espère que comme prévu par l'auteur, Tallulah fera son retour dans de prochaines aventures.

02/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Cycle de Cyann
Le Cycle de Cyann

J’ai voulu attendre la parution du dernier tome de la série pour l’aviser. Il faut dire qu’il clôt une bien belle aventure, mais aussi qu’il répond aux questions que je me suis posées régulièrement après chaque album depuis le début du « Cycle » (il y a de cela bien longtemps maintenant !) : que va-t-il arriver à Cyann ? Combien d’années vais-je attendre le prochain tome ? Et chez quel éditeur paraîtra l’album suivant ? Bon autant le dire tout de suite, je suis un grand admirateur de l’œuvre de Bourgeon, qui prend le temps de produire des chefs d’œuvre, et dont j’ai retrouvé toutes les qualités chez « Cyann ». Ne connaissant pas trop l’œuvre de Lacroix, je ne sais ce qu’il a pu apporter au travail en commun au niveau du scénario. Mais je le dis aussi d’entrée, j’ai été à la fois bluffé, scotché et enthousiasmé dès le départ par cette série. Il faut dire que le premier album est absolument génial, s’imposant – du haut de ses 115 pages – comme un chef d’œuvre absolu ! Ce sont d’ailleurs les deux imposants premiers tomes, parus chez Casterman à l’époque, qui sont des pépites. Les deux suivants, publiés par Vent d’Ouest, reviennent à une pagination plus traditionnelle (près de 70 pages chacun quand même !). J’estime qu’Aïeïa d’Aldaal, est vraiment très bon, et se hisse quasiment au niveau des extraordinaires épisodes précédents, mais j’ai été un peu déçu par « Les couleurs de Marcade ». Le cinquième tome, paru chez 12bis, est lui aussi un ton en dessous du début en fanfare – même si sa lecture n’est pas désagréable. Mais moins de détails dans les planches, un dessin semblant moins fouillé, et une intrigue un peu moins dynamique. Le dernier tome, paru récemment chez Delcourt (qui vient de récupérer toutes les séries de Bourgeon) est meilleur que les deux précédents, et clôt très bien cette saga incroyable : on a des réponses convaincantes aux interrogations levées par les voyages – temporels et intersidéraux – de Cyann (dont la personnalité a beaucoup évolué depuis le premier tome). Et on retrouve des décors franchement superbes ! Comme souvent dans ses séries, Bourgeon met en avant des héroïnes à la fois très belles et délurées (voir Isa dans Les Passagers du vent), affichant plus ou moins une bisexualité et une liberté, une recherche du plaisir assumées envers et contre tous. Avec Cyann, il faut dire qu’on est servi, et que ses formes et ses désirs (et ceux qu’elle inspire) insufflent une forte dose d’érotisme qui n’est pas pour me déplaire. Et Cyann est probablement l’une des plus belles héroïnes (dans tous les sens du terme !) de la Bande Dessinée. Et comme toujours aussi, Bourgeon fait un énorme travail de préparation, pour rendre cohérent et crédible son travail. C’est visible dans chaque album (et le tome introductif place d’entrée la barre très haut !), mais c’est confirmé avec l’album hors cycle qui a suivi les deux premiers chez Casterman, « La clé des confins », véritable encyclopédie de l’univers du cycle, dans laquelle les auteurs ont glissé un peu d’humour… Et ce – relativement – petit album est à lire absolument ! On y voit développées et expliquées la faune, la flore, l’histoire de cet univers artificiel mais qu’on est dès lors prêt à « comprendre. Au final, près de vingt ans après avoir découvert Cyann, je ne peux que remercier les auteurs et les féliciter pour ce superbe résultat. Malgré certaines légères baisses de niveau au cœur du cycle, qui m’ont fait hésiter à mettre les cinq étoiles, je le fais quand même pour la série dans sa globalité, qui est vraiment un immanquable du genre, et qui a produit certains des plus beaux albums de Science-Fiction. Le plaisir jamais démenti à chaque relecture me confirme dans ce choix !

02/11/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Daytripper (au jour le jour)
Daytripper (au jour le jour)

Excellent album. La vie, la mort, l'amour, l'amitié, et tout ce qui les entoure... Il faut prendre cet album non comme une histoire linéaire, mais plutôt comme une infinité de possibilités, de variations autour d'une vie. J'avoue, je n'ai compris qu'au bout de trois chapitres ce principe, mais cela m'a ensuite aidé à comprendre, et donc à apprécier ce récit à tiroirs, l'histoire de Bras avec tous les tournants qu'elle prend, tous ces instants de vie qui auraient pu être le dernier, entre 0 et 76 ans. La finesse du récit n'aurait pas eu autant d'impact sans un dessin puissant, comme l'indique Craig Thompson en postface ; c'est bien évidemment le cas, il y a une véritable osmose entre les deux pour ce récit réalisé entièrement à quatre mains par deux jumeaux. Il y a des envolées lyriques dans cette mise an abyme de l'histoire d'un homme dont le métier est d'écrire des nécrologies, dont le talent d'écrivain ne demandait qu'à éclore avec l'extinction de centaines de vies... Une coïncidence qui n'en est pas une, bien sûr, et qui rajoute une nouvelle dimension au récit, qui gagne encore en qualité. Incontournable.

02/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Toxic / La Ruche / Calavera
Toxic / La Ruche / Calavera

Quand j’ai croisé Toxic à sa sortie en librairie, j’ai été scotché par la couverture, très belle, intrigante avec cet œuf très Tintinesque. A l’époque, j’avais aussi été arrêté par le prix, hélas. Puis, tenant à en savoir plus sur cet album, et alors que je ne connaissais absolument pas l’œuvre de Charles Burns, je me suis décidé à l’acheter. Et bien m’en a pris, car j’ai découvert un univers original, prenant : j’ai été captivé ! Et pour le deuxième tome, affichant les mêmes promesses, je n’ai pas hésité et l’ai acheté dès sa sortie ! Pour revenir sur mes premières impressions, il faut dire qu’il n’y a pas que les couvertures qui soient belles, ce sont les albums entiers, en tant qu’objets qui sont beaux, merci Cornélius ! Les références à Tintin sont multiples (telle rue proche du "Crabe aux pinces d’or", la houppe portée parfois par le personnage principal, le magazine Nitnit (sic), le dessin, parfois, et, bien sûr ces œufs rappelant les champignons de "L’étoile mystérieuse"). Mais plus que de références, je parlerai plus de clins d’œil, car rien, mais alors rien dans cette histoire ne m’a semblé être une réelle référence à Tintin, on en est très éloigné ! Résumer l’intrigue est ici chose malaisée, cela me semble impossible. Je peux juste dire que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Mais, une fois "embarqué", loin des quais, impossible de faire demi-tour, c’est le grand large qui nous aspire ! Au risque il est vrai de n'être qu'"embedded", comme le sont de plus en plus souvent nos sources d'information lors des conflits: mais lorsque on ne recherche que le plaisir, et qu'il est au rendez-vous, peu importe la vérité. "Le merveilleux contre le mystère" disait André Breton, on est ici clairement du côté du merveilleux, même s'il est noir et violent. C’est une histoire à plusieurs niveaux, où l’on a l’impression de naviguer dans le cerveau du personnage principal ou de l’auteur – n’y a-t-il pas là quelque chose d’autobiographique ? Une introspection, une visite des rêves du héros, de ses espoirs, de son passé… Souvent je ne sais pas vraiment où Charles Burns veux amener son lecteur, mais ce dont je suis sûr, c’est que je suis prêt à y aller, et que j’attends avec impatience la suite ! Ne serais-ce que pour avoir – ou pas ? la réponse à quelques questions, en particulier concernant cette ruche, qui garde encore son mystère, même après le deuxième album éponyme. Après lecture du troisième et dernier tome, "Calavera", je garde le même enthousiasme pour cette série originale et dérangeante ! Burns alterne une nouvelle fois rêves - ou cauchemars - et réalité, et le dessin, toujours très "ligne claire" est vraiment réussi. Burns a encore glissé quelques hommages plus ou moins discrets à l'univers de Tintin ( en particulier un passage sur un fleuve en cru rappelant une planche du Lotus Bleu je crois). Que dire après cet ultime album ? D'abord qu'il laisse en suspens un certain nombre de questions. Mais pas de frustration, le rêve planant ne s'estompe pas, c'est vraiment une histoire captivante, une aventure dans laquelle je vous recommande d'embarquer ! Ensuite, c'est sans doute l'œuvre la plus aboutie de Burns (même si je n'ai pas tout lu de lui !), par laquelle vous pouvez commencer pour découvrir son univers. Et encore merci à Cornélius pour avoir publié cette trilogie - et l'avoir fait dans une si belle édition !

20/04/2013 (MAJ le 31/10/2014) (modifier)