L'excellent Geoff Johns s’intéresse ici à un personnage peu connu de l'univers DC : Shazam.
Créé par Beck et Parker en 1940 sous le nom de Captain Marvel, le personnage a connu ses heures de gloire dans les années 1940s. Le personnage a basculé de Marvel à DC dans les années 70 pour devenir Shazam.
Geoff Johns reprend ici la genèse du personnage et nous le plonge dans un univers contemporain. On fait donc la connaissance de Billy Batson, jeune enfant élevé par l'assistance publique qui va devenir le nouveau champion de la magie et incarner le super héros Shazam.
Johns nous décrit non sans humour l'apprentissage du métier par notre jeune héros, ainsi que ses premières joute contre l'ancien élu de la magie, Black Adam, qui entend bien occuper seul le trône de champion.
L'action s’enchaîne sans temps mort avec une très bonne fluidité, le lecteur n'a donc pas le temps de lever le nez de l'ouvrage... la marque des grands!
Le tout étant très bien servi par la mise en image de Frank.
Du très bon en somme!
Je n'en dirais pas d'avantage sur l'histoire pour que les personnes qui ne connaissent pas le personnage (comme moi) puisse le découvrir avec autant d’appétit que moi.
Je ne saurais que trop recommander la lecture de cette renaissance du personnage de Shazam par Geoff Johns!
Avis aux amateurs de supers héros!
C'est très sympa cette Bd parce que c'est situé dans les années 60 avec plein de repères qui me sont familiers, et que ça me rappelle une joyeuse époque, celle où je passais mes vacances aussi dans l'île d'Oléron, comme tous ces personnages. Encore qu'en 1967, j'avais 8 ans, je n'avais donc pas l'âge d'Antoine, Christelle et de leurs copains. Je me reconnais un peu avec 8 ou 9 ans de plus vers 1975..
Tout ça pour dire que je connais parfaitement tous les lieux, Oléron n'ayant plus aucun secret pour moi ; pourtant je me baignais plutôt de l'autre côté de l'île, entre Boyardville et la pointe des Saumonards, et que mon île fétiche était plus l'île d'Aix, petite voisine pas très loin à vol de goëland. Ma famille possédant une maison à Fouras, on était tout le temps fourré là-bas, et je peux me vanter d'avoir pu visiter le fort Boyard vers l'âge de 12 ans alors qu'il n'avait pas la renommée qu'il a aujourd'hui ; il appartenait à un propriétaire qui s'en désintéressait, et un copain de mon cousin qui l'entretenait et le dératisait, nous emmenait sur son bateau de temps en temps. Imaginez pour un gosse ce que c'était de faire les fous dans cette énorme carcasse ventrue de pierres en plein océan...Mais trève de nostalgie.
Je crois que le fait d'être du coin et d'avoir vécu en ces lieux, m'a sans conteste incité à m'enticher de cette Bd qui est une chronique attachante sur une bande de jeunes en vacances à Oléron, dans des paysages de dunes plantées d'oyats, des jardins de petites maisons balnéaires qui sentaient bon l'odeur iodée, où on y dégustait sardines grillées, huîtres et céteaux (les solettes)... quels beaux instants de bonheur bien rendus par le dessin toujours agréable et semi-réaliste de J.C. Denis.
Sinon, il ne se passe rien, c'est juste une chronique sympa avec des personnages attachants, reflets d'une époque insouciante et d'un moment de vie quotidienne heureuse toute simple, avec une ambiance réussie. Pour des lecteurs qui n'ont pas vécu ce type d'ambiance, qui plus est à Oléron, je conçois que ça puisse ne rien donner d'alléchant. Mais pour moi, c'est quasi autobiographique.
Le grand retour du duo Boucq et Charyn ! Et ils font très fort…
Pour leur troisième incursion dans la BD, après La Femme du magicien (1986) et Bouche du diable (1990), les vieux compères reviennent dans la prestigieuse collection Signé pour un long récit qui mêle habilement passé et présent.
En 1970, Paul est tatoueur à New York, où il se trouve malgré lui mêlé à l'enquête sur une série d'assassinats odieux qui le contraignent à se remémorer son enfance sinistre… C'est à l'âge de sept ans que le jeune Pavel découvre l'enfer du goulag sibérien. Il apprend à survivre au milieu d'une humanité dépravée et devient le tatoueur officiel d'une bande de bande de Pakhany, assemblée de truands impitoyables qui dominent la micro-société du goulag…
Par un jeu très fluide de flashbacks, le romancier Jérôme Charyn reconstruit l'histoire violente de l'enfance volée de Pavel et des déboires de Paul devenu adulte.
François Boucq met son pinceau et ses rotrings au service de cet excellent scénario. Son style hyperréaliste, qui a gagné dans la peinture des scènes violentes depuis qu'il travaille sur les aventures du Bouncer, convient parfaitement à restituer l'ambiance glauque du goulag ou des bas-fonds new-yorkais.
On suit avec angoisse le récit de la vie de Pavel/Paul, enfant plongé en enfer par un système politique injuste, où les sadiques dégénérés imposent leur loi arbitraire.
Mais le talent des auteurs éclate aussi dans la peinture des personnages secondaires qui ont tous une véritable densité et en deviennent presque attachants, y compris les plus ignobles d'entre eux.
J'ai moins aimé le versant fantastique de l'album, quand Paul développe une sorte de don de prescience lié à son art du dessin. Peut-être faut-il y voir une déclaration d'amour de François Boucq à son beau métier de dessinateur de BD. Cependant, je trouve que ça confère à l'enquête policière un côté deus ex machina qui solde l'intrigue de manière un peu facile.
Ça ne m'a néanmoins pas gâché la lecture.
Un excellent album, donc, mais à ne pas mettre entre toutes les mains à cause de la violence, jamais gratuite, mais omniprésente.
Voilà un album au format relativement petit, pas très épais, qui ne paye pas de mine donc. Et qui pourtant se révèle être une excellente découverte !
On y découvre l’histoire d’un cambrioleur, d’un esthète de l’ouverture de coffres. Je parle d’esthète, je pourrais dire poète. En tout cas il en parle aussi bien qu’il les réalise, ces cambriolages ! L’histoire qu’il relate lui-même hors phylactère (peu de dialogues à proprement parler) est captivante, elle se laisse très facilement lire. Et elle est plutôt chouette (j’ai été aussi intrigué que Vilebrequin par cette éponge, jusqu’à l’explication finale).
Ce qui fait que cette histoire est réussie, c’est aussi le dessin, que j’ai trouvé vraiment très bon. C’est un excellent Noir et Blanc, ressemblant parfois à des taches, une sorte de brouillon définitif, très expressif. Et très lisible, alors que l’essentiel de l’histoire se déroule de nuit.
C’est vraiment un album d’atmosphère qui mérite de figurer sur vos étagères !
Le titre original, « The arrival », en faisant référence à la figure de l’immigré autour duquel va tourner tout l’album me parait bien plus adapté que le titre français « Là où vont nos pères », qui semble lui mettre l’accent sur ceux qui sont restés (et qui pensent à ceux qui sont partis).
En effet, si l’immigré pense ici à ce qu’il a laissé derrière lui (famille, amis, pays, mœurs), c’est bien lui et pas ses regrets qui forme l’ossature de ce très bel album.
C’est un immigré et une immigration impersonnels qui traversent cet album, et Shaun Tan n’a pas cherché à « situer » précisément, dans le temps et dans l’espace, l’errance ici présentée. Même si l’on peut y reconnaître certains motifs « historiques » de départ (la guerre, les pogroms, l’hydre fasciste, etc…) et certains lieux de passage plus ou moins tristement célèbres de l’immigration (avec quelques planches inspirées d’Ellis Island).
C’est un album assez épais, mais qui se lit très bien et assez vite. Pas si vite en fait, quand on pense qu’il est entièrement muet. En effet, on est happé par l’histoire, et surtout par son traitement, très doux, non pas humaniste (je n’aime pas ce terme), mais à la recherche d’hommes ou de femmes, de relations humaines : Shaun Tan a su avec cet album toucher quelque chose d’universel.
C’est aussi – mais il aurait peut-être fallu commencer par là, une grande réussite graphique ! Sur des tons sépias, des dégradés du marron au vert, la colorisation est à la fois très belle, et en plus en adéquation avec les couleurs des vieilles photos associées au passé, aux ancêtres, ces photos que les immigrés ont emportées avec eux dans leur grand voyage ou leurs souvenirs.
Le dessin quant à lui est excellent, très expressif, ce qui rend la lecture de cette bande dessinée muette très fluide.
Enfin, ultime qualité, c’est un album d’ambiance très onirique. Le dessin et la colorisation font un peu « phase de réveil », et les décors réalistes se mélangent à des architectures imaginaires, un bestiaire fantastique, eux aussi en parfaite harmonie avec le reste de l’album.
Une grande réussite donc, à côté de laquelle il serait vraiment dommage de passer ! A lire absolument !
Accident, tout commence par un a...ccident sur une route menant à Bibelosse, un village paisible et peuplé par des hommes et femmes de lettres tous aussi loufoques que bizarres. Peu après, un crime est commis au sein de cette petite ville, l'un des villageois est retrouvé mort ! Ainsi débute une série de meurtres qu'un inspecteur va tenter d'élucider en compagnie des étranges habitants...
Et bien cet album est tout bonnement excellent, un vrai moment de lecture plaisir ! C'est empli d'humour, de jeux de mots, c'est frais et étonnant, bref c'est réussi. Le dessin est parfait pour ce genre de récit, les couleurs sont douces, le tout est très joli pour l’œil. Cet album est jouissif pour le cerveau. Tout cela se savoure sur 72 pages, de la première à la dernière case, lisez-le et vous verrez, agréablement surpris vous sereZ !
Tout d'abord, une belle découverte graphique. Laura Zuccheri devrait faire une belle carrière avec ce dessin magnifique. C'est bien simple, je ne lui trouve aucun défaut. C'est vrai, je suis particulièrement sensible aux dessinateurs réalistes de ce niveau, mais elle entre directement dans mon top 5 personnel, du moins au niveau graphique. Ici elle met de très belle manière en images l'histoire imaginée par Sylviane Corgiat, avec des couleurs et un découpage remarquables.
Le second tome, qui s'est fait attendre, confirme les promesses du premier. La scénariste développe un peu plus son histoire, en intégrant de nouveaux personnages et en nous montrant des créatures un peu étranges. Et toujours avec l'appui du dessin fabuleux de Laura Zuccheri, à la fois extrêmement lisible, clair et réaliste. Dans les deux premiers tomes, c'est une faune qui apparaissait, ici elle montre qu'elle sait aussi faire de l'architecture de haut niveau... Le tome 3 marque une étape importante dans le récit, puisque certaines choses vont être détruites, et d'autres reconstruites. Avec le tome 4 tout s'achève, et même si le "twist" est relativement classique, il n'est pas trop mal amené. J'avais peur que cette conclusion soit expédiée mais finalement elle fonctionne bien. La fin est relativement ouverte, mais je pense que les deux auteures font mieux de s'arrêter là, le monde développé se suffit à lui-même.
Une histoire de fantasy classique, mais qui réussit, en évitant la plupart des gros écueils du genre, à tenir le lecteur en éveil, grâce à des personnages bien campés, et à une narration bien rythmée, passant sans cesse du présent au passé.
Une belle série, sans aucun doute.
Blacksad est certainement ce qu'il y a de plus beau en matière de bd animalière. Non seulement le dessin est sublime, mais Guarnido a donné une personnalité à chacun de ses personnages proche du comportement de l'animal choisi. On ressent le travail de l'auteur et son observation du règne animal afin de nous représenter ici un monde mi-homme/mi-animal sans faille. Le graphisme est parfait avec un beau mouvement, il ne souffre d'aucun défaut ; on reste béatement sur chaque case à regarder chaque détail, chaque expression, abasourdi par un si grand de talent.
Le scénario du premier tome est assez classique. Sans surprise. Le deuxième tome est quant à lui remarquable, Guarnido joue avec le pelage des animaux pour nous jeter en pleine figure et assez durement la vision d'une société raciste et intolérante. Le troisième tome est lui aussi excellent, mais ici l'auteur se base plus avec les sentiments des personnages, entre trahison et déception, la tristesse finit par déborder des pages.
Le personnage de Blacksad m'a rappelé celui de cette vieille série télé "Mike Hammer" joué par l'acteur Stacy Keach ; ces deux détectives ont énormément de points communs : la dégaine, la façon de penser, le succès auprès des femmes, un grand charisme, un charme fou… ainsi que leurs moustaches qu'ils ont tous les deux fort belles.
Tome 4
J'ai été nettement moins emballée par ce tome, le scénario n'est pas très original, trop convenu, voire même un peu mou. Le visuel est moins riche que les autres tomes, notamment par le nombre réduit de personnages. Certaines planches trop sombres alternent avec d'autres trop colorées, cela manque d'harmonie visuelle.
Tome 5
L'histoire de ce cinquième tome est un peu facile et sans surprise, sans les expressions animalières totalement jouissives et le choix des bestiaux en fonction de la personnalité de chacun, j'aurais certainement beaucoup moins apprécié cette lecture. Par ailleurs, plus les tomes avancent plus la colorisation se fait légère.
Quand bien même je garde mon 4/5 mais si la qualité continue à baisser je passerai allègrement à un 3/5.
Une série qui se déroule dans un univers d'héroïc fantasy mais à la sauce fin XIXème siècle. Nous y suivons les aventures de quatre personnages qui arrivent tous ensemble dans la ville d'Arclan sur le même bateau avec chacun des objectifs très différents mais dont le destin ne cessera de se croiser au fil de leurs pérégrinations.
C'est une série rondement menée du début à la fin avec juste ce qu'il faut d'action, de suspense, de rebondissements, d'intrigue et qui fut très vite addictive dans mon cas ; on notera aussi un petit coté policier bien sympa puisqu'il faut essayer de deviner qui se cache derrière la capuche du super méchant de service responsable de quasiment tous les malheurs de nos héros. J'ai aussi apprécié cette ambiance fin XIXème et que le coté fantasy ne soit pas poussé à l'extrême. Quant aux dessins ils s'avèrent d'une très bonne qualité même si de temps à autre on relève quelques petits défauts.
Seuls points négatifs : la forte ressemblance entre lekhar et olgo ainsi que l'extrême enchevêtrement de l'histoire de chacun peut un peu dérouter le lecteur pendant les deux premiers tomes ; de plus j'aurais aimé en connaitre d'avantage sur le passé de chacun.
Bref une série d'aventure teintée d'héroïc fantasy fort divertissante du début à la fin.
Mon dieu, quelle série !
Il a fallu 19 ans et 30 volumes à Samura pour achever l'un des plus grands manga de samourai.
Ce qui frappe immédiatement, c'est la virtuosité graphique de l'auteur. Le japon de l'ère Edo est incroyablement rendu et l'ambiance est tout de suite immersive. Mais ce sont bien les personnages et les combats qui donnent une saveur si particulière à L'habitant de l'infini. Les (très nombreux) personnages principaux sont géniaux, à la fois charismatiques, esthétiques et travaillés psychologiquement. L'auteur les soignent au maximum, les fait constamment évoluer et évite habilement le piège du manichéisme.
Quant aux combats... âmes sensibles s'abstenir. C'est extrêmement violent (à la limite du gore quelquefois) mais c'est visuellement superbe. Très dynamiques et travaillés, les combats sont clairement au cœur de la saga. Plus qu'un simple divertissement gratuit pour le lecteur, ils sont un élément essentiel du remarquable travail de Samura. Du grand art !
Néanmoins, L'habitant de l'infini n'est pas seulement un manga d'action. Le scénario démarre de façon classique voire basique, d'autant que le fantastique arrive un peu comme un cheveu sur la soupe dans un cadre réaliste. Mais très vite, la série prend de l'ampleur, densifie son intrigue originelle, fait surgir quantité de nouveaux personnages, de nouvelles situations, de nouveaux rebondissement. Bref... ça tient parfaitement la distance.
L'habitant de l'infini est une série géniale, qui ne ressemble à nulle autre. Elle ne plaira sans doute pas à tout le monde mais elle doit être découverte.
Culte (pour moi en tout cas) !
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Shazam
L'excellent Geoff Johns s’intéresse ici à un personnage peu connu de l'univers DC : Shazam. Créé par Beck et Parker en 1940 sous le nom de Captain Marvel, le personnage a connu ses heures de gloire dans les années 1940s. Le personnage a basculé de Marvel à DC dans les années 70 pour devenir Shazam. Geoff Johns reprend ici la genèse du personnage et nous le plonge dans un univers contemporain. On fait donc la connaissance de Billy Batson, jeune enfant élevé par l'assistance publique qui va devenir le nouveau champion de la magie et incarner le super héros Shazam. Johns nous décrit non sans humour l'apprentissage du métier par notre jeune héros, ainsi que ses premières joute contre l'ancien élu de la magie, Black Adam, qui entend bien occuper seul le trône de champion. L'action s’enchaîne sans temps mort avec une très bonne fluidité, le lecteur n'a donc pas le temps de lever le nez de l'ouvrage... la marque des grands! Le tout étant très bien servi par la mise en image de Frank. Du très bon en somme! Je n'en dirais pas d'avantage sur l'histoire pour que les personnes qui ne connaissent pas le personnage (comme moi) puisse le découvrir avec autant d’appétit que moi. Je ne saurais que trop recommander la lecture de cette renaissance du personnage de Shazam par Geoff Johns! Avis aux amateurs de supers héros!
Tous à Matha
C'est très sympa cette Bd parce que c'est situé dans les années 60 avec plein de repères qui me sont familiers, et que ça me rappelle une joyeuse époque, celle où je passais mes vacances aussi dans l'île d'Oléron, comme tous ces personnages. Encore qu'en 1967, j'avais 8 ans, je n'avais donc pas l'âge d'Antoine, Christelle et de leurs copains. Je me reconnais un peu avec 8 ou 9 ans de plus vers 1975.. Tout ça pour dire que je connais parfaitement tous les lieux, Oléron n'ayant plus aucun secret pour moi ; pourtant je me baignais plutôt de l'autre côté de l'île, entre Boyardville et la pointe des Saumonards, et que mon île fétiche était plus l'île d'Aix, petite voisine pas très loin à vol de goëland. Ma famille possédant une maison à Fouras, on était tout le temps fourré là-bas, et je peux me vanter d'avoir pu visiter le fort Boyard vers l'âge de 12 ans alors qu'il n'avait pas la renommée qu'il a aujourd'hui ; il appartenait à un propriétaire qui s'en désintéressait, et un copain de mon cousin qui l'entretenait et le dératisait, nous emmenait sur son bateau de temps en temps. Imaginez pour un gosse ce que c'était de faire les fous dans cette énorme carcasse ventrue de pierres en plein océan...Mais trève de nostalgie. Je crois que le fait d'être du coin et d'avoir vécu en ces lieux, m'a sans conteste incité à m'enticher de cette Bd qui est une chronique attachante sur une bande de jeunes en vacances à Oléron, dans des paysages de dunes plantées d'oyats, des jardins de petites maisons balnéaires qui sentaient bon l'odeur iodée, où on y dégustait sardines grillées, huîtres et céteaux (les solettes)... quels beaux instants de bonheur bien rendus par le dessin toujours agréable et semi-réaliste de J.C. Denis. Sinon, il ne se passe rien, c'est juste une chronique sympa avec des personnages attachants, reflets d'une époque insouciante et d'un moment de vie quotidienne heureuse toute simple, avec une ambiance réussie. Pour des lecteurs qui n'ont pas vécu ce type d'ambiance, qui plus est à Oléron, je conçois que ça puisse ne rien donner d'alléchant. Mais pour moi, c'est quasi autobiographique.
Little Tulip
Le grand retour du duo Boucq et Charyn ! Et ils font très fort… Pour leur troisième incursion dans la BD, après La Femme du magicien (1986) et Bouche du diable (1990), les vieux compères reviennent dans la prestigieuse collection Signé pour un long récit qui mêle habilement passé et présent. En 1970, Paul est tatoueur à New York, où il se trouve malgré lui mêlé à l'enquête sur une série d'assassinats odieux qui le contraignent à se remémorer son enfance sinistre… C'est à l'âge de sept ans que le jeune Pavel découvre l'enfer du goulag sibérien. Il apprend à survivre au milieu d'une humanité dépravée et devient le tatoueur officiel d'une bande de bande de Pakhany, assemblée de truands impitoyables qui dominent la micro-société du goulag… Par un jeu très fluide de flashbacks, le romancier Jérôme Charyn reconstruit l'histoire violente de l'enfance volée de Pavel et des déboires de Paul devenu adulte. François Boucq met son pinceau et ses rotrings au service de cet excellent scénario. Son style hyperréaliste, qui a gagné dans la peinture des scènes violentes depuis qu'il travaille sur les aventures du Bouncer, convient parfaitement à restituer l'ambiance glauque du goulag ou des bas-fonds new-yorkais. On suit avec angoisse le récit de la vie de Pavel/Paul, enfant plongé en enfer par un système politique injuste, où les sadiques dégénérés imposent leur loi arbitraire. Mais le talent des auteurs éclate aussi dans la peinture des personnages secondaires qui ont tous une véritable densité et en deviennent presque attachants, y compris les plus ignobles d'entre eux. J'ai moins aimé le versant fantastique de l'album, quand Paul développe une sorte de don de prescience lié à son art du dessin. Peut-être faut-il y voir une déclaration d'amour de François Boucq à son beau métier de dessinateur de BD. Cependant, je trouve que ça confère à l'enquête policière un côté deus ex machina qui solde l'intrigue de manière un peu facile. Ça ne m'a néanmoins pas gâché la lecture. Un excellent album, donc, mais à ne pas mettre entre toutes les mains à cause de la violence, jamais gratuite, mais omniprésente.
Vilebrequin
Voilà un album au format relativement petit, pas très épais, qui ne paye pas de mine donc. Et qui pourtant se révèle être une excellente découverte ! On y découvre l’histoire d’un cambrioleur, d’un esthète de l’ouverture de coffres. Je parle d’esthète, je pourrais dire poète. En tout cas il en parle aussi bien qu’il les réalise, ces cambriolages ! L’histoire qu’il relate lui-même hors phylactère (peu de dialogues à proprement parler) est captivante, elle se laisse très facilement lire. Et elle est plutôt chouette (j’ai été aussi intrigué que Vilebrequin par cette éponge, jusqu’à l’explication finale). Ce qui fait que cette histoire est réussie, c’est aussi le dessin, que j’ai trouvé vraiment très bon. C’est un excellent Noir et Blanc, ressemblant parfois à des taches, une sorte de brouillon définitif, très expressif. Et très lisible, alors que l’essentiel de l’histoire se déroule de nuit. C’est vraiment un album d’atmosphère qui mérite de figurer sur vos étagères !
Là où vont nos pères
Le titre original, « The arrival », en faisant référence à la figure de l’immigré autour duquel va tourner tout l’album me parait bien plus adapté que le titre français « Là où vont nos pères », qui semble lui mettre l’accent sur ceux qui sont restés (et qui pensent à ceux qui sont partis). En effet, si l’immigré pense ici à ce qu’il a laissé derrière lui (famille, amis, pays, mœurs), c’est bien lui et pas ses regrets qui forme l’ossature de ce très bel album. C’est un immigré et une immigration impersonnels qui traversent cet album, et Shaun Tan n’a pas cherché à « situer » précisément, dans le temps et dans l’espace, l’errance ici présentée. Même si l’on peut y reconnaître certains motifs « historiques » de départ (la guerre, les pogroms, l’hydre fasciste, etc…) et certains lieux de passage plus ou moins tristement célèbres de l’immigration (avec quelques planches inspirées d’Ellis Island). C’est un album assez épais, mais qui se lit très bien et assez vite. Pas si vite en fait, quand on pense qu’il est entièrement muet. En effet, on est happé par l’histoire, et surtout par son traitement, très doux, non pas humaniste (je n’aime pas ce terme), mais à la recherche d’hommes ou de femmes, de relations humaines : Shaun Tan a su avec cet album toucher quelque chose d’universel. C’est aussi – mais il aurait peut-être fallu commencer par là, une grande réussite graphique ! Sur des tons sépias, des dégradés du marron au vert, la colorisation est à la fois très belle, et en plus en adéquation avec les couleurs des vieilles photos associées au passé, aux ancêtres, ces photos que les immigrés ont emportées avec eux dans leur grand voyage ou leurs souvenirs. Le dessin quant à lui est excellent, très expressif, ce qui rend la lecture de cette bande dessinée muette très fluide. Enfin, ultime qualité, c’est un album d’ambiance très onirique. Le dessin et la colorisation font un peu « phase de réveil », et les décors réalistes se mélangent à des architectures imaginaires, un bestiaire fantastique, eux aussi en parfaite harmonie avec le reste de l’album. Une grande réussite donc, à côté de laquelle il serait vraiment dommage de passer ! A lire absolument !
Une affaire de caractères
Accident, tout commence par un a...ccident sur une route menant à Bibelosse, un village paisible et peuplé par des hommes et femmes de lettres tous aussi loufoques que bizarres. Peu après, un crime est commis au sein de cette petite ville, l'un des villageois est retrouvé mort ! Ainsi débute une série de meurtres qu'un inspecteur va tenter d'élucider en compagnie des étranges habitants... Et bien cet album est tout bonnement excellent, un vrai moment de lecture plaisir ! C'est empli d'humour, de jeux de mots, c'est frais et étonnant, bref c'est réussi. Le dessin est parfait pour ce genre de récit, les couleurs sont douces, le tout est très joli pour l’œil. Cet album est jouissif pour le cerveau. Tout cela se savoure sur 72 pages, de la première à la dernière case, lisez-le et vous verrez, agréablement surpris vous sereZ !
Les Epées de verre
Tout d'abord, une belle découverte graphique. Laura Zuccheri devrait faire une belle carrière avec ce dessin magnifique. C'est bien simple, je ne lui trouve aucun défaut. C'est vrai, je suis particulièrement sensible aux dessinateurs réalistes de ce niveau, mais elle entre directement dans mon top 5 personnel, du moins au niveau graphique. Ici elle met de très belle manière en images l'histoire imaginée par Sylviane Corgiat, avec des couleurs et un découpage remarquables. Le second tome, qui s'est fait attendre, confirme les promesses du premier. La scénariste développe un peu plus son histoire, en intégrant de nouveaux personnages et en nous montrant des créatures un peu étranges. Et toujours avec l'appui du dessin fabuleux de Laura Zuccheri, à la fois extrêmement lisible, clair et réaliste. Dans les deux premiers tomes, c'est une faune qui apparaissait, ici elle montre qu'elle sait aussi faire de l'architecture de haut niveau... Le tome 3 marque une étape importante dans le récit, puisque certaines choses vont être détruites, et d'autres reconstruites. Avec le tome 4 tout s'achève, et même si le "twist" est relativement classique, il n'est pas trop mal amené. J'avais peur que cette conclusion soit expédiée mais finalement elle fonctionne bien. La fin est relativement ouverte, mais je pense que les deux auteures font mieux de s'arrêter là, le monde développé se suffit à lui-même. Une histoire de fantasy classique, mais qui réussit, en évitant la plupart des gros écueils du genre, à tenir le lecteur en éveil, grâce à des personnages bien campés, et à une narration bien rythmée, passant sans cesse du présent au passé. Une belle série, sans aucun doute.
Blacksad
Blacksad est certainement ce qu'il y a de plus beau en matière de bd animalière. Non seulement le dessin est sublime, mais Guarnido a donné une personnalité à chacun de ses personnages proche du comportement de l'animal choisi. On ressent le travail de l'auteur et son observation du règne animal afin de nous représenter ici un monde mi-homme/mi-animal sans faille. Le graphisme est parfait avec un beau mouvement, il ne souffre d'aucun défaut ; on reste béatement sur chaque case à regarder chaque détail, chaque expression, abasourdi par un si grand de talent. Le scénario du premier tome est assez classique. Sans surprise. Le deuxième tome est quant à lui remarquable, Guarnido joue avec le pelage des animaux pour nous jeter en pleine figure et assez durement la vision d'une société raciste et intolérante. Le troisième tome est lui aussi excellent, mais ici l'auteur se base plus avec les sentiments des personnages, entre trahison et déception, la tristesse finit par déborder des pages. Le personnage de Blacksad m'a rappelé celui de cette vieille série télé "Mike Hammer" joué par l'acteur Stacy Keach ; ces deux détectives ont énormément de points communs : la dégaine, la façon de penser, le succès auprès des femmes, un grand charisme, un charme fou… ainsi que leurs moustaches qu'ils ont tous les deux fort belles. Tome 4 J'ai été nettement moins emballée par ce tome, le scénario n'est pas très original, trop convenu, voire même un peu mou. Le visuel est moins riche que les autres tomes, notamment par le nombre réduit de personnages. Certaines planches trop sombres alternent avec d'autres trop colorées, cela manque d'harmonie visuelle. Tome 5 L'histoire de ce cinquième tome est un peu facile et sans surprise, sans les expressions animalières totalement jouissives et le choix des bestiaux en fonction de la personnalité de chacun, j'aurais certainement beaucoup moins apprécié cette lecture. Par ailleurs, plus les tomes avancent plus la colorisation se fait légère. Quand bien même je garde mon 4/5 mais si la qualité continue à baisser je passerai allègrement à un 3/5.
Les Princes d'Arclan
Une série qui se déroule dans un univers d'héroïc fantasy mais à la sauce fin XIXème siècle. Nous y suivons les aventures de quatre personnages qui arrivent tous ensemble dans la ville d'Arclan sur le même bateau avec chacun des objectifs très différents mais dont le destin ne cessera de se croiser au fil de leurs pérégrinations. C'est une série rondement menée du début à la fin avec juste ce qu'il faut d'action, de suspense, de rebondissements, d'intrigue et qui fut très vite addictive dans mon cas ; on notera aussi un petit coté policier bien sympa puisqu'il faut essayer de deviner qui se cache derrière la capuche du super méchant de service responsable de quasiment tous les malheurs de nos héros. J'ai aussi apprécié cette ambiance fin XIXème et que le coté fantasy ne soit pas poussé à l'extrême. Quant aux dessins ils s'avèrent d'une très bonne qualité même si de temps à autre on relève quelques petits défauts. Seuls points négatifs : la forte ressemblance entre lekhar et olgo ainsi que l'extrême enchevêtrement de l'histoire de chacun peut un peu dérouter le lecteur pendant les deux premiers tomes ; de plus j'aurais aimé en connaitre d'avantage sur le passé de chacun. Bref une série d'aventure teintée d'héroïc fantasy fort divertissante du début à la fin.
L'Habitant de l'infini
Mon dieu, quelle série ! Il a fallu 19 ans et 30 volumes à Samura pour achever l'un des plus grands manga de samourai. Ce qui frappe immédiatement, c'est la virtuosité graphique de l'auteur. Le japon de l'ère Edo est incroyablement rendu et l'ambiance est tout de suite immersive. Mais ce sont bien les personnages et les combats qui donnent une saveur si particulière à L'habitant de l'infini. Les (très nombreux) personnages principaux sont géniaux, à la fois charismatiques, esthétiques et travaillés psychologiquement. L'auteur les soignent au maximum, les fait constamment évoluer et évite habilement le piège du manichéisme. Quant aux combats... âmes sensibles s'abstenir. C'est extrêmement violent (à la limite du gore quelquefois) mais c'est visuellement superbe. Très dynamiques et travaillés, les combats sont clairement au cœur de la saga. Plus qu'un simple divertissement gratuit pour le lecteur, ils sont un élément essentiel du remarquable travail de Samura. Du grand art ! Néanmoins, L'habitant de l'infini n'est pas seulement un manga d'action. Le scénario démarre de façon classique voire basique, d'autant que le fantastique arrive un peu comme un cheveu sur la soupe dans un cadre réaliste. Mais très vite, la série prend de l'ampleur, densifie son intrigue originelle, fait surgir quantité de nouveaux personnages, de nouvelles situations, de nouveaux rebondissement. Bref... ça tient parfaitement la distance. L'habitant de l'infini est une série géniale, qui ne ressemble à nulle autre. Elle ne plaira sans doute pas à tout le monde mais elle doit être découverte. Culte (pour moi en tout cas) !