Les derniers avis (9612 avis)

Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Koma
Koma

Dans ma grande remontée de découverte d’un auteur essentiel, à savoir Frederik Peeters, il était également inconcevable de passer à côté de cet autre OVNI que constitue Koma. Pourtant pour cette œuvre j’étais un peu méfiant… N’étant pas grand fan de Pierre Wazem dont son Mars aller-retour m’avait finalement laissé de marbre, je peux enfin dire que mes craintes se sont très rapidement estompées au fur et à mesure d’un récit empruntant l’imagerie de Miyazaki (cette histoire de ramoneurs dans une cité industrialisée et ce colosse bleu aux bras démesurés rappellent un peu le Château dans le Ciel) et la thématique du film Dark City pour mieux s’en éloigner au fur et à mesure. Premier essai de Peeters dans la couleur, ses dessins charbonneux se prêtent parfaitement à l’histoire de cette jolie petite demoiselle, Addidas, sujette à des absences inexplicables et répétées. Sa petite taille est un atout de choix pour son père, ramoneur, dans une immense cité et inconsolable depuis la perte de son épouse dans un conduit sans fin. Lorsqu’à son tour Addidas s’engouffre dans un boyau souterrain de la ville, son père n’aura de cesse pour la retrouver quitte à y perdre lui-même sa propre liberté…. Pendant ce temps Addidas va y faire une drôle de rencontre avec un colosse aux yeux jaunes devenu fugitif à son tour… Quels sont les secrets étranges cachées dans cette grande cité sans âme ? Koma est un chef d’œuvre de plus à accorder au crédit de ces deux auteurs helvétiques talentueux. Cet incroyable mix d’aventures et de portraits d’écorchés vifs dans une société inhumaine part dans toutes les directions et probablement les plus improbables. Il est impossible de savoir comment va se conclure cette histoire qui fait la part belle aux personnages improbables, une bande de losers dans une société qui refuse toute liberté…. En dire plus serait pénaliser cette longue fresque. On peut juste y dire que le trait de Peeters est magnifique comme toujours.. De la petite fille aux grands yeux ronds et au sourire charmeur on peut également admirer les hachures du monstre bleu qui l’accompagne… Que l’on soit dans les couloirs d’un mystérieux hôtel ou dans les profondeurs du néant, Peeters nous transporte comme il saura également le faire dans Lupus (qu’il réalise également en même temps) ou dans le futur Âama… Pierre Wazem quant à lui donne l’air de rien de ne pas contrôler l’issue de ces personnages tant ils paraissent vivants et réels et pourtant les différentes strates de son scénario semblent en tous points maîtrisés avec une part de rêve ou de cauchemar repoussant pas mal les limites de notre imaginaire… Koma pourra peut-être décontenancer les lecteurs les plus logiques par un virage à 180 degrés inattendu dans sa dernière partie. Pour les autres amateurs de poésie et de mélancolie, ce jeu de miroirs et de situations improbables va alimenter vos rêves vers un voyage pas forcément prévisible mais en tous points satisfaisant jusqu’à sa fin symbolique rappelant au passage que l’on vient de lire un très grand classique de la bande dessinée.

17/08/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Morlac
Morlac

Recherché en silence depuis plusieurs années et notamment après avoir lu ces avis après une analyse du thème « Oubapo », j’ai enfin pu mettre la main sur cet ouvrage complètement dingue de cet auteur québécois complètement inconnu au bataillon pour ma part… Morlac est un gros bouquin souple de 144 pages avec autant de cases en noir et blanc sans paroles mettant en scène un clone de John Steed perdu dans un labyrinthe clairement défini par l’auteur. Le procédé, pas évident à expliquer en quelques lignes, apparait comme évident et génial une fois le livre en mains. Il s’agit d’une succession de petites cases dont on n’en lit qu’une par page mettant en scène un curieux personnage dans un curieux dédale sans queue ni tête et où les choix vont rarement s’avérer heureux pour notre héros (entendez par là que l’histoire se conclut bien souvent par sa mort). Là où ça devient génial c’est qu’à l’instar d’une aventure muette « dont vous êtes le héros », on peut lire et relire plusieurs fois ce livre avec des histoires pas très complexes mais plutôt variées et utilisant le média BD de façon ludique et intelligente à l’instar de ces vieux classiques et bijoux d’animation que sont La Linea et Coconut. Il y a même un véritable tour de force lorsque Morlac « sort » de ses cases pour aller dans celle d’à côté et on se surprend même à se dire « Mais comment l’auteur a réussi pour faire cela ? ». Véritable tour de force au trait minimaliste mais réussi, Morlac propose davantage une expérience ludique que narrative sans éluder le plaisir de la relecture rendant cet objet tout à fait indispensable pour qui aime s’aventurer quelque peu en dehors des statuts imposés du neuvième art. L’édition se faisant de plus en plus rare, si vous le voyez passer sous votre nez, ne le loupez pas !

17/08/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Révolution Pilote - 1968-1972
La Révolution Pilote - 1968-1972

Contrairement à Ro, je connaissais les événements de cette époque du journal Pilote (la réunion où plusieurs auteurs font un procès à Goscinny, les relations difficiles ensuite entre Goscinny et certains auteurs comme Gotlib). C'est vraiment une époque fascinante. C'est intéressant de voir décrire ces conflits entre auteurs même si ce qui est arrivé à Goscinny est tout de même assez triste. J'ai bien aimé voir les différentes versions de certains auteurs de l'époque et on sent vraiment les émotions des auteurs. Franchement, je savais déjà en gros ce qui s'était passé, mais cela ne m'a pas du tout dérangé et j'ai lu cet album du début jusqu'à la fin totalement captivé comme si je venais de découvrir pour la première fois l'histoire du magazine Pilote. Le dessin est excellent et j'adore les couleurs.

16/08/2015 (modifier)
Par Ced
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Licorne
La Licorne

Que dire de plus ! Je rejoins les commentaires de beaucoup d'entre vous. Le dessin est soigné et très détaillé. Le scénario est extrêmement dense et complexe - j'apprécie de pouvoir lire une BD en plusieurs fois et de découvrir de nouvelles choses. C'est pour ce point que je classe la BD culte car il n'y pas beaucoup de BD avec une telle richesse dans le scénario. Certes on s'y perd un peu, mais l'on savoure d'autant plus à la relecture. Le dernier tome aurait je pense mérité un peu plus de longueur afin de diluer les informations qui sont extrêmement denses sur la fin.

15/08/2015 (modifier)
Couverture de la série Vidocq
Vidocq

J'ai hésité quand j'ai vu un peu rapidement cet album sur le stand Delcourt-Soleil cette année à Angoulême, parce que je pensais que le traitement allait être semblable au film de Pitof en 2001, qui avait complètement foiré dans son approche du personnage. Et puis finalement, quand je l'ai enfin lu, je suis très agréablement surpris et même enthousiasmé. Le scénariste Nolane s'empare de l'un des personnages les plus étonnants de l'Histoire de France pour une série d'enquêtes policières à caractère mystérieux qui si elles s'inspirent des vrais cas résolus par Vidocq, promettent de beaux jours pour cette série.. Il est vrai qu'un tel personnage avait de quoi inspirer les auteurs de BD (Hans Kresse l'a déjà fait dans les années 70 ou 80) par son parcours chaotique constitué de plusieurs vies si l'on peut dire : ayant exercé plusieurs petits métiers, pensionnaire des 2 bagnes les plus redoutables de son époque en France (Brest et Toulon), devenu un roi de l'évasion, ayant inspiré les écrivains de son temps comme Balzac qui en fait son Vautrin, Hugo qui l'immortalise sous les traits de Valjean et s'en sert pour créer Javert, Dumas qui l'utilise dans "les Mohicans de Paris", de même que Eugène Sue, Emile Gaboriau et même Conan Doyle qui s'en servit pour l'art du déguisement propre à Sherlock Holmes... Vidocq est devenu célèbre dans le monde et a été surnommé "le Napoléon de la police" puisqu'il a réussi à devenir chef de la Sûreté de Paris, quelle ironie ! Ce qui permet d'être confiant dans l'avenir de cette série, c'est qu'elle dispose de pas mal d'atouts : d'abord le décor d'époque choisi (fin d'Empire et crime empirant dans les rues de Paris), qui permet une description intéressante des bas-fonds de ce temps et du côté sordide de certains criminels ; le personnage de Vidocq en lui-même (et j'avais peur d'être déçu) qui est conforme à l'image que je m'en faisais d'après les portraits connus et ses méthodes que j'ai lues dans une bio que je possède, cette image réfutant un peu celle du feuilleton télé que j'ai connu dans les années 70 ; ensuite, les auteurs semblent adopter le concept du récit unique par tome, tout en ayant une continuité grâce à l'évolution du personnage de Pauline ( Vidocq a vraiment recruté des auxilliaires féminins), ainsi que celle du personnage de Javert que Nolane utilise ici, sorti du contexte des Misérables, voici un affrontement qui peut devenir très intéressant. Autre atout et non le moindre : le dessin est particulièrement beau, avec un encrage fin, des décors parisiens de 1813 bien restitués (certains monuments n'existent plus, d'autres ne sont pas encore construits, je pense notamment aux Champs Elysées qui à cette époque n'étaient pas l'avenue prestigieuse que l'on connait, mais une simple allée herbue où l'on faisait parfois paître des boeufs)... le soin apporté à tous ces décors, aux visages et aux costumes des personnages confère à cette Bd un gage de qualité important à mes yeux, les rues populaires sont grouillantes, les beaux quartiers sont bien clean.. tout est bien respecté. De même que le côté historique ne souffre d'aucune erreur, Vidocq était marié à une certaine Annette, prenait ses ordres de Jean Henry à la Sûreté, et sa petit équipe d'anciens malfrats repentis qui comme lui, ont une connaissance parfaite du terrain et une bonne mémoire photographique, tout cela est vrai, d'où l'efficacité de sa brigade qui rend jaloux les "vrais" policiers comme Javert. Cette première enquête n'est pas d'une énorme originalité et ne possède pas un caractère spectaculaire, mais la réussite de cet album réside dans tout le contexte bien recrée et dans le portrait bien restitué de Vidocq, j'avoue que le récit pour moi est passé un peu en second, ayant été bien plus séduit par tout ce qui en constitue le fond et le cadre. J'espère que je ne serai pas déçu pour les tomes suivants (s'il y en a... ).

10/08/2015 (modifier)
Couverture de la série Aliénor - La Légende noire
Aliénor - La Légende noire

Voila notre grande reine! Reine de cette province où je vis et que je connais donc bien, en plus d'être passionné par le Moyen Age ; son image est évoquée un peu partout à Bordeaux et en Gironde (un peu moins dans les autres départements de la province, mais évoquée aussi à Poitiers et à La Rochelle). Son nom est donné à beaucoup d'endroits bordelais qui se flattent d'accoler son nom à leurs établissements, et son souvenir subsiste dans ce palais de l'Ombrière situé jadis dans le Vieux Bordeaux, aujourd'hui démoli. Aussi, quand j'ai vu cet album, vous pensez bien que j'ai accouru ; le résultat est toutefois mitigé. Ce portrait montre une reine plus complexe et plus autoritaire que celle que l'on connaît, mais le caractère d'Aliénor est conforme à ce que j'ai lu dans des bio sérieuses, comme son goût pour la poésie, les trouvères, sa dot considérable, sa prétendue beauté, son insouciance de jeunesse... De ce côté, les faits historiques sont respectés. Mais là où j'ai bondi un peu au début, c'est avec l'aspect sombre d'Aliénor montré ici, ça peut paraître excessif. Certes, les rouages d'une cour royale au XIIème siècle, avec ses manigances sont bien décrits, mais les scénaristes emportés par leur fougue, et pour pimenter leur récit, font d'Aliénor une reine manipulatrice de façon trop appuyée. On sait qu'elle avait peut-être un peu d'influence sur Louis encore faible époux et roi trop monacal, mais pas au point de fomenter assassinats et complots tels qu'ils sont montrés ici, surtout à cet âge-là. Aliénor était plus intéressée par les arts que par la politique ; c'est plus âgée, après 15 ans de mariage avec son second époux Henri II Plantagenêt (mariage qui sera aussi désastreux que le précédent avec Louis), qu'elle s'est révélée dure en politique, notamment en soutenant la révolte de ses fils contre Henri (surtout Richard, son préféré, qui deviendra le roi que l'on connaît). Après toutes ces vicissitudes, Aliénor est morte à l'âge de 82 ans, après avoir eu 11 enfants et peu de bonheur dans sa vie de femme. D'autre part, certains personnages sont montrés sous des visages négatifs, comme Suger qui était un conseiller très respecté par Louis craignant toujours de contrarier l'Eglise ; le traitement dans le tome 1 est assez discutable. Quant à Marcabru (qu'on nomme aussi Marcabrun), il n'est pas sûr qu'il ait été vraiment renvoyé de la cour, Aliénor aimait trop ses trouvères, car la cour d'Aquitaine était bien plus gaie que celle de France, ça lui rappelait donc sa province. Mis à part ces réserves qui empêchent le coup de coeur, et que je peux comprendre pour alimenter une Bd, c'est plutôt bon, il y a peu d'action, beaucoup de dialogues, mais comme pour Isabelle la Louve de France, l'ensemble est passionnant, le dessin est très beau, malgré quelques erreurs documentaires (la courbe de la Garonne n'est pas si prononcée). Bon en définitive, un tome 1 plutôt contestable, un tome 2 qui conforte une légende tenace d'une reine de moeurs légères, cédant volontiers à des désirs et dont la volonté devait être satisfaite, puis un tome 3 qui comme le précisent les auteurs en début d'album, cherche à remplir les zones d'ombre de l'Histoire sur cette image de femme cultivant un certain art de vivre et de vivre librement. A l'occasion de la sortie de ce tome 3, j'ai relu des passages dans des bio sérieuses sur Aliénor, et de nombreux faits exposés ici sont vrais, en fait les auteurs ne brodent pas tant que ça dans leur vision de cette reine controversée. Leur travail est louable car ils usent de certaines libertés pour étoffer le personnage, mais surtout ils ne sont pas trop didactiques, donc trop ennuyeux dans ce portrait dont le tome 3 sera sans doute le plus pesant car le plus tourné vers la politique, tout en insistant sur la rupture avec Louis. Ils n'évitent pas une erreur importante cependant (en 1148, Henri Plantagenêt n'est pas encore roi d'Angleterre, il le sera en 1154). A l'issue de ce cycle de 3 albums, j'étais anxieux de savoir s'il y aurait une suite car le parcours d'Aliénor était loin d'être terminé, elle fut 2 fois reine, il restait à conter tout l'épisode Plantagenêt, ce que les auteurs décident de faire à partir de ce tome 4. C'est un album très intéressant dans la mesure où il se situe comme un tome de transition, préparant la rupture totale entre Aliénor et Louis VII, on y voit les événements qui font suite au précédent album lorsque le torchon commence à brûler entre les 2 époux royaux : la venue à Paris de Geoffroy Plantagenêt comte d'Anjou et de son fils Henry, jeune et beau duc de Normandie, tous deux rendent l'hommage à leur suzerain tandis qu'Aliénor observe Henry et réciproquement, ces deux-là ne vont pas tarder à tomber dans les bras l'un de l'autre ; on assiste au fameux concile de Beaugency qui annule le mariage entre Louis et sa reine, pour cause de consanguinité, puis Henry hérite du comté de son père et épouse Aliénor moins de 2 mois après...tout ceci est réel, les auteurs collent de près à l'Histoire et ne font plus d'erreurs, ce qui promet pour la suite.. de même que le dessin de Gomez est de plus en plus somptueux. Ma note reste inchangée pour l'instant mais gagne enfin le coup de coeur.

01/11/2013 (MAJ le 10/08/2015) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série A Silent voice
A Silent voice

Un très bon manga qui montre les problèmes dont peuvent souffrir les handicapés et aussi les problèmes d'intimidation au Japon. J'ai lu qu'apparemment certaines personnes au Japon n'aiment pas trop ce manga qui présente une "mauvaise" image de la société japonaise. C'est vrai que plusieurs personnages sont montrés comme des hypocrites et les adultes de l'école comme des gros incompétents. L'histoire est bien construite. J'aime bien le fait que les personnages sont plus profonds qu'ils ne semblent à première vue. Le personnage de Shoya qui essaie de se racheter après avoir agi comme un gros con durant son enfance est très intéressant. J'aime bien la manière dont le manga montre les conséquences de l'intimidation et comment tout ne se règle pas facilement juste parce que Shoya est désolé d'avoir embêté Shoko, la fille sourde. Surtout l'intrigue est captivante et je ne savais jamais ce qui allait arriver ensuite. J'ai lu les 4 tomes d'un trait et j'espère que la suite sera du même niveau.

08/08/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Prison School
Prison School

Je regarde l'anime depuis qu'il est sorti et j'adore. C'est pour cela que j'ai lu le manga et je ne suis pas déçu d'avoir pris cette décision car le manga est lui aussi excellent. Pourtant, je ne suis pas masochiste et il faut dire que la plupart du fan service présent dans cette série ne m'excite pas trop. J'aime bien à cause de la qualité du scénario. Je trouve que l'histoire est bien pensée et le suspense est bien maitrisé. Lorsqu'un personnage était dans une mauvaise situation je voulais tout de suite savoir comment il allait s'en sortir. J'aime bien les personnages (enfin sauf peut-être la vice-présidente avec des seins trop gros parce que les seins trop gros ce n'est pas beau). J'aime particulièrement le personnage d'Hana et sa relation avec le personnage principal. L'humour m'a bien fait rire et ça doit être la première fois que je trouve des gags à base de pisse marrants. Bon c'est clair qu'un manga rempli de fétiches risque de déplaire à beaucoup de gens, mais moi j'aime bien. Après réflexion, je remonte ma note à 5. J'adore tellement ce manga que je me suis mis à le lire depuis des mois sur internet et j'ai lu tous les chapitres que je n'avais pas lus seulement en une soirée et ensuite je me suis mis à attendre patient chaque semaine le nouveau chapitre (j'étais bien triste lorsqu'il y en avait pas). J'ai relu mes chapitres préférés des dizaines de fois tout en ayant le même plaisir que lors de ma première lecture. J'adore l'univers de ce manga. Le point fort c'est que l'auteur fait des situations loufoques et les traitent de manière sérieuse ce qui donne des situations à la fois drôles et qui semble épique ! Je ne sais jamais ce qui va se produire ensuite tellement tout est imprévisible. Le seul défaut c'est que parfois l'intrigue peut parfois avancer très lentement. Petit update concernant la fin qui a paru il y a quelques mois: personnellement je l'aime bien et je trouve que c'est bien dans l'esprit un peu débile de la série, mais je comprend pourquoi cette fin est frustrée plusieurs lecteurs. Surtout que la série s’arrête alors qu'il y a encore des éléments à développer. Espérons qu'un jour l'auteur va la continuer.

07/08/2015 (modifier)
Par Quentin
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fritz Haber
Fritz Haber

En retraçant la vie de Fritz Haber (prix Nobel de Chimie et sympathisant Sioniste, entre beaucoup d'autres choses), David Vandermeulen nous fait découvrir la société Allemande au tournant du 19e siècle avec son antisémitisme, son machisme, son nationalisme et son industrie naissante. Il montre en même temps ce que signifiait être Juif dans un tel contexte ainsi que les racines et l'histoire du Sionisme. Il décrit enfin le destin, les doutes et les choix d'un homme nourrissant une ambition hors du commun. Un livre ardu mais captivant, qui laisse présager une suite encore plus intéressante. Ajout après lecture du 4e et dernier tome (et relecture des 3 autres tomes au passage) : Je reste abasourdi. Fritz Haber est ce savant Allemand Juif qui a inventé le gaz moutarde et a eu le prix Nobel de Chimie pour avoir inventé les engrais modernes. La série le suit de très près, et plusieurs thèmes s'entrecroisent, entre la place des Juifs dans l'Allemagne (et l'Europe), leur discrimination politique et sur le marché du travail, leur position face à la conversion au Christianisme, au mariage mixte, leur recherche d'un état Juif (ils étaient à 2 doigts d’atterrir en Ouganda au lieu de la Palestine ; à quoi tiennent les hasards de l'histoire, n'est-ce pas ?), leur participation à l'effort de guerre. On est également plongé dans le nationalisme et le militarisme exacerbé de l'époque, la colonisation de l'Afrique, du Moyen Orient et de l'Asie, bref, sur tout ce qui a fait le début du XXe siècle (le dernier tome est d'ailleurs plus sur Rathenau que sur Haber ; Einstein joue aussi un grand rôle dont je ne savais rien avant de lire la BD - encore une bonne surprise). Passionnant, fascinant, et pour moi une belle découverte car je n'ai jamais rien lu de pareil ailleurs en BD. On plonge véritablement dans l'esprit du siècle, vu par l'élite intellectuelle et politique, qui a forcément déteint sur la population. Alors que les BD de Tardi qui traitent de la même époque sont extrêmement "modernes", en ce sens qu'on s'identifie immédiatement avec ses poilus et que ceux-ci pourraient aussi bien être nés en 1990 qu'en 1890 (le discours pourrait être exactement pareil), Vandermeulen fait beaucoup mieux car il nous fait découvrir un monde et une manière de penser aujourd'hui obsolète et exotique car ils appartiennent (fort heureusement) au passé. Mais on voit néanmoins la filiation entre notre époque et celle de Haber et ses embryons d'union Européenne, des Nations Unies, d'Israël, etc. Véritablement une série culte à ne pas manquer

08/09/2006 (MAJ le 07/08/2015) (modifier)
Couverture de la série Secrets - L'écharde
Secrets - L'écharde

J'ai testé cette collection Secrets avec ce diptyque, et j'en suis ressorti vraiment enthousiasmé ; je précise que je ne suis pas tellement d'accord avec le classement en genre policier, c'est plutôt du roman graphique.. C'est bien dans le style de Giroud d'échafauder un récit de ce type, aux ramifications et aux racines profondes et douloureuse, où le côté prenant et intense sont sans cesse présents, sans relachement, avec une narration extrêmement bien conçue, claire et pas plombée par des complexités scénaristiques, des longueurs inutiles ou des raccourcis malvenus ; pas de remplissage donc, chaque scène est à sa place. La progression de l'intrigue est remarquable, le fond est bouleversant, et tout s'imbrique de façon parfaite. Le lecteur découvre un premier secret peu valorisant, puis un second secret plus odieux, mais aussi peut essayer de comprendre la souffrance d'une femme, c'est très adroitement agencé, bien écrit, avec des dialogues mesurés, un peu de pathos par endroits mais à dose très légère, sinon ça aurait été insupportable. Le décor des 2 époques est également très bien documenté, Giroud est très fort pour recréer une époque, rappelons-nous la restitution du Paris des années 50 dans la série Mandrill. Tout cet environnement est souligné par un dessin agréable et bien clair, une sorte d'élégance du trait tout en finesse malgré des petits défauts de proportion le plus souvent dans les visages déformés (surtout Marie-Louise et Philippe) ; une élégance qui frôle le semi-réalisme, car les décors ne sont pas toujours ultra détaillés, il y a juste ce qu'il faut, mais l'ensemble s'accorde fort bien au sujet. Giroud boucle donc de façon magistrale un récit parfaitement dosé, avec une certaine pudeur, en mettant en exergue les drames familiaux et les secrets de famille qui peuvent se révéler redoutables, honteux ou intolérables, jusqu'à briser ou désunir des personnes. C'est un sujet ingrat qu'il a su développer intelligemment, et cette histoire va m'inciter à lire quelques autres titres de cette collection.

07/08/2015 (modifier)