Un jeune photographe à l'avenir prometteur reçoit un jour d'un mystérieux vieillard un talisman aux propriétés magiques. Celui-ci permet de revenir dans le temps pour influer sur celui-ci lorsqu'un choix malencontreux a été fait. Le bijou devient très vite un précieux allié pour le héros, dont la carrière décolle. Jusqu'au jour où un accident de voiture et une rencontre changent la donne... Est-il possible de vivre heureux si le moindre moment n'est plus qu'un brouillon de vie?
Cyril Bonin revitalise habilement le thème du voyage dans le temps en lui donnant une admirable dimension psychologique.
Adaptation d'une nouvelle que je ne connais pas. Donc je ne peux pas dire à quel point cette BD est fidèle à la nouvelle, mais au moins j'ai l'avantage d'être surpris par une histoire que je ne connais pas du tout.
Ça se passe chez les paysans russes. Dans une commune, les paysans sont heureux parce que la vieille riche les laisse faire ce qu'ils veulent sur ses terres, mais un jour le fils décide qu'il est temps qu'ils respectent sa mère et il engage un intendant qui punit tous ceux qui vont sur les terres ou qui laissent leurs animaux aller à cet endroit. Cette situation engendre plusieurs rebondissements et ça se termine de manière ironique et cruelle.
L'histoire est prenante du début jusqu'à la fin et j'aime bien comment l'auteur décrit la vie dans cette commune. Les personnages sont humains et leur mauvais côté me fait demander si l'auteur ne voulait pas faire une satire. Le dessin est excellent et la narration est fluide. Un excellent album.
Un jeune homme raté se retrouve dans le corps de la jeune adolescente qu'il rencontrait tous les jours à la supérette. Ça semble être le début d'une comédie remplit de romance, de quiproquos et de nudité, mais c'est en fait un truc sérieux et plutôt psychologique.
L'intrigue est vraiment prenante. Dès le début je voulais savoir comment il était arrivé dans le corps de cette fille. L'histoire est remplie de rebondissement qui m'ont surpris et les personnages sont vraiment attachants. J'aime surtout la relation entre "Mari'" et Yori. La psychologie des personnages est bien maitrisé. C'est vrai toutefois que parfois cela se lit un peu vite. Il y a plusieurs chapitres où plusieurs pages n'ont pas du tout de dialogue. Le dessin est bon.
Je suis impatient de lire la suite et de voir comment l'auteur va finir son histoire. Un manga qui sort du lot.
C'est avec circonspection que je me suis attaqué à la lecture de cet album tant le graphisme de Toni Fejzula est surprenant. Et autant ce n'est pas la couverture, qu'à titre personnel je trouve assez ratée (et qui gâche complètement l'effet de surprise liée à l'histoire qu'on nous propose -celui qui a choisi la couv' devait vraiment pas avoir lu l'album !!! ), que le trait et la colorisation du reste de l'album qui m'a pleinement conquis. Voilà un moment que je n'avais pas été surpris par le travail graphique d'un auteur, et là c'est une très bonne surprise.
"Veil" nous plonge dans une grande cité bien sombre, où nous allons nous réveiller en compagnie d'une jeune femme nue, dans une station de métro désaffectée, entourée de rats. On ne sait pas qui elle est... et elle ne semble pas le savoir non plus... L'intrigue va se construire sur la recherche de qui est cette étrange femme aux pouvoirs dangereux. Si l'ensemble est un peu prévisible (merci la couverture...), c'est rondement mené et efficace et j'ai passé un réel bon moment de lecture.
Et ce plaisir, comme je vous le disais plus haut tient essentiellement au graphisme de Toni Fejzula. Singulier, tant dans la mise en couleur que dans son trait un peu anguleux, il donne le ton et l'ambiance à cette histoire fantastique de la meilleure des manières.
Alors, avis aux amateurs de fantastique, ne vous laissez pas intimider par cette couverture peu vendeuse et laissez vous tenter !
Voici une belle histoire, un formidable hymne à la nature et au loup, animal qui reste autant fascinant que potentiellement dangereux, bien qu'il est souvent dit dans plusieurs docs animaliers qu'il ne s'attaque pas à l'homme par crainte, sauf cas exceptionnels.
Le rapport de l'homme (à travers le personnage de Sergeï) avec le loup est une longue approche pour s'observer et apprendre à se connaître et à se respecter. Mais cet album souffre hélas du syndrome de rapidité ; en effet, tout va trop vite, la narration condense, réduit et ne perd pas de temps dans une histoire où il aurait fallu au moins 1 album de plus pour laisser le temps au temps. En film, ça doit être 100 fois mieux parce que le pouvoir de l'image évocatrice, la lenteur de l'action nécessaire, la poésie des paysages, l'attente pour que homme et loup s'apprivoisent... tout ça passe mieux à l'écran, plus difficilement en BD. Il suffit de se rappeler le film Danse avec les loups pour comprendre la crédibilité de ces rapports entre homme et bête, le temps qu'il faut à Kevin Costner pour approcher le loup White Socks tournant autour de lui. Même chose dans le film Un homme parmi les loups, production Disney de 1983 où un scientifique étudiait seul en plein hiver polaire, une meute de loups.
La lecture reste pour l'ensemble très plaisante malgré cette narration peu nuancée et cette fin trop abrupte ; mais l'épisode où Sergeï sauve le pilote, et jusqu'à leur séparation, reste un beau moment philosophique, ce gars possède après ça une autre vision des choses.
Quand toutes ces belles vertus sont illustrées par Eric Stalner, c'est encore mieux ; son dessin est ici un peu plus fin que dans ses autres bandes, c'est du beau travail.
Pistolin, berger de son état, n'a pour seule richesse que son troupeau de moutons quand ce dernier est décimé, victime collatérale de la guerre à laquelle se livrent les mages. Accompagné de Myrtille, sa dernière brebis, il décide de partir en guerre contre la magie et ceux qui la pratiquent. Dans sa quête il rencontre Pâquerette, petite fée vulgaire et alcoolique. L'aventure commence, elle ne sera pas triste.
Lupano et Relom inventent la rural fantasy fromagère et cela a du goût. Traquemage s'impose d'emblée comme le chef-d’œuvre d'un genre dont il est, par l'instant, le seul représentant.
La favorite nous conte le récit douloureux d'une enfance martyre. Un enfant vit avec une grand-mère acariâtre et un grand-père au caractère insignifiant. Ils sont reclus dans un bâtisse cossue isolée, ultime témoin d'un mode de vie bourgeois. Il ne peut jamais sortir, son éducation est faite par sa grand-mère. Mais quel secret cache cette étrange maisonnée ?
Malgré un dessin en apparence austère, c'est un récit d'une vibrante humanité que nous propose Matthias Lehmann, dans cet album sensible qui était mon favori de la sélection d'Angoulême 2016.
Martin Veyron nous surprend en adaptant une nouvelle de Tolstoï qui se déroule dans le monde agricole russe du 19e siècle. Un conte moral acide qui divertit par la mise en avant de la bonhomie, de la rudesse et de la mesquinerie de ses personnages. Le sens de la mise en scène, la précision des dialogues et l'évocation visuelle minutieuse de l'époque et du milieu en font un album magistral.
2024, le petit éditeur qui montre… En effet, c’est encore, avec ce « Helios », un très beau travail éditorial, au service d’une chouette claque graphique.
J’avais découvert le travail d’Etienne Chaize sur l’album « Quasar contre Pulsar », album jouant déjà sur des tons très psychédéliques (il s’occupait déjà des couleurs).
Résumer l’histoire est à la fois facile et compliqué. Facile, car, après un court texte de présentation, c’est entièrement muet. Nous suivons une sorte de quête, de voyage au long cours : un roi mène son peuple en procession jusqu’au soleil, source de vie que l’on vient implorer. En cours de route et au fil de quelques péripéties, la foule se réduit… Mais compliqué, car peu « d’action » finalement. Même si, malgré la faible pagination et l'absence de texte, le foisonnement des images appelle des relectures.
J’avoue avoir été un chouia déçu, car j’attendais peut-être un peu plus de poésie, mais Chaize donne quand même du large à notre imagination, essentiellement par le côté visuel.
Et là, dans un très très grand format (pas facile à ranger dans sa bibliothèque !), 2024 met bien en valeur le travail de Chaize. Avec parfois en arrière-plan – comme en filigrane – des photos (de ruines, de paysages), c’est un feu d’artifices de couleurs qui éclate. Retravaillée à l’ordinateur, cette colorisation est pétante. Les personnages, portant des objets phosphorescents, sont un peu dessinés comme on représente les constellations dans le ciel : cette épopée se lit/regarde comme on observe le mouvement des étoiles, avec des yeux d’enfant subjugué.
Alors pourquoi seulement trois étoiles ? C’est que, si le visuel est original et nous en met plein la vue, cette colorisation (au Photoshop ?) n’est pas forcément ma tasse de thé. Mais surtout, j’ai trouvé que l’histoire – qui s’y prêtait – manquait un petit peu d’un souffle épique propre à transcender ce voyage vers le soleil.
Il n’en reste pas moins que je vous recommande de découvrir cette œuvre qui sort clairement des sentiers battus, chez un éditeur qui prend des risques et se remet en question à chacune de ses publications.
Je dois avouer qu’avant de découvrir cet album, je n’avais même pas entendu parler de ce conflit armé ayant ravagé le Pérou dans les années 80.
Les auteurs (tous nés à Lima !) ont réalisé un album exemplaire, qui parvient à montrer les horreurs du conflit, mais aussi à les expliquer, à analyser le contexte historique et social, dans la BD même, mais aussi dans de courts articles textuels venant s’intercaler entre chaque chapitre (je vous rassure, ces derniers n’alourdissent pas trop la lecture). On COMPREND l’horreur vécue par les paysans et les indigènes, pris en tenaille entre les « terroristes » communistes et l’armée. Cette dernière a commis des crimes impardonnables, dans la plus grande indifférence du gouvernement. A ce jour, seule une faible proportion de ces criminels de guerre a été condamnée, malgré le militantisme d’Amnesty International.
La lecture est éprouvante. Pas à cause de la narration, qui est au petit oignons, malgré un texte assez présent (un mal nécessaire). Non, à cause du contenu même : les auteurs n’hésitent pas à dessiner la guerre dans toute son horreur : exécutions sommaires d’hommes, femmes et enfants, viols, tortures, fosses communes. Surtout qu’ils agrémentent leurs planches de quelques photos d’époque (comme Didier Lefèvre et Emmanuel Guibert dans Le Photographe), ce qui ajoute un poids supplémentaires aux images.
Un album édifiant, instructif, et parfaitement réalisé… à mettre entre toutes les mains !
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The Time Before
Un jeune photographe à l'avenir prometteur reçoit un jour d'un mystérieux vieillard un talisman aux propriétés magiques. Celui-ci permet de revenir dans le temps pour influer sur celui-ci lorsqu'un choix malencontreux a été fait. Le bijou devient très vite un précieux allié pour le héros, dont la carrière décolle. Jusqu'au jour où un accident de voiture et une rencontre changent la donne... Est-il possible de vivre heureux si le moindre moment n'est plus qu'un brouillon de vie? Cyril Bonin revitalise habilement le thème du voyage dans le temps en lui donnant une admirable dimension psychologique.
Ce qu'il faut de terre à l'homme
Adaptation d'une nouvelle que je ne connais pas. Donc je ne peux pas dire à quel point cette BD est fidèle à la nouvelle, mais au moins j'ai l'avantage d'être surpris par une histoire que je ne connais pas du tout. Ça se passe chez les paysans russes. Dans une commune, les paysans sont heureux parce que la vieille riche les laisse faire ce qu'ils veulent sur ses terres, mais un jour le fils décide qu'il est temps qu'ils respectent sa mère et il engage un intendant qui punit tous ceux qui vont sur les terres ou qui laissent leurs animaux aller à cet endroit. Cette situation engendre plusieurs rebondissements et ça se termine de manière ironique et cruelle. L'histoire est prenante du début jusqu'à la fin et j'aime bien comment l'auteur décrit la vie dans cette commune. Les personnages sont humains et leur mauvais côté me fait demander si l'auteur ne voulait pas faire une satire. Le dessin est excellent et la narration est fluide. Un excellent album.
Dans l'intimité de Marie
Un jeune homme raté se retrouve dans le corps de la jeune adolescente qu'il rencontrait tous les jours à la supérette. Ça semble être le début d'une comédie remplit de romance, de quiproquos et de nudité, mais c'est en fait un truc sérieux et plutôt psychologique. L'intrigue est vraiment prenante. Dès le début je voulais savoir comment il était arrivé dans le corps de cette fille. L'histoire est remplie de rebondissement qui m'ont surpris et les personnages sont vraiment attachants. J'aime surtout la relation entre "Mari'" et Yori. La psychologie des personnages est bien maitrisé. C'est vrai toutefois que parfois cela se lit un peu vite. Il y a plusieurs chapitres où plusieurs pages n'ont pas du tout de dialogue. Le dessin est bon. Je suis impatient de lire la suite et de voir comment l'auteur va finir son histoire. Un manga qui sort du lot.
Veil
C'est avec circonspection que je me suis attaqué à la lecture de cet album tant le graphisme de Toni Fejzula est surprenant. Et autant ce n'est pas la couverture, qu'à titre personnel je trouve assez ratée (et qui gâche complètement l'effet de surprise liée à l'histoire qu'on nous propose -celui qui a choisi la couv' devait vraiment pas avoir lu l'album !!! ), que le trait et la colorisation du reste de l'album qui m'a pleinement conquis. Voilà un moment que je n'avais pas été surpris par le travail graphique d'un auteur, et là c'est une très bonne surprise. "Veil" nous plonge dans une grande cité bien sombre, où nous allons nous réveiller en compagnie d'une jeune femme nue, dans une station de métro désaffectée, entourée de rats. On ne sait pas qui elle est... et elle ne semble pas le savoir non plus... L'intrigue va se construire sur la recherche de qui est cette étrange femme aux pouvoirs dangereux. Si l'ensemble est un peu prévisible (merci la couverture...), c'est rondement mené et efficace et j'ai passé un réel bon moment de lecture. Et ce plaisir, comme je vous le disais plus haut tient essentiellement au graphisme de Toni Fejzula. Singulier, tant dans la mise en couleur que dans son trait un peu anguleux, il donne le ton et l'ambiance à cette histoire fantastique de la meilleure des manières. Alors, avis aux amateurs de fantastique, ne vous laissez pas intimider par cette couverture peu vendeuse et laissez vous tenter !
Loup
Voici une belle histoire, un formidable hymne à la nature et au loup, animal qui reste autant fascinant que potentiellement dangereux, bien qu'il est souvent dit dans plusieurs docs animaliers qu'il ne s'attaque pas à l'homme par crainte, sauf cas exceptionnels. Le rapport de l'homme (à travers le personnage de Sergeï) avec le loup est une longue approche pour s'observer et apprendre à se connaître et à se respecter. Mais cet album souffre hélas du syndrome de rapidité ; en effet, tout va trop vite, la narration condense, réduit et ne perd pas de temps dans une histoire où il aurait fallu au moins 1 album de plus pour laisser le temps au temps. En film, ça doit être 100 fois mieux parce que le pouvoir de l'image évocatrice, la lenteur de l'action nécessaire, la poésie des paysages, l'attente pour que homme et loup s'apprivoisent... tout ça passe mieux à l'écran, plus difficilement en BD. Il suffit de se rappeler le film Danse avec les loups pour comprendre la crédibilité de ces rapports entre homme et bête, le temps qu'il faut à Kevin Costner pour approcher le loup White Socks tournant autour de lui. Même chose dans le film Un homme parmi les loups, production Disney de 1983 où un scientifique étudiait seul en plein hiver polaire, une meute de loups. La lecture reste pour l'ensemble très plaisante malgré cette narration peu nuancée et cette fin trop abrupte ; mais l'épisode où Sergeï sauve le pilote, et jusqu'à leur séparation, reste un beau moment philosophique, ce gars possède après ça une autre vision des choses. Quand toutes ces belles vertus sont illustrées par Eric Stalner, c'est encore mieux ; son dessin est ici un peu plus fin que dans ses autres bandes, c'est du beau travail.
Traquemage
Pistolin, berger de son état, n'a pour seule richesse que son troupeau de moutons quand ce dernier est décimé, victime collatérale de la guerre à laquelle se livrent les mages. Accompagné de Myrtille, sa dernière brebis, il décide de partir en guerre contre la magie et ceux qui la pratiquent. Dans sa quête il rencontre Pâquerette, petite fée vulgaire et alcoolique. L'aventure commence, elle ne sera pas triste. Lupano et Relom inventent la rural fantasy fromagère et cela a du goût. Traquemage s'impose d'emblée comme le chef-d’œuvre d'un genre dont il est, par l'instant, le seul représentant.
La Favorite
La favorite nous conte le récit douloureux d'une enfance martyre. Un enfant vit avec une grand-mère acariâtre et un grand-père au caractère insignifiant. Ils sont reclus dans un bâtisse cossue isolée, ultime témoin d'un mode de vie bourgeois. Il ne peut jamais sortir, son éducation est faite par sa grand-mère. Mais quel secret cache cette étrange maisonnée ? Malgré un dessin en apparence austère, c'est un récit d'une vibrante humanité que nous propose Matthias Lehmann, dans cet album sensible qui était mon favori de la sélection d'Angoulême 2016.
Ce qu'il faut de terre à l'homme
Martin Veyron nous surprend en adaptant une nouvelle de Tolstoï qui se déroule dans le monde agricole russe du 19e siècle. Un conte moral acide qui divertit par la mise en avant de la bonhomie, de la rudesse et de la mesquinerie de ses personnages. Le sens de la mise en scène, la précision des dialogues et l'évocation visuelle minutieuse de l'époque et du milieu en font un album magistral.
Helios
2024, le petit éditeur qui montre… En effet, c’est encore, avec ce « Helios », un très beau travail éditorial, au service d’une chouette claque graphique. J’avais découvert le travail d’Etienne Chaize sur l’album « Quasar contre Pulsar », album jouant déjà sur des tons très psychédéliques (il s’occupait déjà des couleurs). Résumer l’histoire est à la fois facile et compliqué. Facile, car, après un court texte de présentation, c’est entièrement muet. Nous suivons une sorte de quête, de voyage au long cours : un roi mène son peuple en procession jusqu’au soleil, source de vie que l’on vient implorer. En cours de route et au fil de quelques péripéties, la foule se réduit… Mais compliqué, car peu « d’action » finalement. Même si, malgré la faible pagination et l'absence de texte, le foisonnement des images appelle des relectures. J’avoue avoir été un chouia déçu, car j’attendais peut-être un peu plus de poésie, mais Chaize donne quand même du large à notre imagination, essentiellement par le côté visuel. Et là, dans un très très grand format (pas facile à ranger dans sa bibliothèque !), 2024 met bien en valeur le travail de Chaize. Avec parfois en arrière-plan – comme en filigrane – des photos (de ruines, de paysages), c’est un feu d’artifices de couleurs qui éclate. Retravaillée à l’ordinateur, cette colorisation est pétante. Les personnages, portant des objets phosphorescents, sont un peu dessinés comme on représente les constellations dans le ciel : cette épopée se lit/regarde comme on observe le mouvement des étoiles, avec des yeux d’enfant subjugué. Alors pourquoi seulement trois étoiles ? C’est que, si le visuel est original et nous en met plein la vue, cette colorisation (au Photoshop ?) n’est pas forcément ma tasse de thé. Mais surtout, j’ai trouvé que l’histoire – qui s’y prêtait – manquait un petit peu d’un souffle épique propre à transcender ce voyage vers le soleil. Il n’en reste pas moins que je vous recommande de découvrir cette œuvre qui sort clairement des sentiers battus, chez un éditeur qui prend des risques et se remet en question à chacune de ses publications.
Le Sentier lumineux
Je dois avouer qu’avant de découvrir cet album, je n’avais même pas entendu parler de ce conflit armé ayant ravagé le Pérou dans les années 80. Les auteurs (tous nés à Lima !) ont réalisé un album exemplaire, qui parvient à montrer les horreurs du conflit, mais aussi à les expliquer, à analyser le contexte historique et social, dans la BD même, mais aussi dans de courts articles textuels venant s’intercaler entre chaque chapitre (je vous rassure, ces derniers n’alourdissent pas trop la lecture). On COMPREND l’horreur vécue par les paysans et les indigènes, pris en tenaille entre les « terroristes » communistes et l’armée. Cette dernière a commis des crimes impardonnables, dans la plus grande indifférence du gouvernement. A ce jour, seule une faible proportion de ces criminels de guerre a été condamnée, malgré le militantisme d’Amnesty International. La lecture est éprouvante. Pas à cause de la narration, qui est au petit oignons, malgré un texte assez présent (un mal nécessaire). Non, à cause du contenu même : les auteurs n’hésitent pas à dessiner la guerre dans toute son horreur : exécutions sommaires d’hommes, femmes et enfants, viols, tortures, fosses communes. Surtout qu’ils agrémentent leurs planches de quelques photos d’époque (comme Didier Lefèvre et Emmanuel Guibert dans Le Photographe), ce qui ajoute un poids supplémentaires aux images. Un album édifiant, instructif, et parfaitement réalisé… à mettre entre toutes les mains !