Tome 1
Après le très sombre mais réussi Blast, Manu Larcenet nous revient avec un récit noir, dur adapté du roman éponyme de Philippe Claudel.
Tout d'abord, en ouvrant cet ouvrage (judicieusement édité sous un format à l'italienne), j'ai eu une claque, une claque graphique. Quelle maîtrise du noir et blanc, quelle maîtrise de l'espace où les planches muettes sont toutes aussi, voire plus, expressives que les pages commentées par Brodeck.
Certaines pages sont difficiles à supporter: celles consacrées aux camps de concentration par exemple. Le dessin de Larcenet, encore plus réaliste que celui qu'il avait adopté sur Blast, fait de ce premier volume le livre incontournable de cette année.
Le parti pris de l'auteur (peu de dialogues, un récit à la première personne, et des planches muettes) est si bien dosé que je n'ose pas, et c'est un comble, découvrir la suite rapidement en lisant le roman, de peur d'être déçu.
Une plongée très réussie dans les méandres de la noirceur humaine.
PS: l'éditeur aurait dû prévoir un étui plus aisé à retirer !!!
Tome 2
Dès la sortie du premier volume, j'avais souligné la beauté des planches, le plus souvent muettes. Changement de registre avec ce second volume, avec des dialogues beaucoup plus nombreux mais le talent de Manu Larcenet reste, heureusement, ici, intact.
Alors que les paysages champêtres étaient légions dans le précédent volume, Larcenet se recentre ici autour de deux personnages, ou plutôt de deux destins, qui, en apparence sont différents, mais qui au final se rejoignent, celui de Brodeck évidemment, et celui de l'autre, dit "l'anderer".
Larcenet, au fil des pages, réussit à nous transmettre une ambiance de plus en plus étouffante de ce village situé, situé où au fait... au cœur d'une Europe meurtrie par une guerre. Cela pourrait se dérouler en Pologne par exemple.
A travers ce rapport, on en apprend autant sur cet "étranger" que sur Brodeck (et sa famille), qui n'est pas loin non plus d'être un étranger au village.
Graphiquement Manu Larcenet est ici à son meilleur niveau, encore au dessus de ce qu'il nous avait livré pour Blast.
Les planches en n&b sont sublimes à tel point que l'on se demande, après le formidable Blast et ce diptyque inoubliable, ce que nous réserve l'ami Larcenet l'année prochaine.
Un sentiment étrange me traverse au travers de la lecture de ce second volume. Autant, je n'avais pas envie de connaître la conclusion de ce récit à l'issue du premier volume, en me plongeant dans le roman de Claudel, autant, après avoir lu ce second tome, je pense lire le roman éponyme de Claudel pour voir la plus-value que Larcenet a apporté à ce récit.
Un second volume très sombre, très riche, illustré de façon magistrale, d'après un roman, il ne faut pas l'oublier, de Philippe Claudel...bref une bd indispensable !
J'ai dévoré les deux volumes ce week-end mais je ne cesse d'y retourner pour admirer les superbes planches de Larcenet.
Un album à lire, à relire et à admirer...on est proche du chef d’œuvre, non?
Pour l'anecdote, les éditions Dargaud ont tenu compte des critiques sur la présentation du premier volume en offrant aux lecteurs un étui plus facile à retirer pour ce second volume !
Je découvre cette série un peu par hasard, ayant succombé à l'achat impulsif de l'intégrale. Et quelle belle surprise que ce Désespoir du Singe !
Dans un monde imaginaire en proie à une révolution fasciste, une histoire d'amour impossible nous fait voyager, tout en subtilité, à travers une multitude de sentiments - tant joyeux que sombres. Le tout étant magnifié par le trait de Alfred, qui signe ici de superbes planches, qui ne sont pas sans rappeler Rouge de Chine (une autre série que je recommande fortement).
C'est beau, c'est profond, c'est subtil, et poétique. Coup de coeur.
Je découvre l'univers d'Enki Bilal petit à petit et me voilà plongé en plein coup de sang pour suivre un groupe de survivants pendant quelque jours.
Au début je me suis dit que le dessin sur ce papier gris allait être rébarbatif et ennuyeux. Mais en fait pas du tout, c'est tout le contraire ça nous ancre dans une atmosphère particulière glauque et oppressante. On a l'impression que les personnages sont seuls au monde .
Le scénario est quant à lui plutôt pas mal. J'aime l'idée de suivre un groupe pendant quelques jours uniquement, ne nous intéressant qu'à leur préoccupation immédiate sans se projeter dans l'avenir. D'ailleurs au final j'ai l'impression que la terre répond en projetant les pensées, les lieux que les personnages connaissent de manière à les pervertir pour leur donner une force évocatrice. Tout cela donne une atmosphère onirique et particulièrement envoûtante.
Il y a aussi quelque soucis, des incompréhension ou la présence des nihilistes pas forcément bien exploitée (seraient-ils un reflet de l'ancienne humanité désabusée et cynique?) et beaucoup d'interrogations.
De Tommy Redolfi j’avais déjà beaucoup apprécié Viktor, qui m’avait beaucoup touché, et j’ai un peu retrouvé les mêmes qualités dans « Holy Wood ». Le titre complet de l’album parle d’une version « fantasmée » de la vie de Marilyn Monroe, et c’est ce qui fait selon moi la force du récit.
L’auteur s’éloigne volontairement de la réalité, et présente son histoire comme un conte prenant place à « Holy Wood », monde imaginaire aux allures inquiétantes et aux personnages aux visages déformés. Cet aspect apporte un certain symbolisme à l’histoire, et lui ajoute un côté universel, chacun pourra l’interpréter différemment selon ses références.
L’ambiance générale est très sombre et lugubre. Le monde décrit est dur, et broie les jeunes starlettes impitoyablement. Le récit devient de plus en plus psychédélique au fur et à mesure que Marilyn boit et se drogue. La fin est à ce titre ouverte et pas forcément très claire. Mais je suis ressorti bouleversé de ma lecture.
Le dessin et les couleurs sont absolument magnifiques, et contribuent grandement à l’ambiance onirique et lugubre.
Une lecture indispensable.
Wouha !!
Encore un bel ouvrage. Un vrai emballage cadeau pour cette fin d'année. Superbe couverture. Lettres dorées sur un fond noir mat. Un bel objet.
Joli coup de crayon de Gatignol, personnellement, les œuvres noires et blanches commençaient à m'ennuyer. Et là, je retrouve une vraie intensité dans les contrastes, un réel jeu d'ombres. C'est vraiment très beau. Un noir et blanc utile à l'histoire. La richesse des détails est également très réussie. Les décors sont gigantesques, l'architecture représentée est tout à fait dans le propos. Nous sommes vers le 16ème siècle.
Le dessin de couverture devrait finir de vous convaincre et vous donner envie d'ouvrir cette BD.
L'histoire est loin d'être un conte de fée, au contraire. A ne pas donner aux enfants, sous peine de les retrouver dans le lit de papa et maman.
La famille des ogres est juste abominable, ils sont laids, ils n'ont pas inventé l'eau chaude, ils semblent dénués de toute sensibilité. Par dessus tout, ils sont cruels. Ils dévorent les humains, comme on mange des chips. Ambiance très sombre garantie.
Au milieu de cette famille vit Desdée, matriarche charismatique rejetée par les siens. Elle incarne la raison et la sagesse. Elle essaiera de guider et protéger petit.
On s'attache vite au héros, ce petit gars minuscule et fragile. Il doit grandir entre les humains et sa famille. Entre ces deux "populations", la haine est omniprésente.
Il aura bien du mal à trouver sa place dans un monde visiblement pas fait pour lui (d'ailleurs fait pour personne...).
Est-il réellement possible de se détacher de son héritage culturel, d'un patrimoine génétique trop lourd à assumer ? Quelles en seraient les conséquences ?
L'histoire est entrecoupée par des focus sur différents personnages de l'histoire. Elle est bien écrite et les dessins qui illustrent ces protagonistes sont magnifiques. Le doré sur le noir rend l'ensemble superbe, c'est du plus bel effet.
2ème partie -Demi-sang-
La maison d'édition continue de nous proposer un bel ouvrage, ces couvertures sont toujours aussi belles.
Néanmoins, pour ce deuxième tome, il ne faut pas s'attendre à la suite du premier volume.
Nous sommes bien toujours dans l'univers des ogres dieux où il règne une atmosphère classieuse, sombre et violente, et très gothique.
Contrairement à petit qui est bien le fils d'une ogresse, cette fois-ci le héros principal est né de l'union d'un noble et d'une femme de plus basse extraction. Le titre prête donc à confusion...
J'ai trouvé l'histoire moins originale que pour le premier, toute l'intrigue tourne autour de ce personnage qui ne cherche à servir qu'une seule chose : sa vengeance. Pour cela il usera de ruses politiques, de son habileté aux beaux discours et de son joli minois et sera prêt à s'oublier lui-même pour assouvir sa soif de pouvoir et d'estime en vue de sa vengeance. Il existe une relation complexe entre sa mère et lui, sa mère et son père qui rend par moment l'histoire trop dense psychologiquement.
Nous en apprenons toujours un peu plus sur l'univers des ogres dieux et c'est appréciable.
Les dessins sont toujours aussi beau, mais l'histoire est moins prenante, moins intense, moins rythmée. Ce qui faisait la beauté du premier s'est estompé par un scénario convenu où les surprises sont finalement peu nombreuses. Les ogres apparaissent peu, quelques liaisons avec "Petit" sont présentes pour maintenir le fil rouge de la série.
L'album reste entrecoupé par la généalogie des ogres dieux, les textes m'ont semblé plus étoffés (un peu trop?), toujours bien écrit encadrés par de très beaux cartouches et de belles "enluminures".
Est-ce que ce tome sert à immerger un peu plus le lecteur dans l'univers des ogres dieux ? Et-ce que le troisième volet sera à la hauteur du premier ? Beaucoup d'interrogation pour cette suite assez réussie mais pas à la hauteur de "Petit".
Pour ce 2ème tome, je note 3,5/5 pour la richesse des dessins et de l'univers. Mais je reste sur ma faim quant au scénario. J'attendais vraiment de connaître la suite des aventures de "Petit". Petite déception...
Dans la peau de Marilyn Monroe !
Blonde, lèvres pulpeuses, sourire enjôleur, regard hypnotique, grain de beauté sur la joue gauche et formes voluptueuses, Marilyn Monroe est encore aujourd'hui un mythe. À la fois fascinante d'élégance et déroutante de naïveté, elle demeure l'objet de fantasmes et d'indiscrétions.
Tommy Redolfi fait partie de ceux que le sex-symbol intrigue. Dans Holy Wood, il en dresse un portrait atypique. Mais attention aux faux-semblants ! Holy Wood n’est pas Hollywood. L'auteur aime jouer avec les mots et distordre la réalité. Ainsi, dans son imagination, le bois de houx s'est transformé en bois sacré. Sacré, car c'est là qu'ont débuté les carrières des plus grandes stars de cinéma.
L'intrigue commence alors que la jeune et timide Norma Jeane Baker débarque dans cette sombre et angoissante forêt de résineux à la suite d'un casting sans promesses. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'endroit ne ressemble en rien à la terre sainte suggérée par le titre. Les logements de fortune et autres caravanes y poussent comme des champignons. De prime abord, il est difficile d'imaginer qu'un trou aussi lugubre et obscur soit le berceau des personnalités qui évoluent maintenant sous la lumière des projecteurs. Pourtant, elle y croit et s’accroche à ses rêves. Motivée par l'envie d'inscrire son nom à côté de ceux des gloires du septième art, elle vient s'installer dans ce lieu en état de délabrement où a éclos la reconnaissance cinématographique de tant d'autres. Les castings s'enchaînent, souvent infructueux, avant que les époux Wilcox, étranges fondateurs d'Holy Wood, lui ouvrent la porte menant sur le devant de la scène. Ainsi naîtra Marilyn Monroe, l’icône. Celle dont l'Histoire retiendra le cliché de la jupe qui se soulève sur une grille de métro ou son interprétation de « Happy Birthday, Mister President ». Mais cette reconnaissance a un coût, celui de se soumettre au monde du paraître. Marilyn Monroe n'a physiquement plus rien de Norma Jeane Baker. Elle a été façonnée pour plaire, à coups de marketing et de chirurgie esthétique. Le risque de vivre à travers les yeux des autres est de finir irrémédiablement dépossédé de qui l'on est...
Tommy Redolfi a pris le parti de développer une biographie revisitée de l'artiste, la dépeignant sous des traits sombres et tristes. Il nous offre un récit tumultueux de la vie de la star, composée de propositions professionnelles douteuses. Une existence régie par l'ostentation. Les références à la mode des télé-réalités ainsi que l'exploitation faite de son image, qui n'a pas fléchi cinquante-quatre ans après sa disparition, sont évidentes. Montages, détournements... Marilyn Monroe apparaît, dans cet ouvrage, telle une égérie de Photoshop avant l'heure. Pour autant, elle n'en reste pas moins touchante par sa candeur de façade et ses addictions cachant son mal-être : alcool, drogue et peines de cœur médiatiques (Joe DiMaggio, les frères Kennedy, Arthur Miller, Yves Montand...).
L'auteur s'amuse à inventer une histoire, mais aussi un univers fourni, basés sur le réel, nous laissant constater la parfaite maîtrise de son sujet. Intelligent, bien écrit, graphiquement très plaisant, voici un truculent album à consommer sans modération !
Ne peut laisser personne indifférent !
Cet album est vraiment particulier sur de nombreux points. Le choix du format à l'italienne, la mise en page atypique, la poésie qui s'en dégage, le héros, les autres personnages, bref beaucoup d'éléments qui devraient laisser perplexe ceux habitués au classicisme en matière de BD.
On ne s'ennuie pas à la lecture de ce bel album qui propose de part sa conception un rythme soutenu, il n'y a parfois que quelques cases par planches, on tourne souvent et rapidement les pages. Un trait propre et précis qui nous invite à prendre le temps. La colorisation n'est pas en reste, elle colle bien à l'ambiance poétique. Je retrouve personnellement l'influence de Myasaki. Cette poésie mystérieuse, parfois déroutante, qui nous emmène on ne sait où. Mais qui nous attire irrémédiablement.
L'histoire se déroule principalement dans une forêt où les animaux parlent, ils n'ont pas d'autre attitude humaine que cette capacité à dialoguer. Il y a notamment une scène où les animaux sont spectateurs d'une pièce de théâtre, sans tomber dans le fou-rire, les échanges sont aussi drôles que les situations.
Ces dialogues sont réservés pour le moment à tout les animaux sauf notre héros, qui lui reste muet comme une carpe. Cela ne nous empêche pas de comprendre les nombreuses émotions qui le traversent dans cette histoire.
Il y a également de nombreux flash-back sur l'histoire d'un personnage, pour le moment, secondaire, qui permettent de s'attacher à lui. Vivol, un vieil ours sage, issu du cirque qui semble être le maitre d'orchestre de l'intrigue.
D'autres séquences concernent un couple de d'oiseaux en pleine crise conjugale.
Tout ces petits moments créent un ensemble vraiment agréable, on le picore minutieusement.
Quant à notre héros principal, le mystère continue de planer sur sa présence et son destin.
C'est un album très agréable à lire, la suite devrait être attendue par de nombreux lecteurs car pour le moment, on ressent juste le tressaillement que quelque chose d'important va se passer, une tension palpable encore entourée de nombreuses énigmes, comme un accord de tension auquel il manque cette résolution qui soulage l'esprit.
Un graphisme qui gagne en maturité tout au long de la série (historiquement, c'est tome 3 puis 1 puis 2) avec le souci des détails.
L'humour est toujours au rendez-vous avec une jolie complicité entre Charlotte et Caramel, bref des personnages très attachants.
Une série qu'on souhaite voir se continuer !
A offrir aussi bien aux petits qu'aux moins jeunes.
3.5
Ce premier tome est excellent et me donne envie de lire la suite.
Un gars du club de cinéma va rencontre une fille qui lui demande de la filmer constamment durant deux jours. Tout va bien jusqu'à ce qu'elle tue quelqu'un. Bienvenue dans l'univers de Dead Tube où on poste des vidéos trash comme des meurtres ! Très vite les événements vont enchaîner et il y aura des rebondissements dont un qui me donne très envie de lire la suite. Il y a quelques trucs qui me font sourciller (par exemple la fille et le gars parlent du meurtre lorsqu'ils sont à l'école... ah oui c'est une bonne idée personne ne va vous entendre !), mais je suis tellement dans l'histoire que cela ne me dérange pas trop jusqu'à présent.
Le seul truc que je n'ai pas aimé c'est que, dans ce tome, Dead Tube n'est qu'évoqué donc on ne voit pas trop comment ce site fonctionne et j'espère qu'on le sera vite dans le prochain tome. À lire si on aime les mangas un peu gores et tordus avec des filles aux gros seins.
"Cadet d’une famille de quatorze enfants, mon père a l’habitude de se faire respecter avec les poings. À 18 ans, galvanisé par un titre de champion de France Espoir, il interpella ma mère dans la cour de la filature Badin [à Barentin, en Seine-Maritime] pour lui raconter un rêve qu’il avait fait la nuit même : l’épouser. Durant dix-sept ans, ma mère accompagna ses victoires et ses défaites. Pourtant, de leur histoire je ne me souviens que des disputes, de mon père fou de rage, fou d’amour, fou de jalousie, fou d'une violence qui le dépassait." - Résumé Futuropolis
J'ai lu cette bd hier, et j'en suis encore toute émue. C'était pas une bd facile à "faire" pour les auteurs. Je sais pas comment Kris s'est débrouillé pour "fictionnariser" une histoire vraie, vécue par une petite fille devenue femme, une histoire de liens qui se délient, qui se relient entre une fille et son père. Je ne sais pas comment il a fait pour traiter ça avec respect pour tout le monde, sans pathos, avec pudeur mais sans froideur. Je ne sais pas non plus comment Vincent Bailly a fait pour ingérer cette histoire, ces personnages qui ont existé. Dépasser la caricature de ce père souvent violent, ce type qui prend autant de place, mais dans le fond est tellement fragile. J'ai aimé le dessin de Vincent. Cette aquarelle, ces jaunes qui illuminent les cases et ces rouges de violence. J'ai aimé cette aquarelle transparente qui laissent voir les traits, les bouilles, les sourires, les désarrois. Cette bd là, c'est ce que j'aime trouver dans une bd. Une intelligence, un respect, une humanité chez les auteurs. Je n'ai pas encore visionné le film.
Et puis il y a un deuxième thème, que l'on aperçoit après, un peu comme un parfum (vous savez les notes de tête, de coeur et de fond ), c'est l'importance du film. Le film super 8 des souvenirs de famille, donc forcément de joie de la petite fille. Et le film qu'elle fait, adulte, de son père. Et le fait qu'on la voit parler à son père, en même temps qu'elle le fait son film. Un peu comme si elle avait besoin de sa caméra pour entrer en contact avec lui. Et ça, pour moi, ça me laisse une impression bizarre. Le lien se reconstruit, certes. Un lien indirect, tout de même, un début de lien bien fragile.
A la fin de l'album, une superbe postface écrite par Barbara Pellerin, qui rend hommage au travail tout en nuance de Kris et Vincent.
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Le Rapport de Brodeck
Tome 1 Après le très sombre mais réussi Blast, Manu Larcenet nous revient avec un récit noir, dur adapté du roman éponyme de Philippe Claudel. Tout d'abord, en ouvrant cet ouvrage (judicieusement édité sous un format à l'italienne), j'ai eu une claque, une claque graphique. Quelle maîtrise du noir et blanc, quelle maîtrise de l'espace où les planches muettes sont toutes aussi, voire plus, expressives que les pages commentées par Brodeck. Certaines pages sont difficiles à supporter: celles consacrées aux camps de concentration par exemple. Le dessin de Larcenet, encore plus réaliste que celui qu'il avait adopté sur Blast, fait de ce premier volume le livre incontournable de cette année. Le parti pris de l'auteur (peu de dialogues, un récit à la première personne, et des planches muettes) est si bien dosé que je n'ose pas, et c'est un comble, découvrir la suite rapidement en lisant le roman, de peur d'être déçu. Une plongée très réussie dans les méandres de la noirceur humaine. PS: l'éditeur aurait dû prévoir un étui plus aisé à retirer !!! Tome 2 Dès la sortie du premier volume, j'avais souligné la beauté des planches, le plus souvent muettes. Changement de registre avec ce second volume, avec des dialogues beaucoup plus nombreux mais le talent de Manu Larcenet reste, heureusement, ici, intact. Alors que les paysages champêtres étaient légions dans le précédent volume, Larcenet se recentre ici autour de deux personnages, ou plutôt de deux destins, qui, en apparence sont différents, mais qui au final se rejoignent, celui de Brodeck évidemment, et celui de l'autre, dit "l'anderer". Larcenet, au fil des pages, réussit à nous transmettre une ambiance de plus en plus étouffante de ce village situé, situé où au fait... au cœur d'une Europe meurtrie par une guerre. Cela pourrait se dérouler en Pologne par exemple. A travers ce rapport, on en apprend autant sur cet "étranger" que sur Brodeck (et sa famille), qui n'est pas loin non plus d'être un étranger au village. Graphiquement Manu Larcenet est ici à son meilleur niveau, encore au dessus de ce qu'il nous avait livré pour Blast. Les planches en n&b sont sublimes à tel point que l'on se demande, après le formidable Blast et ce diptyque inoubliable, ce que nous réserve l'ami Larcenet l'année prochaine. Un sentiment étrange me traverse au travers de la lecture de ce second volume. Autant, je n'avais pas envie de connaître la conclusion de ce récit à l'issue du premier volume, en me plongeant dans le roman de Claudel, autant, après avoir lu ce second tome, je pense lire le roman éponyme de Claudel pour voir la plus-value que Larcenet a apporté à ce récit. Un second volume très sombre, très riche, illustré de façon magistrale, d'après un roman, il ne faut pas l'oublier, de Philippe Claudel...bref une bd indispensable ! J'ai dévoré les deux volumes ce week-end mais je ne cesse d'y retourner pour admirer les superbes planches de Larcenet. Un album à lire, à relire et à admirer...on est proche du chef d’œuvre, non? Pour l'anecdote, les éditions Dargaud ont tenu compte des critiques sur la présentation du premier volume en offrant aux lecteurs un étui plus facile à retirer pour ce second volume !
Le Désespoir du Singe
Je découvre cette série un peu par hasard, ayant succombé à l'achat impulsif de l'intégrale. Et quelle belle surprise que ce Désespoir du Singe ! Dans un monde imaginaire en proie à une révolution fasciste, une histoire d'amour impossible nous fait voyager, tout en subtilité, à travers une multitude de sentiments - tant joyeux que sombres. Le tout étant magnifié par le trait de Alfred, qui signe ici de superbes planches, qui ne sont pas sans rappeler Rouge de Chine (une autre série que je recommande fortement). C'est beau, c'est profond, c'est subtil, et poétique. Coup de coeur.
Animal'z (Coup de sang)
Je découvre l'univers d'Enki Bilal petit à petit et me voilà plongé en plein coup de sang pour suivre un groupe de survivants pendant quelque jours. Au début je me suis dit que le dessin sur ce papier gris allait être rébarbatif et ennuyeux. Mais en fait pas du tout, c'est tout le contraire ça nous ancre dans une atmosphère particulière glauque et oppressante. On a l'impression que les personnages sont seuls au monde . Le scénario est quant à lui plutôt pas mal. J'aime l'idée de suivre un groupe pendant quelques jours uniquement, ne nous intéressant qu'à leur préoccupation immédiate sans se projeter dans l'avenir. D'ailleurs au final j'ai l'impression que la terre répond en projetant les pensées, les lieux que les personnages connaissent de manière à les pervertir pour leur donner une force évocatrice. Tout cela donne une atmosphère onirique et particulièrement envoûtante. Il y a aussi quelque soucis, des incompréhension ou la présence des nihilistes pas forcément bien exploitée (seraient-ils un reflet de l'ancienne humanité désabusée et cynique?) et beaucoup d'interrogations.
Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe
De Tommy Redolfi j’avais déjà beaucoup apprécié Viktor, qui m’avait beaucoup touché, et j’ai un peu retrouvé les mêmes qualités dans « Holy Wood ». Le titre complet de l’album parle d’une version « fantasmée » de la vie de Marilyn Monroe, et c’est ce qui fait selon moi la force du récit. L’auteur s’éloigne volontairement de la réalité, et présente son histoire comme un conte prenant place à « Holy Wood », monde imaginaire aux allures inquiétantes et aux personnages aux visages déformés. Cet aspect apporte un certain symbolisme à l’histoire, et lui ajoute un côté universel, chacun pourra l’interpréter différemment selon ses références. L’ambiance générale est très sombre et lugubre. Le monde décrit est dur, et broie les jeunes starlettes impitoyablement. Le récit devient de plus en plus psychédélique au fur et à mesure que Marilyn boit et se drogue. La fin est à ce titre ouverte et pas forcément très claire. Mais je suis ressorti bouleversé de ma lecture. Le dessin et les couleurs sont absolument magnifiques, et contribuent grandement à l’ambiance onirique et lugubre. Une lecture indispensable.
Les Ogres-Dieux
Wouha !! Encore un bel ouvrage. Un vrai emballage cadeau pour cette fin d'année. Superbe couverture. Lettres dorées sur un fond noir mat. Un bel objet. Joli coup de crayon de Gatignol, personnellement, les œuvres noires et blanches commençaient à m'ennuyer. Et là, je retrouve une vraie intensité dans les contrastes, un réel jeu d'ombres. C'est vraiment très beau. Un noir et blanc utile à l'histoire. La richesse des détails est également très réussie. Les décors sont gigantesques, l'architecture représentée est tout à fait dans le propos. Nous sommes vers le 16ème siècle. Le dessin de couverture devrait finir de vous convaincre et vous donner envie d'ouvrir cette BD. L'histoire est loin d'être un conte de fée, au contraire. A ne pas donner aux enfants, sous peine de les retrouver dans le lit de papa et maman. La famille des ogres est juste abominable, ils sont laids, ils n'ont pas inventé l'eau chaude, ils semblent dénués de toute sensibilité. Par dessus tout, ils sont cruels. Ils dévorent les humains, comme on mange des chips. Ambiance très sombre garantie. Au milieu de cette famille vit Desdée, matriarche charismatique rejetée par les siens. Elle incarne la raison et la sagesse. Elle essaiera de guider et protéger petit. On s'attache vite au héros, ce petit gars minuscule et fragile. Il doit grandir entre les humains et sa famille. Entre ces deux "populations", la haine est omniprésente. Il aura bien du mal à trouver sa place dans un monde visiblement pas fait pour lui (d'ailleurs fait pour personne...). Est-il réellement possible de se détacher de son héritage culturel, d'un patrimoine génétique trop lourd à assumer ? Quelles en seraient les conséquences ? L'histoire est entrecoupée par des focus sur différents personnages de l'histoire. Elle est bien écrite et les dessins qui illustrent ces protagonistes sont magnifiques. Le doré sur le noir rend l'ensemble superbe, c'est du plus bel effet. 2ème partie -Demi-sang- La maison d'édition continue de nous proposer un bel ouvrage, ces couvertures sont toujours aussi belles. Néanmoins, pour ce deuxième tome, il ne faut pas s'attendre à la suite du premier volume. Nous sommes bien toujours dans l'univers des ogres dieux où il règne une atmosphère classieuse, sombre et violente, et très gothique. Contrairement à petit qui est bien le fils d'une ogresse, cette fois-ci le héros principal est né de l'union d'un noble et d'une femme de plus basse extraction. Le titre prête donc à confusion... J'ai trouvé l'histoire moins originale que pour le premier, toute l'intrigue tourne autour de ce personnage qui ne cherche à servir qu'une seule chose : sa vengeance. Pour cela il usera de ruses politiques, de son habileté aux beaux discours et de son joli minois et sera prêt à s'oublier lui-même pour assouvir sa soif de pouvoir et d'estime en vue de sa vengeance. Il existe une relation complexe entre sa mère et lui, sa mère et son père qui rend par moment l'histoire trop dense psychologiquement. Nous en apprenons toujours un peu plus sur l'univers des ogres dieux et c'est appréciable. Les dessins sont toujours aussi beau, mais l'histoire est moins prenante, moins intense, moins rythmée. Ce qui faisait la beauté du premier s'est estompé par un scénario convenu où les surprises sont finalement peu nombreuses. Les ogres apparaissent peu, quelques liaisons avec "Petit" sont présentes pour maintenir le fil rouge de la série. L'album reste entrecoupé par la généalogie des ogres dieux, les textes m'ont semblé plus étoffés (un peu trop?), toujours bien écrit encadrés par de très beaux cartouches et de belles "enluminures". Est-ce que ce tome sert à immerger un peu plus le lecteur dans l'univers des ogres dieux ? Et-ce que le troisième volet sera à la hauteur du premier ? Beaucoup d'interrogation pour cette suite assez réussie mais pas à la hauteur de "Petit". Pour ce 2ème tome, je note 3,5/5 pour la richesse des dessins et de l'univers. Mais je reste sur ma faim quant au scénario. J'attendais vraiment de connaître la suite des aventures de "Petit". Petite déception...
Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe
Dans la peau de Marilyn Monroe ! Blonde, lèvres pulpeuses, sourire enjôleur, regard hypnotique, grain de beauté sur la joue gauche et formes voluptueuses, Marilyn Monroe est encore aujourd'hui un mythe. À la fois fascinante d'élégance et déroutante de naïveté, elle demeure l'objet de fantasmes et d'indiscrétions. Tommy Redolfi fait partie de ceux que le sex-symbol intrigue. Dans Holy Wood, il en dresse un portrait atypique. Mais attention aux faux-semblants ! Holy Wood n’est pas Hollywood. L'auteur aime jouer avec les mots et distordre la réalité. Ainsi, dans son imagination, le bois de houx s'est transformé en bois sacré. Sacré, car c'est là qu'ont débuté les carrières des plus grandes stars de cinéma. L'intrigue commence alors que la jeune et timide Norma Jeane Baker débarque dans cette sombre et angoissante forêt de résineux à la suite d'un casting sans promesses. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'endroit ne ressemble en rien à la terre sainte suggérée par le titre. Les logements de fortune et autres caravanes y poussent comme des champignons. De prime abord, il est difficile d'imaginer qu'un trou aussi lugubre et obscur soit le berceau des personnalités qui évoluent maintenant sous la lumière des projecteurs. Pourtant, elle y croit et s’accroche à ses rêves. Motivée par l'envie d'inscrire son nom à côté de ceux des gloires du septième art, elle vient s'installer dans ce lieu en état de délabrement où a éclos la reconnaissance cinématographique de tant d'autres. Les castings s'enchaînent, souvent infructueux, avant que les époux Wilcox, étranges fondateurs d'Holy Wood, lui ouvrent la porte menant sur le devant de la scène. Ainsi naîtra Marilyn Monroe, l’icône. Celle dont l'Histoire retiendra le cliché de la jupe qui se soulève sur une grille de métro ou son interprétation de « Happy Birthday, Mister President ». Mais cette reconnaissance a un coût, celui de se soumettre au monde du paraître. Marilyn Monroe n'a physiquement plus rien de Norma Jeane Baker. Elle a été façonnée pour plaire, à coups de marketing et de chirurgie esthétique. Le risque de vivre à travers les yeux des autres est de finir irrémédiablement dépossédé de qui l'on est... Tommy Redolfi a pris le parti de développer une biographie revisitée de l'artiste, la dépeignant sous des traits sombres et tristes. Il nous offre un récit tumultueux de la vie de la star, composée de propositions professionnelles douteuses. Une existence régie par l'ostentation. Les références à la mode des télé-réalités ainsi que l'exploitation faite de son image, qui n'a pas fléchi cinquante-quatre ans après sa disparition, sont évidentes. Montages, détournements... Marilyn Monroe apparaît, dans cet ouvrage, telle une égérie de Photoshop avant l'heure. Pour autant, elle n'en reste pas moins touchante par sa candeur de façade et ses addictions cachant son mal-être : alcool, drogue et peines de cœur médiatiques (Joe DiMaggio, les frères Kennedy, Arthur Miller, Yves Montand...). L'auteur s'amuse à inventer une histoire, mais aussi un univers fourni, basés sur le réel, nous laissant constater la parfaite maîtrise de son sujet. Intelligent, bien écrit, graphiquement très plaisant, voici un truculent album à consommer sans modération !
L'Abominable Charles Christopher
Ne peut laisser personne indifférent ! Cet album est vraiment particulier sur de nombreux points. Le choix du format à l'italienne, la mise en page atypique, la poésie qui s'en dégage, le héros, les autres personnages, bref beaucoup d'éléments qui devraient laisser perplexe ceux habitués au classicisme en matière de BD. On ne s'ennuie pas à la lecture de ce bel album qui propose de part sa conception un rythme soutenu, il n'y a parfois que quelques cases par planches, on tourne souvent et rapidement les pages. Un trait propre et précis qui nous invite à prendre le temps. La colorisation n'est pas en reste, elle colle bien à l'ambiance poétique. Je retrouve personnellement l'influence de Myasaki. Cette poésie mystérieuse, parfois déroutante, qui nous emmène on ne sait où. Mais qui nous attire irrémédiablement. L'histoire se déroule principalement dans une forêt où les animaux parlent, ils n'ont pas d'autre attitude humaine que cette capacité à dialoguer. Il y a notamment une scène où les animaux sont spectateurs d'une pièce de théâtre, sans tomber dans le fou-rire, les échanges sont aussi drôles que les situations. Ces dialogues sont réservés pour le moment à tout les animaux sauf notre héros, qui lui reste muet comme une carpe. Cela ne nous empêche pas de comprendre les nombreuses émotions qui le traversent dans cette histoire. Il y a également de nombreux flash-back sur l'histoire d'un personnage, pour le moment, secondaire, qui permettent de s'attacher à lui. Vivol, un vieil ours sage, issu du cirque qui semble être le maitre d'orchestre de l'intrigue. D'autres séquences concernent un couple de d'oiseaux en pleine crise conjugale. Tout ces petits moments créent un ensemble vraiment agréable, on le picore minutieusement. Quant à notre héros principal, le mystère continue de planer sur sa présence et son destin. C'est un album très agréable à lire, la suite devrait être attendue par de nombreux lecteurs car pour le moment, on ressent juste le tressaillement que quelque chose d'important va se passer, une tension palpable encore entourée de nombreuses énigmes, comme un accord de tension auquel il manque cette résolution qui soulage l'esprit.
Caramel
Un graphisme qui gagne en maturité tout au long de la série (historiquement, c'est tome 3 puis 1 puis 2) avec le souci des détails. L'humour est toujours au rendez-vous avec une jolie complicité entre Charlotte et Caramel, bref des personnages très attachants. Une série qu'on souhaite voir se continuer ! A offrir aussi bien aux petits qu'aux moins jeunes.
Dead Tube
3.5 Ce premier tome est excellent et me donne envie de lire la suite. Un gars du club de cinéma va rencontre une fille qui lui demande de la filmer constamment durant deux jours. Tout va bien jusqu'à ce qu'elle tue quelqu'un. Bienvenue dans l'univers de Dead Tube où on poste des vidéos trash comme des meurtres ! Très vite les événements vont enchaîner et il y aura des rebondissements dont un qui me donne très envie de lire la suite. Il y a quelques trucs qui me font sourciller (par exemple la fille et le gars parlent du meurtre lorsqu'ils sont à l'école... ah oui c'est une bonne idée personne ne va vous entendre !), mais je suis tellement dans l'histoire que cela ne me dérange pas trop jusqu'à présent. Le seul truc que je n'ai pas aimé c'est que, dans ce tome, Dead Tube n'est qu'évoqué donc on ne voit pas trop comment ce site fonctionne et j'espère qu'on le sera vite dans le prochain tome. À lire si on aime les mangas un peu gores et tordus avec des filles aux gros seins.
Mon père était boxeur
"Cadet d’une famille de quatorze enfants, mon père a l’habitude de se faire respecter avec les poings. À 18 ans, galvanisé par un titre de champion de France Espoir, il interpella ma mère dans la cour de la filature Badin [à Barentin, en Seine-Maritime] pour lui raconter un rêve qu’il avait fait la nuit même : l’épouser. Durant dix-sept ans, ma mère accompagna ses victoires et ses défaites. Pourtant, de leur histoire je ne me souviens que des disputes, de mon père fou de rage, fou d’amour, fou de jalousie, fou d'une violence qui le dépassait." - Résumé Futuropolis J'ai lu cette bd hier, et j'en suis encore toute émue. C'était pas une bd facile à "faire" pour les auteurs. Je sais pas comment Kris s'est débrouillé pour "fictionnariser" une histoire vraie, vécue par une petite fille devenue femme, une histoire de liens qui se délient, qui se relient entre une fille et son père. Je ne sais pas comment il a fait pour traiter ça avec respect pour tout le monde, sans pathos, avec pudeur mais sans froideur. Je ne sais pas non plus comment Vincent Bailly a fait pour ingérer cette histoire, ces personnages qui ont existé. Dépasser la caricature de ce père souvent violent, ce type qui prend autant de place, mais dans le fond est tellement fragile. J'ai aimé le dessin de Vincent. Cette aquarelle, ces jaunes qui illuminent les cases et ces rouges de violence. J'ai aimé cette aquarelle transparente qui laissent voir les traits, les bouilles, les sourires, les désarrois. Cette bd là, c'est ce que j'aime trouver dans une bd. Une intelligence, un respect, une humanité chez les auteurs. Je n'ai pas encore visionné le film. Et puis il y a un deuxième thème, que l'on aperçoit après, un peu comme un parfum (vous savez les notes de tête, de coeur et de fond ), c'est l'importance du film. Le film super 8 des souvenirs de famille, donc forcément de joie de la petite fille. Et le film qu'elle fait, adulte, de son père. Et le fait qu'on la voit parler à son père, en même temps qu'elle le fait son film. Un peu comme si elle avait besoin de sa caméra pour entrer en contact avec lui. Et ça, pour moi, ça me laisse une impression bizarre. Le lien se reconstruit, certes. Un lien indirect, tout de même, un début de lien bien fragile. A la fin de l'album, une superbe postface écrite par Barbara Pellerin, qui rend hommage au travail tout en nuance de Kris et Vincent.