Un album qui contient deux histoires des années 90 mettant en vedette le Joker. Je mets la note maximale pour la première qui est vraiment excellente.
J'avoue que la première fois que je l'avais lue, je ne l'avais aimée qu'à moitié. Je trouvais que le récit était un peu trop prévisible: Joker pense qu'il a tué Batman et décide de vivre une vie normale sauf que Batman n'est pas mort et je pense que vous pouvez deviner la suite. L'histoire romantique que Joker vit avec une femme fait cliché, surtout que la femme en question n'a pas une grande personnalité et semble exister uniquement pour qu'on soit triste que le Joker ne soit pas capable de vivre une vie normale.
Puis, j'ai relu le récit parce que malgré tout j'adorais certaines scènes et au fil du temps je les relu plusieurs temps avec un plaisir de plus en plus grand au point que je me suis mis à un peu aimé ce que j'ai décris plus haut. Le coté tragique du Joker, qui sans son accident aurait pu être un homme normal et qui ne le peut pas même s'il le voulait, est bien exploité. J'adore particulièrement comment DeMatteis décrit la personnalité de Joker, c'est un Joker que j'aime, à mille lieu du tueur en série pas marrant que l'on voit dans plein de comics modernes. La mise en scène est grandiose et le scénariste maitrise tellement son récit qu'il peut faire des allers-retours dans le temps sans rendre son récit confus.
Il reste tout de même quelques éléments qui me font sourciller (Alfred fait rien sauf pleurer, la docteure qui soigne Batman ne semble pas se rendre compte que c'est Bruce Wayne, une personnalité pourtant bien connue), mais le reste est tellement excellent que je m'en moque. Si vous adorez 'The Killing Joke', c'est un récit pour vous.
Le deuxième récit montre le Joker aller sur la chaise électrique pour une fois, sauf que là c'est pour un crime qu'il n'a pas commis, et Batman enquête pour découvrir la vérité. C'est un récit bien mené, le Joker est drôle et c'est amusant de voir Batman et Robin jouer les détectives sauf que je comprends pas trop que c'est ce crime (empoissonner des timbres) qui va emmener à l'exécution du Joker alors qu'il a commis des crimes bien pires qui l'ont simplement envoyé à l'asile. De plus, la fin ne fait pas trop de sens pour moi. On est plus dans du comics de divertissement alors que le premier récit était plus psychologique. Disons que si ce récit avait été publié tout seul j'aurais mis 3.5/5.
C'est en fouinant sur ce merveilleux site que j'ai découvert ce petit bijou.
Une couverture à couper le souffle. L'intérieur de l'album n'est pas en reste, de la dynamite.
Emma Rios nous offre des planches de toute beauté, un trait fin, gracieux et fluide. Un découpage dynamique, de superbes couleurs et une inventivité omniprésente.
Graphiquement c'est une tuerie.
Kelly Sue Deconnick nous livre un western fantastique avec un scénario dense et complexe. Il faut rester concentré tout le long de la lecture.
Chaque chapitre commence par une planche où un lapin et un papillon échangent sur nos héros. Leur conversation continue en voix off tout le long du récit sans alourdir celui-ci.
Même si le tome deux n'est pas encore publié en France, je ne peux qu'en conseiller la lecture. Ce premier opus peut se lire comme un one shot.
Une envie me trottait dans la tête : relire Gaston ! Bon ben, c’est fait ! Un grand moment plaisir, une bonne rigolade de temps en temps (je les ai relus tellement souvent que je les connais par cœur et je ris un peu moins souvent, je l’avoue). J’ai retrouvé avec délectation cet employé de bureau indolent, plus motivé par ses inventions que par les réponses aux lecteurs. J’ai trouvé que cette observation fine du monde du travail résonnait plutôt bien avec le monde d’aujourd’hui, c’est vrai aussi pour la place des animaux. Gaston ne rate pas une occasion de défendre leur cause. Le chat, la mouette rieuse, le poisson rouge et la souris sont traités comme des rois. A la rédaction, ils sont chez eux et aucune limitation de leur liberté n’est pas admise par Gaston. Bref, beaucoup de bonnes valeurs !! Un coup de coeur sans hésiter.
Wouaw!! Ça c'est de la BD et de la bonne en plus. Comme un coup de poing en pleine face et sans concessions. Scénario aux petits oignons et dessin juste parfait.
J'ai lu sur un site concurrent que le scénario pourrait se résumer sur un ticket de tram. Que l'on en juge.
Jack "Meadowlark" Johnson est un ancien boxeur, petite gloire de ce sport. Il vit séparé de sa femme et de son fils et pour subsister il exerce le métier de gardien dans la prison du comté. Un jour qu'il est venu voir son fils son ex-femme lui subtilise sa voiture puisqu'il n'a pas réglé sa pension alimentaire, il est donc contraint d'aller au travail dans la voiture d'un collègue et son fils Cooper est du voyage. Ce dernier est ravi il va voir son père en action. l'arrivée à la prison se passe bien, mais cela bien sûr ne peut durer. C'est en effet le jour où trois détenus ont choisi de se faire la belle.
Inutile de préciser que nos trois lascars sont tout sauf des prisonniers-modèles , ils tapent plus dans la catégorie sérial killer psychopathes. S'ensuit une mutinerie dans la prison, et des poursuites agrémentées de rixes ultra violentes, etc..
Pour ce qui est du ticket de tram l'on repassera.
La relation père fils est très bien vue même si elle s'opère et se vit dans un contexte particulier de violence, pour autant elle est très forte et l'on comprend bien la manière dont Cooper quitte l'adolescence pour l'âge adulte.
Et puis il y a le dessin véritablement très bon voire éblouissant de Greg Ruth avec un trait réaliste (superbe couverture) sublimé par une colorisation dans les tons beiges. Quelques planches muettes très cinématographiques, bref de la belle ouvrage.
Personnellement j'ai été happé par ce récit que je ne peux que conseiller tant pour la lecture que l'achat.
Bluffé je suis. Quel régal que cette enquête de Sherlock Holmes. Le titre n'est pas mensonger : cette série va vraiment nous faire entrer dans la tête du plus célèbre des enquêteurs.
Nous allons profiter de manière XXL de son esprit de déduction et de son sens de l'observation. Les moindres détails sont passés à la loupe et les indices récoltés sont nombreux. On parle de petit détails, à priori anodins, vraisemblablement invisibles pour l'observateur lambda. Mais pas pour Sherlock. Et du coup pas pour le lecteur qui vit ces investigations avec lui, au plus près des choses.
Dans n'importe quelle BD, le lecteur aurait raté la moitié de ces petits indices disséminés dans les coins, ou cachés dans les arrières plans. En temps normal il serait compliqué d'arriver à faire comprendre au lecteur comment Sherlock analyse et recoupe tous ces éléments. Dans n'importe quelle BD, oui, mais pas là.
Grâce à un système de narration incroyablement original, mais dans le même temps incroyablement maitrisé, grâce à une mise en page magistrale, tout prend du sens et tout est limpide. Au premier regard en feuilletant l'album on pourrait y voir des pages chargées et déstructurées. Normalement c'est la garantie d'une lecture compliquée, c'est l'assurance de ne pas lire les cases dans le bon ordre, ce qui inévitablement altère la compréhension du récit. Et bien ici pas du tout, c'est tout l'inverse.
Derrière ces cadrages et ce découpage audacieux, la lecture est limpide, la compréhension claire et parfaite. C'est mieux que ça même. Toute cette originalité est au service du récit et facilite la lecture. Nous récoltons et assemblons les indices les uns après les autres en suivant un fil rouge. Au sens propre : on suit vraiment le fil des idées de Sherlock. Nous voyons tout, nous comprenons tout, avec un plaisir jubilatoire tellement c'est malin et bien fait. Pour parachever ce coup de maitre, les auteurs ont glissés quelques surprises spectaculaires à coup de transparence ou de pages à plier. J'applaudis devant tant de talent.
La narration est ici élevée au rang d'art avec une maestria remarquable. Du génie tout simplement !
L'histoire de Jésus et de ses 12 apôtres, raconté par les pères de ces derniers. Les pères ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) pourquoi leurs fils sont partis suivre un parfait inconnu qui prêche le vrai du faux. Ils se mettent donc en quête de ramener leurs progénitures à la maison et sont embarqués dans un grande aventure humaine.
Les 3 premiers tomes, qui forment le premier cycle, sont à mes yeux, parfait. Le récit est sincère, drôle, touchant, tragique, rocambolesque et sérieux aussi. Toutes les émotions y passent. Les personnages sont tous très attachants. L'histoire est cohérente, on y redécouvre le nouveau testament. De nombreuses références/blagues/clin d’œil à notre culture moderne sont faites, mais de manière très subtile. Et la conclusion de ce premier cycle est à la hauteur de toute l'histoire: sublime.
En revanche, le second cycle (tome 4-5-6) sont nettement moins intéressant. Il s'agit de la même histoire, mais vu du point de vue d'autres personnages. Si le tout est toujours aussi bien écrit et raconté, la surprise s'estompe et l'intérêt baisse. Certes c'est bon, mais pas autant que ce à quoi l'auteur nous a habitué. Pourquoi a-t-il fait un second cycle? Etait-ce prévu depuis le début? Ou l'appât du gain lui a donné envie d'encore un peu tirer sur la corde?
Si proche du culte 5 étoiles mais malheureusement la deuxième moitié vient baisser le niveau global de l'oeuvre.
4 étoiles + coup de cœur pour le premier cycle
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Les auteurs étant de passage au festival de Illzach, j'ai suivi les conseils de Calimeranne pour une petite dédicace et enfin découvrir cette BD qui avait fait l'unanimité lors de sa sortie. Et je n'en suis pas du tout déçu, je crois bien que c'est une de mes meilleures découvertes de ces derniers jours !
La BD est une réelle surprise, une réelle bonne surprise qui plus est. Et surtout, parce que je crois bien que c'est la BD la plus inventive que j'ai vue récemment. Rien que par la couverture, le ton est donné. Et les pages ! Mon dieu, ces pages ! Une merveille d'inventivité, et je ne veux même pas savoir combien de temps cela a pris pour les faire. Une ingéniosité qui est présente quasiment à chaque page, dans le découpage, la mise en scène des cases, l'alliance texte/dessin. Ça c'est de la BD intelligente, de celle qui sait utiliser au maximum les possibilités de son média pour le plaisir de l'histoire et de la lecture.
Réellement, je suis sous le charme de cette colorisation, de ce trait et de cette façon de paginer les cases. Une inventivité et un sens de la composition qui va de pair avec l'histoire, c'est une réussite totale. Surtout dans le cadre d'une enquête de Sherlock Holmes.
Et à ce niveau là, le scénariste est à saluer : il a réussi à retranscrire en bande-dessinée toute l'ambiance victorienne de Conan Doyle, avec les manières de Sherlock Holmes, les intonations pédantes et parfois méchantes envers Watson, sa façon de réfléchir et de déduire, tout est exactement dans l'esprit des Sherlock Holmes que j'ai dévorés au lycée. A la fois une excellente enquête non-officielle de Sherlock Holmes, un hommage bien senti et une BD réussie qui donne envie de découvrir la suite de l'histoire. Cette enquête est à ranger directement dans les meilleures de l'inspecteur. J'attends avec impatience le tome 2 pour voir la façon dont tout ceci se conclura, et pour une enquête c'est du tout bon.
Je pourrais être encore plus enthousiaste mais je vais éviter de donner trop envie. En tout cas, je remercie sincèrement Calimeranne de m'avoir conseillé de le découvrir, parce que c'est une vraie belle découverte. J'ai toujours bien aimé les enquêtes de Sherlock Holmes, sa façon de faire et ses déductions qui nécessitent du calme plutôt que de l'action, et ici c'est tout ce que j'aime mis en image de façon magnifique. Recommandée, très recommandée !
Mise à jour après le tome 2 :
La fin s'est faite attendre, mais pour mon plus grand plaisir. En effet, la conclusion sera à la hauteur du reste et les idées de mises en scène se développent en tout sens. A mon sens, c'est un régal de tout les instants sur la compositions des pages et l'inventivité qui en ressort. Je ne saurais mieux dire que : cette BD exploite le plus parfaitement possible le médium de la BD.
D'autre part, le deuxième volume se concentre sur la résolution de l'enquête et donc de l'histoire. Celle-ci est bien surprenante, parlant de différentes choses autour du colonialisme et de l'état d'esprit de l'époque. La BD semble prendre ici un avis critique de la situation, et j'aime beaucoup ce petit renversement des valeurs victoriennes, amenant Sherlock Holmes à plus de profondeur que celui de Conan Doyle.
Bref, l'histoire est géniale, la mise en situation est parfaitement gérée, la narration est parfaitement prenante ... Non, rien à reprocher à cette BD ! Une réussite majeure, un incontournable.
"Avec ma gueule de métèque. De dieu errant. De pâtre grec." en parodiant la chanson de Moustaki, on ne peut pas mieux présenter la carte d'identité de Dionysos.
J'aime beaucoup la collection "La Sagesse des Mythes" crée par Luc Ferry et bien soutenue par les dessins de G.Bonacorsi (ici) et le scénario de C.Bruneau.
Cette collection rend accessible à des collégiens.nes des concepts fondateurs de la pensée européenne. Quand on découvre le nombre de peintures, de sculptures, de pièces de théâtre, d'œuvres littéraires ou musicales qui reprennent ces mythes, c'est tout un pan très important de notre patrimoine qui est en jeu. A une époque du tout image, le médium BD est un bon moyen pour faire vivre ce patrimoine.
Bien sûr, il faut accepter les codes de la pensée antique qui ne correspondent pas à notre époque contemporaine pour rentrer dans le récit.
Mais le scénario rend accessible cet abord. Les dessins de G.Bonacorsi sont à mon goût avec de belles expressions des visages, une belle sensualité des corps. Je mets l'accent sur les corps qui sont présentés tels qu'ils doivent être, nus ou très dénudés. La série se veut réaliste et je ne vois aucun voyeurisme dans cette représentation.
Les palais, tenues et ambiances sont parfaits.
Si je conseille ce livre, je ne conseillerais pas de commencer par lui. Dionysos n'est pas un dieu facile. Dieu de l'Altérité dans toutes ses dimensions, il est le choc entre le chaos et l'ordre. Dionysos représente le combat des contraires qui peut tourner au désastre s'il n'est pas maîtrisé. Il y a des scènes de massacres qui peuvent choquer des jeunes lecteurs ou lectrices.
C'est tout l'intérêt de la dernière partie du livre où Luc Ferry explique d'un point de vue philosophique pourquoi Dionysos a une place centrale dans l'Olympe et partant, aussi dans nos vies.
A nous de savoir en faire bon usage pour grandir et pas pour se détruire.
Après l’Afghanistan (Kaboul Disco) et l’Iran (Ainsi se tut Zarathoustra), Nicolas Wild est allé cette fois traîner ses guêtres dans un endroit beaucoup moins exotique, la Seine Saint-Denis, une destination qu’il n’aurait peut-être pas forcément choisie au départ et qui ne fait pas toujours rêver, avec comme point d’ancrage cette « Maison des femmes », structure d’accueil pour femmes en détresse coincée entre l’Hôpital Delafontaine, des barres d’HLM et une bretelle d’autoroute. Un sujet pas vraiment sexy d’emblée et pourtant… on comprend rapidement dès les premières pages pourquoi Nicolas Wild a été convaincu d’en faire une bande dessinée, sur proposition de Nicolas Grivel, « agent littéraire spécialisé en bande dessinée » rencontré au hasard des salons.
Ainsi, l’auteur va nous faire découvrir cette Maison des femmes, sorte d’oasis au milieu d’un environnement pas des plus riants mais qui en fait ressortir d’autant plus l’unicité. Un véritable havre de paix pour des femmes qui ont vécu des expériences traumatisantes : violences conjugales, mariages forcés ou excision… Ces femmes sont prises en charge par une équipe très soudée de professionnelles où toute présence masculine reste exceptionnelle mais tolérée. Seuls deux hommes faisaient partie d’une équipe d’une vingtaine de personnes à l’époque où Nicolas Wild fréquentait le lieu.
Ce dernier était donc loin d’être en terrain conquis, mais sa présence de gentil bédéaste a été vite facilement acceptée, et si au début il a été quelque peu ébranlé par la dureté des témoignages dont certains ont été retranscrits dans l’ouvrage, il a été vite conquis par l’ampleur de ce projet ambitieux et enthousiasmant, mais aussi par l’ambiance chaleureuse et solidaire qui règne en ces lieux.
Pour évoquer son expérience, Wild va se mettre en scène comme il l’avait fait avec ses précédents opus. Une formule qui, à la manière d’un Guy Delisle, fonctionne très bien et confère une certaine authenticité au documentaire. L’humour candide et l’autodérision propre à l’auteur permet aussi d’insuffler un peu de légèreté à des propos âpres que parfois on a presque peine à croire. Le découpage en chapitres aère également la lecture, chacun d’entre eux étant consacré à l’une des protagonistes du livre, principalement des professionnelles ou des patientes livrant leur témoignage. On retiendra notamment celui de Sophie, dont des extraits de la bande dessinée qui lui a permis de raconter son calvaire conjugal tout en le tenant à distance, ont été insérés dans l’ouvrage. Comme il l’a prouvé avec ses précédents opus, Nicolas Wild sait nous prendre par la main pour nous emmener vers des contrées pas des plus engageantes, sans qu’on ait à le regretter une seule seconde, bien au contraire. Et ça, c’est un talent qui n’est pas donné à tout le monde !
Vous l’aurez compris, « La Maison des femmes » est une lecture chaudement recommandée par votre serviteur, non seulement pour toutes les qualités de l’ouvrage énoncées plus haut, mais aussi grâce à l’admiration que l’on peut ressentir en découvrant qu’un tel projet ait pu voir le jour, un projet évitant aux patientes le dédale interminable de formalités administratives, et parfaitement résumé de la bouche même de Ghada Hatem : « Notre volonté, à la Maison des femmes, c’est que chaque personne qui arrive avec un problème reparte avec une solution ».
Cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour.
Nostalgiques de Recré A2, je vous invite à découvrir le nouvel album de Bajram, Cossu, Dorison, Sentenac et Guillo qui nous font revivre une nouvelle aventure de Goldorak.
Et quelle aventure !
Nous retrouvons nos héros vieillis, (la patrouille des aigles) presque désabusés pour certains (Actarus, étrangement barbu, particulièrement éprouvé au début de cet épisode), appelés, encore une fois, à sauver leur pays contre les Golgoths ; mais aussi Procyon, Rigel, Mizar, Banta.
Le tour de force est tout de même de ne faire figurer Goldorak qu’à la moitié de l’album, qui compte 136 pages, sans pour autant dénaturer les souvenirs que l’on avait de ce dessin animé. Je dois avouer avoir eu des frissons, lorsque Actarus prononce le mythique " Goldorak Go ! ", une véritable madeleine de Proust, vous dis-je, cet album. Et que dire du fameux « métamorphose ! » , parfaitement dessiné par le trio Bajram, Cossu et Sentenac.
Justement côté dessin il faut souligner la qualité du travail, mais aussi les couleurs en parfaites adéquation avec celles du dessin animé et des pages parfois audacieuses (page 64) au niveau du découpage. Quelques clins d’œil sympathiques égrènent la lecture de l’album, comme le disque 45 tours que sort Procyon (page 60).
L’album est agrémenté d’un cahier de 16 pages sur la genèse de cette histoire, qui montre, s’il fallait encore le prouver, que les auteurs ont une passion dévorante pour Goldorak depuis leur plus tendre enfance. Cette passion s’est ressentie dans l’album qui, pour moi, est une de mes meilleures lectures de cette année.
Finalement, je retire ce que je disais en introduction "cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour !", mes enfants de 20 et 21 ans m’ont emprunté l’album en faisant un « Waouh ! », au vu de la couverture.
" Goldorak" en définitive, n’appartient plus exclusivement aux gens de 50 ans ou plus, comme moi et tant mieux.
Un grand merci aux auteurs.
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Joker - Fini de rire
Un album qui contient deux histoires des années 90 mettant en vedette le Joker. Je mets la note maximale pour la première qui est vraiment excellente. J'avoue que la première fois que je l'avais lue, je ne l'avais aimée qu'à moitié. Je trouvais que le récit était un peu trop prévisible: Joker pense qu'il a tué Batman et décide de vivre une vie normale sauf que Batman n'est pas mort et je pense que vous pouvez deviner la suite. L'histoire romantique que Joker vit avec une femme fait cliché, surtout que la femme en question n'a pas une grande personnalité et semble exister uniquement pour qu'on soit triste que le Joker ne soit pas capable de vivre une vie normale. Puis, j'ai relu le récit parce que malgré tout j'adorais certaines scènes et au fil du temps je les relu plusieurs temps avec un plaisir de plus en plus grand au point que je me suis mis à un peu aimé ce que j'ai décris plus haut. Le coté tragique du Joker, qui sans son accident aurait pu être un homme normal et qui ne le peut pas même s'il le voulait, est bien exploité. J'adore particulièrement comment DeMatteis décrit la personnalité de Joker, c'est un Joker que j'aime, à mille lieu du tueur en série pas marrant que l'on voit dans plein de comics modernes. La mise en scène est grandiose et le scénariste maitrise tellement son récit qu'il peut faire des allers-retours dans le temps sans rendre son récit confus. Il reste tout de même quelques éléments qui me font sourciller (Alfred fait rien sauf pleurer, la docteure qui soigne Batman ne semble pas se rendre compte que c'est Bruce Wayne, une personnalité pourtant bien connue), mais le reste est tellement excellent que je m'en moque. Si vous adorez 'The Killing Joke', c'est un récit pour vous. Le deuxième récit montre le Joker aller sur la chaise électrique pour une fois, sauf que là c'est pour un crime qu'il n'a pas commis, et Batman enquête pour découvrir la vérité. C'est un récit bien mené, le Joker est drôle et c'est amusant de voir Batman et Robin jouer les détectives sauf que je comprends pas trop que c'est ce crime (empoissonner des timbres) qui va emmener à l'exécution du Joker alors qu'il a commis des crimes bien pires qui l'ont simplement envoyé à l'asile. De plus, la fin ne fait pas trop de sens pour moi. On est plus dans du comics de divertissement alors que le premier récit était plus psychologique. Disons que si ce récit avait été publié tout seul j'aurais mis 3.5/5.
Pretty Deadly
C'est en fouinant sur ce merveilleux site que j'ai découvert ce petit bijou. Une couverture à couper le souffle. L'intérieur de l'album n'est pas en reste, de la dynamite. Emma Rios nous offre des planches de toute beauté, un trait fin, gracieux et fluide. Un découpage dynamique, de superbes couleurs et une inventivité omniprésente. Graphiquement c'est une tuerie. Kelly Sue Deconnick nous livre un western fantastique avec un scénario dense et complexe. Il faut rester concentré tout le long de la lecture. Chaque chapitre commence par une planche où un lapin et un papillon échangent sur nos héros. Leur conversation continue en voix off tout le long du récit sans alourdir celui-ci. Même si le tome deux n'est pas encore publié en France, je ne peux qu'en conseiller la lecture. Ce premier opus peut se lire comme un one shot.
Gaston Lagaffe
Une envie me trottait dans la tête : relire Gaston ! Bon ben, c’est fait ! Un grand moment plaisir, une bonne rigolade de temps en temps (je les ai relus tellement souvent que je les connais par cœur et je ris un peu moins souvent, je l’avoue). J’ai retrouvé avec délectation cet employé de bureau indolent, plus motivé par ses inventions que par les réponses aux lecteurs. J’ai trouvé que cette observation fine du monde du travail résonnait plutôt bien avec le monde d’aujourd’hui, c’est vrai aussi pour la place des animaux. Gaston ne rate pas une occasion de défendre leur cause. Le chat, la mouette rieuse, le poisson rouge et la souris sont traités comme des rois. A la rédaction, ils sont chez eux et aucune limitation de leur liberté n’est pas admise par Gaston. Bref, beaucoup de bonnes valeurs !! Un coup de coeur sans hésiter.
Meadowlark - Un récit noir et initiatique
Wouaw!! Ça c'est de la BD et de la bonne en plus. Comme un coup de poing en pleine face et sans concessions. Scénario aux petits oignons et dessin juste parfait. J'ai lu sur un site concurrent que le scénario pourrait se résumer sur un ticket de tram. Que l'on en juge. Jack "Meadowlark" Johnson est un ancien boxeur, petite gloire de ce sport. Il vit séparé de sa femme et de son fils et pour subsister il exerce le métier de gardien dans la prison du comté. Un jour qu'il est venu voir son fils son ex-femme lui subtilise sa voiture puisqu'il n'a pas réglé sa pension alimentaire, il est donc contraint d'aller au travail dans la voiture d'un collègue et son fils Cooper est du voyage. Ce dernier est ravi il va voir son père en action. l'arrivée à la prison se passe bien, mais cela bien sûr ne peut durer. C'est en effet le jour où trois détenus ont choisi de se faire la belle. Inutile de préciser que nos trois lascars sont tout sauf des prisonniers-modèles , ils tapent plus dans la catégorie sérial killer psychopathes. S'ensuit une mutinerie dans la prison, et des poursuites agrémentées de rixes ultra violentes, etc.. Pour ce qui est du ticket de tram l'on repassera. La relation père fils est très bien vue même si elle s'opère et se vit dans un contexte particulier de violence, pour autant elle est très forte et l'on comprend bien la manière dont Cooper quitte l'adolescence pour l'âge adulte. Et puis il y a le dessin véritablement très bon voire éblouissant de Greg Ruth avec un trait réaliste (superbe couverture) sublimé par une colorisation dans les tons beiges. Quelques planches muettes très cinématographiques, bref de la belle ouvrage. Personnellement j'ai été happé par ce récit que je ne peux que conseiller tant pour la lecture que l'achat.
Dans la tête de Sherlock Holmes
Bluffé je suis. Quel régal que cette enquête de Sherlock Holmes. Le titre n'est pas mensonger : cette série va vraiment nous faire entrer dans la tête du plus célèbre des enquêteurs. Nous allons profiter de manière XXL de son esprit de déduction et de son sens de l'observation. Les moindres détails sont passés à la loupe et les indices récoltés sont nombreux. On parle de petit détails, à priori anodins, vraisemblablement invisibles pour l'observateur lambda. Mais pas pour Sherlock. Et du coup pas pour le lecteur qui vit ces investigations avec lui, au plus près des choses. Dans n'importe quelle BD, le lecteur aurait raté la moitié de ces petits indices disséminés dans les coins, ou cachés dans les arrières plans. En temps normal il serait compliqué d'arriver à faire comprendre au lecteur comment Sherlock analyse et recoupe tous ces éléments. Dans n'importe quelle BD, oui, mais pas là. Grâce à un système de narration incroyablement original, mais dans le même temps incroyablement maitrisé, grâce à une mise en page magistrale, tout prend du sens et tout est limpide. Au premier regard en feuilletant l'album on pourrait y voir des pages chargées et déstructurées. Normalement c'est la garantie d'une lecture compliquée, c'est l'assurance de ne pas lire les cases dans le bon ordre, ce qui inévitablement altère la compréhension du récit. Et bien ici pas du tout, c'est tout l'inverse. Derrière ces cadrages et ce découpage audacieux, la lecture est limpide, la compréhension claire et parfaite. C'est mieux que ça même. Toute cette originalité est au service du récit et facilite la lecture. Nous récoltons et assemblons les indices les uns après les autres en suivant un fil rouge. Au sens propre : on suit vraiment le fil des idées de Sherlock. Nous voyons tout, nous comprenons tout, avec un plaisir jubilatoire tellement c'est malin et bien fait. Pour parachever ce coup de maitre, les auteurs ont glissés quelques surprises spectaculaires à coup de transparence ou de pages à plier. J'applaudis devant tant de talent. La narration est ici élevée au rang d'art avec une maestria remarquable. Du génie tout simplement !
Le Voyage des Pères
L'histoire de Jésus et de ses 12 apôtres, raconté par les pères de ces derniers. Les pères ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) pourquoi leurs fils sont partis suivre un parfait inconnu qui prêche le vrai du faux. Ils se mettent donc en quête de ramener leurs progénitures à la maison et sont embarqués dans un grande aventure humaine. Les 3 premiers tomes, qui forment le premier cycle, sont à mes yeux, parfait. Le récit est sincère, drôle, touchant, tragique, rocambolesque et sérieux aussi. Toutes les émotions y passent. Les personnages sont tous très attachants. L'histoire est cohérente, on y redécouvre le nouveau testament. De nombreuses références/blagues/clin d’œil à notre culture moderne sont faites, mais de manière très subtile. Et la conclusion de ce premier cycle est à la hauteur de toute l'histoire: sublime. En revanche, le second cycle (tome 4-5-6) sont nettement moins intéressant. Il s'agit de la même histoire, mais vu du point de vue d'autres personnages. Si le tout est toujours aussi bien écrit et raconté, la surprise s'estompe et l'intérêt baisse. Certes c'est bon, mais pas autant que ce à quoi l'auteur nous a habitué. Pourquoi a-t-il fait un second cycle? Etait-ce prévu depuis le début? Ou l'appât du gain lui a donné envie d'encore un peu tirer sur la corde? Si proche du culte 5 étoiles mais malheureusement la deuxième moitié vient baisser le niveau global de l'oeuvre. 4 étoiles + coup de cœur pour le premier cycle MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Dans la tête de Sherlock Holmes
Les auteurs étant de passage au festival de Illzach, j'ai suivi les conseils de Calimeranne pour une petite dédicace et enfin découvrir cette BD qui avait fait l'unanimité lors de sa sortie. Et je n'en suis pas du tout déçu, je crois bien que c'est une de mes meilleures découvertes de ces derniers jours ! La BD est une réelle surprise, une réelle bonne surprise qui plus est. Et surtout, parce que je crois bien que c'est la BD la plus inventive que j'ai vue récemment. Rien que par la couverture, le ton est donné. Et les pages ! Mon dieu, ces pages ! Une merveille d'inventivité, et je ne veux même pas savoir combien de temps cela a pris pour les faire. Une ingéniosité qui est présente quasiment à chaque page, dans le découpage, la mise en scène des cases, l'alliance texte/dessin. Ça c'est de la BD intelligente, de celle qui sait utiliser au maximum les possibilités de son média pour le plaisir de l'histoire et de la lecture. Réellement, je suis sous le charme de cette colorisation, de ce trait et de cette façon de paginer les cases. Une inventivité et un sens de la composition qui va de pair avec l'histoire, c'est une réussite totale. Surtout dans le cadre d'une enquête de Sherlock Holmes. Et à ce niveau là, le scénariste est à saluer : il a réussi à retranscrire en bande-dessinée toute l'ambiance victorienne de Conan Doyle, avec les manières de Sherlock Holmes, les intonations pédantes et parfois méchantes envers Watson, sa façon de réfléchir et de déduire, tout est exactement dans l'esprit des Sherlock Holmes que j'ai dévorés au lycée. A la fois une excellente enquête non-officielle de Sherlock Holmes, un hommage bien senti et une BD réussie qui donne envie de découvrir la suite de l'histoire. Cette enquête est à ranger directement dans les meilleures de l'inspecteur. J'attends avec impatience le tome 2 pour voir la façon dont tout ceci se conclura, et pour une enquête c'est du tout bon. Je pourrais être encore plus enthousiaste mais je vais éviter de donner trop envie. En tout cas, je remercie sincèrement Calimeranne de m'avoir conseillé de le découvrir, parce que c'est une vraie belle découverte. J'ai toujours bien aimé les enquêtes de Sherlock Holmes, sa façon de faire et ses déductions qui nécessitent du calme plutôt que de l'action, et ici c'est tout ce que j'aime mis en image de façon magnifique. Recommandée, très recommandée ! Mise à jour après le tome 2 : La fin s'est faite attendre, mais pour mon plus grand plaisir. En effet, la conclusion sera à la hauteur du reste et les idées de mises en scène se développent en tout sens. A mon sens, c'est un régal de tout les instants sur la compositions des pages et l'inventivité qui en ressort. Je ne saurais mieux dire que : cette BD exploite le plus parfaitement possible le médium de la BD. D'autre part, le deuxième volume se concentre sur la résolution de l'enquête et donc de l'histoire. Celle-ci est bien surprenante, parlant de différentes choses autour du colonialisme et de l'état d'esprit de l'époque. La BD semble prendre ici un avis critique de la situation, et j'aime beaucoup ce petit renversement des valeurs victoriennes, amenant Sherlock Holmes à plus de profondeur que celui de Conan Doyle. Bref, l'histoire est géniale, la mise en situation est parfaitement gérée, la narration est parfaitement prenante ... Non, rien à reprocher à cette BD ! Une réussite majeure, un incontournable.
Dionysos
"Avec ma gueule de métèque. De dieu errant. De pâtre grec." en parodiant la chanson de Moustaki, on ne peut pas mieux présenter la carte d'identité de Dionysos. J'aime beaucoup la collection "La Sagesse des Mythes" crée par Luc Ferry et bien soutenue par les dessins de G.Bonacorsi (ici) et le scénario de C.Bruneau. Cette collection rend accessible à des collégiens.nes des concepts fondateurs de la pensée européenne. Quand on découvre le nombre de peintures, de sculptures, de pièces de théâtre, d'œuvres littéraires ou musicales qui reprennent ces mythes, c'est tout un pan très important de notre patrimoine qui est en jeu. A une époque du tout image, le médium BD est un bon moyen pour faire vivre ce patrimoine. Bien sûr, il faut accepter les codes de la pensée antique qui ne correspondent pas à notre époque contemporaine pour rentrer dans le récit. Mais le scénario rend accessible cet abord. Les dessins de G.Bonacorsi sont à mon goût avec de belles expressions des visages, une belle sensualité des corps. Je mets l'accent sur les corps qui sont présentés tels qu'ils doivent être, nus ou très dénudés. La série se veut réaliste et je ne vois aucun voyeurisme dans cette représentation. Les palais, tenues et ambiances sont parfaits. Si je conseille ce livre, je ne conseillerais pas de commencer par lui. Dionysos n'est pas un dieu facile. Dieu de l'Altérité dans toutes ses dimensions, il est le choc entre le chaos et l'ordre. Dionysos représente le combat des contraires qui peut tourner au désastre s'il n'est pas maîtrisé. Il y a des scènes de massacres qui peuvent choquer des jeunes lecteurs ou lectrices. C'est tout l'intérêt de la dernière partie du livre où Luc Ferry explique d'un point de vue philosophique pourquoi Dionysos a une place centrale dans l'Olympe et partant, aussi dans nos vies. A nous de savoir en faire bon usage pour grandir et pas pour se détruire.
À la Maison des femmes
Après l’Afghanistan (Kaboul Disco) et l’Iran (Ainsi se tut Zarathoustra), Nicolas Wild est allé cette fois traîner ses guêtres dans un endroit beaucoup moins exotique, la Seine Saint-Denis, une destination qu’il n’aurait peut-être pas forcément choisie au départ et qui ne fait pas toujours rêver, avec comme point d’ancrage cette « Maison des femmes », structure d’accueil pour femmes en détresse coincée entre l’Hôpital Delafontaine, des barres d’HLM et une bretelle d’autoroute. Un sujet pas vraiment sexy d’emblée et pourtant… on comprend rapidement dès les premières pages pourquoi Nicolas Wild a été convaincu d’en faire une bande dessinée, sur proposition de Nicolas Grivel, « agent littéraire spécialisé en bande dessinée » rencontré au hasard des salons. Ainsi, l’auteur va nous faire découvrir cette Maison des femmes, sorte d’oasis au milieu d’un environnement pas des plus riants mais qui en fait ressortir d’autant plus l’unicité. Un véritable havre de paix pour des femmes qui ont vécu des expériences traumatisantes : violences conjugales, mariages forcés ou excision… Ces femmes sont prises en charge par une équipe très soudée de professionnelles où toute présence masculine reste exceptionnelle mais tolérée. Seuls deux hommes faisaient partie d’une équipe d’une vingtaine de personnes à l’époque où Nicolas Wild fréquentait le lieu. Ce dernier était donc loin d’être en terrain conquis, mais sa présence de gentil bédéaste a été vite facilement acceptée, et si au début il a été quelque peu ébranlé par la dureté des témoignages dont certains ont été retranscrits dans l’ouvrage, il a été vite conquis par l’ampleur de ce projet ambitieux et enthousiasmant, mais aussi par l’ambiance chaleureuse et solidaire qui règne en ces lieux. Pour évoquer son expérience, Wild va se mettre en scène comme il l’avait fait avec ses précédents opus. Une formule qui, à la manière d’un Guy Delisle, fonctionne très bien et confère une certaine authenticité au documentaire. L’humour candide et l’autodérision propre à l’auteur permet aussi d’insuffler un peu de légèreté à des propos âpres que parfois on a presque peine à croire. Le découpage en chapitres aère également la lecture, chacun d’entre eux étant consacré à l’une des protagonistes du livre, principalement des professionnelles ou des patientes livrant leur témoignage. On retiendra notamment celui de Sophie, dont des extraits de la bande dessinée qui lui a permis de raconter son calvaire conjugal tout en le tenant à distance, ont été insérés dans l’ouvrage. Comme il l’a prouvé avec ses précédents opus, Nicolas Wild sait nous prendre par la main pour nous emmener vers des contrées pas des plus engageantes, sans qu’on ait à le regretter une seule seconde, bien au contraire. Et ça, c’est un talent qui n’est pas donné à tout le monde ! Vous l’aurez compris, « La Maison des femmes » est une lecture chaudement recommandée par votre serviteur, non seulement pour toutes les qualités de l’ouvrage énoncées plus haut, mais aussi grâce à l’admiration que l’on peut ressentir en découvrant qu’un tel projet ait pu voir le jour, un projet évitant aux patientes le dédale interminable de formalités administratives, et parfaitement résumé de la bouche même de Ghada Hatem : « Notre volonté, à la Maison des femmes, c’est que chaque personne qui arrive avec un problème reparte avec une solution ».
Goldorak
Cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour. Nostalgiques de Recré A2, je vous invite à découvrir le nouvel album de Bajram, Cossu, Dorison, Sentenac et Guillo qui nous font revivre une nouvelle aventure de Goldorak. Et quelle aventure ! Nous retrouvons nos héros vieillis, (la patrouille des aigles) presque désabusés pour certains (Actarus, étrangement barbu, particulièrement éprouvé au début de cet épisode), appelés, encore une fois, à sauver leur pays contre les Golgoths ; mais aussi Procyon, Rigel, Mizar, Banta. Le tour de force est tout de même de ne faire figurer Goldorak qu’à la moitié de l’album, qui compte 136 pages, sans pour autant dénaturer les souvenirs que l’on avait de ce dessin animé. Je dois avouer avoir eu des frissons, lorsque Actarus prononce le mythique " Goldorak Go ! ", une véritable madeleine de Proust, vous dis-je, cet album. Et que dire du fameux « métamorphose ! » , parfaitement dessiné par le trio Bajram, Cossu et Sentenac. Justement côté dessin il faut souligner la qualité du travail, mais aussi les couleurs en parfaites adéquation avec celles du dessin animé et des pages parfois audacieuses (page 64) au niveau du découpage. Quelques clins d’œil sympathiques égrènent la lecture de l’album, comme le disque 45 tours que sort Procyon (page 60). L’album est agrémenté d’un cahier de 16 pages sur la genèse de cette histoire, qui montre, s’il fallait encore le prouver, que les auteurs ont une passion dévorante pour Goldorak depuis leur plus tendre enfance. Cette passion s’est ressentie dans l’album qui, pour moi, est une de mes meilleures lectures de cette année. Finalement, je retire ce que je disais en introduction "cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour !", mes enfants de 20 et 21 ans m’ont emprunté l’album en faisant un « Waouh ! », au vu de la couverture. " Goldorak" en définitive, n’appartient plus exclusivement aux gens de 50 ans ou plus, comme moi et tant mieux. Un grand merci aux auteurs.