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Couverture de la série Le Rock et si je ne m’abuse le Roll
Le Rock et si je ne m’abuse le Roll

Killoffer est l’un des fondateurs de L’Association et il a l’air d’être un sacré personnage. Je n’accroche pas à toutes ses productions mais j’aime quand il use de son dessin noir et blanc comme ici, ça me parle bien. Et j’apprécie beaucoup ce petit album, le dessin donc, mais aussi une certaine densité dans l’histoire. L’auteur se mettant en scène avec son avatar Kilo dans un bon et beau délire. Il se la joue rock star et son groupe n’est autre que les autres membres de L’Association. Le décalage de son personnage est assez jouissif, le ton sans être hilarant m’a énormément amusé (le costume, le logo …), et je trouve déjà le dessin de couverture et le titre très très bons. J’y ai descellé plusieurs niveaux de lectures. Une 1er degré où l’on suit ce looser magnifique et attachant qu’est Kilo, et une 2ème bien plus finaude pour qui connaît l’histoire de cette maison d’édition et le schisme de 2005/2006 où seul J-C Menu gouvernera (voir l’album Quoi !), et qui donne une meilleure compréhension de la dernière page. Tout ça pour dire que j’aime beaucoup, une petite réussite tout en métaphore et double lecture (l’album datant de 2006). Et un petit coup de cœur pour ce personnage de Kilo.

02/05/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Jeune Acteur - Aventures de Vincent Lacoste au cinéma
Le Jeune Acteur - Aventures de Vincent Lacoste au cinéma

3.5 J'ai attendu que le premier tome soit disponible à la bibliothèque pour le lire parce que même si j'aime bien globalement Riad Sattouf, je ne savais pas si je trouverais cela intéressant de suivre un acteur français que je ne connaissais même pas. Oui, depuis plusieurs années je regarde de moins en moins de films, et le cinéma français qui m'intéresse le plus c'est le cinéma populaire des années 50-80, alors je n'ai jamais vu de films avec Vincent Lacoste et les deux films français les plus récents que j'ai c'est les deux films en 3D d'Astérix, ce qui doit être assez pour vous montrer à quoi se résume ma connaissance du cinéma français moderne. Donc voilà comme le sujet principal m'intéressais moins que de suivre la jeunesse de Riad Sattouf, j'avais peur de m'ennuyer un peu. Et puis au fil des pages, j'ai trouvé que c'était pas mal et j'ai complètement embarqué dans le scénario lorsque Lacoste devient le personnage principal. J'ai vite trouvé cet ado que je ne connaissais pas complètement attachant. Sattouf fait partie des auteurs qui ont le ton juste pour raconter la vie quotidienne, toutes les anecdotes de l'album sont intéressantes, souvent drôles et parfois un peu tristes. Sattouf est vraiment le meilleur pour montrer la galère qu'est la vie des jeunes. J'ai aussi bien aimé voir l'envers du décor et découvrir les coulisses d'un tournage de film. Bref, j'ai passé un bon moment de lecture et j'ai bien envie de regarder le film de Sattouf !

01/05/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Aigle sans orteils
L'Aigle sans orteils

Lax est un maître conteur en humanité ! Je ne sais pas si sa formidable histoire d'Amédée Fario est pure fiction ou possède un fond de réalité mais peu importe. Mon premier avis sur le site était dédié à Marathon, c'est dire si l'effort solitaire avec un dépassement de soi gratuit m'attire. Même si mes légendes sont plutôt Zatopek, Mimoun ou Abebe Bikila, j'ai aussi rêvé sur les noms de Gaul, Coppi, Bahamontes Thévenet ou Hinault. Petit-Breton est un nom que l'on se transmettait de génération en génération comme le trésor d'un patrimoine sportif historique qu'il ne faut pas oublier. Merci à Lax de nous rendre ce patrimoine en images si belles. Au-delà de la belle histoire d'Amédée, c'est la formidable histoire des premiers Tours que l'auteur fait revivre. Effort, solidarité, créativité de la technique et de l'hygiène sportive, vision des organisateurs sur l'impact populaire d'un grand événement sportif, il y a tous ces thèmes très bien mis en valeur dans l'ouvrage. Evidemment, 1910,1911,1912,1913, le récit s'égraine comme une pendule tragique qui avance vers l'indicible. L'ombre portée de la guerre est toujours présent dans l'esprit du lecteur. Toutes ces vies, ces histoires non écrites à cause de ces vieillards ventripotents et galonnés qui vont envoyer des millions d'Amédée à la mort et produire des monstres encore plus terrifiants. 100 ans après, j'en ai encore de l'amertume dans la bouche et un ouvrage comme celui de Lax nous rappelle ce monstrueux gâchis. Je suis fan du dessin de Lax depuis ma lecture du Choucas. Lax ne nous vend pas de la Pin-up ou du BG body buildé (encore que Amédée est BG et Adeline à croquer) mais ses visages dans l'effort sont magnifiques. Son trait presque caricatural se prête bien aux rictus grotesques qu'ont tous les sportifs (moi le premier) au bout de leurs forces. Lax partage avec Cosey ses grandioses descriptions de montagne. Ici nous sommes gâtés. C'est dur, caillouteux, anguleux et froid mais c'est beau. Les teintes jaunes et bleutées sont piles dans les ambiances voulues. Lax revient aussi sur le thème du handicap surmonté, probablement un hommage à son frère, cela enrichit aussi un récit qui n'a aucune faiblesse à mes yeux. Pour finir, voilà une histoire qui crée de l'émotion, de l'empathie pour tous les personnages. Une lecture qui ne m'a pas laissé insensible.

01/05/2022 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Album de l'année
L'Album de l'année

Paru six ans après Le Steak Haché de Damoclès, « L’Album de l’année », titre faussement prétentieux et surtout autodérisoire, part sur une idée simple mais astucieuse : réaliser une case par jour pendant un an, à la façon d’un journal de bord. Les cases se suivent sans ligne narrative particulière, décrivant juste la vie ordinaire d’un auteur de BD au succès (encore) confidentiel, avec ses tracas du quotidien et ses états d’âme un rien autocentrés, façon Caliméro. Et ça fonctionne extrêmement bien, parce que Fabcaro possède un vrai talent : recourir à un sens de l’humour très décalé qui lui permet de faire rire le lecteur et l’empêche de s’appesantir sur son sort. En 2009, Fabcaro est un jeune papa de 36 ans avec une dégaine d’étudiant attardé manquant un peu d’assurance, un rien désabusé. Il nous parle en vrac de ses petites galères en tant que père ou auteur de BD, de son hypocondrie, de ses gaffes, de ses rêves bizarres, de son incompétence en matière de bricolage ou encore des sempiternels repas chez ses parents, toujours un brin inquiets pour l’avenir de leur fils. Et on aime ça parce qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre d’un jour à l’autre. L’auteur utilise avec brio le procédé du « running gag ». Les conversations sans intérêt qui se prolongent ont tôt fait de l’ennuyer et très souvent, il décroche. Comme dans Le Steak Haché de Damoclès, les paroles interminables de l’interlocuteur se transforment en onomatopées vaporeuses, (wouwouw…) et c’est bidonnant à souhait ! On apprécie également les petits proverbes nonsensiques inaugurant chacune des 52 pages du journal. Jugez plutôt : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi pour le rouer de coup » (c’est de l’humour, hein !) ou « Un homme averti parce que je le vaux bien ». Un livre susceptible de provoquer des décrochages de mâchoires intempestifs. Le trait à la puissance comique incontestable reste très proche de celui du « Steak haché », pour notre plus grand bonheur. Un très bon Fabcaro assurément, un véritable antidépresseur ! Tout achat de ce livre devrait être remboursé par la Sécurité sociale !

30/04/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cotus et Léon
Cotus et Léon

Je me suis procuré cette bd juste sur l'avis de Tomdelapampa et je ne le regrette pas. J'ai tout aimé. TOUT. Un album de petite taille qui se dévore d'une traite. Un scénario foutraque où la fantasy et  l'humour barré se mélangent avec bonheur. Deux frères, Léon le guerrier et Cotus le magicien vont devoir partir en mission pour sauver le monde. Ils seront accompagnés par Pitch le chien qui ne cessera de subir quelques transformations et de la pulpeuse elfe Analiell qui les rejoindra en cours de route. Deux héros portés sur les plaisirs de la chair et qui ne transpirent pas par leur intelligence. Par chance les méchants ne sont pas mieux lotis. Un récit où la subtilité n'est pas de mise avec son humour décalé, ses gags visuels et ses personnages demeurés. Une narration fluide qui rend ce grand n'importe quoi "crédible" avec sa fin explosive. Effectivement, graphiquement cela ressemble à Mike Mignola, on reconnaît les visages anguleux mais dans un style plus caricatural. Un dessin qui colle parfaitement au récit. J'ai pris énormément de plaisir. Que demander de plus ? Si vous êtes déprimés ou si vous êtes adeptes d'absurdité, alors cet album est fait pour vous.

30/04/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Légendes des Contrées Oubliées
Légendes des Contrées Oubliées

Je vais faire le difficile parce-que cette petite série a bien plus d'atouts que de défauts. Je ne critiquerai pas le scénario, riche d'évènements et de péripéties. Je sors de cette lecture avec le sentiment d'avoir parcouru 10 tomes alors que cette histoire n'en compte que 3. L'équilibre est parfaitement réussi entre le rythme soutenu du récit et le scénario délesté de toute fioritures anecdotiques. On nous envoie facilement de "pays en pays" comme dans un Seigneur des Anneaux, et chaque région possède sa singularité, son ambiance propre. La temporalité est importante avec la notion du Mal originel, du présent et du destin. Puis la magie du scénario lie l'ensemble avec une facilité déconcertante. Le tome 3 est exemplaire: on sent la domination du Chaos de plus en plus écrasante autant que la persévérance de l'Espoir, alors que tous les voiles tombent et que les personnages vont devoir faire face à leur dualité. Ce T3 est un épilogue à part entière, vraiment génialissime. Et cerise sur le gâteau, c'est le plus réussi graphiquement. Parce-que graphiquement, le tome 1 et 2... Franchement, j'ai trop galéré à déchiffrer. Il manque de la profondeur de champ dans beaucoup de cases, même pour les paysages parfois. Mes yeux voient des dessins aplatis, comme si le regard portait vers une scène n'ayant qu'un seul plan. Les lignes et les courbes serpentent sans que je ne réussisse à distinguer l'endroit où se situe la tête et les pieds. Les couleurs, manquant trop souvent de contraste entre elles, en viennent à mettre un terme à ma noyade. Alors je passe à la case suivante, rebuté. C'est dommageable pour moi, alors que le trait me plaît énormément : les créatures, les personnages, le décor... Tout ça m'emballe beaucoup, le tableau est très vivant et les plans donnent beaucoup de dynamisme. Très difficile de noter, alors j'ajoute le gros coup de cœur sur ce tome 3 épique, où tout se rejoint dans une fusion dramatique grandiose. Si on se replace dans l'époque, la notion de culte semble évidente pour le genre Fantasy, mais aussi très subjective. Peut-être suis-je étonné de la voir si bien placé dans les Immanquables. Elle risque d'être de plus en plus clivante avec l'âge. Mais il ne faut pas perdre les bonnes choses, retenez que c'est définitivement à lire!

29/04/2022 (modifier)
Par greg
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Highland Games
Highland Games

Les tribulations d'une équipe amateur de lancer de marteau bretonne qui va participer aux fameux Highland Games en Ecosse. Ce récit met en situation un coach, professeur d'arts plastiques, et ses "poulains", qui vont quitter leur Bretagne natale, certains pour la première fois, afin de tenter leur chance aux Highland Games, jeux traditionnels servant par le passé à pacifier les tensions entre clans par des épreuves aussi ludiques qu'improbables comme le lancer de troncs d'arbres, de ballots de paille, de pierres, et j'en passe. L'essentiel du récit se concentre sur la traversée Bretagne-Ecosse, les jeux en question ne faisant qu'une vingtaine de pages sur presque 160. Mais ce n'est pas un problème, les jeux ne sont qu'un prétexte pour nous dévoiler des tranches de vie. Chaque personnage est inspiré d'une personne réelle, et c'est un des éléments qui rend l'ensemble sympathique : l'auteur prend le temps de poser ses personnages, et nous les dévoile petit à petit au court du récit qui prend un peu la forme d'un voyage initiatique vers l'âge adulte. C'est très touchant, car ils sont tous confrontés aux défis du quotidien, certains plus que d'autres, un mélange extrêmement réussi d'humour et de sentiments. On passe souvent d'un grand sourire à une petite larme et vice-versa. Bref un plaisir total, j'ai rarement autant apprécié une BD, légère mais plein de bonne humeur.

28/04/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Orchidea
Orchidea

Une très belle ambiance dans cet album qui nous entraine dans un voyage introspectif familial. Deux frères et leur sœur partent à la recherche de leur père qui a quitté sa maison de retraite sans explication. Ils prennent la route, ne sachant pas ce qui lui est arrivé. A la fois inquiets et agacés par l’attitude du vieil homme - qui a quand même pris soin d’emporter sa brosse à dents - ils roulent sur une autoroute américaine croisant tous les éléments que l’on connaît bien : les diners, les motels, les stations-service et les paysages désertiques écrasés de soleil. Mais le trio n’est pas au bout de ses surprises… Au premier abord, c’est assez classique mais très vite on est emporté par le récit de Cosey qui, comme dans « Le voyage en Italie », nous confronte aux souvenirs de famille dans un superbe décor aux couleurs lumineuses. Le père va donner à ses enfants une très belle leçon de vie et de résilience. J’ai retrouvé dans cet album tout ce que j’aime chez Cosey : la lenteur du récit, les questions laissées en suspens, le temps long du voyage qui laisse aux personnages le temps de se retrouver, de redécouvrir les failles de chacun et de révéler leurs propres fêlures. Un très beau moment de lecture.

27/04/2022 (modifier)
Par ange
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Irena
Irena

Cette bande dessinée est incroyable car elle montre l'espoir et l'humanité en toute situation , il y a plusieurs passages qui sont assez larmoyants auxquels j'ai fini par me lâcher. A faire découvrir à vos adolescent ! Je l'adore et je vais la présenter à l'oral de brevet donc je suis assez fière de cette femme qui résistait contre l'occupation allemande !! Elle a eu une vie incroyable !! À Lire !

26/04/2022 (modifier)
Couverture de la série Azrayen'
Azrayen'

Il fallait bien une motivation du type "Au nom du Père" pour s'attaquer à une période aussi tabou du côté français. Frank Giroud réussit à nous livrer une histoire passionnante, équilibrée et pleine d'humanité au milieu des horreurs qui ont parsemé cette guerre. Pas facile de rendre une copie non manichéenne pour cette guerre à la fois coloniale et civile, civile car nous étions dans un département français avec "des administrées qui accouchent" et coloniale car l'état de droit y était défaillant ces mêmes administrées n'ayant pas les mêmes droits que des métropolitaines. Giroud met d'ailleurs le doigt sur la grande tromperie de cette " Opération de mantien de l'ordre" :C'est bien d'une enquête policière pour retrouver des personnes disparues dont il s'agit. Ainsi souvent l'armée française s'est vue confier un rôle de police et de justice sans en avoir ni les compétences , ni le cadre juridique, avec une obligation de résultats par le politique. Je trouve que c'est très bien exprimé en arrière-plan du scénario et que cela explique pour partie les dérives de tortures, de représailles et de bavures commises par les officiers. On le voit dans différents épisodes où le bon vouloir de l'officier fait office de décision de justice. Si ce côté, que je trouve important, est bien en filigrane Giroud n'insiste pas trop. En introduisant une belle histoire d'amour, au contraire il montre que le vivre-ensemble était possible. Utopiste peut-être mais réconfortant. Giroud respecte tous les combattants dans son ouvrage. Il nous offre des caractères bien typés de l'active pro, le conscrit parfois rebelle, le harki et le djounoud mais aucune mièvrerie ni adversaire stupide ou échappatoire scénaristique. On est très loin de la vision d'un Tanguy ou d'un Buck Danny comme soldat-chevalier blanc. Le dénouement est original et renforce l'image de précipitation dont ont souffert les actions des officiers français livrés à eux-mêmes sur le plan juridique. Je trouve le graphisme de Lax très bon. Premier ouvrage où il transforme son trait pour le rendre plus puissant et presque caricatural. Cela le mènera à l'inoubliable Choucas que j'aime beaucoup ou Mike Cervantes que j'aime un peu moins, lol. Un petit reproche , j'ai eu du mal à distinguer Valera de Messonnier ce qui crée une ambiguité avec Takhlit. Pour le reste c'est parfait, les uniformes, les GMC, les habits berbères sont admirablement reproduits. L'Algérie est un pays magnifique et Lax réussit très bien à rendre la magnificence des paysages de Kabylie. J'apprécie beaucoup aussi ses couleurs à dominantes ocre-jaune pour le présent ou rouge pour le passé. Une bien belle lecture pour un récit de guerre encore très douloureux pour notre passé historique.

26/04/2022 (modifier)