Les derniers avis (9689 avis)

Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série New Mutants (Nouveaux Mutants)
New Mutants (Nouveaux Mutants)

Une réédition en album de certains des épisodes de la série, illustrés (entre autres, beaucoup moins inspirés même si honnêtes, comme Rick Leonardi...) par un Bill Sienkiewicz en pleine expérimentation graphique pour essayer de trouver d'autres façons de raconter en images... C'est foutraque et chaotique -et très jouissif en même temps car on sent bien le plaisir qu'il prend à manipuler (démolir !) les codes narratifs habituels. Pas mal de croquis rapides, rythmes de parution oblige ; mais on a droit a de très expressives attitudes de la part des personnages, croquées très spontanément. L'emploie du noir -très présent !- met en valeur la moindre perle graphique, et les scénarios de Chris Claremont, plus étranges qu'à l'accoutumée (relation de cause à effet avec son dessinateur du moment, comme c'est souvent le cas avec la manière de procéder au MCG), donnent matière aux audaces picturale du grand Bill -toute relatives, quand même, dans cette production très mainstream. Ses couvertures sont, par contre, absolument remarquables d'inventivité et de maitrise et justifient -je ne plaisante pas !- à elles seules l'achat.

21/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ghost in the shell (Mamoru Oshii)
Ghost in the shell (Mamoru Oshii)

Oui, il semble un peu vain d'imprimer sur du papier les images d'un long métrage d'animation, aussi réussi soit-il. Surtout si le dit Dessin Animé est, déjà, directement inspiré d'un Manga. Cependant, dans le cas présent, outre que le résultat est plutôt joli -comme une BD au graphisme hyper-soigné-, il permet à ceux que ce genre d’œuvre filmée plutôt contemplative rebute, d'apprécier un scénario très élaboré et abouti traitant quelques sujets inusités, comme la perception que l'on a de soi-même et de la place qu'on occupe au sein de son univers personnel -et des possibilités d'évolutions qu'on est, ou non, prêt à envisager. Car, nonobstant les qualités réelles de l’œuvre imprimée originale de Masamune Shirow, largement mieux fournie en humour et action, le réalisateur du film, Mamoru Oshii, s'est complètement réapproprié l'histoire pour en donner une représentation beaucoup plus poétique de son sujet. L'ambiance et le ressenti général -très Zen- arrivent a transparaitre malgré le format de l'album ; et c'est une bonne chose, étant donnée la grande qualité du tout, que Ghost In The Shell bénéficie aussi de ce médium-là auprès du public. C'est un petit objet que je conserve précieusement. ... L'idéal étant, bien sûr, de parcourir la BD avec, en fond, l'excellente Bande Originale de Kenji Kawaï, pour être complètement dans l'ambiance.

21/10/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Otto (par Charles Nogier)
Otto (par Charles Nogier)

Derrière ce titre palindromique se cache une histoire multiple et d'une sensibilité rare qui cheville le lecteur à son corps. Tout passe par le dessin, splendide. Et pour cause : elle est muette. Otto, c'est l'histoire a priori banale d'un chien et de sa fugue. Otto, c'est un dessin d'une beauté saisissante qui restitue à merveille les mouvements, les expressions, les atmosphères, les sentiments. On sent les odeurs, celle de la terre s'imbibant de pluie, celle de la charogne que les corbeaux se disputent, celle des fleurs et des bêtes. Parmi les sentiments exprimés ou ressentis, et qui forment ici comme un cercle vertueux, c'est celui de liberté qui domine, emportant le récit et imprimant son rythme hirsute. Comme le chien, le lecteur affronte les éléments et fait de multiples rencontres. Il traverse le doute, peut-être, la solitude, surement. Il explore, médite, contemple. Il gambade et vit sa journée de chien en jouissant de cette liberté retrouvée. Otto, c'est une ambiance nimbée du bleu tendre des souvenirs. La nostalgie imprègne chaque page. Nostalgie de l'enfance avant tout. Elle habite ce livre et s'incarne de manière fugitive dans la silhouette de ce petit garçon. Il est à la fois l'auteur et ses souvenirs, mais aussi le lecteur qui aussi bien se rappelle et espère une issue favorable. Ce lien d'amitié qui unie l'enfant au toutou contient la tension dramatique. Rien n'est dit, tout est suggéré par la seule force de la peinture. J'ai aimé partager cette escapade et ressors de ma "lecture" (il faudrait dire voyage) très touché émotionnellement. Bien plus que je ne l'aurais cru. Il est cool ce chien, Otto...

20/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Réincarnations - Please Save my Earth
Réincarnations - Please Save my Earth

J'ai connu PSME d'abord via sa version animée, en cassette vidéo, avant de m'attaquer, bien plus tard, au Manga lui-même -ma seconde expérience du genre, après Akira (au traitement graphique beaucoup moins typique du genre). Le sujet m'avait séduit -et la bande originale est absolument magnifique : Yoko Kanno et Hajime Mizoguchi sont des compositeurs extraordinaires. Sinon, quelle claque ! L'intrigue, mise en scène de manière complètement éclatée (les flashbacks non linéaires et les objectifs/intérêts des héros qui ne cessent de s'inverser, se croiser ou se brouiller) est passionnante de bout en bout, nous faisant passer par tous les affres de la création avec chacun des personnages. Saki Hiwatari nous balade d'un épisode à l'autre sans jamais tout à fait complètement dévoiler les raisons les plus intimes des motivations du petit groupe d'ex/nouveaux amis/ennemis et, en ce qui me concerne, l’aveu déchirant de Alice à Haruhiko, vers la fin, m'a complètement pris par surprise -et d'autant plus touché que j'avais oublié que les traumas qui nous définissent ne sont décidément jamais les plus évidents. Mais de nombreux autres instants de dure vérité confrontent les adolescents à leurs proches ainsi qu'à eux-mêmes, et mon cœur battait vraiment pour eux tout au long de leur quête ; c'est dire l'art consommé de l'Artiste ! Si on ajoute la réelle beauté des images, des visages (!), des décors à la profonde réflexion Humaniste qui soutient cette (longue ! Mais c'est traditionnel, au Japon) série poétique et romantique, on ne peut qu'en constater la grande réussite. Un summum du genre, pour l'amateur de Manga vraiment moyen que je suis ; et un summum TOUT COURT pour l'amoureux de bandes dessinées, un poil mieux éclairé.

19/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jonathan
Jonathan

2023, bientôt 50 ans que le premier album est sorti. Je déniche un lot dans une librairie d'occasion, je les achète. C'est pas cher et ça fait un avis de plus ! Retour à la maison, je commence le premier volume. J'en sors surpris : ça a été publié dans le journal Tintin, ça ? Ça parle d'une guerre que les occidentaux n'ont jamais vraiment regardée en face. Ça mentionne des ethnies inconnues, on a des morts, des bombardements. C'est vraiment fait pour enfant ? Je continue les lectures et l'étonnement grandit. On parle de vols d'œuvres culturelles par les occidentaux, de disparus dans l'Himalaya par manque de préparation, de maladies mentales. Chaque volume est une histoire mais toutes ensemble tissent une trame narrative qui se suit. C'est prenant, c'est passionnant. L'auteur évolue, et ça se sent. Le dessin du premier volume, plus grossier, s'affine. On sent l'amour pour la montagne, pour le Tibet, pour les populations locales. On mentionne quantité de noms inconnus en occident, ça parle de pays qu'on ne connait qu'en carte postale. Le tout accompagné de bandes originales à chaque album : Mike Oldfield, Kate Bush, Pink Floyd, Brian Eno, du classique parfois … Tiens, il a les mêmes goûts que mon papa, qui me les a transmis ! Et puis la césure, les albums américains. Cosey a changé d'imaginaires, tout comme dans ses BD. On oublie les montagnes de l'Asie, on a les plaines de l'Amérique. C'est le passage de Saigon-Hanoi à Orchidea. Mais Jonathan reste le même, il est toujours affublé de ses vêtements iconiques, sa coupe de cheveux et son spleen mélancolique. Jonathan, c'est du Corto Maltese inspiré par l'Asie et l'Amérique, c'est du baroudeur qui n'a jamais d'attaches. Il aime, il avance, il découvre. Jonathan ne juge pas, il est spectateur d'un monde, s'inscrit dedans et accepte les gens tels qu'ils sont. Marginaux, rêveurs, idéalistes, tous portés par leur foi en quelque chose. Jonathan, lui, regarde. Je ressors de ma lecture. C'est prenant. Une envie me vient d'aller prendre mes chaussures et de marcher dans les Vosges. On est en automne, c'est le moment où la forêt sera magnifique et j'ai soudainement envie de montagne. La BD qui habite après sa lecture, n'est-elle pas la meilleure ? Lorsqu'on est encore baigné par une ambiance, c'est qu'elle nous marque, après tout. Et j'ai envie de retourner faire des escapades avec Jonathan, voir un peu le monde et vivre quelques instants encore dans l'Himalaya. Il va falloir que je me procure les albums manquants. Et si je me remettais un Mike Oldfield en attendant ?

19/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Stray toasters
Stray toasters

Dans la foulée d'Elektra : Assassin, pour le style, mais sans Frank Miller au récit. Une histoire de démon en balade à New York, qui constate nos mœurs de sauvages (carrément déstabilisantes pour lui !) et croise les héros de l'histoire -aux prises avec leurs propres démons personnels, pour le coup !- alors que des meurtres de petits garçons et de jeunes femmes défrayent les chroniques, plutôt heureuses d'avoir du sordide à raconter au public... La speakerine est hilarante, avec ses apartés loufoques ! Les personnages sont tangibles et leurs affres faciles à suivre -même la psychopathe de service ! Et la créature qui inspire le titre assez obscur du Comic m'apparait assez impressionnante/inquiétante, sous les coups de pinceaux du Grand Bill -sans parler du toubib...! J'aime aussi les audaces graphiques alliées à l'humour, qui m'autorisent -pauvre petit cœur sensible que je suis !- à parcourir cette histoire sans ressentir trop d'empathie pour l'aspect Thriller du sujet : c'est du spectacle, avant tout. Je l'adore, cet Artiste-là !

19/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Elektra (Delcourt)
Elektra (Delcourt)

Fin d'été 1988, festival de BD (supermarché, quoi !) de Hyères. Je viens d'acheter l'album de Daredevil (Miller/Mazzucchelli - j'en connaissais les pages) et, ma maigre paie en poche (service militaire à peine entamé !), je passe pour la troisième fois devant un étal exhibant le Elektra : Assassin de Frank Miller et Bill Sienkiewicz... Décidément, la couverture m'intrigue ! Bien sûr la couleur (rose pétant !), mais aussi le fait que je n'arrive pas à l'interpréter ! Et puis le vendeur m'interpelle, pour me dire que le recueil est réservé pour un client ; mais que ce dernier n'étant toujours pas revenu... C'est un des plus grands chocs graphiques de ma vie -et l'impact perdure aujourd'hui. Je n'ai jamais retrouvé pareille joie purement visuelle à parcourir un Comic, sinon à la lecture du Stray toasters, du seul Bill. J'ignorais alors qu'on pouvait à ce point s'amuser à raconter une histoire ; et surtout que, pour l'illustrer, on pouvait tout se permettre, si on parvenait à ne pas noyer le sens sous la forme donnée au récit par les images. Ce miracle-ci prouve qu'on peut même le magnifier en explosant ses codes et cadres, tout en jouant avec ses pinceaux/crayons/ciseaux/photos/photocopies Etc...!! Il est manifeste que Miller, habituellement prisonnier de ses tics et obsessions plutôt ras des pâquerettes (c'est très subjectif !), a vu sa prose transcendée par l'incessant va-et-vient des idées -et remaniements graphico-scénaristiques !- entre lui et son artiste ! Le placement des phylactères même participe au rythme du récit ; en guidant par exemple nos yeux le long d'une splash-page à l'apparence de peinture mythologique tant elle est mise en scène : "No, Garreth.". "You cannot die.". "Not yet.". "Breathe.". Aujourd'hui adoubé mais, à l'époque, encore en devenir, le Grand Bill s'offre un terrain de jeux et d'expérimentations picturales de presque 300 pages et les idées fusent tous azimuts, jusqu'à la fin (jouissive à tous les niveaux, aussi !). Un festin créatif pour les deux associés, j'en suis persuadé. Et je continue d'en apprécier une bonne tranche bien nourrissante, de temps à autre : l'innovation amusante s'est faite rare, dans le genre.

19/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Version
Version

Tombé dessus par hasard en farfouillant l'arrière-salle d'une bouquinerie alors que je m'échinais à déplacer des piles d'albums, magazines, livres et autres merveilles illustrées pour tenter de dénicher des exemplaires du 2001 Nights de Yukinobu Hoshino (en Anglais par Dark Horse Comics) et dont je découvrais ce même jour l'existence -il y a des moments où tous les astres sont alignés ! :)) J'ai adoré cette histoire très "punchy" et pleine d'humour (graphique et scénaristique), à l'intrigue Science-Fictionnesque ma foi pas mal originale, se déroulant de manière classique mais néanmoins agrémentée de magnifiques trouvailles philosophiques et poétiques -encore une fois aussi bien écrites qu'illustrées. Ce talentueux Mangaka à qui l'on doit les bien plus célèbres Fleurs de Pierre et Ikkyu (que je ne connais pas) est malheureusement décédé en 1995 ; Version ayant été une version -justement !- du côté plus "léger" de l'artiste. La fin du Manga reste ouverte ; mais que ça ne vous empêche pas d'aller courir l'Australie et les océans -entre autres !- à la recherche d'une sirène, et en compagnie du gaguesque Happo et de l'intrépide Eiko (flanquée de Punky, son Orang-outan !), ainsi que de quelques autres personnages bien savoureux. C'est qu'il y a non seulement du souffle et des embruns, dans cette passionnante aventure rocambolesque, mais aussi un lyrisme enivrant !

19/10/2023 (modifier)
Par Maxence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ultra Heaven
Ultra Heaven

Ce manga m'a littéralement retourné la tête. Les graphismes sont fous et super détaillés ! Un univers intriguant où tous les médias incitent à la consommation de drogues. Le tout pris avec beaucoup de légèreté comme quelque chose de tout à fait banal. Je recommande !

18/10/2023 (modifier)
Par Jacques H
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fumier !
Fumier !

C'est très drôle. Je recommande vivement. L'intérêt est surtout dans le texte, ciselé, et qui ne tourne pas autour du pot. Je l'ai acheté après avoir lu la première page et je ne regrette pas mon achat. (3 Eur) Un superbe petit cadeau à offrir à une personne qui a de l'humour.

18/10/2023 (modifier)