Le premier volet de cette épopée romanesque, qui raconte avec fantaisie la naissance des superhéros, constitue une excellente surprise. « L’Illusion magnifique » nous immerge avec bonheur dans ce New York des années 30 par l’entremise de cette jeune femme venue de sa campagne du Kansas. Celle-ci est bien décidée à réaliser ses rêves d’écrivaines inspirés par les « pulps » de son père qu’elle lisait en cachette. Diana Morgan, qui choisit de se faire appeler Roberta Miller, en référence à l’un de ses écrivains fétiches, va ainsi tenter de faire son trou dans un monde qui lui est totalement étranger et qu’elle avait par trop idéalisé. Quand on n’est rien dans Big Apple, Il faut être prêt à tous les sacrifices pour gagner sa pitance, y compris devenir danseuse dans un cabaret mal famé ! Mais fort heureusement, le hasard des rencontres l’amènera à devenir scénariste de comics, après avoir été bénévole dans une feuille de chou communiste, ce qui lui permettra par ailleurs de s’initier à la politique.
Alessandro Tota, auteur italien déjà remarqué avec sa première bande dessinée, « Terre d'accueil », nous livre ici un scénario très vivant, en entremêlant de façon équilibrée romanesque et contexte politique (celui de la lutte des classes dans les USA des années 30). Dans une mise en abyme réjouissante, cette BD nous met dans la peau d’auteurs en train d’expérimenter la naissance des comics et des superhéros visant à séduire le public ado, tandis que les récits illustrés de détective sont en perte de vitesse. Les personnages sont très bien campés, avec leurs paradoxes et leurs fêlures, et ça, c’est aussi la marque d’une bonne histoire. On apprécie la façon dont évolue Diane Morgan, en pleine construction de son identité. Apparaissant quelque peu nunuche lors de son arrivée à New York, les galères et sa « rencontre » avec le communisme vont la transformer. Devenue plus combative pour réaliser ce qu’elle croit être son destin d’écrivaine et scénariste, elle choisit d’assumer, dans les limites de ce que permettait la société américaine de l’époque, son attirance pour la gent féminine.
Quant au graphisme, il est à l’image du scénario : virevoltant. Avec son côté « artisanal », la ligne claire d’Alessandro Tota vibre d’une fantaisie rafraîchissante, en jouant à plein sur cette extravagance et ce sens du spectacle typiquement américain, avec cette candeur propre aux super héros redresseurs de torts. Grâce à ces demi-dieux d’un nouveau genre, le Nouveau monde s’inventait une moderne mythologie tandis que l’Europe s’apprêtait à sombrer de nouveau dans le chaos et les ténèbres de la guerre. Tout en mixant éléments fictionnels et historiques, l’auteur s’en donne à cœur joie en exposant en pleine page la frénésie new-yorkaise, symbolisée entre autres par les néons tapageurs de Broadway qui tentaient de faire oublier la Grande dépression au rythme du Charleston. Le tout apparaît comme une sorte de collage onirique mêlant glamour, cabaret, violences policières, crimes, bondage et science-fiction, etc. Ça explose dans tous les sens, c’est foisonnant d’imagination, et on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Bref, le lecteur est plongé avec délice dans l’effervescence créative de Big Apple, une ambiance joyeuse certes mais lourde de menaces en cette fin des années 30.
Ainsi, le titre de l’ouvrage en résume assez bien la teneur. « L’Illusion magnifique » raconte comment les rêves d’artistes prennent corps et peuvent parfois modeler la réalité, ici en l’occurrence comment les créatures surhumaines sorties de l’imagination de Diana Morgan alias Roberta Miller (Dogman, Infarcta et Ghost Writer) jouent le rôle de moteurs dans l’accomplissement de ses désirs. Cette œuvre personnelle, pas vraiment calibrée comme « tête de gondole », n’est pourtant en rien élitiste et reste fluide et passionnante dans sa narration. Tels ces bonbons qui piquent la langue et explosent en bouche, l’objet plaira à tous les publics, jeunes et moins jeunes, en recherche d’originalité.
Je me suis laissé porter par la poésie du graphisme de Chabouté dans toutes ces histoires courtes. J'ai eu l'impression de lire un recueil de nouvelles où l'ambiance générale du récit était bouleversée par la chute des dernières lignes.
Bouleversé je l'ai été moi-même à de nombreux endroits ; à commencer par la première histoire qui nous accroche pleinement dans l'ouvrage. Quelle merveille et quelle ingéniosité que ce passage où l'on croit longtemps au drame des parents endormis pour toujours pour finir par cette image de tendresse et d'amour. C'est incroyable ce que l'auteur a su faire passer dans cette scène sans presque aucun texte.
Les autres histoires ne sont pas toutes du même niveau, quoique, mais c'est à chaque fois l'occasion de se positionner en profondeur quand la chute est proposée.
Certaines histoires sont un peu plus convenues (sur les migrants par exemple) mais c'est traité avec un tel brio de mise en scène et d'expression graphique que l'on ne peut que s'incliner devant cette réalisation.
Le graphisme de Chabouté est un chef d'oeuvre d'expressivité dans la simplicité des situations. Chabouté réussit à en retirer toutes les nuances du vécu et des sentiments. Comment résister avec autant d'amour et de sensibilité à chaque page.
Une oeuvre qui parle à l'âme d'une grande virtuosité malgré son apparente simplicité. Vraiment pas loin du 5
WOOF !... Je ne sais pas comment Jamal Campbell s'y prend, tablette graphique ou pas (?) ; mais le look de ses planches dans ce Comic-Book là est à couper le souffle !
Quelle maestria... Bien sûr son aisance purement stylistique, quant au rendu des personnages et des décors. Mais le découpage, les perspectives, les couleurs... C'est proprement spectaculaire de joliesse mais aussi de clarté, quand bien même il se permet pas mal d'audaces de mises en scènes ; et, malgré tout le côté très "léché" de l'ensemble, sa maitrise des expressions des visages force notre sympathie ; que ce soit envers Joe ou n'importe lequel des seconds couteaux qui gravitent autour d'elle dans cette histoire véritablement policière. Même les plus inhumains de ces bizarres ressortissants d'autres mondes -carrément virtuels pour un tiers d'entre eux !- semblent vivants sous sa plume/son pinceau/son stylet ?!
Paradoxalement, c'est bel et bien à une enquête que nous invitent à participer les auteurs de ce Comic, précieux ovni dans la production habituelle de la maison d'édition DC. La présentation des différentes civilisations en place tient la route, même si le genre Super-Héroïque en limite fatalement l'exploration ; et le nœud de l'intrigue, suffisamment grave de conséquences funestes pour nous tenir en haleine, est habilement détourné de notre attention -et de celle de Joe !- chaque fois que cette dernière se trouve aux prises de ses sentiments contradictoires quant aux émotions que suscitent telle ou tel autre personnages, ambigus qu'ils apparaissent -à elle comme à nous !- dans leur insupportable perfection Zen !
Bien sûr, que les amateurs se rassurent : il y a évidemment quelques affrontements à coups de rafales zigzagantes dans l'éther si particulier de ce monde artificiel ; et, là comme ailleurs, le visuel est privilégié et aucune case ne semble de trop.
Un grand plaisir de lecture, donc ; même si je pense que mon peu d'exposition à ce genre d'esthétique, très "orientée", a beaucoup joué dans mon enthousiasme. Cela-dit, j'ai récemment relu l'ensemble et, ma foi ! J'ai de nouveau bien apprécié ; alors...?!
Énorme coup de cœur pour cette BD que j’ai mis très longtemps à aller chercher à la bibliothèque : j’ai eu longtemps peur que l’autrice soit une espèce de fétichiste un peu comme les fans de Charles Manson qui le contactaient pour lui faire des demandes en mariage, je me demandais pourquoi ces gens qui écrivent aux prisonniers veulent passer du temps à distraire les bureaux (oui ça partait très mal pour moi lol). Finalement je me suis décidée à le prendre.
Déjà c’est une œuvre d’art géniale, les dessins sont super beaux avec plusieurs moments expérimentaux pour passer entre les mailles de la censure des prisons.
Même s’il y a des moments assez durs (ceux où elle décrit les exécutions dans la torture et les raisons pour lesquelles les crimes des condamnés ) ce n’est pas trash et ça vous passe l’envie de vouloir avoir la peine de mort dans un pays .
Foncez vous ne serez pas déçus !
Un beau récit qui entremêle le dernier voyage d'un quinquagénaire avec celui d'un jeune homme à sa poursuite dans un Brésil chaud et vivant. Difficile d'en parler sans spoiler. Alors on va rester vague... On croise beaucoup de personnages, chacun apportant sa touche d'humanité à l'ensemble. On est dans un road-movie exotique traversé de douleurs, de beauté, de jeunesse, de violence, de temps mort, d'amour... C'est simple et subtile. Pas de grande démonstrations philosophiques, plutôt un récit de multiples vies qui défilent. Charge à chaque lecteur d'en apprécier la valeur.
Au-delà de la narration et du rythme qui collent parfaitement à l'histoire, les cadrages, les dessins et les couleurs sont d'une incroyable justesse. Tout se lit et se comprend instantanément.
Je suis impatient de découvrir les autres oeuvres de cet auteur (et de relire encore cette quête d'Ivo)
Boule à zéro est vraiment très touchant car c'est l'histoire de cette petite fille qui a 13 ans et qui vit à l'hôpital depuis 9 ans, et qu'elle a l'impression de ne pas être aimée par sa mère.
J'ai une mère qui est Infirmière et c'est pas toujours facile pour moi.
Avec un père qui habite à Montpellier et que tu vois 1week-end sur 2 c'est pas facile non plus.
Donc Joyeux Anniversaire Zita .
Biz
Sibylla figure dans la sélection Angoulême 2024, raison pour laquelle je me suis penché sur cette BD dont les quelques planches consultables sur le site de l'éditeur m'ont fait forte impression.
Je parlerai donc du dessin de Max Baitinger, auteur inconnu au bataillon. Et c'est ravissant. Son trait léger virevolte sur les pages comme la plume de Sibylla, notre poétesse. L'auteur a une force d'abstraction tout à fait remarquable, au point qu'une ligne unique tisse l'horizon comme les contour d'un paysage, comme au bon vieux temps du fameux télécran. Il agrémente ce trait noir d'un soupçon d'aquarelle aux tons sépias/marrons la plupart du temps, ce qui confère une unité, ainsi qu'une ambiance très médiévale. Des trouvailles graphiques parsèment l'ouvrage, et l'on peut s'amuser à relever quelques discrètes citations bien senties, comme cette Nature morte au citron de Maerten Boelema De Stomme on-ne-peut-plus a propos, au sujet de laquelle je me permets d'incérer cette citation de F. Bouré, trouvée sur le net : "On donne le nom de vanité à une catégorie particulière de la nature morte, laquelle associe des symboles du temps, de la brièveté de la vie, de la mort, aux objets de l’activité humaine. Dans "Nature morte au citron", les plaisirs éphémères de la vie sont évoqués par le sel du coquillage souvent associé à l’âme, perle secrète de l’homme ; le sucré du vin, qui rappelle le calice et le sang versé du Christ ; la noix est la chair tendre de Jésus sur le bois de la croix. L’homme est mortel et fragile comme l’écorce du citron que l’on pèle." CQFD
L'esprit de cette BD colle ainsi parfaitement à son sujet. Mais j'aime également la manière dont Max Baitinger croise le récit de son héroïne avec celui de l'élaboration de son livre. C'est très bien foutu. Il y a un humour finaud, de la poésie (donc), et beaucoup de tendresse.
Mais finalement, le gros intérêt de Sibylla, outre son dessin qui est l'élégance même, c'est son sujet, à savoir Sibylla Schwarz (1621-1638). En effet, je découvre totalement cette jeune poétesse qui a si peu vécu mais tellement écrit. Et une chose est certaine : je vais de ce pas tâcher de me procurer une édition d'un recueil de ses poèmes, apparemment très avant-gardistes. On estime par exemple que son poème « Une chanson contre l’envie » est probablement le premier poème sans compromis féministe de la littérature mondiale. Pendant près de deux siècles, Sibylla Schwarz fût ainsi considérée comme une figure littéraire de premier ordre avant de tomber dans l’oubli.
Alors pourquoi une telle note face à tant d'enthousiasme ? Parce que je ressors assez déçu de la manière dont Baitinger construit son récit. D'abord, il y a un passage d'une dizaine de pages illustrée dans un style graphique et des tonalités (rouges) tout à fait différentes qui m'ont fait perdre un peu le fil, d'autant que le style en question est nettement moins original. La raison est sans doute à trouver dans le contenu même des poèmes de l'autrice, mais de cela je ne peux encore juger. Et puis il y des passages un peu planplan, notamment celui où l'on voit danser les muses. C'est un peu "tarte à la crème" au milieu de l'originalité frappante de cette magnifique édition. Globalement, l'histoire manque d'unité narrative, et les passages entre les différents registres (de narration) sont parfois abrupts et m'ont laissé à la traine. Je me suis souvent dit : "ah ok ! on part sur un autre truc", ou bien "houla ! j'ai dû raté une marche" avant de reprendre quelques pages en arrière.
Tout cela est vraiment dommage. Mais le style graphique génial, ainsi que le sujet inédit, font que cette BD vaut tout de même largement son petit coup de cœur. Allez, je m'en vais regarder de plus près ce qu'à écrit Sibylla, et aussi les autres BD de Max Baitinger !
Oh, mais c'est très très bien ça ! Je ne m'attendais pas à une telle série et je suis franchement ravi de l'avoir lu, parce que j'adore les mythes et que j'ai grandement apprécié les œuvres de Nancy Pena (pas toutes, mais en grande partie). J'ai pu me procurer l'intégrale généreusement complété d'un lexique documenté en fin d'ouvrage, et c'est parfait !
Il y a une certaine mode aujourd'hui à la reprise de figure mythologique (principalement grecques) pour en ressortir des histoires répondant aux nouveaux enjeux de notre temps (féminisme, homosexualité, etc …), non sans un certain succès d'ailleurs (Circé et le Chant d'Achille de Madeline Miller par exemple).
A mon sens, Médée s'inscrit totalement dans cette optique : elle est une reprise de mythe grec mais se veut aussi une œuvre redonnant du sens à un personnage féminin et surtout, surtout, une incroyable remise en contexte historique de la légende. C'est sur ce point là que la série m'a convaincu définitivement : la reprise dans un contexte historique très précis, avec des explications de l'origine du mythe à la fois plausible mais surtout bien documentée pour en faire un récit historique (dans les grandes lignes). A ce niveau là, j'ai apprécié les ajouts qui renforcent la crédibilité : les grecs et les barbares, les questions de nouveautés techniques, les royaumes en guerre, les personnages mythologique qui s'inscrivent dans des réalités concrètes … J'ai senti le poids des recherches effectuées, des interactions crées mais aussi les explications que l'auteure a fourni aux mythes. Comment ceux-ci se sont crées et pourquoi, avec cette touche de poids historique qui le rend plausible.
La série est comblée avec le dessin de Nancy Pena, qui a sorti les grands moyens et ça se voit. Les dessins, les couleurs, les effets de lumière … On sent le soleil de la Méditerranée, la Grèce, la mer. Elle s'est aussi fait plaisir sur les personnages, incarnant les mythes à l'opposé de ce qu'on imagine généralement : Jason n'est pas une montagne de muscle ni un héros à l'apparence sublime, les rois sont souvent moches, gras. C'est un dessin que j'apprécie grandement et qui est magnifiquement mis en scène.
Cette série est une merveille, j'en suis sorti avec un énorme coup de cœur que je n'ai pas hésité à décerner immédiatement. La somme de travail, la réalisation, le dessin, le propos … On sent que les auteures parlent de la place des femmes dans une Grèce classique, mais sans verser dans la dénonciation absurde de notre monde. C'est aussi une très belle histoire sur la complexité d'un monde et de l'Antiquité qui s'ouvre aux nouvelles techniques. Une vraie belle découverte, je ne peux que la recommander chaudement. C'est une surprise de bout en bout, mais c'est une magnifique surprise.
Je suis adepte de ces albums. Si Salade César reste mon chouchou, Troie Zéro n'a pas à rougir. Les gags continuent de bien fonctionner pour moi et j'ai particulièrement aimé la deuxième partie du récit. Il y a beaucoup de répétitions, qui ajoutent au ridicule et qui me font mourir de rire.
Pari réussi pour Karibou et Josselin.
A l'approche de la date fatidique (sic...demain!!), il est de bon ton de se remémorer l'histoire et les origines de Saint-Nicolas...Thierry Van Asselt la/les modernise en la/les transposant dans notre environnement et thématiques actuels. Et je l'avoue, c'est brillant et à propos.
Quasi muette et malgré un dessin sec et rêche (Nullement un défaut à mes yeux), on enchaine les cases et les planches de cette bd à allure régulière et lente tant nos rétines sont en éveil et contemplation. Ça frappe juste, ça touche et ça questionne.
Punk à souhait.
Un immanquable de plus pour 2023.
Bien pensant s'abstenir.
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L’Illusion magnifique
Le premier volet de cette épopée romanesque, qui raconte avec fantaisie la naissance des superhéros, constitue une excellente surprise. « L’Illusion magnifique » nous immerge avec bonheur dans ce New York des années 30 par l’entremise de cette jeune femme venue de sa campagne du Kansas. Celle-ci est bien décidée à réaliser ses rêves d’écrivaines inspirés par les « pulps » de son père qu’elle lisait en cachette. Diana Morgan, qui choisit de se faire appeler Roberta Miller, en référence à l’un de ses écrivains fétiches, va ainsi tenter de faire son trou dans un monde qui lui est totalement étranger et qu’elle avait par trop idéalisé. Quand on n’est rien dans Big Apple, Il faut être prêt à tous les sacrifices pour gagner sa pitance, y compris devenir danseuse dans un cabaret mal famé ! Mais fort heureusement, le hasard des rencontres l’amènera à devenir scénariste de comics, après avoir été bénévole dans une feuille de chou communiste, ce qui lui permettra par ailleurs de s’initier à la politique. Alessandro Tota, auteur italien déjà remarqué avec sa première bande dessinée, « Terre d'accueil », nous livre ici un scénario très vivant, en entremêlant de façon équilibrée romanesque et contexte politique (celui de la lutte des classes dans les USA des années 30). Dans une mise en abyme réjouissante, cette BD nous met dans la peau d’auteurs en train d’expérimenter la naissance des comics et des superhéros visant à séduire le public ado, tandis que les récits illustrés de détective sont en perte de vitesse. Les personnages sont très bien campés, avec leurs paradoxes et leurs fêlures, et ça, c’est aussi la marque d’une bonne histoire. On apprécie la façon dont évolue Diane Morgan, en pleine construction de son identité. Apparaissant quelque peu nunuche lors de son arrivée à New York, les galères et sa « rencontre » avec le communisme vont la transformer. Devenue plus combative pour réaliser ce qu’elle croit être son destin d’écrivaine et scénariste, elle choisit d’assumer, dans les limites de ce que permettait la société américaine de l’époque, son attirance pour la gent féminine. Quant au graphisme, il est à l’image du scénario : virevoltant. Avec son côté « artisanal », la ligne claire d’Alessandro Tota vibre d’une fantaisie rafraîchissante, en jouant à plein sur cette extravagance et ce sens du spectacle typiquement américain, avec cette candeur propre aux super héros redresseurs de torts. Grâce à ces demi-dieux d’un nouveau genre, le Nouveau monde s’inventait une moderne mythologie tandis que l’Europe s’apprêtait à sombrer de nouveau dans le chaos et les ténèbres de la guerre. Tout en mixant éléments fictionnels et historiques, l’auteur s’en donne à cœur joie en exposant en pleine page la frénésie new-yorkaise, symbolisée entre autres par les néons tapageurs de Broadway qui tentaient de faire oublier la Grande dépression au rythme du Charleston. Le tout apparaît comme une sorte de collage onirique mêlant glamour, cabaret, violences policières, crimes, bondage et science-fiction, etc. Ça explose dans tous les sens, c’est foisonnant d’imagination, et on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Bref, le lecteur est plongé avec délice dans l’effervescence créative de Big Apple, une ambiance joyeuse certes mais lourde de menaces en cette fin des années 30. Ainsi, le titre de l’ouvrage en résume assez bien la teneur. « L’Illusion magnifique » raconte comment les rêves d’artistes prennent corps et peuvent parfois modeler la réalité, ici en l’occurrence comment les créatures surhumaines sorties de l’imagination de Diana Morgan alias Roberta Miller (Dogman, Infarcta et Ghost Writer) jouent le rôle de moteurs dans l’accomplissement de ses désirs. Cette œuvre personnelle, pas vraiment calibrée comme « tête de gondole », n’est pourtant en rien élitiste et reste fluide et passionnante dans sa narration. Tels ces bonbons qui piquent la langue et explosent en bouche, l’objet plaira à tous les publics, jeunes et moins jeunes, en recherche d’originalité.
Fables amères
Je me suis laissé porter par la poésie du graphisme de Chabouté dans toutes ces histoires courtes. J'ai eu l'impression de lire un recueil de nouvelles où l'ambiance générale du récit était bouleversée par la chute des dernières lignes. Bouleversé je l'ai été moi-même à de nombreux endroits ; à commencer par la première histoire qui nous accroche pleinement dans l'ouvrage. Quelle merveille et quelle ingéniosité que ce passage où l'on croit longtemps au drame des parents endormis pour toujours pour finir par cette image de tendresse et d'amour. C'est incroyable ce que l'auteur a su faire passer dans cette scène sans presque aucun texte. Les autres histoires ne sont pas toutes du même niveau, quoique, mais c'est à chaque fois l'occasion de se positionner en profondeur quand la chute est proposée. Certaines histoires sont un peu plus convenues (sur les migrants par exemple) mais c'est traité avec un tel brio de mise en scène et d'expression graphique que l'on ne peut que s'incliner devant cette réalisation. Le graphisme de Chabouté est un chef d'oeuvre d'expressivité dans la simplicité des situations. Chabouté réussit à en retirer toutes les nuances du vécu et des sentiments. Comment résister avec autant d'amour et de sensibilité à chaque page. Une oeuvre qui parle à l'âme d'une grande virtuosité malgré son apparente simplicité. Vraiment pas loin du 5
Far Sector
WOOF !... Je ne sais pas comment Jamal Campbell s'y prend, tablette graphique ou pas (?) ; mais le look de ses planches dans ce Comic-Book là est à couper le souffle ! Quelle maestria... Bien sûr son aisance purement stylistique, quant au rendu des personnages et des décors. Mais le découpage, les perspectives, les couleurs... C'est proprement spectaculaire de joliesse mais aussi de clarté, quand bien même il se permet pas mal d'audaces de mises en scènes ; et, malgré tout le côté très "léché" de l'ensemble, sa maitrise des expressions des visages force notre sympathie ; que ce soit envers Joe ou n'importe lequel des seconds couteaux qui gravitent autour d'elle dans cette histoire véritablement policière. Même les plus inhumains de ces bizarres ressortissants d'autres mondes -carrément virtuels pour un tiers d'entre eux !- semblent vivants sous sa plume/son pinceau/son stylet ?! Paradoxalement, c'est bel et bien à une enquête que nous invitent à participer les auteurs de ce Comic, précieux ovni dans la production habituelle de la maison d'édition DC. La présentation des différentes civilisations en place tient la route, même si le genre Super-Héroïque en limite fatalement l'exploration ; et le nœud de l'intrigue, suffisamment grave de conséquences funestes pour nous tenir en haleine, est habilement détourné de notre attention -et de celle de Joe !- chaque fois que cette dernière se trouve aux prises de ses sentiments contradictoires quant aux émotions que suscitent telle ou tel autre personnages, ambigus qu'ils apparaissent -à elle comme à nous !- dans leur insupportable perfection Zen ! Bien sûr, que les amateurs se rassurent : il y a évidemment quelques affrontements à coups de rafales zigzagantes dans l'éther si particulier de ce monde artificiel ; et, là comme ailleurs, le visuel est privilégié et aucune case ne semble de trop. Un grand plaisir de lecture, donc ; même si je pense que mon peu d'exposition à ce genre d'esthétique, très "orientée", a beaucoup joué dans mon enthousiasme. Cela-dit, j'ai récemment relu l'ensemble et, ma foi ! J'ai de nouveau bien apprécié ; alors...?!
Perpendiculaire au soleil
Énorme coup de cœur pour cette BD que j’ai mis très longtemps à aller chercher à la bibliothèque : j’ai eu longtemps peur que l’autrice soit une espèce de fétichiste un peu comme les fans de Charles Manson qui le contactaient pour lui faire des demandes en mariage, je me demandais pourquoi ces gens qui écrivent aux prisonniers veulent passer du temps à distraire les bureaux (oui ça partait très mal pour moi lol). Finalement je me suis décidée à le prendre. Déjà c’est une œuvre d’art géniale, les dessins sont super beaux avec plusieurs moments expérimentaux pour passer entre les mailles de la censure des prisons. Même s’il y a des moments assez durs (ceux où elle décrit les exécutions dans la torture et les raisons pour lesquelles les crimes des condamnés ) ce n’est pas trash et ça vous passe l’envie de vouloir avoir la peine de mort dans un pays . Foncez vous ne serez pas déçus !
Ivo a mis les voiles
Un beau récit qui entremêle le dernier voyage d'un quinquagénaire avec celui d'un jeune homme à sa poursuite dans un Brésil chaud et vivant. Difficile d'en parler sans spoiler. Alors on va rester vague... On croise beaucoup de personnages, chacun apportant sa touche d'humanité à l'ensemble. On est dans un road-movie exotique traversé de douleurs, de beauté, de jeunesse, de violence, de temps mort, d'amour... C'est simple et subtile. Pas de grande démonstrations philosophiques, plutôt un récit de multiples vies qui défilent. Charge à chaque lecteur d'en apprécier la valeur. Au-delà de la narration et du rythme qui collent parfaitement à l'histoire, les cadrages, les dessins et les couleurs sont d'une incroyable justesse. Tout se lit et se comprend instantanément. Je suis impatient de découvrir les autres oeuvres de cet auteur (et de relire encore cette quête d'Ivo)
Boule à zéro
Boule à zéro est vraiment très touchant car c'est l'histoire de cette petite fille qui a 13 ans et qui vit à l'hôpital depuis 9 ans, et qu'elle a l'impression de ne pas être aimée par sa mère. J'ai une mère qui est Infirmière et c'est pas toujours facile pour moi. Avec un père qui habite à Montpellier et que tu vois 1week-end sur 2 c'est pas facile non plus. Donc Joyeux Anniversaire Zita . Biz
Sibylla
Sibylla figure dans la sélection Angoulême 2024, raison pour laquelle je me suis penché sur cette BD dont les quelques planches consultables sur le site de l'éditeur m'ont fait forte impression. Je parlerai donc du dessin de Max Baitinger, auteur inconnu au bataillon. Et c'est ravissant. Son trait léger virevolte sur les pages comme la plume de Sibylla, notre poétesse. L'auteur a une force d'abstraction tout à fait remarquable, au point qu'une ligne unique tisse l'horizon comme les contour d'un paysage, comme au bon vieux temps du fameux télécran. Il agrémente ce trait noir d'un soupçon d'aquarelle aux tons sépias/marrons la plupart du temps, ce qui confère une unité, ainsi qu'une ambiance très médiévale. Des trouvailles graphiques parsèment l'ouvrage, et l'on peut s'amuser à relever quelques discrètes citations bien senties, comme cette Nature morte au citron de Maerten Boelema De Stomme on-ne-peut-plus a propos, au sujet de laquelle je me permets d'incérer cette citation de F. Bouré, trouvée sur le net : "On donne le nom de vanité à une catégorie particulière de la nature morte, laquelle associe des symboles du temps, de la brièveté de la vie, de la mort, aux objets de l’activité humaine. Dans "Nature morte au citron", les plaisirs éphémères de la vie sont évoqués par le sel du coquillage souvent associé à l’âme, perle secrète de l’homme ; le sucré du vin, qui rappelle le calice et le sang versé du Christ ; la noix est la chair tendre de Jésus sur le bois de la croix. L’homme est mortel et fragile comme l’écorce du citron que l’on pèle." CQFD L'esprit de cette BD colle ainsi parfaitement à son sujet. Mais j'aime également la manière dont Max Baitinger croise le récit de son héroïne avec celui de l'élaboration de son livre. C'est très bien foutu. Il y a un humour finaud, de la poésie (donc), et beaucoup de tendresse. Mais finalement, le gros intérêt de Sibylla, outre son dessin qui est l'élégance même, c'est son sujet, à savoir Sibylla Schwarz (1621-1638). En effet, je découvre totalement cette jeune poétesse qui a si peu vécu mais tellement écrit. Et une chose est certaine : je vais de ce pas tâcher de me procurer une édition d'un recueil de ses poèmes, apparemment très avant-gardistes. On estime par exemple que son poème « Une chanson contre l’envie » est probablement le premier poème sans compromis féministe de la littérature mondiale. Pendant près de deux siècles, Sibylla Schwarz fût ainsi considérée comme une figure littéraire de premier ordre avant de tomber dans l’oubli. Alors pourquoi une telle note face à tant d'enthousiasme ? Parce que je ressors assez déçu de la manière dont Baitinger construit son récit. D'abord, il y a un passage d'une dizaine de pages illustrée dans un style graphique et des tonalités (rouges) tout à fait différentes qui m'ont fait perdre un peu le fil, d'autant que le style en question est nettement moins original. La raison est sans doute à trouver dans le contenu même des poèmes de l'autrice, mais de cela je ne peux encore juger. Et puis il y des passages un peu planplan, notamment celui où l'on voit danser les muses. C'est un peu "tarte à la crème" au milieu de l'originalité frappante de cette magnifique édition. Globalement, l'histoire manque d'unité narrative, et les passages entre les différents registres (de narration) sont parfois abrupts et m'ont laissé à la traine. Je me suis souvent dit : "ah ok ! on part sur un autre truc", ou bien "houla ! j'ai dû raté une marche" avant de reprendre quelques pages en arrière. Tout cela est vraiment dommage. Mais le style graphique génial, ainsi que le sujet inédit, font que cette BD vaut tout de même largement son petit coup de cœur. Allez, je m'en vais regarder de plus près ce qu'à écrit Sibylla, et aussi les autres BD de Max Baitinger !
Médée (Le Callet / Peña)
Oh, mais c'est très très bien ça ! Je ne m'attendais pas à une telle série et je suis franchement ravi de l'avoir lu, parce que j'adore les mythes et que j'ai grandement apprécié les œuvres de Nancy Pena (pas toutes, mais en grande partie). J'ai pu me procurer l'intégrale généreusement complété d'un lexique documenté en fin d'ouvrage, et c'est parfait ! Il y a une certaine mode aujourd'hui à la reprise de figure mythologique (principalement grecques) pour en ressortir des histoires répondant aux nouveaux enjeux de notre temps (féminisme, homosexualité, etc …), non sans un certain succès d'ailleurs (Circé et le Chant d'Achille de Madeline Miller par exemple). A mon sens, Médée s'inscrit totalement dans cette optique : elle est une reprise de mythe grec mais se veut aussi une œuvre redonnant du sens à un personnage féminin et surtout, surtout, une incroyable remise en contexte historique de la légende. C'est sur ce point là que la série m'a convaincu définitivement : la reprise dans un contexte historique très précis, avec des explications de l'origine du mythe à la fois plausible mais surtout bien documentée pour en faire un récit historique (dans les grandes lignes). A ce niveau là, j'ai apprécié les ajouts qui renforcent la crédibilité : les grecs et les barbares, les questions de nouveautés techniques, les royaumes en guerre, les personnages mythologique qui s'inscrivent dans des réalités concrètes … J'ai senti le poids des recherches effectuées, des interactions crées mais aussi les explications que l'auteure a fourni aux mythes. Comment ceux-ci se sont crées et pourquoi, avec cette touche de poids historique qui le rend plausible. La série est comblée avec le dessin de Nancy Pena, qui a sorti les grands moyens et ça se voit. Les dessins, les couleurs, les effets de lumière … On sent le soleil de la Méditerranée, la Grèce, la mer. Elle s'est aussi fait plaisir sur les personnages, incarnant les mythes à l'opposé de ce qu'on imagine généralement : Jason n'est pas une montagne de muscle ni un héros à l'apparence sublime, les rois sont souvent moches, gras. C'est un dessin que j'apprécie grandement et qui est magnifiquement mis en scène. Cette série est une merveille, j'en suis sorti avec un énorme coup de cœur que je n'ai pas hésité à décerner immédiatement. La somme de travail, la réalisation, le dessin, le propos … On sent que les auteures parlent de la place des femmes dans une Grèce classique, mais sans verser dans la dénonciation absurde de notre monde. C'est aussi une très belle histoire sur la complexité d'un monde et de l'Antiquité qui s'ouvre aux nouvelles techniques. Une vraie belle découverte, je ne peux que la recommander chaudement. C'est une surprise de bout en bout, mais c'est une magnifique surprise.
Troie Zéro
Je suis adepte de ces albums. Si Salade César reste mon chouchou, Troie Zéro n'a pas à rougir. Les gags continuent de bien fonctionner pour moi et j'ai particulièrement aimé la deuxième partie du récit. Il y a beaucoup de répétitions, qui ajoutent au ridicule et qui me font mourir de rire. Pari réussi pour Karibou et Josselin.
La Véritable Histoire de Saint-Nicolas
A l'approche de la date fatidique (sic...demain!!), il est de bon ton de se remémorer l'histoire et les origines de Saint-Nicolas...Thierry Van Asselt la/les modernise en la/les transposant dans notre environnement et thématiques actuels. Et je l'avoue, c'est brillant et à propos. Quasi muette et malgré un dessin sec et rêche (Nullement un défaut à mes yeux), on enchaine les cases et les planches de cette bd à allure régulière et lente tant nos rétines sont en éveil et contemplation. Ça frappe juste, ça touche et ça questionne. Punk à souhait. Un immanquable de plus pour 2023. Bien pensant s'abstenir.