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Couverture de la série Bergères Guerrières
Bergères Guerrières

Ça fait des semaines que je dois aviser cette série, je vais suivre de façon bien fainéante le bel entrain de Gruizzli et plussoyer mes prédécesseurs. C’est vachement, vachement, vachement bien, je me suis régalé comme pas permis. Amélie Fléchais m’avait déjà agréablement surpris avec L'Homme Montagne. Elle adopte cette fois un nouveau style, qui s’avère toujours aussi frais et charmeur. Ses personnages et bestiaires sont adorables. L’histoire et l’univers ne sont pas en reste, tout est bien amené. Ça s’adresse à tout le monde, c’est intelligent, bien construit … bref c’est merveilleux et ça donne du peps. Une lecture magique qui ne démérite pas son statut, franchement excellent. Je recommande à tous les petits en dessous de 2 mètres 20.

19/03/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bergères Guerrières
Bergères Guerrières

Mais ouah, c'est fou comme série ça ! Sérieusement, je suis choqué après lecture, choqué et ravi d'avoir acheté les quatre tomes les yeux fermés pour voir ce qu'il en retournait de cette série si bien notée sur le site. Et oui, je confirme, c'est dingue ! Déjà, j'aimerai savoir ce qu'a pris le scénariste. Parce que je ne sais pas ce que c'est, mais j'en veux ! Une BD comme ça, c'est excellent pour le moral, pour les neurones et pour les enfants. Honnêtement, ça fait longtemps que je n'avais pas fini une BD jeunesse avec un tel sentiment de plaisir. Et quelle belle série ! Le genre qu'on prend plaisir à lire en tant qu'adulte, parce qu'on voit le travail accompli, mais qui a l'un des plus beaux messages à adresser à la jeunesse. Et je suis conquis par la pertinence de celui-ci. Le premier tome me laissait présager une direction sympathique et bien menée, mais pour laquelle j'attendais un développement classique. Et pourtant, chaque tome suivant m'a emmené plus loin que je n'aurais cru, et surtout dans un ton qui va aller du sérieux mais léger au ton grave et sérieux. Je ne pensais pas que les auteurs oseraient ça, mais le ton des derniers tomes est clairement grave, du genre qui fait comprendre le poids d'un monde et l'importance de ce qui est accompli. Ce ton qui permet aussi de rendre les victoires d'autant plus claires et éclatantes qu'elles nous soulagent de ce poids. En plus de ce ton, donc, les auteurs ont décidé de ne pas prendre les enfants pour des imbéciles, et je les en remercie. Les thèmes abordés dans cette série sont légions, chacun d'eux méritant les éloges dans son traitement : aucun n'est brutalement asséné, aucun n'est didactique, aucun n'est rébarbatif. Sans que l'on s'en rende compte, le récit arrive à faire ce choix que j'estime crucial dans une BD pour enfants, de ne pas faire dans le militantisme ("Tel truc est bien", "tel truc est mal"). C'est d'autant plus important pour des personnes ayant moins vécu et ayant accumulé d'expérience que de ne pas assener une vérité qu'ils doivent considérer comme absolue. Au contraire, et "Bergères Guerrières" le fait parfaitement bien, il faut montrer ce que l'on veut transmettre. Tu veux montrer que les femmes valent les hommes ? Me le dis pas, montre tout au long de la BD que la question du genre n'a pas à se poser. Tu veux me parler d'écologie ? Montre-moi l'impact de l'humain sur la nature et les conséquences sur sa propre vie. Etc, etc... Bref, j'adore l'idée que la série développe des thématiques clairement et résolument adultes, mais dans une histoire pour enfants. Le traitement est remarquable, comme dit : c'est sérieux dès le début, mais enfantin, léger. Et progressivement le ton devient grave, le sérieux se fait sentir alors que le monde de l'enfance s'éloigne. Et la BD ne verse jamais dans la glorification du monde de l'enfance, ni dans la critique du monde des adultes. Au contraire, elle montre que tout devient plus complexe et flou : qui blâmer, qui acclamer ? Je ne parlerais pas des personnages, que j'ai adorés, ou des révélations progressives qui nous épaississent le monde sans que l'on ne subisse le poids du lore. Mais si je dois ajouter quelque chose, je dirais que le dessin arrive à mener ce scénario de manière parfaite. Le récit coloré et aux personnages enfantins arrive à nous proposer un bestiaire étrange, clairement inspiré de gravures nordiques. Les moutons, le loup, les oiseaux, tout cela participe à nous faire un imaginaire plus nordique, moitié-écossais moitié pays-scandinave, bercé de ces paysages. On sent que la dessinatrice s'est fait plaisir et j'adore le rendu. J'avais déjà apprécié son travail au préalable et je la note clairement comme une personnalité à suivre ! J'ai beaucoup déblatéré, comme à chaque fois que j'aime et que je m'emporte, mais que c'est bon. Le genre de série jeunesse comme j'aime, parce qu'elle fait les choses bien, intelligemment et avec un sens du sérieux qui est parfaitement adapté. L'ensemble se tient jusqu'à une fin qui évite l’écueil de la fin heureuse, mais se finit avec un sentiment de progression incroyable. La série m'a redonné un coup de fouet après un coup de mou et je ne peux qu'être comblé. A acheter aux plus jeunes, à dévorer même si on est plus vieux !

19/03/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Accident de chasse
L'Accident de chasse

Je suis tentée de mettre 5 étoiles parce que c'est un album qui vous ouvre des portes sur de nombreux horizons qui ont toutes les chances de nous aider à vivre. Cela vous semble déjà exagéré et donc je vais essayer de vous convaincre sans vous gâcher le plaisir de la lecture, c'est la quadrature du cercle. C'est une histoire impossible à résumer, l'histoire d'un mensonge qui finit par détruire la vie de celui qui pensait se protéger grâce à lui. (première leçon), c'est aussi l'histoire d'un enfant qui doit devenir adolescent tout en vivant seul avec son père aveugle dans un quartier chaud de Chicago dans les années 50..(deuxième leçon) C'est l'histoire d'un type un peu naïf et inculte qui devient un exégète hyper pointu de Dante au contact d'un meurtrier d'enfant. (la vie est décidément pleine de surprise !) C'est bien sûr l'histoire récurrente de l'accident de chasse (c'est du lard ou du cochon ?) C'est aussi l'histoire de deux détenus qui organisent une lecture gesticulée de l'Enfer de Dante qui obtient un succès impressionnant dans la prison. Enfin c'est le mode d'emploi pour convaincre un dépressif qui a de bonnes raisons de l'être de reprendre goût à la vie. Toutes ses questions sont parfaitement imbriquées dans une histoire à la fois noire et inexorablement optimiste. Les personnages sont très bien caractérisés, et leur parcours nous importe. La poésie est le ciment de toutes cette architecture. Le dessin en hachures noires superposées sur fond blanc créent une ambiance sombre et plutôt oppressante qui nous met sur nos gardes, on s'attend au pire à chaque page alors qu'il n'est jamais sûr. Le panoptique de la prison, en particulier, est magnifiquement rendu, dans sa démultiplication concentrique. Le seul bémol c'est la prose du père aveugle, qui est lu par petits interludes : la langue est très contournées avec un vocabulaire désagréablement recherché , si bien qu'on a du mal à lire le tout et on a tendance à sauter les pages. Quel dommage ! Je n'ai pas trouvé ce que ça apportait... Bref tout le reste doit être lu : cela fait comprendre une partie du monde, et c'est tellement rare ...

18/03/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Aristée
Aristée

Dans la mythologie grecque, Aristée est un dieu mineur, le dieu associé à l'activité pastorale et à l'agriculture. Un album qui permet de vagabonder sur notre jolie planète, de passer de la ville inquiétante à une nature mystérieuse. Pour fil conducteur, une forme humanoïde d'une blancheur fantomatique, elle semble observer. Vincent Vanoli propose une narration muette qui laissera aux lecteurs le choix d'interpréter la succession d'images. Peut-être l'âme de la Terre ou Aristée lui-même qui vient faire le tour de son propriétaire, un état des lieux... Un dessin somptueux dans un beau format à l'italienne. Une image par planche pour mieux déambuler et en apprécier tous les détails. Un noir et blanc charbonneux qui est pour beaucoup dans mon plaisir de lecture. Une BD contemplative. Coup de cœur graphique.

18/03/2024 (modifier)
Couverture de la série La Cuisine des ogres
La Cuisine des ogres

Généralement, pour ma pomme, un achat impulsif dépend bien plus du nom du scénariste ou du sujet du livre que du nom du dessinateur. Il y a toutefois des exceptions, et le nom de Jean-Baptiste Andreae en est une fameuse ! Il suffit que je voie son nom écrit sur la couverture d'une bande dessinée... en fait, il suffit que je reconnaisse son trait sur ladite couverture pour que je m'empare de l'objet. Andreae, pour moi, c'est la promesse d'une poésie gothique et flamboyante, de lumières sombres, de noirceurs lumineuses, de bleus profonds, de rondeurs, d'horreurs magnifiques et de beautés difformes. Alors, quand le sujet du livre semble avoir été spécialement choisi pour laisser le champ libre à l'artiste et quand le scénariste m'a déjà séduit par ailleurs, je me rue sur l'objet. A la lecture, j'ai trouvé ce que j'espérais... même si j'aurais aimé en avoir encore un peu plus. L'univers proposé convient à merveille à Jean-Baptiste Andreae et on sent bien qu'il s'y éclate. Ses planches sont riches de détails, de noirceur et de beauté. La colorisation est fascinante et envoutante. Les personnages sont à la fois séduisants et difformes. C'est vraiment beau à voir et c'est un délice de se plonger dans ces planches pour en scruter les petits détails. Le conte imaginé par Fabien Vehlmann est plaisant. Il dégage la noirceur et l'humour de la même couleur que l'on est en droit d'attendre d'un conte destiné (aussi) aux adultes. Il propose une belle palette de personnages mémorables (et pas seulement les principaux). Il offre une histoire riche en événements et en péripéties. Enfin la fin de cet album n'est pas celle à laquelle je m'attendais. Et ça, j'aime beaucoup ! Ce récit peut se lire comme un one-shot mais son sous-titre nous laisse espérer une suite (ce que sa fin laisse elle aussi sous-entendre). Quoiqu'il en soit, c'est une lecture que je ne peux que conseiller aux amateurs de contes sombres (mais pas parodiques) et aux amateurs de beaux dessins. Un très chouette moment d'évasion à livre ouvert.

18/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Combat d'Henry Fleming
Le Combat d'Henry Fleming

A la suite du bel avis, adls, de Ro et sur le nom de Steve Cuzor qui m'avait épaté avec son Cinq branches de coton noir je n'ai pas hésité à m'offrir le très bel album que propose Air Libre. Je ne regrette ni sa lecture ni sa possession. Je ne connais pas le roman de Stephen Crane et je pense que cela n'a pas beaucoup d'importance. En effet, à moins d'être un spécialiste de littérature américaine en v.o difficile de dire pourquoi ce roman a fait date. Toutefois l'adaptation de Steve Cuzor se suffit à elle-même tant elle est de qualité dans ses choix de mise en scène, de découpages, de textes et d'images. Cuzor réussit l'équilibre parfait entre une introspection psychologique complexe et une explosion d'actions dont on comprend mal l'intérêt stratégique. En effet Cuzor place le lecteur au niveau de compréhension et dans le champ visuel du simple fantassin. Tout est impersonnel et indéfini : des sous-bois, une rivière, une butte avec une barricade tout est noyé dans une fumée qui rend l'orientation impossible. Les uniformes deviennent identiques ainsi que la folie meurtrière qui saisit chacun au moment de l'assaut. Pourquoi faire ? se demande l'homme Fleming dans ses moments de lucidité. Lucidité ou lâcheté ? Folie ou héroïsme c'est toute la complexité de l'intériorité du soldat/homme Fleming. Ces sentiments contradictoires qu'expose très bien l'auteur montre toute la complexité de l'œuvre de Crane. Une lecture moderne comme la mienne, souligne l'absurdité des ordres, des assauts meurtriers ou des avancées vaines. C'est une compréhension pacifiste issue de plus d'un siècle de massacres inutiles. Est-ce la vision de l'œuvre originale ? Je n'en suis pas sûr car le soldat Fleming surmonte ses peurs initiales pour aller au plus fort du danger en entrainant ses camarades vers la mort (ou la gloire dérisoire). Cuzor travaille très bien sur cette ambiguïté fondamentale du comportement de Fleming dans sa bataille. Le graphisme est à la hauteur de la mise en scène. L'auteur nous propose de l'excellence dans son style réaliste. Tous les visages sont finement travaillés dans l'étendue des expressions que peut produire le cerveau de l'homme. Aucun homme n'est négligé par l'auteur, même si il se trouve en arrière-plan la richesse de son apparence renvoie à celle de son irréductible humanité. En nous proposant une scène qui rappelle fortement "Le dormeur du val" (p68) Cuzor appuie tristement sur l'universalité du mal. Avec des uniformes différents, les scènes décrites pourraient avoir lieu encore aujourd'hui. Une très belle lecture où le fond et la forme sont d'une rare qualité. Je n'ai aucun souci pour ma notation.

17/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Apprendre à tomber
Apprendre à tomber

Le hasard de mes lectures fait que je découvre coup sur coup des auteurs allemands. Après Voyage de malade de Joséphine Mark, place à Mikaël Ross, un auteur qui ne m’est pas inconnu, la plupart de ses séries sont dans ma liste à lire mais c’est bien le 1er album que je lis de lui … Et bien franchement j’ai adoré, vous pouvez y aller tranquille. Le seul reproche que je peux faire, c’est qu’en fait ce tome est un album de commande d’un institut religieux pour ses 150 ans. C’est expliqué en pré ou postface (je ne sais plus) mais heureusement ça reste complètement anecdotique durant la lecture. Sinon bah c’est du très bon, justesse de la mise en scène, des personnages, des sentiments … l’auteur déroule son récit de main de maître. Je ne pensais pas être autant emporté par ce petit monde, la fin est très belle, en plus d’être réussie. Je suis un peu chiche, je vous renvoie au bel avis de Noirdésir pour en savoir plus. Je passe juste pour vous encourager à tomber sur ce chouette album et ne pas vous arrêter à la couverture.

16/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Après la rafle
Après la rafle

J'ai été très touché par ce livre témoignage qui éclaire les jours qui ont suivi la rafle du Vel'd'Hiv'. Arnaud Delalande est le porte-parole de Joseph Weismann pour nous livrer un récit authentique et bouleversant à hauteur de vue d'un enfant de onze ans. La série reprend le livre "Après la Rafle" pour proposer légitimement son message à un public plus large. Le récit est d'une grande justesse et n'a pas besoin d'en rajouter dans la dramaturgie tellement plusieurs scènes sont déchirantes, même 80 ans après les faits. Les auteurs s'appuient sur l'histoire de la famille de Joseph pour montrer l'implication du système de Vichy dans le déroulement de cette ignominie. En effet le récit montre comment les autorités allemandes ne sont pratiquement pas intervenues pour mettre en œuvre leurs directives criminelles. C'est avec effarement que l'on relit une fois de plus comment la chaîne de commandement qui part de Bousquet a pu aboutir à cette monstruosité. Le récit se concentre sur l'aventure des deux Jo mais s'oriente aussi sur le travail de deuil qu'ont connu les survivants dans un état d'esprit de culpabilité. Un ouvrage qui apporte sa pierre à l'édifice de mémoire sous une forme que je ne connaissais pas. Je n'avais pas vu le film ni lu le livre d'où la série est tirée. Je m'en félicite car cela donne une puissance émotionnelle forte au récit. Le graphisme de Laurent Bidot travaille dans la sobriété qui convient à la narration. C'est expressif et très détaillé sans verser dans le sensationnalisme. Une excellente lecture pour les ados et au-delà.

16/03/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trois chardons
Trois chardons

Histoire belle, douce et sans surprise ! Je comprends les réticences de Mac Arthur, le suspens n'est pas la premiere qualité de ce scénario ! Les trois chardons sont trois sœurs nées de la lande et parties où pas , elles cultivent leurs différences mais à l'occasion d'un deuil, elles vont se ressourcer ensemble et repartir du bon pied. Pour moi qui n'ai pas eu la chance de connaître cette île de Skye, ces paysages et cette ambiance de bord de mer paysan des années 30 m'ont emplie de bien-être et de calme. Le dessin, élégant, associé à la couleur très bien composée donne le sentiment d'être repu. Les rapports entre les personnages qui semblent assez simplistes au départ, prennent un peu d'épaisseur au cours de l'aventure. Un beau cadeau pour un.e ado mélancolique. Et un bon moment de lecture pour les autres quand ils/elles n'ont pas envie de se prendre la tête !

15/03/2024 (MAJ le 15/03/2024) (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Bombe
La Bombe

J’ai vraiment aimé cet album qui tient la route du début à la fin. Pas facile de le lire après avoir vu « Oppenheimer » de Christopher Nolan. Mais les auteurs ont su trouver un angle intéressant à la fois évident et original, celui de l’uranium qui attend son heure de gloire. Hormis cette comparaison de circonstance, l’album est un concentré d’informations à la fois précises et faciles à comprendre, même quand il s’agit d’aspect purement physiques. Un très gros travail documentaire. Un autre intérêt de cet album est de donner une vraie place aux opposants à la bombe qu’ils aient ou non participé au projet. C’est en général assez peu développé de même que de prendre le temps de montrer la vie au Japon, dans une société militarisée avant que la bombe ne détruise tout. Bref, mêlant un peu de fiction et beaucoup d’histoire, cet album au dessin percutant est une vraie réussite.

13/03/2024 (modifier)