La Cuisine des ogres
A l'intérieur du mystérieux massif que l'on appelle "La Dent du Chat" vivent des ogres. Fins gourmets, leurs mets délicats se composent néanmoins d'ingrédients quelque peu inhabituels.
Bouffe et boisson Fabien Vehlmann Les coups de coeur des internautes Ogres
Lorsqu'une jeune orpheline nommée Blanchette se fait capturer avec d'autres enfants pour être emmenée au cœur du cratère et servir de dîner à ses imposants habitants, le cauchemar s'installe. Hachée, mijotée, écrasée : celle qu'on surnommera "Trois-fois-morte" met la faucheuse au défi : grâce à son courage (et un peu de chance), elle survit à tous les dangers et obstacles qui s'imposent à elle. Avec l'aide du jeune korrigan Brèche-Dent, elle va devoir redoubler d'inventivité pour survivre à cet enfer et sauver ses amis.
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| Date de parution | 13 Mars 2024 |
| Statut histoire | Une histoire par tome 2 tomes parus |
Les avis
Tome 1 : Trois-Fois-Morte Avec cet album paru il y a deux ans déjà, Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andreae ont réussi un véritable tour de force. Dans leur cuisine très spéciale, ils nous ont mitonné un récit succulent au dressage splendide, en privilégiant les meilleurs ingrédients du conte noir initiatique, avec pour héroïne cette gamine attachante, Blanchette alias « Trois-Fois-Morte ». Après avoir fui le foyer familial après le décès de sa mère, peu désireuse de subir l’emprise d’un père abusif et violent, la petite fille en apparence fragile va révéler sa grandeur d’âme, sa force de caractère et son courage dans un endroit aux milles dangers : la cuisine des ogres. Kidnappée par le croque-mitaine Grince-Matin avec ses camarades orphelins, qui au départ avaient peu de considération pour elle, elle franchira tous les obstacles grâce en partie à ses talents culinaires, mais aussi avec l’aide du jeune korrigan Brèche-Dent. Connu pour son talent de scénariste — avec notamment « Les Cinq conteurs de Bagdad », « Jolies ténèbres » ou encore « Le Dernier Atlas » —, Fabien Vehlmann a conçu ici encore une histoire très élaborée qui plaira autant aux jeunes lecteurs qu’aux plus âgés, soucieux de conserver leur âme d’enfant. Car en effet, Vehlmann est parvenu à réactualiser de fort belle manière la thématique des ogres et autres croque-mitaines, ceux qui nous ont tant fait trembler dans les contes de Perrault, à commencer par « Le Petit Poucet » mais aussi « Barbe bleue » ou « Le Chat botté ». Au-delà du scénario, l’univers particulièrement riche développé ici est magnifié par le dessin de Jean-Baptiste Andrea, au sommet de son art. Les cases fourmillent de détails que l’on pourrait passer des heures à contempler. Le trait très enlevé bénéficie d’un sens accompli de la mise en page et du cadrage, tant pour les vues « panoramiques » que rapprochées. Quant à la couleur, elle vient régaler nos rétines de mille nuances, avec des tonalités jaunes et rougeoyantes (oui, il y a un peu d’hémoglobine, c’est logique…) pour les scènes se déroulant dans les fameuses cuisines, bleutées pour celles des lacs souterrains de la Dent du chat, la cité des ogres. L’ensemble est juste incroyable et devrait déclencher chez tout lecteur normalement constitué une sensation de pur enchantement. Mais dans « La Cuisine des ogres », il y a aussi du fond, avec un propos très stimulant porté par le personnage de Trois-Fois-Morte et son parcours initiatique. Sous les bandages masquant ses blessures, tant physiques que psychologiques, la fillette au surnom bien trouvé, consciente qu’elle a survécu miraculeusement à tous les dangers, n’a plus peur ni de la mort ni des monstres qu’elle choisit d’affronter. En adoptant une grille de lecture plus métaphorique, tous ces monstres sont peut-être un peu les nôtres, intérieurs comme extérieurs, incarnant d’une certaine manière les figures patriarcales dominantes de notre monde auxquels nous nous soumettons trop souvent et qui entravent notre quête de liberté. Bien que cette série soit classée « tout public » sur le site de l’éditeur, on conseillera tout de même aux parents de vérifier que ce premier tome, un brin « gore » et morbide par moments, convient à leurs jeunes enfants, malgré son apparence de conte merveilleux… Tome 2 : Une vie de vaurien Ce second tome de « La Cuisine des ogres » peut être considéré comme le contrepied radical du premier tome. Alors que ce dernier était centré autour du personnage de Trois-Fois-Morte, nous allons ici suivre les pérégrinations de Brèche-Dent, dans le même registre du parcours initiatique. Mais cette fois, l’action se déroulera hors des murs de la cité de la Dent du Chat, à l’inverse du tome précédent qui pouvait être vu comme un huis clos. De même, la personnalité de nos deux héros est très différente. Si le courage et le désir de sortir de sa condition caractérisait Trois-Fois-Morte, le jeune korrigan souffre en revanche d’un manque de confiance en lui et de la peur de quitter son environnement familier, quand bien même son poste de plongeur ne lui ouvre guère de perspectives. Leur seul point commun est la bienveillance et la générosité d’âme. Mais le problème pour Brèche-Dent, « rejeton d’une korrigane délurée et d’un père aux origines pas très bien déterminée », c’est qu’il semble résigné à accepter son statut de figurant, peu importe les marques de mépris à son encontre. De plus, il ne possède aucun talent particulier, se sent nul vis-à-vis des autres, sans parler de son défaut de prononciation qui n’arrange pas les choses. Brèche-Dent, qui malgré sa timidité insurmontable, se montre peu enclin à céder aux menaces de La Grignotte qui l’a enjoint à trahir sa meilleure amie Trois-Fois-Morte, car ce qui est certain, c’est que le jeune korrigan est d’une loyauté exemplaire. C’est ainsi qu’il va décider de s’éloigner de la Dent du Chat et tailler la route pour vivre une aventure riche en rebondissements, parsemée de rencontres avec une galerie des personnages hauts en couleurs, notamment un cafard prénommé Chrysostome, « cloporteur » multilingue, qui va l’accompagner tout au long de son périple. Une fois encore, Fabien Vehlmann n’a pas ménagé sa peine pour concevoir un scénario rempli de circonvolutions fort originales, même si l’on n’en saisit par forcément la pertinence au premier abord (notamment la séquence du dahu). Mais ici, la fantaisie est reine, le but étant de susciter l’émerveillement, et en cela on peut dire que le but est atteint. On appréciera les références ou simples clins d’œil, conscients ou pas, à des œuvres du cinéma ou de la littérature enfantine. Lorsque Brèche-Dent se fait avaler par le Léviathan, on ne pourra s’empêcher de penser à « Pinocchio », de même avec le cafard Chrysostome qui peut rappeler également Gemini Cricket. La scène des cuisines de la Brigade du sucre évoquera immédiatement « Charlie et la chocolaterie », tout comme la séquence explosive du gâteau géant. Comme pour l’opus précédent, tout cela est parfaitement relayé par le talent graphique de JB Andreae et la palette de couleurs très soignée. Ici encore, le duo a fonctionné à merveille. En se centrant sur le personnage de Brèche-Dent — qui, dans le tome précédent, servait un peu de faire-valoir à Trois-Fois-Morte, héroïne "sans peur et sans reproche" —, ce second volet de La Cuisine des ogres rend hommage à tous les invisibles, poissards, losers et autres "moins que rien" à qui rien ne réussit, mais qui n'en sont pas moins valeureux, portés par leur abnégation et leur volonté d'aider leur prochain. Tout être a une histoire et un vécu dignes d'intérêt, et ce récit pose la question : pourquoi les projecteurs ne seraient-ils pas braqués, pour une fois, sur ces âmes pures qui mériteraient bien leur part de lumière ? Dans la lignée de son prédécesseur, « Une vie de vaurien » est une réussite, faisant d’ores et déjà de « La Cuisine des ogres » une série qui s’inscrira parmi les meilleures de la décennie, grâce à son propos et à son inventivité susceptibles de toucher un public diversifié.
Très chouette lecture ! Plaisante, agréable. D’abord grâce au superbe dessin d’Andreae. Remarque valable pour les personnages comme pour les décors. Tout y est lumineux (la colorisation est, elle aussi, très réussie !). Le récit concocté par Vehlmann est du même très bon niveau. Une histoire qui part sur des touches très noires et sanglantes (voir le massacre, déchiquetage et autres joyeusetés lors de l’arrivée des captifs dans la « cuisine des ogres »), et qui, peu à peu bascule sur des tons et des idées bien plus apaisées. C’est ce mélange réussi de noirceur et d’empathie qui donne une saveur particulière au récit. La fin ouverte laisse à penser que les auteurs se sont laissés la possibilité de poursuivre dans cet univers. Pourquoi pas ? Il faudra continuer à surprendre. L’aspect graphique me fait en tout arrondir aux 4 étoiles (note réelle 3,5/5).
Par les dieux que c'est bien, que c'est beau. Comme certains de mes petits camarades dans les avis précédents, lorsque je vois une BD signée Jean Baptiste Andreae je ne réfléchis pas une seconde et fébrilement je prends le dit objet avec un mélange de joie contenue et de fébrilité, quand vais-je enfin pouvoir me poser pour lire la chose ? Depuis MangeCoeur et Azimut je voue à Mr Andreae et à son dessin une sorte de culte. Richesse des décors, foisonnement des détails, à tel point que j'ai lu la BD deux fois de suite. La première pour découvrir et la deuxième pour me concentrer sur tous ces petits détails dont je parlais plus haut. Voilà quelqu'un qui sait ce que veut dire remplissage d'une case ; ce terme de remplissage pourrait paraitre péjoratif, mais pour moi il n'en est rien tant cela concourt à la magnificence du rendu final. Pour ce qui est de l'histoire en elle même l'univers du conte ainsi présenté répond parfaitement aux critères du genre, un savant mélange de passages "qui font peur" : le hachoir géant et puis des plages d'une grande poésie. Parfaite alchimie entre le merveilleux, le fantastique et la noirceur cet album ravira les grands comme les plus petits. Un seul regret j'aurais aimé que cela soit plus long. Encore une réussite.
J'aime beaucoup les contes. Leurs formes, leurs péripéties, leurs personnages évoluent au gré du temps et des cultures, muant et se transformant souvent de manière surprenante pour adapter et illustrer les morales et coutumes d'époques et lieux varié-e-s, mais leur fonction de vecteur d'informations perdure. Ils sont toujours des bases culturelles communes servant à illustrer des leçons, imbriquant subtilement des codes et des mises-en-gardes (par la peur d'un croque-mitaine, la bonté et/ou la sagesse illustrée d'un être bon ou encore la mise en situation d'actes à reproduire ou ne pas reproduire). Cet album est sans nul doute un conte. Peut-être même l'auteur s'est il inspiré ou a adapté/transformé un conte ou une légende déjà existant-e. Qui sait ? En tout cas j'ai beaucoup ressenti cet effroi, cette déformation monstrueuse des peurs, cette singularité presque hors-norme de la protagoniste qui devient vectrice malgré elle d'une leçon à tirer. La forme de la morale est plus ou moins ouverte, laissant libre cours à l'imagination des lecteur-ice-s, mais cherchant indéniablement à parler et à transmettre quelque chose. L'album brille incontestablement par son dessin. Je ne connaissais pas Jean-Baptiste Andreae, mais c'est à coup sûr un nom que je retiendrais à partir de maintenant. Son dessin est beau, à mi-chemin entre l'adorable et le grandiose. Quoique cette impression de grandiose du dessin me vient peut-être du travail sur les tailles dans cet album précis. Tout comme Trois-fois-morte, on se sent écrasé-e-s par ces décors et ces personnages gigantesques et monstrueux. Ce gigantisme et cette transformation horrifique de décors et milieux connus et courants (des cuisines notamment) marque et m'a vraiment charmée. Ce gigantisme et cette horrification de la cuisine et de la faim m'a également rappelé le jeu vidéo Little Nightmares (premier du nom pour le coup, le second a quant à lui une ambiance horrifique toute autre). Je le recommande chaudement d'ailleurs, un petit coup de cœur esthétique personnel.
Conte culinaire servant de gentils orphelins désœuvrés à de terribles ogres affamés. Après une introduction gothique à souhait à la Dickens, nous découvrons le repère des ogres pour y suivre les pérégrinations d'une jeune fille fascinée par la gastronomie, mais toujours susceptible de finir dans une assiette. Que ces deux parties s'imbriquent maladroitement s'excuse volontiers, le merveilleux retenant davantage l'attention et autorisant tous les excès. Mais notre implication est entachée par ces revirements (comment notre héroïne parvient à passer de maladroite et peu dégourdie à courageuse et ingénue, mystère...) et un détachement s'invite inévitablement. De même, les illustrations d'Andreae qui a bien des égards peuvent apparaître comme un véritable point fort, sont si chargées, fourmillantes de couleurs éclatantes et de détails, qu'elles finissent par nous rendre plus spectateurs que co-aventuriers : le souffle épique ne se vit même plus par procuration, il se constate. Un joli conte, nous laissant sur le pas de la porte, et que l'on eut aimé apprécier davantage.
Incontestablement une très bonne bd et pourtant je n’ai pas été charmé totalement. D’où ma note qui peut paraître sévère, d’autant que les 2 auteurs livrent du beau boulot. En fait, je m’attendais tellement a du lourd à la vue du casting que j’ai été déçu de tomber sur « du juste sympa ». Depuis MangeCoeur J-B Andreae est un artiste que j’aime suivre. Son style allie toujours finesse et magie dans une belle élégance. Difficilement critiquable, en plus son bestiaire et personnages sont plutôt attachants. Je me méfiais plus du scénariste Fabien Vehlmann dont les histoires ne m’ont pas tout le temps attrapé. Le récit de La cuisine des ogres se situe un peu entre les deux. Alors que j’adore les contes et que j’apprécie celui-ci (je suis juste dur), mon intérêt vacillait au fil des pages. J’aime l’univers et la fin, mais ça m’a semblé un chouïa trop dilué. Je ne saurais trop dire si c’est pas assez court ou en manque de péripéties pour le nombre de pages pour me contenter pleinement. C’est quand même très cool à lire, rien que pour le plaisir graphique, l’univers en place et le tous publics. 3,5
Un conte sympathique à lire, mais qui ne m'a pas trop marqué. Le dessin est vraiment très beau et crée une belle atmosphère de conte. En revanche, le trait manque un peu de dynamisme lorsqu'il y a de l'action. Les personnages m'ont semblé un peu figés, même lorsqu’ils bougeaient ! J'ai eu l'impression que le dessinateur était peut-être plus adapté pour un livre d'illustrations que pour de l'art séquentiel. Quant au scénario, Vehlmann crée un univers intéressant, même si ça manque d'originalité par moment. En fait, c'est vraiment le type de BD qui mélange les scènes excitantes avec des scènes un peu plus poussives. Mon intérêt pour le récit a donc varié au fil des pages, et j'étais bien content lorsque c'était enfin fini. Le genre d'album que j'emprunte une fois à la bibliothèque et que je ne pense pas relire un jour.
J’avais découvert Jean-Baptiste Andreae avec Azimut, et comme Cacal ca a beaucoup joué dans ma décision de repartir avec ! Il reste fidèle à son style si particulier, avec ses couleurs féeriques et ses dessins pleins de détails. Les scènes sont magnifiquement réalisées, avec une atmosphère à la fois poétique et sombre, qui sert à merveille cet univers d’ogres gourmands et cruels. L’histoire, portée par Fabien Vehlmann, est un conte noir qui rappelle les récits classiques tout en y ajoutant une touche d’humour et de modernité. Certes, le scénario ne brille pas par une grande originalité, on retrouve des ingrédients assez standard du genre, mais l’ensemble fonctionne bien. Blanchette, ou plutôt “Trois-fois-morte”, est une héroïne attachante, et sa quête pour sauver ses amis des fourneaux des ogres tient en haleine, même si certaines péripéties semblent parfois un peu trop attendues. Sans surprise, ce qui m’a surtout séduit, c’est la richesse visuelle du récit. Andreae excelle dans les jeux de lumière, les cadrages surprenants et les détails qui peuplent chaque page. Que ce soit dans la représentation du lac d’eau de vaisselle hanté ou la cuisine sinistre des ogres, chaque décor prend vie. C’est vraiment un album où l’on se régale à tourner les pages, même si l’intrigue manque par moments de surprise.
MIAM ! Cette "cuisine des Ogres" recelle autant de visions fantastiques que de dangers mortels. Les auteurs remettent au goût du jour la recette des contes d'antan : noirceur et merveilleux. Les références sont multiples. Il me semble que Fabien Vehlmann pioche aussi bien chez Perrault, Rabelais ou Cervantes que dans le jeu vidéo ("Little Nightmares") et le dessin animé (Le Voyage de Chihiro). Malgré tout il parvient à maintenir une certaine cohérence et l'histoire globale est enlevée et agréable à suivre. De nombreuses scènes spectaculaires sont sublimées par le dessin généreux de Jean-Baptiste Andreae. Sa couleur directe est un régal pour les pupilles. Les personnages sont différenciés et expressifs, dans un style original. Tout au plus aurais-je aimé apercevoir davantage le visage de Trois-fois-morte, couverte de bandages la plupart du temps. En parlant d'elle : heureusement qu'elle a un surnom badass parce que "Blanchette" c'est pas terrible, même si ses amis sont des chèvres... Je suis content d'apprendre qu'il y aura une suite et curieux de découvrir qui en sera au centre, puisque le personnage principal devrait changer.
Voilà une lecture que j'ai appréciée pour son ambiance très forte. J'ai même été surpris par le ton cruel et l'aspect effrayant, croyant entamer une BD jeunesse. La cuisine des ogres a réveillé chez moi ce mélange de peur et d'attrait qu'avait exercé sur moi, enfant, le conte Barbe Bleue, avec ses images de corps sanglants suspendus à des crochets de bouchers. Déjà bien trash, non ? Je me souviens très bien avoir été très très impressionné, avec l'imagination qui prenait le relais... Bref ! A ce stade, on n'a toujours rien dit de la BD. Le dessin est chouette et sert très très bien ce conte noir pétrole. Les cases sont travaillées et pleines de détails. Tout est très bien amené, les premières pages sont très prometteuses. Le paysage est en outre original puisqu'on découvre, et c'est (presque) le titre, l'envers de la cuisine des ogres : l'arrière boutique en quelque sorte. Et cela donne lieu à des scènes savoureuses dans des lieux insolites. je pense en particulier à ce lac d'eau de vaisselle, hanté par une créature abominable. L'idée de faire intervenir le Croquemitaine, vu ici comme le fournisseur officiel des ogres en chair fraiche est une idée qui fait mouche, d'autant plus qu'il est représenté de manière tout à fait sinistre. J'ajouterai sans spoiler qu'on termine sur lui de manière surprenante, les auteurs révélant une face tout à fait inattendue du personnage, et ça c'est très beaucoup appréciable. Oui oui, plein de bonnes choses dans cet album copieux (entendu ici dans tous les sens du terme, hé hé) et bouillonnant. Toutefois, j'ai à plusieurs reprises été distrait de ma lecture par des passages que j'ai trouvé ou un peu digressifs, ou mal emboités, ou un peu forcés. Il y a un côté un peu mal peigné dans les finitions scénaristiques, ce qui me surprend de la part de Vehlmann. Tout cela aurait pu selon moi être plus ramassé. Il y aura apparemment une suite. Je serai de la foule des lecteurs malgré toutes mes retenues, parce que c'est quand même une bonne BD. Reste qu'en tant que professionnel, à l'heure où j'attends mes commandes récentes, je me pose encore la question de savoir où est-ce que je vais bien pouvoir ranger cette histoire. En jeunesse ? Chez les ados ? Chez les adultes ?... Mais ça, c'est une autre histoire, même si on peut se dire à l'aune de ce genre d'interrogations, que les auteurs viennent, mine de rien, de réaliser une œuvre transgénérationnelle. C'est déjà en soi très habile.
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