Les derniers avis (7515 avis)

Par Maguy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Odyssée d'Hakim
L'Odyssée d'Hakim

3 magnifiques tomes qui humanisent les réfugiés et visibilisent leur courage et les dangers auxquels ils sont exposés. L'Europe dépense 13 milliards par an pour blinder les frontières, pourquoi ne pas les utiliser pour l'accueil et des voies d'accès sûres des personnes qui n'ont pas d'autre choix que de fuir!!! Ce livre devrait être enseigné à l'école et servir de point de départ aux réformes des politiques migratoires. Plus jamais de trajectoires comme celle d'Hakim!

02/02/2024 (modifier)
Par Londinium
Note: 5/5
Couverture de la série Blacksad
Blacksad

Blacksad se démarque indéniablement en tant que chef-d'œuvre, captivant dès le premier regard avec le graphisme remarquable de Juanjo Guarnido. Chaque page est une véritable œuvre d'art, alliant harmonieusement couleurs, détails méticuleux et expressions animales étrangement humaines. L'utilisation ingénieuse des animaux anthropomorphes confère une profondeur inattendue aux personnages, chaque espèce étant habilement sélectionnée pour refléter les caractéristiques de ses membres. Le scénario de Juan Díaz Canalès s'intègre parfaitement à cette esthétique visuelle. Les enquêtes policières, bien que parfois simples, servent de toile de fond à une exploration subtile des aspects sombres de la société. Malgré des variations de qualité entre les albums, chaque opus offre une plongée immersive dans un monde où la corruption, le racisme et la violence cohabitent avec la splendeur du dessin. Cependant, quelques réserves pourraient émerger concernant la complexité des personnages. Bien que le choix des animaux anthropomorphes soit réfléchi, le développement psychologique de certains protagonistes pourrait sembler en deçà des attentes. La série, visant un large public, pourrait être critiquée pour sacrifier une profondeur narrative au profit de l'accessibilité. Je ne peux qu'applaudir la manière dont Blacksad transcende les frontières du genre. L'alliance entre le talent artistique de Guarnido et la narration entraînante de Díaz Canalès crée une expérience qui va au-delà d'une simple bande dessinée. Bien que la série puisse présenter quelques lacunes, elle reste une incontournable dans ma bibliothèque, témoignant de l'impact durable qu'elle a eu sur le monde de la bande dessinée.

29/01/2024 (modifier)
Par yaglourt
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Atelier des Sorciers
L'Atelier des Sorciers

Voilà une oeuvre enchanteresse et un peu inclassable. Ce manga semble en apparence s'addresser aux plus jeunes mais il développe des thèmes adultes rarement abordés dans les mangas "tout public" (la différence, le handicap, l'homosexualité...). Cet univers magique empreint d'une certaine noirceur rappelle Full Metal Alchemist (la magie dans l'un et l'alchimie dans l'autre peuvent être sources de merveilleux comme de drames terribles si mal utilisés). Le chara-design est résolument japonais mais le dessin est occidental (avec notamment l'utitisation de hachures plutôt que de trames) avec une grosse inspiration Art-Déco. Les personnages comme les décors sont splendides. L'auteure a fait l'effort de créer un système de magie bien fichu à base de sceaux et des 4 éléments. Autre particularité intéressante : la magie est censée être réservée à des élus sélectionnés à la naissance pour leur "don" mais on découvre dès le 1er chapitre (voir la galerie d'images) qu'en fait n'importe qui pourrait pratiquer la magie pour peu qu'il apprenne à dessiner les dits sceaux. Ainsi la caste des magiciens s'apparente plus à une secte ésotérique qui garde jalousement ses secrets pour ne pas laisser la magie et ses potentiels dangers entre n'importe quelles mains... Mais certains jeunes sorciers ne sont pas de cet avis et s'ensuit une réflexion intéressante sur l'éthique dans la pratique de la magie. Un très beau récit d’apprentissage.

25/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Irena
Irena

Série que j’ai adorée car elle nous fait découvrir une femme admirable qui a sauvé la vie de milliers d’enfants juifs, du Ghetto de Varsovie. La narration est efficace plutôt claire, passant du passé au présent sans trop de difficulté. La série est une série pour jeunes mais qui n’épargne rien, même le sort d’enfants. Les adultes y trouveront aussi tout à fait leur compte. Le dessin est assez enfantin, mais il permet « d’adoucir » quelques moments qui auraient été encore plus durs avec des graphismes plus réalistes. Une série que j’ai adoré emprunter et que j’achèterai dès que possible pour ma collection de BD. Un devoir de mémoire que tout le monde doit lire. Elle mérite cette note de 5 étoiles selon moi.

24/01/2024 (modifier)
Par Beat
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hérauts
Hérauts

J'ai mis du temps à lire cette série et je suis très agréablement surpris. D'accord, la présentation est parfaite, mais cela ne dit généralement pas grand-chose sur le contenu. Les deux histoires sont passionnantes et l'intégration de l'héraldique est à mon avis très réussie. Les dessins de Begue sont géniaux. J'espère que la série sera poursuivie. J'attends déjà avec impatience le troisième tome. Recommandation d'achat inconditionnelle.

24/01/2024 (modifier)
Par Monnet
Note: 5/5
Couverture de la série Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy

Bonjour, après une brève lecture des commentaires je suis consterné pas l'étroitesse d'esprit de certains lecteurs. J'ai découvert Lanfeust entre mes 8 ou 9 ans, étant jeune et sans une vision noircie par l'âge j'ai su apprécier chaque page que j'ai pu découvrir. Aujourd'hui, presque 20ans après la lecture de mon 1er tome, je ne comprends pas cette négativité pour quelques répliques ou scènes que certains ont trouvé dérangeantes voire même choquantes. Pourtant cette BD ne m'a pas rendu sexiste ou homophobe mais a juste permis à mon jeune esprit de rêver et m'évader, mon éducation faisant le reste. Pour ma part je recommande à tous les amoureux de la BD et comme beaucoup de chefs-d'œuvre elle trouvera ses détracteurs.

24/01/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Mister X.
Mister X.

Avec comme point de départ l'idée très originale d'une ville "malade", psychologiquement nocive pour ses habitants à cause des impératifs économiques qui ont présidé à sa construction (!), Dean Motter, Paul Rivoche, Gilbert, Mario et Jaime Hernandez (ce dernier au dessin, stylistiquement guidé par Rivoche) ont, en quatre épisodes, troussé un quasi-thriller très dynamique -et amusant !- où l'on suit les tribulations assez désordonnées d'un héros franchement dépassé par la tournure des évènements, mais déterminé à tenter de sauver ce qui peut l'être de cette utopie de béton et de technologie. Rebondissant (littéralement !) d'une rencontre à une autre -chaque intervenant très brillamment défini ET par les dialogues Et par le graphisme prodigieusement alerte et maitrisé de Jaime Hernandez !-, Mister X, usant de moyens bluffants de nouveauté et d'inventivité (!!), parvient à nous tenir en haleine jusqu'à la fin de cet arc, qui mêle très harmonieusement l'ambiance Polar des années trente avec l'esthétique S.F. des Pulps des années cinquante (entre autres...) pour, finalement, un rendu pas mal Eighties, "BDéistiquement" parlant. Seulement quatre épisodes traduis et réunis sous la forme d'un album assez luxueux : la couverture de Rivoche est magnifique. Mais les choix scénaristiques de Dean Motter (ainsi que les tentatives d'imitation maladroites du successeur de Jaime Hernandez, forcément vouées au "moins bien") pour les suites non traduites, trahissent tellement le script original qu'on peut largement se contenter de ces débuts brillantissimes... Au choix. Jaime Hernandez, comme d'habitude, est extraordinaire d'aisance ; et ses coups de crayons/pinceaux, pleins de retenue, de précision et de rigueur graphique (proportions, profondeur, perspectives, Etc...), offrent au récit un allant qui frôle une ambiance "Cartoon", pleine d'énergie et d'efficacité dans sa "simplicité". Le moindre anonyme qui passe est arbitrairement très "relooké" et l'ambiance générale de Radiant City s'apparente à un "clip-vidéo" des années quatre-vingt : la musique de l'époque semble rythmer les cases -découpage classique mais mise en scène, angles de vue et ellipses parfaitement orchestrés- et le mix général de l'ensemble finit par former un tout très cohérent -et, encore une fois, très dynamique. La colorisation (Rivoche) semble faite au feutres (j'en ai eu, des comme ça : pour designers...) et, pour complémentaire qu'elle soit du style graphique employé et de l'ambiance voulue par l'histoire, elle pourra rebuter certains. Étant donné le réel soucis esthétique des créateurs pour leur sujet, je trouve qu'elle se justifie par son parti-pris Coloriage : la ville, stylisée à l'extrême par ses forts contrastes ombres/lumières -mais pas forcément très jolie-jolie !- bénéficie ainsi d'un éclairage qui accentue son côté décors de théâtre. Une BD au sujet résolument unique et qu'on relit toujours avec plaisir ; et dont le ton général force la sympathie tant la caractérisation des personnages est réussie. De "l'affective" Mercedes à l'inflexible Katsuda, en passant par l'impitoyable Zamora et sa jalousie possessive envers l'immature Patrice ; ou bien encore la superbe Consuelo et jusqu'au si torturé héros de l'histoire, chacun d'entre eux participe avec beaucoup de bonheur à un ballet finalement pas mal Soap et assez magistralement réglé : la justesse de leurs relations interpersonnelles, ainsi que des dialogues particulièrement bien écrits, ajoutent encore à la profondeur de l'histoire. Témoignage talentueux d'une époque riche d'idées très "neuves" dans l'univers des Comic-Books.

24/01/2024 (modifier)
Par Titou
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mammouth et Piston
Mammouth et Piston

Je me dois de défendre cette œuvre et la replacer dans son contexte : en effet contrairement à little Kévin qui représente l'aboutissement de l'art de Coyote, mammouth et piston était d'abord publié par planches. Cette œuvre est de la même veine que les productions fluide glacial ; si vous n'accrochez pas l'humour de super Dupont ou pervers pépère passez votre chemin. Cela dit la qualité graphique est au rendez-vous, et plus qu'une œuvre dédiée à la réflexion vous aurez en mammouth et piston un humour potache gras et velu, et surtout une immersion dans un monde que peu de gens connaissent celui des Harley Davidson et du cambouis. Si comme moi vous vous identifiez au personnage, à sa philosophie de comptoir et sa bonhomie proverbiale vous élèverez cette BD au rang de culte.

22/01/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Dérives
Dérives

Ah ben voui ! Trop de beauté graphique pour qu'on passe à côté ! Malgré la variété des scénarios -il n'y a que celui de Goffaux, en complet porte-à-faux (gag!) avec l'ambiance générale, qui me déplait (sujet et exploitation de celui-ci.)-, le génial Artiste transcende encore une fois de sa maestria scénographique les planches de ces historiettes aux styles dépareillés. Il parvient à nous faire vivre, de l'intérieur, le désarroi d'un touriste lourdement "chimitisé" -probablement dépressif si on ajoute son apparence à sa mini biographie, qui insiste sur la vacuité de son existence- au travers d'une débauche de couleurs qui traduisent assez puissamment le malaise du personnage. Suit le récit, beaucoup plus plan-plan, de la cavale d'un assassin décidé à accomplir son "devoir" filial ; traité beaucoup plus classiquement, en noirs et couleurs pâles : très Polar. Si ce choix est basique, le découpage, là encore, réussit à rehausser la "facilité" du scénario : rien n'est plat dans la vigoureuse traduction picturale qu'en fait Andreas. Ensuite on décolle -carrément !- avec une histoire (incroyablement datée dans la mise en scène de son sujet éculé !) d'invasion extra-terrestre, pour laquelle ce fou au service de l'image nous ferait presque soupçonner qu'il ne carbure pas uniquement au café... Chaque case est à encadrer et, pourtant, les planches filent sous nos yeux éblouis comme un véritable arc-en-ciel de sens et de beauté. Incroyable d'arriver à ce genre de sommets graphiques à partir d'un matériau aussi pauvre : c'est de l'alchimie -et la preuve, s'il en était encore besoin, que la Bande Dessinée est bien l'art de fusionner texte et image en un tout supérieur, et non pas uniquement de les polir l'un-l'autre jusqu'à l'obtention d'un prix quelconque... J'ignore qui, de Bezian ou d'Andreas, a eu l'idée de cette vertigineuse descente d'escalier ; mais force est d'admettre que le traitement graphique, une fois de plus, transforme ces piquants échanges de fin de soirée en théâtre grandiose. Et, grâce à la maitrise décidément pluri-disciplinaire de l'artiste, on lit cet intermède brillant de simplicité (apparente : les dialogues sont très bien écrits) avec l'impression d'assister à une représentation de très grande qualité. Beaucoup plus abscons est l'ovni suivant ! Rien compris, sinon le contexte ; mais le choix d'un dessin qui fleure presque les années Pilote offre à ces quelques planches mystérieuses un glacis suffisamment personnel pour, encore une fois, provoquer un ressenti différent. La dernière collaboration, beaucoup plus classique dans son traitement de la part des deux associés, offre d'avantage à Andreas l'occasion d'exercer son art à traduire les sentiments : chaque personnage, en une ou deux cases seulement, exprime toute l'essence de sa personnalité -Yann y est aussi pour beaucoup, évidemment !- et l'histoire, pleine de familiarité et non dénuée d'un certain humour, nous permet de revenir sur Terre en douceur après cette virée un poil chaotique. Mais cela aussi fait parti du plaisir de lecture, quand on se frotte à un créateur aussi libre et talentueux que celui-là. Culte.

16/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Klaus Barbie - La Route du rat
Klaus Barbie - La Route du rat

C'est le genre de lecture que j'aimerais ne pas faire tellement Brrémaud nous introduit dans le plus noir de l'homme. Il y a de très nombreux ouvrages traitant de cette période gestapiste avec un habillage plus ou moins de fictions. Pour n'en citer que deux le très vanté Il était une fois en France de Fabien Nury où la fiction l'emporte de beaucoup sur l'Histoire malgré un bon travail documentaire, ou le remarquable Madeleine, résistante bien plus proche d'un récit historique mais vu du côté des gentils. La gageure à laquelle est confrontée Brrémaud est de centrer le récit sur "le boucher de Lyon" au risque d'y mettre une lumière et une fascination morbide qui l'humanise trop au dépend de ses victimes. C'est vrai pour toutes les biographies des pires assassins. Pour éviter cet écueil les auteurs choisissent un ouvrage au format de documentaire historique à la lecture exigeante. Comme l'indique la quatrième de couverture l'ouvrage est destiné aux "lecteurs avertis". Les dialogues sont quasi absents de l'ouvrage et la parole est laissée dans la troisième partie, celle du procès, aux victimes du tortionnaire sadique. C'est une prouesse de l'auteur que de m'avoir captivé avec un texte off en continu, relatant des faits avérés souvent proche de l'insoutenable. Brrémaud n'a pas à inventer des ressors dramatiques, le drame est présent du début à la fin sans aucun répit. J'ai lu l'ouvrage en deux fois. Certains passages donnent presque la nausée et interrogent sur la justice quand on lit le parcours du gestapiste après le conflit. L'ouvrage est partagé en trois périodes, Lyon, la Bolivie et le procès. Brrémaud ne juge pas, il laisse l'Histoire parler, il laisse même la parole aux défenseurs de l'accusé. Jean-Claude Bauer propose un graphisme qui convient bien au didactisme du récit. Ses cases sont réalistes dans les personnages, les décors et les situations. Il utilise un crayon fin qui rappelle le croquis des portraits d'audience pour être le plus précis possible. L'auteur évite les fioritures et le sensationnalisme ou le voyeurisme morbide. La torture, les enfants déportés ne sont qu'entrevus mais cela n'amoindrit pas la force suggestive du visuel, au contraire. Une lecture forte et souvent dérangeante qui donne toute sa place à la réalité historique.

13/01/2024 (modifier)