Les derniers avis (7515 avis)

Couverture de la série Zaï Zaï Zaï Zaï
Zaï Zaï Zaï Zaï

J'ai emprunté ce petit ouvrage qui ne paye pas de mine sans savoir où je mettais les pieds. C'est un des plaisirs de mes lacunes immenses dans le domaine de la BD : s'émerveiller ou râler sur des "vieilles" séries que tout le monde connait. Dès les premières pages (la 2 ou 3) j'ai été intrigué puis déboussolé et enfin enchanté par l'exploitation à l'extrême de l'absurde des situations ou des dialogues que propose Fabcaro. C'est un humour d'une grande intelligence qui ne fait jamais appel à la vulgarité ni à la méchanceté pour sonner au plus juste. Derrière des situations qui renvoient à Alfred Jarry ou à Kafka cela reste une satire virulente de la société consumériste à outrance qui utilise un prêt-à-penser et des phrases toutes faites. A travers la pertinence et l'insolence de ses gags, l'auteur demande de réfléchir à la banalisation de l'indicible (pédophilie, suicide des jeunes, ouverture de façade...) Dans cet exercice Fabcaro approche en quelques pages la maîtrise des maîtres de l'absurde d'il y a 60 ans. Ces quelques pages sont bourrées d'un talent rare de grand alchimiste qui sait transformer la rouille qui nous entoure en or de l'esprit. Le graphisme est en harmonie avec la petite musique du récit. Le trait va à l'essentiel de l'expression verbale ou gestuelle. C'est simple et dépouillé de tout artifice superflu mais c'est fluide et cristallin. Une formidable découverte qui m'a fait passer un excellent moment de rire et de réflexion.

15/02/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Les Nouveaux Mecs
Les Nouveaux Mecs

On va finir par penser que je suis de parti-pris, en ce qui concerne Ralf König, à lui mettre systématiquement cinq étoiles... Ma foi ! Il nous livre cette fois un vaudeville hilarant où le genre du personnage-clé, classiquement "planqué dans le placard", n'est pas celui qu'on croit ; ce qui, bien évidemment, soulève toute une tempête de questionnements et d'évènements riches en péripéties et autres gags à vocations pédagogiques (bien au delà de l'argument "Bi" sous-entendu, complètement anecdotique). Parce que, oui : Ralf König, même s'il continue de nous exposer (avec un talent toujours renouvelé !) le quotidien si "banal" de ses contemporains "Homosexuellement orientés", n'hésite pas à nous éclairer aussi sur la condition du péquin moyen (mâle et femelle, d'ailleurs) quand il se prend un bon coup de pied dans le fondement de ses certitudes. Au delà des préoccupations si bassement utilitaires -... Même en ce qui concerne ses besoins libidineux !- du "héros" de l'histoire, ce "nouveau mec" dont la société moderne adoube tous les travers tant qu'il reste fidèle à son modèle-type originel (un sale con ordinaire, immature et borné mais socialement intégré), c'est encore une fois à nos propres illusions et vanités que l'auteur nous confronte. De la faiblesse intrinsèque du caractère de Norbert, absolument masochiste dans sa passivité et à qui Alex, avec logique, fait tout subir, jusqu'à l'artificialité de l'autonomie de Doro qui, malgré tous les arguments (patents !) lui prouvant la nullité de son ex, ne peut se résoudre à élever son futur enfant sans lui, ce sont tous les mécanismes imposés par nos émotions si culturellement calibrées qui sont mis en exergue - et ce dans toute leur absurdité ! Heureusement que l'humour si réjouissant de ce créateur allège le propos, tant la démonstration est criante de réalisme -et absolument pas flatteuse pour personne. Résolument universel, comme tout les albums lus jusqu'à présent. L’œuvre de Ralf König n'a décidément de férocement Homo que l'esprit avec lequel il met en scène le plus nul et le meilleur de nos vies : une certaine distance pleine de lucidité que tempère une tendresse infaillible. J'avais oublié, puisque l'avis porte sur les deux tomes -qui sont en fait deux histoires complètement autonomes, bien que se faisant suite- : la seconde "partie" est aussi bien scénarisée que la première (rare) et, surtout, encore plus comique ! " ... Reprenons. Ton mec aime le foot, mate des vidéos d'horreur et est impuissant." "Et alors ?" "Si j'étais psychiatre, je dirais que ton mec est un hétéro-sexuel latent." :))

15/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Journal inquiet d'Istanbul
Journal inquiet d'Istanbul

Coup de cœur pour cette bd que j’ai mis longtemps à lire après être allée la chercher à la bibliothèque quand on me l'a recommandée suite à la lecture de Dissident Club. La raison : le dessin me rebutait, j’avais l’impression de voir un dessin animé satyrique pour adultes . Mais en fait on s’habitue à ce dessin plein de caractère dont j’ai aussi apprécié le côté « volumineux » des formes . L’histoire est très intéressante, à travers l’autobiographie de l’auteur qui parle de pourquoi il a voulu faire du dessin depuis petit, on voit les intimidations des religieux sur sa famille, les angoisses de son père. L’artiste est vraiment sympathique et courageux mais montre aussi ses mauvais côtés quand il fait le filou avec sa copine …lol Je vais m’arrêter à ce tome 1 je crois car j’adore la fin.

14/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Moby Dick (Chabouté)
Moby Dick (Chabouté)

J'ai beaucoup aimé l'adaptation du roman de Melville par Chabouté. Ce dernier n'a probablement pas voulu suivre une adaptation exhaustive du roman. Il y a tellement de voies et de styles différents utilisés par Melville que le risque de produire un récit sans âme qui copie l'original était grand. L'auteur avait le choix entre les thématiques de l'aventure, du social, du documentaire. Chabouté semble avoir concentré sa vision de l'oeuvre sur le côté spéculatif et mystique des personnages. Les passages choisis renvoient presque tous à des interrogations métaphysiques (par exemple le sextant) et à une lutte entre le Bien et le Mal. Les références à l'autorité divine ou du capitaine sont nombreuses. Chabouté choisit ainsi de favoriser le personnage de Starbuck au détriment de celui d'Ismaël dont le nom apparait très peu au cours du récit. Le découpage du récit à partir d'une phrase issue du livre donne des points de repères comme des îlots qui nous accompagnent avec le Pequot à la sortie de Nantucket. Les dialogues sont assez rares comme souvent chez Chabouté jusqu'à l'apparition d'Achab qui va envahir l'espace d'où seul Starbuck saura se démarquer. La tension dramatique est présente dès la première apparition du capitaine et augmente jusqu'au paroxysme d'un final mis en scène de façon éblouissante par l'auteur. Le graphisme en N&B de Chabouté se prête magnifiquement à cette adaptation. Son dessin renvoie à l'intériorité des personnages qui évoluent au fil du charisme fou du capitaine. Dans un univers où la parole est rare (et sûrement pas pour contredire celle du capitaine), ce sont les postures gestuelles qu'insuffle le dessinateur qui font une grande part de la narration. Chabouté réussit à mes yeux la prouesse de fondre l'image de ses personnages dans son choix des textes souvent ardus qu'il emprunte à l'oeuvre originale. Même si je connais l'oeuvre originale, Chabouté m'a charmé avec l'ambiance spirituelle qu'il donne à son récit. Probablement la lecture que je préfère pour le moment de cet auteur.

14/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Black Stone
Black Stone

Franchement je suis resté bluffé par cette série de 2 tomes. Et je viens de voir que le tome 3 ne sortira pas car cette série est abandonnée Quel dommage l'histoire nous fait voyager dans un monde de magie de voyage et de mystères les dessins sont incroyablement réalisés les ambiances et les lumières m'ont fait voyager et je donnerais cher pour que le tome 3 qui était pourtant prévu paraisse un jour

13/02/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Ciel dans la tête
Le Ciel dans la tête

« Le Ciel dans la tête » vient s’ajouter aux nombreuses histoires qui nous montrent le calvaire des immigrés clandestins qui débarquent aux portes de nos pays riches, et le moins qu’on puisse dire, c’est que les auteurs frappent fort. Le parcours de Nivek est jonché de violence, chaque étape nous rappelle la complexité de la situation en Afrique (et ailleurs dans le monde). Nous rappelle que ces immigrés sont les victimes d’un système cruel que les européens et la Chine ne font rien pour enrayer. Que la RDC est le plus gros exportateur de coltan, minerai essentiel dans la production de nos appareils électroniques (tablettes etc.) grâce à ses nombreuses mines non-régulées et ses travailleurs esclaves. Que la traite des êtres humains existe toujours, juste à coté de chez nous, de notre confort quotidien. La fin est certes un peu convenue, mais touchante et terriblement réaliste. Difficile de ne pas s’émouvoir de la toute dernière page. Le dessin de Sergio García Sánchez et les couleurs de Lola Moral sont magnifiques, et sublimés par le format plein page sans marge. La représentation des personnages est originale, tantôt réaliste, tantôt déformée, se rapprochant presque du cubisme, ou de l’esthétisme sans relief des vitraux d’églises. Un délice pour les yeux, je faisais souvent des pauses lors de ma lecture pour admirer les planches. Un album dur, mais un sans faute en ce qui me concerne, et très certainement mon album préféré de 2023.

12/02/2024 (modifier)
Par Capoum
Note: 5/5
Couverture de la série Les Jumeaux magiques
Les Jumeaux magiques

Je donne à cette mini-série la note de 5/5 ***à condition*** qu'on la lise dans le Journal de Mickey avec les différents gadgets qui en faisaient tout l'intérêt. Il y avait cinq épisodes, chacun d'eux basé sur un des cinq sens : Odorat : images à gratter qu'on pouvait renifler, pour y sentir différentes odeurs, qui pouvaient être agréables ou non (rose, ail...) Vue : lunette rouge magique qui révélait des secrets cachés dans les illustrations Toucher : images à différentes textures sur lesquelles on pouvait passer ses doigts Ouïe : fil "chantant" qui récitait un message Goût : deux chocolats à goûter (ok, pour ce dernier point, c'était plus basique, d'autant qu'on ne peut l'expérimenter qu'une fois, contrairement aux autres) Bref, tout l'intérêt venait de ces interactions amusantes, qui étaient intégrées à l'histoire, pas mal ficelée mais bien sûr destinée à la jeunesse. Si on ne fait que lire l'histoire, en tant qu'adulte, et sans profiter du côté très ludique qu'offrait la version du Journal de Mickey, ce ne sera pas la même chose.

11/02/2024 (modifier)
Par BH
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Horde du contrevent
La Horde du contrevent

Formidable !!! Autant pour la qualité des planches et que pour l'atmosphère rendue. Vivement le tome 4. Je recherchais une BD captivante, je n'ai pas été déçu.

08/02/2024 (modifier)
Par karibou79
Note: 5/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

S'il ne fallait en rester qu'une... A la niche Tintin, c'est à Astérix que revient le trône de la série la plus solide, la plus drôle, la plus relisable (désolé, je ne trouve pas le mot correct) bref la mother of all BD franco-belge. Et plus qu'une BD c'est une institution qui, malgré des erreurs reconnues, a gravé dans l'imaginaire de la population "l'Antiquité, c'était comme ça". D'une BD qui aurait pu ne viser qu'un lectorat jeune, les 2 compères (car je ne parle ici que des 20 premiers albums, du duo Uderzo/Goscinny) y ont greffé une étude sociologique de l'époque et ethnologique au travers des albums se déroulant à l'étranger. Cela permet une relecture ad nauseam au fil des âges où l'on saisit petit à petit les allusions à la politique, les jeux de mot ou les références pop de l'époque. Réussir à être drôle et intelligent, sans sombrer dans la répétition, sur tant d'albums sortant à un rythme de manga, c'est tout simplement incroyable, je ne vois pas d'équivalent, donc 5/5 Culte évidemment. Maintenant s'il fallait prendre en compte la deuxième tranche des albums, la note changerait évidemment. Mais rien à faire tant les albums évoqués précédemment ont marqué des millions de lecteurs. D'ailleurs qui dit tout de go "astérisque" et non "asterix" en parlant orthographe? Plusieurs avis livrent leur best-of, c'est mission impossible pour moi. Car même si un album est en-deça, il en restera toujours une séquence, un personnage ou une réplique culte.

07/02/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Bernard Prince
Bernard Prince

Découvert tardivement, en extraits, dans le Journal de Tintin (La Flamme Verte Du Conquistador.) et pas mal accroché même si, à l'époque, je n'arrivais à me passionner vraiment que pour la Science-Fiction et le Fantastique -et les Super-Héros, évidemment ! Mais le coup de poing magistral de Jordan au "Pas regardable" Tuxedo m'a définitivement séduit...! Je n'ai "collectionné" que les albums illustrés par Hermann : cet avis est donc un peu biaisé... L'excellent travail de mise en page et les couleurs si éclatantes affirmaient la supériorité graphique/stylistique de la bande sur nombre de ses voisines ; et le trait de Hermann, aussi réaliste dans la représentation des décors/objets/Etc... Que romantique (et souvent extrêmement sensuel...) dans les traits et les attitudes des personnages, assure à la série une authenticité définitivement à part ; et ce même malgré les poncifs situationnels (pour l'époque) des scénarios de Greg (néanmoins toujours très agréablement brodés d'un humour juste assez calibré pour autoriser une distance bienvenue d'avec les univers explorés par le trio -plutôt concrets...). Trio, ma foi, à la dynamique convenue même si, en effets, Bernard Prince demeure un personnage très particulier, qui arrive à incarner sans réel inconfort (sinon pour lui-même !) les plus nobles sentiments avec un pragmatisme tout de rigueur et de bon sens. Remarquable travail de la part de Greg, sur ce coup-là. Jordan, dans ses meilleurs moments, mimique évidemment l'humanisme (tout en rondeur mais néanmoins TRÈS entier !) du Capitaine Haddock... En plus agressif. Et Djinn serait un Tintin plus malicieux -ou alors un Abdallah heureux ?! Une famille recomposée pour le meilleur, en tous cas. Ce bol qu'il a eu, le Djinn, de pouvoir découvrir la vie en compagnie de ces deux mentors aux caractères si différents et complémentaires... Je crève de jalousie !

05/02/2024 (modifier)