Magnifique, jusque dans la qualité des pages de la BD !
C’est un réel plaisir de se plonger dans cette histoire.
Il en sort une véritable chaleur dans les pages, dans les dessins et dans l’histoire !
Bravo, et merci pour « cette petite merveille de fraîcheur ».
Je ne peux m’empêcher de voir derrière ce fabuleux conte, un style, une façon de nous raconter l’histoire propre à Alban Guillemois bien sûr (que je ne connaissais pas), mais qui me rappelle un certain Tim Burton... (Comparaison personnelle)
Quelle richesse d’imagination, de précision !!!
Un avis sur L'Affaire du Voile
Après l'Enquête Corse, le pétillant Pétillon nous régale de nouveau d'une de ses BD follement drôle et affûtée autour d'un thème on ne peut plus "dans le vent".
Car ce qui frappe le premier dans les histoires inventées par Pétillon, c'est sa connaissance hyper-pointue de l'actualité, et la facilité avec laquelle il arrive à la glisser dans ses albums. Son travail de dessinateur de presse lui apporte évidemment une base on ne peut plus solide sur la question. Dans "L'affaire du voile" il fait de nouveau mouche, et les situations et les gags dont il nous abreuve sont d'une véritable délectation car inspiré d'anecdotes souvent réelles (paraîtrait que le tapis de prière équipé d'une boussole existe réellement... avec GPS c'est pour bientôt alors ?). Ces aventures de Jacques Palmer au sein de l'actualité (totalement en phase avec même depuis "Un détective dans le Yucca) résonnent du coup parfaitement chez le lecteur.
Et surtout, surtout, Pétillon n'est pas méchant. Il ne recherche aucunement la charge virulente mais plutôt à moquer gentiment les travers de ses contemporains par un humour décapant et irrésistible : imam modéré ou intégriste ; jeune musulman fanatique depuis 2 jours; délégués de Ministères; chirurgien égocentrique... Il les décrit tous avec une petite pointe de tendresse qui ne les rend jamais, vraiment jamais, antipathiques. Et c’est rafraîchissant.
Un auteur qui joue avec le temps, on peut s’attendre à une œuvre fantastique ou de SF, mais là il n’en est rien. Kevin Huizenga nous propose une ballade sur les traces de Glenn qui se remémore ce qu’il a fait les années précédentes en parcourant un chemin identique dans la rue.
L’effet aurait pu vite s’essouffler mais Kevin Huizenga nous surprend avec un jeu sur le maniement des cases et sur le découpage. Il a une façon très personnelle de représenter le temps qui fait mouche. J’ai particulièrement apprécié le chapitre consacré à ces papiers jetés par un cycliste sur la chaussée et la façon dont Glenn interprète les raisons qui ont amené cette personne à agir ainsi.
L’originalité de cet album ne s’arrête pas à ces premiers chapitres, les suivants sont enchaînés avec maestria. En décomposant la vie quotidienne, les interrogations et les rêves de Glenn, Kevin Huizenga représente ce que chacun de nous a pu vivre à côté de la personne qu’il aime et le dernier chapitre où Glenn imagine ce que tous les couples peuvent penser une fois couchés est poignant.
Graphiquement, c’est une œuvre à ranger dans la catégorie ligne claire avec des couleurs en bichromie bleue. Le dessin sert parfaitement le scénario.
Une nouvelle fois Vertige Graphic tape juste dans ses choix éditoriaux !
Je vous conseille la lecture de ce très bon article sur actuabd :
http://www.actuabd.com/article.php3?id_article=3332
Petit message pour vous donner l'envie de découvrir cette série :
Avez-vous remarqué ce si gentil pasteur qui habite sur votre palier. Toujours un petit sourire lorsqu'il vous salue, sa mère si inquiète dans cette grande ville débauchée et remplie de criminels de tous acabits et ce chat qui vous méprise...
Et pourtant, être et paraître sont toujours liés et vous avez beau savoir que l'habit ne fait pas le moine, tout de même...
Cela a été un choc de découvrir votre voisin dans le journal sous le titre "Un ange trépasse". Sur le moment vous vous êtes dit c'est un sosie. En effet dans le journal on parlait d'un lieutenant de police et non d'un pasteur...
Autant écrire une lettre à Satan vous êtes-vous dit...
Et puis vous vous êtes remis à vos livres de philosophie, hé oui la vie d'étudiant est faite d'examens... Nietszche celui qui écrivit "Dieu est mort".
Ce soir pourtant la motivation n'est pas là. Allez on allume sa TV... tiens, c'est quoi ce reportage... une fusillade dans un monastère, et bien, il y a eu de la fureur chez les saints ce soir. Tiens, un des criminels qui nous fait une petite confession express devant les caméras...
Et soudain le nom... lieutenant Solomon... Solomon... mais c'est le nom de votre voisin ça...
Houlà drôle d'histoire, depuis, vous l'épiez, vous cherchez à comprendre... Tiens sa mère est cardiaque... vous comprenez lentement...
Il a de drôles de commandements ce pasteur-là... "Tu ne buteras point", "Lève-toi et meurs", "Tuez en paix". De toute façon pour la question de savoir ce qui est bien et ce qui est mal vous avez compris depuis longtemps que Dieu seul le sait.
Il vous est devenu encore plus sympathique ce voisin, non ? Votre seul crainte est qu'il confonde un peu trop, prières et balistique n'est-ce pas?
Au fait, vous saviez que votre voisin est devenu le héros d'une série de BD absolument savoureuse et ... comment ça "Délivre-nous du mal" ??????
A propos de : Tango
Ecrire ce qui a touché, ce qui sonne juste pour soi est un exercice toujours difficile. Dans le cas des Corto Maltese en général c'est toujours plus dur que pour autre chose, car là, on s'attaque à un mythe de la bande dessinée.
Dans cette aventure, nous retrouvons Corto Maltese en Argentine. Il est à la fois à la recherche d'une amie, sur les traces de sa folle jeunesse et permet en plus à Pratt de nous parler un peu de son pays d'adoption à l'époque du début de sa vie d'adulte.
Comme toujours avec les aventures de notre marin, l'histoire démarre gentillement, il ne s'agit que de retrouver une amie que Corto a connue dans l'album "Fables de Venise", une polonaise. En partant de là, Pratt va mettre en avant la traite des blanches, la corruption, "l'exportation" de criminels états-uniens (avec le viel ami de Corto, Butch Cassidy) et surtout le héros principal de l'histoire, le tango argentin.
Cela peut paraître paradoxal de mettre en avant une danse, mais celle-ci est étroitement liée aux années de jeunesse de Pratt. Le rythme même de l'histoire tout en ralentissement et accélération est un tango, avec sa part de mystère, de séduction. Il est une représentation du jeu de l'amour auquel Corto reste toujours distant, sans que l'on sache pourquoi. Et par là, comme tout tango se respectant, l'histoire est pleine de nostalgie, de mélancolie et d'amour déçu.
D'ailleurs je vous propose une expérience étrange : mettez du tango en musique de fond (du Carlos Gardel de préférence), installez vous confortablement et lisez...
Vous verrez, normalement votre point de vue sur cet album s'en trouvera changé!
J'ai essayé de vous donner l'envie de vous plonger (replonger ?) dans l'oeuvre de Pratt. Ai-je réussi ?
A vous de voir...
A propos de : Les Hélvétiques
Etant Helvéte moi-même, ce Corto Maltese ne pouvait décemment pas me laisser indifférent. Comme dans chaque version couleur, un magnifique cahier de croquis montre différent aspect de la Suisse du début du XXème siècle, notamment les paysannes en costumes traditionels cantonaux. Mais ce n'est pas là que se trouvent les attraits principaux de cette histoire.
Notre maltais est en vacances, accompagnant son ami le professeur Steiner. Ensemble, ils vont rendre visite à un ami de Steiner, philosophe, écrivain et fin lettré. De cet ami, nous ne saurons que le nom et il n'apparaîtra qu'en conclusion de l'album.
Ce livre se trouve en fait dans la droite ligne entamée par les "Fables de Venise", il explore des contes et des mythes de notre occident, liés au judaïsme à Venise et au christianisme dans la villa tessinoise du philosophe.
Pratt utilise les dédales oniriques pour envoyer Corto sur les pas du Graal malgré lui. Le lecteur peu attentif se fait vite dépasser par les errements réfléchis de Pratt. Rien n'est laissé au hasard, de la symbolique de la rose (société des Rose-Croix d'obédience proche des francs-maçons) à la mystique du chevalier déchu. Pratt s'amuse et contourne les règles, faisant apparaître Raspoutine là où on ne l'attend pas, comme membre d'un jury présidé par le diable en personne... dans une affaire étroitement liée au Graal, voilà qui ne manque pas d'humour...
Dans cet album, Pratt atteint le sommet de son oeuvre du point de vue mystique, celui qui viendra encore après, "Mû", n'étant probablement pas assez achevé de ce point de vue (du moins à mon goût).
Je suis un fan de Corto donc mon avis n'est pas forcément objectif, et de plus la mystique m'a toujours intéressé, donc... voilà un excellent album de Corto, non pour le côté aventures ("La Ballade de la mer salée"), mais plutôt pour cet autre aspect de la personnalité du maltais, fasciné qu'il est par le mystère...
Je ne peux que vous le recommander, mais... cela reste à vous de voir!
Quelle série, mais quelle série !!! Miyazaki, connu par la plupart d'entre nous comme l’un des grands maîtres des films d'animation (Princesse Mononoke, le Voyage de Chihiro), nous donne dans Nausicaa l’occasion d’une épopée fantastique incontournable (tout comme l’ont été, à mes yeux, La Quête de l'Oiseau du Temps ou Légendes des Contrées Oubliées).
Mais, tout d’abord, il est bon de préciser que Nausicaa est un manga (décliné en 7 tomes ce qui est relativement court pour un manga) qui raconte l’histoire d’une planète polluée où il ne fait pas toujours bon vivre. D’autant plus, lorsqu’un empereur, pris dans sa folie expansionniste, est prêt à tout détruire sur son passage. C’est heureusement sans compter sur la princesse d’un petit royaume qui va partir dans une quête visant à préserver son petit royaume, quête qui va la conduire à explorer et à mieux comprendre les raisons de la pollution de sa planète. Derrière cette histoire se cache bien entendu un message écologique qui reste malheureusement d’actualité (même si ce manga n’est plus très jeune) et qui me semble important à développer. A cela s’ajoute la description de la folie humaine mais également de sa grandeur, le tout décrit avec finesse, nuance et sensibilité.
Bref une histoire menée de main de maître et dont le dessin, très agréable, devrait séduire les nombreux bédéphiles européens. En somme, je ne peux que recommander la lecture de ce manga qui fait partie des chefs d’œuvre de ce genre (cf. aussi Monster, 20th Century Boys, Planètes…) et qui permettra, je l’espère, une première approche enrichissante des richesses du pays du soleil levant…
Beaucoup ayant déjà été écrit sur cette série, je ferais court, les autres avis élogieux étant assez représentatifs de ce que j'en pense.
Alors vraiment, bravo !!! Arriver à traiter d'un thème comme la mort avec autant de légèreté, d'esprit et de finesse tout en imaginant une véritable histoire digne des plus grands récits d'aventures, c'est fort !!
Le scénario peut paraître parfois assez nébuleux de prime abord mais cela permet aussi d'apprécier l'oeuvre de manière différente lors des relectures et ce n'est pas pour me déplaire. Quant au dessin, au découpage et aux couleurs (noir et blanc), c'est superbe.
Vraiment un très bon moment passé à lire ces 4 tomes.
Voilà ce que j'appelle une excellente surprise ! Et pour un premier essai dans l'univers impitoyable de la bande dessinée, Reutimann et Gabus ont réussi ma foi un fort bel essai (dans le sens rugbystique du terme) qu'il va leur falloir transformer dans le prochain album, mais je suis confiant ! Pourquoi ?
Reprenons depuis le début : Valbert et ses amis sont de joyeux libertaires libertins et anarchistes dans une dictature imaginaire. Les villes de ce royaume se trouvent toutes sur des promontoires rocheux, reliés par des ponts au reste du royaume. Valbert, lui, vit dans une ancienne carrière qu'il a aménagée pour ses besoins courants.
Au début de cette histoire, Valbert et ses amis ne sont guère plus que des anarchistes de tavernes. Autrement dit, ils restent inoffensifs, ils sont le poil à gratter des gouvernants, mais cela ne va pas plus loin. Pourtant les choses s'emballeront suite à la rencontre... mouvementée... que Valbert fera avec un jeune orphelin. A partir de là, tout s'accélérera.
Tout l'intérêt de cette histoire est là, dans la transformation d'un anarchiste bon vivant en révolutionnaire. Car c'est bien vers une révolution que nous dirigent les auteurs, avec un certain talent.
Je n'ai aucune certitude mais vu l'ambiance générale, les paysages, cette histoire pourrait tout à fait se situer dans l'arrière-pays niçois. Et cela m'amène à faire un parallèle avec une autre oeuvre que j'aime beaucoup qui est le Lalin de Baudoin. Ce côté de générosité un peu folle, ce sens de l'honneur si particulier de Valbert me font tendre vers cette autre histoire de révolution, réelle celle-là.
D'ailleurs, le dessin de Reutimann me semble être l'enfant illégitime qu'aurait pu avoir... Baudoin avec... les images d'Epinal ! Je sais, la comparaison est osée et j'ai un peu tendance à m'emballer, mais lorsque l'on aime, on perd vite le sens de la mesure. Et j'aime vraiment beaucoup ce que j'ai découvert là !
Si ces quelques lignes ne vous convainquent pas, je vous encourage à lire le 4ème de couverture. Vous y trouverez un texte de présentation de l'album prévu initialement en préface et signé Jean-Luc Bideau. Peut-être connaissez-vous ce comédien truculent ? Alors si vous ne suivez pas mes mots, suivez les siens ! Mais de toute façon, cela reste à vous de voir.
Mais entre nous, si vous passez à côté de cet album... vous le regretterez !
J'ai acheté cette BD sur la foi du nom de David B., dont je viens de découvrir le travail et... franchement, je ne suis pas déçu. Je ne connaissais pas la dessinatrice, Pauline Martin, et j'ai trouvé plaisant ce que j'ai découvert.
Il s'agit de l'histoire d'une jeune femme, noble, choisissant de quitter son foyer pour partir en quête du Graal. L'histoire se déroulant à la fin du moyen-âge, ce point de départ ne manque pas de piquant. Imaginez, une femme qui choisit de se lancer dans une "affaire" d'hommes... Mais si elle part à l'aventure, c'est bel et bien à cause de la démission des mâles, de leur penchant pour la traîtrise et le lucre plutôt que la droiture, l'honneur et la cause de la veuve et de l'orphelin...
En utilisant cette symbolique, David B. nous entraîne dans ses abîmes de réflexions, dans lesquels il nous promène, pour peu que nous le laissions faire...
Le graphisme de Pauline Martin, lui, colle parfaitement tant à l'ambiance du scénario qu'à son essence. En effet tout au long des pages, il n'a jamais cessé de m'évoquer les enluminures et autres livres d'heures du moyen-âge, me ramenant sans cesse aux côtés fabuleux des superstitions et légendes de cette époque qui nous sont parvenus.
En conclusion, nous avons chacun nos goûts d'accord, mais... franchement vous auriez tort de passer à côté de cette oeuvre ! Même si cela reste à vous de voir !
Une femme divorce et abandonne son fils et sa fille. Le fils tient son père responsable du départ de sa mère. Une fois adulte, il s’éloigne de sa famille et ne voit plus son père pendant 15 ans. Quand son père décède, il revient à contre coeur à l’enterrement… pour découvrir au travers le récit de son oncle, de sa soeur et des amis de son père, que ce dernier était une toute autre personne que ce qu’il s’imaginait et qu’il avait énormément souffert de son divorce et de la séparation avec son fils. Il commence à comprendre les raisons du divorce de ses parents, et peut enfin se réconcilier avec son propre passé. L’histoire se développe petit à petit, à son rythme, pendant la veillée funèbre ponctuée de flash-back revisitant le passé. La charge émotionnelle devient énorme, mais reste pleine de pudeur et de retenue. « Le journal de mon père » est un chef d’oeuvre, à ne pas manquer.
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Louis la Lune
Magnifique, jusque dans la qualité des pages de la BD ! C’est un réel plaisir de se plonger dans cette histoire. Il en sort une véritable chaleur dans les pages, dans les dessins et dans l’histoire ! Bravo, et merci pour « cette petite merveille de fraîcheur ». Je ne peux m’empêcher de voir derrière ce fabuleux conte, un style, une façon de nous raconter l’histoire propre à Alban Guillemois bien sûr (que je ne connaissais pas), mais qui me rappelle un certain Tim Burton... (Comparaison personnelle) Quelle richesse d’imagination, de précision !!!
Les Aventures de Jack Palmer
Un avis sur L'Affaire du Voile Après l'Enquête Corse, le pétillant Pétillon nous régale de nouveau d'une de ses BD follement drôle et affûtée autour d'un thème on ne peut plus "dans le vent". Car ce qui frappe le premier dans les histoires inventées par Pétillon, c'est sa connaissance hyper-pointue de l'actualité, et la facilité avec laquelle il arrive à la glisser dans ses albums. Son travail de dessinateur de presse lui apporte évidemment une base on ne peut plus solide sur la question. Dans "L'affaire du voile" il fait de nouveau mouche, et les situations et les gags dont il nous abreuve sont d'une véritable délectation car inspiré d'anecdotes souvent réelles (paraîtrait que le tapis de prière équipé d'une boussole existe réellement... avec GPS c'est pour bientôt alors ?). Ces aventures de Jacques Palmer au sein de l'actualité (totalement en phase avec même depuis "Un détective dans le Yucca) résonnent du coup parfaitement chez le lecteur. Et surtout, surtout, Pétillon n'est pas méchant. Il ne recherche aucunement la charge virulente mais plutôt à moquer gentiment les travers de ses contemporains par un humour décapant et irrésistible : imam modéré ou intégriste ; jeune musulman fanatique depuis 2 jours; délégués de Ministères; chirurgien égocentrique... Il les décrit tous avec une petite pointe de tendresse qui ne les rend jamais, vraiment jamais, antipathiques. Et c’est rafraîchissant.
Ganges
Un auteur qui joue avec le temps, on peut s’attendre à une œuvre fantastique ou de SF, mais là il n’en est rien. Kevin Huizenga nous propose une ballade sur les traces de Glenn qui se remémore ce qu’il a fait les années précédentes en parcourant un chemin identique dans la rue. L’effet aurait pu vite s’essouffler mais Kevin Huizenga nous surprend avec un jeu sur le maniement des cases et sur le découpage. Il a une façon très personnelle de représenter le temps qui fait mouche. J’ai particulièrement apprécié le chapitre consacré à ces papiers jetés par un cycliste sur la chaussée et la façon dont Glenn interprète les raisons qui ont amené cette personne à agir ainsi. L’originalité de cet album ne s’arrête pas à ces premiers chapitres, les suivants sont enchaînés avec maestria. En décomposant la vie quotidienne, les interrogations et les rêves de Glenn, Kevin Huizenga représente ce que chacun de nous a pu vivre à côté de la personne qu’il aime et le dernier chapitre où Glenn imagine ce que tous les couples peuvent penser une fois couchés est poignant. Graphiquement, c’est une œuvre à ranger dans la catégorie ligne claire avec des couleurs en bichromie bleue. Le dessin sert parfaitement le scénario. Une nouvelle fois Vertige Graphic tape juste dans ses choix éditoriaux ! Je vous conseille la lecture de ce très bon article sur actuabd : http://www.actuabd.com/article.php3?id_article=3332
Soda
Petit message pour vous donner l'envie de découvrir cette série : Avez-vous remarqué ce si gentil pasteur qui habite sur votre palier. Toujours un petit sourire lorsqu'il vous salue, sa mère si inquiète dans cette grande ville débauchée et remplie de criminels de tous acabits et ce chat qui vous méprise... Et pourtant, être et paraître sont toujours liés et vous avez beau savoir que l'habit ne fait pas le moine, tout de même... Cela a été un choc de découvrir votre voisin dans le journal sous le titre "Un ange trépasse". Sur le moment vous vous êtes dit c'est un sosie. En effet dans le journal on parlait d'un lieutenant de police et non d'un pasteur... Autant écrire une lettre à Satan vous êtes-vous dit... Et puis vous vous êtes remis à vos livres de philosophie, hé oui la vie d'étudiant est faite d'examens... Nietszche celui qui écrivit "Dieu est mort". Ce soir pourtant la motivation n'est pas là. Allez on allume sa TV... tiens, c'est quoi ce reportage... une fusillade dans un monastère, et bien, il y a eu de la fureur chez les saints ce soir. Tiens, un des criminels qui nous fait une petite confession express devant les caméras... Et soudain le nom... lieutenant Solomon... Solomon... mais c'est le nom de votre voisin ça... Houlà drôle d'histoire, depuis, vous l'épiez, vous cherchez à comprendre... Tiens sa mère est cardiaque... vous comprenez lentement... Il a de drôles de commandements ce pasteur-là... "Tu ne buteras point", "Lève-toi et meurs", "Tuez en paix". De toute façon pour la question de savoir ce qui est bien et ce qui est mal vous avez compris depuis longtemps que Dieu seul le sait. Il vous est devenu encore plus sympathique ce voisin, non ? Votre seul crainte est qu'il confonde un peu trop, prières et balistique n'est-ce pas? Au fait, vous saviez que votre voisin est devenu le héros d'une série de BD absolument savoureuse et ... comment ça "Délivre-nous du mal" ??????
Corto Maltese
A propos de : Tango Ecrire ce qui a touché, ce qui sonne juste pour soi est un exercice toujours difficile. Dans le cas des Corto Maltese en général c'est toujours plus dur que pour autre chose, car là, on s'attaque à un mythe de la bande dessinée. Dans cette aventure, nous retrouvons Corto Maltese en Argentine. Il est à la fois à la recherche d'une amie, sur les traces de sa folle jeunesse et permet en plus à Pratt de nous parler un peu de son pays d'adoption à l'époque du début de sa vie d'adulte. Comme toujours avec les aventures de notre marin, l'histoire démarre gentillement, il ne s'agit que de retrouver une amie que Corto a connue dans l'album "Fables de Venise", une polonaise. En partant de là, Pratt va mettre en avant la traite des blanches, la corruption, "l'exportation" de criminels états-uniens (avec le viel ami de Corto, Butch Cassidy) et surtout le héros principal de l'histoire, le tango argentin. Cela peut paraître paradoxal de mettre en avant une danse, mais celle-ci est étroitement liée aux années de jeunesse de Pratt. Le rythme même de l'histoire tout en ralentissement et accélération est un tango, avec sa part de mystère, de séduction. Il est une représentation du jeu de l'amour auquel Corto reste toujours distant, sans que l'on sache pourquoi. Et par là, comme tout tango se respectant, l'histoire est pleine de nostalgie, de mélancolie et d'amour déçu. D'ailleurs je vous propose une expérience étrange : mettez du tango en musique de fond (du Carlos Gardel de préférence), installez vous confortablement et lisez... Vous verrez, normalement votre point de vue sur cet album s'en trouvera changé! J'ai essayé de vous donner l'envie de vous plonger (replonger ?) dans l'oeuvre de Pratt. Ai-je réussi ? A vous de voir... A propos de : Les Hélvétiques Etant Helvéte moi-même, ce Corto Maltese ne pouvait décemment pas me laisser indifférent. Comme dans chaque version couleur, un magnifique cahier de croquis montre différent aspect de la Suisse du début du XXème siècle, notamment les paysannes en costumes traditionels cantonaux. Mais ce n'est pas là que se trouvent les attraits principaux de cette histoire. Notre maltais est en vacances, accompagnant son ami le professeur Steiner. Ensemble, ils vont rendre visite à un ami de Steiner, philosophe, écrivain et fin lettré. De cet ami, nous ne saurons que le nom et il n'apparaîtra qu'en conclusion de l'album. Ce livre se trouve en fait dans la droite ligne entamée par les "Fables de Venise", il explore des contes et des mythes de notre occident, liés au judaïsme à Venise et au christianisme dans la villa tessinoise du philosophe. Pratt utilise les dédales oniriques pour envoyer Corto sur les pas du Graal malgré lui. Le lecteur peu attentif se fait vite dépasser par les errements réfléchis de Pratt. Rien n'est laissé au hasard, de la symbolique de la rose (société des Rose-Croix d'obédience proche des francs-maçons) à la mystique du chevalier déchu. Pratt s'amuse et contourne les règles, faisant apparaître Raspoutine là où on ne l'attend pas, comme membre d'un jury présidé par le diable en personne... dans une affaire étroitement liée au Graal, voilà qui ne manque pas d'humour... Dans cet album, Pratt atteint le sommet de son oeuvre du point de vue mystique, celui qui viendra encore après, "Mû", n'étant probablement pas assez achevé de ce point de vue (du moins à mon goût). Je suis un fan de Corto donc mon avis n'est pas forcément objectif, et de plus la mystique m'a toujours intéressé, donc... voilà un excellent album de Corto, non pour le côté aventures ("La Ballade de la mer salée"), mais plutôt pour cet autre aspect de la personnalité du maltais, fasciné qu'il est par le mystère... Je ne peux que vous le recommander, mais... cela reste à vous de voir!
Nausicaä de la vallée du vent
Quelle série, mais quelle série !!! Miyazaki, connu par la plupart d'entre nous comme l’un des grands maîtres des films d'animation (Princesse Mononoke, le Voyage de Chihiro), nous donne dans Nausicaa l’occasion d’une épopée fantastique incontournable (tout comme l’ont été, à mes yeux, La Quête de l'Oiseau du Temps ou Légendes des Contrées Oubliées). Mais, tout d’abord, il est bon de préciser que Nausicaa est un manga (décliné en 7 tomes ce qui est relativement court pour un manga) qui raconte l’histoire d’une planète polluée où il ne fait pas toujours bon vivre. D’autant plus, lorsqu’un empereur, pris dans sa folie expansionniste, est prêt à tout détruire sur son passage. C’est heureusement sans compter sur la princesse d’un petit royaume qui va partir dans une quête visant à préserver son petit royaume, quête qui va la conduire à explorer et à mieux comprendre les raisons de la pollution de sa planète. Derrière cette histoire se cache bien entendu un message écologique qui reste malheureusement d’actualité (même si ce manga n’est plus très jeune) et qui me semble important à développer. A cela s’ajoute la description de la folie humaine mais également de sa grandeur, le tout décrit avec finesse, nuance et sensibilité. Bref une histoire menée de main de maître et dont le dessin, très agréable, devrait séduire les nombreux bédéphiles européens. En somme, je ne peux que recommander la lecture de ce manga qui fait partie des chefs d’œuvre de ce genre (cf. aussi Monster, 20th Century Boys, Planètes…) et qui permettra, je l’espère, une première approche enrichissante des richesses du pays du soleil levant…
Monsieur Mardi-Gras Descendres
Beaucoup ayant déjà été écrit sur cette série, je ferais court, les autres avis élogieux étant assez représentatifs de ce que j'en pense. Alors vraiment, bravo !!! Arriver à traiter d'un thème comme la mort avec autant de légèreté, d'esprit et de finesse tout en imaginant une véritable histoire digne des plus grands récits d'aventures, c'est fort !! Le scénario peut paraître parfois assez nébuleux de prime abord mais cela permet aussi d'apprécier l'oeuvre de manière différente lors des relectures et ce n'est pas pour me déplaire. Quant au dessin, au découpage et aux couleurs (noir et blanc), c'est superbe. Vraiment un très bon moment passé à lire ces 4 tomes.
Valbert
Voilà ce que j'appelle une excellente surprise ! Et pour un premier essai dans l'univers impitoyable de la bande dessinée, Reutimann et Gabus ont réussi ma foi un fort bel essai (dans le sens rugbystique du terme) qu'il va leur falloir transformer dans le prochain album, mais je suis confiant ! Pourquoi ? Reprenons depuis le début : Valbert et ses amis sont de joyeux libertaires libertins et anarchistes dans une dictature imaginaire. Les villes de ce royaume se trouvent toutes sur des promontoires rocheux, reliés par des ponts au reste du royaume. Valbert, lui, vit dans une ancienne carrière qu'il a aménagée pour ses besoins courants. Au début de cette histoire, Valbert et ses amis ne sont guère plus que des anarchistes de tavernes. Autrement dit, ils restent inoffensifs, ils sont le poil à gratter des gouvernants, mais cela ne va pas plus loin. Pourtant les choses s'emballeront suite à la rencontre... mouvementée... que Valbert fera avec un jeune orphelin. A partir de là, tout s'accélérera. Tout l'intérêt de cette histoire est là, dans la transformation d'un anarchiste bon vivant en révolutionnaire. Car c'est bien vers une révolution que nous dirigent les auteurs, avec un certain talent. Je n'ai aucune certitude mais vu l'ambiance générale, les paysages, cette histoire pourrait tout à fait se situer dans l'arrière-pays niçois. Et cela m'amène à faire un parallèle avec une autre oeuvre que j'aime beaucoup qui est le Lalin de Baudoin. Ce côté de générosité un peu folle, ce sens de l'honneur si particulier de Valbert me font tendre vers cette autre histoire de révolution, réelle celle-là. D'ailleurs, le dessin de Reutimann me semble être l'enfant illégitime qu'aurait pu avoir... Baudoin avec... les images d'Epinal ! Je sais, la comparaison est osée et j'ai un peu tendance à m'emballer, mais lorsque l'on aime, on perd vite le sens de la mesure. Et j'aime vraiment beaucoup ce que j'ai découvert là ! Si ces quelques lignes ne vous convainquent pas, je vous encourage à lire le 4ème de couverture. Vous y trouverez un texte de présentation de l'album prévu initialement en préface et signé Jean-Luc Bideau. Peut-être connaissez-vous ce comédien truculent ? Alors si vous ne suivez pas mes mots, suivez les siens ! Mais de toute façon, cela reste à vous de voir. Mais entre nous, si vous passez à côté de cet album... vous le regretterez !
Leonora
J'ai acheté cette BD sur la foi du nom de David B., dont je viens de découvrir le travail et... franchement, je ne suis pas déçu. Je ne connaissais pas la dessinatrice, Pauline Martin, et j'ai trouvé plaisant ce que j'ai découvert. Il s'agit de l'histoire d'une jeune femme, noble, choisissant de quitter son foyer pour partir en quête du Graal. L'histoire se déroulant à la fin du moyen-âge, ce point de départ ne manque pas de piquant. Imaginez, une femme qui choisit de se lancer dans une "affaire" d'hommes... Mais si elle part à l'aventure, c'est bel et bien à cause de la démission des mâles, de leur penchant pour la traîtrise et le lucre plutôt que la droiture, l'honneur et la cause de la veuve et de l'orphelin... En utilisant cette symbolique, David B. nous entraîne dans ses abîmes de réflexions, dans lesquels il nous promène, pour peu que nous le laissions faire... Le graphisme de Pauline Martin, lui, colle parfaitement tant à l'ambiance du scénario qu'à son essence. En effet tout au long des pages, il n'a jamais cessé de m'évoquer les enluminures et autres livres d'heures du moyen-âge, me ramenant sans cesse aux côtés fabuleux des superstitions et légendes de cette époque qui nous sont parvenus. En conclusion, nous avons chacun nos goûts d'accord, mais... franchement vous auriez tort de passer à côté de cette oeuvre ! Même si cela reste à vous de voir !
Le Journal de mon père
Une femme divorce et abandonne son fils et sa fille. Le fils tient son père responsable du départ de sa mère. Une fois adulte, il s’éloigne de sa famille et ne voit plus son père pendant 15 ans. Quand son père décède, il revient à contre coeur à l’enterrement… pour découvrir au travers le récit de son oncle, de sa soeur et des amis de son père, que ce dernier était une toute autre personne que ce qu’il s’imaginait et qu’il avait énormément souffert de son divorce et de la séparation avec son fils. Il commence à comprendre les raisons du divorce de ses parents, et peut enfin se réconcilier avec son propre passé. L’histoire se développe petit à petit, à son rythme, pendant la veillée funèbre ponctuée de flash-back revisitant le passé. La charge émotionnelle devient énorme, mais reste pleine de pudeur et de retenue. « Le journal de mon père » est un chef d’oeuvre, à ne pas manquer.