"Astérix" c'est la bd qu'on lit quand on est enfant et qu'on relit quand on est plus grand.
A la première lecture, on rigole de l'histoire. A la deuxième, on remarque plein de détails hilarants, de personnages caricaturés.
En clair, Goscinny tu nous manques.
Je viens de boucler les six tomes en un peu plus de deux semaines, et je ne suis absolument pas déçu !
Akira est une oeuvre incroyablement dense et vraiment prenante. J'ai même eu parfois l'impression de suffoquer au même rythme de Kaneda dans certaines scènes d'action qui se déroulent parfois sur plus de 100 pages!
Je comprends l'argument de certains, qui trouvent dommageable de mettre moins d'une demi-heure pour boucler un pavé de 200 pages, mais c'est le type du récit et la forme de narration qui veut ça. Dans Akira, on a très peu d'ellipses narratives, tout est fait pour nous donner l'impression de "vivre" les scènes d'actions au même rythme que les protagonistes grâce à des cadrages et des mises en pages renversantes.
C'est vrai que l'on peut critiquer des longueurs dans le scénario et trouver que certains tomes peuvent se résumer qu'à une suite ininterrompue de scènes de guérilla urbaine, comme c’est le cas dans le tome 4 en N&B. Mais c’est peut être cette longueur qui nous permet de digérer tranquillement et d’assimiler un nombre incroyable de protagoniste et d’évènements. Même s’il y’a peut-être eu des économies au niveau du scénario, la réalisation techniques de l’œuvre n'a jamais faiblie. Sur toute la série la qualité reste constante à un niveau extrêmement élevée. Le trait d'Otomo est d'une précision diabolique, et je n'ai jamais vu de plus belles représentations de villes que dans Akira. Les explosions sont à vous couper le souffle, les cases en double page magnifique !
Pour apprécier pleinement toutes ces qualités graphiques, je conseille fortement d’acquérir et de lire Akira dans la version originale N&B, qui offre en début de chaque tome une colorisation inédite des premières planches vraiment magnifiques. L’édition couleur ne démérite pas, mais comme vous calculez aussi bien que moi vous constaterez que l’addition sera très salée. La colorisation permet certes, de mieux mettre en valeur et de différencier les personnages mais elle relaye au second plan les décors qui sont réellement le poins fort de la série.
Comme l'a dit Alix, prenez votre temps pour la lire parce que 2180 pages c’est très long. Cette série représente à peu prés 8h de lecture plaisir mais qui peuvent se transformer facilement en 6, plutôt fatigantes.
Akira, vous l’aurez compris est une série absolument culte à découvrir d’urgence, et c’est un ordre !
Un des plus grands chef-d'oeuvre qu'il m'ait été donné de lire en matière de BD, voila mon avis le plus pur sur Dark knight.
Dark knight marque la fin d'une époque et en annonce une autre. Il y a incontestablement un avant et un après Dark knight pour Batman en particulier, pour les comics de super-héros en général. Avant Batman était un grand détective, un héros intéressant qui n'avait pas donné tout son potentiel, l'oeuvre de Miller a grandement contribué à en faire le dur à cuire impitoyable, torturé et souvent parano qu'il est devenu.
Depuis Batman est bien plus sombre, son univers plus noir et sale, il n'en est que plus passionnant.
L'oeuvre en elle même est fantastique, un chapitre mémorable et indispensable pour tous ceux qui aiment Batman.
On y retrouve Batman, vieux, seul et usé face à une ville en guerre qui ne le connaît plus qu'au travers de sa légende, et le Batman va démontrer qu'il est indispensable, qu'il est l'âme de la ville maudite de Gotham.
On y trouve aussi une foule de personnage importants sous un jour totalement nouveau, quel choc en voyant ce que sont devenus Lana Lang, Sélina Kyle ou Oliver Queen (Green Arrow)...
Superman est aussi utilisé de façon extraordinaire, l'inévitable Gordon est présent, lui qui reste la seule personne sensée dans cette ville de fous. Inévitablement les méchants de gros calibre comme le Joker ou encore Harvey Dent sont toujours là.
On a même droit a un nouveau Robin (personnage d'importance pour Miller) qui a un petit côté Batgirl.
Tous ces personnages auront un rôle déterminant dans l'histoire.
Au fil de cette passionnante lecture on sent que la faiblesse grandissante du héros ne pèse pas lourd face à sa détermination, et pour mettre en scène des dur à cuire il n'y a pas meilleur que Miller, Batman ne peut reculer, cette histoire est son ultime sortie et il la réalise en beauté. Pour moi c'est, et de loin, la meilleure aventure, de ce personnage. Pour couronner le tout le final est absolument splendide!
Que dire de plus? Rarement une BD ne m'a donné autant de satisfaction et de plaisir de lecture, il n'y a qu'une BD que je trouve légèrement supérieure à Dark Knight, c'est Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons, Moore est un autre génie qui a lui aussi largement contribué à la redéfinition des règles dans le monde des comics. Un détail amusant: Dark Knight et Watchmen ont été réalisés quasiment simultanément, tant mieux... cela a ouvert la voie à une toute nouvelle ère.
Dark knight? Je conseille très fortement, bien évidemment.
JJJ
C'est par XIII que j'ai commencé à lire de la BD moderne. Je ne peux donc qu'attribuer la note maximale. Le scénario tellement inattendu et surprenant de Van Hamme en fait une série culte sur plusieurs générations à venir. C'est peut être la bd qui a lancé tout le processus que l'on connaît.
A la base, je ne suis pas un adepte des séries historiques (surtout celles qui sont parues chez Glénat que je trouve un peu ringardes). De plus, je n'ai jamais beaucoup accroché aux scénarios de Dufaux.
Mais, paradoxalement, cette série m'a fortement enthousiasmé. Le réalisme historique est impressionnant. L'histoire est prenante. Les complots de cour, le pouvoir des femmes, la description des combats de gladiateurs, tout est très bien décrit.
Dufaux a aussi choisi de ne pas montrer Néron, sous un aspect trop négatif, comme il a souvent été dépeint dans les productions d'Hollywood.
Après un premier cycle qui décrivait les agissements d'Agrippine, mère de Néron, vient de commencer le cycle de l'épouse Poppée. Et le résultat est toujours excellent, je trouve que les dessins de Delaby sont encore meilleurs que ceux qu'il faisait dans les premiers albums. La course de char est une vraie merveille.
J'ai mis du temps avant d'oser m'attaquer à ce pavé de 500 pages, mais mon appréhension n'était pas justifiée; le livre est d'une très grande lisibilité et je l'ai lu plus rapidement qu'attendu. Lucille est une fille anorexique qui se laisse mourir. Arthur, dont le père s'est suicidé, comme son grand-père avant lui, a peur de suivre le même chemin qu'eux. Les deux adolescents vont se trouver, s'aimer et fuir ensemble pour essayer de se sauver l'un l'autre. Le noeud de cette histoire n'est simple qu'en apparence seulement, et c'est avec patience et persévérance que l'auteur démêle le fil de la vie des protagonistes en révélant les différents épisodes marquants de leur courte existence. "Lucille" est un drame psychologique d'une force bouleversante. Un album superbe, unique, sans aucun doute une des toutes meilleures BD de 2006 (s'il n'est pas nominé au prix du meilleur album à Angoulême, je mange mon chapeau !). A découvrir absolument.
« A Story of War » est le premier album important réalisé en 1982 par Alec Séverin (publié en 1985 par Michel Deligne). Ces 150 pages, dessinées en 9 jours, ont contribué à la légende de cet illustre auteur. Nombre de ses fidèles lecteurs ont découvert son œuvre grâce à cet ouvrage. Parmi eux, Malo Kerfriden, le décrit de la plus belle des façons dans une interview qu’il m’a accordé pour le site :
« A la fin des années 80, j’ai acheté par hasard l’album « Story of war » paru chez Michel Deligne. A l‘époque, je découvrais Joe Kubert, Alex Toth, Bernet, Berny Wrighston etc… J’ai au départ pensé que ce récit était une réédition d’un comics d’histoire de guerre des années 50. Le relâchement, l’aisance et la spontanéité du dessin m’ont véritablement fasciné, ainsi que le ton de l’album (qui lui n’était pas du tout « années 50 »). Séverin a un ton extrêmement dur et désabusé dans ses premiers albums. Par la suite, je me suis procuré « Gratin » paru aussi chez Michel Deligne et « Lisette », publié chez Delcourt. Je me souviens aussi d’un article dans « Les cahiers de la bande dessinée »… Bref, j’ai compris ma méprise. »
Ce petit album (au format A5), publié en noir et blanc, nous relate les aventures d’un Soldat engagé sous la bannière étoilée. A l’issue d’une période d’entraînement, il découvrira les horreurs de la guerre et refusera de porter une arme au Front. Ce récit qui aurait pu se réduire à la simple histoire d’un soldat en temps de guerre est accompagné d’une magnifique histoire d’amour et d’un hymne à l’acceptation des différences. Alec Séverin l’agrémente d’un trait d’une remarquable précision malgré la rapidité sans précédent avec laquelle il a réalisé cet ouvrage. Son découpage est vivant et il ose des formes de cases non conventionnelles. Côté dessins, il joue sur les palettes de gris et de noir afin de restituer aux mieux les différentes ambiances du récit. Chaque chapitre se distingue par une utilisation appropriée des « couleurs » à sa disposition. « A story of war » pose les jalons de ses futures publications en y insérant, non sans son humour habituel, des fausses publicités entre les différents chapitres. Dès 19 ans, il marque son entrée parmi les auteurs complets de bande-dessinées.
Cet album est accompagné de deux mini récits tout aussi passionnants que l’histoire principale. Ils sont durs mais à l’image des histoires de guerre.
Dans le cadre du site sur son œuvre (http://oeuvreseverin.free.fr), j’ai eu l’occasion de l’interroger sur la genèse de cet album. Avec cette discussion particulièrement poignante où Alec Séverin détaille pas à pas la réalisation, ce qu’il a voulu montrer de son mode de vie par rapport aux personnages et les différentes étapes qui ont permis la publication, j’ai réalisé à quel point cet album était fondateur dans son œuvre. Dans un premier temps, je m’étais arrêté à l’exploit de la réalisation graphique, mais la façon dont il a créé et découpé mentalement l’histoire est à mon sens aussi impressionnante. Mais je préfère vous laisser lire la façon dont il présente la chose dans cet extrait :
« Mentalement, le découpage est déjà également réalisé, plan par plan et quasiment case par case … Dès lors, le lendemain matin, j’ai démarré sur la 1ère image (qui n’est pas la première dans l’album, mais la première image qui se passe sur l’île) … Je savais qu’il y aurait beaucoup de pages à venir, mais pas exactement combien, car je ne connaissais pas le nombre exact de cases … Je n’ai pas eu le courage de les compter mentalement une par une (mais j’aurai pu)… Bref, je ne faisais pas de « mise en page », je dessinais très vite les cases (et leur contenu) au crayon les unes après les autres de manière quasi-définitive …
J’ai dessiné ainsi durant tout le premier jour et la nuit suivante (j’étais jeune…). J’ai dormi quelques heures … et ainsi de suite … Ce qui fait qu’au bout de 3 jours, l’histoire était terminée au crayon. (Elle ne faisait pas 150 pages, mais était complète en + ou – 90 ou 100 pages). Je suis allé faire photocopier tous ces crayonnés … ensuite j’ai dormi quelques heures ... après quoi, j’ai encré ces pages en 1 ou 2 jours …(avec de gros bouts de nuit) … Cela va vous paraître un peu curieux, mais pendant que j’encrais, je réfléchissais aux 2 autres petites histoires qui pourraient encadrer ce récit et je me les jouais mentalement, ce qui fait que, l’encrage fini, je me suis mis immédiatement sur le dessin de « la star » et de la troisième histoire (que j’avais déjà découpée mentalement à la case près) … pas mal des cases qui les constituent ont été directement dessinées à l’encre, sans crayonné, car l’échauffement des 5 jours précédents et le « style » utilisé (qui n’était pas très rigoureux), me le permettaient …
Les 2 historiettes étaient entièrement terminées à la fin du 6ème jour (à quelques heures près).
Comme la dernière était un peu plus sophistiquée, je me suis dit, avant de m’endormir, que je devais refaire des photocopies du grand récit et les passer au lavis … j’ai pensé à un prologue … (en forme de match d’entraînement de rugby …). Et le lendemain, je me suis attelé à mettre de l’encre diluée sur les cases (des photocopies). Tâche terminée le soir du 7ème jour de travail. J’étais un peu fatigué mais je me suis mis au travail sur le prologue qui, techniquement, est un assemblage de dessins que j’ai griffonnés, encrés et collés sur des cases (un peu à la manière d’un puzzle). Le lendemain, je me suis effondré et j’ai dormi durant + ou – 10 heures … Vers quelle heure de l’après midi du 8ème jour ai-je relu le tout … ? Mais alors, la longue histoire me semblait manquer un peu d’épaisseur et je me suis dis que quelques grandes images permettraient de petits souffles d’air frais … Alors, j’ai fait des hors textes en quelques heures (je me rappelle que c’était un plaisir incroyable de les dessiner, le trait glissait tout seul, je découpais de la trame mécanique (grisée) et j’encrais autour, j’ai encore un peu allongé une séquence assez dure sans lavis … volontairement, pour rendre le côté âpre la scène).
Je me suis endormi et, le 9ème jour, j’ai tout relu … j’ai décidé de faire quelques fausses pubs délirantes au 2ème degré … Ce qui, je l’espérais, détendrait un peu l’atmosphère … J’ai été dormir … l’ouvrage était terminé à la fin du 9ème jour. Le 10ème jour, mes planches sous le bras, je prenais le train pour me rendre à la convention de la BD à Paris. Je n’ai réalisé les couvertures définitives que lorsque Michel Deligne m’a proposé d’éditer l’album, bien plus tard. »
C'est tout bonnement magnifique. Pour ceux qui aiment les fictions qui paraissent réelles, cette bande dessinée est incontounable! Les couleurs douces et bonnes se marient parfaitement avec les formes qui ne sont pas strictes. Et les dessins... Aïe!Aïe!Aïe! Ils sont géniaux. On retrouve parfaitement l'ambiance d'un village du sud de la France sous l'occupation. Et que dire des personnages? Ils sont tous différents avec leur caractère propre à chacun. Julien est drôle et petite mention pour Marginod. Comment parler de cette BD sans parler de Cécile? Elle est très bien (allez voir les ex-libris et sérigraphies sur elle, ça vaut le coup d'oeil). Bon je vous laisse découvrir le reste et on se retrouve dans l'avis sur le Vol du corbeau. Au fait la chute de ces deux BD est... surprenante, bien trouvée, réaliste ...
Merci GIBRAT pour cette ouvre d'art
Tout d'abord attiré par la couverture, sitôt ouvert l'album, j'ai beaucoup apprécié tant le trait "anguleux" de l'auteur que le choix de la bichromie gris-noir/vert. Ayant pris connaissance du thème de l'histoire, je me réjouissais à l'avance de ce moment de lecture.
Et bien je n'ai pas été déçu! Graphiquement, donc, j'adhère sans réserves, mais c'est surtout l'histoire qui m'a ému. L'idée de base, la "lettre de l'enfant à l'adulte qu'il sera plus tard", est excellente, et vraiment bien exploitée. A travers une narration antéchronologique ponctuée de flash back, on découvre le personnage principal et son entourage, actuel et passé, et les différentes facettes de sa personnalité, qui ont bien évolué avec le temps...
Terriblement touchant et proche de chacun, sur un ton acide, voire cynique ou même désespéré (mais non dénué d'humour!!), on suit le naufrage de ses relations humaines. Riche, fin, juste, et troublant...
J'ai vraiment hésité à mettre Culte, mais j'ai été tellement touché par cette histoire... Et puis, c'est la première fois que je relis une BD sitôt la dernière page achevée. C'est un signe! Donc, culte au moins chez moi.
C'est génial ! Cette B.D fait part aux lecteurs de toutes les questions que l'on pourrait se poser sur le Futur (espace, environnement, humanité... etc...) tout en suivant le jeune Jules et son amie (très chère) Janet dans leurs aventures.
Je le recommande à euuuuh... TOUT LE MONDE !
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Astérix
"Astérix" c'est la bd qu'on lit quand on est enfant et qu'on relit quand on est plus grand. A la première lecture, on rigole de l'histoire. A la deuxième, on remarque plein de détails hilarants, de personnages caricaturés. En clair, Goscinny tu nous manques.
Akira
Je viens de boucler les six tomes en un peu plus de deux semaines, et je ne suis absolument pas déçu ! Akira est une oeuvre incroyablement dense et vraiment prenante. J'ai même eu parfois l'impression de suffoquer au même rythme de Kaneda dans certaines scènes d'action qui se déroulent parfois sur plus de 100 pages! Je comprends l'argument de certains, qui trouvent dommageable de mettre moins d'une demi-heure pour boucler un pavé de 200 pages, mais c'est le type du récit et la forme de narration qui veut ça. Dans Akira, on a très peu d'ellipses narratives, tout est fait pour nous donner l'impression de "vivre" les scènes d'actions au même rythme que les protagonistes grâce à des cadrages et des mises en pages renversantes. C'est vrai que l'on peut critiquer des longueurs dans le scénario et trouver que certains tomes peuvent se résumer qu'à une suite ininterrompue de scènes de guérilla urbaine, comme c’est le cas dans le tome 4 en N&B. Mais c’est peut être cette longueur qui nous permet de digérer tranquillement et d’assimiler un nombre incroyable de protagoniste et d’évènements. Même s’il y’a peut-être eu des économies au niveau du scénario, la réalisation techniques de l’œuvre n'a jamais faiblie. Sur toute la série la qualité reste constante à un niveau extrêmement élevée. Le trait d'Otomo est d'une précision diabolique, et je n'ai jamais vu de plus belles représentations de villes que dans Akira. Les explosions sont à vous couper le souffle, les cases en double page magnifique ! Pour apprécier pleinement toutes ces qualités graphiques, je conseille fortement d’acquérir et de lire Akira dans la version originale N&B, qui offre en début de chaque tome une colorisation inédite des premières planches vraiment magnifiques. L’édition couleur ne démérite pas, mais comme vous calculez aussi bien que moi vous constaterez que l’addition sera très salée. La colorisation permet certes, de mieux mettre en valeur et de différencier les personnages mais elle relaye au second plan les décors qui sont réellement le poins fort de la série. Comme l'a dit Alix, prenez votre temps pour la lire parce que 2180 pages c’est très long. Cette série représente à peu prés 8h de lecture plaisir mais qui peuvent se transformer facilement en 6, plutôt fatigantes. Akira, vous l’aurez compris est une série absolument culte à découvrir d’urgence, et c’est un ordre !
Batman - The Dark Knight returns
Un des plus grands chef-d'oeuvre qu'il m'ait été donné de lire en matière de BD, voila mon avis le plus pur sur Dark knight. Dark knight marque la fin d'une époque et en annonce une autre. Il y a incontestablement un avant et un après Dark knight pour Batman en particulier, pour les comics de super-héros en général. Avant Batman était un grand détective, un héros intéressant qui n'avait pas donné tout son potentiel, l'oeuvre de Miller a grandement contribué à en faire le dur à cuire impitoyable, torturé et souvent parano qu'il est devenu. Depuis Batman est bien plus sombre, son univers plus noir et sale, il n'en est que plus passionnant. L'oeuvre en elle même est fantastique, un chapitre mémorable et indispensable pour tous ceux qui aiment Batman. On y retrouve Batman, vieux, seul et usé face à une ville en guerre qui ne le connaît plus qu'au travers de sa légende, et le Batman va démontrer qu'il est indispensable, qu'il est l'âme de la ville maudite de Gotham. On y trouve aussi une foule de personnage importants sous un jour totalement nouveau, quel choc en voyant ce que sont devenus Lana Lang, Sélina Kyle ou Oliver Queen (Green Arrow)... Superman est aussi utilisé de façon extraordinaire, l'inévitable Gordon est présent, lui qui reste la seule personne sensée dans cette ville de fous. Inévitablement les méchants de gros calibre comme le Joker ou encore Harvey Dent sont toujours là. On a même droit a un nouveau Robin (personnage d'importance pour Miller) qui a un petit côté Batgirl. Tous ces personnages auront un rôle déterminant dans l'histoire. Au fil de cette passionnante lecture on sent que la faiblesse grandissante du héros ne pèse pas lourd face à sa détermination, et pour mettre en scène des dur à cuire il n'y a pas meilleur que Miller, Batman ne peut reculer, cette histoire est son ultime sortie et il la réalise en beauté. Pour moi c'est, et de loin, la meilleure aventure, de ce personnage. Pour couronner le tout le final est absolument splendide! Que dire de plus? Rarement une BD ne m'a donné autant de satisfaction et de plaisir de lecture, il n'y a qu'une BD que je trouve légèrement supérieure à Dark Knight, c'est Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons, Moore est un autre génie qui a lui aussi largement contribué à la redéfinition des règles dans le monde des comics. Un détail amusant: Dark Knight et Watchmen ont été réalisés quasiment simultanément, tant mieux... cela a ouvert la voie à une toute nouvelle ère. Dark knight? Je conseille très fortement, bien évidemment. JJJ
XIII
C'est par XIII que j'ai commencé à lire de la BD moderne. Je ne peux donc qu'attribuer la note maximale. Le scénario tellement inattendu et surprenant de Van Hamme en fait une série culte sur plusieurs générations à venir. C'est peut être la bd qui a lancé tout le processus que l'on connaît.
Murena
A la base, je ne suis pas un adepte des séries historiques (surtout celles qui sont parues chez Glénat que je trouve un peu ringardes). De plus, je n'ai jamais beaucoup accroché aux scénarios de Dufaux. Mais, paradoxalement, cette série m'a fortement enthousiasmé. Le réalisme historique est impressionnant. L'histoire est prenante. Les complots de cour, le pouvoir des femmes, la description des combats de gladiateurs, tout est très bien décrit. Dufaux a aussi choisi de ne pas montrer Néron, sous un aspect trop négatif, comme il a souvent été dépeint dans les productions d'Hollywood. Après un premier cycle qui décrivait les agissements d'Agrippine, mère de Néron, vient de commencer le cycle de l'épouse Poppée. Et le résultat est toujours excellent, je trouve que les dessins de Delaby sont encore meilleurs que ceux qu'il faisait dans les premiers albums. La course de char est une vraie merveille.
Lucille
J'ai mis du temps avant d'oser m'attaquer à ce pavé de 500 pages, mais mon appréhension n'était pas justifiée; le livre est d'une très grande lisibilité et je l'ai lu plus rapidement qu'attendu. Lucille est une fille anorexique qui se laisse mourir. Arthur, dont le père s'est suicidé, comme son grand-père avant lui, a peur de suivre le même chemin qu'eux. Les deux adolescents vont se trouver, s'aimer et fuir ensemble pour essayer de se sauver l'un l'autre. Le noeud de cette histoire n'est simple qu'en apparence seulement, et c'est avec patience et persévérance que l'auteur démêle le fil de la vie des protagonistes en révélant les différents épisodes marquants de leur courte existence. "Lucille" est un drame psychologique d'une force bouleversante. Un album superbe, unique, sans aucun doute une des toutes meilleures BD de 2006 (s'il n'est pas nominé au prix du meilleur album à Angoulême, je mange mon chapeau !). A découvrir absolument.
A Story of war
« A Story of War » est le premier album important réalisé en 1982 par Alec Séverin (publié en 1985 par Michel Deligne). Ces 150 pages, dessinées en 9 jours, ont contribué à la légende de cet illustre auteur. Nombre de ses fidèles lecteurs ont découvert son œuvre grâce à cet ouvrage. Parmi eux, Malo Kerfriden, le décrit de la plus belle des façons dans une interview qu’il m’a accordé pour le site : « A la fin des années 80, j’ai acheté par hasard l’album « Story of war » paru chez Michel Deligne. A l‘époque, je découvrais Joe Kubert, Alex Toth, Bernet, Berny Wrighston etc… J’ai au départ pensé que ce récit était une réédition d’un comics d’histoire de guerre des années 50. Le relâchement, l’aisance et la spontanéité du dessin m’ont véritablement fasciné, ainsi que le ton de l’album (qui lui n’était pas du tout « années 50 »). Séverin a un ton extrêmement dur et désabusé dans ses premiers albums. Par la suite, je me suis procuré « Gratin » paru aussi chez Michel Deligne et « Lisette », publié chez Delcourt. Je me souviens aussi d’un article dans « Les cahiers de la bande dessinée »… Bref, j’ai compris ma méprise. » Ce petit album (au format A5), publié en noir et blanc, nous relate les aventures d’un Soldat engagé sous la bannière étoilée. A l’issue d’une période d’entraînement, il découvrira les horreurs de la guerre et refusera de porter une arme au Front. Ce récit qui aurait pu se réduire à la simple histoire d’un soldat en temps de guerre est accompagné d’une magnifique histoire d’amour et d’un hymne à l’acceptation des différences. Alec Séverin l’agrémente d’un trait d’une remarquable précision malgré la rapidité sans précédent avec laquelle il a réalisé cet ouvrage. Son découpage est vivant et il ose des formes de cases non conventionnelles. Côté dessins, il joue sur les palettes de gris et de noir afin de restituer aux mieux les différentes ambiances du récit. Chaque chapitre se distingue par une utilisation appropriée des « couleurs » à sa disposition. « A story of war » pose les jalons de ses futures publications en y insérant, non sans son humour habituel, des fausses publicités entre les différents chapitres. Dès 19 ans, il marque son entrée parmi les auteurs complets de bande-dessinées. Cet album est accompagné de deux mini récits tout aussi passionnants que l’histoire principale. Ils sont durs mais à l’image des histoires de guerre. Dans le cadre du site sur son œuvre (http://oeuvreseverin.free.fr), j’ai eu l’occasion de l’interroger sur la genèse de cet album. Avec cette discussion particulièrement poignante où Alec Séverin détaille pas à pas la réalisation, ce qu’il a voulu montrer de son mode de vie par rapport aux personnages et les différentes étapes qui ont permis la publication, j’ai réalisé à quel point cet album était fondateur dans son œuvre. Dans un premier temps, je m’étais arrêté à l’exploit de la réalisation graphique, mais la façon dont il a créé et découpé mentalement l’histoire est à mon sens aussi impressionnante. Mais je préfère vous laisser lire la façon dont il présente la chose dans cet extrait : « Mentalement, le découpage est déjà également réalisé, plan par plan et quasiment case par case … Dès lors, le lendemain matin, j’ai démarré sur la 1ère image (qui n’est pas la première dans l’album, mais la première image qui se passe sur l’île) … Je savais qu’il y aurait beaucoup de pages à venir, mais pas exactement combien, car je ne connaissais pas le nombre exact de cases … Je n’ai pas eu le courage de les compter mentalement une par une (mais j’aurai pu)… Bref, je ne faisais pas de « mise en page », je dessinais très vite les cases (et leur contenu) au crayon les unes après les autres de manière quasi-définitive … J’ai dessiné ainsi durant tout le premier jour et la nuit suivante (j’étais jeune…). J’ai dormi quelques heures … et ainsi de suite … Ce qui fait qu’au bout de 3 jours, l’histoire était terminée au crayon. (Elle ne faisait pas 150 pages, mais était complète en + ou – 90 ou 100 pages). Je suis allé faire photocopier tous ces crayonnés … ensuite j’ai dormi quelques heures ... après quoi, j’ai encré ces pages en 1 ou 2 jours …(avec de gros bouts de nuit) … Cela va vous paraître un peu curieux, mais pendant que j’encrais, je réfléchissais aux 2 autres petites histoires qui pourraient encadrer ce récit et je me les jouais mentalement, ce qui fait que, l’encrage fini, je me suis mis immédiatement sur le dessin de « la star » et de la troisième histoire (que j’avais déjà découpée mentalement à la case près) … pas mal des cases qui les constituent ont été directement dessinées à l’encre, sans crayonné, car l’échauffement des 5 jours précédents et le « style » utilisé (qui n’était pas très rigoureux), me le permettaient … Les 2 historiettes étaient entièrement terminées à la fin du 6ème jour (à quelques heures près). Comme la dernière était un peu plus sophistiquée, je me suis dit, avant de m’endormir, que je devais refaire des photocopies du grand récit et les passer au lavis … j’ai pensé à un prologue … (en forme de match d’entraînement de rugby …). Et le lendemain, je me suis attelé à mettre de l’encre diluée sur les cases (des photocopies). Tâche terminée le soir du 7ème jour de travail. J’étais un peu fatigué mais je me suis mis au travail sur le prologue qui, techniquement, est un assemblage de dessins que j’ai griffonnés, encrés et collés sur des cases (un peu à la manière d’un puzzle). Le lendemain, je me suis effondré et j’ai dormi durant + ou – 10 heures … Vers quelle heure de l’après midi du 8ème jour ai-je relu le tout … ? Mais alors, la longue histoire me semblait manquer un peu d’épaisseur et je me suis dis que quelques grandes images permettraient de petits souffles d’air frais … Alors, j’ai fait des hors textes en quelques heures (je me rappelle que c’était un plaisir incroyable de les dessiner, le trait glissait tout seul, je découpais de la trame mécanique (grisée) et j’encrais autour, j’ai encore un peu allongé une séquence assez dure sans lavis … volontairement, pour rendre le côté âpre la scène). Je me suis endormi et, le 9ème jour, j’ai tout relu … j’ai décidé de faire quelques fausses pubs délirantes au 2ème degré … Ce qui, je l’espérais, détendrait un peu l’atmosphère … J’ai été dormir … l’ouvrage était terminé à la fin du 9ème jour. Le 10ème jour, mes planches sous le bras, je prenais le train pour me rendre à la convention de la BD à Paris. Je n’ai réalisé les couvertures définitives que lorsque Michel Deligne m’a proposé d’éditer l’album, bien plus tard. »
Le Sursis
C'est tout bonnement magnifique. Pour ceux qui aiment les fictions qui paraissent réelles, cette bande dessinée est incontounable! Les couleurs douces et bonnes se marient parfaitement avec les formes qui ne sont pas strictes. Et les dessins... Aïe!Aïe!Aïe! Ils sont géniaux. On retrouve parfaitement l'ambiance d'un village du sud de la France sous l'occupation. Et que dire des personnages? Ils sont tous différents avec leur caractère propre à chacun. Julien est drôle et petite mention pour Marginod. Comment parler de cette BD sans parler de Cécile? Elle est très bien (allez voir les ex-libris et sérigraphies sur elle, ça vaut le coup d'oeil). Bon je vous laisse découvrir le reste et on se retrouve dans l'avis sur le Vol du corbeau. Au fait la chute de ces deux BD est... surprenante, bien trouvée, réaliste ... Merci GIBRAT pour cette ouvre d'art
A la lettre près
Tout d'abord attiré par la couverture, sitôt ouvert l'album, j'ai beaucoup apprécié tant le trait "anguleux" de l'auteur que le choix de la bichromie gris-noir/vert. Ayant pris connaissance du thème de l'histoire, je me réjouissais à l'avance de ce moment de lecture. Et bien je n'ai pas été déçu! Graphiquement, donc, j'adhère sans réserves, mais c'est surtout l'histoire qui m'a ému. L'idée de base, la "lettre de l'enfant à l'adulte qu'il sera plus tard", est excellente, et vraiment bien exploitée. A travers une narration antéchronologique ponctuée de flash back, on découvre le personnage principal et son entourage, actuel et passé, et les différentes facettes de sa personnalité, qui ont bien évolué avec le temps... Terriblement touchant et proche de chacun, sur un ton acide, voire cynique ou même désespéré (mais non dénué d'humour!!), on suit le naufrage de ses relations humaines. Riche, fin, juste, et troublant... J'ai vraiment hésité à mettre Culte, mais j'ai été tellement touché par cette histoire... Et puis, c'est la première fois que je relis une BD sitôt la dernière page achevée. C'est un signe! Donc, culte au moins chez moi.
Une épatante aventure de Jules
C'est génial ! Cette B.D fait part aux lecteurs de toutes les questions que l'on pourrait se poser sur le Futur (espace, environnement, humanité... etc...) tout en suivant le jeune Jules et son amie (très chère) Janet dans leurs aventures. Je le recommande à euuuuh... TOUT LE MONDE !