Étrange titre, au fond, que celui-ci, qui rend très mal compte de ce qu’est ce pur instant de bonheur.
Car, après l’avoir refermé, je ne sais comment aurait dû s’appeler Quartier Lointain (ce n’est de toute façon pas à moi d’en décider), mais j’ai la sensation persistante que ce titre lui sied très mal. Peut-être un « Le Voyageur du Temps » (ce qui aurait induit un effet intéressant avec la scène finale, mais aurait risqué d’être un peu trop convenu, certes) ?
En tout cas, voilà un merveilleux titre que j’ai bien failli ne jamais découvrir. La faute à un exergue pour le moins imbécile : « Qui n’a jamais rêvé de revivre son enfance ? ». Eh bien, aussi étonnant que cela soit pour le rédacteur à l’esprit étroit de cette question, il arrive qu’une enfance ne soit pas le doux cocon de rose que la pub nous vend, et qu’elle devrait certes être, si nous vivions tous au Paradis.
De plus, cette question-titre semblait ouvrir la voie à une histoire d’une sirupeuse niaiserie, sur l’enfance gâteau, ouatée, mielleuse (et donc strictement inintéressante) du personnage principal, que j’imaginais confronté à ce grave doute existentiel : aurais-je enfin la chance de draguer trucmuche ?
Mais le plus idiot, là-dedans, est que cette question ne correspond pas du tout à l’histoire de ce manga, puisque le personnage principal ne souhaite certainement pas revivre toute son enfance, celle-ci ayant été ponctuée par un drame, dont on peut dire qu’il a « structuré » le restant de son existence.
En fait, la véritable question est : « si par hasard vous étiez projeté dans votre passé, pourriez-vous (voudriez-vous) le modifier afin d’éviter un drame familial qui vous a effondré ? »
A priori, cette question ne connaît qu’une seule réponse : on voudrait bien, mais on ne peut pas (pour des raisons de paradoxe temporel sur lesquels on ne va pas revenir).
Le sujet était donc risqué, parce qu’éculé, et susceptible du pire.
Je dois d’ailleurs avouer qu’aux premières pages du retour dans le temps, j’ai craint la longue litanie nostalgique et mélancolique (« j’ai connu un tel, qui n’est plus ; et une telle qui est devenue cela, au lieu de cela ; et machin qui finit ainsi... ») qui menaçait de me déprimer gravement. Je craignais l’accumulation des scènes « cartes postales » aux tonalités sépia et larmoyantes.
Mais, soudain, se produit un petit déclic, et le manga change soudain de direction. Juste un petit déclic qui modifie toute la perspective. Et le manga de devenir magique, magnifique, merveilleux, absolument passionnant.
J’avais pris les deux tomes à ma bibliothèque (municipale), et je les ai dévorés d’une traite. Pour finir sur une fin pratiquement à l’image du reste.
Certes point forcément celle dont j’avais rêvé, mais une fin touchante et bien menée, qui m’a totalement convaincu.
Qu’en dire de plus ?
Dans la petite bibliothèque municipale que je viens de redécouvrir, j’avais pris in extremis ce titre, trouvé un peu par hasard, en disant à la bibliothécaire :
« Tout le monde dit que c’est magnifique »
Ce à quoi, elle me répondit : « Oui, c’est aussi ce que j’ai entendu dire ».
Eh bien, pour une fois, « tout le monde » a bien raison. Et, vous savez quoi ? Ce n’est que du bonheur.
C'est peut être un peu tôt pour parler de bd culte, mais je ne voit pas ce que je peux reprocher à cette bd. Les dessins sont superbes, le scénario sans être révolutionnaire, est très efficace, sans temps morts, le ton, un peu narratif et l'ambiance orientale sont vraiment sympas, en plus, dans un de mes genres préférés.
Les deux cycles sont assez différents. Le premier, le plus réussi, d'après moi, présente bien les différents protagonistes. Le second, qui souffre de quelques lenteurs au premier tome, pose quelques questions sur les personnages principaux: qui est vraiment Noburo, ce géant qui semble indestructible? Okko à t'il toujours été ce chasseur de démon? Son passé n'est il pas entaché de quelques drames? la trame principale semble vraiment démarrer dans ce cycle.
Cette BD est un témoignage poignant de la vie d'un jeune homme, Martin Gray, au sein du ghetto juif de Varsovie durant la deuxième guerre mondiale. Martin a décidé de ne pas se résigner et tente de résister à ses bourreaux. Son audace, son pragmatisme, sa vitalité et sa capacité de tirer les leçons de ses échecs feront de lui un maître de la débrouillardise.
Tant le scénario de Patrick Cothias (qui se base sur la biographie de Martin Gray) que le dessin de Paul Gillon sont superbes.
Le dessin de Gillon est très classique et réaliste mais sans faille. Il sait montrer des atrocités sans voyeurisme ni excès. Les sentiments exprimés dans les regards et les attitudes sont justes. Les couleurs, froides et tristes, donnent à l'histoire une ambiance dramatique : on sent le froid de l'hiver et la pauvreté de la population.
Quant au scénario, c'est tout simplement de l'Histoire ! Véracité des situations, profondeur des sentiments, excellente description de la vie du jeune Martin, de sa famille et de tout son peuple de plus en plus oppprimé.
Cette BD permet à tous ceux qui n'ont pas vécu les atrocités de la guerre et du racisme d'avoir une idée des souffrances que les Nazis ont fait subir aux peuples sous leur domination. Il est à noter que le film de Polansky "Le pianiste" reprend un thème très similaire à cette BD.
Malheureusement, la folie humaine ne s'est pas arrêtée là et maintes autres idéologies similaires sont apparues de par le monde depuis lors. Il est donc essentiel que le témoignage des quelques survivants de ce massacre continue à être diffusé pour que de telles erreurs se reproduisent le moins souvent possible. C'est pourquoi une telle BD devrait être conseillée aux étudiants car elle est instructive et passionnante à la fois.
Un seul regret - et de taille ! - la série commencée en 1986 s'est arrêtée en 1987, faute de succès commercial sans doute. Il n'y a donc que deux volumes dans cette série qui en aurait mérité une douzaine au moins. Espérons qu'un jour d'autres auteurs de BD auront la bonne idée de continuer cette série...
Sublime, splendide, exceptionnel ... que dire d'autre ? Aussi bien graphiquement, où j'ai l'impression de regarder des toiles de grands maîtres où les explosions de couleurs, les traits du pinceau et le dessin sont comme une explosion dans sensation dans mon esprit, que scénaristiquement où l'histoire est tout bonnement sublime, l'idée géniale et les textes proches du lyrisme d'un poème. Ce silence forcé de l'héroïne me transporte dans un monde onirique.
Aucun regret dans son achat, un peu moment de bonheur, j'avoue attendre avec impatience (ou pas) d'autres oeuvres de Phelip.
Prix du meilleur album du Prix de la ville d'Hyères (15e festival de la B.D.) 1993. Prix des libraires 1993 (Saint-Malo, festival de BD. "Quai des bulles"). Alph'Art du meilleur album étranger 1994 (Angoulême). Prix spécial du jury (festival international de Sierre 1994).
Huis clos sur une île. Atmosphère étouffante bien que venteuse. Personnages troubles. Intrigue à multiples facettes. Beauté rare des tableaux impressionnistes de Prado. Couleurs flamboyantes. Difficile de résumer en quelques mots tout l'intérêt de ce petit chef-d'oeuvre. La tenancière de l'auberge, le mur du quai, les relations étranges entre les personnages, autant de détails capitaux pour comprendre ce qui s'est passé ou ce qui aurait pu se passer... Une chose est sûre, quand vous aurez fini de le lire, vous voudrez relire, vérifier, recouper pour vous faire votre propre interprétation. Lynchien ? Peut-être...
Après avoir essuyé pendant deux jours une tempête, Raul accoste sur un îlot qu'aucune carte ne signale. Un mur couvert de graffitis, un phare désaffecté, une auberge-cantine-buvette tenue par une femme et son étrange fils, des rochers, des goélands et des superstitions, voilà à quoi se résume cette île sans nom. Un autre bateau est à quai. A son bord, Ana, une femme belle et sauvage. Une drôle d'histoire se noue entre Raul et Ana, faite de silences, d'incompréhensions et de rendez-vous manqués.
A mon avis, l'un des meilleurs mangas du moment. J'avais déjà beaucoup aimé Monster du même auteur, mais je trouve que cette série la surpasse en qualité.
Seul bémol, au cours de cette saga de 22 tomes, Urasawa a tendance à jouer sur des automatismes narratifs qui peuvent devenir génants. Mais ne boudons pas notre plaisir, et espérons qu'Urasawa clôture habilement cette série qui fait déjà partie des meilleurs mangas de l'histoire.
604 pages ! Impressionnant quand on commence cet album de voir sa taille et de réaliser qu'il va vraiment falloir du temps pour le lire car chaque planche se lit tranquillement avec ce qu'il faut de texte et de cases. Mais non seulement, il est facile de s'arrêter en fin de chaque petit chapitre et de reprendre plus tard sans crainte de perdre le charme de la BD, mais en plus arrivé à la moitié de l'album, c'était trop tard pour moi, je n'ai plus réussi à le lâcher jusqu'à la fin (je ne sais même plus l'heure qu'il était quand je l'ai terminé).
Je ne saurais pas trop comment décrire ce qui est contenu dans cette BD. Des tranches de vie à la façon de Friends ? Oui un peu puisqu'on se base sur un groupe d'amis et de relations autour d'un appartement en colocation. Mais il y a largement plus de réalisme et de profondeur dans De mal en pis. D'ailleurs pourquoi avoir choisi ce titre ? Rien ne va "de mal en pis" dans cette histoire : les personnages évoluent, changent, gagnent en maturité, souffrent, sont heureux, sont amoureux, s'engueulent, se découvrent, mais cette évolution ne va ni de mal en pis, ni de mieux en mieux : les gens changent voilà tout.
Les sujets abordés dans ces quelques mois durant lesquels nous suivions tous ses personnages sont multiples : histoires d'amours, relations amicales, monde du travail, reflexion sur la maturité et les choix de vie, intrigue dans le milieu du business du comics, et de multiples témoignages sur la vie, sur l'âme humaine, sur les gens en général.
J'ai trouvé les personnages excellents, bien différents les uns des autres tout en étant originaux et très justes. J'ai une préférence pour le personnage de Dorothy Lestrade qui souffle vraiment le chaud et le froid mais que je trouve très attachante. A l'inverse, alors que le récit semble souvent se focaliser sur Sherman, ce personnage là se révèle finalement presque le plus décevant humainement parlant, surtout quand on découvre dans l'épilogue ce qu'il deviendra plus tard. Et le vrai héros de cette BD, au final, se retrouve plutôt être Ed Velasquez qui aura sans doute gagné le plus en maturité entre le début de l'histoire et l'épilogue.
Une BD aux multiples histoires toutes simples mais touchantes et très prenantes, un long aperçu de la vie de jeunes adultes qui entrent tout juste dans le monde du travail, un récit empli d'humour et d'émotions, un livre qu'on referme avec nostalgie.
J'ai vraiment adoré ma lecture, les personnages que j'y ai suivis, les sentiments que j'y ai éprouvés et les émotions et les souvenirs qu'elle a su graver en moi.
Calvin et Hobbes c'est un must !
Quel plaisir de lire et de relire ces petites histoires. C'est une plongée dans le monde de l'enfance avec un regard d'adulte. Toutes les questions et les histoires d'enfants sont formulées avec une pensée d'adulte, ce qui donne des dialogues assez caustiques et sarcastiques par moments. C'est aussi tout simplement la contemplation de cette période de vie.
Si vous souhaiter retrouver de la magie de vos histoires de pirates ou de western, que vous inventiez dans la cour ou dans le jardin, Calvin et Hobbes vous transporteront.
Je suis fan !
La série "Achille Talon" a une place toute particulière dans ma vie de BDphile puisque c’est la première série franco-belge que j’ai collectionné (bien, bien avant Astérix et Gaston Lagaffe par exemple), après sa découverte quand j’avais une douzaine d’années. Mon vocabulaire n’a alors plus jamais été le même...
Exercice difficile que de donner un avis à une série comportant quand même 47 numéros, et qui n’est plus écrite de surcroît par son créateur depuis 4 des 5 derniers numéros.
La collection comporte 18 histoires longues, et le reste (60%) étant des recueils de gags parus à l’origine dans le journal Pilote (1 ou 2 pages pour l’écrasante majorité des gags), ou de quelques mini-histoires parues dans les 6 numéros de l’éphémère Achille Talon Magazine. Je ne sais pas, par contre, si les gags des nouveaux auteurs ont été pré-publiés quelques part.
J’ai lu beaucoup des avis précédents, et je m’étonne qu’il y en ait beaucoup pour reprocher à cette série la longueur des dialogues et la « lourdeur » sémantique des tirades de nos héros. C’est la forme de ressort comique qu’a voulu Greg à la base pour son héros, forme complètement originale et qui distingue "Achille Talon" de toutes les autres BD à gags (ou d’aventures), et ce, encore maintenant. Reproche-t-on à Gaston Lagaffe de n’être pas drôle car son ressort comique est basé sur des gaffes ? Après on adhère où on n’adhère pas, mais c’est un autre débat.
Contrairement à beaucoup, j’apprécie autant les recueils de gags que les aventures puisque pour moi l’intérêt réside avant tout dans la lecture des dialogues. L’avantage ici, c’est que cela peut être drôle à chaque bulle et pas seulement dans la dernière case constituant la chute du gag. Du non sens (« il faudrait une loi interdisant les voisins »), de la démesure et de l’emphase, Greg est le Michel Audiard de la BD (et je pèse mes mots).
La galerie de personnages secondaires est bien sûr pour beaucoup dans le plaisir de lecture, et la dynamique mise en place en particulier entre notre héros et son voisin Hilarion Lefuneste est devenu un canon du genre (n’est ce pas Cubitus ?). Une mention spéciale aussi pour « monsieurlerédacteurenchef », alias Goscinny, magnifique dans son rôle de patron acariâtre à la De Funès et pour Pétard le canard au béret (équivalent décalé du Spip de "Spirou" ou du Milou de "Tintin").
Je n’ai par contre aucun avis objectif sur le dessin ; j’ai en effet grandi avec ces dessinateurs que sont Greg, Franquin ou Uderzo sans jamais avoir aucun regard critique sur leurs techniques. Peut-être pour Greg (scénariste avant tout à la base) une certaine difficulté dans la représentation des animaux.
Les scénarios des aventures font preuve très souvent d’une grande originalité et d’un bon équilibre entre humour et péripétie. Une mention spéciale au « Monstre de l’étang Tacule » qui met en scène un illustrateur (= Franquin), ayant une vision monstrueusement déformée de la réalité (= « les monstres » qu’il dessinait à l’époque).
Quelques défauts quand même : certaines histoires longues font, à mon avis, transparaître des idées politiques de l’auteur parfois un peu réactionnaires : « Ne rêvons pas » et son contrôleur des impôts au look un peu nazi (tonsure et petite lunettes rondes), l’apologie d’un système banquier philanthrope dans « L’Archipel de Sanzunron » (album il est vrai commandité par le Crédit Lyonnais) et le titre de l’album « Le Monstre de l’étang Tacule » qui n’est pas qu’un jeu de mot mais aussi une contrepèterie explicite (que je vous laisse trouver). Paradoxalement, les charges contre l’armée et la police ne manquent pas, donc je ne m’aventurerai pas plus sur ce terrain glissant.
Sinon 5 étoiles sans souci malgré les 4 tomes postérieurs à Greg !
La première BD de cet auteur australien à paraître chez nous, racontant l'histoire d'un homme quittant sa famille pour aller chercher du travail dans un autre pays et subvenir aux besoins de sa femme et de sa fille.
Chose troublante car inhabituelle : il n'y a aucun texte, tout n'est qu'images.
Ce qui m'a le plus impressionné, c'est le dessin : remarquable en tous points, beau à couper le souffle. L'expression des visages, l'imagination dans les décors de ce nouveau monde (un peu Miyazakien par moment), la façon de nous faire comprendre plein de choses sur cet univers inconnu à l'aide de simples dessins, les couleurs, le découpage, la façon de décrire le temps qui passe : tout, absolument tout, est phénoménal.
Je ne pensais pas qu'une BD "sans paroles" pouvait arriver à me marquer autant.
En ce qui me concerne, il y avait très très très longtemps qu'un album de cette qualité n'avait pas été primé à Angoulême, peut-être parce qu'il y avait très très très longtemps qu'un album de cette qualité n'avait pas été édité.
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Quartier lointain
Étrange titre, au fond, que celui-ci, qui rend très mal compte de ce qu’est ce pur instant de bonheur. Car, après l’avoir refermé, je ne sais comment aurait dû s’appeler Quartier Lointain (ce n’est de toute façon pas à moi d’en décider), mais j’ai la sensation persistante que ce titre lui sied très mal. Peut-être un « Le Voyageur du Temps » (ce qui aurait induit un effet intéressant avec la scène finale, mais aurait risqué d’être un peu trop convenu, certes) ? En tout cas, voilà un merveilleux titre que j’ai bien failli ne jamais découvrir. La faute à un exergue pour le moins imbécile : « Qui n’a jamais rêvé de revivre son enfance ? ». Eh bien, aussi étonnant que cela soit pour le rédacteur à l’esprit étroit de cette question, il arrive qu’une enfance ne soit pas le doux cocon de rose que la pub nous vend, et qu’elle devrait certes être, si nous vivions tous au Paradis. De plus, cette question-titre semblait ouvrir la voie à une histoire d’une sirupeuse niaiserie, sur l’enfance gâteau, ouatée, mielleuse (et donc strictement inintéressante) du personnage principal, que j’imaginais confronté à ce grave doute existentiel : aurais-je enfin la chance de draguer trucmuche ? Mais le plus idiot, là-dedans, est que cette question ne correspond pas du tout à l’histoire de ce manga, puisque le personnage principal ne souhaite certainement pas revivre toute son enfance, celle-ci ayant été ponctuée par un drame, dont on peut dire qu’il a « structuré » le restant de son existence. En fait, la véritable question est : « si par hasard vous étiez projeté dans votre passé, pourriez-vous (voudriez-vous) le modifier afin d’éviter un drame familial qui vous a effondré ? » A priori, cette question ne connaît qu’une seule réponse : on voudrait bien, mais on ne peut pas (pour des raisons de paradoxe temporel sur lesquels on ne va pas revenir). Le sujet était donc risqué, parce qu’éculé, et susceptible du pire. Je dois d’ailleurs avouer qu’aux premières pages du retour dans le temps, j’ai craint la longue litanie nostalgique et mélancolique (« j’ai connu un tel, qui n’est plus ; et une telle qui est devenue cela, au lieu de cela ; et machin qui finit ainsi... ») qui menaçait de me déprimer gravement. Je craignais l’accumulation des scènes « cartes postales » aux tonalités sépia et larmoyantes. Mais, soudain, se produit un petit déclic, et le manga change soudain de direction. Juste un petit déclic qui modifie toute la perspective. Et le manga de devenir magique, magnifique, merveilleux, absolument passionnant. J’avais pris les deux tomes à ma bibliothèque (municipale), et je les ai dévorés d’une traite. Pour finir sur une fin pratiquement à l’image du reste. Certes point forcément celle dont j’avais rêvé, mais une fin touchante et bien menée, qui m’a totalement convaincu. Qu’en dire de plus ? Dans la petite bibliothèque municipale que je viens de redécouvrir, j’avais pris in extremis ce titre, trouvé un peu par hasard, en disant à la bibliothécaire : « Tout le monde dit que c’est magnifique » Ce à quoi, elle me répondit : « Oui, c’est aussi ce que j’ai entendu dire ». Eh bien, pour une fois, « tout le monde » a bien raison. Et, vous savez quoi ? Ce n’est que du bonheur.
Okko
C'est peut être un peu tôt pour parler de bd culte, mais je ne voit pas ce que je peux reprocher à cette bd. Les dessins sont superbes, le scénario sans être révolutionnaire, est très efficace, sans temps morts, le ton, un peu narratif et l'ambiance orientale sont vraiment sympas, en plus, dans un de mes genres préférés. Les deux cycles sont assez différents. Le premier, le plus réussi, d'après moi, présente bien les différents protagonistes. Le second, qui souffre de quelques lenteurs au premier tome, pose quelques questions sur les personnages principaux: qui est vraiment Noburo, ce géant qui semble indestructible? Okko à t'il toujours été ce chasseur de démon? Son passé n'est il pas entaché de quelques drames? la trame principale semble vraiment démarrer dans ce cycle.
Au nom de tous les miens
Cette BD est un témoignage poignant de la vie d'un jeune homme, Martin Gray, au sein du ghetto juif de Varsovie durant la deuxième guerre mondiale. Martin a décidé de ne pas se résigner et tente de résister à ses bourreaux. Son audace, son pragmatisme, sa vitalité et sa capacité de tirer les leçons de ses échecs feront de lui un maître de la débrouillardise. Tant le scénario de Patrick Cothias (qui se base sur la biographie de Martin Gray) que le dessin de Paul Gillon sont superbes. Le dessin de Gillon est très classique et réaliste mais sans faille. Il sait montrer des atrocités sans voyeurisme ni excès. Les sentiments exprimés dans les regards et les attitudes sont justes. Les couleurs, froides et tristes, donnent à l'histoire une ambiance dramatique : on sent le froid de l'hiver et la pauvreté de la population. Quant au scénario, c'est tout simplement de l'Histoire ! Véracité des situations, profondeur des sentiments, excellente description de la vie du jeune Martin, de sa famille et de tout son peuple de plus en plus oppprimé. Cette BD permet à tous ceux qui n'ont pas vécu les atrocités de la guerre et du racisme d'avoir une idée des souffrances que les Nazis ont fait subir aux peuples sous leur domination. Il est à noter que le film de Polansky "Le pianiste" reprend un thème très similaire à cette BD. Malheureusement, la folie humaine ne s'est pas arrêtée là et maintes autres idéologies similaires sont apparues de par le monde depuis lors. Il est donc essentiel que le témoignage des quelques survivants de ce massacre continue à être diffusé pour que de telles erreurs se reproduisent le moins souvent possible. C'est pourquoi une telle BD devrait être conseillée aux étudiants car elle est instructive et passionnante à la fois. Un seul regret - et de taille ! - la série commencée en 1986 s'est arrêtée en 1987, faute de succès commercial sans doute. Il n'y a donc que deux volumes dans cette série qui en aurait mérité une douzaine au moins. Espérons qu'un jour d'autres auteurs de BD auront la bonne idée de continuer cette série...
Ma'at
Sublime, splendide, exceptionnel ... que dire d'autre ? Aussi bien graphiquement, où j'ai l'impression de regarder des toiles de grands maîtres où les explosions de couleurs, les traits du pinceau et le dessin sont comme une explosion dans sensation dans mon esprit, que scénaristiquement où l'histoire est tout bonnement sublime, l'idée géniale et les textes proches du lyrisme d'un poème. Ce silence forcé de l'héroïne me transporte dans un monde onirique. Aucun regret dans son achat, un peu moment de bonheur, j'avoue attendre avec impatience (ou pas) d'autres oeuvres de Phelip.
Trait de craie
Prix du meilleur album du Prix de la ville d'Hyères (15e festival de la B.D.) 1993. Prix des libraires 1993 (Saint-Malo, festival de BD. "Quai des bulles"). Alph'Art du meilleur album étranger 1994 (Angoulême). Prix spécial du jury (festival international de Sierre 1994). Huis clos sur une île. Atmosphère étouffante bien que venteuse. Personnages troubles. Intrigue à multiples facettes. Beauté rare des tableaux impressionnistes de Prado. Couleurs flamboyantes. Difficile de résumer en quelques mots tout l'intérêt de ce petit chef-d'oeuvre. La tenancière de l'auberge, le mur du quai, les relations étranges entre les personnages, autant de détails capitaux pour comprendre ce qui s'est passé ou ce qui aurait pu se passer... Une chose est sûre, quand vous aurez fini de le lire, vous voudrez relire, vérifier, recouper pour vous faire votre propre interprétation. Lynchien ? Peut-être... Après avoir essuyé pendant deux jours une tempête, Raul accoste sur un îlot qu'aucune carte ne signale. Un mur couvert de graffitis, un phare désaffecté, une auberge-cantine-buvette tenue par une femme et son étrange fils, des rochers, des goélands et des superstitions, voilà à quoi se résume cette île sans nom. Un autre bateau est à quai. A son bord, Ana, une femme belle et sauvage. Une drôle d'histoire se noue entre Raul et Ana, faite de silences, d'incompréhensions et de rendez-vous manqués.
20th Century Boys
A mon avis, l'un des meilleurs mangas du moment. J'avais déjà beaucoup aimé Monster du même auteur, mais je trouve que cette série la surpasse en qualité. Seul bémol, au cours de cette saga de 22 tomes, Urasawa a tendance à jouer sur des automatismes narratifs qui peuvent devenir génants. Mais ne boudons pas notre plaisir, et espérons qu'Urasawa clôture habilement cette série qui fait déjà partie des meilleurs mangas de l'histoire.
De mal en pis
604 pages ! Impressionnant quand on commence cet album de voir sa taille et de réaliser qu'il va vraiment falloir du temps pour le lire car chaque planche se lit tranquillement avec ce qu'il faut de texte et de cases. Mais non seulement, il est facile de s'arrêter en fin de chaque petit chapitre et de reprendre plus tard sans crainte de perdre le charme de la BD, mais en plus arrivé à la moitié de l'album, c'était trop tard pour moi, je n'ai plus réussi à le lâcher jusqu'à la fin (je ne sais même plus l'heure qu'il était quand je l'ai terminé). Je ne saurais pas trop comment décrire ce qui est contenu dans cette BD. Des tranches de vie à la façon de Friends ? Oui un peu puisqu'on se base sur un groupe d'amis et de relations autour d'un appartement en colocation. Mais il y a largement plus de réalisme et de profondeur dans De mal en pis. D'ailleurs pourquoi avoir choisi ce titre ? Rien ne va "de mal en pis" dans cette histoire : les personnages évoluent, changent, gagnent en maturité, souffrent, sont heureux, sont amoureux, s'engueulent, se découvrent, mais cette évolution ne va ni de mal en pis, ni de mieux en mieux : les gens changent voilà tout. Les sujets abordés dans ces quelques mois durant lesquels nous suivions tous ses personnages sont multiples : histoires d'amours, relations amicales, monde du travail, reflexion sur la maturité et les choix de vie, intrigue dans le milieu du business du comics, et de multiples témoignages sur la vie, sur l'âme humaine, sur les gens en général. J'ai trouvé les personnages excellents, bien différents les uns des autres tout en étant originaux et très justes. J'ai une préférence pour le personnage de Dorothy Lestrade qui souffle vraiment le chaud et le froid mais que je trouve très attachante. A l'inverse, alors que le récit semble souvent se focaliser sur Sherman, ce personnage là se révèle finalement presque le plus décevant humainement parlant, surtout quand on découvre dans l'épilogue ce qu'il deviendra plus tard. Et le vrai héros de cette BD, au final, se retrouve plutôt être Ed Velasquez qui aura sans doute gagné le plus en maturité entre le début de l'histoire et l'épilogue. Une BD aux multiples histoires toutes simples mais touchantes et très prenantes, un long aperçu de la vie de jeunes adultes qui entrent tout juste dans le monde du travail, un récit empli d'humour et d'émotions, un livre qu'on referme avec nostalgie. J'ai vraiment adoré ma lecture, les personnages que j'y ai suivis, les sentiments que j'y ai éprouvés et les émotions et les souvenirs qu'elle a su graver en moi.
Calvin et Hobbes
Calvin et Hobbes c'est un must ! Quel plaisir de lire et de relire ces petites histoires. C'est une plongée dans le monde de l'enfance avec un regard d'adulte. Toutes les questions et les histoires d'enfants sont formulées avec une pensée d'adulte, ce qui donne des dialogues assez caustiques et sarcastiques par moments. C'est aussi tout simplement la contemplation de cette période de vie. Si vous souhaiter retrouver de la magie de vos histoires de pirates ou de western, que vous inventiez dans la cour ou dans le jardin, Calvin et Hobbes vous transporteront. Je suis fan !
Achille Talon
La série "Achille Talon" a une place toute particulière dans ma vie de BDphile puisque c’est la première série franco-belge que j’ai collectionné (bien, bien avant Astérix et Gaston Lagaffe par exemple), après sa découverte quand j’avais une douzaine d’années. Mon vocabulaire n’a alors plus jamais été le même... Exercice difficile que de donner un avis à une série comportant quand même 47 numéros, et qui n’est plus écrite de surcroît par son créateur depuis 4 des 5 derniers numéros. La collection comporte 18 histoires longues, et le reste (60%) étant des recueils de gags parus à l’origine dans le journal Pilote (1 ou 2 pages pour l’écrasante majorité des gags), ou de quelques mini-histoires parues dans les 6 numéros de l’éphémère Achille Talon Magazine. Je ne sais pas, par contre, si les gags des nouveaux auteurs ont été pré-publiés quelques part. J’ai lu beaucoup des avis précédents, et je m’étonne qu’il y en ait beaucoup pour reprocher à cette série la longueur des dialogues et la « lourdeur » sémantique des tirades de nos héros. C’est la forme de ressort comique qu’a voulu Greg à la base pour son héros, forme complètement originale et qui distingue "Achille Talon" de toutes les autres BD à gags (ou d’aventures), et ce, encore maintenant. Reproche-t-on à Gaston Lagaffe de n’être pas drôle car son ressort comique est basé sur des gaffes ? Après on adhère où on n’adhère pas, mais c’est un autre débat. Contrairement à beaucoup, j’apprécie autant les recueils de gags que les aventures puisque pour moi l’intérêt réside avant tout dans la lecture des dialogues. L’avantage ici, c’est que cela peut être drôle à chaque bulle et pas seulement dans la dernière case constituant la chute du gag. Du non sens (« il faudrait une loi interdisant les voisins »), de la démesure et de l’emphase, Greg est le Michel Audiard de la BD (et je pèse mes mots). La galerie de personnages secondaires est bien sûr pour beaucoup dans le plaisir de lecture, et la dynamique mise en place en particulier entre notre héros et son voisin Hilarion Lefuneste est devenu un canon du genre (n’est ce pas Cubitus ?). Une mention spéciale aussi pour « monsieurlerédacteurenchef », alias Goscinny, magnifique dans son rôle de patron acariâtre à la De Funès et pour Pétard le canard au béret (équivalent décalé du Spip de "Spirou" ou du Milou de "Tintin"). Je n’ai par contre aucun avis objectif sur le dessin ; j’ai en effet grandi avec ces dessinateurs que sont Greg, Franquin ou Uderzo sans jamais avoir aucun regard critique sur leurs techniques. Peut-être pour Greg (scénariste avant tout à la base) une certaine difficulté dans la représentation des animaux. Les scénarios des aventures font preuve très souvent d’une grande originalité et d’un bon équilibre entre humour et péripétie. Une mention spéciale au « Monstre de l’étang Tacule » qui met en scène un illustrateur (= Franquin), ayant une vision monstrueusement déformée de la réalité (= « les monstres » qu’il dessinait à l’époque). Quelques défauts quand même : certaines histoires longues font, à mon avis, transparaître des idées politiques de l’auteur parfois un peu réactionnaires : « Ne rêvons pas » et son contrôleur des impôts au look un peu nazi (tonsure et petite lunettes rondes), l’apologie d’un système banquier philanthrope dans « L’Archipel de Sanzunron » (album il est vrai commandité par le Crédit Lyonnais) et le titre de l’album « Le Monstre de l’étang Tacule » qui n’est pas qu’un jeu de mot mais aussi une contrepèterie explicite (que je vous laisse trouver). Paradoxalement, les charges contre l’armée et la police ne manquent pas, donc je ne m’aventurerai pas plus sur ce terrain glissant. Sinon 5 étoiles sans souci malgré les 4 tomes postérieurs à Greg !
Là où vont nos pères
La première BD de cet auteur australien à paraître chez nous, racontant l'histoire d'un homme quittant sa famille pour aller chercher du travail dans un autre pays et subvenir aux besoins de sa femme et de sa fille. Chose troublante car inhabituelle : il n'y a aucun texte, tout n'est qu'images. Ce qui m'a le plus impressionné, c'est le dessin : remarquable en tous points, beau à couper le souffle. L'expression des visages, l'imagination dans les décors de ce nouveau monde (un peu Miyazakien par moment), la façon de nous faire comprendre plein de choses sur cet univers inconnu à l'aide de simples dessins, les couleurs, le découpage, la façon de décrire le temps qui passe : tout, absolument tout, est phénoménal. Je ne pensais pas qu'une BD "sans paroles" pouvait arriver à me marquer autant. En ce qui me concerne, il y avait très très très longtemps qu'un album de cette qualité n'avait pas été primé à Angoulême, peut-être parce qu'il y avait très très très longtemps qu'un album de cette qualité n'avait pas été édité.