Qu'il est agréable, quand on baigne dans la BD depuis son plus jeune âge, de tomber sur un album qui ne ressemble à strictement rien de connu ! Une somme savante, belle et ludique, qui entend, excusez du peu, raconter l'histoire du monde du big bang à l'apparition de l'homme (pour ''Alpha''.)
Il y a quelque chose de tout à fait passionnant à voir ainsi l'évolution en marche, case après case. J'ai retrouvé en lisant cet album la fascination qu'avait été la mienne quand j'avais découvert étant petite le sacre du printemps, dans "Fantasia", sauf que "Alpha... Directions" va plus beaucoup plus loin : le propos est plus complet, plus érudit, et le parallèle qui est fait en permanence avec les croyances, les religions, les grandes étapes de l'humanité permet d'aborder cette histoire du monde via le spectre de l'histoire de la pensée humaine.
Contrairement à ce qui a été écrit plus bas, je ne trouve pas que ''Alpha'' soit difficile d'accès. Feuilleter simplement cet album en suivant l'enchainement des cases comme on regarderait un dessin animé muet s'avère être une expérience déjà unique et je pense intéressante pour un large public (ma fille de 5 ans a bien aimé par exemple).
Le texte permet d'approfondir cet hymne à la science, et lui donne une portée plus grande encore, mais il n'est pas indispensable pour apprécier ce livre complètement atypique.
Je ne suis pas vraiment surpris par ce monumental recueil de Jens Harder car j’avais lu « Leviathan » auparavant. Il y excellait déjà graphiquement en bichromie. Les références y étaient également nombreuses.
Mais « Alpha … Directions » est un tout autre projet, le plus ambitieux des projets connus dans le monde du 9ème art. En fait de projet, il s’agit d’une première étape d’un vaste projet qui en comptera trois. Pour les deux autres étapes, on ne devrait plus avoir un gros volume comme pour Alpha mais respectivement deux tomes pour permettre des sorties plus rapprochées.
Pour en revenir à ce premier volet : il est superbe dès le premier abord. La couverture en jette et la qualité du produit se vérifie dès le premier coup d’œil. L’objet est lourd avec ses 350 pages, certains le trouveront cher mais il n’en est rien comparé aux BD 48 pages grand format classique qui tourne autour des 13 euros soit seulement 3 fois moins cher pour 7 fois moins de pages ….
La BD est organisée en chapitre et sous chapitres reconnaissables par leurs propres couleurs utilisées à merveille en bichromie. Beaucoup de symboles ou de reproductions de tableaux, schémas, dessins et autres, agrémentent le propos. Il n’est pas toujours aisé de faire la corrélation avec ces références artistiques, religieuses ou scientifiques provenant d’autres époques. Mais c’est structuré et réfléchit, en y mettant du sien on en comprend une bonne partie.
La lecture demande rapidement de la concentration car l’on commence par un premier gros chapitre : l’univers. C’est aussi conceptuel que rigoureux. L’auteur joue sur les échelles de temps et de tailles, allant de l’infini vers la Terre.
S’en suivent les chapitres cryptozoïque, paléozoïque, mésozoïque et cénozoïque. Chaque sous chapitre est ponctué sur une page par un index temporel relatant les étapes et les évènements importants.
L’auteur a glissé quelques petites cases en hommage au cinéma, à la BD, aux dessins animés, etc. L’ensemble est très sérieux quand même.
Les quelques textes off offrent des légendes mais il reste beaucoup de non dits, il faut observer et interpréter les dessins.
Je conseille une lecture fractionnée. Le début demande une petite adaptation et quelques efforts, ensuite les pages défilent de plus en plus vite.
En l’état, ce projet se révèle être une merveille. J’ai hâte de voir la suite sortir.
Le seul défaut de cet ouvrage concerne son accessibilité. Il est trop complexe pour les plus jeunes. Mais avec un peu de patience, ils seront récompensés.
Un énorme coup de cœur.
Je suis heureux de faire mon millième avis sur cette BD hors norme.
Mais que voilà une excellente lecture… Je crois que cela m’a fait du bien de retrouver une production plus classique, bien que cela ne soit pas synonyme de mauvaise qualité ; que du contraire !
Encore une fois (Le Grand Pouvoir du Chninkel, SOS Bonheur ou XIII), Van Hamme réussit un véritable tour de force dans cette saga familiale de sept volumes. Ajoutez à cela un huitième album « hors série » d’une très bonne qualité (ce qui est souvent rare, je trouve, en matière de hors série), que demander de plus ? Le récit est très bien construit car il maintient en permanence des surprises dans le scénario et une cohérence générale. Je ne me suis jamais embêté, même si l’un ou l’autre tome semble plus orienté vers l’économie (venant de Van Hamme, rien d’étonnant…). Bref, concernant l’histoire, chaque tome amène le lecteur vers la grande impatience d’entamer l’album suivant ; rien à redire !
Au niveau du dessin, Vallès nous offre une belle réussite. Le style graphique réaliste me semble parfaitement adapté à l’histoire.
En conclusion, j’ai éprouvé un intense plaisir à découvrir cette série que je recommande chaudement. Dans le genre, je ne me vois pas attribuer une autre cote que la note maximale… Chapeau bas !!
Très bonne surprise que cette trilogie du Feul. D'ailleurs, je ne comprends pas que cette Bd soit si méconnue. Tous les éléments sont réunis pour les amoureux du genre fantasy.
Une histoire qui tient la route, très bien même, une quête envoutante pour découvrir l'origine du mal nommé le Feul. De plus, le scénariste nous offre une vision des différences culturelles qui nous fait réfléchir.
Côté dessins, ils sont fidèles au genre, sans excès en tout genre, le sang ne coule pas à flot, mais l'action est bien présente.
Que dire de plus, lisez cette trilogie, elle vaut le coup !
N’ayant pas bien suivi l’actualité au moment de la guerre de Bosnie, voilà que je la découvre grâce à Joe Sacco qui est à la fois journaliste et auteur de bande dessinée à travers « The fixer », un album génial à tout point de vue.
Ce livre a plusieurs niveaux de lectures.
D’un côté, on en apprend énormément sur les dessous du siège de Sarajevo et sur les milices paramilitaires, leur importance stratégique dans la défense de la ville, le passé criminel de certain de leurs éléments, etc. D’un autre, on a l’histoire de Neven, un « fixer » qui résout les problèmes des journalistes, mais également un personnage au passé trouble, à la fois criminel et héroïque.
Serbe de mère Musulmane, Neven incarne l’ouverture historique et la mixité ethnique de Sarajevo. Son parcours pendant la guerre est emblématique des débats politiques sur la définition de l’identité Bosniaque, devenue progressivement moins multiethnique et plus musulmane.
Mais le génie de cet album tient surtout au fait que l’auteur se met également en scène et problématise sa relation avec Neven, en montrant la vulnérabilité des journalistes vis à vis de ce genre d’individu pour trouver leur chemin, résoudre des problèmes matériels, et accéder à de bonnes informations. De son côté, Neven dépend financièrement des journalistes comme Sacco et essaye de leur soutirer autant d’argent qu’il le peut. Malgré cette interdépendance malsaine, Neven et Sacco deviennent amis, ce qui ne facilite pas les problèmes de crédibilité que rencontre Sacco face aux témoignages de Neven.
J’ai trouvé cet album parfait – sans conteste une des meilleures BD publiées en 2005.
Un chef-d’oeuvre malheureusement passé inaperçu.
Parasite est un seinen* culte, incontournable dans le genre sf/horreur.
Le thème d'Invasion of the Body Snatchers est intelligemment revisité.
La psychologie des personnages est bien développée, les rapports entre humains et parasites sont intéressants, ces derniers font preuve d'intelligence et s'interrogent sur leur nature, leur place dans la chaîne alimentaire terrestre...
Le style graphique et la mise en page sont un peu datés (la série a 20 ans), mais ça reste diablement efficace. L'auteur apporte aussi beaucoup d'attention au regard de ses personnages.
Pour l'anecdote : Cameron, grand fan de manga, s'est inspiré de ce titre pour la conception du T1000 dans le film Terminator 2 : Le Jugement dernier.
* manga pour adulte
Comment peut-on mettre une autre note que 5/5 à cette série d'anthologie regroupant les aventures de l'homme araignée années par années ?
Bon je suis d'accord, c'est cher. 25 euros l'album, ce n'est pas donné, mais il y a beaucoup de pages et cela regroupe 13 albums en une année !
Les dessins restent très simplistes au début, mais les mouvements ainsi que les émotions de chaque personnage sont très bien réalisés. Reste les décors qui ne sont pas terribles, on retrouve des buildings qui se ressemblent tous et d'autres immeubles identiques.
Au niveau des couleurs, cela a mal vieilli, mais d'un autre coté cela rajoute du charme à l'objet. Les couleurs sont basiques, parfois ça dépasse du dessin, parfois il y a absence de couleurs sur certaines zones, mais cela facilite le plongeon dans les années 60 et ça nous rappelle à nous, lecteurs, que les premières aventures de Spidey ont commencé il y a un moment déjà !
Passons au scénario. Les différentes mésaventures qui arrivent à notre héros sont basiques: de grands méchants très méchants qui cambriolent des banques et un super-héros qui les arrêtent. Mais au fur et à mesure des histoires, le côté psychologique de tous les personnages (méchants comme gentils) se creusent et on se retrouve avec un héros qui a des problèmes en amour, ou qui est en manque de confiance face à certains adversaires. Ou encore, on retrouve un méchant mais qui n'en est pas vraiment un (le docteur lézard par exemple).
Bref, au final, on se retrouve avec un bel objet, profond et fun que tout collectionneur ou fan de Spidey se doit d'avoir !
Ah Carmen ! Elle et moi c'est un peu comme une histoire d'amour !
MON héroïne, ma drogue, mon retour vers le futur !
Quand j'ai croisé Carmen pour la première fois il y a bientôt treize ans, comme ça par hasard au détour d'une tête de gondole (Ah Venise !) chez mon libraire préféré, le coup de foudre (ou de feu, va savoir...) fut immédiat ! Cette façon de s'inviter chez vous, comme ça, tout feu tout flamme, en vous sautant quasi dessus ! Je ne demandais pas la lune mais pourtant je fus servis, et plutôt deux fois qu'une. Mare tranquilitatis accoucha d'une Mère des excitées ! Ce sang chaud espagnol, aussi bouillant que son caractère, ça ne pouvait pas me laisser indifférent, alors comme elle j'ai foncé tête baissée !
Et depuis, on ne se quitte plus, ou du moins elle ne quitte plus les rayonnages de MA bibliothèque. Non pas que je la cloître, Carmen est bien trop éprise de liberté pour ça, mais elle n'est jamais bien loin, partie faire connaissance chez un copain à qui je l'ai présentée, ou à traîner dans la maison, toujours partante pour une mission de relecture.
Même si les trois cycles de son histoire sont inégaux (j'avoue le second est un peu en-dessous), l'ensemble reste pour moi une totale réussite en BD SF. Rien que pour ce personnage charismatique, énigmatique, envoutant et cynique, ça vaut son pesant de nano-cacahouètes ! Et puis je trouve que Fred Duval sait savamment nous distiller tout ce qui donne corps à cet univers qui n'est pas si éloigné de nous, puisque l'action du premier tome se déroule autour de 2050. Gadgets, moyens de transports, outils technologiques ou nano-technologiques, et même les objets du quotidien sont pensés et intégrés. Il ne reste plus qu'à lancer la machinerie du scénario pour que l'Action prenne corps (Et quel corps !).
Et là encore, en tant que bon récit SF, Duval a posé les questions qui commencent aujourd'hui à ponctuer notre actualité : les OGM, l'évolution de la nanotechnologie et ses dérives militaristes, l'évolution de l'espèce humaine, etc. Du cyberpunk bien fait en somme ! Et de l'action en pagaille, car Carmen, ma petite, ne tient pas en place !
Quant au dessin de Gess, et bien j'adhère totalement. Je trouve qu'il a un réel sens de la composition, et qu'il sait parfaitement gérer ses planches pour accentuer les scènes d'action. Si parfois, quelques imperfections sont à noter au niveau des personnages, tout cela évolue très vite et positivement au fil des trois cycles de cette série. Les couleurs, pour finir, je dirais qu'elle sont vraiment bien choisies et travaillées pour coller parfaitement au genre et intensifier quand cela est nécessaire la dramaturgie des scènes. Bref, Carmen est bien faite et me fait de l'effet !
Alors, si tu veux que ça bouge, si tu veux du sport, oublie le PMU, et passe me voir, je te présenterai Carmen.
***********************
-Commentaire après la lecture du tome 9-
Je me devais de rajouter un mot après la lecture de ce tome d'une de mes séries culte, car comme beaucoup j'imagine, je me suis fait surprendre par le changement de dessinateur ! Gess n'est plus aux crayons ! Pas rien pour une telle série...
Forcément ça fait bizarre en ouvrant la première page! Et ce n'est pas la seule surprise qui nous attend. Car le titre évocateur qui semble nous indiquer une trame toute trouvée pour cet opus est réglé en 4/5 pages ! Bref, avec Carmen ça bouge toujours !
Mais revenons sur le dessin qui est ici la raison principale de ce nouveau commentaire. Si au début j'étais sceptique... j'ai finalement été conquis et je tire mon chapeau à Emem pour avoir su reprendre le flambeau d'aussi belle manière.
Après trois ans d'absence, Paul est enfin de retour ! Ce dernier opus est vraiment excellent. Il est aussi le plus "dur" de la série. Fini le Paul insouciant des premiers tomes. La série a mûri et les sujets abordés sont maintenant plus durs : la mort, l'enfance malheureuse, les derniers instants d'une personne atteinte d'une maladie incurable, etc.
J'adore le style de Michel Rabagliati ! Il est capable de rendre n'importe quelle anecdote passionnante. C'est simple, il nous parlerait des chaussettes de Paul pendant 20 pages et je trouverais ça captivant. Il est surtout capable de créer des personnages intéressants et particulièrement attachants. Son dessin est très beau et fait très bien passer les émotions présentes dans ce tome.
Bref, les fans de la série Paul ne seront pas déçus. "Paul à Québec" contient tout ce qui rend cette série excellente. D'ailleurs, après une relecture, je mets la note maximal.
Attention, la lecture de cette BD équivalant quasiment à une prise de psychotropes, je conseille donc aux âmes sensibles de s’abstenir, à moins d’être disposées à pencher la tête « de l’autre côté du miroir » du quotidien… Quant aux plus curieux (les chanceux !), ils sauront j’en suis sûr apprécier ce pur bijou graphique et littéraire.
D'abord, petite parenthèse : cette BD est en fait un récit qui se déroule sur toute la longueur des deux tomes disponibles, non pas des histoires courtes, contrairement à ce qui est mentionné sur la fiche technique. Il est vrai que l’histoire est divisée en chapitres alternant les personnages, ce qui peut s’avérer trompeur.
L’histoire commence sur un fait divers plutôt banal, mais en forme de mauvais trip à l’acide: une rave party, des teufeurs, une bagarre, une chasse à l’homme, une nationale et puis l’accident ! C’est ainsi qu’Eric, dit le « Roi des mouches », sera témoin de l’accident mortel de son ami au moment même où il s’envoie sa copine dans un buisson à l’écart de la route. Difficile de faire plus glauque comme début… S’ensuit alors une plongée saisissante dans le quotidien de personnages tous aussi paumés les uns que les autres sous les apparences de la normalité, dans ce qu’on peut qualifier de « BD chorale »…
L’environnement dans cette histoire est un personnage à lui seul. Géographiquement parlant, aucun nom de ville ou de lieu n’est jamais cité, on devine que cela se passe dans une banlieue résidentielle du monde occidental, comme on pourrait en trouver à Cincinnati, Francfort ou Maubeuge. Les auteurs ont parfaitement dépeint l’anonymat de ces zones urbaines déshumanisées où se côtoient cités dortoirs et centres commerciaux sans âme, repères d’ultra modernes solitudes… C’est dans ce cadre d’une médiocrité confinant à l’ennui que l’on voit évoluer plusieurs personnages prisonniers d’un quotidien sclérosant, tentant de survivre à l’aide d’artifices, des personnages tous étrangers à leur monde, aux autres et à eux-mêmes. Où, sous le calme des apparences, affleure une folie incandescente, régulièrement en proie à de violentes éruptions. Par un trait incisif et élégant allié à une écriture superbe digne des meilleurs romans noirs, Pirus et Mezzo, en Hopper de la BD sous LSD, font une peinture au scalpel de leurs personnages, tout en faisant ressortir l’étrangeté absolue de nos sociétés modernes, et plus largement de la vie tout court. Leur projet est conduit d’une main de maître, avec constance et détermination, donnant l’impression de savoir exactement où ils vont, et nous emmènent avec eux de l’autre côté d’un miroir pas très reluisant que l’on est enchanté d’avoir osé traverser… Car après une telle lecture, le monde ne peut plus jamais être le même. « Le Roi des mouches » fait partie de ces œuvres dont la poésie vous submerge et qui vous hantent longtemps après les avoir refermées…
En ce qui me concerne, j’ai été complètement envoûté par cette histoire métaphysique, trip sombre voire glaçant au premier abord, mais qui comme toutes les œuvres au noir, laisse entrevoir des scintillements apaisants. Jusqu’à la fin, j’ai dégusté chaque page, chaque case et chaque bulle. Je ne peux rien ajouter de plus, si ce n’est que je suis comblé d’avoir découvert une telle merveille. Avec mes mots dérisoires face à un tel chef d’œuvre, pour lequel faire un résumé n’aurait aucun sens, je me suis juste efforcé de faire partager le plaisir que j’ai eu en le lisant.
--------
Après lecture du troisième tome, je place un léger bémol sur la série.
En fait, jj’attendais un peu plus de ce dernier épisode, pourtant d’un niveau semblable aux précédents dans sa forme. A vrai dire, je ne sais pas exactement ce que j’attendais, mais étrangement, la sombre beauté dégagée par « Hallorave » et « L’Origine du monde » m’a semblé en reflux ici. Même en ayant relu ces derniers juste avant, j’ai tout de même mis un certain temps avant de rentrer dans l’histoire, et malgré la fascination qui reste la même, le « bouquet final » en germe depuis le début n’a pas eu lieu d’après moi, comme si l’ennui, thème principal de ce récit au final très nihiliste, sortait vainqueur. Je ne sais pas encore quoi penser de cette fin en queue de poisson assez ambiguë, où l’on ne sait si c’est la soumission au quotidien – dans la langue du Roi des mouches -, ou plus positivement l’acceptation de soi, qui constitue une des clés d’un bonheur de toute façon toujours précaire. Mais peut-être mon avis s’affinera-t-il à la deuxième lecture…
T1 – Hallorave
T2 – L’Origine du monde
T3 – Sourire suivant
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Qu'il est agréable, quand on baigne dans la BD depuis son plus jeune âge, de tomber sur un album qui ne ressemble à strictement rien de connu ! Une somme savante, belle et ludique, qui entend, excusez du peu, raconter l'histoire du monde du big bang à l'apparition de l'homme (pour ''Alpha''.) Il y a quelque chose de tout à fait passionnant à voir ainsi l'évolution en marche, case après case. J'ai retrouvé en lisant cet album la fascination qu'avait été la mienne quand j'avais découvert étant petite le sacre du printemps, dans "Fantasia", sauf que "Alpha... Directions" va plus beaucoup plus loin : le propos est plus complet, plus érudit, et le parallèle qui est fait en permanence avec les croyances, les religions, les grandes étapes de l'humanité permet d'aborder cette histoire du monde via le spectre de l'histoire de la pensée humaine. Contrairement à ce qui a été écrit plus bas, je ne trouve pas que ''Alpha'' soit difficile d'accès. Feuilleter simplement cet album en suivant l'enchainement des cases comme on regarderait un dessin animé muet s'avère être une expérience déjà unique et je pense intéressante pour un large public (ma fille de 5 ans a bien aimé par exemple). Le texte permet d'approfondir cet hymne à la science, et lui donne une portée plus grande encore, mais il n'est pas indispensable pour apprécier ce livre complètement atypique.
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Je ne suis pas vraiment surpris par ce monumental recueil de Jens Harder car j’avais lu « Leviathan » auparavant. Il y excellait déjà graphiquement en bichromie. Les références y étaient également nombreuses. Mais « Alpha … Directions » est un tout autre projet, le plus ambitieux des projets connus dans le monde du 9ème art. En fait de projet, il s’agit d’une première étape d’un vaste projet qui en comptera trois. Pour les deux autres étapes, on ne devrait plus avoir un gros volume comme pour Alpha mais respectivement deux tomes pour permettre des sorties plus rapprochées. Pour en revenir à ce premier volet : il est superbe dès le premier abord. La couverture en jette et la qualité du produit se vérifie dès le premier coup d’œil. L’objet est lourd avec ses 350 pages, certains le trouveront cher mais il n’en est rien comparé aux BD 48 pages grand format classique qui tourne autour des 13 euros soit seulement 3 fois moins cher pour 7 fois moins de pages …. La BD est organisée en chapitre et sous chapitres reconnaissables par leurs propres couleurs utilisées à merveille en bichromie. Beaucoup de symboles ou de reproductions de tableaux, schémas, dessins et autres, agrémentent le propos. Il n’est pas toujours aisé de faire la corrélation avec ces références artistiques, religieuses ou scientifiques provenant d’autres époques. Mais c’est structuré et réfléchit, en y mettant du sien on en comprend une bonne partie. La lecture demande rapidement de la concentration car l’on commence par un premier gros chapitre : l’univers. C’est aussi conceptuel que rigoureux. L’auteur joue sur les échelles de temps et de tailles, allant de l’infini vers la Terre. S’en suivent les chapitres cryptozoïque, paléozoïque, mésozoïque et cénozoïque. Chaque sous chapitre est ponctué sur une page par un index temporel relatant les étapes et les évènements importants. L’auteur a glissé quelques petites cases en hommage au cinéma, à la BD, aux dessins animés, etc. L’ensemble est très sérieux quand même. Les quelques textes off offrent des légendes mais il reste beaucoup de non dits, il faut observer et interpréter les dessins. Je conseille une lecture fractionnée. Le début demande une petite adaptation et quelques efforts, ensuite les pages défilent de plus en plus vite. En l’état, ce projet se révèle être une merveille. J’ai hâte de voir la suite sortir. Le seul défaut de cet ouvrage concerne son accessibilité. Il est trop complexe pour les plus jeunes. Mais avec un peu de patience, ils seront récompensés. Un énorme coup de cœur. Je suis heureux de faire mon millième avis sur cette BD hors norme.
Les Maîtres de l'Orge
Mais que voilà une excellente lecture… Je crois que cela m’a fait du bien de retrouver une production plus classique, bien que cela ne soit pas synonyme de mauvaise qualité ; que du contraire ! Encore une fois (Le Grand Pouvoir du Chninkel, SOS Bonheur ou XIII), Van Hamme réussit un véritable tour de force dans cette saga familiale de sept volumes. Ajoutez à cela un huitième album « hors série » d’une très bonne qualité (ce qui est souvent rare, je trouve, en matière de hors série), que demander de plus ? Le récit est très bien construit car il maintient en permanence des surprises dans le scénario et une cohérence générale. Je ne me suis jamais embêté, même si l’un ou l’autre tome semble plus orienté vers l’économie (venant de Van Hamme, rien d’étonnant…). Bref, concernant l’histoire, chaque tome amène le lecteur vers la grande impatience d’entamer l’album suivant ; rien à redire ! Au niveau du dessin, Vallès nous offre une belle réussite. Le style graphique réaliste me semble parfaitement adapté à l’histoire. En conclusion, j’ai éprouvé un intense plaisir à découvrir cette série que je recommande chaudement. Dans le genre, je ne me vois pas attribuer une autre cote que la note maximale… Chapeau bas !!
Le Feul
Très bonne surprise que cette trilogie du Feul. D'ailleurs, je ne comprends pas que cette Bd soit si méconnue. Tous les éléments sont réunis pour les amoureux du genre fantasy. Une histoire qui tient la route, très bien même, une quête envoutante pour découvrir l'origine du mal nommé le Feul. De plus, le scénariste nous offre une vision des différences culturelles qui nous fait réfléchir. Côté dessins, ils sont fidèles au genre, sans excès en tout genre, le sang ne coule pas à flot, mais l'action est bien présente. Que dire de plus, lisez cette trilogie, elle vaut le coup !
The Fixer - Une histoire de Sarajevo
N’ayant pas bien suivi l’actualité au moment de la guerre de Bosnie, voilà que je la découvre grâce à Joe Sacco qui est à la fois journaliste et auteur de bande dessinée à travers « The fixer », un album génial à tout point de vue. Ce livre a plusieurs niveaux de lectures. D’un côté, on en apprend énormément sur les dessous du siège de Sarajevo et sur les milices paramilitaires, leur importance stratégique dans la défense de la ville, le passé criminel de certain de leurs éléments, etc. D’un autre, on a l’histoire de Neven, un « fixer » qui résout les problèmes des journalistes, mais également un personnage au passé trouble, à la fois criminel et héroïque. Serbe de mère Musulmane, Neven incarne l’ouverture historique et la mixité ethnique de Sarajevo. Son parcours pendant la guerre est emblématique des débats politiques sur la définition de l’identité Bosniaque, devenue progressivement moins multiethnique et plus musulmane. Mais le génie de cet album tient surtout au fait que l’auteur se met également en scène et problématise sa relation avec Neven, en montrant la vulnérabilité des journalistes vis à vis de ce genre d’individu pour trouver leur chemin, résoudre des problèmes matériels, et accéder à de bonnes informations. De son côté, Neven dépend financièrement des journalistes comme Sacco et essaye de leur soutirer autant d’argent qu’il le peut. Malgré cette interdépendance malsaine, Neven et Sacco deviennent amis, ce qui ne facilite pas les problèmes de crédibilité que rencontre Sacco face aux témoignages de Neven. J’ai trouvé cet album parfait – sans conteste une des meilleures BD publiées en 2005. Un chef-d’oeuvre malheureusement passé inaperçu.
Parasite
Parasite est un seinen* culte, incontournable dans le genre sf/horreur. Le thème d'Invasion of the Body Snatchers est intelligemment revisité. La psychologie des personnages est bien développée, les rapports entre humains et parasites sont intéressants, ces derniers font preuve d'intelligence et s'interrogent sur leur nature, leur place dans la chaîne alimentaire terrestre... Le style graphique et la mise en page sont un peu datés (la série a 20 ans), mais ça reste diablement efficace. L'auteur apporte aussi beaucoup d'attention au regard de ses personnages. Pour l'anecdote : Cameron, grand fan de manga, s'est inspiré de ce titre pour la conception du T1000 dans le film Terminator 2 : Le Jugement dernier. * manga pour adulte
Spider-Man - L'intégrale
Comment peut-on mettre une autre note que 5/5 à cette série d'anthologie regroupant les aventures de l'homme araignée années par années ? Bon je suis d'accord, c'est cher. 25 euros l'album, ce n'est pas donné, mais il y a beaucoup de pages et cela regroupe 13 albums en une année ! Les dessins restent très simplistes au début, mais les mouvements ainsi que les émotions de chaque personnage sont très bien réalisés. Reste les décors qui ne sont pas terribles, on retrouve des buildings qui se ressemblent tous et d'autres immeubles identiques. Au niveau des couleurs, cela a mal vieilli, mais d'un autre coté cela rajoute du charme à l'objet. Les couleurs sont basiques, parfois ça dépasse du dessin, parfois il y a absence de couleurs sur certaines zones, mais cela facilite le plongeon dans les années 60 et ça nous rappelle à nous, lecteurs, que les premières aventures de Spidey ont commencé il y a un moment déjà ! Passons au scénario. Les différentes mésaventures qui arrivent à notre héros sont basiques: de grands méchants très méchants qui cambriolent des banques et un super-héros qui les arrêtent. Mais au fur et à mesure des histoires, le côté psychologique de tous les personnages (méchants comme gentils) se creusent et on se retrouve avec un héros qui a des problèmes en amour, ou qui est en manque de confiance face à certains adversaires. Ou encore, on retrouve un méchant mais qui n'en est pas vraiment un (le docteur lézard par exemple). Bref, au final, on se retrouve avec un bel objet, profond et fun que tout collectionneur ou fan de Spidey se doit d'avoir !
Carmen Mc Callum
Ah Carmen ! Elle et moi c'est un peu comme une histoire d'amour ! MON héroïne, ma drogue, mon retour vers le futur ! Quand j'ai croisé Carmen pour la première fois il y a bientôt treize ans, comme ça par hasard au détour d'une tête de gondole (Ah Venise !) chez mon libraire préféré, le coup de foudre (ou de feu, va savoir...) fut immédiat ! Cette façon de s'inviter chez vous, comme ça, tout feu tout flamme, en vous sautant quasi dessus ! Je ne demandais pas la lune mais pourtant je fus servis, et plutôt deux fois qu'une. Mare tranquilitatis accoucha d'une Mère des excitées ! Ce sang chaud espagnol, aussi bouillant que son caractère, ça ne pouvait pas me laisser indifférent, alors comme elle j'ai foncé tête baissée ! Et depuis, on ne se quitte plus, ou du moins elle ne quitte plus les rayonnages de MA bibliothèque. Non pas que je la cloître, Carmen est bien trop éprise de liberté pour ça, mais elle n'est jamais bien loin, partie faire connaissance chez un copain à qui je l'ai présentée, ou à traîner dans la maison, toujours partante pour une mission de relecture. Même si les trois cycles de son histoire sont inégaux (j'avoue le second est un peu en-dessous), l'ensemble reste pour moi une totale réussite en BD SF. Rien que pour ce personnage charismatique, énigmatique, envoutant et cynique, ça vaut son pesant de nano-cacahouètes ! Et puis je trouve que Fred Duval sait savamment nous distiller tout ce qui donne corps à cet univers qui n'est pas si éloigné de nous, puisque l'action du premier tome se déroule autour de 2050. Gadgets, moyens de transports, outils technologiques ou nano-technologiques, et même les objets du quotidien sont pensés et intégrés. Il ne reste plus qu'à lancer la machinerie du scénario pour que l'Action prenne corps (Et quel corps !). Et là encore, en tant que bon récit SF, Duval a posé les questions qui commencent aujourd'hui à ponctuer notre actualité : les OGM, l'évolution de la nanotechnologie et ses dérives militaristes, l'évolution de l'espèce humaine, etc. Du cyberpunk bien fait en somme ! Et de l'action en pagaille, car Carmen, ma petite, ne tient pas en place ! Quant au dessin de Gess, et bien j'adhère totalement. Je trouve qu'il a un réel sens de la composition, et qu'il sait parfaitement gérer ses planches pour accentuer les scènes d'action. Si parfois, quelques imperfections sont à noter au niveau des personnages, tout cela évolue très vite et positivement au fil des trois cycles de cette série. Les couleurs, pour finir, je dirais qu'elle sont vraiment bien choisies et travaillées pour coller parfaitement au genre et intensifier quand cela est nécessaire la dramaturgie des scènes. Bref, Carmen est bien faite et me fait de l'effet ! Alors, si tu veux que ça bouge, si tu veux du sport, oublie le PMU, et passe me voir, je te présenterai Carmen. *********************** -Commentaire après la lecture du tome 9- Je me devais de rajouter un mot après la lecture de ce tome d'une de mes séries culte, car comme beaucoup j'imagine, je me suis fait surprendre par le changement de dessinateur ! Gess n'est plus aux crayons ! Pas rien pour une telle série... Forcément ça fait bizarre en ouvrant la première page! Et ce n'est pas la seule surprise qui nous attend. Car le titre évocateur qui semble nous indiquer une trame toute trouvée pour cet opus est réglé en 4/5 pages ! Bref, avec Carmen ça bouge toujours ! Mais revenons sur le dessin qui est ici la raison principale de ce nouveau commentaire. Si au début j'étais sceptique... j'ai finalement été conquis et je tire mon chapeau à Emem pour avoir su reprendre le flambeau d'aussi belle manière.
Paul à Québec
Après trois ans d'absence, Paul est enfin de retour ! Ce dernier opus est vraiment excellent. Il est aussi le plus "dur" de la série. Fini le Paul insouciant des premiers tomes. La série a mûri et les sujets abordés sont maintenant plus durs : la mort, l'enfance malheureuse, les derniers instants d'une personne atteinte d'une maladie incurable, etc. J'adore le style de Michel Rabagliati ! Il est capable de rendre n'importe quelle anecdote passionnante. C'est simple, il nous parlerait des chaussettes de Paul pendant 20 pages et je trouverais ça captivant. Il est surtout capable de créer des personnages intéressants et particulièrement attachants. Son dessin est très beau et fait très bien passer les émotions présentes dans ce tome. Bref, les fans de la série Paul ne seront pas déçus. "Paul à Québec" contient tout ce qui rend cette série excellente. D'ailleurs, après une relecture, je mets la note maximal.
Le Roi des Mouches
Attention, la lecture de cette BD équivalant quasiment à une prise de psychotropes, je conseille donc aux âmes sensibles de s’abstenir, à moins d’être disposées à pencher la tête « de l’autre côté du miroir » du quotidien… Quant aux plus curieux (les chanceux !), ils sauront j’en suis sûr apprécier ce pur bijou graphique et littéraire. D'abord, petite parenthèse : cette BD est en fait un récit qui se déroule sur toute la longueur des deux tomes disponibles, non pas des histoires courtes, contrairement à ce qui est mentionné sur la fiche technique. Il est vrai que l’histoire est divisée en chapitres alternant les personnages, ce qui peut s’avérer trompeur. L’histoire commence sur un fait divers plutôt banal, mais en forme de mauvais trip à l’acide: une rave party, des teufeurs, une bagarre, une chasse à l’homme, une nationale et puis l’accident ! C’est ainsi qu’Eric, dit le « Roi des mouches », sera témoin de l’accident mortel de son ami au moment même où il s’envoie sa copine dans un buisson à l’écart de la route. Difficile de faire plus glauque comme début… S’ensuit alors une plongée saisissante dans le quotidien de personnages tous aussi paumés les uns que les autres sous les apparences de la normalité, dans ce qu’on peut qualifier de « BD chorale »… L’environnement dans cette histoire est un personnage à lui seul. Géographiquement parlant, aucun nom de ville ou de lieu n’est jamais cité, on devine que cela se passe dans une banlieue résidentielle du monde occidental, comme on pourrait en trouver à Cincinnati, Francfort ou Maubeuge. Les auteurs ont parfaitement dépeint l’anonymat de ces zones urbaines déshumanisées où se côtoient cités dortoirs et centres commerciaux sans âme, repères d’ultra modernes solitudes… C’est dans ce cadre d’une médiocrité confinant à l’ennui que l’on voit évoluer plusieurs personnages prisonniers d’un quotidien sclérosant, tentant de survivre à l’aide d’artifices, des personnages tous étrangers à leur monde, aux autres et à eux-mêmes. Où, sous le calme des apparences, affleure une folie incandescente, régulièrement en proie à de violentes éruptions. Par un trait incisif et élégant allié à une écriture superbe digne des meilleurs romans noirs, Pirus et Mezzo, en Hopper de la BD sous LSD, font une peinture au scalpel de leurs personnages, tout en faisant ressortir l’étrangeté absolue de nos sociétés modernes, et plus largement de la vie tout court. Leur projet est conduit d’une main de maître, avec constance et détermination, donnant l’impression de savoir exactement où ils vont, et nous emmènent avec eux de l’autre côté d’un miroir pas très reluisant que l’on est enchanté d’avoir osé traverser… Car après une telle lecture, le monde ne peut plus jamais être le même. « Le Roi des mouches » fait partie de ces œuvres dont la poésie vous submerge et qui vous hantent longtemps après les avoir refermées… En ce qui me concerne, j’ai été complètement envoûté par cette histoire métaphysique, trip sombre voire glaçant au premier abord, mais qui comme toutes les œuvres au noir, laisse entrevoir des scintillements apaisants. Jusqu’à la fin, j’ai dégusté chaque page, chaque case et chaque bulle. Je ne peux rien ajouter de plus, si ce n’est que je suis comblé d’avoir découvert une telle merveille. Avec mes mots dérisoires face à un tel chef d’œuvre, pour lequel faire un résumé n’aurait aucun sens, je me suis juste efforcé de faire partager le plaisir que j’ai eu en le lisant. -------- Après lecture du troisième tome, je place un léger bémol sur la série. En fait, jj’attendais un peu plus de ce dernier épisode, pourtant d’un niveau semblable aux précédents dans sa forme. A vrai dire, je ne sais pas exactement ce que j’attendais, mais étrangement, la sombre beauté dégagée par « Hallorave » et « L’Origine du monde » m’a semblé en reflux ici. Même en ayant relu ces derniers juste avant, j’ai tout de même mis un certain temps avant de rentrer dans l’histoire, et malgré la fascination qui reste la même, le « bouquet final » en germe depuis le début n’a pas eu lieu d’après moi, comme si l’ennui, thème principal de ce récit au final très nihiliste, sortait vainqueur. Je ne sais pas encore quoi penser de cette fin en queue de poisson assez ambiguë, où l’on ne sait si c’est la soumission au quotidien – dans la langue du Roi des mouches -, ou plus positivement l’acceptation de soi, qui constitue une des clés d’un bonheur de toute façon toujours précaire. Mais peut-être mon avis s’affinera-t-il à la deuxième lecture… T1 – Hallorave
T2 – L’Origine du monde
T3 – Sourire suivant 