Absolument génial !!
Eldiablo est décidemment trop fort ! L'humour est beaucoup plus grinçant que dans "les Lascars" (série que j'adore) et on se régale à suivre les aventures de Jack et Hammerfist, deux macaques totalement immoraux mais tellement attachements.
Après Mutafukaz et Freaks' Squeele, Ankama nous offre là une nouvelle dose de délire !!! Des barres de rire vous dis-je !!!
Je me rappelle avoir lu il y a quelques mois cet album bien épais et de belle facture, d'où un prix assez élevé par conséquent. Pinocchio donc, mais alors on s'accroche aux branches car on s'éloigne un peu si ce n'est beaucoup du gentillet conte initial lui-même revisité façon Walt Disney. Ici Winshluss use de son dessin vraiment superbe allié à un choix de couleur excellent pour faire du pantin de bois un robot habité par un Jiminy Cricket allumé. D'ailleurs les passages sur ce personnage sont ceux qui m'ont fait le plus rire.
Je ne développerai pas plus avant car ma lecture n'est pas fraîche et je ne dispose pas de l'ouvrage car lu en bibliothèque. Toujours est-il que j'ai été impressionné et marqué par cette lecture comme ce n'avait pas été le cas depuis longtemps par une bande dessinée. Une récompense à Angoulême largement méritée et une lecture recommandée si vous aimez le style de dessin d'une part et une forme d'humour quelque peu insolente.
Culte sans hésitation :)
Winshluss ne s'est donné aucune limite dans l'humour, ce choix peut rebuter certains lecteurs mais cette prise de risques démarque cette BD du reste de la production. Il vaut mieux aller loin et le faire bien que l'inverse. J'ai été happé par ces aventures " anti-Disney ", on semble avancer au petit bonheur la chance, pourtant tout se recoupe et s'assemble parfaitement.
C'est du grand art offrant une superbe lecture.
Au dessin l'auteur a un style volontaire et maitrisé, il a su se faire aider pour la colorisation qui arrive à sublimer le dessin déjà de bon niveau.
Pour parfaire ce tableau idyllique, la qualité d'édition est d'un niveau exceptionnel (c'est la plus belle BD de ma bibliothèque en temps qu'objet).
On peut critiquer les choix des Prix du festival d'Angoulême, mais avec cet ouvrage ils ne se sont pas trompés. Comme dans une énorme majorité des avis glanés à droite ou gauche, je salue l'excellence de cette BD pourtant peu commerciale sur le fond, tutoyant même le trash.
Ce Pinocchio on a un immanquable indispensable !!!
L'héroïne principale ainsi que le dessin et les décors m'ont immédiatement fait penser au personnage de Chihiro de Hayao Miyazaki qui reste une de mes références en films d'animation. C'est donc sans hésitation que je me suis plongé dans la lecture de cette histoire prévue en quatre tomes.
Je ne sais pas par où commencer ma critique, sinon par dire que le rêve du papillon renferme tous les ingrédients d'une grande et belle histoire : un univers farfelu, magique, intriguant ; des personnages variés et hauts en couleurs ; du mystère, de la poésie, de l'humour, du rêve et un feu d'artifice de couleurs.
Pour moi c'est sans aucun doute un des meilleurs albums que j'ai lus cette année.
Comment passer à côté de cette Bd à la couverture divinement diabolique, fouteuse de merde au pays des cathos, si Dieu fornique avec le Diable je veux bien me convertir illico, je cours à l’église faire mes prières et les implorer d’exaucer mes vœux, qu’ils se vautrent encore et encore dans la luxure et le foutre. J’ai envie de placarder cette monstrueuse couverture sur les murs de ma ville, et voir le lendemain les gueules décomposées des porteurs de reliques au petit monstre crucifié. Les Dieux sont bons, réjouissons-nous, ils ont créé l’homme et ils ont créé Fretet, qui lui doit vénérer le Dieu Bite, car plus grand hommage à la chose ne pouvait être fait.
Passons sur le dessin juste sublime en accord parfait avec le genre, réaliste au poil près, au découpage céleste et aux couleurs marronnasses (…). On pourrait presque enlever le graphisme car la narration est tout aussi excitante que le visuel, directe et lubrique, elle n’a pas peur des mots et nous les sert tous crus, miam ! La jouissance, l’interdit et une certaine violence sont les bases de ces histoires toutes percutantes et parfois surprenantes, la troisième fait même l'exploit d‘un humour assez déculotté. On devient voyeur avec Odeur de mâles, tant on a la sensation de faire partie du décor, on se retrouve dans un coin de la pièce ou derrière un miroir sans tain, c'est une pure délectation.
Ah ! Les hommes ! je peux vous entendre d’ici dire que c’est pour les homos, et moi j’ai envie de vous dire : n’êtes-vous pas tentés par l’aventure ? Ne faut-il pas essayer pour porter un jugement juste ? Demandez à Satan de vous accorder un petit coup de folie et de vous risquer enfin à l’interdit social. Haut les cœurs mes chéris, ou plutôt devrais-je dire, haut les bites ! Car l’érection fait indéniablement partie des merveilles de ce monde et l’orgasme la chose la plus délicieuse qu’on ait jamais goûtée.
Voilà la série pionnière d'Arleston et de Tarquin.
Une des premières BD que j'ai lues ! C'est sûrement grâce à cette série (et aux Légendes des Contrées Oubliées) que j'ai commencé à m'intéresser aux BD (bref, ce n'est pas le propos).
De l'heroic-fantasy pure et dure avec tous les ingrédients qu'il faut (magie, trolls, sang, amour, filles nues, méchant sadique, héros prédestiné etc...) !
Un dessin net, agréable et vraiment adapté au genre de la série !
Un scénario prenant avec de l'humour (plus ou moins élaboré), de l'action, de l'aventure, de la lingerie (la fameuse Cixi) etc...
Je conseille cette série à tout le monde, car c'est un incontournable du genre !
(La suite des série sur Troy et les suites de Lanfeust sont tout de même à éviter...sauf si vous êtes fans du genre .... et encore ....)
Mes voisins les Yamada est une de mes trois séries à sketchs purement humoristiques préférées, avec Calvin & Hobbes et Gaston Lagaffe.
J'ai découvert dans le temps les tranches de vie de cette famille avec le formidable film d'animation de Takahata au sein du studio Ghibli, et c'est avec plaisir que j'ai acheté les 3 recueils (l'intégrale) de ce petit bijou.
J'ai mis du temps à tout lire (ça n'a d'ailleurs guère d'intérêt de s'enfiler toutes les historiettes à la suite, sauf si vous voulez frôler l'overdose), cantonnant les albums aux toilettes : 5 ou 6 pages à la fois, c'est parfait pour faire durer le plaisir.
Si quelques unes des très nombreux strips peuvent un peu tomber à plat (différence de culture), la plupart m'ont fait au minimum sourire : les enfants sont de parfaits chieurs, la grand mère aussi, le père est un déchet, la mère une idiote décérébrée, et les voisins et/ou amis ne valent guère mieux. Bref, c'est une famille tout ce qu'il y a de plus normale... et c'est ça qui est très bon de mon point de vue.
Je conseille très chaudement cette série, à condition d'accepter le fait que l'humour oriental est souvent plus terre à terre que l'humour occidental. J'aurais largement préféré avoir ces strips quotidiens ou hebdomadaires dans Sud-Ouest que les vannes foireuses et élitistes du Chat.
Une BD surprenante, mais captivante.
Une histoire sombre, mais une BD lumineuse.
Du début à la fin, l’histoire est maléfique, mystérieuse.
Julie, la jeune braconnière aux yeux si…étranges fera chavirer les corps dans l’amour, dans la haine ou dans le doute. Personne ne restera indifférent, dans cette histoire, aux charmes énigmatiques de cette fille sans morale et aux désirs si particuliers. Bernard succombera à son mystère, mais supportera-t-il cet amour inconditionnel, exigeant et dérangeant exigé par Julie ?
Sarah, la grande sœur de Bernard, acceptera cet amour ?
Quel est le mystère le plus lourd à porter ? Quelle est la plus folle des familles ? Quel passé tragique a agité les deux familles ? Quel futur dramatique les attend ?
On dirait du Stendal, on dirait de la grande littérature, mais cela reste une BD.
Elle n’est pas facile à lire, loin s’en faut. Le texte déjà est moitié littéraire, moitié poétique, 100% atypique.
Voici ce qui m’est venu après lecture du premier tome….
Et ce n’est que le début !
Le scénario est pesant du début à la fin, certaines scènes sont véritablement oppressantes.
Une fois de plus, la folie des hommes mène la danse. Une danse macabre.
Le tout baigne de plus dans l’ambiance électrique chargée de la révolution française de 1848. Le conflit latent, encore lointain se tramant dans la capitale, la police, les politiques…On sent l’ambiance moite de l’époque suinter à chaque page.
Yslaire réussit à poser une ambiance sombre et torturée à souhait.
Cette série est une vraie révolution. Révolution de 1848. Révolution dans la manière dont le dessin est manié. Révolution dans l'atmosphère qui s'impose avec une facilité déconcertante. Révolution dans le monde de la BD avec cette série très très loin des productions commerciales dont on nous surine le cerveau.
On s'attend au pire à chaque respiration. Le scénario loin de nous bercer, nous attrape et nous secoue les viscères, nous hypnotise et nous emporte dans ce monde où l'amour et la haine n'ont jamais été aussi proche de n'être qu'un.
Les personnages centraux de Bernard et de Julie sont magnifiques. Pourtant, l'aura de Julie dépasse tous les autres. Son charisme est impressionnant. Sa haine, sa passion, son mystère agisse comme un véritable aimant et la beauté physique de la belle en devient presque secondaire.
Le mystère des deux familles s'épaissit au fil des 2 premiers tomes, mais alors que dans d'autres bandes dessinées, nous nous serions plaints de ne pas avoir suffisamment de réponses, ici, nous nous régalons de tant d'ambiguïté.
Julie jusqu'au bout hantera cette série comme l’un des caractères féminins les plus extraordinaires du monde de la BD. Son aura, son charisme, sa beauté étrange, son caractère incontrôlable marqueront à jamais de leurs sceaux l’art de la Bande Dessinée.
Une histoire où la passion l’emporte de loin sur la raison.
Si seuls les talents de conteurs étaient à l’œuvre dans cette série…Mais une grande part du succès vient aussi du dessin.
Yslaire joue avec une maestria rare avec les couleurs, les formes, les cadrages et les mises en page. Tout transpire la grande inspiration à chaque page.
Le dessin monochrome sombre, avec ces tâches de rouge/roux qui éclabousse l’image tel le sang versé depuis des ans et qui ternit l’Histoire. Le rouge LA Couleur de la série. La couleur de l’amour mais aussi de la mort. Jamais le rouge n’avait été aussi lourd de signification. Un rouge tranchant comme une guillotine sur le reste du dessin.
L'ambiance que le dessinateur réussit à donner à la BD vaut pour une grande part dans la réussite de cette série.
Ce dessin tout en nuances de noir avec ces touches de rouge qui nous éclaboussent est vraiment, vraiment, de toute beauté. Pour le style du trait en lui-même, les choses sont plus difficiles à classifier. Le trait semble souple, presque élastique parfois, mais toujours droit, de temps à autre légèrement déformé ce qui rajoute au malaise déjà en place, les corps, les visages et les décors prenant alors des allures encore plus malsaines.
Nous pourrions craindre en regardant rapidement, en feuilletant les pages au hasard des bacs de notre libraire préféré que le dessin de soit fatiguant et monotone, tout en nuance de noirs et gris profonds. Pourtant, Yslaire en profite pour jouer avec la lumière et les ombres avec talent. Qui plus est seuls les rouges et autres couleurs approchantes percent dans ces tableaux livrés par Yslaire. La mort et le sang n'en ont ainsi qu'un goût plus prononcé.
Une force et une émotion insensées se dégagent à chaque page.
Une sensation extrêmement rare en BD.
Trois tomes à inscrire au patrimoine de la BD !
Le critique JP Dionnet qui a fondé Métal Hurlant hurle au chef d'œuvre à propos de cette série terminée avec ce Tome 3, on le comprend. Terpant en adaptant un roman de Raspail prend le contre-pied de la Bd des 15 dernières années, trouve un ton bien à lui, privilégie dialogues et voix off dans un savant dosage qui font de cette série une vraie réussite, Son dessin colle merveilleusement avec la création de ce monde, concentré de vieille Europe aux marges d'un autre monde qui se lève.
Il faut se précipiter !
Je n'avais pas vu la grande polémique qu'avait suscitée cet album depuis sa sortie, mais je me souvenais uniquement des bons avis qui étaient parus au début. Donc lorsque je l'ai enfin vu à ma médiathèque, j'étais assez confiant en l'empruntant.
Je comprends les réactions de certaines personnes face à ce scénario original et vraiment décalé. Personnellement, j'ai beaucoup aimé et je n'ai pas trop cherché à y voir des messages (en tout cas, consciemment), mais j'ai apprécié le côté enfantin (que nous avons tous eu) de tous ces petits personnages qui prennent la vie au premier degré et comme elle vient sans se soucier du futur et du passé ou des conséquences de leurs actes, un côté naïf en fait. J'y ai trouvé chaque facette de la représentation d'une même personnalité (la jalousie, la peur, la timidité, la cruauté) chapeautées par le personnage principal Aurore, qui résulte de tous les autres. On y trouve aussi plein de morceaux de contes ou de rêves d'enfants qui se matérialisent dans cette histoire (prince, princesse, mariage) mais tous tournés à la dérision.
Moi, le côté morbide, fataliste et cruel ne m'a absolument pas choqué, au contraire, ça m'a beaucoup plu et parfois fait sourire, mais ça, ce sont les goûts de chacun. De même, j'y ai reconnu dans l'organisation d'une communauté face à l'imprévu, un réalisme et un regard très intéressant : le développement des personnalités, les bandes qui se forment avec les leaders et ceux qui suivent les autres. On y voit aussi la cohabitation entre humains et animaux (qu'on peut étendre entre colonisateurs et indigènes) très ressemblant.
Maintenant, le dessin. Il reste magnifique et ressemble aux images qui illustrent certains contes, ce qui renforce le côté enfantin, bref il est parfaitement associé à l'histoire racontée.
En résumé, que ce soit le dessin, la colorisation ou le scénario, ce conte m'a conquis par son regard naïf et enfantin qui permet de parler de choses plus ou moins tabou assez simplement même si parfois cela nous renvoi une image très cruelle de notre propre humanité, et je pense que c'est aussi pour ça que cet album fait tant parlé de lui (en bien ou en mal).
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Monkey Bizness
Absolument génial !! Eldiablo est décidemment trop fort ! L'humour est beaucoup plus grinçant que dans "les Lascars" (série que j'adore) et on se régale à suivre les aventures de Jack et Hammerfist, deux macaques totalement immoraux mais tellement attachements. Après Mutafukaz et Freaks' Squeele, Ankama nous offre là une nouvelle dose de délire !!! Des barres de rire vous dis-je !!!
Pinocchio (Winshluss)
Je me rappelle avoir lu il y a quelques mois cet album bien épais et de belle facture, d'où un prix assez élevé par conséquent. Pinocchio donc, mais alors on s'accroche aux branches car on s'éloigne un peu si ce n'est beaucoup du gentillet conte initial lui-même revisité façon Walt Disney. Ici Winshluss use de son dessin vraiment superbe allié à un choix de couleur excellent pour faire du pantin de bois un robot habité par un Jiminy Cricket allumé. D'ailleurs les passages sur ce personnage sont ceux qui m'ont fait le plus rire. Je ne développerai pas plus avant car ma lecture n'est pas fraîche et je ne dispose pas de l'ouvrage car lu en bibliothèque. Toujours est-il que j'ai été impressionné et marqué par cette lecture comme ce n'avait pas été le cas depuis longtemps par une bande dessinée. Une récompense à Angoulême largement méritée et une lecture recommandée si vous aimez le style de dessin d'une part et une forme d'humour quelque peu insolente.
Pinocchio (Winshluss)
Culte sans hésitation :) Winshluss ne s'est donné aucune limite dans l'humour, ce choix peut rebuter certains lecteurs mais cette prise de risques démarque cette BD du reste de la production. Il vaut mieux aller loin et le faire bien que l'inverse. J'ai été happé par ces aventures " anti-Disney ", on semble avancer au petit bonheur la chance, pourtant tout se recoupe et s'assemble parfaitement. C'est du grand art offrant une superbe lecture. Au dessin l'auteur a un style volontaire et maitrisé, il a su se faire aider pour la colorisation qui arrive à sublimer le dessin déjà de bon niveau. Pour parfaire ce tableau idyllique, la qualité d'édition est d'un niveau exceptionnel (c'est la plus belle BD de ma bibliothèque en temps qu'objet). On peut critiquer les choix des Prix du festival d'Angoulême, mais avec cet ouvrage ils ne se sont pas trompés. Comme dans une énorme majorité des avis glanés à droite ou gauche, je salue l'excellence de cette BD pourtant peu commerciale sur le fond, tutoyant même le trash. Ce Pinocchio on a un immanquable indispensable !!!
Le Rêve du papillon
L'héroïne principale ainsi que le dessin et les décors m'ont immédiatement fait penser au personnage de Chihiro de Hayao Miyazaki qui reste une de mes références en films d'animation. C'est donc sans hésitation que je me suis plongé dans la lecture de cette histoire prévue en quatre tomes. Je ne sais pas par où commencer ma critique, sinon par dire que le rêve du papillon renferme tous les ingrédients d'une grande et belle histoire : un univers farfelu, magique, intriguant ; des personnages variés et hauts en couleurs ; du mystère, de la poésie, de l'humour, du rêve et un feu d'artifice de couleurs. Pour moi c'est sans aucun doute un des meilleurs albums que j'ai lus cette année.
Odeur de Mâles
Comment passer à côté de cette Bd à la couverture divinement diabolique, fouteuse de merde au pays des cathos, si Dieu fornique avec le Diable je veux bien me convertir illico, je cours à l’église faire mes prières et les implorer d’exaucer mes vœux, qu’ils se vautrent encore et encore dans la luxure et le foutre. J’ai envie de placarder cette monstrueuse couverture sur les murs de ma ville, et voir le lendemain les gueules décomposées des porteurs de reliques au petit monstre crucifié. Les Dieux sont bons, réjouissons-nous, ils ont créé l’homme et ils ont créé Fretet, qui lui doit vénérer le Dieu Bite, car plus grand hommage à la chose ne pouvait être fait. Passons sur le dessin juste sublime en accord parfait avec le genre, réaliste au poil près, au découpage céleste et aux couleurs marronnasses (…). On pourrait presque enlever le graphisme car la narration est tout aussi excitante que le visuel, directe et lubrique, elle n’a pas peur des mots et nous les sert tous crus, miam ! La jouissance, l’interdit et une certaine violence sont les bases de ces histoires toutes percutantes et parfois surprenantes, la troisième fait même l'exploit d‘un humour assez déculotté. On devient voyeur avec Odeur de mâles, tant on a la sensation de faire partie du décor, on se retrouve dans un coin de la pièce ou derrière un miroir sans tain, c'est une pure délectation. Ah ! Les hommes ! je peux vous entendre d’ici dire que c’est pour les homos, et moi j’ai envie de vous dire : n’êtes-vous pas tentés par l’aventure ? Ne faut-il pas essayer pour porter un jugement juste ? Demandez à Satan de vous accorder un petit coup de folie et de vous risquer enfin à l’interdit social. Haut les cœurs mes chéris, ou plutôt devrais-je dire, haut les bites ! Car l’érection fait indéniablement partie des merveilles de ce monde et l’orgasme la chose la plus délicieuse qu’on ait jamais goûtée.
Lanfeust de Troy
Voilà la série pionnière d'Arleston et de Tarquin. Une des premières BD que j'ai lues ! C'est sûrement grâce à cette série (et aux Légendes des Contrées Oubliées) que j'ai commencé à m'intéresser aux BD (bref, ce n'est pas le propos). De l'heroic-fantasy pure et dure avec tous les ingrédients qu'il faut (magie, trolls, sang, amour, filles nues, méchant sadique, héros prédestiné etc...) ! Un dessin net, agréable et vraiment adapté au genre de la série ! Un scénario prenant avec de l'humour (plus ou moins élaboré), de l'action, de l'aventure, de la lingerie (la fameuse Cixi) etc... Je conseille cette série à tout le monde, car c'est un incontournable du genre ! (La suite des série sur Troy et les suites de Lanfeust sont tout de même à éviter...sauf si vous êtes fans du genre .... et encore ....)
Mes voisins les Yamada
Mes voisins les Yamada est une de mes trois séries à sketchs purement humoristiques préférées, avec Calvin & Hobbes et Gaston Lagaffe. J'ai découvert dans le temps les tranches de vie de cette famille avec le formidable film d'animation de Takahata au sein du studio Ghibli, et c'est avec plaisir que j'ai acheté les 3 recueils (l'intégrale) de ce petit bijou. J'ai mis du temps à tout lire (ça n'a d'ailleurs guère d'intérêt de s'enfiler toutes les historiettes à la suite, sauf si vous voulez frôler l'overdose), cantonnant les albums aux toilettes : 5 ou 6 pages à la fois, c'est parfait pour faire durer le plaisir. Si quelques unes des très nombreux strips peuvent un peu tomber à plat (différence de culture), la plupart m'ont fait au minimum sourire : les enfants sont de parfaits chieurs, la grand mère aussi, le père est un déchet, la mère une idiote décérébrée, et les voisins et/ou amis ne valent guère mieux. Bref, c'est une famille tout ce qu'il y a de plus normale... et c'est ça qui est très bon de mon point de vue. Je conseille très chaudement cette série, à condition d'accepter le fait que l'humour oriental est souvent plus terre à terre que l'humour occidental. J'aurais largement préféré avoir ces strips quotidiens ou hebdomadaires dans Sud-Ouest que les vannes foireuses et élitistes du Chat.
Sambre
Une BD surprenante, mais captivante. Une histoire sombre, mais une BD lumineuse. Du début à la fin, l’histoire est maléfique, mystérieuse. Julie, la jeune braconnière aux yeux si…étranges fera chavirer les corps dans l’amour, dans la haine ou dans le doute. Personne ne restera indifférent, dans cette histoire, aux charmes énigmatiques de cette fille sans morale et aux désirs si particuliers. Bernard succombera à son mystère, mais supportera-t-il cet amour inconditionnel, exigeant et dérangeant exigé par Julie ? Sarah, la grande sœur de Bernard, acceptera cet amour ? Quel est le mystère le plus lourd à porter ? Quelle est la plus folle des familles ? Quel passé tragique a agité les deux familles ? Quel futur dramatique les attend ? On dirait du Stendal, on dirait de la grande littérature, mais cela reste une BD. Elle n’est pas facile à lire, loin s’en faut. Le texte déjà est moitié littéraire, moitié poétique, 100% atypique. Voici ce qui m’est venu après lecture du premier tome…. Et ce n’est que le début ! Le scénario est pesant du début à la fin, certaines scènes sont véritablement oppressantes. Une fois de plus, la folie des hommes mène la danse. Une danse macabre. Le tout baigne de plus dans l’ambiance électrique chargée de la révolution française de 1848. Le conflit latent, encore lointain se tramant dans la capitale, la police, les politiques…On sent l’ambiance moite de l’époque suinter à chaque page. Yslaire réussit à poser une ambiance sombre et torturée à souhait. Cette série est une vraie révolution. Révolution de 1848. Révolution dans la manière dont le dessin est manié. Révolution dans l'atmosphère qui s'impose avec une facilité déconcertante. Révolution dans le monde de la BD avec cette série très très loin des productions commerciales dont on nous surine le cerveau. On s'attend au pire à chaque respiration. Le scénario loin de nous bercer, nous attrape et nous secoue les viscères, nous hypnotise et nous emporte dans ce monde où l'amour et la haine n'ont jamais été aussi proche de n'être qu'un. Les personnages centraux de Bernard et de Julie sont magnifiques. Pourtant, l'aura de Julie dépasse tous les autres. Son charisme est impressionnant. Sa haine, sa passion, son mystère agisse comme un véritable aimant et la beauté physique de la belle en devient presque secondaire. Le mystère des deux familles s'épaissit au fil des 2 premiers tomes, mais alors que dans d'autres bandes dessinées, nous nous serions plaints de ne pas avoir suffisamment de réponses, ici, nous nous régalons de tant d'ambiguïté. Julie jusqu'au bout hantera cette série comme l’un des caractères féminins les plus extraordinaires du monde de la BD. Son aura, son charisme, sa beauté étrange, son caractère incontrôlable marqueront à jamais de leurs sceaux l’art de la Bande Dessinée. Une histoire où la passion l’emporte de loin sur la raison. Si seuls les talents de conteurs étaient à l’œuvre dans cette série…Mais une grande part du succès vient aussi du dessin. Yslaire joue avec une maestria rare avec les couleurs, les formes, les cadrages et les mises en page. Tout transpire la grande inspiration à chaque page. Le dessin monochrome sombre, avec ces tâches de rouge/roux qui éclabousse l’image tel le sang versé depuis des ans et qui ternit l’Histoire. Le rouge LA Couleur de la série. La couleur de l’amour mais aussi de la mort. Jamais le rouge n’avait été aussi lourd de signification. Un rouge tranchant comme une guillotine sur le reste du dessin. L'ambiance que le dessinateur réussit à donner à la BD vaut pour une grande part dans la réussite de cette série. Ce dessin tout en nuances de noir avec ces touches de rouge qui nous éclaboussent est vraiment, vraiment, de toute beauté. Pour le style du trait en lui-même, les choses sont plus difficiles à classifier. Le trait semble souple, presque élastique parfois, mais toujours droit, de temps à autre légèrement déformé ce qui rajoute au malaise déjà en place, les corps, les visages et les décors prenant alors des allures encore plus malsaines. Nous pourrions craindre en regardant rapidement, en feuilletant les pages au hasard des bacs de notre libraire préféré que le dessin de soit fatiguant et monotone, tout en nuance de noirs et gris profonds. Pourtant, Yslaire en profite pour jouer avec la lumière et les ombres avec talent. Qui plus est seuls les rouges et autres couleurs approchantes percent dans ces tableaux livrés par Yslaire. La mort et le sang n'en ont ainsi qu'un goût plus prononcé. Une force et une émotion insensées se dégagent à chaque page. Une sensation extrêmement rare en BD.
Sept cavaliers
Trois tomes à inscrire au patrimoine de la BD ! Le critique JP Dionnet qui a fondé Métal Hurlant hurle au chef d'œuvre à propos de cette série terminée avec ce Tome 3, on le comprend. Terpant en adaptant un roman de Raspail prend le contre-pied de la Bd des 15 dernières années, trouve un ton bien à lui, privilégie dialogues et voix off dans un savant dosage qui font de cette série une vraie réussite, Son dessin colle merveilleusement avec la création de ce monde, concentré de vieille Europe aux marges d'un autre monde qui se lève. Il faut se précipiter !
Jolies ténèbres
Je n'avais pas vu la grande polémique qu'avait suscitée cet album depuis sa sortie, mais je me souvenais uniquement des bons avis qui étaient parus au début. Donc lorsque je l'ai enfin vu à ma médiathèque, j'étais assez confiant en l'empruntant. Je comprends les réactions de certaines personnes face à ce scénario original et vraiment décalé. Personnellement, j'ai beaucoup aimé et je n'ai pas trop cherché à y voir des messages (en tout cas, consciemment), mais j'ai apprécié le côté enfantin (que nous avons tous eu) de tous ces petits personnages qui prennent la vie au premier degré et comme elle vient sans se soucier du futur et du passé ou des conséquences de leurs actes, un côté naïf en fait. J'y ai trouvé chaque facette de la représentation d'une même personnalité (la jalousie, la peur, la timidité, la cruauté) chapeautées par le personnage principal Aurore, qui résulte de tous les autres. On y trouve aussi plein de morceaux de contes ou de rêves d'enfants qui se matérialisent dans cette histoire (prince, princesse, mariage) mais tous tournés à la dérision. Moi, le côté morbide, fataliste et cruel ne m'a absolument pas choqué, au contraire, ça m'a beaucoup plu et parfois fait sourire, mais ça, ce sont les goûts de chacun. De même, j'y ai reconnu dans l'organisation d'une communauté face à l'imprévu, un réalisme et un regard très intéressant : le développement des personnalités, les bandes qui se forment avec les leaders et ceux qui suivent les autres. On y voit aussi la cohabitation entre humains et animaux (qu'on peut étendre entre colonisateurs et indigènes) très ressemblant. Maintenant, le dessin. Il reste magnifique et ressemble aux images qui illustrent certains contes, ce qui renforce le côté enfantin, bref il est parfaitement associé à l'histoire racontée. En résumé, que ce soit le dessin, la colorisation ou le scénario, ce conte m'a conquis par son regard naïf et enfantin qui permet de parler de choses plus ou moins tabou assez simplement même si parfois cela nous renvoi une image très cruelle de notre propre humanité, et je pense que c'est aussi pour ça que cet album fait tant parlé de lui (en bien ou en mal).