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Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Archives de la Suicide Squad
Les Archives de la Suicide Squad

Après avoir relu récemment le premier tome et ensuite le tome 2, je m’aperçois à quel point j'adore cette série. John Ostrander a écrit une série intelligente autour d'un concept simple : une équipe de super-vilains formée par le gouvernement est envoyée pour des missions dangereuses. Le scénariste développe très bien son concept en utilisant des personnages hauts en couleurs dont Amanda Waller qui est vite devenue un de mes personnages de comics préférés tellement j'adore sa personnalité et son ambiguïté. J'adore aussi le fait que bien qu'elle soit intelligente et manipulatrice, elle a aussi des défauts qui font en sorte qu'elle n'a pas toujours raison ce qui l’empêche de devenir un personnage énervant qui est capable de faire tout ce qu'elle veut quand elle veut. Car évidemment vu que les 'héros' de cette série sont pour la plupart des méchants, on est loin du manichéen de certains comics de super-héros. J'adore surtout lorsque les auteurs parlent de problèmes politiques et géopolitiques en montrant que la vie peut être très complexe. Le point fort de la série est qu'Ostrander met en avant la psychologie des personnages qui ont tous une personnalité bien distincte et définie. Leurs actions et réactions sont très crédibles et j'adore leurs relations entre-eux. Il y a un bon mélange de drame et d'humour aussi. Les scénarios sont souvent complexes et j'ai du parfois relire certaines scènes pour être certain que j'avais compris, mais je prends tellement de plaisir à lire cette série que cela ne me dérange pas. On fait beaucoup référence à des événements qui se sont passés dans les DC Comics de la fin des années 80-début des années 90, mais cela ne nuit pas à la compréhension des histoires. Le dessin peut faire vieillot pour les lecteurs modernes, mais moi j'aime bien ce style.

19/08/2016 (MAJ le 05/02/2018) (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
Couverture de la série Les Passagers du vent
Les Passagers du vent

Je ne savais pas à quoi m’attendre en lisant cette série, mais sans doute pas à la finir à trois heures du matin, sans avoir pu décrocher un seul instant, et des larmes pleins les yeux. Et la claque que ça met ! Je comprends maintenant pourquoi cette BD fait partie des immanquables, et je me sens bête de ne pas avoir tenté de le lire plus tôt. Vraiment, cette série est … exceptionnelle. Rien que le dessin qui est celui de Bourgeon, précis et travaillé, documenté. Je lui reprocherais des cases parfois un peu trop chargée et de petites tailles, ou des planches très remplies (surtout en texte), mais une fois dans le bain, on lit l’ensemble sans jamais lâcher. C’est saisissant de remarquer qu’on a dévoré les tomes les un après les autres sans jamais le remarquer. Et que dire de ce scénario … Une maîtrise de l’aventure, le souffle romanesque et l’épopée maritime, digne des plus grands auteurs du genre. On est pris dans la tourmente des navires et des esclaves, dans cette période complexe de la fin du XVIII ème siècle, entre commerce triangulaire, révolutions et considération raciales. Dans cette tourmente, les personnages sont tout le pivot sur lequel l’histoire va s’articuler. Des personnages hauts en couleur, à commencer par le femmes (et je note que Bourgeon est un auteur qui sait s’y prendre pour représenter des femmes fortes) et surtout Isa. Si Mary et Hoel ne sont pas en reste, c’est bel et bien Isa qui porte toute cette histoire et qui marque. Sa fougue, son impétuosité, sa hargne et sa verve en font un de ces personnages qu’on aimerai rencontrer en vrai. Ne serait-ce que pour parler quelques minutes, tant elle semble réel à travers les pages que Bourgeon nous dévoile. Et je dois être le seul à penser ça, mais en lisant la série d’une traite, je n’ai pas été particulièrement choqué par la coupure entre les premiers volumes et le tome 6. On bascule d’un univers maritime au bayou et le dessin a évolué, mais j’ai trouvé une continuité de narration et de récit qui m’ont ravi. J’étais tout autant transporté dans ces marais de Louisiane que dans ces bateaux bravant les océans. Et il y aurait encore tant à dire : sur la place des femmes dans un monde d’homme, sur les considérations racistes, sur la violence ou sur la paix, sur le regard des blancs sur les noirs, des noirs sur les noirs, du faible sur le fort … Cette BD, c’est plein de sujets qui sont traités avec un regard rapide, une petite observation dans une grande et belle histoire. C’est magnifique, c’est superbe. J’ai déjà hâte de pouvoir le relire. Cette série, c’est une claque dans la gueule en même temps qu’une plongée dans une histoire. J’en suis ressorti hagard et émerveillé, les larmes aux yeux d’avoir vécu une telle aventure. Et la compagnie de Isa va me manquer dans les prochains jours. C’est vraiment là une belle BD, une BD à lire et que je ne peux que vous conseiller chaudement. Bon dieu, j’en lis des trucs bien en ce moment, mais quand ça sort du lot comme ça, il faut vraiment le signaler. Si vous avez le moindre doute, ruez-vous dessus.

03/02/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme gribouillé
L'Homme gribouillé

Pour un gribouillage, on a vu pire ! J'en prends tous les jours et j'en redemande des coups de crayon comme ça moi ! Entre un Serge Lehman très inspiré et du GRAND Frederik Peeters revenu au noir et blanc, on en prend plein les mirettes ! Ces deux auteurs se sont trouvés et l'osmose contagieuse de leur travail nous réserve à mon sens le meilleur album lu depuis un bon moment. Tout concourt à la réussite de cette petite merveille. L'ambiance tout d'abord qui nous happe dès les premières pages. Lâchés dans ce Paris noyé sous des trombes d'eau incessantes, on découvre petit à petit l'autre richesse de ce récit : les personnages. Tout s'imbrique subrepticement. On a déjà mordu à l'hameçon sans s'en être rendu compte. Car la famille Couvreur, Jasmine, Betty et Maud, nous réserve bien des surprises... Entre la fille, la mère et la grand-mère, chacune a son caractère bien trempé, mais pourtant une histoire commune et mystérieuse qui va nous ramener au temps des comptes et des créatures extraordinaires. C'est ce glissement subtil entre un quotidien banal et le fantastique qui donne toute sa force au récit en s'appuyant sur cette ambiance singulière, ces solides personnages et toute la richesse du décorum et des personnages secondaires. On se laisse mener par le bout du nez, et chapitre après chapitre nos deux auteurs enfoncent le clou jusqu'à un final grandiose grâce à une narration des plus maîtrisée. Messieurs bravo ! Une seule requête : c'est pour quand la prochaine collaboration ???

18/01/2018 (modifier)
Par BEDELAND
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quatre jours de descente
Quatre jours de descente

Un album qui surprend un peu mais qui régale ! Un homme va se retrouver juré d'assises où comparait un homme accusé du meurtre d'un de ses amis qu'il aurait roué de coups. L'homme a avoué mais se souvient pas trop bien vu qu'il est souvent imbibé d'alcool. Notre juré a un étourdissement pendant les débats, il le met sur le compte de la fatigue vu qu'il vient de connaitre un drame familial. Il ne croit pas en la culpabilité de l'accusé et décide de faire sa propre enquête ... Même si le sujet reste classique l'auteur l'aborde sous un angle différent des œuvres déjà lues ou vues où les sciences humaines sont bien plus présentes que l'histoire policière en elle même. C'est pour moi un chef d'oeuvre en ce sens à lire de toute urgence.

18/01/2018 (modifier)
Couverture de la série Number 5
Number 5

Taiyou Matsumoto est un auteur avec un grand A. J'ai hésité entre un "franchement bien" et un "culte", car je ne mets quasiment jamais de note "Culte!". Mais l'hésitation n'a pas été longue, je dirais 2 secondes et 2 brouettes. Des auteurs, des dessinateurs et des univers comme ça il y en a pas par ballots. Lire Number 5 c'est entrer dans un univers, un dessin et partir assez loin, revenir, et voir qu'on est toujours très loin. Il y a une vraie forme de poésie dans cette oeuvre. Je vous conseille cette bd si : -vous aimez la bande-dessinée -vous aimez la vie et les fleurs -vous aimez Moebius

16/01/2018 (modifier)
Couverture de la série L'Eternaute
L'Eternaute

Sans même parler du contexte dans lequel le livre a été écrit et de ce qu'il représente dans la BD latine, je recommande à tout amateur de S-F l'achat de cette BD (pour un public adulte et aguerri néanmoins). Le dessin noir et blanc est magnifique, le rythme convient parfaitement à l'intrigue et les dialogues excellents. Ça démarre en huis clos psychologique pour partir sur une aventure mythique, avec des nouveaux protagonistes qui amènent tous quelque chose (non-humains inclus). Si il devait y avoir une attaque d'extraterrestres , c'est comme ça que je me la suis toujours imaginé enfant (surtout si vous avez joué à des jeux comme XCOM: UFO quand vous étiez jeune). Un must à avoir dans sa collection S-F!

16/01/2018 (modifier)
Par Langlais
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bleu amer
Bleu amer

Il s'agit d'une vraie tranche de vie pendant la deuxième guerre mondiale, dans un univers isolé; les iles Chausey. L'histoire est une vraie polémique sur le choix d'une communauté coupée du monde entre courage et lâcheté. Le tout est traité avec une narration sobre et efficace du meilleur effet. Les dessins sont contemplatifs, peu de couleurs, mais ils font ressentir la vie des pêcheurs de l'île, et la beauté de l'endroit. On reconnait bien les paysages qui sont représentés de façon fidèle, ce qui ne gâche rien pour un fan du lieu comme moi. En bref une lecture qui sort de l'ordinaire que je vous recommande.

16/01/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ces jours qui disparaissent
Ces jours qui disparaissent

J’ai littéralement adoré cette lecture de ces jours qui disparaissent chez un jeune garçon abordant la vingtaine. On va le suivre au cours de toute une vie car il lui arrive un phénomène assez mystérieux. En effet, il se réveille en ayant loupé à chaque fois une journée entière qui est occupé par un autre soi totalement différent. Il est bordélique et l’autre soi est maniaque. Il est acrobate dans un cirque et l’autre va faire un métier plus conventionnel et rémunérateur dans l’informatique. Il est très famille et ami alors que l’autre est plus solitaire. Le gentil poète contre le brillant carriériste. La bataille peut commencer ! On pourrait penser qu’il y a une véritable part de fantastique mais on comprend assez vite qu’il s’agit certainement d’un phénomène de dédoublement de la personnalité qui trouve une origine psychologique à savoir la schizophrénie. Il est assez terrifiant de le vivre du point de vue de l’un des personnages qui va disparaître progressivement pour laisser place à l’autre qui est moins rêveur. C’est une véritable quête sur la perte de l’identité qui est mené de main de maître par l’auteur. Je n’avais jamais rien lu de tel. Il y a véritablement deux parties : celle de la coexistence pacifique et une autre qui correspond à la disparition progressive et dramatique. En effet, il y a une personnalité plus ambitieuse qui va prendre le dessus sur l’autre qui se réveillera moins souvent. C’est bien écrit et bien dessiné avec des planches presque vivantes dans le mouvement. On est littéralement happé par cette intrigue de perte de contrôle qui progresse dans une véritable tragédie psychologique. On a l’impression de vivre un cauchemar du style vertige existentiel avec notre héros. C’est assez poignant par moment. Cela peut nous renvoyer à notre propre rapport au temps, à notre jeunesse, à la vie et à notre mortalité. Ce qui nous touche ne peut que nous faire réfléchir… Inutile de préciser que cette œuvre concourt pour le grand prix d’Angoulême 2017 ce qui est amplement mérité. C’est véritablement la bd à découvrir de toute urgence pour cette rentrée car ce qui est original est plutôt rare. Voici une lecture pour une expérience unique qu’on n’est pas prêt d’oublier. L'auteur livre une véritable bd inattendue et palpitante. Note dessin : 4.25/5 – Note Scénario : 4.75/5 – Notre Globale : 4.5/5

15/01/2018 (modifier)
Par Quebeuls
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mutafukaz - Puta Madre
Mutafukaz - Puta Madre

5/5 ? Culte ? Achat conseillé ? Coup de coeur ? Ben ouais, carrément, ça faisait longtemps qu'un peu d'adrénaline n'avait pas envahi mon corps à la lecture d'une BD. Je ne savais du tout où allait m'emmener ce préquel, j'avais aimé les Mutafukaz auxquels je n'aurais pas mis ces notes dithyrambiques, mais ça restait barré. Là on est dans une sorte de réalité, du moins dans celle qu'on peut voir dans des séries, des films, des livres et la culture gangsta. Ne sachant de quoi le livre parlait, ni de quel personnage, je me suis laissé embarquer par l'histoire pour découvrir à la fin la jonction avec Mutafukaz, la cerise. C'est dur, c'est crash, c'est violent, c'est tendre, j'ai bien accroché au personnage et à toutes ses pérégrinations internes, à sa découverte de lui-même, du courage qu'il trouve, et de sa manière de se sortir de situations difficiles même si parfois c'est la chance qui agit. De plus on voyage, on se retrouve dans des situations à chaque fois bien différentes, du petit garçon à l'homme accompli qui malgré toutes les embûches semées sur son chemin et la violence qui le parsème, va connaitre la rédemption. Une bien belle réussite, scénaristique et graphique, merci aux auteurs pour "Puta Madre", un livre qui n'implique pas non plus forcément la lecture des Mutafukaz, rien que cette histoire tient par elle-même. De plus c'est un beau livre comme Ankama sait les faire.

15/01/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme gribouillé
L'Homme gribouillé

Résultat d’une collaboration entre deux pointures de la bande dessinée, ce beau pavé inaugure à merveille cette année 2018. D’emblée, le lecteur est captivé par cette histoire à l’atmosphère très particulière, quasi apocalyptique, qui voit Paris littéralement noyé sous les eaux, alors que la pluie tombe en permanence. Grâce à son formidable coup de crayon et son sens du cadrage, Frederik Peeters sait parfaitement distiller le mystère dès le début, accentuant l’aspect fantastique du récit par un gros plan sur une gargouille de Notre-Dame, sur un crapaud égaré sur un trottoir, ou sur le chat noir peu amène confié à Betty par ses voisins… Peeters fait preuve ici d’une grande virtuosité tant dans le dessin - magnifique, ces paysages de montagne dans la brume, avec un beau rendu à l’aquarelle - que dans la mise en page, très dynamique, tandis que le choix du noir et blanc est tout à fait adapté au climat menaçant de ce conte moderne. Le dessinateur genevois fait ainsi honneur au scénario de Serge Lehman, très maîtrisé de bout en bout et ne souffrant d’aucun temps mort. Pour ce faire, Lehman a puisé dans la mythologie juive et la littérature fantastique française du début du XXe siècle, en organisant une rencontre explosive entre le légendaire golem et une sorte de cousin du Fantôme de l’Opéra prénommé Max Corbeau, avec en toile de fond un antique secret lié à la sorcellerie. Comme il le dit lui-même, l’auteur cherche par son travail à redonner au fantastique français la place qu’il a perdue au profit des Américains, en raison notamment de l’état d’esprit trop cartésien qui règne dans l’Hexagone. Et on se rend compte en effet que ce thriller terrifiant, qui ne se contente pas de singer les comics d’outre-Atlantique, n’a absolument rien à leur envier, bien au contraire ! Outre l’aspect fantastique du récit, les personnages ne sont pas négligés pour autant. Qu’ils soient principaux ou secondaires, ils sont tous bien campés, qu’il s’agisse des héroïnes, très attachantes, ou à l’inverse de Max Corbeau, créature vicieuse et cauchemardesque sortie tout droit d’un tableau de Jérôme Bosch. C’est bien ce qui rend cet ouvrage tout à fait unique, comme si le genre fantastique avait fait alliance avec le récit psychologique à la française. Car la quête à laquelle se livre Betty est finalement un peu celle de tout un chacun : remonter à ses origines pour comprendre qui l’on est, chasser ses vieux démons pour, peut-être, enfin trouver l’apaisement… Entre roman graphique, légende urbaine et conte immémorial, « L’Homme gribouillé » s’impose déjà comme un classique du genre. La synergie entre les deux auteurs semble avoir fonctionné à plein, et laisse véritablement espérer qu’ils n’en resteront pas là.

14/01/2018 (modifier)