Une envie me trottait dans la tête : relire Gaston ! Bon ben, c’est fait ! Un grand moment plaisir, une bonne rigolade de temps en temps (je les ai relus tellement souvent que je les connais par cœur et je ris un peu moins souvent, je l’avoue). J’ai retrouvé avec délectation cet employé de bureau indolent, plus motivé par ses inventions que par les réponses aux lecteurs. J’ai trouvé que cette observation fine du monde du travail résonnait plutôt bien avec le monde d’aujourd’hui, c’est vrai aussi pour la place des animaux. Gaston ne rate pas une occasion de défendre leur cause. Le chat, la mouette rieuse, le poisson rouge et la souris sont traités comme des rois. A la rédaction, ils sont chez eux et aucune limitation de leur liberté n’est pas admise par Gaston. Bref, beaucoup de bonnes valeurs !! Un coup de coeur sans hésiter.
Quel plaisir de retrouver photonik un super héros français crée par le talentueux Ciro Tota qui pour moi dépasse bien des comics américains meme si la filiation avec Spiderman est évidente Ciro ne s’en est jamais caché... commencez par lire un photonik et vous aurez envie de les lire tous c’est obligé et pour ma part dire que ça a mal vieilli je ne penserais pas à la bd mais plutôt à celui qui sortira cette réplique ! Bonne lecture et attention au Minotaure !!!!
Cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour.
Nostalgiques de Recré A2, je vous invite à découvrir le nouvel album de Bajram, Cossu, Dorison, Sentenac et Guillo qui nous font revivre une nouvelle aventure de Goldorak.
Et quelle aventure !
Nous retrouvons nos héros vieillis, (la patrouille des aigles) presque désabusés pour certains (Actarus, étrangement barbu, particulièrement éprouvé au début de cet épisode), appelés, encore une fois, à sauver leur pays contre les Golgoths ; mais aussi Procyon, Rigel, Mizar, Banta.
Le tour de force est tout de même de ne faire figurer Goldorak qu’à la moitié de l’album, qui compte 136 pages, sans pour autant dénaturer les souvenirs que l’on avait de ce dessin animé. Je dois avouer avoir eu des frissons, lorsque Actarus prononce le mythique " Goldorak Go ! ", une véritable madeleine de Proust, vous dis-je, cet album. Et que dire du fameux « métamorphose ! » , parfaitement dessiné par le trio Bajram, Cossu et Sentenac.
Justement côté dessin il faut souligner la qualité du travail, mais aussi les couleurs en parfaites adéquation avec celles du dessin animé et des pages parfois audacieuses (page 64) au niveau du découpage. Quelques clins d’œil sympathiques égrènent la lecture de l’album, comme le disque 45 tours que sort Procyon (page 60).
L’album est agrémenté d’un cahier de 16 pages sur la genèse de cette histoire, qui montre, s’il fallait encore le prouver, que les auteurs ont une passion dévorante pour Goldorak depuis leur plus tendre enfance. Cette passion s’est ressentie dans l’album qui, pour moi, est une de mes meilleures lectures de cette année.
Finalement, je retire ce que je disais en introduction "cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour !", mes enfants de 20 et 21 ans m’ont emprunté l’album en faisant un « Waouh ! », au vu de la couverture.
" Goldorak" en définitive, n’appartient plus exclusivement aux gens de 50 ans ou plus, comme moi et tant mieux.
Un grand merci aux auteurs.
J'ai adoré cette série quand j'étais ado, même si je n'ai pas accroché étant plus jeune ; je regrette beaucoup qu'un intégral n'existe pas en français, car c'est mon super-héro préféré. Les Italiens sont très doués pour les BD de Donald, et j'aime cette série dans un univers très différent de celui habituel, ce qui permet de varier les plaisirs. Je considère les dessins comme une réussite absolue. C'est réellement ma série de Super-héros préférée !
Il est toujours difficile de faire le récit d'une autobiographie, même fictive, d'un bourreau sans tomber dans au moins deux pièges. Le premier est de le charger et de le rendre tellement ridicule que cela fait perdre beaucoup de crédibilité au récit ; Le second est au contraire de se laisser happer par sa part d'humanité qui lui est inaliénable et ainsi de lui procurer une part d'empathie qu'il ne mérite pas. Christophe Gaultier et Sylvain Ricard ont admirablement évité ces deux récifs.
Les dessins avec des visages taillés à coups de serpes rendent bien la dureté des Kluxers. Les costumes de monsieur tout-le-monde, les décors d'une campagne du Sud, cela est si paisible mais cela se couvre de sang en deux minutes. Ces dessins laissent à imaginer l'angoisse qu'on vécut les habitants Afro-américains du pays champion du monde libre et de la démocratie, pendant 120 ans. C'est d'ailleurs à l'honneur de beaucoup d'Américains Blancs d'avoir vigoureusement combattu cette peste, un passage y faisant référence. Les auteurs ne s'étendent pas sur l'histoire du Cercle (Kuklos veut dire cercle en Grec cela deviendra Ku Klux) mais nous invitent à élargir nos recherches. (Par exemple ce n'est pas Forrest le fondateur mais un petit "cercle" de vétérans sudistes de Pulaski (Tennessee) et comme ils venaient d'Ecosse cela a fait un Klan)
Thomas va vivre deux des grandes périodes du Klan. Celle des années 20 et celle des années 50.
Son (notre ?) initiation aux rites du Klan, un passage formidable du livre, est en plein "Age d'Or" du Klan. Il y a alors plusieurs millions de cotisants à travers les USA, pas seulement au Sud, ce qui représente une force politique et financière inimaginable. Force qui agira jusqu'au plus haut sommet de l'Etat (Truman a fait partie du Klan à cette époque) comme le prouve l'adoption des lois de 1924 sur l'immigration (Jonhson-Reed Act).
Celle des années 50, en réaction aux revendications légitimes des citoyens Afro-américains dont les fils ou frères étaient morts sous l'uniforme et qui avaient par l'éducation aussi, eu le courage de relever la tête.
Je pense voir dans l'œuvre de S. Ricard l'expression des deux violences du Klan. La violence gratuite sadique de Hummond qui est là pour assouvir ses désirs psychopathes en toute impunité. Il y a la violence plus politique de Thomas qui est là pour maintenir la suprématie du pouvoir Blanc et Protestant.
C'est pourquoi, sur la liste de leurs haines les Kluxers avaient rajoutés les Juifs, les activistes (considérés de facto comme communistes) et les Catholiques (à la fois basanés et/ou papistes).
Ces deux violences se rejoignent souvent mais elles peuvent s'affronter. De toute façon, elles sont aussi ignobles l'une que l'autre.
Je pourrais faire un peu la fine bouche sur la fin qui met l'accent sur l'action dramatique mais c'est tellement peu par rapport au message.
Noir c'est noir... Franquin connaissait très probablement cette chanson de Johnny. Quand je relis les deux tomes des Idées Noires, j'associe toujours les deux œuvres qui appartiennent presque à la même génération. Franquin a baigné dans la littérature de l'Absurde des années 50 et je retrouve beaucoup de cet esprit dans son travail. Le Mythe de Sisyphe ? (planche 54) comme illustration de l'absurdité de la condition humaine. Ou bien l'absurdité des choix budgétaires (pl 8). C'est tellement actuel en cette période de pandémie.
Bien sûr il y a la réflexion d'un homme qui a la bonne cinquantaine et qui s'interroge sur la finitude humaine (pl 65). J’aime beaucoup la planche 48.
Evidemment celui qui lit ces deux tomes croyant y trouver des gags désopilants moquant tel ou tel corporatisme risque d'être déçu. Il y a bien les charges traditionnelles contre les pollueurs, le militarisme, le nucléaire, l'Eglise (un peu), la cruauté des hommes entre eux et vis à vis de la nature (pl 16) traitées avec génie. J'en oublie forcément, tellement il y de créativité dans ces planches.
Deux planches me paraissent incroyablement visionnaires. La une qui préfigure un modèle d'obsolescence programmée et bien sûr la 60 qui dit tout des deux dernières années.
The last but not the least, toutes ces idées sont servies par une maestria artistique exceptionnelle que je serais trop prétentieux à commenter.
Je finirai avec la planche 64 comme une note d'espoir d'un homme qui trouvera bien un petit coin paisible pour vivre en harmonie avec son environnement.
Je n'aurai pas assez de mots pour dire tout le bien que je pense de Deadwood Dick.
Quelle lecture !! j'ai savouré ces trois récits, comme dirait l'autre tout est bon dans le cochon.
Le dessin de très bonne facture, scenario qui tient en haleine de bout en bout, et les dialogues sont truculents, faut dire que le bougre n'a pas sa langue dans sa poche.
Notre cow-boy a de la répartie, il a les répliques qui tuent, il aime les femmes, ce qui lui procurera pas mal de déconvenues.
L'humour dans la série est bien dosé, les scènes d'actions sont jouissives (ça saigne quand même)
Deadwood Dick rentre au panthéon du western.
Culte !!!
Après des années de silence, je reprends la plume, euh enfin le clavier, pour vous dire à quel point ce récit m'a touchée.
Un road trip du troisième âge c'est du déjà vu, me direz vous. Pourtant dans la lignée des romans graphiques sur les vieux, celui ci se distingue particulièrement.
J'ai d'abord été attirée par la graphisme qui est tout ce que j'aime : trait précis, visages expressifs, de belles couleurs.
J'ai trouvé dans l'épopée d'Amédée, le notaire retraité, une belle ode à la vie. En partant à la recherche de l'héritier de son ami, ce bonhomme sympathique va vivre des aventures cocasses aux quatre coins du monde des hauts de France. Il rencontre des personnages hauts en couleur qui lui en apprendront beaucoup sur son ami, mais il en apprendra encore plus, sans le savoir, sur lui même.
Car au delà de ce coté amusant du scénario, j'ai particulièrement apprécié la réflexion que celui-ci apporte sur le temps qui passe, le coté éphémère de la vie, la nécessité de profiter de chaque instant. Le message de fond "ne passe pas à coté de ta vie" résonne encore dans ma tête après avoir refermé l'album.
Après mûr réflexion, je me décide tout de même à accorder le culte à cette série. En effet, je considère que Monster, par beaucoup d'aspect, a été une petite révolution à sa publication. Tout d'abord, la publication fit découvrir Naoki Urasawa en Europe, d'autre part, le manga fit beaucoup parler de lui, et enfin (et surtout), cette BD est impressionnante ! Une histoire chorale dont les protagonistes vont se croiser en même temps qu'ils remonteront le cours d'une histoire ancienne. Des enfants au cœur d'une tourmente mélangeant les idéaux de la Guerre Froide, les volontés de personnages malfaisants, et un médecin qui tente de réparer une terrible erreur.
Le récit est le point central de ce manga, incontestablement. C'est le mystère du thriller qui nous tient en haleine durant 18 tomes, ce qui n'est pas rien il faut bien l'avouer. Mais c'est aussi une histoire qui brosse un tableau peu reluisant de l'Allemagne post-mur. Nous aurons le droit aux néo-fascistes qui envahissent la politique et opèrent dans les quartiers louches, aux restes d'une Allemagne de l'est testant les pires choses sur les humains en toute impunité, mais aussi à des touches humaines sur des personnes immigrées en situation précaires. D'ailleurs, la thématiques des personnes issues de l'immigration revient dans de nombreux volumes, à commencer par le personnage principal. A travers cette thématique, l'auteur explore la peur de l'inconnu, la notion même de l'identité (thématique centrale aussi à la série) mais aussi aux transformations d'un monde qui a connu le mur de Berlin et le rideau de fer. C'est ingénieusement mis en scène dans l'histoire du personnage principal, ayant fait une chose qu'il pensait bonne et se rendant compte que c'était une erreur, qu'il tente désormais de réparer. Une mise en abyme entre le propos et le récit, en somme.
D'autre part, l'auteur a un coup de crayon qui correspond très bien à ce genre d'histoire : réaliste dans les visages, précis dans les décors au point d'avoir l'impression de voyager en Allemagne. C'est aussi un des points qui m'avait surpris à ma première lecture, et encore aujourd'hui d'ailleurs : la précision du dessin ne correspondait pas à mes habitudes de manga que je lisais alors. Je ne parle pas de la précision de tout ce qui entoure les héros, également (les armes, les véhicules, etc ...) dont le détail et le soin confèrent un plus grand réalisme à l'univers.
En bref, je dois dire que Monster m'avait mis une claque à l'époque de sa sortie, et avec les relectures je suis toujours sous le charme de cette histoire passionnante qui contient tant de personnages attachants, de situations prenantes et d'histoire prenante. C'est un excellent thriller qui nous est proposé ici, déroulant une histoire cohérente et prenante sur 18 tomes, sans tout dévoiler cependant lorsque l'histoire sera conclue. Des indices sont disséminés au fur et à mesure, mais c'est au final moins la résolution qui importe que son dénouement. Et j'aime beaucoup cette histoire, qui est sortie il y a près de vingt ans. Elle m'aura marquée, notamment parce que ma vision du manga fit un sacré bon avec cette lecture. Et pour toutes les raisons évoquées, je considère Monster comme culte !
Sabre de bois, voici une série pilier de la bande dessinée pour la jeunesse. Pour moi, cette série est culte pour plusieurs raisons. Une série éponyme d'un magazine, je n'en connais que trois mais ma science de la BD est courte.
Son créateur repose au Panthéon des auteurs de la bande dessinée et si on la nomme Neuvième Art, monsieur Franquin en est pour quelque chose. Franquin, c'est un foisonnement créatif dans chaque case. Que ce soit dans le dessin, ha ! ces vaches de la cambrousse ! ou dans le texte. Sans oublier les clins d'œil aux copains de la rédac Dupuis.
De plus le couple Spirou (Spip)/Fantasio, c'est une vraie histoire d'amitié presque de fraternité. J'ai toujours cette case en tête de la Vallée Des Bannis où Fantasio rattrape la main de Spirou malgré son délire meurtrier. Bien sûr avec une série de plus de cinquante albums on peut faire la fine bouche sur un ou deux. On peut s'amuser à comparer Franquin vs Fournier vs Tome et Janry. Que nenni bonnes gens !
Chacun y a déversé son talent et une vision de l'époque qui passe. Il a fallu beaucoup de courage aussi pour assumer la prolongation d'un géant comme Franquin. Chacun sa technique, chacun sa vision mais un Spirou qui avance avec la même aspiration à bonifier le monde, génération après génération. ELLEUQ ELLEB EIRES.
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Gaston Lagaffe
Une envie me trottait dans la tête : relire Gaston ! Bon ben, c’est fait ! Un grand moment plaisir, une bonne rigolade de temps en temps (je les ai relus tellement souvent que je les connais par cœur et je ris un peu moins souvent, je l’avoue). J’ai retrouvé avec délectation cet employé de bureau indolent, plus motivé par ses inventions que par les réponses aux lecteurs. J’ai trouvé que cette observation fine du monde du travail résonnait plutôt bien avec le monde d’aujourd’hui, c’est vrai aussi pour la place des animaux. Gaston ne rate pas une occasion de défendre leur cause. Le chat, la mouette rieuse, le poisson rouge et la souris sont traités comme des rois. A la rédaction, ils sont chez eux et aucune limitation de leur liberté n’est pas admise par Gaston. Bref, beaucoup de bonnes valeurs !! Un coup de coeur sans hésiter.
Photonik
Quel plaisir de retrouver photonik un super héros français crée par le talentueux Ciro Tota qui pour moi dépasse bien des comics américains meme si la filiation avec Spiderman est évidente Ciro ne s’en est jamais caché... commencez par lire un photonik et vous aurez envie de les lire tous c’est obligé et pour ma part dire que ça a mal vieilli je ne penserais pas à la bd mais plutôt à celui qui sortira cette réplique ! Bonne lecture et attention au Minotaure !!!!
Goldorak
Cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour. Nostalgiques de Recré A2, je vous invite à découvrir le nouvel album de Bajram, Cossu, Dorison, Sentenac et Guillo qui nous font revivre une nouvelle aventure de Goldorak. Et quelle aventure ! Nous retrouvons nos héros vieillis, (la patrouille des aigles) presque désabusés pour certains (Actarus, étrangement barbu, particulièrement éprouvé au début de cet épisode), appelés, encore une fois, à sauver leur pays contre les Golgoths ; mais aussi Procyon, Rigel, Mizar, Banta. Le tour de force est tout de même de ne faire figurer Goldorak qu’à la moitié de l’album, qui compte 136 pages, sans pour autant dénaturer les souvenirs que l’on avait de ce dessin animé. Je dois avouer avoir eu des frissons, lorsque Actarus prononce le mythique " Goldorak Go ! ", une véritable madeleine de Proust, vous dis-je, cet album. Et que dire du fameux « métamorphose ! » , parfaitement dessiné par le trio Bajram, Cossu et Sentenac. Justement côté dessin il faut souligner la qualité du travail, mais aussi les couleurs en parfaites adéquation avec celles du dessin animé et des pages parfois audacieuses (page 64) au niveau du découpage. Quelques clins d’œil sympathiques égrènent la lecture de l’album, comme le disque 45 tours que sort Procyon (page 60). L’album est agrémenté d’un cahier de 16 pages sur la genèse de cette histoire, qui montre, s’il fallait encore le prouver, que les auteurs ont une passion dévorante pour Goldorak depuis leur plus tendre enfance. Cette passion s’est ressentie dans l’album qui, pour moi, est une de mes meilleures lectures de cette année. Finalement, je retire ce que je disais en introduction "cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour !", mes enfants de 20 et 21 ans m’ont emprunté l’album en faisant un « Waouh ! », au vu de la couverture. " Goldorak" en définitive, n’appartient plus exclusivement aux gens de 50 ans ou plus, comme moi et tant mieux. Un grand merci aux auteurs.
PowerDuck - La Genèse
J'ai adoré cette série quand j'étais ado, même si je n'ai pas accroché étant plus jeune ; je regrette beaucoup qu'un intégral n'existe pas en français, car c'est mon super-héro préféré. Les Italiens sont très doués pour les BD de Donald, et j'aime cette série dans un univers très différent de celui habituel, ce qui permet de varier les plaisirs. Je considère les dessins comme une réussite absolue. C'est réellement ma série de Super-héros préférée !
Kuklos
Il est toujours difficile de faire le récit d'une autobiographie, même fictive, d'un bourreau sans tomber dans au moins deux pièges. Le premier est de le charger et de le rendre tellement ridicule que cela fait perdre beaucoup de crédibilité au récit ; Le second est au contraire de se laisser happer par sa part d'humanité qui lui est inaliénable et ainsi de lui procurer une part d'empathie qu'il ne mérite pas. Christophe Gaultier et Sylvain Ricard ont admirablement évité ces deux récifs. Les dessins avec des visages taillés à coups de serpes rendent bien la dureté des Kluxers. Les costumes de monsieur tout-le-monde, les décors d'une campagne du Sud, cela est si paisible mais cela se couvre de sang en deux minutes. Ces dessins laissent à imaginer l'angoisse qu'on vécut les habitants Afro-américains du pays champion du monde libre et de la démocratie, pendant 120 ans. C'est d'ailleurs à l'honneur de beaucoup d'Américains Blancs d'avoir vigoureusement combattu cette peste, un passage y faisant référence. Les auteurs ne s'étendent pas sur l'histoire du Cercle (Kuklos veut dire cercle en Grec cela deviendra Ku Klux) mais nous invitent à élargir nos recherches. (Par exemple ce n'est pas Forrest le fondateur mais un petit "cercle" de vétérans sudistes de Pulaski (Tennessee) et comme ils venaient d'Ecosse cela a fait un Klan) Thomas va vivre deux des grandes périodes du Klan. Celle des années 20 et celle des années 50. Son (notre ?) initiation aux rites du Klan, un passage formidable du livre, est en plein "Age d'Or" du Klan. Il y a alors plusieurs millions de cotisants à travers les USA, pas seulement au Sud, ce qui représente une force politique et financière inimaginable. Force qui agira jusqu'au plus haut sommet de l'Etat (Truman a fait partie du Klan à cette époque) comme le prouve l'adoption des lois de 1924 sur l'immigration (Jonhson-Reed Act). Celle des années 50, en réaction aux revendications légitimes des citoyens Afro-américains dont les fils ou frères étaient morts sous l'uniforme et qui avaient par l'éducation aussi, eu le courage de relever la tête. Je pense voir dans l'œuvre de S. Ricard l'expression des deux violences du Klan. La violence gratuite sadique de Hummond qui est là pour assouvir ses désirs psychopathes en toute impunité. Il y a la violence plus politique de Thomas qui est là pour maintenir la suprématie du pouvoir Blanc et Protestant. C'est pourquoi, sur la liste de leurs haines les Kluxers avaient rajoutés les Juifs, les activistes (considérés de facto comme communistes) et les Catholiques (à la fois basanés et/ou papistes). Ces deux violences se rejoignent souvent mais elles peuvent s'affronter. De toute façon, elles sont aussi ignobles l'une que l'autre. Je pourrais faire un peu la fine bouche sur la fin qui met l'accent sur l'action dramatique mais c'est tellement peu par rapport au message.
Idées Noires
Noir c'est noir... Franquin connaissait très probablement cette chanson de Johnny. Quand je relis les deux tomes des Idées Noires, j'associe toujours les deux œuvres qui appartiennent presque à la même génération. Franquin a baigné dans la littérature de l'Absurde des années 50 et je retrouve beaucoup de cet esprit dans son travail. Le Mythe de Sisyphe ? (planche 54) comme illustration de l'absurdité de la condition humaine. Ou bien l'absurdité des choix budgétaires (pl 8). C'est tellement actuel en cette période de pandémie. Bien sûr il y a la réflexion d'un homme qui a la bonne cinquantaine et qui s'interroge sur la finitude humaine (pl 65). J’aime beaucoup la planche 48. Evidemment celui qui lit ces deux tomes croyant y trouver des gags désopilants moquant tel ou tel corporatisme risque d'être déçu. Il y a bien les charges traditionnelles contre les pollueurs, le militarisme, le nucléaire, l'Eglise (un peu), la cruauté des hommes entre eux et vis à vis de la nature (pl 16) traitées avec génie. J'en oublie forcément, tellement il y de créativité dans ces planches. Deux planches me paraissent incroyablement visionnaires. La une qui préfigure un modèle d'obsolescence programmée et bien sûr la 60 qui dit tout des deux dernières années. The last but not the least, toutes ces idées sont servies par une maestria artistique exceptionnelle que je serais trop prétentieux à commenter. Je finirai avec la planche 64 comme une note d'espoir d'un homme qui trouvera bien un petit coin paisible pour vivre en harmonie avec son environnement.
Deadwood Dick
Je n'aurai pas assez de mots pour dire tout le bien que je pense de Deadwood Dick. Quelle lecture !! j'ai savouré ces trois récits, comme dirait l'autre tout est bon dans le cochon. Le dessin de très bonne facture, scenario qui tient en haleine de bout en bout, et les dialogues sont truculents, faut dire que le bougre n'a pas sa langue dans sa poche. Notre cow-boy a de la répartie, il a les répliques qui tuent, il aime les femmes, ce qui lui procurera pas mal de déconvenues. L'humour dans la série est bien dosé, les scènes d'actions sont jouissives (ça saigne quand même) Deadwood Dick rentre au panthéon du western. Culte !!!
Tananarive
Après des années de silence, je reprends la plume, euh enfin le clavier, pour vous dire à quel point ce récit m'a touchée. Un road trip du troisième âge c'est du déjà vu, me direz vous. Pourtant dans la lignée des romans graphiques sur les vieux, celui ci se distingue particulièrement. J'ai d'abord été attirée par la graphisme qui est tout ce que j'aime : trait précis, visages expressifs, de belles couleurs. J'ai trouvé dans l'épopée d'Amédée, le notaire retraité, une belle ode à la vie. En partant à la recherche de l'héritier de son ami, ce bonhomme sympathique va vivre des aventures cocasses aux quatre coins
du mondedes hauts de France. Il rencontre des personnages hauts en couleur qui lui en apprendront beaucoup sur son ami, mais il en apprendra encore plus, sans le savoir, sur lui même. Car au delà de ce coté amusant du scénario, j'ai particulièrement apprécié la réflexion que celui-ci apporte sur le temps qui passe, le coté éphémère de la vie, la nécessité de profiter de chaque instant. Le message de fond "ne passe pas à coté de ta vie" résonne encore dans ma tête après avoir refermé l'album.Monster
Après mûr réflexion, je me décide tout de même à accorder le culte à cette série. En effet, je considère que Monster, par beaucoup d'aspect, a été une petite révolution à sa publication. Tout d'abord, la publication fit découvrir Naoki Urasawa en Europe, d'autre part, le manga fit beaucoup parler de lui, et enfin (et surtout), cette BD est impressionnante ! Une histoire chorale dont les protagonistes vont se croiser en même temps qu'ils remonteront le cours d'une histoire ancienne. Des enfants au cœur d'une tourmente mélangeant les idéaux de la Guerre Froide, les volontés de personnages malfaisants, et un médecin qui tente de réparer une terrible erreur. Le récit est le point central de ce manga, incontestablement. C'est le mystère du thriller qui nous tient en haleine durant 18 tomes, ce qui n'est pas rien il faut bien l'avouer. Mais c'est aussi une histoire qui brosse un tableau peu reluisant de l'Allemagne post-mur. Nous aurons le droit aux néo-fascistes qui envahissent la politique et opèrent dans les quartiers louches, aux restes d'une Allemagne de l'est testant les pires choses sur les humains en toute impunité, mais aussi à des touches humaines sur des personnes immigrées en situation précaires. D'ailleurs, la thématiques des personnes issues de l'immigration revient dans de nombreux volumes, à commencer par le personnage principal. A travers cette thématique, l'auteur explore la peur de l'inconnu, la notion même de l'identité (thématique centrale aussi à la série) mais aussi aux transformations d'un monde qui a connu le mur de Berlin et le rideau de fer. C'est ingénieusement mis en scène dans l'histoire du personnage principal, ayant fait une chose qu'il pensait bonne et se rendant compte que c'était une erreur, qu'il tente désormais de réparer. Une mise en abyme entre le propos et le récit, en somme. D'autre part, l'auteur a un coup de crayon qui correspond très bien à ce genre d'histoire : réaliste dans les visages, précis dans les décors au point d'avoir l'impression de voyager en Allemagne. C'est aussi un des points qui m'avait surpris à ma première lecture, et encore aujourd'hui d'ailleurs : la précision du dessin ne correspondait pas à mes habitudes de manga que je lisais alors. Je ne parle pas de la précision de tout ce qui entoure les héros, également (les armes, les véhicules, etc ...) dont le détail et le soin confèrent un plus grand réalisme à l'univers. En bref, je dois dire que Monster m'avait mis une claque à l'époque de sa sortie, et avec les relectures je suis toujours sous le charme de cette histoire passionnante qui contient tant de personnages attachants, de situations prenantes et d'histoire prenante. C'est un excellent thriller qui nous est proposé ici, déroulant une histoire cohérente et prenante sur 18 tomes, sans tout dévoiler cependant lorsque l'histoire sera conclue. Des indices sont disséminés au fur et à mesure, mais c'est au final moins la résolution qui importe que son dénouement. Et j'aime beaucoup cette histoire, qui est sortie il y a près de vingt ans. Elle m'aura marquée, notamment parce que ma vision du manga fit un sacré bon avec cette lecture. Et pour toutes les raisons évoquées, je considère Monster comme culte !
Spirou et Fantasio
Sabre de bois, voici une série pilier de la bande dessinée pour la jeunesse. Pour moi, cette série est culte pour plusieurs raisons. Une série éponyme d'un magazine, je n'en connais que trois mais ma science de la BD est courte. Son créateur repose au Panthéon des auteurs de la bande dessinée et si on la nomme Neuvième Art, monsieur Franquin en est pour quelque chose. Franquin, c'est un foisonnement créatif dans chaque case. Que ce soit dans le dessin, ha ! ces vaches de la cambrousse ! ou dans le texte. Sans oublier les clins d'œil aux copains de la rédac Dupuis. De plus le couple Spirou (Spip)/Fantasio, c'est une vraie histoire d'amitié presque de fraternité. J'ai toujours cette case en tête de la Vallée Des Bannis où Fantasio rattrape la main de Spirou malgré son délire meurtrier. Bien sûr avec une série de plus de cinquante albums on peut faire la fine bouche sur un ou deux. On peut s'amuser à comparer Franquin vs Fournier vs Tome et Janry. Que nenni bonnes gens ! Chacun y a déversé son talent et une vision de l'époque qui passe. Il a fallu beaucoup de courage aussi pour assumer la prolongation d'un géant comme Franquin. Chacun sa technique, chacun sa vision mais un Spirou qui avance avec la même aspiration à bonifier le monde, génération après génération. ELLEUQ ELLEB EIRES.