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Couverture de la série Wika
Wika

Fabuleux ! Tellement riche en détails, dessins sublimes . J'ai pour ma part la collection collector. Cette magnifique édition apporte beaucoup d'illustrations , esquisses , recherches du dessinateur . Je recommande fortement cette bd , foisonnant de détails à admirer !

17/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Jo
Jo

On oublie vite lorsque l'on ne se sent plus concerné. Même très vite, c'est peut-être un mécanisme de protection psychologique mis en place par les humains. C'est bien confirmé quand je lis les très dures critiques faites à l'œuvre de Derib, 10 ans après sa publication. Je trouve que c'est presque une insulte aux malades séropositifs d'hier et d'aujourd'hui. Ou alors c'est de l'ignorance bref passons. C'est pourquoi JO, l'œuvre de DERIB sur la prévention et les risques liés au VIH (SIDA) est essentielle à mon avis. Il n'y a pas si longtemps, trente ans, être contaminé par le VIH, c'était être condamné à mort à plus ou moins brève échéance. Si vous aviez la chance d'être dépisté tôt, d'habiter dans un pays riche, de pouvoir accéder aux meilleurs soins comme c'est le cas pour Jo vous pouviez tenir entre deux et trois ans. Quelques cas exceptionnels ont pu aller au-delà mais pour la grande majorité des infectés c'était beaucoup plus difficile. Alors merci monsieur Derib d'avoir inscrit cela dans le marbre au moyen d'un médium accessible à tous ceux qui savent lire, regarder et réfléchir (je me rends compte que ce n'est pas si facile), au besoin à plusieurs. Pour moi, monsieur Derib présente deux qualités fortes. La première est son talent de dessinateur et de conteur avec des collections de très grandes qualités souvent destinées au jeune public voire au très jeune public. La seconde est d'avoir accompagné les débuts de monsieur Cosey, ce qui a multiplié les richesses de création. Dans Jo la cible visée est le public des adolescents ou jeunes adultes. C'est l'âge des premières rencontres poussées au-delà du simple flirt. C'est ce qu'expérimente Vanessa la sœur de Jo de façon inconsciente et un peu naïve. C'est normal à cet âge-là. Jo est déjà à l'étape suivante, jeune adulte très autonome, pas rebelle pour un sou, ses parents la laisse libre de vivre une vie sexuelle qui paraît très sage avec un partenaire régulier. C'est le talent du scénario de Derib d'orienter les risques sur les rebelles, Vanessa ou Laurent le futur partenaire de JO. A cet âge la construction peut être chaotique avec des temps morts et des temps forts. C'est ce rythme qu'insuffle Derib. Le risque semble encore lointain, par exemple dans une page de journal qui traine sur la table. On s'émeut d'un enfant de star mort du Sida comme on pourrait s'émouvoir d'un bébé qui nait séropositif en Afrique ou au Brésil. Mais après la rubrique sportive on y pense déjà beaucoup moins. Je me rends compte que c'est pire aujourd'hui. Notre vie est ailleurs que dans ces drames que l'on trouve clichés et c'est presque normal et sain de vouloir ne pas y penser tellement c'est porteur d'angoisse. A cette époque quand on faisait une nouvelle rencontre pleine de promesses de futur ou qu'on souhaitait un bébé, on pouvait faire un test. Un peu comme aujourd'hui avant de prendre l'avion en temps de COVID. Sauf que là, quand vous ouvriez l'enveloppe des résultats même les plus endurcis avaient des palpitations. C'était 100% vie ou 100% mort. Pas d'entre deux, la statistique était détestable. Le chemin de croix commençait. Comme le montre Derib le vide se faisait très très vite autour de vous. Même dans votre famille. Puis la culpabilité, la peur de contaminer ceux qu'on aime et de les condamner à mort. Quelle injustice cette maladie ! Elle vous touchait principalement dans un des moments le plus beau et le plus épanouissant de votre vie. Une relation sexuelle libre et partagée. Bien sûr il y eu d'autres modes de contamination, seringues, transfusions pour la plupart. Mais c'est la voie sexuelle qui a été la grande contaminatrice. Une vie de couple et de famille était possible mais quand même stressante. Jo doit s'accrocher comme des millions de malades l'ont fait après elle. En bon dessinateur de BD, Derib propose par l'intermédiaire de Jean-Claude un personnage au grand cœur (Il en fallait) une pile de BD. Au menu Don Bosco et Franquin Lol. Iconoclaste ? (Peut être une des raisons des critiques ??) Peut être mais porteur d'espoir si ce n'est d'espérance. Comment vivre ces moments à 20 ans quand la finitude envahit votre vie par effraction ? C'est un peu comme les lettres d'encouragements de l'Abbé Pierre et du Ministre Lang en fin d'ouvrage. Tous les supports sont les bienvenus. Outre les lettres de félicitations qui montrent l'importance de l'engagement de Derib dans ce combat, l'ouvrage se termine par un dossier assez technique sur la maladie et ses conséquences en 1990. Trente ans après des choses ont changé en bien mais il reste encore beaucoup à faire. Derib a produit son album juste avant la découverte et la mise sur le marché des médicaments antiviraux que l'on nomme trithérapie. Ce fut une découverte majeure pour soigner les malades mais pas pour les guérir. Quand la trithérapie est apparue aux Etats-Unis les effets sur certains malades étaient tellement encourageants que certains malades européens n'hésitaient pas à prendre l'avion pour New-York afin de s'approvisionner. Evidemment cette possibilité était réservée aux plus riches car le coût des médicaments était (et reste) extrêmement cher. Aujourd'hui trente ans après les recherches continuent. Nous en sommes, il me semble, à la troisième génération de trithérapie. Il y a quelques trente-sept millions de personnes qui sont infectées par le VIH, dont un million et demi d'enfants. Dix millions n'ont pas accès aux soins. Près d'un million de personnes en meurt chaque année. Pour les bénéficiaires de médicaments votre sort dépend du pays où vous vivez. Vous pouvez alors bénéficier de façon plus ou moins complète de médicament de la première, deuxième ou troisième génération. En France les malades bénéficient de la dernière génération. Les trois antiviraux sont regroupés en un seul comprimé, ce qui simplifie la prise une fois par jour, sans interruption toute l'année à heure fixe. Il ne faut pas oublier ! Les effets secondaires ont été considérablement réduits mais ce ne sont pas des médicaments bénins. Il faut aussi que votre organisme supporte sur le long terme un tel traitement. En France, les soins sont remboursés à 100 %. Heureusement car le coût d'une boîte pour un mois (31 comprimés) est supérieur à 700 euros, plus les visites médicales. Un vrai budget de millionnaire !! Pensez aux pays sans sécurité sociale ni assurance maladie même dans des pays riches cela peut être une ruine pour la famille. Quant aux pays pauvres... Je le disais c'est la maladie de l'injustice dans beaucoup de domaines. Un mauvais esprit pourrait penser que le traitement à vie (pour le moment) du VIH est une véritable aubaine financière pour certains laboratoires. Mais je ne suis pas un mauvais esprit. Aujourd'hui encore ni vaccin ni guérison, il faut vivre avec. Pour ceux qui bénéficient des meilleurs soins c'est devenu possible. Grace au progrès on peut devenir I (U en anglais). Cela signifie que votre charge virale est indétectable. Si Jo avait vécu quelques années de plus, elle serait probablement toujours en vie aujourd'hui. Elle aurait pu avoir des enfants qui n'auraient probablement pas le VIH. Elle aurait même pu avoir des relations sexuelles avec Laurent SANS préservatif. Le top. En effet I=I; Indétectable = Intransmissible. Quand la charge virale n'est plus détectable vous n'avez plus l'angoisse de contaminer vos proches, quelle que soit la situation de vie que vous rencontrez. Un rêve pour l'époque de Jo. Je finis ce (trop ?) long avis par du soleil. Aujourd'hui un bébé qui naît séropositif peut être traité par des antiviraux dès sa naissance et comme c'est pris tout de suite, je crois même qu'ils peuvent guérir. Encore faut-il que les soins arrivent jusqu'à eux. Merci à ceux qui auront eu le courage de me lire. Et merci à ceux qui ont accompagné ces presque quarante millions de morts depuis le début de la maladie. L'œuvre de monsieur Derib leur rend hommage.

15/11/2021 (modifier)
Par eternaute
Note: 5/5
Couverture de la série Druuna
Druuna

Je m'aperçois en vieillissant que je me moque éperdument des histoires du moment que le dessin est appréciable, Serpieri est un des grands dessinateurs de BD de ces années, aux même titre que les grands métal hurlistes. Ayant découvert la BD encore très jeune, elle a également le charme des premiers fantasmes, je ne comprends pas qu'on y voit de la perversité, cette série est fun, de bout en bout. On peut lire beaucoup de critiques se demandant pourquoi Serpieri a gâché son talent là dedans. C'est justement ce qui en fait une série culte, il en avait simplement envie. Il était LIBRE de le faire. Tous ces efforts, ces croisillons, ces heures de dessins à s'abimer la cataracte, simplement pour dessiner des femmes à poil, c'est du grand art! C'est avant tout la démarche d'une personne qui ne se prend pas au sérieux et aucun des fantasmes de la bande dessinée ne doit l'être. Arrêtons le premier degré et mettons le en prison par pitié.

13/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Niklos Koda
Niklos Koda

Le genre fantastique est un exercice difficile. Il a été peu utilisé dans la littérature française à quelques exceptions notables (Maupassant ou Mérimée). La série Niklos Koda présente tous les critères du genre et je trouve que c'est une réussite totale. Pourtant l'introduction d'un élément fantastique en BD peut être une facilité de scénario qui a tendance à m'agacer. C'est le cas dans Jessica Blandy où je trouve le personnage de Razza superfétatoire, débarquant au milieu de la série comme un cheveu sur la soupe. Ici rien de tel, nous sommes plongés dans une ambiance fantastique dès les premières pages du tome 1. Le personnage de Barrio Jésus restera central dans l'esprit du récit jusqu'à la conclusion du tome 15. Le dessin d'Olivier Grenson est parmi ceux que je préfère. L'expression de ses visages, ses positions de corps (Aïcha en tailleur sage sur son bureau jambes croisées devant Niklos, merveille d'érotisme), j'en raffole. Mais le plus pour moi, ce sont toutes ces ambiances un peu glauques de Paris, Prague, Marrakech, Barcelone, Le Caire et autres villes d'Asie ou du Moyen Orient. C'est une vraie invitation à la rêverie et la flânerie un peu frissonnante. Niklos est-il le Nième séducteur qui permet d'introduire une bonne dose d'érotisme dans le récit ? Et bien non. Le personnage murit au fil des épisodes. Il devient papa de Seleni et le rapport père-fille humainement et en magie va apporter énormément au récit. D'ailleurs, il ne fait pas très bon entrer dans le lit du beau Koda, beaucoup y perdront la vie. Cette paternité est une première trouvaille du scénario. La seconde c'est la confrontation de Niklos à deux méchants très intéressants. L'un matériel qui tendra vers le surnaturel Hali Mirvic, et l'autre surnaturel qui finira vers le réel, Barrio. Je trouve chaque tome bon et d'un niveau sensiblement égal. Ce qui est rare dans une série mi-longue comme celle-ci. Les femmes sont magnifiques, sur un modèle de magasines ouest européen mais cela correspond à l'action et à la géographie. Les scènes érotiques sont bien placées, dans la logique de l'action et de la construction de la personnalité ambiguë de Koda. Les personnages secondaires du cercle sont vraiment top avec une véritable influence sur l'histoire. Enfin l'élément fantastique du récit. C'est un parti pris qu'il faut accepter tout de suite. Je trouve que Dufaux respecte tous les codes du genre. C'est vraiment très bien fait. Il y a à la fois unité du récit à travers les cartes et originalité des situations à travers le cercle. J'ai oublié les couleurs... Subliiiiimes

12/11/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Goldorak
Goldorak

J’attendais beaucoup de cet album (surtout que les premiers avis sont très positifs), j’avais donc peur que la déception soit énorme… je ressors pourtant conquis de ma lecture. J’irai jusqu’à dire que « Goldorak » a dépassé mes espérances sur tous les points. La nostalgie joue évidemment beaucoup : quel plaisir de retrouver les personnages qui ont bercé mes mercredis après-midi, ces vaisseaux aux designs mythiques, le ranch, les golgoths, le « Goldorak, go ! ». Les auteurs (clairement des fans – voir dossier en fin d’album) font honneur à l’œuvre de Nagai et nous proposent une histoire passionnante et remarquablement écrite. Le rythme est enjoué, les thèmes humanistes et « anti-guerres » sont plus d’actualité que jamais, surtout en ce 11 novembre. Mais surtout, je ne m’attendais pas à ressentir autant d’émotions. De nombreux passages m’ont beaucoup ému et touché. La réalisation « à 10 mains » est exemplaire. Le dessin est léché, mais c’est surtout le découpage et le dynamisme de l’ensemble qui m’ont impressionné – la première scène de combat en plein Tokyo m’a scotché… époustouflant ! Voilà, un album culte pour un personnage culte, et un sans-faute en ce qui me concerne.

11/11/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 5/5
Couverture de la série Lanfeust des Etoiles
Lanfeust des Etoiles

Pour comprendre cette critique, il est préférable de d'abord aller lire celle que je viens de faire sur la série de base. J'ai toujours 13-14 ans quand je lis cette série, et encore une fois j'adore. Peut-être même encore plus. Je fais partie de ces gens qui préfère Lanfeust des étoiles plutôt que Lanfeust de Troy. En effet, ici, il y a encore plus de choses à découvrir. Avant, on découvrait une planète, maintenant une galaxie !!! Le scénario est à mes yeux toujours aussi bien maitrisé, cohérent et fluide. On voit où l'auteur veut nous emmener et c'est de plus en plus grandiose. C'est digne d'un final à la Marvel, il clôture admirablement sa série et ses personnages. Tristesse, nostalgie, joie, colère, frustration, admiration et j'en passe. On passe par toutes les émotions. Le dessin est encore plus maitrisé qu'avant. Encore une fois, cette série est culte à mes yeux 5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

10/11/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 5/5
Couverture de la série Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy

Mon avis ne sera pas du tout objectif. Lanfeust de Troy, est la toute première BD que j'ai achetée avec mon argent de ma vie. Je devais avoir 13 ou 14 ans. Je voulais, comme mon père, avoir une grande bibliothèque de BD et il me fallait commencer quelque part. Je ne saurai expliquer pourquoi (je ne m'en rappelle plus surtout), mais mon choix s'est porté sur cette série. Et là, l'ado que j'étais a adoré. J'achetais 1 BD par mois. Autant dire que j'ai lu, lu et relu chacun des tomes des dizaines de fois en attendant de pouvoir acheter la suite. Les dessins étaient beaux, l'univers envoutant. Je me plaisais à découvrir un tout nouveau lore. Je m'identifiais à Lanfeust, j'enviais sa force, son courage et son succès auprès des femmes. Je m'esclaffais devant Hébus et sa brutalité gratuite. Je respectais Nicolède et sa sagesse. Je soupirais devant Cian et le chevalier Or Azur pour leur côté "gnan gnan". Bref, j'étais accro. Les 8 tomes sont pour moi tous aussi bien les uns des autres, avec une superbe conclusion. En revanche, j'ai lu ce 9e tome qui vient de sortir et qui vient foutre le bordel et tout gâcher. Une histoire qui n'a plus rien à voir avec le Lanfeust que j'adorais, avec de nouveaux personnages sans intérêt, un méchant juste méchant, sans aucune profondeur, une conclusion facile. Bref, un gâchis. Je fais donc le choix d'omettre ce 9e tome et de noter cette série sur ses 8 premiers albums, et vu l'impact que ces derniers ont eu sur moi et sur ma passion de la BD, c'est... 5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

10/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Les Nuées écarlates - Le Masque de Fudo
Les Nuées écarlates - Le Masque de Fudo

Franchement comment l’auteur a réussi à faire mieux que son ainé. Pour le scénario 5/5, on se retrouve dans le passé du Nobu Fudo (le général au visage blanc), comment passer d’un personnage détestable à plus que mémorable grâce à ce nouveau volet de la série, je vous jure que je suis vraiment dégoûté de sa fin dans La Légende des nuées écarlates après avoir lu ce chef d’œuvre, mais chut je n’en dis pas plus … Pour le dessin 5/5 l’auteur nous montre qu’il peut encore plus sublimer que nuée écarlate, les visages sont plus travaillés et moins figés ainsi que les mouvements d’action de tous les personnages. Un énorme coup de cœur pour cet ouvrage qui redonne envie de relire par la suite La légende des nuées écarlates pour le redécouvrir sous un autre angle.

08/11/2021 (MAJ le 08/11/2021) (modifier)
Par Solo
Note: 5/5
Couverture de la série La Lune est blanche
La Lune est blanche

Pour la troisième fois, Emmanuel Lepage (et son frère François, photographe!) n'en finit pas d'émerveiller. Cap sur l'Antarctique. Alors qu'il compile et publie cette BD après coup, c'est comme si nous étions en train de vivre l'itinéraire à ses côtés. J'exagère, mais le sentiment d'impression est hyper présent, c'est tout à fait jouissif en soi. J'ai eu bonheur à lire Un printemps à Tchernobyl ou encore (et surtout) Voyage aux îles de la Désolation. Là encore, je ne peux que sortir émerveillé de ce que j'ai parcouru. Cette-fois, je trouve que l'auteur a concentré son "ressenti" sur l'organisation et la collectivité humaine plutôt que sur l'environnement. Les dessins parlent d'eux-mêmes bien sûr et l'Antarctique se trouve à chaque planche, mais disons que le texte ou les pensées de l'auteur tendaient plus vers les personnes accompagnantes ou vers ses propres réflexions plutôt que sur la notion d'observation contemplative. Comme si ce continent immaculé, absent de flore et de faune avaient altéré la narration de l'auteur (en comparaison à mes deux lecture citées plus haut) Et vous savez quoi ? Ca ne change en rien ma satisfaction! On découvre des choses, on saisit le pragmatisme propre au carnet de voyage, on "ressent" les sentiments de l'auteur, on s'extasie devant les dessins. L'ensemble est d'une homogénéité sans égal. Et l'évolution reste peu ou prou la même vis-à-vis de mes précédentes lectures: Emmanuel présente factuellement le voyage et ses préparations, les membres de la communauté scientifique qui l'entourent. Il nous fait part de ses doutes, de ses appréhensions et idées reçues. Et puis peu à peu, il se laisse aller, il saute le pas pour vivre l'aventure comme il la perçoit tout en gardant le rôle de ce pour quoi il intègre le Raid. Les rappels historiques (systématiquement inscrits dans chacun des récits de l'auteur) peuvent sembler anecdotiques. Pourtant ils créent une cohérence en fer forgé entre le lointain passé et le présent. C'est tout de même vertigineux de penser qu'il y a plus de 100 ans, des êtres humains ont pu atteindre une terre si lointaine alors que les morts accidentels durant les raids sont encore d'actualité de nos jours. Personnellement, je comprends l'attrait mais j'hésite entre être époustouflé ou apeuré par la curiosité humaine... Jusqu'où irons-nous pour comprendre l'origine de toute chose? Cette question n'est qu'un exemple de toutes celles qui sont posées par l'auteur, volontairement ou malgré lui. Ce genre de roman graphique est un puit sans fond, où chacun peut s'arrêter un instant sur une planche plutôt que sur une autre. Par contre, nous nous arrêterons tous sur les illustrations pleines pages d'Emmanuel Lepage, ou sur les superbes instants d'éternités saisis par son frère, François. Les photographies sont à couper le souffle! Dans ma critique d'un printemps à Tchernobyl, j'ai fais un rapprochement que je pensais douteux entre Emmanuel Lepage et Vincent Munier (photographe animalier), mais je suis en fait doublement convaincu de mon approche maintenant que son frère a collaboré à l'élaboration de cette œuvre: il y a définitivement quelque chose d'éternel derrière ces planches, quelque chose d'aussi puissant que la photographie. Je ne sais pas quel est le niveau de popularité d'Emmanuel Lepage, mais il mérite bien plus que ça. BD à offrir, à lire et à relire sans cesse. Encore une bouffée d'oxygène qui permet de garder espoir.

31/10/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Joker - Fini de rire
Joker - Fini de rire

Un album qui contient deux histoires des années 90 mettant en vedette le Joker. Je mets la note maximale pour la première qui est vraiment excellente. J'avoue que la première fois que je l'avais lue, je ne l'avais aimée qu'à moitié. Je trouvais que le récit était un peu trop prévisible: Joker pense qu'il a tué Batman et décide de vivre une vie normale sauf que Batman n'est pas mort et je pense que vous pouvez deviner la suite. L'histoire romantique que Joker vit avec une femme fait cliché, surtout que la femme en question n'a pas une grande personnalité et semble exister uniquement pour qu'on soit triste que le Joker ne soit pas capable de vivre une vie normale. Puis, j'ai relu le récit parce que malgré tout j'adorais certaines scènes et au fil du temps je les relu plusieurs temps avec un plaisir de plus en plus grand au point que je me suis mis à un peu aimé ce que j'ai décris plus haut. Le coté tragique du Joker, qui sans son accident aurait pu être un homme normal et qui ne le peut pas même s'il le voulait, est bien exploité. J'adore particulièrement comment DeMatteis décrit la personnalité de Joker, c'est un Joker que j'aime, à mille lieu du tueur en série pas marrant que l'on voit dans plein de comics modernes. La mise en scène est grandiose et le scénariste maitrise tellement son récit qu'il peut faire des allers-retours dans le temps sans rendre son récit confus. Il reste tout de même quelques éléments qui me font sourciller (Alfred fait rien sauf pleurer, la docteure qui soigne Batman ne semble pas se rendre compte que c'est Bruce Wayne, une personnalité pourtant bien connue), mais le reste est tellement excellent que je m'en moque. Si vous adorez 'The Killing Joke', c'est un récit pour vous. Le deuxième récit montre le Joker aller sur la chaise électrique pour une fois, sauf que là c'est pour un crime qu'il n'a pas commis, et Batman enquête pour découvrir la vérité. C'est un récit bien mené, le Joker est drôle et c'est amusant de voir Batman et Robin jouer les détectives sauf que je comprends pas trop que c'est ce crime (empoissonner des timbres) qui va emmener à l'exécution du Joker alors qu'il a commis des crimes bien pires qui l'ont simplement envoyé à l'asile. De plus, la fin ne fait pas trop de sens pour moi. On est plus dans du comics de divertissement alors que le premier récit était plus psychologique. Disons que si ce récit avait été publié tout seul j'aurais mis 3.5/5.

28/08/2020 (MAJ le 24/10/2021) (modifier)