Je trouve cet album irrésistible sur plusieurs plans. De présenter des "héros" vieillissants est un peu tendance en ce moment. Ici quel régal. Est-ce parce que j'ai un fils Carolomacérien ? Un autre fils métis ? Un tonton para en Indochine démobilisé comme Max ?
Ou alors cette bonne ville de Lille que j'aime beaucoup et cette chaleur des Nordistes ? Toujours est-il que cette série m'a fait vibrer.
Je viens de divulguer une partie du scénario qui est à la fois original, drôle, tendre et plein de sens. Ce type de récit me fait penser au "Choucas" avec un enquêteur improbable sur une recherche biscornue. J'adore.
Les dessins et couleurs sont au niveau, excellents. Des "gueules" de type caricatures qui expriment tous les sentiments possibles. Ces paysages du Nord si bien représentés.
Faire d'un notaire un personnage aussi sympathique que notre Amédée est déjà une prouesse. Il y a des passages tellement drôles (le coup de fil aux archives) et d'autres tellement émouvants (la rencontre avec Jo) que j'applaudis à tous ces dosages de registres.
Oui ! Amédée vivre ! Vivre encore une fois, au soir de sa vie, une vraie aventure. Une aventure qui vous fait sentir la morsure du soleil, le regard des belles filles, celle qui vous confronte à vos limites ou à vos peurs ? Celle que vous n'avez jamais osé entreprendre depuis votre pavillon cossu Marnais.
Pour apporter un sourire dans cette chienne de vie. C'est bien cela qui restera au bout de la route.
C'est assez facile d'aviser la série des Tintin mais c'est beaucoup plus difficile de la noter.
En effet Hergé nous la joue tellement "Double Face" entre "Tintin au Congo" et "Les Bijoux de la Castafiore" que je pourrais mettre 5 aussi bien que 1 sans sourciller.
Alors je lance ma pièce et on verra...
Enfant, la série commençait à "Tintin en Amérique" donc les épisodes maudits n'étaient pas disponibles. On en parlait avec les parents mais les deux numéros manquants étaient presque un sujet tabou.
Cela excitait ma curiosité car j'aimais bien la série comme beaucoup d'enfants. Elle me faisait rêver d'un ailleurs surtout les forêts d'Amérique Centrale. Et je découvrais la Carmen de Bizet chanté par le gardien du musée. Je m'en souviendrai toujours.
Les vilains Japonais (je ne connaissais pas encore le sac de Nankin), les pauvres Chinois, les débris de l'avion, le " no se", cette Europe de l'Est si proche et si mystérieuse derrière son rideau, tout cela a peuplé mon imaginaire comme aucune autre série.
De plus pour moi c'était l'ami des enfants Miarka, Tchang, Zorrino et Abdallah le farceur.
Mais on vieillit (trop) vite. On découvre que le monde n'est pas si beau et on lit des choses qui me font bondir. "Je vais vous parler aujourd'hui de votre patrie : La Belgique" enseigne Tintin aux petits Congolais. Ou "..., les Aniotas, organisée en vue de combattre l'influence civilisatrice des Blancs...".
Plus colonialiste que ce discours c'est difficile. (Archives Hergé, Casterman 1977) Quant à l'épisode de l'accident de locomotive, il reste pour moi un sommet d'ignominie dans la littérature pour enfants (celle que je connais).
Tout le monde le sait, Hergé a été interviewé maintes fois sur ce sujet mais il faut le redire encore et encore c'est insupportable.
Pourtant 90 ans après Tintin passe en boucle sur les télés, des magazines font leurs unes sur Tintin, les produits dérivés sont partout.
Enfin je pense que Tintin est le seul Européen à pouvoir regarder en face les Superman, Batman ou Spiderman sous le regard goguenard de la petite souris.
Je n'ai pas appris à lire avec Tintin, c'était à l'école ! Mais j'ai appris à rêver avec lui.
Oups ma pièce est tombée sur le 5 (juste sur le bord)
Avec "Le Journal d'Un Ingénu" Emile Bravo commence son remarquable cycle de Spirou affrontant ces années noires 1939-1945.
Le parti pris de monsieur Bravo a pu en choquer plus d'un car il déconstruit des personnages mythiques de la bd franco-belge pour nous en présenter des facettes originales multiformes. C'est surtout vrai pour Fantasio.
Ici notre Spirou sort de l'enfance dans des conditions particulières car il n'a pas de parents pour le guider dans ses choix. Il n'est pas seul pour autant car Fantasio l'accompagne (et pas si mal que ça !).
Un Fantasio parfois aussi irritant qu'un ado de nos jours qui ne veut en faire qu'à sa tête.
Des choix qui engagent, Spirou va devoir en faire de nombreux jusqu'au plus profond de lui-même.
Entresol ou Dewilde, Choukroune ou Von Glaubitz, Kassandra ou... Kassandra et puis toujours Fantasio. Pas de choix en amitié, elle est indéfectible même si on sert les dents (et sa ceinture) quelques fois.
"Hi hi, Qu'est-ce que tu connais aux femmes, toi ?" ricane Kassandra "Rien" mais pas seulement aux femmes mon pauvre Spirou.
Mais non Spirou possède la connaissance essentielle, celle du grand cœur.
J’adore le fond mais j'apprécie aussi la forme. Des dessins épurés montrant des personnages efflanqués inquiets dans des temps mauvais.
Des couleurs dans les gris, ocre ou marron. Quelques couleurs vives pour célébrer le printemps de l'amour chez Spirou, c'est peu et beaucoup à la fois.
Pour finir sur Fantasio, aucun regret très cher, le loup enragé était prêt à sauter sur sa proie avec ses Panzer, ses avions et ses jeunes hommes fanatisés.
La meilleure bonne foi et bonne idée du monde de Spirou n'y auraient rien changé.
Wow ! C'te baffe ! Je ne connaissais pas Barry Windsor-Smith, mais là j'avoue que je viens de prendre une bonne grosse claque comme on en prend pas souvent avec une BD !
Barry Windsor-Smith, connu pour son travail sur Conan le Barbare et Wolferine se lance en 1984 dans une histoire autour du personnage de Hulk. Sauf que l'histoire va tourner court avec Marvel, Windsor-Smith se fâche et claque la porte ! Son tort : chercher à donner une profondeur psychologique et une noirceur aux super-héros. Mais Windsor-Smith va continuer à travailler à son projet pendant 40 ans en bâtissant une immense odyssée politique et familiale dont ce pavé est la résultante. Et quand je dis pavé, c'est quasiment autant au sens propre qu'au figuré (380 pages et près de 2kg ) ! Et même si j'en ai eu mal au bras à tenir cet album, impossible de le lâcher tant on est pris par ce récit !
Le récit commence en 1949 par un drame. La mère de Bobby Bailey le découvre dans le cabanon de jardin, la tête à moitié fracassé par son père qui hurle en allemand. Quinze ans plus tard, nous retrouvons Bobby qui tente de se faire enrôler dans l'armée. Sauf que cela ne parait pas gagné... mais le sergent McFarland qui s'occupe du recrutement va orienter notre Bobby vers une affectation bien particulière : le projet Prométhée. C'est ainsi qu'il va devenir malgré lui le cobaye de l'armée américaine qui sous la férule du Colonel Friedrich, un ancien scientifique nazi, va commencer ses expériences génétiques sur Bobby pour tenter d'en faire un "surhomme". A défaut de super-soldat, c'est en monstre que Bobby va rapidement se transformer...
McFarland qui culpabilise d'avoir envoyé ce jeune homme vers ce projet top secret va parvenir à le faire échapper. Libre, Bobby va tenter de retrouver les traces de son passé en retournant dans la petite maison où il a grandit avec l'armée à ses trousses. C'est là que petit à petit nous allons découvrir l'histoire de ses parents, tout d'abord par le biais du journal intime de sa mère. D'abord trop heureuse de voir son mari enfin rentrer de la guerre, elle va rapidement déchanter en ne le reconnaissant pas dans cet homme violent et alcoolique qu'il est devenu. En découvrant ce qu'il a vécu là-bas on comprend assez vite que le traumatisme est irréversible...
Barry Windsor-Smith, en excellent scénariste s'appuie sur un coup de crayon magistral pour nous propulser dans cet univers tragique digne d'une des meilleures tragédie grecque. On est captivé d'emblée par cette histoire qui se construit et se révèle petit à petit. Chaque voile levé l'un après l'autre révélant l'horreur qui relie l'ensemble de ces protagonistes.
Voilà un roman graphique d'une rare puissance, maîtrisé de bout en bout, qui nous scotche tant par la profondeur psychologique des personnages, la construction du récit, que le dessin à l'encrage tout en finesse que magnifie sa maîtrise du noir et blanc.
Voilà sans doute pour moi un des meilleurs albums de l'année !
Jouant sur tous les codes métaphoriques et dystopiques de notre société, Jodorowsky nous prouve encore une fois que la lumière de l’homme peut vaincre les horreurs les plus sombres de notre ère… Tout ça à travers un univers basé sur les jeux vidéos, en faisant des bonds incessants entre le réel et l’irréel : une belle réussite ! A lire absolument.
Cette série de BD à bercé mon enfance, j'ai tout les tomes, je les lisaient en allant en colo et je suis toujours dans l'attente du fameux tome 5 avec le héro tiré du profil d'un lecteur ayant gagné le concours !
Je trouve le commentaire de mon camarade en dessous vraiment dur, pour moi c'est une BD qui mériterais d'être culte, elle a tout pour elle :
- Un intitulé, le centre de formation
- Des jeux de mots, des blagues, tournure de phrase, de l'humour comme on l'apprécie dans les BD
- Des personnages cultes avec chacun leur personnalité (alors oui il se ressemble sur certains point de vue mais d'un autre côté il partagent les mêmes centre d'intérêt donc c'est une évidence pour ma part et non pas un manque d'approfondissement comme pourrais laisser sous entendre spooki)
- Des dessins qualitatifs
En breff tout ce qu'il faut pour une BD digne de ce nom !!
10 ans plus tard j'espère toujours voir un nouveau tome sortir !
( J'ai rien contre toi spooki alors ne m'en veux pas pour le nom que j'ai choisi, je l'ai choisi uniquement par ce que t'as critique négative m'a inspiré une critique positive mais je ne juge en rien ton commentaire constructif et pertinent malgré tout, je n'ai très certainement pas ta culture en terme de BD de foot et je tenais à le préciser)
Ode au livre comme vecteur de culture, comme ouverture au monde, comme arme fragile mais pourtant létale face à l’ignorance, à la bêtise et à la guerre.
Ode à la paix comme condition sine qua non à l’émergence de l’art et de la culture.
Ode à l’amitié.
Voilà un récit tout public qui parlera à chacun, quel que soit son âge. Un récit qui se lit comme une grande aventure mais qui distille régulièrement des réflexions philosophiques aussi pertinentes qu’accessibles à tous.
A titre personnel, j’ai adoré, même si le ton est parfois un peu insistant (mais je pardonne car « c’est pour la bonne cause »). La mise en page aérée qui garantit un rythme de lecture soutenu, les dialogues vivants, les multiples pistes de réflexions disséminées çà et là, les petites anecdotes amusantes (je ne regarderai plus la galle du chêne de la même manière, maintenant), les personnages attachants, l’histoire d’amitié entre un voleur et une mule, la base historique sur laquelle se pose ce récit, le dessin expressif, clair et lisible…
… Bon, en fait, j’ai tout aimé ! Culte, donc !!!
J'arrive au bout de la route, cette piste si dangereuse "La Piste de Yéshé" et je suis triste. J'ai perdu un ami de papier à peine l'avais je rencontré quelques mois auparavant.
Je ne vous connaissais pas il y a trois mois ni vous monsieur Jonathan ni votre alter ego, C. C'est par hasard que j'ai acheté les onze premiers numéros d'occasions chez mon GJ préféré.
J'ai commencé "Souviens-toi, Jonathan..." , premier choc j'ai cru lire du Derib que j'aime beaucoup. Deuxième choc, en 1976 un jeune auteur ose dessiner une guerre ,aujourd'hui oubliée de l'occident.
Troisième choc, voila un beau gosse façon Woodstock qui quitte l'endroit le plus cosy du monde pour honorer une parole sans jouer les justiciers "Rambo" occidental. Au contraire il se met à l'écoute. A l'écoute des populations locales, à l'écoute de la montagne et à l'écoute de son moi intérieur.
Un peu de spiritualité dans ce monde matérialiste et méchant, je trouve que l'air des cimes a envahi mon salon.
De plus j'aime marcher, j'aime la solitude, j'aime Pink Floyd ou Kate Bush et j'aime pas trop les destructions militaires ici ou ailleurs.
Je suis donc une cible rêvée pour Jonathan.
Dès lors je n'ai plus quitté la série, complétant mes numéros manquants jusqu'à ce fameux 17 dernier né.
Que de surprises!! Cosey s'émancipe et affirme son style graphique très vite. Son découpage est unique. Ses plans sur les regards et surtout celui de Jonathan me font penser à Clint Eastwood vs Lee Van Cleef.
Sa description et ses dessins de montagnes sont des sommets (hihi). Cosey respire la montagne, il la transpire, il lui rend un hommage vibrant. Ses chemins de trekking sont plus vrais que nature . Mais là c'est le summum l'Himalaya! Mais même dans "Atsuko" (quel délice cet album) le chemin des 88 temples me fait rêver.
L'ambiance des Guest House, on dirait le "Guide du Routard" des années 80, je sens encore les odeurs d'épices.
Il y a aussi ses harmonies de couleurs le bleu, le blanc et le jaune. A ce propos je conseille les intégrales où Cosey décrit la genèse ou sa technique graphique. Un régal.
Ses scénarii sont bien ficelés et je trouve les épisodes avec Kate très purs. Les histoires permettent en plus de donner une place importante à la culture millénaire et très riche de ces pays.
Que du bon!! Avec internet pourquoi ne pas aller rechercher ces poètes Tibétains, Indous, Chinois, Birmans ou Japonais? Une visite au musée d'Orsay du bout du monde qui souligne la problématique du pillage des œuvres locales par nos gentilles armées coloniales (t5).
Pas de vrai méchant chez Cosey, même Yu le pilote meurtrier de Saïcha prend conscience de l'atrocité de ses actes pour "raison d'état". De même le Chef de district est peint comme un vieux renard sage et rusé qui transpire l'intelligence. Nous sommes plus dans une partie d'échecs que dans une confrontation brutale. Cela est vrai pour de très nombreux numéros.
Il y a tout dans Jonathan, de la Résistance( ou du Terrorisme suivant le point de vue), de la Dissidence, de l'Art, de la Sagesse, de la Spiritualité ( peut être un gros mot en BD?), de l'Amitié, du Voyage ou du Pardon. Et de l'Amour. Des femmes toutes plus admirables les unes que les autres. Saïcha la médecin résistante et l'amour de toujours, Kate; Drolma l'amie espiègle, Lan la colonelle musicienne et dissidente, Atsuko l'amour manqué et April la protégée de Kali. Elles seront presque toutes là, à Yéshé, pour le rendez vous d'adieu à Jon.
Dernier choc, alors que Cosey est singularisé comme auteur à lire dans la course aux trophées du site, son vaisseau amiral n'obtient aucun 5 étoiles!!! ""Bizarre bizarre, vous avez dit bizarre?"
Voila c'est corrigé, je lui devais bien cela. Au revoir Jon.
Trop fort ! C'est pourtant pas facile d'être drôle.
D'habitude, je suis du genre à esquisser un sourire devant l'humour d'une BD, pas plus. Et là je dois dire que j'ai pouffé plus d'une fois tellement la connerie est trop bien balancée. La péripétie de cette histoire démarre dès les premières cases et s'en suivent tout plein de saynètes franchement drôles sans jamais perdre de vue le fil conducteur du récit.
Ça n'est pas qu'un divertissement de passage, il y a une opinion au ton sarcastique qui est diablement attirant et qui offre du sérieux à la matière. Fabcaro s'éclate à pousser la bêtise humaine à son paroxysme tout en apportant des nuances en fonction de la position sociale de ses personnages.
C'est franchement génial. Bravo !
Edit 1 minute après avoir publié l'avis: en fait je mets 5/5. C'est du génie.
Après quelques 30 ans.... Je retrouve Taar, le pied absolu... Bien sûr c'est manichéen et très simple, ce n'est pas une bd pour réfléchir, juste se laisser porter et quel dessin ! Une lecture finalement fraîche à notre époque devenue si prude et culpabilisante. Les personnages sont beaux, musclés, les femmes trop sexy... Laissez vous porter dans ce résumé d'heroic fantasy.
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Tananarive
Je trouve cet album irrésistible sur plusieurs plans. De présenter des "héros" vieillissants est un peu tendance en ce moment. Ici quel régal. Est-ce parce que j'ai un fils Carolomacérien ? Un autre fils métis ? Un tonton para en Indochine démobilisé comme Max ? Ou alors cette bonne ville de Lille que j'aime beaucoup et cette chaleur des Nordistes ? Toujours est-il que cette série m'a fait vibrer. Je viens de divulguer une partie du scénario qui est à la fois original, drôle, tendre et plein de sens. Ce type de récit me fait penser au "Choucas" avec un enquêteur improbable sur une recherche biscornue. J'adore. Les dessins et couleurs sont au niveau, excellents. Des "gueules" de type caricatures qui expriment tous les sentiments possibles. Ces paysages du Nord si bien représentés. Faire d'un notaire un personnage aussi sympathique que notre Amédée est déjà une prouesse. Il y a des passages tellement drôles (le coup de fil aux archives) et d'autres tellement émouvants (la rencontre avec Jo) que j'applaudis à tous ces dosages de registres. Oui ! Amédée vivre ! Vivre encore une fois, au soir de sa vie, une vraie aventure. Une aventure qui vous fait sentir la morsure du soleil, le regard des belles filles, celle qui vous confronte à vos limites ou à vos peurs ? Celle que vous n'avez jamais osé entreprendre depuis votre pavillon cossu Marnais. Pour apporter un sourire dans cette chienne de vie. C'est bien cela qui restera au bout de la route.
Les Aventures de Tintin
C'est assez facile d'aviser la série des Tintin mais c'est beaucoup plus difficile de la noter. En effet Hergé nous la joue tellement "Double Face" entre "Tintin au Congo" et "Les Bijoux de la Castafiore" que je pourrais mettre 5 aussi bien que 1 sans sourciller. Alors je lance ma pièce et on verra... Enfant, la série commençait à "Tintin en Amérique" donc les épisodes maudits n'étaient pas disponibles. On en parlait avec les parents mais les deux numéros manquants étaient presque un sujet tabou. Cela excitait ma curiosité car j'aimais bien la série comme beaucoup d'enfants. Elle me faisait rêver d'un ailleurs surtout les forêts d'Amérique Centrale. Et je découvrais la Carmen de Bizet chanté par le gardien du musée. Je m'en souviendrai toujours. Les vilains Japonais (je ne connaissais pas encore le sac de Nankin), les pauvres Chinois, les débris de l'avion, le " no se", cette Europe de l'Est si proche et si mystérieuse derrière son rideau, tout cela a peuplé mon imaginaire comme aucune autre série. De plus pour moi c'était l'ami des enfants Miarka, Tchang, Zorrino et Abdallah le farceur. Mais on vieillit (trop) vite. On découvre que le monde n'est pas si beau et on lit des choses qui me font bondir. "Je vais vous parler aujourd'hui de votre patrie : La Belgique" enseigne Tintin aux petits Congolais. Ou "..., les Aniotas, organisée en vue de combattre l'influence civilisatrice des Blancs...". Plus colonialiste que ce discours c'est difficile. (Archives Hergé, Casterman 1977) Quant à l'épisode de l'accident de locomotive, il reste pour moi un sommet d'ignominie dans la littérature pour enfants (celle que je connais). Tout le monde le sait, Hergé a été interviewé maintes fois sur ce sujet mais il faut le redire encore et encore c'est insupportable. Pourtant 90 ans après Tintin passe en boucle sur les télés, des magazines font leurs unes sur Tintin, les produits dérivés sont partout. Enfin je pense que Tintin est le seul Européen à pouvoir regarder en face les Superman, Batman ou Spiderman sous le regard goguenard de la petite souris. Je n'ai pas appris à lire avec Tintin, c'était à l'école ! Mais j'ai appris à rêver avec lui. Oups ma pièce est tombée sur le 5 (juste sur le bord)
Le Spirou d'Emile Bravo - Le journal d'un ingénu
Avec "Le Journal d'Un Ingénu" Emile Bravo commence son remarquable cycle de Spirou affrontant ces années noires 1939-1945. Le parti pris de monsieur Bravo a pu en choquer plus d'un car il déconstruit des personnages mythiques de la bd franco-belge pour nous en présenter des facettes originales multiformes. C'est surtout vrai pour Fantasio. Ici notre Spirou sort de l'enfance dans des conditions particulières car il n'a pas de parents pour le guider dans ses choix. Il n'est pas seul pour autant car Fantasio l'accompagne (et pas si mal que ça !). Un Fantasio parfois aussi irritant qu'un ado de nos jours qui ne veut en faire qu'à sa tête. Des choix qui engagent, Spirou va devoir en faire de nombreux jusqu'au plus profond de lui-même. Entresol ou Dewilde, Choukroune ou Von Glaubitz, Kassandra ou... Kassandra et puis toujours Fantasio. Pas de choix en amitié, elle est indéfectible même si on sert les dents (et sa ceinture) quelques fois. "Hi hi, Qu'est-ce que tu connais aux femmes, toi ?" ricane Kassandra "Rien" mais pas seulement aux femmes mon pauvre Spirou. Mais non Spirou possède la connaissance essentielle, celle du grand cœur. J’adore le fond mais j'apprécie aussi la forme. Des dessins épurés montrant des personnages efflanqués inquiets dans des temps mauvais. Des couleurs dans les gris, ocre ou marron. Quelques couleurs vives pour célébrer le printemps de l'amour chez Spirou, c'est peu et beaucoup à la fois. Pour finir sur Fantasio, aucun regret très cher, le loup enragé était prêt à sauter sur sa proie avec ses Panzer, ses avions et ses jeunes hommes fanatisés. La meilleure bonne foi et bonne idée du monde de Spirou n'y auraient rien changé.
Monstres
Wow ! C'te baffe ! Je ne connaissais pas Barry Windsor-Smith, mais là j'avoue que je viens de prendre une bonne grosse claque comme on en prend pas souvent avec une BD ! Barry Windsor-Smith, connu pour son travail sur Conan le Barbare et Wolferine se lance en 1984 dans une histoire autour du personnage de Hulk. Sauf que l'histoire va tourner court avec Marvel, Windsor-Smith se fâche et claque la porte ! Son tort : chercher à donner une profondeur psychologique et une noirceur aux super-héros. Mais Windsor-Smith va continuer à travailler à son projet pendant 40 ans en bâtissant une immense odyssée politique et familiale dont ce pavé est la résultante. Et quand je dis pavé, c'est quasiment autant au sens propre qu'au figuré (380 pages et près de 2kg ) ! Et même si j'en ai eu mal au bras à tenir cet album, impossible de le lâcher tant on est pris par ce récit ! Le récit commence en 1949 par un drame. La mère de Bobby Bailey le découvre dans le cabanon de jardin, la tête à moitié fracassé par son père qui hurle en allemand. Quinze ans plus tard, nous retrouvons Bobby qui tente de se faire enrôler dans l'armée. Sauf que cela ne parait pas gagné... mais le sergent McFarland qui s'occupe du recrutement va orienter notre Bobby vers une affectation bien particulière : le projet Prométhée. C'est ainsi qu'il va devenir malgré lui le cobaye de l'armée américaine qui sous la férule du Colonel Friedrich, un ancien scientifique nazi, va commencer ses expériences génétiques sur Bobby pour tenter d'en faire un "surhomme". A défaut de super-soldat, c'est en monstre que Bobby va rapidement se transformer... McFarland qui culpabilise d'avoir envoyé ce jeune homme vers ce projet top secret va parvenir à le faire échapper. Libre, Bobby va tenter de retrouver les traces de son passé en retournant dans la petite maison où il a grandit avec l'armée à ses trousses. C'est là que petit à petit nous allons découvrir l'histoire de ses parents, tout d'abord par le biais du journal intime de sa mère. D'abord trop heureuse de voir son mari enfin rentrer de la guerre, elle va rapidement déchanter en ne le reconnaissant pas dans cet homme violent et alcoolique qu'il est devenu. En découvrant ce qu'il a vécu là-bas on comprend assez vite que le traumatisme est irréversible... Barry Windsor-Smith, en excellent scénariste s'appuie sur un coup de crayon magistral pour nous propulser dans cet univers tragique digne d'une des meilleures tragédie grecque. On est captivé d'emblée par cette histoire qui se construit et se révèle petit à petit. Chaque voile levé l'un après l'autre révélant l'horreur qui relie l'ensemble de ces protagonistes. Voilà un roman graphique d'une rare puissance, maîtrisé de bout en bout, qui nous scotche tant par la profondeur psychologique des personnages, la construction du récit, que le dessin à l'encrage tout en finesse que magnifie sa maîtrise du noir et blanc. Voilà sans doute pour moi un des meilleurs albums de l'année !
Les Technopères
Jouant sur tous les codes métaphoriques et dystopiques de notre société, Jodorowsky nous prouve encore une fois que la lumière de l’homme peut vaincre les horreurs les plus sombres de notre ère… Tout ça à travers un univers basé sur les jeux vidéos, en faisant des bonds incessants entre le réel et l’irréel : une belle réussite ! A lire absolument.
Foot Goal
Cette série de BD à bercé mon enfance, j'ai tout les tomes, je les lisaient en allant en colo et je suis toujours dans l'attente du fameux tome 5 avec le héro tiré du profil d'un lecteur ayant gagné le concours ! Je trouve le commentaire de mon camarade en dessous vraiment dur, pour moi c'est une BD qui mériterais d'être culte, elle a tout pour elle : - Un intitulé, le centre de formation - Des jeux de mots, des blagues, tournure de phrase, de l'humour comme on l'apprécie dans les BD - Des personnages cultes avec chacun leur personnalité (alors oui il se ressemble sur certains point de vue mais d'un autre côté il partagent les mêmes centre d'intérêt donc c'est une évidence pour ma part et non pas un manque d'approfondissement comme pourrais laisser sous entendre spooki) - Des dessins qualitatifs En breff tout ce qu'il faut pour une BD digne de ce nom !! 10 ans plus tard j'espère toujours voir un nouveau tome sortir ! ( J'ai rien contre toi spooki alors ne m'en veux pas pour le nom que j'ai choisi, je l'ai choisi uniquement par ce que t'as critique négative m'a inspiré une critique positive mais je ne juge en rien ton commentaire constructif et pertinent malgré tout, je n'ai très certainement pas ta culture en terme de BD de foot et je tenais à le préciser)
La Bibliomule de Cordoue
Ode au livre comme vecteur de culture, comme ouverture au monde, comme arme fragile mais pourtant létale face à l’ignorance, à la bêtise et à la guerre. Ode à la paix comme condition sine qua non à l’émergence de l’art et de la culture. Ode à l’amitié. Voilà un récit tout public qui parlera à chacun, quel que soit son âge. Un récit qui se lit comme une grande aventure mais qui distille régulièrement des réflexions philosophiques aussi pertinentes qu’accessibles à tous. A titre personnel, j’ai adoré, même si le ton est parfois un peu insistant (mais je pardonne car « c’est pour la bonne cause »). La mise en page aérée qui garantit un rythme de lecture soutenu, les dialogues vivants, les multiples pistes de réflexions disséminées çà et là, les petites anecdotes amusantes (je ne regarderai plus la galle du chêne de la même manière, maintenant), les personnages attachants, l’histoire d’amitié entre un voleur et une mule, la base historique sur laquelle se pose ce récit, le dessin expressif, clair et lisible… … Bon, en fait, j’ai tout aimé ! Culte, donc !!!
Jonathan
J'arrive au bout de la route, cette piste si dangereuse "La Piste de Yéshé" et je suis triste. J'ai perdu un ami de papier à peine l'avais je rencontré quelques mois auparavant. Je ne vous connaissais pas il y a trois mois ni vous monsieur Jonathan ni votre alter ego, C. C'est par hasard que j'ai acheté les onze premiers numéros d'occasions chez mon GJ préféré. J'ai commencé "Souviens-toi, Jonathan..." , premier choc j'ai cru lire du Derib que j'aime beaucoup. Deuxième choc, en 1976 un jeune auteur ose dessiner une guerre ,aujourd'hui oubliée de l'occident. Troisième choc, voila un beau gosse façon Woodstock qui quitte l'endroit le plus cosy du monde pour honorer une parole sans jouer les justiciers "Rambo" occidental. Au contraire il se met à l'écoute. A l'écoute des populations locales, à l'écoute de la montagne et à l'écoute de son moi intérieur. Un peu de spiritualité dans ce monde matérialiste et méchant, je trouve que l'air des cimes a envahi mon salon. De plus j'aime marcher, j'aime la solitude, j'aime Pink Floyd ou Kate Bush et j'aime pas trop les destructions militaires ici ou ailleurs. Je suis donc une cible rêvée pour Jonathan. Dès lors je n'ai plus quitté la série, complétant mes numéros manquants jusqu'à ce fameux 17 dernier né. Que de surprises!! Cosey s'émancipe et affirme son style graphique très vite. Son découpage est unique. Ses plans sur les regards et surtout celui de Jonathan me font penser à Clint Eastwood vs Lee Van Cleef. Sa description et ses dessins de montagnes sont des sommets (hihi). Cosey respire la montagne, il la transpire, il lui rend un hommage vibrant. Ses chemins de trekking sont plus vrais que nature . Mais là c'est le summum l'Himalaya! Mais même dans "Atsuko" (quel délice cet album) le chemin des 88 temples me fait rêver. L'ambiance des Guest House, on dirait le "Guide du Routard" des années 80, je sens encore les odeurs d'épices. Il y a aussi ses harmonies de couleurs le bleu, le blanc et le jaune. A ce propos je conseille les intégrales où Cosey décrit la genèse ou sa technique graphique. Un régal. Ses scénarii sont bien ficelés et je trouve les épisodes avec Kate très purs. Les histoires permettent en plus de donner une place importante à la culture millénaire et très riche de ces pays. Que du bon!! Avec internet pourquoi ne pas aller rechercher ces poètes Tibétains, Indous, Chinois, Birmans ou Japonais? Une visite au musée d'Orsay du bout du monde qui souligne la problématique du pillage des œuvres locales par nos gentilles armées coloniales (t5). Pas de vrai méchant chez Cosey, même Yu le pilote meurtrier de Saïcha prend conscience de l'atrocité de ses actes pour "raison d'état". De même le Chef de district est peint comme un vieux renard sage et rusé qui transpire l'intelligence. Nous sommes plus dans une partie d'échecs que dans une confrontation brutale. Cela est vrai pour de très nombreux numéros. Il y a tout dans Jonathan, de la Résistance( ou du Terrorisme suivant le point de vue), de la Dissidence, de l'Art, de la Sagesse, de la Spiritualité ( peut être un gros mot en BD?), de l'Amitié, du Voyage ou du Pardon. Et de l'Amour. Des femmes toutes plus admirables les unes que les autres. Saïcha la médecin résistante et l'amour de toujours, Kate; Drolma l'amie espiègle, Lan la colonelle musicienne et dissidente, Atsuko l'amour manqué et April la protégée de Kali. Elles seront presque toutes là, à Yéshé, pour le rendez vous d'adieu à Jon. Dernier choc, alors que Cosey est singularisé comme auteur à lire dans la course aux trophées du site, son vaisseau amiral n'obtient aucun 5 étoiles!!! ""Bizarre bizarre, vous avez dit bizarre?" Voila c'est corrigé, je lui devais bien cela. Au revoir Jon.
Zaï Zaï Zaï Zaï
Trop fort ! C'est pourtant pas facile d'être drôle. D'habitude, je suis du genre à esquisser un sourire devant l'humour d'une BD, pas plus. Et là je dois dire que j'ai pouffé plus d'une fois tellement la connerie est trop bien balancée. La péripétie de cette histoire démarre dès les premières cases et s'en suivent tout plein de saynètes franchement drôles sans jamais perdre de vue le fil conducteur du récit. Ça n'est pas qu'un divertissement de passage, il y a une opinion au ton sarcastique qui est diablement attirant et qui offre du sérieux à la matière. Fabcaro s'éclate à pousser la bêtise humaine à son paroxysme tout en apportant des nuances en fonction de la position sociale de ses personnages. C'est franchement génial. Bravo ! Edit 1 minute après avoir publié l'avis: en fait je mets 5/5. C'est du génie.
Taar le rebelle
Après quelques 30 ans.... Je retrouve Taar, le pied absolu... Bien sûr c'est manichéen et très simple, ce n'est pas une bd pour réfléchir, juste se laisser porter et quel dessin ! Une lecture finalement fraîche à notre époque devenue si prude et culpabilisante. Les personnages sont beaux, musclés, les femmes trop sexy... Laissez vous porter dans ce résumé d'heroic fantasy.