Tout simplement le meilleur manga de tous les temps, un univers riche, une multitude de persos tous plus intéressants les uns que les autres, des histoires qui s'entremêlent, bref une oœuvre riche, complète et cohérente du début à la fin. Bravo Oda sensei.
Excellent isekai qui se base sur beaucoup de thématiques différentes au cours de l'histoire (école, vie sentimentale, amitié etc...), les personnages du Tokyo manji deviennent attachants au-delà du fait qu'ils fassent des bêtises. Au début Takemichi n'est qu'une personne ordinaire (un des rares shonen où moi-même je peux le battre à la bagarre) mais le garçon se forge un caractère ce qui va le pousser dans des histoires de gang. En étant à jour sur la parution française du manga la suite de l'anime sera génial, je vous le conseille.
En vrai on pourrait en parler des heures... Rien n'est laissé au hasard, l'intrigue est exceptionnelle et les révélations sont absolument dingues et au-delà de ce qu'on peut imaginer ou théoriser.
Pour être clair : CHEF D'OEUVRE ABSOLU.
Le chevalier Noir : son nom est Gatsu. Un guerrier enragé qui, malgré de nombreuses mutilations, poursuit une quête maudite : traquer ceux qui ont vendu leur âme aux puissances maléfiques, les "god hands" pour devenir des monstres hideux, les "apôtres". Et surtout sa haine pour le mystérieux Griffith. L'intrigue laisse planer le mystère sur les motivations de ce combat qui semble désespéré, pour faire très vite un flash-back vers la jeunesse de Gatsu : un mercenaire qui va entrer dans la troupe des Faucons, commandé par un jeune homme dévoré d'ambition, pour lequel il se liera bientôt d'amitié, et sa rencontre avec la belle Casca...
Berserk ! Sans doute l'un des mangas parmi les plus malsain que je connaisse ! Mais quel chef d'œuvre : un scénario palpitant dans un terrifiant univers médiéval, et surtout une qualité graphique et un souci du détail bluffant.
L'adaptation animée n'est malheureusement pas à la hauteur du manga papier que je vous conseille absolument ! L'animé aurait sans doute pu être meilleur avec d'autres moyens, mais son principal défaut est de s'arrêter là où l'intrigue prend un tournant décisif : il ne s'agit que de l'adaptation des 13 premiers volumes !
Pour conclure foncez sur le manga papier mais surtout évitez l'animé... (mini spoiler) en effet l'animé s'achève là où l'horreur et le désespoir atteignent un point culminant dans le récit, alors que le manga papier continue encore bien au-delà !
Contrairement à beaucoup, j'ai découvert "Dragon Ball" grâce aux mangas d'Akira Toriyama, et non avec l'adaptation télévisuelle. Quoi qu'il en soit, les 2 supports se complètent parfaitement, et j'y reviens toujours avec grand plaisir. Il est celui auquel on pense immédiatement, quand on parle d'animé japonais. 16 tomes concentrés sur 3 saisons. Les aventures de Sangoku, homme-singe élevé sur Terre à la force surpuissante. Son kimono rouge. Sa queue de singe. Son bâton. Sa recherche des boules de cristal. Ses rencontres avec le lubrique Tortue Géniale, l'impétueuse Bulma et le ridicule Krilin. Sa lutte contre l'armée du ruban rouge. Les différents tournois d'arts martiaux. Sangoku évolue et apprend au contact des humains. Il est le héros généreux, fougueux, sans peur et sans reproches. Il est très attachant et désarmant, avec cette touche kitsch caractéristique de la japanimation. L'atmosphère y est franchement burlesque au début, avec des aventures initiatiques, changeant progressivement vers une action de plus en plus élaborée, les boules de cristal suscitant l'intérêt des pires rapaces. L'apparition du personnage de Piccolo marque un tournant sombre dans la série, qui conserve toutefois sa bonne humeur. Cultissime.
J’ai attendu avec hâte la version française, souhaitant comprendre les subtilités des dialogues.
Les questionnements dans ce livre sur la sexualité et le genre sont évoqués avec beaucoup de justesse, nous renvoyant à nos propres questionnements bien au-delà de la thématique. Sur notre perception corporelle, nos relations aux autres, les choix passés ou futurs de notre vie, etc.
C’est une plongée au cœur de soi et c’est un vrai bonheur à lire. Les illustrations sont dynamiques, certaines pages sont juste sublimes de spontanéité et de beauté. Beaucoup d’émotions dans cette histoire que j’ai adoré lire.
Tarid, Lubna et Marwan nous emmènent dans un magnifique « mule-trip » à la fois émouvant et captivant. Et pourtant, sur leur mule, ils ne transportent que des livres. Comment ça « que des livres ! » ? Ces livres, c’est l’histoire de l’humanité, les premiers philosophes, les premiers mathématiciens, les premiers biologistes… le berceau de nos cultures. Mais le savoir est en danger. Comme le démontrent les auteurs à la fin de l’album, les livres sont trop facilement détruits par ceux qui prêchent la pensée unique et refusent la science qui remet en question ce qui s’expliquait par les actions divines ou les hommes providentiels. Et cela, de l’Antiquité à nos jours.
Ancré dans un contexte historique solide, bien implanté géographiquement dans la ville de Cordoue dont on reconnaît encore quelques quartiers et la grande mosquée, La Bibliomule de Cordoue est un hymne à l’intelligence, à la science, à l’ouverture d’esprit, au respect de l’autre et à l’éducation.
L’album, en lui-même, est un très bel objet rappelant les livres précieux et uniques dont il est question dans le récit. C’est écrit simplement, le dessin est vraiment très beau et les couleurs chaudes. Un bel écrin graphique pour une très belle histoire. Je venais de relire « Le Singe de Hartlepool » et Lupano me confronte à nouveau à l’intolérance, l’inculture et la haine aveugle. C’est superbe et je recommande chaudement la lecture de ce beau conte andalou.
C’est sous l’impulsion sagace de David Chauvel que les éditions Delcourt nous offrent une séance de rattrapage pour cette excellente autobiographie de Fabrice Neaud, publiée à l’origine dans les années 90.
Journal 1
Si vous appréciez les histoires simples, je vais vous faire gagner du temps : vous pouvez passer votre chemin ! Ce journal est une œuvre exigeante qui atteint un niveau d’introspection rarement vu dans une autobiographie. Fabrice Neaud, à l’époque âgé de 24 ans, y évoque ses débuts artistiques difficiles, au début des années 90, dans sa ville de province (dont il ne citera jamais le nom) : travaux de commande peu gratifiants, engueulades récurrentes avec son associé Alain, galère de thunes… l’auteur y parle aussi d’une vie amoureuse peu satisfaisante, de ses sorties vaines dans le bar homo de la ville, de ses rencontres nocturnes furtives dans le parc voisin, des jeux de drague qui se terminent parfois mal, les « casseurs de pédés » ayant toujours su où aller pour assouvir leur pulsions haineuses et masquer leur frustration sexuelle…
L’ouvrage va très vite se centrer sur sa relation avec Stéphane, un jeune appelé du contingent rencontré dans le parc en question et à qui il demandera de poser dans le cadre de son travail. Stéphane se prêtant gracieusement au jeu, Fabrice va très vite s’enticher de ce garçon dont la flamme ne sera pas vraiment réciproque. Mais Fabrice, malgré sa passion croissante, sait rester lucide et comprend que la rupture est inévitable. Plus il se fait insistant, plus Stéphane s’éloigne, inexorablement. Ses visites s’espacent, toujours à l’improviste. Pour Fabrice, la situation devient insupportable. Dans un acte quasi suicidaire, il commettra l’irréparable en lui adressant lettre sur lettre, laissant exploser le pire de lui-même…
Journal 2
Plus court que le précédent, ce second volet est un récit de transition. L’auteur tente de se remettre de sa rupture avec Stéphane. Il nous confie ses états d’âme sur une multitude de sujets, évoque sa solitude et son désir irréfréné des hommes bien charpentés, lui, le type au « corps mort » en dehors des rares moments de baise.
Fabrice Neaud y retrace également les débuts de sa collaboration avec Loïc Néhou, admirable fondateur d’« Ego comme X », qui débouchera quelques années plus tard sur la sortie du « Journal » ici présent. Vers la fin, les plus observateurs pourront apercevoir l’image furtive de son prochain amour, Dominique, qui sera le sujet principal du volet suivant.
Journal 3
Fabrice Neaud évoque ici sa rencontre avec Dominique, qui comme lui se lance dans une carrière artistique après avoir étudié aux Beaux-arts. C’est l’histoire d’un coup de foudre unilatéral, né dans une zone indéterminée se situant entre malentendu et ambigüité, l’histoire d’un amour passionnel à sens unique qui emportera l’auteur vers des gouffres infernaux, vers un point de non retour sans rémission.
S’il y a comme un air de déjà vu, le contexte et les bases de ce « Journal 3 » sont différents. Dans le premier volet, la relation avec Stéphane était liée à une rencontre dans un lieu de drague nocturne, un jardin public. Ici, l’auteur fait la connaissance de Dominique dans son bar habituel, à côté de chez lui. Aucun sous-entendu sexuel ni amoureux, et les premiers instants de la rencontre ne sont pas détaillés, mais on imagine qu’à force de l’y croiser, parmi la clientèle de profs et d’étudiants des Beaux-arts, une vague complicité s’est installée progressivement entre les deux jeunes hommes autour de leur amour de l’art. Ce faisant, Fabrice passe de plus en plus de temps avec « le Doumé », comme se plaisent à le surnommer ses connaissances, et comme avec Stéphane, il se met à en faire des portraits, après l’avoir mitraillé de son objectif. Sauf qu’avec Stéphane, la relation était beaucoup plus superficielle, faite de silences et de non-dits, le jeune militaire étant davantage porté sur le sexuel que l’artistique…
Ce volet va ainsi être centré sur ce nouvel « amant » qui ne le sera qu’à un stade potentiel. Et à en juger seulement par l’épaisseur du livre, on peut en déduire que cette histoire aura marqué durablement son auteur. La lecture de ce pavé exutoire de 400 pages viendra confirmer que ce dernier aura laissé quelques plumes dans cet épisode houleux et tourmenté de son existence.
Journal 4 : Les Riches Heures
S’il est difficile de résumer ce quatrième tome, la couverture, en plus du titre aux accents positifs, le fait plutôt bien. L’auteur s’y représente avec un papillon effleurant sa joue, son visage exprimant un mélange d’étonnement et d’amusement. Et quoi de mieux que le plus beau de tous les insectes pour symboliser la légèreté et la métamorphose ? Cette année 1996 intitulée « Les Riches Heures » peut ainsi s’envisager comme un point de basculement, un nouveau départ de Fabrice, après sa relation tumultueuse avec Dominique où il aura perdu quelques plumes…
Ainsi, Neaud revient à un format narratif plus dilué, qui n’est plus centré seulement autour d’un personnage, l’objet (l’homme-objet ?) d’une passion, quelque chose qui s’apparenterait plus à un journal « ordinaire », où les soubresauts amoureux font place à un quotidien plus homogène. De manière significative, le récit s’ouvre sur une évocation du Pays basque, une véritable déclaration d’amour, principalement géographique et moins risquée cette fois ( !), pour une région où l’auteur se plaît à arpenter la campagne et les douces collines. Dans une longue séquence muette et contemplative, le lecteur se voit immerger dans une nature réconfortante où la beauté se décline à toutes les échelles, de la plante la plus fragile aux ciels prodigieux des Pyrénées avoisinantes.
La suite du livre nous parle en quelque sorte de son processus de « reconstruction », en alternant des portraits de ses connaissances, amitiés nouvelles et potentielles via le fameux « Poney Club », prétexte à des discussions enflammées entre « collègues » autour d’un apéro ou d’un gueuleton. D’autres scènes aléatoires s’égrènent au fil des pages. Les anecdotes les plus banales ouvrent la porte à mille et une réflexions de la part de l’auteur, qui ne fait que confirmer son regard pénétrant sur les choses. En vrac, il y parle de la « pudeur » et de ses « malentendus », des relations humaines dans le cadre d’un groupe, de la perception d’un individu biaisée par les codes socioculturels, de l’amitié, ce « sentiment qui se manifeste mais ne s’énonce pas »… Bref, difficile de tout énumérer mais cela reste toujours passionnant, même quand parfois le sujet est plus pointu. Quant aux souvenirs de ses relations passées, ils y sont peu évoqués, de façon assez compréhensible, l’auteur ayant choisi de s’abriter derrière ses amitiés professionnelles.
En les rattachant à son vécu, Fabrice Neaud aborde des problématiques humaines et philosophiques, à la base peu conçues pour le divertissement, et pourtant celui-ci parvient étrangement à nous captiver malgré la densité de l’ouvrage et son épaisseur qui pourrait faire peur (plus de 200 pages tout de même). Alors comment l’expliquer ? Ce qu’on apprécie particulièrement chez cet auteur, c’est l’honnêteté et la franchise avec laquelle il se livre, sans fards, parfois crument, sans pudibonderie de midinette. Et cette fameuse thématique de la pudeur qui lui tient tant à cœur, il la développe savamment en partant de sa libido qu’il a mis en veilleuse (en ne conservant que les fantasmes) pour déboucher sur la fascination qu’il éprouve vis-à-vis d’un acteur porno gay ayant suspendu sa brillante carrière de culturiste. Neaud met sa talentueuse patte au service de sa passion pour les corps nus de « brutes viriles » (et je serais le dernier à m’en plaindre…). Son dessin réaliste en noir et blanc reste superbe, dénué de vulgarité, et reste sexy tout en évitant de faire appel aux instincts bassement lubriques. La pornographie, les bites et les culs musclés, il les honore avec classe, y va franco et détruit toutes les culpabilités propres aux homosexualités refoulées ou non assumées. Un véritable travail de salut public.
Plus globalement, Fabrice Neaud nous happe dans son journal, non seulement par sa sincérité et son audace. La diversité des questions abordées n’a d’égale que la fantaisie avec laquelle il illustre ses propos. Par l’humour dont il fait preuve ici et qui était moins flagrant auparavant, on a réellement le sentiment qu’il est passé à autre chose, un humour souvent caustique qui insuffle une certaine légèreté (de papillon ?) par rapport à la tournure « mélodramatique » des précédents tomes. L’auteur parvient ici à canaliser ses agacements avec des représentations plus « cartoonesques », pas de doute, ses chakras se sont ouverts… C’est sans doute aussi pour cette raison qu’il a choisi le véhicule de la bande dessinée, qui permet d’exprimer si bien des sentiments antagonistes lorsque comme ici l’alliance du texte et du dessin fonctionne à plein.
Au final, ce dont nous fait part Fabrice Neaud ici, c’est son amour de la vie. Comme il le dit très bien dans les premières pages, « dessiner, c’est aimer ». Et cet amour, tout lecteur normalement constitué devrait le sentir à chaque page. Au bout de quatre tomes, ce « Journal » est devenu un ami. Et c’est avec une impatience très peu feinte que l’on attend la sortie cet automne, plus de vingt après (!), du cinquième tome (« Les Guerres immobiles »), car oui, la bonne nouvelle, c’est que l’artiste a décidé de remettre les couverts, et là on sera reparti pour un nouveau cycle intitulé « Le Dernier Sergent » !
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Fabrice Neaud nous offre ici une autobiographie peu commune, où il se livre à cœur ouvert, sans faux semblants, sans cette pudeur de façade trop souvent pratiquée dans ce type d’ouvrage. Ce n’est pas un journal de poseur, et l’auteur ne s’y montre pas forcément sous son meilleur jour. Il ne se fait pas de cadeaux, pas plus à lui-même qu’aux autres personnages jalonnant le récit. De plus, Neaud parvient à maintenir une tension inattendue dans des histoires dont on devine pourtant l’issue tragique, tension sans doute due à son côté écorché vif et entier, qui l’expose à des revers violents résultant d’actes qui ne le sont pas moins.
Fabrice aime les hommes, les « vrais », les « brutes », et n’est attiré ni par les « folles » ni par les machos-cuir, et c’est bien là son drame. Il aime les types bien bâtis, virils et éventuellement poilus, au look « hétéro », et ne rentre donc pas dans les cases. D’autant qu’il n’exprime pas une solidarité particulière pour ses semblables, lesquels font parfois preuve d’un sectarisme incluant des codes qui ne sont pas caractérisés par la bienveillance, bien au contraire, ne faisant que reproduire les travers d’une société hétérosexuelle qui ne fait que les tolérer et qu’ils déplorent eux-mêmes.
En outre, Fabrice Neaud dessine le désir homosexuel avec brio, magnifiant les portraits tirés de ses clichés photographiques, saisissant parfaitement les sentiments derrière les regards et les sourires. Son trait noir et blanc, à la base réaliste mais davantage centré sur les personnages que sur les décors, rend les émotions vibrantes en recourant à une technique quasi impressionniste : visage floutés, hachurés, rayés ou littéralement effacés. Son sens accompli du découpage fait le reste, Neaud établissant un dialogue permanent, toujours plein d’a-propos, entre dessin et texte.
A travers cette autobiographie qui n’a pas pris une ride, l’auteur se livre à mille et une réflexions aussi pointues que passionnantes sur son rapport aux autres, sur la façon dont il se perçoit dans le monde et sa difficulté à y trouver sa place, sur cet « exil », « lot de la solitude », et peut-être, son inaptitude à l’amour… Fabrice Neaud, animal certes atrabilaire, nous parle de tout cela via le scalpel de son hypersensibilité, avec justesse, audace et honnêteté, sans aucun pathos. Il y aborde également quelques problématiques sociales, notamment la précarisation rampante et la montée des inégalités, des problématiques qui plus de vingt ans après, n’ont rien perdu de leur actualité, bien au contraire…
Un album très original que ne ressemble à aucun autre. Une histoire à couper au couteau (ou au tournevis) dont on ne sort pas indemne. A mille lieues des poncifs de la surproduction actuelle. Mais l'album risque de beaucoup décontenancer les lecteurs classiques de BD, car De Flandre ne retient quasi aucune des conventions de la BD et les réinvente. A découvrir.
Pour qui aime le polar noir, cet album est une pépite. Brubacker nous offre un scénario parfaitement maitrisé, une histoire qui prend le temps de se mettre en place et de se dérouler de manière parfaitement cohérente jusqu’à son dénouement. Avoir le temps de profiter d’un tel récit est un luxe délicieux. Découpée en chapitres qui proposent chacun une narration sous un angle différent, on pourrait avoir l’impression que le scénario part dans différentes directions, le lecteur semble s’égarer, quand tout à coup tout se remet en place sans qu’on n’ait rien vu venir. Bluffant ! Aux côtés du Teeg Lawless héros de Criminal, on trouve d’autres personnages au passé difficile. Durement cabossés par la vie, ils cherchent un bon plan, le truc infaillible qui les sortira d’un morne quotidien et parfois même, ils trouvent des raisons d’espérer de changer de vie radicalement. Le lecteur s’embarque dans leurs pas avant d’être durement ramené à une réalité bien noire par le scénariste qui ne nous épargne rien. Leur destin est tracé, il va vers l’enfer et nul n’en réchappera. C’est puissant, implacable, ciselé... L’été sera cruel !
Du côté du dessin, j’aime vraiment beaucoup, avec un coup de cœur pour les couleurs qui proposent des univers différents selon les doubles pages. Les visages, abimés par la vie, sont très expressifs. Ils gardent bien visibles les traces du dernier coup poing et de la dernière cuite. Ambiances assurées, immersion garantie, suspens d’un bout à l’autre. Enorme coup de cœur !
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One Piece
Tout simplement le meilleur manga de tous les temps, un univers riche, une multitude de persos tous plus intéressants les uns que les autres, des histoires qui s'entremêlent, bref une oœuvre riche, complète et cohérente du début à la fin. Bravo Oda sensei.
Tokyo Revengers
Excellent isekai qui se base sur beaucoup de thématiques différentes au cours de l'histoire (école, vie sentimentale, amitié etc...), les personnages du Tokyo manji deviennent attachants au-delà du fait qu'ils fassent des bêtises. Au début Takemichi n'est qu'une personne ordinaire (un des rares shonen où moi-même je peux le battre à la bagarre) mais le garçon se forge un caractère ce qui va le pousser dans des histoires de gang. En étant à jour sur la parution française du manga la suite de l'anime sera génial, je vous le conseille.
L'Attaque des Titans
En vrai on pourrait en parler des heures... Rien n'est laissé au hasard, l'intrigue est exceptionnelle et les révélations sont absolument dingues et au-delà de ce qu'on peut imaginer ou théoriser. Pour être clair : CHEF D'OEUVRE ABSOLU.
Berserk
Le chevalier Noir : son nom est Gatsu. Un guerrier enragé qui, malgré de nombreuses mutilations, poursuit une quête maudite : traquer ceux qui ont vendu leur âme aux puissances maléfiques, les "god hands" pour devenir des monstres hideux, les "apôtres". Et surtout sa haine pour le mystérieux Griffith. L'intrigue laisse planer le mystère sur les motivations de ce combat qui semble désespéré, pour faire très vite un flash-back vers la jeunesse de Gatsu : un mercenaire qui va entrer dans la troupe des Faucons, commandé par un jeune homme dévoré d'ambition, pour lequel il se liera bientôt d'amitié, et sa rencontre avec la belle Casca... Berserk ! Sans doute l'un des mangas parmi les plus malsain que je connaisse ! Mais quel chef d'œuvre : un scénario palpitant dans un terrifiant univers médiéval, et surtout une qualité graphique et un souci du détail bluffant. L'adaptation animée n'est malheureusement pas à la hauteur du manga papier que je vous conseille absolument ! L'animé aurait sans doute pu être meilleur avec d'autres moyens, mais son principal défaut est de s'arrêter là où l'intrigue prend un tournant décisif : il ne s'agit que de l'adaptation des 13 premiers volumes ! Pour conclure foncez sur le manga papier mais surtout évitez l'animé... (mini spoiler) en effet l'animé s'achève là où l'horreur et le désespoir atteignent un point culminant dans le récit, alors que le manga papier continue encore bien au-delà !
Dragon Ball
Contrairement à beaucoup, j'ai découvert "Dragon Ball" grâce aux mangas d'Akira Toriyama, et non avec l'adaptation télévisuelle. Quoi qu'il en soit, les 2 supports se complètent parfaitement, et j'y reviens toujours avec grand plaisir. Il est celui auquel on pense immédiatement, quand on parle d'animé japonais. 16 tomes concentrés sur 3 saisons. Les aventures de Sangoku, homme-singe élevé sur Terre à la force surpuissante. Son kimono rouge. Sa queue de singe. Son bâton. Sa recherche des boules de cristal. Ses rencontres avec le lubrique Tortue Géniale, l'impétueuse Bulma et le ridicule Krilin. Sa lutte contre l'armée du ruban rouge. Les différents tournois d'arts martiaux. Sangoku évolue et apprend au contact des humains. Il est le héros généreux, fougueux, sans peur et sans reproches. Il est très attachant et désarmant, avec cette touche kitsch caractéristique de la japanimation. L'atmosphère y est franchement burlesque au début, avec des aventures initiatiques, changeant progressivement vers une action de plus en plus élaborée, les boules de cristal suscitant l'intérêt des pires rapaces. L'apparition du personnage de Piccolo marque un tournant sombre dans la série, qui conserve toutefois sa bonne humeur. Cultissime.
Play with fire
J’ai attendu avec hâte la version française, souhaitant comprendre les subtilités des dialogues. Les questionnements dans ce livre sur la sexualité et le genre sont évoqués avec beaucoup de justesse, nous renvoyant à nos propres questionnements bien au-delà de la thématique. Sur notre perception corporelle, nos relations aux autres, les choix passés ou futurs de notre vie, etc. C’est une plongée au cœur de soi et c’est un vrai bonheur à lire. Les illustrations sont dynamiques, certaines pages sont juste sublimes de spontanéité et de beauté. Beaucoup d’émotions dans cette histoire que j’ai adoré lire.
La Bibliomule de Cordoue
Tarid, Lubna et Marwan nous emmènent dans un magnifique « mule-trip » à la fois émouvant et captivant. Et pourtant, sur leur mule, ils ne transportent que des livres. Comment ça « que des livres ! » ? Ces livres, c’est l’histoire de l’humanité, les premiers philosophes, les premiers mathématiciens, les premiers biologistes… le berceau de nos cultures. Mais le savoir est en danger. Comme le démontrent les auteurs à la fin de l’album, les livres sont trop facilement détruits par ceux qui prêchent la pensée unique et refusent la science qui remet en question ce qui s’expliquait par les actions divines ou les hommes providentiels. Et cela, de l’Antiquité à nos jours. Ancré dans un contexte historique solide, bien implanté géographiquement dans la ville de Cordoue dont on reconnaît encore quelques quartiers et la grande mosquée, La Bibliomule de Cordoue est un hymne à l’intelligence, à la science, à l’ouverture d’esprit, au respect de l’autre et à l’éducation. L’album, en lui-même, est un très bel objet rappelant les livres précieux et uniques dont il est question dans le récit. C’est écrit simplement, le dessin est vraiment très beau et les couleurs chaudes. Un bel écrin graphique pour une très belle histoire. Je venais de relire « Le Singe de Hartlepool » et Lupano me confronte à nouveau à l’intolérance, l’inculture et la haine aveugle. C’est superbe et je recommande chaudement la lecture de ce beau conte andalou.
Journal
C’est sous l’impulsion sagace de David Chauvel que les éditions Delcourt nous offrent une séance de rattrapage pour cette excellente autobiographie de Fabrice Neaud, publiée à l’origine dans les années 90. Journal 1 Si vous appréciez les histoires simples, je vais vous faire gagner du temps : vous pouvez passer votre chemin ! Ce journal est une œuvre exigeante qui atteint un niveau d’introspection rarement vu dans une autobiographie. Fabrice Neaud, à l’époque âgé de 24 ans, y évoque ses débuts artistiques difficiles, au début des années 90, dans sa ville de province (dont il ne citera jamais le nom) : travaux de commande peu gratifiants, engueulades récurrentes avec son associé Alain, galère de thunes… l’auteur y parle aussi d’une vie amoureuse peu satisfaisante, de ses sorties vaines dans le bar homo de la ville, de ses rencontres nocturnes furtives dans le parc voisin, des jeux de drague qui se terminent parfois mal, les « casseurs de pédés » ayant toujours su où aller pour assouvir leur pulsions haineuses et masquer leur frustration sexuelle… L’ouvrage va très vite se centrer sur sa relation avec Stéphane, un jeune appelé du contingent rencontré dans le parc en question et à qui il demandera de poser dans le cadre de son travail. Stéphane se prêtant gracieusement au jeu, Fabrice va très vite s’enticher de ce garçon dont la flamme ne sera pas vraiment réciproque. Mais Fabrice, malgré sa passion croissante, sait rester lucide et comprend que la rupture est inévitable. Plus il se fait insistant, plus Stéphane s’éloigne, inexorablement. Ses visites s’espacent, toujours à l’improviste. Pour Fabrice, la situation devient insupportable. Dans un acte quasi suicidaire, il commettra l’irréparable en lui adressant lettre sur lettre, laissant exploser le pire de lui-même… Journal 2 Plus court que le précédent, ce second volet est un récit de transition. L’auteur tente de se remettre de sa rupture avec Stéphane. Il nous confie ses états d’âme sur une multitude de sujets, évoque sa solitude et son désir irréfréné des hommes bien charpentés, lui, le type au « corps mort » en dehors des rares moments de baise. Fabrice Neaud y retrace également les débuts de sa collaboration avec Loïc Néhou, admirable fondateur d’« Ego comme X », qui débouchera quelques années plus tard sur la sortie du « Journal » ici présent. Vers la fin, les plus observateurs pourront apercevoir l’image furtive de son prochain amour, Dominique, qui sera le sujet principal du volet suivant. Journal 3 Fabrice Neaud évoque ici sa rencontre avec Dominique, qui comme lui se lance dans une carrière artistique après avoir étudié aux Beaux-arts. C’est l’histoire d’un coup de foudre unilatéral, né dans une zone indéterminée se situant entre malentendu et ambigüité, l’histoire d’un amour passionnel à sens unique qui emportera l’auteur vers des gouffres infernaux, vers un point de non retour sans rémission. S’il y a comme un air de déjà vu, le contexte et les bases de ce « Journal 3 » sont différents. Dans le premier volet, la relation avec Stéphane était liée à une rencontre dans un lieu de drague nocturne, un jardin public. Ici, l’auteur fait la connaissance de Dominique dans son bar habituel, à côté de chez lui. Aucun sous-entendu sexuel ni amoureux, et les premiers instants de la rencontre ne sont pas détaillés, mais on imagine qu’à force de l’y croiser, parmi la clientèle de profs et d’étudiants des Beaux-arts, une vague complicité s’est installée progressivement entre les deux jeunes hommes autour de leur amour de l’art. Ce faisant, Fabrice passe de plus en plus de temps avec « le Doumé », comme se plaisent à le surnommer ses connaissances, et comme avec Stéphane, il se met à en faire des portraits, après l’avoir mitraillé de son objectif. Sauf qu’avec Stéphane, la relation était beaucoup plus superficielle, faite de silences et de non-dits, le jeune militaire étant davantage porté sur le sexuel que l’artistique… Ce volet va ainsi être centré sur ce nouvel « amant » qui ne le sera qu’à un stade potentiel. Et à en juger seulement par l’épaisseur du livre, on peut en déduire que cette histoire aura marqué durablement son auteur. La lecture de ce pavé exutoire de 400 pages viendra confirmer que ce dernier aura laissé quelques plumes dans cet épisode houleux et tourmenté de son existence. Journal 4 : Les Riches Heures S’il est difficile de résumer ce quatrième tome, la couverture, en plus du titre aux accents positifs, le fait plutôt bien. L’auteur s’y représente avec un papillon effleurant sa joue, son visage exprimant un mélange d’étonnement et d’amusement. Et quoi de mieux que le plus beau de tous les insectes pour symboliser la légèreté et la métamorphose ? Cette année 1996 intitulée « Les Riches Heures » peut ainsi s’envisager comme un point de basculement, un nouveau départ de Fabrice, après sa relation tumultueuse avec Dominique où il aura perdu quelques plumes… Ainsi, Neaud revient à un format narratif plus dilué, qui n’est plus centré seulement autour d’un personnage, l’objet (l’homme-objet ?) d’une passion, quelque chose qui s’apparenterait plus à un journal « ordinaire », où les soubresauts amoureux font place à un quotidien plus homogène. De manière significative, le récit s’ouvre sur une évocation du Pays basque, une véritable déclaration d’amour, principalement géographique et moins risquée cette fois ( !), pour une région où l’auteur se plaît à arpenter la campagne et les douces collines. Dans une longue séquence muette et contemplative, le lecteur se voit immerger dans une nature réconfortante où la beauté se décline à toutes les échelles, de la plante la plus fragile aux ciels prodigieux des Pyrénées avoisinantes. La suite du livre nous parle en quelque sorte de son processus de « reconstruction », en alternant des portraits de ses connaissances, amitiés nouvelles et potentielles via le fameux « Poney Club », prétexte à des discussions enflammées entre « collègues » autour d’un apéro ou d’un gueuleton. D’autres scènes aléatoires s’égrènent au fil des pages. Les anecdotes les plus banales ouvrent la porte à mille et une réflexions de la part de l’auteur, qui ne fait que confirmer son regard pénétrant sur les choses. En vrac, il y parle de la « pudeur » et de ses « malentendus », des relations humaines dans le cadre d’un groupe, de la perception d’un individu biaisée par les codes socioculturels, de l’amitié, ce « sentiment qui se manifeste mais ne s’énonce pas »… Bref, difficile de tout énumérer mais cela reste toujours passionnant, même quand parfois le sujet est plus pointu. Quant aux souvenirs de ses relations passées, ils y sont peu évoqués, de façon assez compréhensible, l’auteur ayant choisi de s’abriter derrière ses amitiés professionnelles. En les rattachant à son vécu, Fabrice Neaud aborde des problématiques humaines et philosophiques, à la base peu conçues pour le divertissement, et pourtant celui-ci parvient étrangement à nous captiver malgré la densité de l’ouvrage et son épaisseur qui pourrait faire peur (plus de 200 pages tout de même). Alors comment l’expliquer ? Ce qu’on apprécie particulièrement chez cet auteur, c’est l’honnêteté et la franchise avec laquelle il se livre, sans fards, parfois crument, sans pudibonderie de midinette. Et cette fameuse thématique de la pudeur qui lui tient tant à cœur, il la développe savamment en partant de sa libido qu’il a mis en veilleuse (en ne conservant que les fantasmes) pour déboucher sur la fascination qu’il éprouve vis-à-vis d’un acteur porno gay ayant suspendu sa brillante carrière de culturiste. Neaud met sa talentueuse patte au service de sa passion pour les corps nus de « brutes viriles » (et je serais le dernier à m’en plaindre…). Son dessin réaliste en noir et blanc reste superbe, dénué de vulgarité, et reste sexy tout en évitant de faire appel aux instincts bassement lubriques. La pornographie, les bites et les culs musclés, il les honore avec classe, y va franco et détruit toutes les culpabilités propres aux homosexualités refoulées ou non assumées. Un véritable travail de salut public. Plus globalement, Fabrice Neaud nous happe dans son journal, non seulement par sa sincérité et son audace. La diversité des questions abordées n’a d’égale que la fantaisie avec laquelle il illustre ses propos. Par l’humour dont il fait preuve ici et qui était moins flagrant auparavant, on a réellement le sentiment qu’il est passé à autre chose, un humour souvent caustique qui insuffle une certaine légèreté (de papillon ?) par rapport à la tournure « mélodramatique » des précédents tomes. L’auteur parvient ici à canaliser ses agacements avec des représentations plus « cartoonesques », pas de doute, ses chakras se sont ouverts… C’est sans doute aussi pour cette raison qu’il a choisi le véhicule de la bande dessinée, qui permet d’exprimer si bien des sentiments antagonistes lorsque comme ici l’alliance du texte et du dessin fonctionne à plein. Au final, ce dont nous fait part Fabrice Neaud ici, c’est son amour de la vie. Comme il le dit très bien dans les premières pages, « dessiner, c’est aimer ». Et cet amour, tout lecteur normalement constitué devrait le sentir à chaque page. Au bout de quatre tomes, ce « Journal » est devenu un ami. Et c’est avec une impatience très peu feinte que l’on attend la sortie cet automne, plus de vingt après (!), du cinquième tome (« Les Guerres immobiles »), car oui, la bonne nouvelle, c’est que l’artiste a décidé de remettre les couverts, et là on sera reparti pour un nouveau cycle intitulé « Le Dernier Sergent » ! ----- Fabrice Neaud nous offre ici une autobiographie peu commune, où il se livre à cœur ouvert, sans faux semblants, sans cette pudeur de façade trop souvent pratiquée dans ce type d’ouvrage. Ce n’est pas un journal de poseur, et l’auteur ne s’y montre pas forcément sous son meilleur jour. Il ne se fait pas de cadeaux, pas plus à lui-même qu’aux autres personnages jalonnant le récit. De plus, Neaud parvient à maintenir une tension inattendue dans des histoires dont on devine pourtant l’issue tragique, tension sans doute due à son côté écorché vif et entier, qui l’expose à des revers violents résultant d’actes qui ne le sont pas moins. Fabrice aime les hommes, les « vrais », les « brutes », et n’est attiré ni par les « folles » ni par les machos-cuir, et c’est bien là son drame. Il aime les types bien bâtis, virils et éventuellement poilus, au look « hétéro », et ne rentre donc pas dans les cases. D’autant qu’il n’exprime pas une solidarité particulière pour ses semblables, lesquels font parfois preuve d’un sectarisme incluant des codes qui ne sont pas caractérisés par la bienveillance, bien au contraire, ne faisant que reproduire les travers d’une société hétérosexuelle qui ne fait que les tolérer et qu’ils déplorent eux-mêmes. En outre, Fabrice Neaud dessine le désir homosexuel avec brio, magnifiant les portraits tirés de ses clichés photographiques, saisissant parfaitement les sentiments derrière les regards et les sourires. Son trait noir et blanc, à la base réaliste mais davantage centré sur les personnages que sur les décors, rend les émotions vibrantes en recourant à une technique quasi impressionniste : visage floutés, hachurés, rayés ou littéralement effacés. Son sens accompli du découpage fait le reste, Neaud établissant un dialogue permanent, toujours plein d’a-propos, entre dessin et texte. A travers cette autobiographie qui n’a pas pris une ride, l’auteur se livre à mille et une réflexions aussi pointues que passionnantes sur son rapport aux autres, sur la façon dont il se perçoit dans le monde et sa difficulté à y trouver sa place, sur cet « exil », « lot de la solitude », et peut-être, son inaptitude à l’amour… Fabrice Neaud, animal certes atrabilaire, nous parle de tout cela via le scalpel de son hypersensibilité, avec justesse, audace et honnêteté, sans aucun pathos. Il y aborde également quelques problématiques sociales, notamment la précarisation rampante et la montée des inégalités, des problématiques qui plus de vingt ans après, n’ont rien perdu de leur actualité, bien au contraire…
Le Sang des automates
Un album très original que ne ressemble à aucun autre. Une histoire à couper au couteau (ou au tournevis) dont on ne sort pas indemne. A mille lieues des poncifs de la surproduction actuelle. Mais l'album risque de beaucoup décontenancer les lecteurs classiques de BD, car De Flandre ne retient quasi aucune des conventions de la BD et les réinvente. A découvrir.
Un été cruel
Pour qui aime le polar noir, cet album est une pépite. Brubacker nous offre un scénario parfaitement maitrisé, une histoire qui prend le temps de se mettre en place et de se dérouler de manière parfaitement cohérente jusqu’à son dénouement. Avoir le temps de profiter d’un tel récit est un luxe délicieux. Découpée en chapitres qui proposent chacun une narration sous un angle différent, on pourrait avoir l’impression que le scénario part dans différentes directions, le lecteur semble s’égarer, quand tout à coup tout se remet en place sans qu’on n’ait rien vu venir. Bluffant ! Aux côtés du Teeg Lawless héros de Criminal, on trouve d’autres personnages au passé difficile. Durement cabossés par la vie, ils cherchent un bon plan, le truc infaillible qui les sortira d’un morne quotidien et parfois même, ils trouvent des raisons d’espérer de changer de vie radicalement. Le lecteur s’embarque dans leurs pas avant d’être durement ramené à une réalité bien noire par le scénariste qui ne nous épargne rien. Leur destin est tracé, il va vers l’enfer et nul n’en réchappera. C’est puissant, implacable, ciselé... L’été sera cruel ! Du côté du dessin, j’aime vraiment beaucoup, avec un coup de cœur pour les couleurs qui proposent des univers différents selon les doubles pages. Les visages, abimés par la vie, sont très expressifs. Ils gardent bien visibles les traces du dernier coup poing et de la dernière cuite. Ambiances assurées, immersion garantie, suspens d’un bout à l’autre. Enorme coup de cœur !