Les derniers avis (31942 avis)

Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Adoption
L'Adoption

Tome 1: Qinaya Au fil des dernières années Benoit Zidrou s'affirme comme un des scénaristes incontournables de la bd franco-belge. Les histoires familiales comme Les Beaux Étés ou encore Le Beau Voyage voire Le Crime qui est le tien demeurent le terreau de son imagination. Avec "L'adoption", il franchit une étape supplémentaire dans l'émotion. Certes, à travers le personnage de Gabriel, on ne peut s'empêcher de rapprocher cet album de celui intitulé Les Vieux Fourneaux, mais qu'importe, les bons sentiments font aussi, contrairement à une idée reçue, de bonnes histoires. Ce premier volume est drôle, touchant et dégage une émotion qui ne peut vous laisser indifférent. Très concerné par le sujet (j'ai adopté 3 enfants sur les 6 que j'ai élevés, deux en provenance du Portugal et un de Grande Bretagne), j'ai retrouvé certains gestes que mon père a eu envers mes enfants adoptifs, surtout sur la petite que j'ai adoptée. Non seulement cette bd est drôle mais donc aussi très réaliste. J'ajoute que le dessin de Monin, tout en rondeur et assez lumineux, colle parfaitement au scénario de Zidrou. Je conseille vivement l'achat de cet album (fortement recommandé par mon libraire) et sa lecture, qui se conclut par un final qui ne peut que vous pousser pour l'achat du second et dernier volume. Très bel album. Tome 2 : La Garua Avec ce second volume, Zidrou nous amène sur un terrain assez inattendu. Et ce choix audacieux, s'il casse quelque peu l'atmosphère dégagée dans le premier volume, est heureux. En recentrant l'histoire sur les pérégrinations de Gabriel, le grand père (la bande des gégés est quasiment absente de cet album, au détriment de Marco, nouveau compagnon de Gabriel), le ton est plus grave (même si les dialogues sont toujours aussi drôles et savoureux) mais aussi plus tendre. Zidrou nous livre ici un regard sur la paternité, mais là où on ne l'attendait pas, celle de Gabriel. J'avoue que c'est assez fort. Au final, l'album est très émouvant à plus d'un titre. En plus, pour ne pas gâcher notre plaisir, le dessin et les couleurs d'Arno Monin sont tout à fait remarquables. Ce second volume faisait partie des albums dont j'attendais la parution avec impatience dans une année marquée, à mon avis, par une qualité éditoriale assez faible pour le moment, et je n'ai pas été du tout déçu. Une de mes meilleures lectures depuis un moment.

29/05/2016 (MAJ le 31/05/2017) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Perséphone
Perséphone

C'est avec cet album que je découvre le travail de Loïc Locatelli Kournwsky, et c'est ma foi une entrée en matière convaincante, même si au vu de sa bibliographie cet album change de son registre habituel. Ses réalisations antérieures sont en effet destinées à un public adulte et abordent des sujets plutôt lourds, que ce soit en politique ou le suicide. Ici, on est dans un album que je qualifierais de "tout public" tant il peut se lire à différents niveaux. Sans connaître le mythe grec de Perséphone les plus jeunes y verront une belle histoire d'aventure, quand des adultes plus férus de mythologie pourront s'amuser à comparer ce que Loïc Locatelli Kournwsky s'est évertué à construire autour de ces personnages et ces mondes qui imprègnent subrepticement notre culture. Car du côté de l'histoire on est plutôt bien servi ! Loïc Locatelli Kournwsky nous a concocté une intrigue bien construite qui monte en tension jusqu'au dénouement final de l'album. La narration est des plus réussie et franchement on ne voit pas passer la lecture de ces quelques 130 pages. C'est peut être au niveau du dessin qu'il faudra à certains un petit temps d'adaptation. Le trait de Loïc Locatelli Kournwsky est en effet assez singulier. Oscillant entre le trait épuré d'un Bastien Vivès pour les personnages et leurs expressions et le trait hachuré d'un Christophe Blain pour ce qui est des décors avec en prime un zeste d'inspiration manga, et vous obtenez ce dessin très personnel qui a réussi à me convaincre pleinement malgré ma surprise à l'ouverture des première pages. Le travail de colorisation très réussi y fait aussi pour beaucoup ; il reste très sobre mais d'une efficacité redoutable. "Perséphone" m'aura donc permis de découvrir un auteur de la plus belle des manières, et m'encourage même à aller découvrir les autres titres qu'il a réalisé. Un album à mettre dans toutes les mains (disons à partir de 9/10 ans) !

29/05/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Pause
Pause

Voilà, c’est enfin arrivé : mon 5000ème avis. Un de plus mais non des moindres puisqu’il est consacré à la nouvelle production de mon auteur préféré en matière de bd d’humour à savoir Fabcaro. Il faut dire que je suis un lecteur exigeant et qui ne sourit pas facilement. Lui, il arrive à me faire rire ce qui peut par moment constituer en soi un exploit majeur. Comment arrive-t-il à me surprendre à chaque fois ? Je l’avais remarqué à ses débuts en espérant qu’il connaisse des succès dans sa carrière. Son Zaï Zaï Zaï Zaï a véritablement conquis le public d’autant qu’il s’attaque à des reprises célèbres comme Achille Talon ou Gai Luron. Il joue de tout cela dans cette pause qu’il semble marquer dans une recherche de l’inspiration face à un public qui l’attend au tournant. Fabcaro a un sens aigu de l’autodérision et du décalage. En même temps, il nous dévoile des aspects de la société et des comportements humains qui prêtent à sourire. Il y a toujours son mal de communication ou son côté hypocondriaque avec une certaine continuité de ses thèmes de prédilections. Il le fait avec tellement de talent que toutes ces petites choses de l’existence deviennent passionnantes sous son regard parfois acerbe. C’est une lecture qui fait du bien. Par conséquent, c’est encore une œuvre à découvrir en espérant le même succès toujours mérité. Les inconditionnels seront séduits. Les autres également.

29/05/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Espace vital
Espace vital

Univers familier, oui sans doute, mais à mon sens bougrement intelligent. Plutôt que d'un Stephen King comme le dit mon prédécesseur c'est plutôt du côté d'Agatha Christie et son célèbre roman les "Dix petits nègres" qu'il faut chercher l'inspiration principale avec un petit côté "Lost". Là, les protagonistes ne sont que six, enfin... sept. Comme dans le roman de notre auteure anglaise chacun est bien typé, possède une personnalité suffisamment riche, expliquée dans des flashbacks qui n'alourdissent en rien le récit. Contrairement au roman sus nommé les caractères des uns et des autres s'inscrivent et possèdent juste ce qu'il faut de modernité pour s'ancrer dans une réalité qui nous est connue. Cette manière de procéder rend le récit d'autant plus plausible que les éléments fantastiques s'insèrent parfaitement comme dans une mécanique bien huilée. Pourquoi ces individus que rien, dans un premier temps ne rattache les uns aux autres se retrouvent ils réunis ensemble dans cette grande maison Edwardienne, architecture fluctuante d'ailleurs et donc propice à l'émergence du surnaturel. Oscillant entre polar, fantastique et SF le premier tome prend son temps pour installer le climat, les questions auxquelles sont confrontés les personnages. Dans le deuxième tome le petit groupe de prisonniers s'amenuise, chacun découvre qu'à la fin il n'en restera plus qu'un. L'intrigue nous prodigue quelques révélations mais rien qui ne fasse véritablement progresser la résolution de l’énigme, du pourquoi de cette expérience s'il s'agit de cela. Le dessin de Fabrice Meddour dans un style expressionniste est plus qu'efficace et en y ajoutant la colorisation en tons tranchés de noir, de bleu, de rouge et de vert nous avons un rendu angoissant en adéquation avec le récit. J'attends avec impatience le dernier tome de cette trilogie qui devra mettre la barre assez haut pour ne pas décevoir les lecteurs et surtout répondre de manière satisfaisante aux multiples pistes semées jusqu'à présent. A lire.

29/05/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Mémoire morte
Mémoire morte

Honte sur moi je n'ai pas lu "Julius Corentin" dont il semble que ce soit un must, c'est donc par le biais de ses autres œuvres que j'ai abordé MAM. Pas simple le bougre ses BD sont bien loin du "Pif Gadget" que je lisais enfant. Bon je déconne bien sûr mais après du temps j'apprécie de plus en plus cet auteur qui s'il n'est pas d'un abord facile je dois l'avouer arrive cependant à chaque fois à interroger le lecteur sur des sujets d'importance. Ici comment ne pas voir une critique en règle de notre monde ultra connecté. Je vais faire ma feignasse et vous renvoyer à l'excellent avis du sieur Sejy quelques roulements de souris plus bas, il a à mon sens tout dit et pour en rajouter cette BD de MAM se devrait d'être lue dans toutes les bonnes écoles de France et de Navarre. Bien sûr achat conseillé.

28/05/2017 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Les Cent Nuits de Héro
Les Cent Nuits de Héro

Avec « Les Cent nuits de Héro », Isabel Greenberg renouvelle de façon originale le conte pour enfants. L’auteure anglaise a conservé les dieux et les châteaux, mais a confiné aux oubliettes les princes charmants… Fini les belles au bois dormant qui se morfondent dans leur baldaquin en serrant amoureusement le pendentif offert par leur tendre époux parti guerroyer… Désormais, les princesses prennent l’initiative en racontant elles-mêmes les histoires, tout en trompant leur mari avec leurs dames de compagnie. Cloîtrées peut-être, mais surtout caustiques, féministes, érudites, et toujours amoureuses, en un mot, modernes. Et comme visiblement Isabel Greenberg raffole du genre, elle a opté pour des contes à tiroirs, faisant ainsi preuve de maîtrise narrative, signe distinctif de tout conteur digne de ce nom. Son trait révèle une certaine gaucherie, qui semble d’ailleurs assumée, laquelle est compensée par une esthétique et des couleurs cohérentes, mais surtout une touche poétique indéniable. Un style qu’on pourrait qualifier de primitivisme moderne, tout en angles, assez austère, accréditant l’idée qu’on n’est pas chez Disney. Définitivement, Greenberg n’a pas destiné ses histoires aux enfants mais plutôt pour un public adulte. On pourrait y voir un pied de nez aux contes traditionnels où le rôle de la femme est réduit à la portion congrue. Tout au long de ces « Cent nuits », le mâle dominant en prend pour son grade et se voit moqué tel un pantin aussi odieux que risible. Certains pourront s’agacer de ce qui peut être vu comme un parti pris éhonté (certes, les hommes y sont rarement dépeints à leur avantage), mais ce serait oublier un peu vite le machisme persistant à l’encontre de la « moitié de l’humanité », ce machisme sédimentaire qui a imprégné depuis si longtemps les esprits et qui souvent est toléré par celles qui en sont les premières victimes, en particulier dans certains pays où un visage féminin non voilé est perçu comme une provocation… Car si heureusement le statut de la femme a évolué depuis plusieurs années en Occident, il a parfois tendance à régresser ailleurs, un constat qui nous rappelle que rien n’est jamais acquis… Peu disposée à accepter cet état de fait, Isabelle Greenberg a choisi de réhabiliter le rôle de la femme. Elle en fait ici des conteuses unies par la même cause : la libération de la parole et la transmission de la mémoire, conditions nécessaires de leur liberté, tout en dénonçant le rôle que l’homme (avec un petit « h ») s’est octroyé abusivement, n’hésitant pas à interdire la lecture aux femmes sous le prétexte fallacieux de la religion. Ainsi, « Les Cent nuits de Héro » allient de belle manière la magie des contes d’antan et le combat féministe.

27/05/2017 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5
Couverture de la série The Goddamned
The Goddamned

On revisite la genèse mais on a plus la sensation de se retrouver en plein dans la fin du monde genre post-apocalyptique, tout n’est que noirceur, violence, douleur et destruction, c’est glaçant et évidemment j’ai adoré la manière dont on nous offre sur un plateau un Caïn immortel plus assassin que jamais et un Noé cruel et passablement taré, je suppose qu’on aura d’autres bonnes surprises comme celles-ci par la suite. C’est plutôt original et foutrement jouissif, les personnages sont marquants qu’ils soient attachants ou profondément détestables ils ne laissent pas indifférents. Le graphisme n’est pas en reste et colle parfaitement au récit, assez sombre et bien détaillé, il donne la sensation d'être brouillon mais ce n'est qu'une fausse impression. Y’a rien à redire sinon vivement la suite.

27/05/2017 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série The Goddamned
The Goddamned

J'ai bien aimé la lecture de "The goddamned", cette ode barbare où les auteurs revisitent les mythes bibliques de Caïn et Noé avec humour noir et iconoclasme. Cela me rappellerait presque du Jodorowsky, le sexe en moins. La description d'un monde absurde où règne la violence la plus extrême est saisissante, la mise en scène des combats est magistrale et le caractère allégorique de ces images est surprenant. Bon, très clairement, c'est à réserver à un public averti et si vous n'aimez pas la violence gratuite, ce n'est pas une bd pour vous. Mais dans sa surcharge de violence, il y a presque quelque de "baroque" dans ce comics. J'aime beaucoup le dessin, plus proche de la bd européenne que du comics de superhéros standard.

27/05/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Love story à l'iranienne
Love story à l'iranienne

3.5 Un ouvrage très intéressant où des iraniens racontent leurs vies quotidiennes et on apprend plein de choses dans ce pays où la liberté est limitée. Si comme moi on a déjà lu des ouvrages sur l'Iran, plusieurs situations ne sont pas nouvelles, mais cela reste une série de témoignages intéressants et de plus la narration est assez fluide et on a pas le droit à trop de texte narratif. Les témoignages sont surtout axés sur l'amour, notamment les relations entre les couples et leurs familles, mais on aborde aussi d'autres sujets comme la révolte des jeunes face au régime des mollahs. C'est un excellent album si on veut découvrir la vie en Iran de manière simple si on a peur de lire des gros livres 'sérieux' de plusieurs centaines de pages. Le dessin est correct.

27/05/2017 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Terre des fils
La Terre des fils

Même si on n’a pas lu le résumé avant, on se doute dès les premières pages que quelque chose ne tourne pas rond sur cette Terre des fils. Ces deux garçons sales et loqueteux, à l’air dégénéré, transportent trop de folie et de primitivité pour être de simples idiots d’un village bien de chez nous… et le malaise, déjà prégnant, ira croissant à partir du moment où l’un deux tue sauvagement un chien. S’ajoute à cela une atmosphère crasseuse et menaçante dans un cadre désolé, envahi par des eaux boueuses, où pullulent rapaces et mouches attirés par quelque cadavre pourrissant. Et peu à peu le lecteur va devoir réunir lui-même les pièces du puzzle car Gipi ne dévoile rien du contexte, se contentant de livrer des éléments au compte-goutte. On devine qu’une grave catastrophe d’ampleur mondiale est survenue dans un futur très proche, mais sans jamais savoir quelle en est l’origine ou la conséquence, ni dans quel pays se situe l’action. Mais au final, ce n’est pas tant cela qui est important. Ce que l’auteur a voulu mettre en avant ici, c’est cette faible distance, bien plus faible qu’on ne le pense, séparant notre civilisation prétendument avancée de la barbarie la plus primitive. Désormais, les hommes sont livrés à eux-mêmes, affaiblis, sans repères. Les infrastructures du monde civilisé se sont effondrées, il n’y a plus d’électricité, plus d’agriculture, plus d’eau courante, plus rien… seules les ruines d’un passé industriel tiennent encore debout. Les livres semblent avoir été enfouis sous les décombres de l’ancien monde. Le langage est rudimentaire, mélange de français déstructuré et d’onomatopées. Les gourous belliqueux ont émergé sur les résidus encore fumants d’Internet, et le jargon utilisé fait écho de manière frappante à la vacuité de nos réseaux sociaux, où la réflexion philosophique cède trop souvent le terrain à l’égocentrisme et la médiocrité. Dans un tel contexte, le père a choisi d’élever ses enfants à la dure, dans le seul but de les protéger. Car tel est le constat : non seulement l’amour n’a pas sauvé le monde, mais c’est la haine bestiale qui l’a emporté, et pour longtemps semble-t-il... Le cahier noir du père, dans lequel ce dernier semble confier ses états d’âme, est un élément central de l’histoire, dernier emblème de la Connaissance. Symbole fort d’un monde révolu, il apparaît comme une relique mystérieuse suscitant la fascination de ses enfants qui aimeraient bien se l’approprier, comme si la vérité, leur vérité peut-être, était contenue dans ce cahier. Gipi a recouru ici au noir et blanc, un choix fort à propos pour décrire un univers de grisaille, dépourvue de joie. Son trait fluet et imprécis, tout en hachures fébriles, traduit bien la fragilité d’un monde en déshérence, tout en restituant parfaitement l’expressivité des personnages. Comme dans un « Mad Max » où la testostérone aurait fait place à la dégénérescence, Gipi dépeint un monde au climat de plomb, bien plus terrifiant que le film précité, notamment par son absence d’humanité quasi-totale, imposant « La Terre des fils » comme une des bandes dessinées les plus puissantes et les plus perturbantes de ces derniers mois.

27/05/2017 (modifier)