Album de première classe !
Mais c'est drôle comme je ne me reconnais pas dans la présentation de cette histoire (avis précédents et résumé) : un riche don Juan qui s'éprend d'une domestique moche.
Pourquoi s’arrêter au point de vue de monsieur ? Je pense que le point de vue le plus intéressant et le plus juste dans cette histoire c'est celui de la gouvernante, Lisbeth. Elle a la tête sur les épaules et très peu de marge de manœuvre dans sa situation sociale. Elle essaye de ne pas se laisser avoir par les propositions du maître qui seront forcément inconséquentes, ni par les injonctions de ses supérieurs, domestiques de première catégorie.
Elle tire profit du silence qui lui est imposé pour réfléchir à sa situation et trouver une voie pour s'échapper. Elle saisit les opportunités, fait valoir ces intérêts en se trouvant des alliés par sa force de conviction. Elle réussit ensuite à glisser entre les boucles du nœud de contradictions dans lequel étaient serrés les domestiques des grands bourgeois à cette époque.
Le dessin est très élégant : certains personnages ont le visage parcheminé de traits fins qui leur donnent des ridules très expressives, d'autres au contraire sont laissés dans une clarté sans aspérité, juste un nez fin pour le séducteur de haut vol et un gros nez rond pour sa gouvernante, cela nous permet de projeter ce qui nous plait pour le reste. Les couleurs (pas directes) sont un peu ternes, ce qui augmente la sensation de tristesse , d'enfermement.
C'est extrêmement réjouissant de voir qu'en sachant se servir des mots, en sachant se taire aussi, écouter, baisser la tête si nécessaire, on peut mener sa barque exactement là où on l'a choisi.
Ce n'est qu'après coup que j'ai réalisé que c'était une histoire vraie que je lisais, car je me suis laissé emporté dans son ambiance qui mêle vie intime de deux jeunes filles aux USA au milieu du XIXe siècle, ambiance mystérieuse avec une vraie possibilité de fantastique, et développement sociologique de ce phénomène de société que représentent les capacités surnaturelles supposées de ces deux enfants.
C'est très bien fait, prenant et jamais ennuyeux. On se demande comment les choses vont tourner, on comprend bien les comportements de chaque personnage et comment les événements ont pris tournure pour aller sans doute vite au-delà de ce que les deux enfants auraient imaginé ou souhaité.
Le dessin, pour sa part, est sobre et élégant. Les personnages et les décors sont soignés et bien reconnaissables. On peut éventuellement lui reprocher des couleurs monochromes un peu ternes mais cela ajoute à l'ambiance et au raffinement du graphisme.
Bref, un bel ouvrage, intéressant et prenant.
Il est vrai que c'est une histoire assez classique mais fort bien raconté sur un format que l'on attendait pas. C'est surtout le dessin enfantin qui détonne un peu pour créer une atmosphère assez singulière. Du coup, on ne sait plus trop bien à qui s'adresse prioritairement cette bd. C'est par moment assez violent.
Pour ma part, c'est fort bien réussi car le récit sur fond de conquête de l'Ouest nous tient en haleine. On a envie de découvrir la suite de ce destin hors du commun du jeune Ulysse Wincoop qui navigue entre deux cultures fort différentes. A noter que cela se rapproche un peu du thème évoqué dans la ds récente Carlisle. Mais bon, ce n'est qu'anecdotique.
Il est clair que le thème de l'extermination des indiens par ce qui allait devenir la Première Puissance Mondiale est assez courant entre massacre, cruauté et injustice. Au moins, la vérité a été restitué. ce n'est pas le cas d'autres puissances économiques qui cachent également des pans de leur histoire quand cela devient embarrassant.
En conclusion, une bd à découvrir.
Je voulais découvrir davantage l'oeuvre de Bouzard dont je n'avais lu que deux tomes et des participations à des œuvres collectives genre 'L'Atelier Mastodonte'. En me basant sur ce site, j'ai choisi cet album qui était celui qui m'intéressait le plus et qui était bien noté en plus.
Je n'ai jamais lu Le Club des cinq que je ne connais que de nom, mais j'ai déjà lu ou vu assez d'histoires sur un groupe d'enfants qui partent à l'aventure pour que la parodie fonctionne sur moi. On retrouve cet humour décalé et un peu noir que j'aime bien. Les histoires sont très drôles et j'ai bien rigolé plusieurs fois. Les clichés de ce genre de récits sont bien tordus par Bouzard et son dessin est excellent.
Bref, à lire si on aime cet auteur !
Alice au pays des merveilles, racontée par Tim Burton, cela pourrait donner quelque chose comme le monde d’Epiphanie Frayeur. En effet, on retrouve beaucoup de l’imaginaire de Caroll, avec des personnages incomplets, des objets-personnages, avec une poésie colorée de noirceur. Le dessin est plutôt chouette.
L’histoire est vite lue, car peu de texte et de cases d’ailleurs. On y joue souvent sur les mots, l’air de rien, avec quelques petites touches d’humour pour aiguillonner l’histoire. Histoire qui est peut-être un chouia décevante, qui manque un peu de rythma parfois. Mais je ne boude pas le plaisir que j’ai eu à lire cette historiette.
Album jeunesse sans doute, mais qu’un public adulte peut sans hésiter lire avec plaisir. Décidément la collection « Métamorphose » relève le niveau de chez Soleil, avec un habillage très reconnaissable, une signature graphique à la fois belle et cohérente.
Note réelle 3,5/5.
3.5
Encore une fois Tronchet utilise un mélange d'humour absurde et cynique et ça marche.
J'aime beaucoup cet humour noir et j'ai souvent ri durant la lecture de ces deux tomes même si deux ou trois histoires sont un peu plus faibles que les autres. L'univers imaginé par les auteurs est assez originale et j'aime bien le dessin de Coutelis. Son trait plutôt réaliste va très bien avec ce genre d'histoire où les gens font des trucs absurdes de manière totalement sérieuse. Cela me fait penser à ce que faisait Alexis.
À lire absolument si on est fan de Tronchet.
C'est un voyage fort intéressant aux confins du Népal puis du Tibet sous domination chinoise qui nous est proposé par l'auteur dans une auto-biographie assez intéressante. Pour la première fois, l'image que j'avais du bouddhisme s'est un peu égratigné ce qui explique sans doute le titre de cette oeuvre qui ne fera pas dans le prosélytisme. Certes, on va vivre également la candeur et la naïveté en même temps que le cheminement de l'auteur québécois Jean-Sébastien Bérubé.
J'avais sans doute besoin de cela pour comprendre certaine chose. J'ai bien aimé la conclusion sur l'être humain que nous sommes tous sous des habits différents ou des religions différentes. Les dérives existent malheureusement partout.
C'est un gros pavé de 222 pages mais il faut ce qu'il faut. Le dessin m'est apparue comme assez sympathique tout en rondeur pour une lecture agréable. Les situations de ce carnet de voyage s'enchaînent pour nous montrer à chaque fois un aspect un peu différent mais avec des anecdotes assez significatives. Bref, c'est une bd qui va à contre-pieds. On ne comprend qu'à la fin qu'il s'agit d'une autobiographie grâce à un cahier graphique assez intéressant avec de réelles photos. J'ai franchement bien aimé.
Une chose est sûre, cette idée de "spin-off" est la meilleure des éditeurs Dupuis depuis la création de la collection "Nescafé"... Euh "Cappuccino"... Euh enfin, le truc de café, là...
Bon, pour en revenir à nos moutons, permettre à d'autres auteurs que les "titulaires" de faire leur Spirou et Fantasio, c'est excellent. D'abord parce que c'est une série mythique, fabuleuse, qui ouvre énormément de perspectives à tous les assoiffés d'aventure avec un grand A, et aussi parce que ça nous fait encore plus d'albums avec nos héros favoris.
Bref, le travail de Fabien Vehlmann sur ce premier tome est de tout premier ordre. On retrouve une bonne part du cocktail d'action, d'humour et de fantaisie qu'avait si bien su doser Franquin à son époque. Vehlmann a eu l'intelligence d'ancrer ses deux héros dans des années 2000 bien plus énervées que les années 1960. On se retrouve donc avec un récit qui aurait très bien pu trouver sa place dans la série régulière. Mais...
Car il y a un MAIS. Le dessin de Yoann est tout de même un peu "juste" à mes yeux pour illustrer un Spirou et Fantasio. Ses personnages changent de visage de case en case, il a un style un peu trop "nouvelle BD" pour une série classique. C'est dommage, car faire cet album a dû lui tenir à coeur, et je pense qu'il a fait de son mieux. Ce n'est pas une question de talent, mais de style.
Mais pour le reste, c'est du tout bon. :)
3.5
Ce one-shot raconte la vie d'une famille de pieds-noirs quoiqu'on suive surtout le père et sa fille qui est aussi la narratrice du récit.
Ce père qui est aussi le dernier à avoir quitté l'Algérie durant la guerre et qui a vécu un événement traumatisant. On sent vraiment les problèmes que lui et sa famille rencontrent, ayant été obligés de quitter leur pays pour un autre. J'ai vraiment ressenti les émotions des personnages et j'ai été souvent touché par les scènes, même si deux-trois passages sont un peu moins bons que le reste de l'ouvrage.
Je n'ai aucun problème avec le dessin de Tronchet que j'aime bien, mais je comprends que si on n'aime pas son style (surtout pour une histoire sérieuse), on aurait aimé que l'album soit dessiné par quelqu'un d'autre.
Une excellente satire de Tronchet.
Il met en scène une dictature où c'est Noël tous les jours et cela donne des situations savoureuses. C'est une bd humoristique, mais l'humour est cynique et noir. Ce n'est pas un truc qui fait rigoler de bon cœur comme un Astérix par exemple (en tout cas c'est le cas pour moi).
L'idée de départ est très bien utilisée, les dialogues sont savoureux et le scénario est prenant même s'il y a des clichés qu'on retrouve dans la plupart des histoires mettant en vedette un héros qui devient un résistant face à une dictature fasciste. J'aime bien l'idée qu'on change de jour de célébrations selon le président en place, cela varie un peu les situations et permet à l'histoire de ne pas tomber dans une certaine répétition. Et puis c'est intéressant de voir comment cette société change selon la fête célébrée chaque jour.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Monsieur désire ?
Album de première classe ! Mais c'est drôle comme je ne me reconnais pas dans la présentation de cette histoire (avis précédents et résumé) : un riche don Juan qui s'éprend d'une domestique moche. Pourquoi s’arrêter au point de vue de monsieur ? Je pense que le point de vue le plus intéressant et le plus juste dans cette histoire c'est celui de la gouvernante, Lisbeth. Elle a la tête sur les épaules et très peu de marge de manœuvre dans sa situation sociale. Elle essaye de ne pas se laisser avoir par les propositions du maître qui seront forcément inconséquentes, ni par les injonctions de ses supérieurs, domestiques de première catégorie. Elle tire profit du silence qui lui est imposé pour réfléchir à sa situation et trouver une voie pour s'échapper. Elle saisit les opportunités, fait valoir ces intérêts en se trouvant des alliés par sa force de conviction. Elle réussit ensuite à glisser entre les boucles du nœud de contradictions dans lequel étaient serrés les domestiques des grands bourgeois à cette époque. Le dessin est très élégant : certains personnages ont le visage parcheminé de traits fins qui leur donnent des ridules très expressives, d'autres au contraire sont laissés dans une clarté sans aspérité, juste un nez fin pour le séducteur de haut vol et un gros nez rond pour sa gouvernante, cela nous permet de projeter ce qui nous plait pour le reste. Les couleurs (pas directes) sont un peu ternes, ce qui augmente la sensation de tristesse , d'enfermement. C'est extrêmement réjouissant de voir qu'en sachant se servir des mots, en sachant se taire aussi, écouter, baisser la tête si nécessaire, on peut mener sa barque exactement là où on l'a choisi.
Les Soeurs Fox
Ce n'est qu'après coup que j'ai réalisé que c'était une histoire vraie que je lisais, car je me suis laissé emporté dans son ambiance qui mêle vie intime de deux jeunes filles aux USA au milieu du XIXe siècle, ambiance mystérieuse avec une vraie possibilité de fantastique, et développement sociologique de ce phénomène de société que représentent les capacités surnaturelles supposées de ces deux enfants. C'est très bien fait, prenant et jamais ennuyeux. On se demande comment les choses vont tourner, on comprend bien les comportements de chaque personnage et comment les événements ont pris tournure pour aller sans doute vite au-delà de ce que les deux enfants auraient imaginé ou souhaité. Le dessin, pour sa part, est sobre et élégant. Les personnages et les décors sont soignés et bien reconnaissables. On peut éventuellement lui reprocher des couleurs monochromes un peu ternes mais cela ajoute à l'ambiance et au raffinement du graphisme. Bref, un bel ouvrage, intéressant et prenant.
Ulysse Wincoop
Il est vrai que c'est une histoire assez classique mais fort bien raconté sur un format que l'on attendait pas. C'est surtout le dessin enfantin qui détonne un peu pour créer une atmosphère assez singulière. Du coup, on ne sait plus trop bien à qui s'adresse prioritairement cette bd. C'est par moment assez violent. Pour ma part, c'est fort bien réussi car le récit sur fond de conquête de l'Ouest nous tient en haleine. On a envie de découvrir la suite de ce destin hors du commun du jeune Ulysse Wincoop qui navigue entre deux cultures fort différentes. A noter que cela se rapproche un peu du thème évoqué dans la ds récente Carlisle. Mais bon, ce n'est qu'anecdotique. Il est clair que le thème de l'extermination des indiens par ce qui allait devenir la Première Puissance Mondiale est assez courant entre massacre, cruauté et injustice. Au moins, la vérité a été restitué. ce n'est pas le cas d'autres puissances économiques qui cachent également des pans de leur histoire quand cela devient embarrassant. En conclusion, une bd à découvrir.
Le Club des Quatre
Je voulais découvrir davantage l'oeuvre de Bouzard dont je n'avais lu que deux tomes et des participations à des œuvres collectives genre 'L'Atelier Mastodonte'. En me basant sur ce site, j'ai choisi cet album qui était celui qui m'intéressait le plus et qui était bien noté en plus. Je n'ai jamais lu Le Club des cinq que je ne connais que de nom, mais j'ai déjà lu ou vu assez d'histoires sur un groupe d'enfants qui partent à l'aventure pour que la parodie fonctionne sur moi. On retrouve cet humour décalé et un peu noir que j'aime bien. Les histoires sont très drôles et j'ai bien rigolé plusieurs fois. Les clichés de ce genre de récits sont bien tordus par Bouzard et son dessin est excellent. Bref, à lire si on aime cet auteur !
L'Épouvantable peur d'Épiphanie Frayeur
Alice au pays des merveilles, racontée par Tim Burton, cela pourrait donner quelque chose comme le monde d’Epiphanie Frayeur. En effet, on retrouve beaucoup de l’imaginaire de Caroll, avec des personnages incomplets, des objets-personnages, avec une poésie colorée de noirceur. Le dessin est plutôt chouette. L’histoire est vite lue, car peu de texte et de cases d’ailleurs. On y joue souvent sur les mots, l’air de rien, avec quelques petites touches d’humour pour aiguillonner l’histoire. Histoire qui est peut-être un chouia décevante, qui manque un peu de rythma parfois. Mais je ne boude pas le plaisir que j’ai eu à lire cette historiette. Album jeunesse sans doute, mais qu’un public adulte peut sans hésiter lire avec plaisir. Décidément la collection « Métamorphose » relève le niveau de chez Soleil, avec un habillage très reconnaissable, une signature graphique à la fois belle et cohérente. Note réelle 3,5/5.
Welcome Land
3.5 Encore une fois Tronchet utilise un mélange d'humour absurde et cynique et ça marche. J'aime beaucoup cet humour noir et j'ai souvent ri durant la lecture de ces deux tomes même si deux ou trois histoires sont un peu plus faibles que les autres. L'univers imaginé par les auteurs est assez originale et j'aime bien le dessin de Coutelis. Son trait plutôt réaliste va très bien avec ce genre d'histoire où les gens font des trucs absurdes de manière totalement sérieuse. Cela me fait penser à ce que faisait Alexis. À lire absolument si on est fan de Tronchet.
Comment je ne suis pas devenu moine
C'est un voyage fort intéressant aux confins du Népal puis du Tibet sous domination chinoise qui nous est proposé par l'auteur dans une auto-biographie assez intéressante. Pour la première fois, l'image que j'avais du bouddhisme s'est un peu égratigné ce qui explique sans doute le titre de cette oeuvre qui ne fera pas dans le prosélytisme. Certes, on va vivre également la candeur et la naïveté en même temps que le cheminement de l'auteur québécois Jean-Sébastien Bérubé. J'avais sans doute besoin de cela pour comprendre certaine chose. J'ai bien aimé la conclusion sur l'être humain que nous sommes tous sous des habits différents ou des religions différentes. Les dérives existent malheureusement partout. C'est un gros pavé de 222 pages mais il faut ce qu'il faut. Le dessin m'est apparue comme assez sympathique tout en rondeur pour une lecture agréable. Les situations de ce carnet de voyage s'enchaînent pour nous montrer à chaque fois un aspect un peu différent mais avec des anecdotes assez significatives. Bref, c'est une bd qui va à contre-pieds. On ne comprend qu'à la fin qu'il s'agit d'une autobiographie grâce à un cahier graphique assez intéressant avec de réelles photos. J'ai franchement bien aimé.
Le Spirou de Yoann & Vehlmann - Les Géants pétrifiés
Une chose est sûre, cette idée de "spin-off" est la meilleure des éditeurs Dupuis depuis la création de la collection "Nescafé"... Euh "Cappuccino"... Euh enfin, le truc de café, là... Bon, pour en revenir à nos moutons, permettre à d'autres auteurs que les "titulaires" de faire leur Spirou et Fantasio, c'est excellent. D'abord parce que c'est une série mythique, fabuleuse, qui ouvre énormément de perspectives à tous les assoiffés d'aventure avec un grand A, et aussi parce que ça nous fait encore plus d'albums avec nos héros favoris. Bref, le travail de Fabien Vehlmann sur ce premier tome est de tout premier ordre. On retrouve une bonne part du cocktail d'action, d'humour et de fantaisie qu'avait si bien su doser Franquin à son époque. Vehlmann a eu l'intelligence d'ancrer ses deux héros dans des années 2000 bien plus énervées que les années 1960. On se retrouve donc avec un récit qui aurait très bien pu trouver sa place dans la série régulière. Mais... Car il y a un MAIS. Le dessin de Yoann est tout de même un peu "juste" à mes yeux pour illustrer un Spirou et Fantasio. Ses personnages changent de visage de case en case, il a un style un peu trop "nouvelle BD" pour une série classique. C'est dommage, car faire cet album a dû lui tenir à coeur, et je pense qu'il a fait de son mieux. Ce n'est pas une question de talent, mais de style. Mais pour le reste, c'est du tout bon. :)
Là-bas
3.5 Ce one-shot raconte la vie d'une famille de pieds-noirs quoiqu'on suive surtout le père et sa fille qui est aussi la narratrice du récit. Ce père qui est aussi le dernier à avoir quitté l'Algérie durant la guerre et qui a vécu un événement traumatisant. On sent vraiment les problèmes que lui et sa famille rencontrent, ayant été obligés de quitter leur pays pour un autre. J'ai vraiment ressenti les émotions des personnages et j'ai été souvent touché par les scènes, même si deux-trois passages sont un peu moins bons que le reste de l'ouvrage. Je n'ai aucun problème avec le dessin de Tronchet que j'aime bien, mais je comprends que si on n'aime pas son style (surtout pour une histoire sérieuse), on aurait aimé que l'album soit dessiné par quelqu'un d'autre.
Houppeland
Une excellente satire de Tronchet. Il met en scène une dictature où c'est Noël tous les jours et cela donne des situations savoureuses. C'est une bd humoristique, mais l'humour est cynique et noir. Ce n'est pas un truc qui fait rigoler de bon cœur comme un Astérix par exemple (en tout cas c'est le cas pour moi). L'idée de départ est très bien utilisée, les dialogues sont savoureux et le scénario est prenant même s'il y a des clichés qu'on retrouve dans la plupart des histoires mettant en vedette un héros qui devient un résistant face à une dictature fasciste. J'aime bien l'idée qu'on change de jour de célébrations selon le président en place, cela varie un peu les situations et permet à l'histoire de ne pas tomber dans une certaine répétition. Et puis c'est intéressant de voir comment cette société change selon la fête célébrée chaque jour.