Les derniers avis (31938 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Les Fleurs du mal
Les Fleurs du mal

Je n'étais pas franchement persuadé par ce titre non pas que je n'aime pas Baudelaire bien au contraire. J'avais peur d'un récit à la sauce nippon c'est à dire jeune collégien empruntant l'un des plus beaux monuments de la poésie française pour en faire n'importe quoi. Il faut dire que l'exploitation du thème a été plutôt efficace et cela fonctionne plutôt bien. L'exploitation des trois principaux personnages est plutôt une réussite surtout sur les différents tomes qui prennent le temps de les exposer. Le scénario est même assez surprenant par moment nous révélant quelques bonnes surprises. Bref, je n'ai pas bouder mon plaisir des fleurs du mal. On est toujours tenter par des choses plus ou moins interdites.

07/08/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Our Summer Holiday
Our Summer Holiday

Kaori Ozaki nous propose un shonen surprenant sur la relation particulière que vont nouer deux jeunes collégiens. Natsaru jeune garçon de 11 ans passionné et doué pour le foot, et la jeune Rio vont suite à un événement qui les conduira à se retrouver mis à part de leurs camarades de classes développer des liens singuliers. En effet, dur à l'âge de 11 ans de se retrouver le/la meilleur(e) ami(e) d'un(e) garçon/fille... Forcément ça jase... Arrivent alors les vacances, et là, le petit programme bien rodé de l'été de Natsaru va voler en éclat... Car Rio cache bien son jeu et de lourds secrets... Ce one shot m'a particulièrement intéressé de par les questions qu'il pose sur les relations entre garçons et filles à un âge plutôt compliqué ; ajoutez à cela d'autres questions de conscience face à ce que Natsaru va découvrir, une relation amoureuse naissante, et des situations familiales compliquées... Ba non, des fois c'est pas simple la vie et Kaori Ozaki aborde très justement ces sujets. Mais ce qui m'a aussi touché c'est le côté positif qui se dégage de cette histoire malgré les événements. Ce petit je ne sais quoi contemplatif, empreint de poésie sur des petits riens qui bercent subtilement le récit. Concernant le dessin, Kaori Ozaki va a l'essentiel. Son trait fin et juste met en valeur les expressions des personnages sans trop s’embarrasser de trop de détails dans les décors. Et j'ai trouvé ça plutôt efficace. Une bonne surprise donc que ce shonen estival !

07/08/2017 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Puzzle (Thilliez)
Puzzle (Thilliez)

Puzzle est un thriller qui joue la carte de la paranoïa. On suit les aventures du héros qui se retrouve entrainé dans un jeu malsain pour pas dire morbide. La tension est bien rendue. En effet le choix de la colorisation, en bichromie, est fort à propos pour nous faire sentir la tension et le malaise ambiant. On sent tout de suite que le protagoniste principal n'est pas tout a fait net dans sa tête. J'ai parfois du mal à rentrer dans les histoires à base de folie. Mais pas là. L'intrigue est bien menée, ce jeu est prenant et on a envie de connaitre le fin mot de l'histoire. On a envie de savoir ce qui se trame. Il y a régulièrement des allusions au passé du héros, on a envie de comprendre. Autre aspect bien rendu, c'est la tension entre les personnages. Tout le monde est louche, on peut suspecter à peut près tout le monde. C'est bien fichu et ça participe bien au suspens de ce récit. Malgré son épaisseur ce pavé s'avale d'une traite. Petit bémol, c'est la fin qui est exactement celle que j'avais imaginé depuis un bon moment. C'est très (trop) prévisible car il y a pas mal de détails tout au long du récit. J'aurais adoré être surpris, dommage. Malgré tout, cette non surprise finale n'est qu'une déception toute relative, car elle se tient tout à fait, et ça n'a pas gaché mon ressenti global.

05/08/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Coïncidence
Coïncidence

Un album avec un concept intéressant, mais qui ne s'adresse clairement qu'aux bédéphiles parce que je ne suis pas certain qu'un lecteur qui lit de la bd que de temps à autres risque de trouver cela passionnant. 12 auteurs ont dessiné le même scénario et c'est intéressant de voir les résultats. Vu que c'est le même scénario chaque fois, mon intérêt a varié selon si j'aimais le style du dessinateur ou non et globalement j'ai bien aimé cette exercice et aussi les interviews des auteurs qui sont intéressantes (je me demande d'ailleurs pourquoi il n'y a pas d'interviews pour certains d'entre-eux ?). Ma préférée est la planche de Goossens qui arrive à faire un truc complètement décalé qui m'a fait explosé de rire alors que j'avais déjà lu le même texte quelques fois avant d'arriver à sa planche.

04/08/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La France sur le pouce
La France sur le pouce

Un jour, le scénariste de cette bande dessinée auto-biographique a tout laissé tomber et il est parti faire le tour de la France sur le pouce. C'est un album instructif car je ne connaissais pas la plupart des villes et des villages présentés dans cet ouvrage. On a droit à certaines anecdotes sur ces lieux (du genre cette ville est la ville d'origine d'une personne connue), mais le gros de l'album porte sur les rencontres que l'auteur a faites durant son voyage en auto-stop. J'ai lu ce one-shot sans trop de problèmes. Le dessin est très bon et la narration fluide. J'ai eu du plaisir à voir le scénariste rencontrer tous ces gens et leur parler. J'ai trouvé cela assez intéressant de voir autant de gens différents et de les voir parler de leurs vies. Un bon petit album qui mérite d'être mieux connu.

04/08/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Au pied de la falaise
Au pied de la falaise

Assez fan en général des albums de la collection Métamorphose et Noctambule de chez Soleil, je sors une nouvelle fois conquis par cette lecture. Déjà, cet album réalisé par ByMöko n'est qu'une des facettes d'un projet artistique plus vaste. L'auteur a en effet agrégé autour de celui-ci des webmasters, musiciens, danseurs, etc. pour proposer au lecteur curieux un univers artistique d'une grande richesse ; j'aime ce genre de projets croisant différents médias, surtout quand c'est bien réalisé comme ici. Mais revenons à la BD. "Au pied de la falaise" nous propose un récit initiatique qui va nous raconter le quotidien d'Akou et son passage progressif à l'âge adulte. Construits en courts chapitres se terminant souvent par une petite morale, cela n'a pas été sans me rappeler le personnage traditionnel arabe de Nasr Eddin Hodja qui impose sa philosophie de façon très subtile et souvent avec humour. Ici Akou avance dans la vie en traversant diverses épreuves, jusqu'à devoir à son tour répondre aux questions et attentes des autres. Cet album est assez envoûtant grâce tout d'abord à ce dessin magnifique qui rend parfaitement les ambiances de cette vie africaine. Cadrages, découpages, colorisation et finesse du trait, on est proche de l'animation tant tout cela est maîtrisé. Il n'est donc pas difficile de se laisser marabouter par cet album magnifique empreint de petites sagesses universelles. Une très belle découverte que je conseille vivement !

03/08/2017 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Pause
Pause

Aaaaah Fabcaro. Le mec qui parvient à te faire rire avec le néant. Oui oui, le néant, car l'auteur aborde ici la période qui a suivi la sortie (et le succès surréaliste) de Zaï Zaï Zaï Zaï. Cette période de sidération, où le succès te tombe dessus sans prévenir et est à deux doigts de te tuer en tant qu'auteur. Un auteur qui est tiraillé entre ses séries "de commande" (puisqu'il a repris Gai-Luron et Achille Talon, puis Blake et Mortimer -euh non attendez...), et son oeuvre plus personnelle, enfin celle où il se met en scène avec le sens de l'auto-dérision que ses fans connaissent bien. "Pause" est donc une suite de gags sur Fabcaro lui-même, sur la création, sa famille, le succès, les femmes, le champagne, la coke... On le sent dépassé par tout ça, lui qui est un monstre d'humilité. Et on rit, on rit, à chaque page, parce que ça fait du bien de prendre une pause avec cet auteur. Must have.

03/08/2017 (modifier)
Couverture de la série Providence
Providence

Si un mot devait, à mes yeux, résumer le travail d'Alan Moore, ce serait iconoclasme. Moore est un iconoclaste, autrement dit un "briseur d'images" ou, dans une acception moins radicale, un auteur qui s'autorise des libertés avec le matériau dont il s'inspire, que celui-ci soit clairement identifiable (c'est le cas ici avec l'oeuvre d'H.P. Lovecraft) ou moins strictement défini (les univers de Wells et Stevenson dans La Ligue des Gentlemen Extraordinaires par exemple). C'est à mon sens la première chose que le lecteur abordant Providence (mais aussi Neonomicon, mini-série qui lui est rattachée) doit avoir en tête. Et l'iconoclasme rime souvent avec extravagance, outrance et ironie. Et, encore une fois : liberté. Toutefois, cette liberté n'est pas non plus inconciliable avec un certain souci de fidélité et même de maniaquerie référentielle envers l'oeuvre/l'auteur dont on s'inspire. De fait, l'oeuvre de Moore est bien une brillante (re)lecture de l'oeuvre de Lovecraft dont elle conserve nombre d'éléments très lovecratiens qui devrait ravir les amateurs de cet univers tels que l'époque où se situe l'action (1919), le narrateur cultivé mais assez passif voir résigné, l'ambiance calfeutrée des bibliothèques où sommeillent - mais attention à leur réveil subit ! - de vieux grimoires interdits dont se servent les occultistes pour invoquer quelque entité innommable et une Amérique à deux visages où se côtoient dans une même histoire et une même mythologie des érudits peuplant des villes hautement "civilisées" comme Boston ou New-York mais aussi ces paysans "dégénérés" de l'arrière pays. Sur ce plan, Providence fait déjà honneur à l'oeuvre de HPL et en conserve l'essentiel de la saveur. Toutefois, contrairement à d'autres auteurs qui se limitent à des tentatives d'adaptations - et non de recréation - à la fois graphiques et narratives, le propos de Moore est bien plus ambitieux. Et c'est là que nous retrouvons l'iconoclaste et l'analyste qu'est Alan Moore, qui ne se contente pas de simplement raconter une histoire. Mais alors, que fait-il d'autre ? Ce que fait toujours Alan Moore dans ses meilleures oeuvres : s'interroger sur le sens de ses créations. Je ne suis pas un intellectuel et je ne vais pas me prendre pour Umberto Eco en vous bombardant de termes (dont je ne saisi moi-même qu'imparfaitement le sens profond) comme exégèse, analyse méta-textuelle, mise en abyme, sémiotique, approche socio-culturelle, psychanalyse jungienne, inconscient collectif, et autres notions tout aussi tarabiscotées. Je me contenterai de dire que la lecture de Providence se situe sur plusieurs niveaux et qu'elle jongle avec des sujets tels que l'oeuvre de HPL, l'Amérique puritaine de l'époque et ses comportements considérés comme "déviants" (dans le cas présent : l'homosexualité), sur le fantastique et l'occultisme, le pouvoir des rêves, sur la psychanalyse et l'appropriation de l'oeuvre d'un auteur (HPL en l’occurrence) par un autre auteur (devinez qui). Avec iconoclasme, bien sûr. Et une bonne dose d'érudition. Finalement, l'auteur du "Nom de la Rose" n'est pas si loin. Sur le plan narratif, Moore a eu cette idée astucieuse de rassembler plusieurs nouvelles de Lovecraft parmi les plus importantes et de les incorporer dans une grande histoire cohérente dont le fil conducteur est la recherche d'un livre impie (le Kitab Al-Hikmah Al-Najmiya ou "Livre de la Sagesse des Etoiles", ersatz évident du Necronomicon) par un journaliste qui se démène avec ses propres démons intérieurs... et autres monstruosités bien moins métaphoriques. Toutefois, les nouvelles ne sont pas reprises telles quelles (raison pour laquelle le terme adaptation n'est pas pertinent ici) et le scénariste va jusqu'à changer tous les noms des personnages et références diverses. Il ne s'agit pas d'un artifice ayant la prétention d'éclipser la nomenclature lovecratienne mais ce choix fait partie du jeu littéraire auquel se livre Moore. Moore et le dessinateur Jacen Burrows, dont le style propret et assez conventionnel par ailleurs, insistant davantage sur l'apparence de soi-disant normalité et rationalité à laquelle Robert Black s'accroche désespérément, optent pour un fantastique finalement assez suggestif et ambigu... traversé ça et là par quelques fulgurances outrancières qui désarçonnent d'autant plus le lecteur. C'est d'ailleurs pour moi une différence importante avec Neonomicon, dont la crudité et l'excès dans le viscéral me porte plutôt à lui préférer nettement Providence et ses nuances. En effet, si l'on excepte quelques scènes d'horreur "frontale" (mais perçue par le protagoniste de manière confuse et/ou lacunaire), l'inquiétude est plutôt savamment distillée par les rencontres déconcertantes, les dialogues, les quelques informations parcellaires grappillées par le personnage et dont il ne saisit pas toujours le sens exact. Bref, sur ce plan, on est bien sur les terres de HPL et de certains autres écrivains fantastiques de son époque. Si l'on ajoute que chaque chapitre se clôture par des extraits du journal de Robert Black, qui permettent d'éclairer les scènes graphiques par des impressions personnelles, nous sommes ici bel et bien en présence d'un véritable roman graphique qui demande une lecture attentive et assidue. Providence n'est pas la bande dessinée la plus abordable du monde, c'est un fait. Même en la considérant de la manière la plus superficielle et en faisant fi de son contenu réflexif sous-jacent pour simplement "lire une bonne histoire", le lecteur devra en accepter ses parti-pris extrêmes : une somme considérable de textes dont certains (la narration manuscrite de Robert Black) peuvent sembler rébarbatifs, un manque certain d'action au profit de nombreuses scènes dialoguées qui donnent à l'ensemble un côté un peu statique (amateur d'action et de dynamisme, s'abstenir !) et un découpage spartiate qui se présente la plupart du temps en quatre grandes cases d'égale longueur. De plus, une bonne connaissance préalable de l'oeuvre de H.P. Lovecraft apporte un "plus" indéniable, même si elle n'est sans doute pas absolument nécessaire (pas plus que la lecture de Neonomicon même si, là encore, elle apportera un supplément de compréhension globale) et peut même être une porte d'entrée vers les écrits de HPL. Ceci étant dit, il ne faudrait pas non plus décourager le lecteur éventuel, d'autant que cette oeuvre - que je considère comme une des meilleures réussites d'Alan Moore et l'une de mes préférées - ne paraît pas avoir suscité l'enthousiasme qu'elle était en droit d'obtenir.

30/07/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Vilebrequin
Vilebrequin

3.5 Je connaissais cet album depuis sa sortie il y a maintenant plus de 10 ans à cause d'une affaire de mauvaise impression qui avait provoqué un mini-scandale à l'époque. Cet album met en vedette un cambrioleur et le gros de l'album porte sur ses pensées (mais ne vous en faites pas il y a aussi de l'action). J'ai trouvé cela original de voir, par exemple, un cambrioleur expliquer quelle tenue est la mieux adaptée à son travail. Le personnage principal est attachant et j'ai bien aimé le suivre dans cette aventure remplie de dialogues savoureux et de surprises. Un bon scénario divertissant servi avec un très beau dessin expressif et dynamique en noir et blanc.

30/07/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Mes années bêtes et méchantes
Mes années bêtes et méchantes

Je trouve très intéressante la période Hara-Kiri et Charlie Hebdo des années 70 même si pour l'instant je n'ai jamais eu ne serait-ce qu'un exemplaire des journaux du Square entre les mains ! Cette BD tourne autour d'une personne que je ne connaissais pas: Daniel Fuchs, le comptable et un peu l'homme à tout faire des éditions du Square. On retrouve des anecdotes sur ses années de sa vie et c'est très intéressant, drôle et passionnant pour peu qu'on s'intéresse à ce sujet. Je connaissais déjà certaines choses (les bouclages du journal, Choron qui montre sa bite et qui a des problèmes de pognon), mais j'ai appris des choses comme l'ambiance lors des prises de photos pour Hara-Kiri. Il ne faut pas s'attendre à ce que Fuchs parle de tout dans ses anecdotes et on croise surtout le professeur Choron qui est dépeint de manière complexe. Son génie a rendu Hara-Kiri et Charlie Hebdo célèbres, mais on voit aussi qu'il pouvait être un peu trop con et qu'il est aussi responsable de la mort des journaux dont il était responsable. Je trouve que cela donne un coté sincère à l'ouvrage et évite de faire tomber l'album dans une bête nostalgie où tout était mieux avant et qu'on ne garde en tête que les meilleurs moments d'une période de notre vie. Ajoutons que le dessin est excellent. À lire si on est passionnée par cette période de la bande dessinée française.

29/07/2017 (modifier)