Un manga très surprenant, mais qui m'a plu. Sans aller jusqu'à dire que c'est un chef-d’œuvre, il contient une bonne histoire, un dessin très correct, de bonnes scènes et des bons personnages, et surtout beaucoup de surprises. Le début fait penser à une romance basique, mais apporte ensuite des bonnes idées qui changent pas mal le point de vue des protagonistes. On est loin d'adolescents banals qui se rencontrent.
L'histoire est rapide, mais le manga prend tout de même le temps et pose une ambiance, et c'est ce qui rend la lecture plaisante. L'histoire n'est pas étoffée mais n'en a pas besoin, c'est juste quelques jours qui changent deux jeunes personnes. Et personnellement, ça m'a suffit.
Bref, un manga pas forcément indispensable, mais qui sait remplir toute son office. Ca m'a plu, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et je l'ai déjà relu avec plaisir. Un petit morceau d'histoire bien sympathique. Lecture recommandée, si ce n'est l'achat.
L’homme qui n’aimait pas les armes à feu n’est pas la série qui révolutionnera le western mais j’y ai trouvé ce que j’espérais… et même un peu plus.
L’intrigue tient la route et fait montre d’originalité. Il y sera beaucoup question du deuxième amendement, ce qui justifie pleinement le titre de la série. L’humour est un des points forts du début de la série avec quelques personnages hauts en couleur. Cet humour se fait de moins en moins présent au fil des tomes mais sans jamais réellement disparaître.
De western, il est bel et bien question même si nous sommes à la fin de la période mythique du far-West. Ici, les avocats et autres hommes de loi commencent à prendre le pas sur les cow-boys. Nous avons cependant droit à quelques personnages classiques du genre. Je pense donc que l’amateur de western classique risque dans un premier temps d’être un peu dérouté avant de retrouver ses marques.
La narration est vive et l’action ne manque pas. Le trait dynamique et très expressif de Paul Salomone renforce encore le caractère mouvementé de ces aventures. Les personnages, hauts en couleur, sont très bien typés dans un style caricatural qui favorise les expressions de visage et donc l’humour.
Personnellement, c’est un des westerns récents que j’ai eu le plus de plaisir à suivre. Je vous le recommande donc vivement.
Trois albums qui se lisent vite, car il n’y a finalement pas beaucoup de textes, de dialogues (mises à part les plaidoiries lors du procès), mais aussi parce que l’intrigue est vraiment bien fichue, qu’elle captive le lecteur.
La série alterne les flash-back – qui nous expliquent la jeunesse des deux héros, leur rencontre, et comment ils en sont arrivés à la situation folle qui les happe dès le début du premier album – et une intrigue plus linéaire, essentiellement un road movie, sorte de fuite en avant vers nulle part.
David Chauvel montre très bien, par petites touches, comment l’amitié qui lie Joey et Marc va amener ce dernier à poursuivre cette folle équipée, dont il va finalement être le seul à répondre (de manière muette) devant la justice.
L’univers de banlieue, de famille qui se délitent, est lui aussi bien dépeint, expliquant la trajectoire des deux copains, dans un engrenage que certains appellent destin. C’est glauque, mais aussi vivifiant (l’amitié donnant de l’air à une ambiance très noire). C’est en tout cas un triptyque dont je vous recommande chaudement la lecture.
J’ai énormément apprécié la lecture de cette biographie romancée d’un anarchiste à principes. Pour de multiples raisons.
Tout d’abord, et pourvu qu’il y ait derrière leurs agissements une conscience politique, j’aime bien les anarchistes convaincus (anarchie et communisme partagent d’ailleurs à mes yeux un point commun, leur utopie et je trouve toujours touchants ces gens qui croient le miracle possible), surtout s’ils se montrent cohérents avec eux-mêmes.
Par ailleurs, la vie d’Alexandre Jacob a été tout sauf un long fleuve tranquille. Il est même injuste de ne parler que d’une vie car ce personnage en a réellement vécu plusieurs. On n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer devant l’évocation d’une existence aussi remplie de voyages, d’aventures et de prises de conscience.
Ensuite, l’image qu’en donnent les auteurs en fait un véritable héros de roman. Une sorte de Robin des Bois, naïf et pragmatique à la fois, cultivé mais n’hésitant pas à tuer au besoin. Ce personnage développe pas mal de contradictions mais les auteurs privilégient ses bons côtés, son humour, sa conscience politique, son sens moral. On ne peut que s’attacher à l’homme et oublier le meurtrier qu’il était également.
Le dessin, dans son style semi-réaliste, accentue le sentiment de légèreté de cette biographie. Le destin d’Alexandre Jacob n’a pourtant rien de drôle mais les auteurs ont opté tant au niveau de la narration que du dessin pour une forme de légèreté qui m’aura aidé à rentrer dans cette biographie. Je n’ai jamais eu le sentiment de lire une œuvre historique scolaire mais bien un récit d’aventure.
Distrayant et instructif, ce sont là deux qualités que je recherche bien souvent dans mes lectures et cet album les réunit de fort belle manière. Franchement bien, par conséquent.
Ces « fantaisies » regroupent des histoires plus ou moins longues (parfois une simple page) parues initialement en magazines : essentiellement Pilote et Fluide glacial, que dirigeaient deux personnes ayant largement contribué à « lancer » le travail d’Alexis, à savoir Goscinny et Gotlib. Et avec lesquels il avait collaboré pour plusieurs albums.
Ici les « fantaisies » sont « solitaires », Alexis se chargeant du dessin et des scénarios.
Autant le dire tout de suite, je suis fan du dessin d’Alexis, qui use d’un Noir et Blanc classique – comme est classique (et excellent !) son trait. C’est d’ailleurs le décalage entre le classicisme du trait et le côté humour pince-sans-rire, absurde (très Monty Python) de certaines histoires qui renforce l’humour, souvent vers un noir loufoque – et non dénué de poésie.
Mais le ton n’est pas toujours uniquement à l’humour dans ces histoires. En effet, plusieurs développent une intrigue, ou simplement une ambiance fantastique, étrange (comme « Vengeance » ou « La curiosité est un vilain défaut » par exemple). Mais là aussi, humour et poésie affleurent.
En tout cas, c’est un recueil vraiment chouette, dont je vous recommande la lecture – comme beaucoup d’œuvres d’Alexis d’ailleurs !
Davodeau est un auteur à deux facettes – d’inégale valeur de mon point de vue : il publie des romans graphiques, et des documentaires généralement engagés. C’est la seconde catégorie que je préfère, et de loin (ses romans graphiques m’ayant le plus souvent déçu).
Ici, le parti pris est assez simple, puisque Davodeau séjourne chez un ami viticulteur, en Anjou : celui-ci lui fera découvrir son travail (auquel il participera), tandis que Davodeau fera découvrir à son ami une liste (relativement éclectique) d’œuvres du neuvième art. Ceci étant accompagné de la rencontre de certains de ces auteurs (et pas des moindres, puisqu’entre autres Gibrat, Marc-Antoine Mathieu, Guibert). J’aurais bien aimé accompagner leurs pérégrinations (accompagnées de dégustations sympas le plus souvent), et en particulier discuter avec Marc-Antoine Mathieu !
La partie BD est intéressante – mais je suis moins néophyte que Richard Leroy, le viticulteur, et j’ai donc moins appris de choses. Même si le regard d’un béotien sur certaines œuvres est assez caustique parfois (et pas dénué de fraicheur), comme son incompréhension de l’engouement entourant le travail de Moebius, ou ses questionnements par rapport à l’intérêt de l’oubapo. Hélas, les amis de Davodeau étant généralement – comme lui – des « noms », l’aspect « métier précaire » du bédéiste est passé sous silence (alors que je pense qu’une grande partie des auteurs sont loin de gagner franchement leur vie avec leur travail – ou alors en acceptant certaines concessions (travaux alimentaires, publicitaires, etc).
C’est d’autant plus dommage que Leroy ne cache pas, lui, les difficultés de son métier. C’est d’ailleurs cette partie qui m’a le plus captivé, puisque si je suis amateur de « bons vins », je n’ai aucune réelle culture dans ce domaine, et n’ai que des connaissances fragmentaires sur le processus qui mène le raisin à mon gosier.
Là aussi toutefois, Davodeau n’éclaire qu’un aspect des choses, puisque Leroy est un viticulteur relativement atypique, car produisant en bio (mais en plus refusant d’afficher le label et pratiquant la culture biodynamique – tout en se questionnant à son propos).
Deux « ignorants » qui découvrent certains aspects du métier de l’autre donc, mais qui sont curieux, et ne sont pas englués dans une pensée monolithique.
Le dessin de Davodeau est simple, efficace (quelques visages difficiles à différencier parfois quand même), et le travail en Noir et Blanc (avec nuances de gris) rend l’ensemble agréable à lire.
Une chouette réussite en tout cas !
J'ai beaucoup apprécié la lecture de cette BD. Un univers en noir et blanc aux dessins sobres mais justes. Le fil de l'histoire se déroule tout en retenue et nous plonge dans le Japon des années 1920. On prend beaucoup de plaisir à suivre l'évolution de cette petite fille qui découvre le monde des geishas.
Les petites victoires est un récit autobiographique touchant dans lequel l’auteur a décidé de mettre en avant non une maladie mais la beauté de l’amour parental. Cet album ne traite donc pas tant de l’autisme que du plaisir ressenti par les acteurs lorsqu’ils parviennent à contourner l’obstacle. Ce sont ces fameuses petites victoires qui donnent son titre à l’album et qui procurent à celui-ci cette humanité rayonnante et ce positivisme qui font du bien.
J’ai beaucoup aimé. Sans doute parce que le handicap et la différence sont des sujets qui font partie de mon quotidien. Toute la dimension « technique » m’a fortement intéressé tant elle reflète une évidence : à l’heure actuelle, nous ne savons pas encore grand-chose de l’autisme et de la manière dont on doit aborder les personnes qui en souffrent. Le fait que l’auteur de cet album soit Québécois m’a interpellé. Le Canada est réputé pour être un des sinon le pays le plus avancé en matière de traitement de l’autisme. Pourtant, Yvon Roy va souvent opter pour l’opposé de ce qui lui est préconisé. Avec des résultats étonnants et encourageants. Il ne condamne nullement ce qui est fait par le corps médical mais propose une autre approche. Et la combinaison des deux explique très certainement ces nombreuses petites victoires.
La dimension humaine laisse difficilement insensible. L’auteur occulte volontairement les « petites défaites » inévitables face à ce genre de maladie, ce qui donne au final un récit d’un positivisme revigorant. C’est touchant et drôle à la fois. Jamais larmoyant, bien au contraire !
Enfin, le dessin dans ce style dépouillé, très direct, casse les barrières entre le lecteur et le narrateur. Le trait s’efface au profit de l’histoire. A la limite, on ne se rend même plus compte qu’il s’agit de simples dessins tant nous sommes avec les personnages, tant nous partageons leurs sentiments.
Et en partageant leurs « petites victoires » on ne peut que se sentir mieux, notre subconscient considérant celles-ci un peu comme si elles étaient nôtres.
Non, franchement, c’est un bel album.
Off Road est une œuvre de jeunesse réalisée par un auteur de talent. Œuvre de jeunesse du moins dans son scénario puisque Sean Murphy y fait déjà montre d’une telle maîtrise graphique qu’il est difficile de voir en ce splendide noir et blanc l’œuvre d’un néophyte.
Quant au scénario, j’ai presque honte de parler d’œuvre de jeunesse car la manière dont ce récit nous est raconté démontre, elle aussi, une grande maîtrise de la narration et du découpage.
La jeunesse, je l’ai finalement plus trouvée dans les thèmes abordés et dans la naïveté rafraichissante de certaines péripéties que dans les compétences techniques de son auteur.
Après ce long préambule qui ne sert à rien (vous pouvez le sauter, si vous le désirez… et si c’est trop tard, vous m’en voyez marri), rentrons dans le vif du sujet.
Off Road est une histoire d’amitié ;
Off Road est une histoire d’amour ;
Off Road est une histoire dynamique ;
Off Road est une histoire drôle.
Off Road, c’est un road trip dans lequel les différents acteurs se livrent peu à peu. C’est un récit naïf avec des passages spectaculaires à défaut de crédibilité. C’est une narration en voix off qui nous plonge dans les pensées de son acteur principal. C’est une bd dans l’esprit des films américains pour ado, le sucre et le miel en moins. Si je devais comparer ce récit à d’autres, je dirais qu’il plane au-dessus de celui-ci le même genre de parfum qui peut parfois planer au-dessus de certains albums de Jim (j’ai souvent pensé à « Petites éclipses » en lisant cet album).
Off Road, ce n’est pas un chef d’œuvre mais bien le genre de livre auquel on revient quand on a un instant de temps et l’envie de se détendre sans se prendre la tête. C’est comme un apéro entre copains, sans fioritures, avec des instants un peu cons, l’alcool triste pour certains mais aussi l’amitié qui déborde du verre.
J'ai franchement bien aimé cette histoire se passant dans le Paris de l'Occupation. Dans un contexte de guerre, je trouve que c'est bien de montrer que l'amour entre deux êtres n'a pas forcément de frontière.
Certes, les mauvaises langues pourront objecter qu'aimer un officier nazi peut parfois poser problème mais nous savons tous que tous les soldats allemands n'étaient pas forcément des membres de la Gestapo recherchant activement tous les juifs de France. Il y avait des nuances que les auteurs ont déployé en dépassant tous les clichés et en évitant le manichéisme. Cette idée m'a fortement séduite.
J'ai alors eu un regard plutôt attendrissant sur cette oeuvre au demeurant fort bien dessinée et avec une certaine grâce. Certaines femmes tondues devraient obtenir réparation morale car elles ont permit quelque fois d'éviter le pire à leur entourage grâce à la collaboration horizontale. Cependant, comme montrer dans la bd à travers une scène assez poignante, c'est vite oublié dans l'euphorie de la victoire. La gratitude n'est parfois pas une qualité chez les humains.
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Our Summer Holiday
Un manga très surprenant, mais qui m'a plu. Sans aller jusqu'à dire que c'est un chef-d’œuvre, il contient une bonne histoire, un dessin très correct, de bonnes scènes et des bons personnages, et surtout beaucoup de surprises. Le début fait penser à une romance basique, mais apporte ensuite des bonnes idées qui changent pas mal le point de vue des protagonistes. On est loin d'adolescents banals qui se rencontrent. L'histoire est rapide, mais le manga prend tout de même le temps et pose une ambiance, et c'est ce qui rend la lecture plaisante. L'histoire n'est pas étoffée mais n'en a pas besoin, c'est juste quelques jours qui changent deux jeunes personnes. Et personnellement, ça m'a suffit. Bref, un manga pas forcément indispensable, mais qui sait remplir toute son office. Ca m'a plu, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et je l'ai déjà relu avec plaisir. Un petit morceau d'histoire bien sympathique. Lecture recommandée, si ce n'est l'achat.
L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu
L’homme qui n’aimait pas les armes à feu n’est pas la série qui révolutionnera le western mais j’y ai trouvé ce que j’espérais… et même un peu plus. L’intrigue tient la route et fait montre d’originalité. Il y sera beaucoup question du deuxième amendement, ce qui justifie pleinement le titre de la série. L’humour est un des points forts du début de la série avec quelques personnages hauts en couleur. Cet humour se fait de moins en moins présent au fil des tomes mais sans jamais réellement disparaître. De western, il est bel et bien question même si nous sommes à la fin de la période mythique du far-West. Ici, les avocats et autres hommes de loi commencent à prendre le pas sur les cow-boys. Nous avons cependant droit à quelques personnages classiques du genre. Je pense donc que l’amateur de western classique risque dans un premier temps d’être un peu dérouté avant de retrouver ses marques. La narration est vive et l’action ne manque pas. Le trait dynamique et très expressif de Paul Salomone renforce encore le caractère mouvementé de ces aventures. Les personnages, hauts en couleur, sont très bien typés dans un style caricatural qui favorise les expressions de visage et donc l’humour. Personnellement, c’est un des westerns récents que j’ai eu le plus de plaisir à suivre. Je vous le recommande donc vivement.
Nuit Noire
Trois albums qui se lisent vite, car il n’y a finalement pas beaucoup de textes, de dialogues (mises à part les plaidoiries lors du procès), mais aussi parce que l’intrigue est vraiment bien fichue, qu’elle captive le lecteur. La série alterne les flash-back – qui nous expliquent la jeunesse des deux héros, leur rencontre, et comment ils en sont arrivés à la situation folle qui les happe dès le début du premier album – et une intrigue plus linéaire, essentiellement un road movie, sorte de fuite en avant vers nulle part. David Chauvel montre très bien, par petites touches, comment l’amitié qui lie Joey et Marc va amener ce dernier à poursuivre cette folle équipée, dont il va finalement être le seul à répondre (de manière muette) devant la justice. L’univers de banlieue, de famille qui se délitent, est lui aussi bien dépeint, expliquant la trajectoire des deux copains, dans un engrenage que certains appellent destin. C’est glauque, mais aussi vivifiant (l’amitié donnant de l’air à une ambiance très noire). C’est en tout cas un triptyque dont je vous recommande chaudement la lecture.
Le Travailleur de la nuit
J’ai énormément apprécié la lecture de cette biographie romancée d’un anarchiste à principes. Pour de multiples raisons. Tout d’abord, et pourvu qu’il y ait derrière leurs agissements une conscience politique, j’aime bien les anarchistes convaincus (anarchie et communisme partagent d’ailleurs à mes yeux un point commun, leur utopie et je trouve toujours touchants ces gens qui croient le miracle possible), surtout s’ils se montrent cohérents avec eux-mêmes. Par ailleurs, la vie d’Alexandre Jacob a été tout sauf un long fleuve tranquille. Il est même injuste de ne parler que d’une vie car ce personnage en a réellement vécu plusieurs. On n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer devant l’évocation d’une existence aussi remplie de voyages, d’aventures et de prises de conscience. Ensuite, l’image qu’en donnent les auteurs en fait un véritable héros de roman. Une sorte de Robin des Bois, naïf et pragmatique à la fois, cultivé mais n’hésitant pas à tuer au besoin. Ce personnage développe pas mal de contradictions mais les auteurs privilégient ses bons côtés, son humour, sa conscience politique, son sens moral. On ne peut que s’attacher à l’homme et oublier le meurtrier qu’il était également. Le dessin, dans son style semi-réaliste, accentue le sentiment de légèreté de cette biographie. Le destin d’Alexandre Jacob n’a pourtant rien de drôle mais les auteurs ont opté tant au niveau de la narration que du dessin pour une forme de légèreté qui m’aura aidé à rentrer dans cette biographie. Je n’ai jamais eu le sentiment de lire une œuvre historique scolaire mais bien un récit d’aventure. Distrayant et instructif, ce sont là deux qualités que je recherche bien souvent dans mes lectures et cet album les réunit de fort belle manière. Franchement bien, par conséquent.
Fantaisies Solitaires
Ces « fantaisies » regroupent des histoires plus ou moins longues (parfois une simple page) parues initialement en magazines : essentiellement Pilote et Fluide glacial, que dirigeaient deux personnes ayant largement contribué à « lancer » le travail d’Alexis, à savoir Goscinny et Gotlib. Et avec lesquels il avait collaboré pour plusieurs albums. Ici les « fantaisies » sont « solitaires », Alexis se chargeant du dessin et des scénarios. Autant le dire tout de suite, je suis fan du dessin d’Alexis, qui use d’un Noir et Blanc classique – comme est classique (et excellent !) son trait. C’est d’ailleurs le décalage entre le classicisme du trait et le côté humour pince-sans-rire, absurde (très Monty Python) de certaines histoires qui renforce l’humour, souvent vers un noir loufoque – et non dénué de poésie. Mais le ton n’est pas toujours uniquement à l’humour dans ces histoires. En effet, plusieurs développent une intrigue, ou simplement une ambiance fantastique, étrange (comme « Vengeance » ou « La curiosité est un vilain défaut » par exemple). Mais là aussi, humour et poésie affleurent. En tout cas, c’est un recueil vraiment chouette, dont je vous recommande la lecture – comme beaucoup d’œuvres d’Alexis d’ailleurs !
Les Ignorants
Davodeau est un auteur à deux facettes – d’inégale valeur de mon point de vue : il publie des romans graphiques, et des documentaires généralement engagés. C’est la seconde catégorie que je préfère, et de loin (ses romans graphiques m’ayant le plus souvent déçu). Ici, le parti pris est assez simple, puisque Davodeau séjourne chez un ami viticulteur, en Anjou : celui-ci lui fera découvrir son travail (auquel il participera), tandis que Davodeau fera découvrir à son ami une liste (relativement éclectique) d’œuvres du neuvième art. Ceci étant accompagné de la rencontre de certains de ces auteurs (et pas des moindres, puisqu’entre autres Gibrat, Marc-Antoine Mathieu, Guibert). J’aurais bien aimé accompagner leurs pérégrinations (accompagnées de dégustations sympas le plus souvent), et en particulier discuter avec Marc-Antoine Mathieu ! La partie BD est intéressante – mais je suis moins néophyte que Richard Leroy, le viticulteur, et j’ai donc moins appris de choses. Même si le regard d’un béotien sur certaines œuvres est assez caustique parfois (et pas dénué de fraicheur), comme son incompréhension de l’engouement entourant le travail de Moebius, ou ses questionnements par rapport à l’intérêt de l’oubapo. Hélas, les amis de Davodeau étant généralement – comme lui – des « noms », l’aspect « métier précaire » du bédéiste est passé sous silence (alors que je pense qu’une grande partie des auteurs sont loin de gagner franchement leur vie avec leur travail – ou alors en acceptant certaines concessions (travaux alimentaires, publicitaires, etc). C’est d’autant plus dommage que Leroy ne cache pas, lui, les difficultés de son métier. C’est d’ailleurs cette partie qui m’a le plus captivé, puisque si je suis amateur de « bons vins », je n’ai aucune réelle culture dans ce domaine, et n’ai que des connaissances fragmentaires sur le processus qui mène le raisin à mon gosier. Là aussi toutefois, Davodeau n’éclaire qu’un aspect des choses, puisque Leroy est un viticulteur relativement atypique, car produisant en bio (mais en plus refusant d’afficher le label et pratiquant la culture biodynamique – tout en se questionnant à son propos). Deux « ignorants » qui découvrent certains aspects du métier de l’autre donc, mais qui sont curieux, et ne sont pas englués dans une pensée monolithique. Le dessin de Davodeau est simple, efficace (quelques visages difficiles à différencier parfois quand même), et le travail en Noir et Blanc (avec nuances de gris) rend l’ensemble agréable à lire. Une chouette réussite en tout cas !
Geisha ou Le jeu du shamisen
J'ai beaucoup apprécié la lecture de cette BD. Un univers en noir et blanc aux dessins sobres mais justes. Le fil de l'histoire se déroule tout en retenue et nous plonge dans le Japon des années 1920. On prend beaucoup de plaisir à suivre l'évolution de cette petite fille qui découvre le monde des geishas.
Les Petites Victoires
Les petites victoires est un récit autobiographique touchant dans lequel l’auteur a décidé de mettre en avant non une maladie mais la beauté de l’amour parental. Cet album ne traite donc pas tant de l’autisme que du plaisir ressenti par les acteurs lorsqu’ils parviennent à contourner l’obstacle. Ce sont ces fameuses petites victoires qui donnent son titre à l’album et qui procurent à celui-ci cette humanité rayonnante et ce positivisme qui font du bien. J’ai beaucoup aimé. Sans doute parce que le handicap et la différence sont des sujets qui font partie de mon quotidien. Toute la dimension « technique » m’a fortement intéressé tant elle reflète une évidence : à l’heure actuelle, nous ne savons pas encore grand-chose de l’autisme et de la manière dont on doit aborder les personnes qui en souffrent. Le fait que l’auteur de cet album soit Québécois m’a interpellé. Le Canada est réputé pour être un des sinon le pays le plus avancé en matière de traitement de l’autisme. Pourtant, Yvon Roy va souvent opter pour l’opposé de ce qui lui est préconisé. Avec des résultats étonnants et encourageants. Il ne condamne nullement ce qui est fait par le corps médical mais propose une autre approche. Et la combinaison des deux explique très certainement ces nombreuses petites victoires. La dimension humaine laisse difficilement insensible. L’auteur occulte volontairement les « petites défaites » inévitables face à ce genre de maladie, ce qui donne au final un récit d’un positivisme revigorant. C’est touchant et drôle à la fois. Jamais larmoyant, bien au contraire ! Enfin, le dessin dans ce style dépouillé, très direct, casse les barrières entre le lecteur et le narrateur. Le trait s’efface au profit de l’histoire. A la limite, on ne se rend même plus compte qu’il s’agit de simples dessins tant nous sommes avec les personnages, tant nous partageons leurs sentiments. Et en partageant leurs « petites victoires » on ne peut que se sentir mieux, notre subconscient considérant celles-ci un peu comme si elles étaient nôtres. Non, franchement, c’est un bel album.
Off Road
Off Road est une œuvre de jeunesse réalisée par un auteur de talent. Œuvre de jeunesse du moins dans son scénario puisque Sean Murphy y fait déjà montre d’une telle maîtrise graphique qu’il est difficile de voir en ce splendide noir et blanc l’œuvre d’un néophyte. Quant au scénario, j’ai presque honte de parler d’œuvre de jeunesse car la manière dont ce récit nous est raconté démontre, elle aussi, une grande maîtrise de la narration et du découpage. La jeunesse, je l’ai finalement plus trouvée dans les thèmes abordés et dans la naïveté rafraichissante de certaines péripéties que dans les compétences techniques de son auteur. Après ce long préambule qui ne sert à rien (vous pouvez le sauter, si vous le désirez… et si c’est trop tard, vous m’en voyez marri), rentrons dans le vif du sujet. Off Road est une histoire d’amitié ; Off Road est une histoire d’amour ; Off Road est une histoire dynamique ; Off Road est une histoire drôle. Off Road, c’est un road trip dans lequel les différents acteurs se livrent peu à peu. C’est un récit naïf avec des passages spectaculaires à défaut de crédibilité. C’est une narration en voix off qui nous plonge dans les pensées de son acteur principal. C’est une bd dans l’esprit des films américains pour ado, le sucre et le miel en moins. Si je devais comparer ce récit à d’autres, je dirais qu’il plane au-dessus de celui-ci le même genre de parfum qui peut parfois planer au-dessus de certains albums de Jim (j’ai souvent pensé à « Petites éclipses » en lisant cet album). Off Road, ce n’est pas un chef d’œuvre mais bien le genre de livre auquel on revient quand on a un instant de temps et l’envie de se détendre sans se prendre la tête. C’est comme un apéro entre copains, sans fioritures, avec des instants un peu cons, l’alcool triste pour certains mais aussi l’amitié qui déborde du verre.
Collaboration horizontale
J'ai franchement bien aimé cette histoire se passant dans le Paris de l'Occupation. Dans un contexte de guerre, je trouve que c'est bien de montrer que l'amour entre deux êtres n'a pas forcément de frontière. Certes, les mauvaises langues pourront objecter qu'aimer un officier nazi peut parfois poser problème mais nous savons tous que tous les soldats allemands n'étaient pas forcément des membres de la Gestapo recherchant activement tous les juifs de France. Il y avait des nuances que les auteurs ont déployé en dépassant tous les clichés et en évitant le manichéisme. Cette idée m'a fortement séduite. J'ai alors eu un regard plutôt attendrissant sur cette oeuvre au demeurant fort bien dessinée et avec une certaine grâce. Certaines femmes tondues devraient obtenir réparation morale car elles ont permit quelque fois d'éviter le pire à leur entourage grâce à la collaboration horizontale. Cependant, comme montrer dans la bd à travers une scène assez poignante, c'est vite oublié dans l'euphorie de la victoire. La gratitude n'est parfois pas une qualité chez les humains.