Les derniers avis (31901 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Hedge Fund
Hedge Fund

Un thriller financier qui est dans la droite ligne des fameux loups de Wall Street, Margin Call ou encore la référence Wall Street d'Oliver Stone. Certaines scènes sont frappantes de ressemblance non pas qu'il y ait plagiat, mais que ces financiers qui volent votre argent en font un usage anti-moral dans un festival de sexe et de drogue. Nous allons avoir droit à l'explication de la crise financière de 2007 et des fameux subprimes, ces produits incroyablement prometteurs. Actuellement près de 7 ans après, la France paye encore la note de cette crise surtout au niveau du chômage quand le pays instigateur s'en sort plutôt très bien. L'argent ne dort jamais dit-on. Bien que le récit soit plutôt classique avec l'ascension d'un jeune trader dans l'ombre de son mentor, il est très efficace mais surtout il explique réellement en profondeur les mécanismes de la finance internationale. J'avoue avoir été plutôt agréablement surpris par cette technicité du vocabulaire ce qui rend le tout assez réaliste. Après un premier tome à Hong-Kong, le second nous plonge directement au coeur de Wall Street en décrivant précisément la fameuse crise des subprimes qui a ruiné des millions d'américains chassés de leurs maisons. C'est également la chute pour notre trader Franck Carvale à la tête d'un fond d'investissement. On se dit que son sort est franchement mérité car son comportement avec les autres n'a rien d'exemplaire. Il rêvait de gloire mais en écrasant les autres. Finalement, il va avoir ce qu'il mérite. Point de compassion. Reste un troisième tome pour clore cette saga financière. Notre anti-héros est dans une bien mauvaise posture suite au scandale des subprimes. On ne pouvait pas tomber plus bas dans la chute d'un golden boy. Ce dernier tome marque un revirement de taille sur fond de crise de la dette grecque ayant des conséquences sur l'Europe. On comprend les motivations du mentor de Franck Carvale à savoir l'excellent Ergyu Bilaker dans cette stratégie du chaos. Cela fait froid dans le dos tant cela pourrait coller à une certaine réalité. Sous couvert de trame ayant pour thème l'économie mondiale, c'est une véritable critique du système au bord de l'explosion. Les auteurs ont mis l'accent sur le pouvoir sans limites de la finance qui pourrait renverser des Etats. Je dois dire que pour moi ce 4ème tome est plutôt une bonne surprise. Il est vrai qu’Hedge Fund se présentait au départ comme une trilogie sur la crise financière de 2007 et des fameux subprimes, ces produits incroyablement prometteurs qui se sont révélés finalement assez destructeurs. On retrouve avec plaisir le personnage de Franck Carvale, le golden boy qui a bien évolué depuis le premier tome entre arrogance et ambition. Il s’est frotté au puissant homme d’affaire Ergyu Bilaker, son mentor, qui lui a appris le métier. Il est passé également par la case prison. Mais le revoilà de retour à la tête de son puissant fond d’investissement Bright Capital. Il compte bien se refaire une virginité après s’être fait manipuler. Franck n’est plus seulement à la recherche d’un résultat financier mais il milite pour une conception différente de la finance, comme il l’explique devant un parterre de journalistes. On comprend que ces thèmes d’éthique sont plus que d’actualité. Ce tome annonce une nouvelle trilogie qui va se concentrer sur le 5ème pays le plus pauvre au monde à savoir l’Erythrée. On va apprendre plein de choses assez intéressantes sur cet état un peu méconnu de l’Occident qui est classé dernier en termes de respect des droits de l’homme. Le président dictateur aurait mis tout un peuple en esclavage. Franck va se rendre sur place avec cette héritière qui rappelle étrangement Paris Hilton en version black. Sous couvert de trame ayant pour thème l’économie mondiale, il y a également un fort aspect géopolitique. On voit par exemple les chinois qui viennent investir en masse dans ces pays pauvres pour en tirer les matières premières nécessaires à leur développement. Il y a malheureusement également ce dictateur qui fait construire un palais de marbre alors que son peuple est victime de la famine. Il y a également une critique des démocraties occidentales qui ont fermé les yeux durant 30 ans de guerre de sécession qui a abouti à ce piètre résultat. En conclusion, un excellent polar financier sur les hautes sphères de la finance mondiale. Tous les coups sont permis et rien ne va plus ! Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4/5

10/11/2014 (MAJ le 25/10/2017) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Lendemains de cendres
Lendemains de cendres

Voilà ! Voilà ! Ca, mes amis, c'est de la BD documentaire comme il FAUT en lire, et non pas se contenter de l'envisager. Ca, c'est le genre de BD dont la lecture devrait être obligatoire au collège ! Parce que ce n'est pas juste un documentaire ! La BD est sur la guerre du Cambodge, certes, mais surtout elle traite de tout ce qui se passe durant cette guerre atroce (en même temps, quelle guerre ne l'est pas ...). Car si, comme moi, vous ne connaissez des guerres asiatiques du vingtième siècle que la guerre du Vietnam et vaguement les Khmers rouges, cette BD remet les pendules à l'heure sur ce qu'il s'est passé il y a moins de cinquante ans dans cette partie du monde. Et ce fut loin d'être beau ! Mais ce que j'ai particulièrement aimé dans cette BD, c'est que loin de se contenter de décrire au travers d'un personnages les affres de la guerre, l'auteur rajoute des précisions qui éclaircissent bien plus sur tout ce qui a eut lieu autour (et notamment en Thaïlande par exemple). C'est des ajouts qui renforcent encore plus le sentiment d'horreur de cette guerre, qui a vu la mort de tant de cambodgiens déjà affaiblis par un des pires systèmes que le monde ait connu. Le dessin est particulier, retranscrivant une atmosphère propre au récit, mais avec quelque chose donnant ce côté sale. C'est bien puissant au niveau de l'immersion, et efficace également. Bref, je ne serais pas plus long pour vous le conseiller : cette BD mérite qu'on s'y attarde, deux fois plutôt qu'une. Ne serait-ce que pour comprendre dans quel monde on vit, il faut lire cette BD. Ce genre de guerre est bien trop proche de nous pour qu'on puisse la considérer comme du passé lointain. Remettre en tête ce que c'est que la guerre, c'est peut-être d'autant plus crucial aujourd'hui, dans notre démocratie qui n'hésite pas à la faire chez autrui.

24/10/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Clara (Lemoine-Cécile)
Clara (Lemoine-Cécile)

Un album remarquablement bien fait. Et j'insiste sur le côté remarquable, parce que c'est vraiment rare de voir une production à destination des enfants traiter de sujets aussi graves, mais surtout le faire aussi bien. La thématique de la maladie et de la mort d'un parent est pas évidente à traiter, et l'auteur arrive à le faire d'une superbe manière, avec une incursion dans le fantastique qui permet de développer ce qu'on ne peut pas forcément comprendre de but en blanc. C'est vraiment intelligent dans le propos, et rien que pour ça, je conseille la lecture. Ajoutons à cela le dessin, qui n'est largement pas en reste : c'est une petite merveille de couleur, de rondeur et de chaleur. Clairement à destination des enfants, et pourtant beau à l'oeil d'un adulte. Même si je me doute bien que ce n'est pas forcément le genre de BD qu'on a envie de faire lire à un enfant, je ne pense pas qu'elle doive être écartée aussi facilement pour cela. C'est suffisamment bien fait pour qu'on puisse leur faire lire, et dans le doute, gardez-le pour les adultes, j'en connais plus d'un à qui ça plaira.

24/10/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série L'Encre du Passé
L'Encre du Passé

Ca, c'est de la BD d'ambiance qui est particulièrement bien faite. On a beaucoup d'européens qui se lancent dans la BD "japonaisante", inspiré de l'histoire et les arts de l'archipel nippon, mais quand c'est aussi bien fait, ça fait plaisir. Rien que la scène des deux samouraïs qui se querellent me reste en tête pour son côté à la fois beau dans la mise en scène et pleine de sens. La BD allie un dessin très beau, efficace et qui donne une image plaisante du Japon féodal, avec une histoire simple mais efficace. C'est plaisant à lire et peu prise de tête, plein de beaux enseignements et de petits traits d'esprit que j'ai apprécié. Pour le coup, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, mais j'ai quand même été surpris du ton. Un plaisir de lecture, et j'ai hâte de le relire, de retomber dessus presque par hasard, et de me refaire une petite session de douceur.

24/10/2017 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série En scène ! (Manga)
En scène ! (Manga)

J'ai emprunté cette série à reculons, persuadé au sujet et à la couverture d'y trouver un récit mièvre et rose bonbon pour pré-adolescentes fan de danse. Mais si la danse est clairement la passion des protagonistes et peut-être de l'auteure elle-même, ce manga réussit à la transmettre aux lecteurs grâce à un récit crédible, qui tient bien la route et intéresse le lecteur même s'il n'y connait strictement rien aux entrechats et autres tutus. Cela commence avec la découverte par la petite Kaneda, alors petite enfant, d'un amour fou pour la danse après avoir vu une voisine plus âgée se produire avec grâce sur scène. C'est décidé, elle va suivre des cours et si possible devenir un jour une vraie ballerine. Et c'est ainsi qu'on la suit année après année, de tome en tome, faisant ses débuts, ses premiers spectacles, ses premiers concours, et apprenant au fur et à mesure de nouvelles leçons toutes aussi importantes les unes que les autres, tant sur le plan de la technique, que de l’interprétation et de la valeur humaine. Elle aura des amies, des rivales, et certaines qui seront les deux à la fois. Et c'est raconté avec un bon rythme qui fait qu'on ne se lasse pas. C'est comme une succession de chapitres abordant des passages importants, tel concours, telle rencontre, tel cours, le tout agencé comme une vraie progression qui donne envie de voir jusqu'où elle pourra aller. Le ton est légèrement enjolivé pour permettre de garder une héroïne volontaire et souriante années après années mais il ne manque pas de réalisme pour autant. Et pour un néophyte comme moi, j'ai trouvé beaucoup de passages intéressants et d'autres, comme les spectacles et concours, racontés de manière prenante en laissant un zeste de suspense sur comment l'héroïne va jouer tel rôle ou réussir tel passage technique. Quant au dessin, il est sobre, élégant, et convient parfaitement par la représentation des corps de danseuses et de danseurs. C'est bien fait et même quelqu'un qui n'aime pas la danse à priori pourrait se laisser captiver sans s'en rendre compte.

24/10/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Barbara
Barbara

Bon, je ne veux pas m'étendre encore une fois sur une oeuvre de Tezuka (artiste dont j'admire quasiment toute la production), alors je me contenterais de dire que l'avis de Paco reflète très bien ce que j'en pense. Pour étayer un peu mes propos, je dirais que le dessin est toujours aussi bon que d'habitude, avec les mêmes qualités : clair, lisible, immersif, détaillé. C'est toujours aussi plaisant à lire, et je ne cesse d'être admiratif de sa capacité à nous faire comprendre avec si peu de traits. Niveau scénario, je remarque beaucoup avec celui-ci (que j'ai lu quasiment en même temps que Ayako) que Tezuka offre une vision de la société particulièrement violente envers les femmes (ce qui se voit également dans MW, Ikki Mandara, Kihirito ...). Aujourd'hui la parole se libère de plus en plus sur ce qu'elles subissent au quotidien, mais j'ai l'impression que Tezuka l'avait bien cerné à ce moment là déjà. Niveau profondeur, Tezuka est allé très loin entre la métaphore et la réflexion sur l'artiste, tout en offrant une histoire avec un sens complet, qui se développe et se conclut, ce qui n'est pas toujours le cas dans une métaphore aussi précise. Mais on ne glorifie pas un tel auteur sans raison, et cette production tardive confirme tout son talent. Je ne vais pas ajouter grand chose, au risque de faire de la redit d'avis précédent, mais ce manga est vraiment incroyablement bon. Très puissant, très bien développé, alliant réflexion intéressantes et considérations réussies, c'est du tout bon d'un bout à l'autre. Encore un manga que je range dans mon étagère des immanquables, où tronent presque tout ceux de l'auteur. Il est vraiment fort, vraiment.

24/10/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Kirihito
Kirihito

J'ai vraiment un dilemne à chaque fois que je note un Tezuka, parce que c'est quasiment toujours la même que je donne. Mais faut reconnaitre : quand c'est bon, c'est bon ! Et Tezuka, eh ben il est diablement bon ! Je ne vais pas revenir trop longtemps sur le dessin, qui est toujours dans la lignée de ce que fait Tezuka avec des personnages simplifiés et des paysages détaillés, mais ça marche toujours aussi efficacement. Surtout que les traits simplifiés conservent tout autant d'expressions, avec l'exagération qui lui est propre. Je pourrais vraiment tergiverser pendant des heures, mais c'est un dessin qui ne cesse de me surprendre par son habileté, entre efficacité et simplicité, lisibilité et ambiance. Pour l'histoire, c'est à nouveau tout le talent de Tezuka : chaque histoire est prenante, démarre vite, enclenche rapidement sur d'autres considérations et développent une flopée de thèmes chers à l'auteur. Ici le monde de la médecine, l'humanité, la religion, la maladie (et le rejet), ainsi que d'autres points sur le monde. C'est toujours dans une volonté très humaniste, caricaturant le racisme, la bêtise, la haine, les violences, mais avec une touche d'humanité sublime dans plusieurs personnages. Comme la plupart des autres Tezuka, c'est également noir (du genre noir charbon ...), avec des viols et des morts, des personnages brisés par la vie ou par les hommes, le rejet constant ... Tezuka n'en finit pas de la litanie des plaies qui rongent l'humanité, dont la plupart ne viennent que d'elle même. Je pourrais parler pendant longtemps de ce manga, mais si je dois comparer, il est un poil en dessous de Ayako et de Barbara, qui semblent vraiment être les chefs-d’œuvre de l'auteur (enfin, de ce que j'ai lu), mais ce manga là n'a surement pas à rougir devant eux. Il est très adulte, très dur, mais avec des messages qui sont fort. C'est vraiment surprenant à lire, comme toujours avec cet auteur, et je le recommande. Tezuka est le dieu du manga, et ce manga le prouve encore une fois. Ce qu'on pourrait considérer comme "moins bien" dans son œuvre est encore au-dessus de bon nombre du reste.

24/10/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Princesse Caraboo
Princesse Caraboo

J'ai vraiment bien apprécié ma lecture de cette BD, servie par un dessin pas mauvais du tout et très bien colorisé. C'est typiquement le genre de lecture sur laquelle je me suis planté complètement en imaginant ce que c'était (je croyais que ça parlerait de la découverte des "barbares" par les anglais et des zoos humains, comme quoi ...), et le scénario fut donc une sacrée surprise pour ma part. D'un autre côté, il est construit comme une surprise qui fait plaisir à découvrir. C'est une histoire à la fois drôle et sérieuse, mais que j'ai lu avec grand plaisir. La relecture est aussi bien plaisante, malgré l'affaiblissement de la surprise finale, et les personnages restent tous intéressants. Niveau dessin, c'est efficace et bien mené, avec des couleurs qui confèrent l'ambiance qu'il faut à ce récit. C'est surtout cette colorisation qui m'a poussé à mettre un 4/5; même si la note est plus vers les 3.5. Une BD qui est pas mal du tout, si vous avez l'occasion de la découvrir ne vous en privez pas. Pour ma part je l'ai relu avec plaisir et je recommencerai bien, à l'occasion.

24/10/2017 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Geisha ou Le jeu du shamisen
Geisha ou Le jeu du shamisen

Cette série est une bonne BD historique faisant la lumière sur la condition des Geisha dans le Japon du début du 20e siècle et sur le parcours d'une fille pour atteindre ce statut particulier. Nous y suivons la jeune héroïne alors qu'elle et sa famille pauvre arrive à Tokyo. Ne s'en sortant pas financièrement, le père prend la décision de vendre sa fille à une Okiya, établissement de Geisha, pour qu'elle y devienne servante et puisse, par l'éducation qui lui y sera apportée, apprendre à devenir une Geisha à son tour. C'est à la fois instructif et prenant. Le récit est rythmé et bien raconté de telle manière qu'on a davantage le sentiment de suivre l'aventure d'une jeune fille et sa progression plutôt qu'un documentaire ou un récit purement historique. On est placé de son point de vue avec une vision humaine nous permettant de partager ses pensées, doutes et aspirations. Le ton est réaliste et parfois un peu dur, mais l'héroïne est heureusement dotée de quelques talents notamment musicaux qui vont lui permettre de sortir du lot. Et en même temps, le contexte de l'époque et du statut des Geishas est clairement expliqué et mis en scène. A côté de cela, le dessin est tout à fait plaisant, sobre et soigné, même si colorisation en teintes de gris est un petit peu terne. Une lecture de qualité.

23/10/2017 (modifier)
Couverture de la série Saga Valta
Saga Valta

Cet univers des sagas nordiques toujours aussi fascinant, l'est encore plus grâce au dessin d' Aouamri ; ce dessinateur dont j'avais particulièrement apprécié le trait puissant, épais, foisonnant et précis sur Mortepierre, me séduit complètement ici. Il retrouve donc une série digne de son talent graphique et ayant quelques points communs avec Mortepierre (sorcellerie, maléfices, monstres, univers sombre) et je pense qu'il doit se régaler à dessiner ces gros guerriers musculeux aux visages farouches, ces femmes à la beauté renversante, ces chiens féroces qui aiment la chair humaine et ces armes et décors nordiques. Car ici, on est en plein dans les sagas islandaises où Dufaux a puisé nombre d'éléments comme il le laisse entendre dans sa préface du tome 2, où en même temps, il s'excuse auprès des lecteurs de n'avoir pas tenu sa promesse de conclure cette aventure en 1 diptyque ; finalement, il y aura 3 tomes, mais bon, avec Dufaux on sait jamais, il a déjà fait le coup sur Barracuda. En tout cas, l'univers développé ici est très dense et me plaît beaucoup, mais je ne suis pas d'accord avec la présentation en fiche qui compare cette Bd à Thorgal ; celle-ci brasse plusieurs genres et se sert de l'univers viking comme décor de fond, tandis qu'ici, on est en plein dans les sagas nordiques et uniquement là-dedans, où l'on ne trouve aucune science-fiction, mais où intervient le fantastique et la sorcellerie liés à cet univers. Dufaux peut donc laisser libre cours à son goût du fantastique qu'il colle parfois dans des séries qui n'en ont pas besoin, mais ici, il peut en coller tant qu'il veut. Après un tome 1 un peu embrouillé, ça semble se décanter doucement dans le tome 2, même si je trouve qu'il y a un peu trop de personnages. Le tome 3 est sans doute le moins captivant, c'est surtout l'histoire d'un affrontement oral dans un procès, avec quelques tours de magie noire et un peu de sensualité grâce à de très belles femmes. Cet album est moins épique que les précédents, avec moins de combats sanglants, je ne me suis pas ennuyé, mais l'album est vraiment sans grande surprise, et j'avoue que je m'attendais à une conclusion plus spectaculaire. Le truc aussi qui est critiquable, c'est la dose d'érotisme malvenu, Dufaux aime ça, moi aussi, mais quand c'est justifié : ici, Valgar veut à tout prix retrouver sa femme et son enfant, mais il se farcit quand même 2 bonnes femmes qui ont certes des charmes évidents, mais je trouve ces épisodes de trop. Sinon, ce récit brille beaucoup plus par son dessin où Aouamri fait preuve d'une puissance envoûtante qui donne un souffle indéniable à cette Bd, son trait s'est renforcé encore, et au sein de cases très remplies et très détaillées, il représente avec autant de talent la sauvagerie barbare, la sensualité des corps féminins ou la laideur de certaines gueules de brutes, c'est un vrai plaisir d'admirer un tel travail. Au final, c'est la fin d'un cycle, mais avec Dufaux, c'est jamais fini puisque la dernière image laisse deviner un autre cycle avec une vengeance terrible envers Valgar de Salta. Note inchangée, les tomes 1 et 2 rattrapant un peu la faiblesse du tome 3.

26/07/2014 (MAJ le 23/10/2017) (modifier)