Les derniers avis (31897 avis)

Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Le Livre des livres
Le Livre des livres

De nouveau, Marc-Antoine Mathieu parvient à surprendre là où on ne l’attendait pas. Avec cet objet, peut-être encore moins identifiable que d’habitude car ce n’est pas une BD, mais plutôt une suite de couvertures - et de quatrièmes de couvertures - de livres imaginaires, dont la narration reste à inventer. Une démarche audacieuse qui va obliger le lecteur à participer activement au projet, si tant est qu’il prenne plaisir à faire fonctionner ses neurones mais aussi son imagination. Une fois l’accord tacite conclu avec ce dernier, car il faut dire que certains risquent d’être rebutés. Toutefois, ceux qui connaissent et apprécient Marc-Antoine Mathieu seront plus enclins à tenter l’expérience. Car ce dernier est joueur, souvent facétieux, et aime à perdre le lecteur dans des dédales métaphysiques vertigineux. Parfois, cela tient du chef d’œuvre (Julius Corentin Acquefacques), parfois de l’exercice de style alambiqué (3 Secondes), mais dans tous les cas, c’est toujours expérimental, Mathieu étant un adepte déclaré de la philosophie oubapéenne. Et comme l’auteur sait qu’il est exigeant dans le fond, il n’oublie jamais d’être ludique sur la forme, tout en faisant également preuve d’un talent narratif et graphique mêlant fantastique, absurde et humour. On peut le dire, Marc-Antoine Mathieu respecte son lectorat et avec lui, c’est donnant-donnant : il exige beaucoup dudit lectorat, quitte à paraître parfois élitiste, mais en contrepartie cherche à l’entraîner dans ses mondes parallèles sans l’importuner avec un pensum intello indigeste pour le commun des mortels. Et après tout, c’est bien à cela que devrait servir la BD, outil pédagogique par excellence. Alors que nous disent ces couvertures et quelles histoires non encore écrites pourraient-elles renfermer ? « A toi de voir, cher lecteur ! » nous enjoint MAM, non sans une certaine malice. Avec cet « ouvroir de BD potentiel » pour le moins radical, l’auteur confirme son côté poète facétieux, avec comme terrain de jeu une imagination sans bornes, ou alors la borne du 1000ème degré… Il est possible que certaines références assez pointues – beaucoup plus que tout ce qu’il a pu faire auparavant - échappent au lecteur lambda. L’ouvrage en est truffé et il faut parfois les chercher comme on chercherait des œufs de Pâques dans un jardin. En toute logique, on découvrira alors qui sont ses « frères d’âme », parmi lesquels Borges, Philippe K. Dick, Ionesco, Escher, Peeters et Schuiten, des écrivains et artistes dont l’univers est proche de l’auteur… Cela reste parfois plus accessible mais conduit toujours à une sorte de vertige, comme souvent avec Mathieu. Jeu avec les mots ou les images, ce dernier utilise tous les registres à sa disposition, et certains lui reprocheront peut-être d’avoir voulu uniquement se faire plaisir. D’un autre côté, on peut envisager l’objet, certes ultra-hybride, comme une invitation à la curiosité, à la connaissance et à l’imagination. Car comme le résume assez bien une des couvertures (« Le moteur du doute »), MAM n’impose aucune vérité, aucune certitude, et à l’aide d’un humour subtilement caustique, se moque aussi - du moins croit-on le percevoir – du verbiage présomptueux de certaines prétendues têtes pensantes ou de ceux qui veulent faire du neuvième art un domaine d’études académiques. Restant fidèle au noir et blanc, Marc-Antoine Mathieu confirme également son talent de dessinateur, avec une démarche plus artistique ici, faisant ressembler « Le Livre des livres » à un Beau livre formidablement poétique… qu’on pourra idéalement compulser dans les toilettes (honni soit qui mal y pense), permettant qui plus est de transcender avec élégance la fonction initiale appropriée pour ce lieu. Bande dessinée ou pas, peu importe, ce livre s’inscrit bien dans la lignée des expérimentations de son auteur qui semble ainsi vouloir échapper à tout classement. En tout cas, une œuvre atypique dont chaque page est en toute logique cartonnée, à conseiller pour quiconque serait en panne d’idée cadeau.

30/12/2017 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Solo (Martin)
Solo (Martin)

Le début Solo est assurément une BD qui sort des sentiers battus. L'action prend place dans un univers post apocalyptique, met en scène des personnages animaliers et fait la part belle à la violence. Tuer pour manger, tuer pour ne pas être mangé telle est la philosophie ici. Clairement ça ne plaira pas à tout le monde mais cette série mérite malgré tout un coup d'oeil. D'abord pour son graphisme qui est vraiment excellent. Les personnages sont expressifs dans un style légèrement cartoon des plus agréable. Le trait est dynamique et très lisible, l'encrage et les couleurs sont au diapason, on se régale les yeux au fil des pages. Le choix de faire des personnages animaliers est judicieux car non seulement le dessinateur s'est éclaté à les mettre en images mais en plus cela fonctionne très bien avec l'histoire. Le personnage de Solo est assez remarquable. On a un vrai héros charismatique à la personnalité complexe. A la fois réfléchi et violent, on découvre progressivement toutes les facettes de son caractère. Ses doutes et ses pensées rythment le récit. Le début de son histoire est touchant, et il devient vite attachant. C'est un héros qu'on prend plaisir à suivre. Son parcours pour survivre dans ce monde hostile est semé d’embûches, de violence et de combats. Sur la longueur ça fait pas mal de coups d'épées, de balles tirées et d'hémoglobine qui coule. De quoi sans doute en rebuter certains. Il y a parfois aussi des passages où je ressentais des longueurs, j'aurais voulu voir l'intrigue avancer plus rapidement, avoir peut être moins d'états d’âmes en voix off et plus de péripéties. Mais au final je m’aperçois qu'on a besoin de ces variations de rythmes pour équilibrer le récit et pour pouvoir cerner notre héros. J'ai souvent tendance à décrocher rapidement avec les histoires de survival post apocalyptique car je trouve qu'elles se ressemblent trop. Ce n'est pas du tout le cas ici, ce qui est très bon signe. Le tome 2 enfonce le clou. C'est toujours aussi excellent. On est dans le même univers où survivre est le mot d'ordre principal. Mais on a ici un opus moins orienté vers l'action, le récit prend le temps de se tourner vers les sentiments des personnages. Enfin de ceux de Solo évidemment. Et quelle justesse de ton ! L'amour, les doutes, le sens de la vie, autant de questions existentielles que se posent le héros, qui trouvent tout à fait leur place dans ce récit, et qui sont loin d'être dénuées de sens. Ces questionnements sont bien écrits, crédible et touchants. Mais au final Les tomes sont assez longs, plus de 100 pages, et le problème de la série c'est qu'elle ne tient pas la longueur sur 3 tomes. Snif. Autant j'ai adoré au début, autant pour être honnête il faut bien reconnaître que le 3e tome est assez longuet. Beaucoup de voie off, et surtout toujours le même schéma qui se répète : Solo fait une rencontre hostile, il y a baston, et il finit par découper son adversaire. Au début c'était pas gênant car on découvrait l'univers et on ressentait vraiment cette tension : manger ou être mangé. Mais après 300 pages ça manque vraiment de surprise. Graphiquement, rien à ajouter de plus, Oscar Martin est un dessinateur très talentueux : c'est magnifique et je me suis régalé du début à la fin. Solo, c'est presque un sans faute, vraiment dommage que l'histoire n'arrive pas à se renouveler et à nous surprendre sur la durée. J'hésite entre 3 et 4 étoiles au final. 3,5/5.

21/09/2014 (MAJ le 30/12/2017) (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Journal d'un Enfant de Lune
Journal d'un Enfant de Lune

C'est une bd qui permet de se focaliser sur une maladie rare, la Xeroderma Pigmentosum, plus sommairement appelé syndrome XP. Celle-ci l’empêche de sortir le jour, sans une lourde protection contre les UV du soleil. Une adolescente arrive avec ses parents et son jeune frère dans une nouvelle maison où elle découvre un journal intime ayant appartenu à un adolescent atteint par cette maladie. Elle va être sensibiliser par cette maladie alors qu'elle était plutôt de méchante humeur au début de cette aventure. Il faut préciser qu'elle tombe progressivement amoureuse de quelqu'un qu'elle ne connait pas. Elle fera tout pour le retrouver et là, grosse surprise. Au niveau du scénario, c'est une lecture plutôt agréable servi par un dessin réaliste très plaisant avec ses couleurs chaudes et douces (même si réalisé avec l'ordinateur). Après, on pourra accuser l'auteur de faire dans le caritatif avec cette maladie orpheline rare mais pour moi, c'est bien d'en parler pour une meilleure prise de conscience des handicaps. Pour le reste, c'est plutôt bien construit. Alors, je dis oui et je conseille chaleureusement cette bd émouvante.

29/12/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Jacques a dit
Jacques a dit

Le Maillé Brézé est un bateau militaire, escorteur d'escadre qui depuis quelques années est devenu un musée. Le navire est amarré dans le port de Nantes face aux anciens chantiers navals. N'étant point un adepte forcené de la chose militaire votre serviteur bien que Nantais n'y a jamais foutu les pieds. La chose est imposante de par sa masse et sa couleur bleue grisâtre. Ah si, pendant un temps la coque avait été repeinte avec des couleurs pétantes avant que C. Nolan n'emprunte le bateau pour son film "Dunkerque", comme quoi la bête flotte encore. L'idée de cette BD est et c'est le moins que l'on puisse dire assez originale. Un bande de bras cassés décide de voler le navire afin d'aller lui faire retrouver l'océan, le ''Capitaine'' de cette opération, ancien militaire dans le Pacifique à l'époque des essais nucléaires, n'a plus que quelques mois à vivre et pour lui il faut partir en apothéose. Pas de grandes envolées dans cette histoire mais juste des petits détails qui s’accumulent, des dialogues souvent empruntés aux paroles des chansons de Jacques Brel qui font mouche avec un traitement graphique assez naïf, voilà une histoire hautement originale, divertissante où l'humour se mêle à l'émotion avec une touche d'onirisme bienvenue.

29/12/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Pays des Purs
Le Pays des Purs

J'aime beaucoup de type de bd documentaire sur le théâtre des opérations par une journaliste. Ils risquent leur vie pour nous apporter de l'information. Autant dire que cette bd a eu une certaine utilité. Il est vrai qu'on est façonné pour penser cela ou autre chose à propos de tel homme ou figure politique dans le monde. C'est parfois à raison mais également à tort. Ainsi, on apprendra des choses que l'on ignorait sur Benazir Bhutto et sa famille notamment son "charmant" mari qui lui a succéder à la tête de l'Etat pakistanais peu après l'attentat qui lui a couté la vie en 2007. On se rend compte que tout le monde n'est pas pur dans le pays des purs. Mais cela, on aurait pu facilement le déceler. C'est une oeuvre qui nous plonge dans un monde cruel et sans aucune pitié notamment pour les femmes. C'est également un bon boulot de reporter de terrain très bien retranscrit en bande dessinée car la forme est assez plaisante à la lecture. Cela nous apporte un autre regard sur l'actualité récente du Pakistan, pays détenteur de l'arme nucléaire.

28/12/2017 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Opération Copperhead
Opération Copperhead

Ce one-shot avait tout pour me déplaire : une sélection pour Angoulême 2018, un dessin plus qu'approximatif et un titre digne d'un mauvais film de série B. Mais, étant de curieux de nature, et ayant lu de bonnes critiques dessus, je l'ai tout de même emprunté à la médiathèque. Basée sur un scénario hautement improbable (David Niven & Peter Ustinov travaillant pour le MI5 pendant la seconde guerre mondiale), cette bande dessinée repose pourtant sur des faits réels. D'ailleurs de nombreux extraits des mémoires de David Niven, de Peter Ustinov, ainsi que de Clifton James parsèment le récit. Et bien, je dois dire que la lecture de cette bd fut pour moi jubilatoire ! Voir nos deux acteurs de cinéma transformer Clifton James en un général Montgomery plus vrai que nature est un régal, le tout sur un ton so british ! Même si les visages sont dessinés de façon simple voire simpliste, on voit et on entend David Niven ou encore Winston Churchill dans cette histoire. C'est un album drôle, alerte... bref une véritable farce au moment où les alliés préparaient dans le plus grand secret le débarquement en Normandie. Une très belle découverte.

27/12/2017 (modifier)
Par Bouriket
Note: 4/5
Couverture de la série L'Épée d'Ardenois
L'Épée d'Ardenois

L'Épée d'Ardenois. Je ne vais pas être orignal : oui, le graphisme fait fortement penser à Walt Disney. Oui, Robin des Bois vient immédiatement à l'esprit. Le parallèle est renforcé par le début "gentillet" de l'histoire : le lapin Garen, rêvant de chevalerie et d'héroïsme aux récits du légendaire chevalier d'Ardenois, voit celui-ci assassiné sous ses yeux lors de la mise à sac du village de Chassenoix. Séparé de sa famille, il est recueilli par le mage Maugis qui lui confie une mission... Si Garen représente le héros à l'âme pure et innocente, épargné par la malice des hommes, l'intrigue n'a rien de manichéenne. Combats et complots se mêlent au fils de 4 tomes denses et riches, où noms de lieu, titres de noblesses et personnages secondaires affluent en nombre (presque trop pour une bd, le format ne laissant pas forcément le loisir de s'imprégner de cet univers autant qu'un roman). J'encourage les lecteurs à aller au bout de la série, passant au delà l'aspect disneysien, les correspondances arthuriennes et tolkiennes fortement marquées. L'auteur sait dès le départ où il nous emmène, et la forme ne doit pas masquer un fond beaucoup plus adulte. Le dénouement - je me permets ici d'insister sur le terme : j'ai réellement eu l'impression qu'Etienne Williem tirait un lacet pour défaire le nœud des intrigues créées - sonnera comme une critique politique, et ce n'est plus à Walt Disney mais Jean de la Fontaine que l'on pensera. La force de ce final est qu'il m'a donné envie de relire la série afin de mieux peser le comportement des protagonistes à l'aune de la révélation finale. Cette seconde lecture permettra aussi probablement de mieux conjecturer sur certaines zones d'ombre du récit. La conclusion est également d'une savoureuse finesse. Au final, je ne peux qu'applaudir au travail mené pour nous fournir un plat élaboré sous un enrobage de bonbon. Bravo.

27/12/2017 (modifier)
Couverture de la série Batman - The Dark Prince Charming
Batman - The Dark Prince Charming

Voilà le genre d’association que j’aimerai lire et voir plus souvent. Un monument de la fiction américaine adapté par un auteur européen reconnu, une pointure de ces dernières décennies, merci DC et Dargaud ! Enrico Marini était libre d’écrire l’histoire qu’il souhaitait du moment qu’elle respectait la mythologie de la licence, ainsi que de dessiner dans le style de son choix. Seul demeure le format de l’objet taille comics. Nous avons un premier jet assez intriguant qui laisse en suspend pas mal d’interrogations, ce qui constitue une force comme une faiblesse car comme dans tout scenario construit en diptyque, il faudra attendre le dénouement pour qu’on puisse se forger une opinion. On est vraiment dans du Batman pur jus, solide, avec un auteur (sans doute un peu aidé) qui connaît et respecte l’univers de ses prédécesseurs : tantôt inspiré par l’environnement sombre et crépusculaire de Nolan avec un Joker aussi délirant que sadique, tantôt par la série Batman The Animated Serie pour le chara-design de Bruce Wayne et du commissaire Gordon, ou peut être bien le jeu vidéo Arkham City dans celui de Catwoman, on retrouve tous les personnages basiques. J’ai eu cet assentiment que chacun pouvait y retrouver son Batman en fin de compte (sauf Schumacher je vous rassure), car même dans l’intrigue principale on retrouve le côté détective des premiers numéros, ou l’aspect « vigilante » de Frank Miller. Dans tous les cas c’est un Marini en grande forme sur les planches, de quoi regretter un plus grand format vu qu’on est servi en doubles-planches. De l’entreprise, du fan-service (« miaou », sexy Selina Kyle), et cerise sur le gâteau une coloration directe qui change des couleurs numériques sans nuance d’outre-Atlantique… Allumez le Bat-Signal, le chevalier noir me manque déjà.

27/12/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Bug
Bug

Connaissez vous le syndrome du vieux fauteuil, celui qui trône dans la bibliothèque, il est tout vieux, complètement déglingué mais pour rien au monde vous ne voudriez le foutre à la déchetterie. Tout mou, moulé à votre corps, celui dans lequel il est bon de se laisser aller, il est même possible que vous y ayez fait une petite sieste. Ce fauteuil un peu pourav, c'est LE fauteuil, souvent votre dulcinée vous a dit de vous en débarrasser mais non quoi, c'est là que vous avez voyager, transporté vers des ailleurs bédéthesques. Enki Bilal c'est un peu comme ce vieux fauteuil, il n'est pas tout seul quelques autres rares auteurs vous font cet effet là. Bilal, l'auteur que vous avez découvert dans Pilote et dans Métal Hurlant, des "Phalanges de l'ordre noir" à La Croisière des Oubliés si , si souvenez vous de ce personnage récurent, celui aux cheveux blancs qui venait d'on ne sais ou. Bon je vais pas vous faire toute le biblio du monsieur, mais le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y a eu du bon , même du très bon. Puis les années Nikopol sont arrivées et voir les dieux égyptiens au dessus de nos têtes avait quelque chose de jouissif. Ensuite Le Sommeil du Monstre une trilogie qui relevait plus du graphisme pur que de la BD, j'avoue qu'à cette époque c'est là que j'ai perdu monsieur Bilal. Non que le drame de la guerre en ex Yougoslavie ne m'ai pas touché mais je ne sais pas ça passait moins bien. Or donc voici Bug impatient oui mais aussi plein de circonspection. Au final la surprise est plutôt bonne. Rien à dire sur le dessin, parfaitement maitrisé, on se dit que l'auteur avait sans doute besoin de partir un temps vers la peinture pour y exprimer des choses trop abstraites ou absconses pour le domaine de la BD classique. En accord complet avec l'avis de Blue Boy quand il dit que Bilal ne se renouvelle plus depuis trop longtemps, j'ajouterais cependant que ce retour à la Bd justement n'est pas si évident , je trouve qu'il même un peu casse gueule. Le gars est attendu au tournant, tournant d'ailleurs bien géré je trouve. Le dessin est simple, oui le style est aisément reconnaissable, c'est du Bilal, mais du Lauffray c'est pas reconnaissable?, et du Hermann, du Rozinski, du Loisel, du Moebius, j'en passe la liste est longue. Justement ce dont je sais gré l'auteur c'est qu'ici il n'est point de délires visuels, de fulgurances qui disent , hey vous avez vu comment je maitrise le truc, comment c'est beau ce que je fais. Non de ce côté la rien à dire, comme quoi la "simplicité" n'est pas forcément rédhibitoire. En ce qui concerne le scénario je dis pourquoi pas, si mes camarades précédents ont relevé quelques incohérences techniques je passe au dessus et cela ne gâche ne rien mon plaisir de lecture. Je suis bon public et me laisse embarquer, je suis en terrain connu mais j'avoue être très preneur de ces mondes pré post apocalyptique quelques auteurs arrivent à m'y faire croire Enki Bilal est de ceux là, donc j'embarque en faisant fi des "défauts", sans doute la faute de ce vieux fauteuil archi connu mais oh combien confortable.

26/12/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Les Nouvelles Aventures de Lapinot
Les Nouvelles Aventures de Lapinot

3.5 Quel plaisir de revoir le personnage fétiche de Trondheim ! J'aime Lapinot et son univers et donc il fallait absolument que je lise ce nouvel album. Je ne fus pas déçu par ma lecture. On retrouve non seulement le très bon dessin de Trondheim, mais aussi un très bon scénario. Ce n'est pas le meilleur Lapinot (pour moi cela reste le tome 4 paru chez Dargaud), mais cela fait partie des meilleurs albums mettant en vedette ce personnage. Dans cet album, il y a deux intrigues qui vont finir par se croiser: un type qui peut voir les auras des gens après avoir testé des produits médicaux et Lapinot veut aider un autre type qui a eu sa bagnole détruire à cause des conneries de son copain Richard. J'ai beaucoup aimé comment Trondheim montre qu'un simple événement peut engendre d'autres événements et que cela se termine en catastrophe. Comme dans tous bon Lapinot, il y a des dialogues savoureux et des réflexions intéressantes. À lire donc pour les fans du personnage.

25/12/2017 (modifier)